Les Nouvelles Lunettes Dior 30 Montaigne

Une paire de solaire qui lie le siège historique de la maison Dior à l’inspiration clé que fut l’Avenue Montaigne sur la création de Monsieur. Et sur l’histoire de la mode !

Christian Dior Et L’Avenue Montaigne

Avant même de devenir le couturier adulé du monde entier, Christian Dior aimait à passer ses après-midi Avenue Montaigne. Au Plaza Athénée, plus précisément. C’est d’ailleurs le bar du Plaza qui, avec ses lignes sensuelles, lui inspire la pièce la plus iconique de son vestiaire.

En effet, Christian Dior et l’Avenue Montaigne, c’est d’abord le Tailleur Bar . La pièce qui révolutionna la mode du jour au lendemain en 1947… Cette pièce qui remis donc l’histoire de la mode sur les rails de la féminité — la femme-fleur signait son retour dans la modernité !

En réalité, Christian Dior et l’Avenue Montaigne c’est avant même l’épisode du Tailleur Bar, une histoire de passion. Lors que Christian Dior chérissait en secret le rêve de devenir couturier, il se perdait à penser au siège de sa future maison… C’est sur l’avenue Montaigne et nulle part ailleurs qu’il le voyait !

1946 est l’année où Christian Dior acquiert le 30, Avenue Montaigne. A deux pas du Plaza Athénée, sa maison de couture prend place au coeur d’un hôtel particulier. Il note ainsi dans ses mémoires: « derrière le petit hôtel du début, un immeuble neuf de huit étages – huit ateliers – que doublait un autre immeuble également de huit étages » note Christian Dior dans ses mémoires.

Cet hôtel particulier du 30 Avenue Montaigne devient ainsi l’antre de la couture Dior. Le siège historique de la maison de couture de Monsieur était, du sol au plafond, l’exacte reflet du goût Dior. Le Gris Montaigne colore les murs d’une élégance subtile, le mobilier souligne, lui, le panache de la couture. Avec le cannage iconique.

Collection Dior, P/E 2020

C’est l’influence du 30 Avenue Montaigne sur la couture de Monsieur que Maria Grazia Chuiri honorait ainsi en 2019 avec le sac 30 Montaigne. Un sac devenu solaire pour le Printemps/Eté 2020.

Les Nouvelles Solaires Dior 30 Montaigne

« Un bureau de rêve et un refuge pour des choses merveilleuses. » Voilà comment Christian Dior définissait ses ateliers.

Alors, on peut aisément imaginer que les nouvelles solaires Dior 30 Montaigne portent en elles une même sophistication.

Campagne Dior, P/E 2020, Solaire 30 Montaigne

Avec leur monture carrée oversize, les solaires Dior 30 Montaigne signent un regard couture. Complétées de branches graphiques, siglées CD, elles déclinent une élégance évidente autour de plusieurs versions et coloris.

Noires, écailles, ivoires ou encore ultra-mat noir et blanc… De quoi porter habilement les codes clés de la couture Dior !

La Version Matte Des Sacs Iconiques Dior

Le Lady Dior, le sac Saddle et le 30 Montaigne se parent d’un chrome hypnotisant.

En version ultra-matte, les icônes Dior se parent d’une beauté plus surnaturelle encore !

La Nouvelle Ligne d’Accessoires Dior, Ultra-Matte

Nouvelle variation autour de pièces iconiques de la grammaire Dior, la nouvelle ligne d’accessoires ultra-matte donne aux icônes un air de beauté lunaire !

Appuyant les lignes déjà fortes des icônes telles le Saddle Bag imaginée dans les années 90 par John Galliano, l’ultra-matte fait un peu plus résonner la dimension intemporelle de ces pièces. Une finition opaque qui épouse à merveille le raffinement-cool du Saddle.

Et qui donne au 30 Montaigne une résonance plus contemporaine encore ! Nommé d’après l’adresse mythique de la maison Dior, il fut imaginé en 2019 par Maria Grazia Chuiri. Un sac comme une box qui, dans ces monochromes bleu nuit, noir, ivoire, pêche, marron et vert olive, gagne en impertinence !

Mais c’est sur le sublime Lady Dior que l’obsession opère bien plus encore…

L’Obsession Pour Le Lady Dior Ultra-Matte

Le sac qui, en 1996, prit le nom de Lady Dior, doit son statut d’icône à la femme hors-norme qui l’introduit au monde. Cette femme ne fut autre que Lady Diana. En visite à Paris en 1995, elle le reçut en cadeau des mains de Bernadette Chirac. Et l’icône de mode absolue que fut Diana ne pouvait que démontrer le quotient-sophistication d’un tel sac.

