La Robe Neo-Victorienne S’imprime de Bouquets Sauvages chez Alexander McQueen pour le Printemps/Eté 2019

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« La sororité, le mariage, la communion, cette idée qu’on peut avoir de la force en exprimant ses émotions. Des trésors et des bijoux de famille, le solstice d’été … la puissance et la fragilité mêlées. » Pour réaliser cette collection Printemps/Eté 2019, Sarah Burton a aussi et surtout pris pour point de départ une tapisserie du XVIIIème siècle peinte à la main et récemment acquise par la maison McQueen. Une fois mêlés à l’univers chamanique et ultimement païen de la maison, on constate avec émerveillement toute la pertinence de ces éléments ! 

 

À l’Orangerie du jardin du Luxembourg, c’est ainsi une garde robe romantico-médiévale qui défila pour le Printemps/Eté 2019. Parmi les 41 silhouettes présentées, la N°17 capte tout l’esprit du propos. Dans un cuir, matière fétiche du fondateur, Sarah Burton coupe avec une adresse folle la poésie qui habillera la fille McQueen la saison prochaine ! Le résultat ? Un bustier rigide recouvert d’un bouquet sauvage, une robe ajourée et un volume toujours aussi gracieux ! Il y a de la force et de la magie et un esprit néo-victorien dans cette robe qui s’impose indubitablement comme l’une des pièces vedettes de la grammaire McQueen… Une robe franchement désirable, magistrale et éminemment souveraine ! 

Un Manteau Cuir Vermillon chez Alexander McQueen

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C’est au cœur de Paris, à L’Orangerie du Sénat, que la directrice artistique Sarah Burton a choisi de présenter sa collection masculine Printemps/Eté 2018 pour la maison McQueen. A ce poste depuis 2010, date du décès du fondateur, Sarah Burton fut avant cela le bras droit d’Alexander McQueen. Ainsi, pour la collection Printemps/Eté 2018, elle prend le pari de faire dialoguer les différents codes de l’esthétique et la technique McQueen : l’essence de la coupe tout droit piquée au mythiques tailleurs de Saville Row, et la fascination pour le folklore britannique. Cependant, oublier les aspirations punk et l’inspiration du rock’n’roll reviendrait à passer à côté de l’ADN même de la maison.

Des rockers des années 1950 donc, en passant par les dandies coloniaux et les codes de l’époque edwardienne, Sarah Burton a injecté à sa collection le langage stylistique qui fit la renommée d’Alexander McQueen. Ainsi, le Printemps/Eté 2018 permet à ces hommes d’associer avec une habilité soulignée, pantalons de costumes ultra-taillés et longs manteaux sans manches coupé dans un cuir un rien gothique. Mieux, c’est dans ce long manteau vermillon que s’incarne la pièce iconique du défilé. Tout d’abord par la précision de sa coupe, digne du travail, de la formation et de l’attachement des antiques ateliers de Saville Row où McQueen fit ses armes ; puis, c’est la couleur rouge, ou plutôt vermillon, une couleur tant adorée par Alexander en ce qu’elle rappelle plus d’un folklore, celui de Jeanne d’Arc en tête.

« J’adore l’idée du paganisme, de la fabrication et de la réparation, des explorateurs et des pionniers » a souligné la directrice artistique de la maison. Ici les hommes de Sarah Burton défilent pour la première fois à Paris, et c’est aussi la fascination pour la nature qui prend corps au cœur du Jardin du Luxembourg : « L’idée est de célébrer la nature comme faisant partie de la nature, par opposition à ce genre d’entraves entre les deux. Il ne s’agit pas de conquérir ou de gouverner, c’est vraiment l’idée d’être à l’écoute de la nature et du monde » a-t-elle ajouté par la suite. Ainsi, le Printemps/Eté 2018 présente des pièces pensées pour le plein air en même temps qu’une vision poétique, fantasmée et ô combien texturée des savoir-faire humains. Un superbe exemple de l’art de la mode qui continue de faire briller la beauté brute de la signature McQueen.

La Robe Elfique McQueen Automne-Hiver 2017-2018

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Alexander McQueen a laissé derrière lui une maison riche de légendes, de silhouettes et de jeu de matières aussi osé que distingué. Pour la saison Automne/Hiver 2017-2018, c’est ainsi la nature de Cornwall et la spiritualité païenne qui a inspiré la directrice artistique de la maison, Sarah Burton. En faisant l’éloge de la matière tant adorée par Alexander lui-même, la voici qui fait se juxtaposer sur le podium du cuir souple, de la maille confortable, de la mousseline aérienne, ou encore de la fourrure colorée !