Oui car, avant d’être vu au bras de Lady Di, le sac attendait sagement en interne qu’on lui trouve un nom, et une marraine.

Voici alors qu’en 2020, le sac clé de la maison Dior se pare d’un manteau monochrome opaque qui, à bien y regarder, décuple l’obsession qu’on lui porte déjà. Lui aussi, tour à tour blanc immaculé, rose, gris, vert ou bleu nuit… Il distille toute l’audace que peuvent se permettent de tels chefs-d’oeuvre.

Un sac qui captive autant qu’il raconte le langage de la couture Parisienne. A la Dior.

Le Mors Gucci

D’une attache au mocassin le plus iconique de l’histoire de la mode, il fallait l’oeil de l’Italien Gucci.

C’est une nouvelle fois dans les attributs équestres que le fils d’Aldo Gucci va piocher la grammaire d’une des pièces les plus éternelles de la maison. Un univers où le style de l’aristocratie Britannique a une nouvelle fois mis le pied à l’étrier, pour la maison Florentine.

L’Histoire Du Mors Gucci

1953, Guccio Gucci disparaît et laisse à son fils, Aldo, le soin de la création de sa maison. Ainsi, Aldo Gucci, féru d’équitation, va faire entrer le mors dans la grammaire déjà riche des codes de la maison Florentine.

Le Mors, Un Code Gucci

Il avait déjà le bambou, le logo GG, la bande web… Voici le mors qui apparait, sur un soulier très plébiscité.

Cet attribut équestre, aidant à guider un cheval, se pose désormais sur le mocassin Gucci. Reproduit par deux anneaux reliés d’une tige horizontale, il devient la signature des connaisseurs, et des élégants en Gucci.

Dès lors, de Fred Astaire, John Wayne, Clark Gable en passant par la haute noblesse Italienne, tout ceux qui comptent pour être des hommes de goût possèdent leur mocassin Gucci.

Des Femmes A L’Icône Pop

Mieux, devant les femmes qui franchissent le pas de la boutique pour l’acheter, Gucci décide de faire mieux. En 1968, la maison en imagine la version féminine.

Adorée pour des silhouettes à la Lauren Bacall, cette pièce sera un véritable succès et ces ‘talons plats‘ feront le confort de ces Belles d’une nouvelle époque. A l’heure où la femme revendique ses droits et emprunte au vestiaire masculin (époque Smoking d’Yves Saint Laurent, aussi), Gucci matérialise une assimilation parfaite de l’apparence physique masculine.

Et c’est en 1985 qu’il entre dans la collection permanente du Metropolitan Museum of Art de New York.

C’est que le mocassin mors de Gucci se prête à toutes les fantaisies… Véritable icône du vestiaire, son allure transcende les générations et les goûts.

Il n’y a qu’à voir l’emploi inspiré qu’en fait désormais Alessandro Michele. Coupé et doublé de fourrure, brodé, en satin, en jacquard, en velours, taggé ou vernis… Rien ne résiste au charme et à la sophistication d’un soulier devenu un classique aussi classique qu’orignal !

Le mocassins mors de cheval en quelques dates
1953 : Gucci lance les légendaires mocassins mors de cheval. Le cuir et le mors de cheval sont références claires à la tradition équestre que ont inspiré Gucci depuis ses origines.
1959 : Alain Delon pose pour une photographie intime avec Romy Schneider en portant les mocassins mors de cheval.
1960 : John Wayne est photographié dans une boutique Gucci en train d’essayer de mocassins mors.
1967 : C’est au tour de Brigitte Bardot de porter les mocassins mors.
1969 : La légendaire Jane Birkin pose avec une paire de mocassins mors qui sont déjà un must aussi pour les femmes.
1970 : Peter Sellers porte les mocassins mors.
1974 : Roger Moore dans le rôle de James Bond porte le mocassins dans le film “L’Homme au pistolet d’or”
1976 – 1977 : Pendant le tournage de “Taxi Driver” Jodie Foster devient une fan des mocassins mors.
1979 : Pour la deuxième fois, Dustin Hoffman en Kramer vs. Kramer, porte les mocassins mors dans les films. La même année Francis Ford Coppola est photographié en portant la chaussure emblématique.
1984 : Le Metropolitan Museum of Art de New York acquiert et exhibe en permanence une paire de mocassins mors Gucci comment symbole emblématique de l’art et du design du XX siècle.
1989 :Matt Dillon porte encore dans le films les mocassins mors avec Drugstore Cowboy.
1999 : Malgré la révolution générale introduite chez Gucci, Tom Ford donne aux nouveaux mocassins mors juste une touche plus moderne: nouvelles peauxmatériaux ou un design révolutionnaire.
1990s – 2000s : Le moccasin mors de Gucci est protagoniste dans les films: de The talented Mr. Ripley à Fight Club, Wall Street, Wolf of Wall street et Frost/Nixon.
2010s : Nouveau millénium, nouvelles célébrités. Mais le moccasin mors de Gucci est encore là. Les célébrités les adorent. Pour n’en nommer que quelques-uns, James Franco, qui est aussi égérie de Gucci, et Bruno Mars.
2011 : Pour le 90e anniversaire de Gucci Frida Giannini lance la collection “Firenze 1921” qui inclut une édition limitée des mocassins mors.
2013 : Pour célébrer le 60e anniversaire de ces chaussures emblématiques Frida Giannini donne nouvelle vie aux mocassins mors en lançant la  « collection 1953”, avec une variété de peaux exotiques et de couleurs brillants.
2013 : Pour la campagne publicitaire Forever Now Charlotte Casiraghi porte une paire de mocassins mors.
2015 – 2016 : La révolution souhaitée arrive avec Alessandro Michele. Les mocassins mors rencontrent les trends du streetwear et les chaussures commencent à montrer tigrespeaux de serpent, travailles de broderie, fourrures, ou une forme de pantoufles.

La Campagne Pre-Fall Gucci 2020

Gucci embarque pour l’Arcadie, ou plutôt pour l’utopie du monde de l’enfance. Royaume éthéré où les êtres Gucci cohabitent en parfaite harmonie avec la Nature. Les codes Gucci et le style flamboyant d’Alessandro Michele en prime.

Une Campagne Dans L’Enfance

Alessandro Michele nous a habitué à explorer le royaume des rêves, et celui de l’utopie. Pour la campagne Pre-Fall Gucci 2020, il embarque les êtres Gucci vers celui de l’enfance. Royaume de l’innocence et de la spontanéité, il est à l’image du style Gucci depuis quelques années — une ode à l’individualité.

Avec Christopher Simmonds pour directeur artistique de la campagne, couplé à l’oeil théâtral d’Alasdair McLellan, la campagne Gucci imaginée par Alessandro Michele embarque vers un univers mythique. Un univers où la magie opère sous une lumière clair et scintillante. Un univers où les êtres Gucci se prélassent dans le mythe de l’harmonie naturelle.

Des animaux de contes de fées, des hommes et des femmes s’amusant sur des balançoires — le résultat? Une scène quasi-surréaliste où les vêtements Gucci plantent le décor de la saison que l’on espère venir…

Toile Diamantissima Et Mocassin Iconique

La Campagne Pre-Fall Gucci 2020 joue ainsi des codes iconiques de la maison Florentine. On retrouve la mythique toile diamantissima sur un pantalon d’un jaune innocent, à la coupe très seventies.

Sur des mocassins iconiques, c’est la bande web qui pique de chic cette chaussure à l’allure décidément intemporelle. Intemporelle, tout comme les chevreuils, faons, hiboux, oiseaux bleus, mouffettes, écureuils, grenouilles, hérissons, canards et lapins qui semblent tout droit sortis d’un conte pour venir égayer la campagne Gucci.

Une campagne tout en joie et spiritualité où l’Homme et la nature ne font qu’un. A l’instar du mors Gucci qui, allègrement, se change en chaîne pour, finalement, ne faire qu’un avec son époque. La grammaire Gucci initiée par Guccio Gucci dans les années 20 se prête bien à l’esprit rieur mais profond de son actuel directeur artistique.

La bande web inspirée des codes de l’aristocratie Britannique qui fascinait Guccio Gucci… Le mors emprunté à l’univers équestre ou encore la toile diamantissima qu’aime tout particulièrement détourner Alessandro Michele… Voici autant de pièces iconiques qui servent aujourd’hui la narration d’une nouvelle génération.

Des vêtements et une attitude captée avec délicatesse et surprise à travers de l’objectif d’Alasdair McLellan — pour une série de vignettes de portraits aussi captivants que vibrants.