Au commencement de cette collection est ainsi la Cornouaille, son mysticisme, ses ruines médiévales et son paganisme. Puis, Sarah Burton est allée puiser dans les riches archives de la griffe, tout empruntes d’un savoir-faire très particulier, presque disparu. Là, les ateliers McQueen ont travaillé une nouvelle vigueur, et une inspiration sur mesure pour ses pièces auréolées de rites et de surnaturel – les femmes chez Alexander McQueen deviennent ainsi des prêtresses, avides d’esprit et de styles.

Indéniablement, la pièce maîtresse de ce dressing se comprend comme une ode à la sensualité perchée de McQueen : une certaine magie se dégage de cette longue robe ornées de sequins, et finie sur de belles plumes d’autruches. Une belle démonstration de la quintessence du fait main et de la précision virtuose qui sont au fondement même du style McQueen!

 

La Robe Celtique Alexander McQueen Printemps/Eté 2017

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Un luxe qui ne ressemble qu’à lui-même. Ainsi peut-on définir toute la ligne développée de son vivant par Alexander McQueen : hautement cultivées et réfléchies, les lignes empire de ses pièces aimaient à rivaliser d’ingéniosité pour exprimer quelque chose. Oui, Alexander McQueen fait partie de ces artistes ayant fait la mode. Toujours à la limite de la haute couture, les créations McQueen jouent des formes et des approches pour caractériser un sentiment, une émotion, ou parfois, mieux, un engagement.

Ainsi Sarah Burton poursuit-elle son exploration de l’héritage McQueen – spectacle des plus romantiques, le Printemps/Eté 2017 fait du travail de la dentelle et de cette héritage nouvellement perdu du Royaume-Uni quelque chose de très précieux. Pour point de départ, Burton a choisi les paysages côtiers sauvages et magiques des îles Shetland. Alexander McQueen s’est tant de fois inspiré de cette Ecosse, jusqu’à la sublimer… Sans surprise, c’est donc une robe à l’étoffe dentelle conçue de laine plume qui capture toute l’attention du défile – rehaussé d’un corset néo-gothique, la pièce gagne en actualité tant elle mêle esprit couture et contre-culture. Du pur McQueen !

Le Bumster Selon Alexander McQueen

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“Pour moi, c’est cette partie du corps – pas tellement les fesses mais la chute de reins – qui est la partie la plus érotique du corps de chacun, homme ou femme.” Alexander McQueen

De la Rue au Podium, L’Incontournable Jogging.

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Martha Norelius championne américaine de natation pose en survêtement après sa victoire de 1928. En jersey ou polyester un ensemble qui, comme son nom l’indique, se porte sur le maillot avec pour but de garder les muscles au chaud entre les entraînements. Il devient rapidement l’uniforme sportif par excellence. Fabriqué pendant l’entre-deux guerres, par le fondateur du Coq Sportif Emile Camuset. Il conservera sa fonction initiale restant en coulisse jusqu’en 1970. Durant les seventies, débute un courant « healthy » aux Etats Unis. Grâce au jogging rythmé par le walkman émergence de la musique nomade, le jogging est enfin dans les rues.

Pourtant c’est fin des années 90 qu’il se détache du monde du sport et devient omniprésent via la culture street. Le hip-hop et le breakdance l’ont préféré pour sa fluidité et la facilité des mouvements qu’il supporte, véhiculant de plus un esprit de contre-culture contestataire. A l’apogée du sportswear, les marques proposent séparément les vestes et les pantalons grâce la diversité des coupes, formes et matières qui s’adaptent parfaitement à la mode féminine. Depuis, les années 2010 confirme un penchant pour le « chic nonchalance » avec le retour des yachtings pants de Coco Chanel, ou bien encore les survêts chics d’Alexander McQueen.

Envahissant les terrains de sport à ses débuts, puis toutes les rues pour enfin les podiums, le jogging décliné par la couture et les créateurs, est l’une des pièces iconique de la garde robe idéale des voyageuses, modeuses et baroudeuses.

Les Armadillos Shoes d’Alexander McQueen

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1996, pendant ses études à la Central Saint Martins, Alexander McQueen fit la rencontre de son inséparable, Sarah Burton. Le génie bicéphale n’a eu de cesse d’élargir le champ de compréhension de la mode… Les défilés furent pour eux l’occasion de récits, et de mises en scène. Tantôt poétiques, tantôt déroutants, les défilés de la maison McQueen érigèrent plus d’une fois le vêtement au rang de l’art contemporain. A l’instar des Armadillos shoes… Inspiré par la nature pour son côté si imprévisible et sauvage, Alexander McQueen met en lumière le soulier des sirènes d’un temps obscur et mystique. L’artiste voyait en effet la beauté bien au-delà des formes et des coutures : la mort, la barbarie, l’obscurantisme, tels sont les maîtres-mots de l’art McQueen. Mais attention, il n’y a là rien de morbide : Alexander n’utilisait jamais les références mortuaires de façon littérale. Il était avant tout un artiste, quelqu’un puisant en lui-même l’essence de son invention – imaginer ce qui n’existe pas encore, rêver, sans filet, sans limite, c’est ainsi qu’Alexander McQueen aimait à créer. Bien qu’étant un maître de la tradition de la coupe, il a dédié sa vie à mettre en branle les normes de la mode. Il était un créateur, de ceux qui inventent un vocabulaire.