« Comme un moment idéal auquel aspirer quoiqu’il arrive » précise le communiqué presse. En effet, cette collection Pre-Fall 2020 a tout d’un idéal, elle aussi ! Le film d’une douceur taquine est à découvrir ici.

La Mode Et Les Films Iconiques De La Gen X

Des films qui ont marqué leur époque mais surtout les esprits — une mine d’or culturelle et autant de films qui ont influencé la mode et les designers

Les Films Qu’Il Faut Avoir Vu

Ces films de la Gen X (né entre le milieu des années 60 et début des années 80) ont cela d’iconique qu’ils inspirent aujourd’hui encore les réalisateurs, la mode — son imaginaire et son imagerie.

Cités dans nombre de collections, ces films réalisés entre 1960 et 1990 ont une influence stylistique considérable. Les référencer entièrement ici serait mission impossible. Mais avoir les films en tête suffit à repérer sur les podiums passés ou à venir les tricks et gimmicks, les attitudes et les arrangements stylistiques directement inspirés de ces films.

Des bijoux culturels à voir pour comprendre l’imaginaire des designers de la Gen X. Des créatifs hautement inspirés par l’univers artistique de leur enfance…

Les Films A L’Epouvante Gothique

De ces films qui ont redéfinis les codes de l’horreur, nombre de designers se sont inspirés de leur ambiance mêlant épouvante, glamour ou érotisme… pour injecter une dose de subversion à leur collection ! Parfois, il s’agit aussi d’inspirer une ambiance au défilé.

On pense facilement à l’impact du film ‘Shinning’ sur la collection Moschino par Jeremy Scott, en 2019. Intitulée ‘Spooky Couture’, la collection Croisière tournait en version couture les jumelles du film de Kubrick.

Raf Simons pour Calvin Klein avait une fois encore pioché dans ces films d’épouvante les lignes et l’effet de ses vêtements pour le Printemps/Eté 2019. ‘Carrie’ de Brian De Palma et ‘Rosemary’s Baby’ de Polanski en tête !

D’autres designers comme Rodarte, Simone Rocha et Anna Sui puisent à loisir dans ce registre gothique l’essence de leur mode…

Psycho’, 1960, par Alfred Hitchcock

Rosemary’s Baby’, 1968, par Roman Polanski

Shinning’, 1980, de Stanley Kubrick

L’exorciste‘, 1973, de William Friedkin

Carrie’, 1976, Brian de Palma

‘The Elephant Man’, 1980, par David Lynch

Les Films Qui Ont Inspiré Tout Un Style

Qu’il s’agisse de remettre au goût du jour des pièces éternelles, comme la marinière dans ‘L’Effronté’ de Claude Miller. Qu’il s’agisse encore d’inspirer de nouvelle esthétiques comme l’a fait la trilogie ‘Mad Max’ — ces films ont, chacun à leur manière, provoqué une petite révolution dans le monde de la mode.

Des films comme ‘Le Parrain’ ou encore ‘La Fièvre du Samedi Soir’ ont érigé de nouvelles attitudes en épitomé de la Gen X. Des attitudes que l’on retrouve plus tard distillées ça et là dans les podiums dans grandes maisons. De Versace à Fendi, en passant par Gucci comme vu par Alessandro Michele… La flamboyance des années 80 est en effet souvent référencée.

On connait aussi l’influence assumée qu’a longtemps exercé le style du film ‘Blade Runner’ dans la mode de Raf Simons.

De même que ces univers science-fi et populaires concourent à faire de la mode de Nicolas Ghesquière un exemple du genre. Un designer de la Gen X qui a récemment fait de cette culture cinématographique la trame de sa campagne pour le Pre-Fall 2020. De faux livres de science-fiction qui ressemblent beaucoup aux affiches des films de l’époque !

Parmi les films qu’il faut ainsi avoir vu pour comprendre ces imaginaires très stylisés, on compte 14 chefs-d’oeuvre absolus:

‘Une femme est une femme’, 1961, Jean-Luc Godard

Orange Mécanique’, 1972, de Stanley Kubrick

Le Parrain‘,  1972 de Francis Ford Coppola, avec Marlon Brando, Al Pacino et James Caan

Taxi Driver’,1976, par Martin Scorsese

Annie Hall’, 1977, de Woody Allen

La Trilogie ‘Mad Max’, 1979, 1981, 1985

La Fièvre du samedi soir’, 1977, et ‘Grease’ , 1978, avec la vedette du style Gen X, John Travolta

Star Wars‘, 1977, George Lucas

Midnight express’, 1978 par Oliver Stone

La Boum’, 1980 avec Sophie Marceau par Claude Pinoteau

Blade Runner’, 1982, par Ridley Scott

L’effrontée’,1985, par Claude Miller

Working Girl‘, 1988 par Mike Nichols

Pretty Woman’, 1990, Garry Marshall

Slacker‘, 1990, par Richard Linklater

L’occasion de parfaire sa culture cinématographique, et de savourer nombre de ces films, érigés en oeuvres d’art dans des vêtements hautement créatifs !  

Les Films De la Gen Y, Et La Mode !

Ils sont nés entre 1982 et 1995. Les caractères esthétiques de la génération Y, communément appelée Millennial, ont beaucoup à voir avec les films iconiques de leur époque.

Les Films Iconiques De La Gen Y…

Chute du mur et de Berlin et fin de la Guerre Froide — la génération Y est plus connue pour être celle des ‘digital natives’.

Et parce que les films et la culture furent plus facilement accessibles à cette génération, les Millennials, peut être plus que leurs ainés, puisent dans les films, la musique et l’art une sorte de guideline esthétique.

Et il est évident, au vue des tendances de ces dernières années, que certains films ont eu un impact considérable sur le vestiaire actuel. C’est par exemple la chemise Hawaïenne et le bob, les fils rouges du très déjanté ‘Las Vegas Parano‘ de Terry Gilliam. Vu dernièrement sur le podium de Valentino, pour le Printemps/Eté 2020.

Ce sont encore les lunettes à la Matrix, présentes depuis de nombreuses saisons sur les podiums, de Louis Vuitton au très nihiliste Balenciaga par Demna Gvasalia. En parlant de Balenciaga, Demna Gvasalia semble trouver dans le K-Way (emblème de la génération Y) une pièce intéressante à revisiter chaque saison.

Que dire encore de la banane? Appendice porté à l’écran dans le film culte de cette génération bercée au hip-hop — La Haine , de Mathieu Kassovitz. De la même façon que le film Juice a contribué, lui, aux codes du streetwear. Avec Tupac en acteur… Absolument iconique !

… Expliquent Beaucoup L’Esthétique De Notre Epoque

Tony Montana, Elvira dans Scarface inspirent encore la disco-couture de leur flamboyance… Des cols démesurés sur costumes bien taillés, à rayures tennis.

Le mix-and-match de matières et de couleurs. Qu’il s’agisse de revisiter ce classique du vestiaire, comme chez Y-Project, ou de le révérer comme dans la collection Printemps/Eté 2020 de Louis Vuitton — l’impact d’un tel film est indéniable. Autant que le Pulp Fiction de Quentin Tarantino. Deux pépites du cinéma qui bercent toujours autant l’esthétique actuel!

Il en va de même pour Léon, de Luc Besson. Bonnet-pêcheur, mini-lunettes, long manteau en laine et un goût pour le noir et le minimalisme. Une silhouette que l’on retrouve encore cette saison sur les podiums… Au même titre que les looks savyy-grunge du film Trainspotting.

Combat-boots. Jean skinny. Maxi-lunettes aux verres teintés. Costumes et sneakers. Il y a beaucoup du Gucci d’Alessandro Michele dans le look de Spud. Et beaucoup d’Hedi Slimane dans la silhouette skinny de Renton. Beaucoup du film Reservoir Dogs, aussi !

Mais les films drôles ne sont pas en reste puisqu’un défilé comme celui que Jeremy Scott présenta à Milan pour Moschino en 2019. Il mettait en vedette une référence un brin comique. Sur le podium on voyait en effet des mannequins grimés en Jackie O. Mais version allien, le visage couvert d’un couleurs allant du violet au jaune et au bleu. De quoi penser immédiatement à un autre film clé de cette génération Y — The Mask, avec Jim Carrey.

Mieux encore, la déferlante lazywear des saisons passées, doit beaucoup à un film ayant érigé le laisser-aller en modèle — de vie et de style. The Big Lebowski, des frères Coen. Un film culte !