En 2010, à Paris, c’est ainsi qu’il envoie des femmes fantastiques, fantasmagoriques, comme des sirènes hybrides sortant du temps de l’Atlantide, perchées sur ces merveilleux souliers. Les Armadillos shoes sont incontestablement la chose la plus étrange et la plus géniale créée depuis longtemps dans la mode. Ces chaussures, aussi appelées chaussures Alien, sont fantastiquement importables. Leur design découle pourtant de la science : en prenant conscience du corps, Alexander McQueen a réalisé un soulier à première vue impraticable. A première vue seulement. Le défilé fut le premier à être diffusé en Live-stream, et sur internet, la seule question était : “peut-on marcher avec ?“

L’un des mannequins contera plus tard : « Je ne pouvais pas marcher. Je suis donc allée trouver Lee, et je lui ai dit : “je ne peux pas marcher dans ces chaussures, alors que je peux marcher dans toutes les autres. Ce pourrait être un désastre. Que faire si les filles tombent ?“ Et il a dit “si elles tombent, elles tombent. » L’anecdote résume bien l’esprit d’Alexander McQueen. Pourtant, avant le défilé, il prend soin de planter ses yeux dans ceux de chacun de ses modèles à peine majeurs ; il leur dit à quel point il est fier, à quel point elles sont sublimes… Il leur donna tellement de confiance en elles qu’elles firent l’impensable : défiler dans ses souliers vertigineux sans que l’une d’entre elles ne faillissent, ni ne glissent.

McQueen l’avait compris, le monde a besoin de fantaisie, d’imagination, non de réalité. Éditées à 21 exemplaires, posséder les Armadillos shoes est un peu comme avoir un Brancusi aux pieds. Il s’agit d’une œuvre d’art, rien de plus, rien de moins. Et c’est ainsi que la démocratie se fit dans la haute couture : tout le monde pouvait les voir, mais personne ne pouvait les avoir.

 

Le Kimono : un Vêtement Traditionnel et Moderne

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 A l’image des rouleaux de papyrus sur lesquels les Egyptiens rédigeaient la vie des premières civilisations sédentaires et antiques, le kimono est le médium de l’histoire du Japon, exprimant les époques, les techniques, l’utilisation de matériaux variés. Cet élément phare de la culture Nippone et plus globalement asiatique, traverse les siècles et les coutumes.

 Originellement porté par tous, le kimono est une grande pièce de tissu minutieusement travaillée, tissée et peinte. Un kimono n’est pas simplement un vêtement mais c’est également la traduction d’un statut social, d’un savoir-faire et d’une époque. En effet, les kimonos réalisés avec talent dans des tissus précieux sont considérés comme de réelles œuvres d’arts. Vêtement d’une élégance rare et affiné durant plusieurs siècles, cette pièce incontournable du vestiaire asiatique, brodé de fils d’or, fait dans une soie des plus rares ou dans un modeste coton, le kimono est avant tout la griffe d’une nation. Mais au début du XXème siècle, le Kimono n’est quasiment plus porté. Petit à petit l’empereur Meji habille les employés de la fonction publique de la tenue orientale. Entre 1920 et 1930, les écoliers troquent l’hakama contre l’uniforme marin et les femmes adoptent les jupes et des chemisiers.

 Aujourd’hui les codes de cet orientalisme d’antan sont repris par bon nombre de maison et de créateurs qui le remettent au goût du jour et le réactualisent. Le kimono, comme une force tranquille fait son apparition petit à petit dans le vestiaire occidentale depuis quelques années maintenant, considéré pour certains comme le nouveau blazer de l’été, élégant et raffiné à la fois, ou comme une pièce importante de la panoplie Homewear. C’est entre les mains de grands créateurs contemporains que le kimono vit une deuxième jeunesse. Rick Owens dessine une ligne pure et minimaliste dans un tissu noir tandis que Céline en invente une version blanche resserrée sous la poitrine. Dries Van Noten, lui accorde l’authenticité des dessins peints sur le tissu à une fluidité et une coupe plus courte. Ainsi, le Kimono, désormais inscrit dans l’histoire occidentale, s’ancre dans un nouveau mode de vie et véhicule de nouveaux codes.