Les films cultes à avoir vu pour ainsi saisir les références contemporaines de la mode sont :

E.T., 1982, par Steven Spielberg

SOS Fantôme, 1984 par Ivan Reitman

Scarface, 1984, Brian De Palma

Paris Texas, 1984, Wim Wenders

Retour Vers Le Futur, 1985, Robert Zemeckis

Top Gun, 1986, Tony Scott

Edward Aux Mains d’Argent, 1991, Tim Burton

Juice, 1992, Ernest R. Dickerson

Reservoir Dogs, 1992, Quentin Tarantino

Pulp Fiction, 1993, Quentin Tarantino

Forrest Gump, 1994 par Robert Zemeckis

Léon, 1994, de Luc Besson

La Cité de la peur, 1994, de Alain Berbérian

The Mask, 1994, de Chuck et Charles Russell

La Haine, 1995, Mathieu Kassovitz

Mission: Impossible, 1996, Brian De Palma

Las Vegas Parano, 1998, Terry Gilliam

The Big Lebowski, 1998, Les Frères Coen

Matrix, 1999, Les Wachowski

Fight Club, 1999, de David Fincher

Le Rouge Louboutin, Code Iconique De La Maison

Chez Christian Louboutin, tout part du dessin — complété parfois, par la réalité. Le rouge de ses souliers, signe de reconnaissance discret, tient de ce savant équilibre.

Pourquoi Les Semelles Louboutin Sont-Elles Rouge?

Christian Louboutin a grandi dans le 12ème arrondissement de Paris, dans les années 70. Non loin de là, le Musée des Arts Africains et Océanien. C’est dans ce lieu grandiloquent qu’il va forger un aspect clé de son imaginaire. Il a 11 ans et, c’est un panneau plutôt banal qui va s’ancrer dans son esprit.

Il voit en effet un panneau interdisant le port des talons aiguilles — le bout de ses talons étant à cette époque taillé dans le métal, les souliers des dames rayaient en effet le parquet. « Mon premier soulier, je l’ai vu ici. C’est là que j’ai découvert que tout partait du trait. Je l’ai vraiment compris à travers ce dessin » Christian Louboutin.

Sorte de premier émoi de faiseur de souliers, Christian Louboutin grandit ainsi avec cette vision et cet amour, déjà, pour les chaussures. S’en suivra une formation incomparable dans ses nuits passées au Palace. Louboutin taille son style au plus haut de la flamboyance des seventies. Mais ses chaussures doivent beaucoup à la cambrure folle et follement divine des escarpins des années 50 !

Il dessine. Enormément. Nourrit de tout, son imagination fantasque résonne dans des chaussures restées jusque là au stade de dessins. Lorsqu’il se lance dans l’aventure des rêves d’enfant, c’est auprès du maître Roger Vivier.

Le Fragonard de la chaussure, qui chaussa jusqu’à la Reine d’Angleterre le jour de son couronnement — Roger Vivier devient son mentor. Christian Louboutin le sait, il ne travaillera pour personne d’autre. Quelques années plus tard, il ose ses premières créations. Mais ce rouge iconique alors? D’où lui vient-il?

Sa première boutique ouvre en 1991, galerie Véro-Dodat. Le rouge, lui, apparaît en 1992.

L’Idée Du Rouge Louboutin

Dans le reportage Arte récemment consacré à son travail, notamment autour de l’exposition au Musée de la Porte Dorée, il raconte: « J’avais le soulier, j’avais le dessin et à chaque fois je me disais: “Le soulier est bien mais quand même le dessin est mieux“. Et je le tournais dans tous les sens et puis quand je l’ai tenu comme ça… La semelle était noire…

Et moi je n’avais pas de noir dans mon dessin, je n’avais pas de beige, je n’avais pas de marron, pas de gris, — je n’avais que des couleurs vives. Il y avait la personne, Sarah, qui essayait les souliers, elle était en train de se vernir les ongles. Je lui dis écoute laisse moi… je peux te prendre ton vernis, ta bouteille. Elle me dit ‘Attend je finis les ongles et je te la passe’. Non attend y’a un truc que je voudrais vérifier. Alors bon petite bataille. Je réussis à récupérer la bouteille de vernis. Elle n’avait que deux ongles fait, elle n’était pas contente. Puis j’ai finalement vidé la bouteille de vernis sur la semelle et là j’ai regardé mon dessin et je me suis dit ‘bah voilà, là c’est mon dessin’. »

Le Rouge Louboutin, Code Discret D’une Allure Très Remarquée

On se s’y trompe pas — Christian Louboutin a cherché à ce que la réalité concorde à son imaginaire, jusqu’à inventer une nouvelle façon de penser le soulier.

Teintées d’une semelle rouge, les créations Louboutin ne sont pas juste belles, elles sont sublimées. Signature jouant du visible/invisible, ce rouge pimpant signe l’allure en même temps que les chaussures en donnent — beaucoup !

Il faut en effet que la femme tourne les talons pour que la signature apparaisse — et cette signature est désormais connue dans le monde entier. De la pop’ culture aux esthètes, le rouge Christian Louboutin n’a besoin ni d’affiche ni de spot publicitaire pour donner de l’émotion. Ni pour créer le désir !

Il faut dire aussi que ses chaussures sont elles-mêmes hors du commun — les mythiques Pigalle procurent de la grâce à celles qui les enfilent. Une grâce signée d’un rouge chic au possible… Tant l’on sait que les femmes ont souvent en horreur la couleur — elles qui ne jurent que par le noir, ne comptent qu’une exception… Le rouge !

Ce rouge qui existe donc par-delà les couleurs, et au delà des modes… Le rouge des ongles, des lèvres… Un code qui, longtemps, ne fut connu que des seules initiées. Désormais propriété exclusive de la maison, depuis 2018, année où la Cour de justice Européenne reconnaissait ce rouge écarlate laqué comme le caractère exclusif des créations Louboutin. Ce rouge carmin puissant et passionnant, numéro Pantone 18.1663TP, marque ainsi les pas des Belles chaussées de Louboutin. Et elles seules.

Les Livres A Lire Pour Parfaire Sa Culture Mode Et Luxe

Plus intéressant encore que les livres d’histoires, les biographies des couturiers sont de parfaits ouvrages pour comprendre la mode et le luxe dans leur contexte.

Parce que la vie des couturiers est intrinséquement liée à une époque, à une culture — les livres traçant leur biographie fourmillent de détails et de petites histoires qui font la grande.

Pour connaître l’âme des maisons, il faut sonder l’âme des couturiers

Parfois, c’est le couturier lui-même qui offre à la postérité une lecture précise de sa mode. C’est par exemple le livre Christian Dior et moi, publié après la disparition soudaine du couturier en 1957. Christian Dior y livre avec l’espièglerie qu’on lui connait le récit de son destin. Haut en élégance !

On passe ainsi les portes du 30 Avenue Montaigne avec le maître des lieux. En 1994, Marie France Pochna s’est elle penchée avec son oeil d’experte reconnue dans la mode et le luxe sur la figure désormais mythique du couturier de la femme-fleur.  Et c’est Christian Dior le premier couturier de l’industrie du luxe qui l’intéresse… Une plongée au coeur de l’économie de la mode, à travers la maison Dior — une lecture très instructive !

L’autre figure tutélaire de la mode, c’est Coco Chanel. Et les ouvrages ne manquent pas à son sujet. Ceux qui font la différence?

Le Temps Chanel et L’irrégulière: ou, Mon itinéraire Chanel publiés en 1974 par Edmonde Charles-Roux. Ayant aussi participé à la création du magazine ELLE, Madame Charles-Roux fut une proche de Chanel. Révérant toujours le même habit: son tailleur Chanel, et ses perles blanches .

Le Coco Chanel, 2011, de Lisa Chaney, en ce qu’il explore la relation de Chanel avec l’art moderne. Une facette souvent peu connue de Chanel.

Celui écrit par Justine Picardie, intitulé Coco Chanel, Sa Vie (2011). Parce qu’il fut rédigé avec la contribution et la complicité de Karl Lagerfeld. En plus d’être richement illustré de ses dessins.

Chanel par Henry Gidel, en 2000. Un livre rédigé suite à une consultation minutieuse de sources inédites, et des entretiens menés auprès de témoins ayant connus Coco Chanel… Une biographie filée en somme !

Autre personne éclatant de la mode Française, Yves Saint Laurent. Un personnage qui se dévore autour de deux biographies bien ficelées. Saint Laurent, Mauvais Garçon de Marie- Dominique et Yves Saint Laurent de Laurence Banaïm…

« J’ai rencontré Yves Saint Laurent en 1986 à travers son métier, et c’est seulement un an plus tard que nous avons été présentés. Publiée en 1993, cette biographie a été rééditée en 2002 lors de la fermeture de la maison Yves Saint Laurent, puis en 2010. Un jour il m’avait lancé: « Mais vous connaissez bien mieux ma vie que moi…. » Faux, évidemment. Car écrire la vie de cet  homme de son vivant, c’est refuser de tomber dans certains pièges.  » Je n’ai jamais cherché à éviter ses zones d’ombres, mais à privilégier sa lumière, ce qui l’a rendu si différent. » Un livre qui dit beaucoup d’un artiste, et de ce qu’il faut d’instinct pour faire de la mode un art.

Dans le même esprit, le livre Hubert De Givenchy de Jean-Noël Liaut. Un roman biographie comm une fable d’élégance et d’excentricité où se mêlent des conversations intimes et des souvenirs inédits… Le tout bercé dans la Cafe-Society. D’ailleurs…

Les livres pour comprendre des époques

Parce que les courtiers baignent souvent dans des milieux mondains mais secrets, trois ouvrages ouvrent des perspectives pour comprendre le contexte socio-culturel donnant naissance aux mythes de la mode et du luxe.

Le brillant livre Beautiful People d’Alicia Drake — pour saisir les années 50, 60 et 70; des époques phares pour comprendre la mode d’aujourd’hui.

Ou encore Tout sur le Ritz de Claude Roulet. A lire en même temps que l’ouvrage de fiction biographique dédié à Jeanne Toussaint, La Panthère de Cartier, par Stéphanie des Horst.

Pour comprendre et vivre les années folles, le luxe et le tourbillon de la mode, et l’ entrée fracassante de celle-ci dans la modernité. Chanel, Cartier… Dans la modernité d’après-guerre. Des ouvrages de référence à lire pendant en prenant le temps !

Les Films A Voir Pour Comprendre La Mode

Une liste des films iconiques pour cerner les subtilités des couturiers, de la haute couture, et la fantaisie du prêt-à-porter.

Les Biographies Cultes De La Mode

Si il existe une myriade de points de vue pour comprendre la mode, les plus intéressants sont ceux qui se fixent sur la figure des couturiers.

De véritables pépites qui, à leur manière, révèlent les dessous de la mode contemporaine. Parmi ces films cultes de la mode, la personnalité mystérieuse de Coco Chanel a fait l’objet de deux long métrages. Extrêmement bien ficelés.

Le premier de Jan Kounen, sorti en 2009, intitulé ‘Coco Chanel et Igor Stravinsky’ retrace l’image de Coco Chanel la mécène, mais aussi et surtout Chanel l’amoureuse. Anna Mouglalis parfaite dans le rôle de Coco, auréolée de secrets.

Amoureuse des arts et des artistes donc — Chanel contribua en effet à sauver le Sacre du printemps en injectant l’argent nécessaire à ses représentations. Le reste tient de la légende puisque, sans elle, le ballet aurait peut être était brûlé sur le bûcher de l’avant-garde. Goût fané d’une époque oblige.

Le second, sorti lui aussi en 2009, fut réalisé par Anne Fontaine. C’est ‘Coco Avant Chanel’, un film sur l’ascension d’une couturière partie de rien. Un film qui se concentre bien sur la révolution stylistique menée par Gabrielle Chanel. Allure simplifiée, petite robe noireet autres icônes de la mode moderne. Avec Audrey Tautou incarnant à merveille la mutine Coco, devenue l’impératrice de la mode Parisienne.

La Figure d’Yves Saint Laurent provoque la même fascination chez les réalisateurs. Puisque deux films sont sortis en 2014 — l’un de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel, l’autre de Jalil Lespert avec Pierre Niney.

Ces films révèlent la personnalité trouble mais géniale d’Yves Saint Laurent. Lui qui n’hésitait pas à tirer de la vie nocturne l’énergie subversive indispensable à toute révolution esthétique. Dans la haute couture, comme dans le prêt-à-porter ! L’origine de la désinvolture du Smoking  ou celle de la see-through shirt est à chercher par là.

C’est ce que semble montrer le film biographie de Jalil Lespert ‘Yves Saint Laurent’. Un récit s’achevant sur le défilé de maître que fut la collection Ballets Russes de 1976.

Bertrand Bonello dans ‘Saint Laurent’ vise à explorer les aspects sombres et occultés de la personnalité du couturier. « Nous n’étions pas intéressés à montrer comment Yves Saint Laurent est devenu un génie. Nous voulions montrer ce que cela lui a coûté chaque jour d’être qui il était, et c’est pourquoi, au début du film, il est déjà une star. » Un film à voir pour comprendre la position de tout couturier dans le système de la mode !

En parlant de ce système souvent très délicat. Le film documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, ‘McQueen’, sorti en 2018, retrace la vision tellurique d’Alexander McQueen. Le film qu’il faut absolu avoir vu si l’on veut produire ou comprendre l’impact que peut avoir une collection et un défilé sur la mode.

Et justement, quel impact peut avoir la personnalité du designer sur la mode qu’il produit? Un pan de la création d’Olivier Rousteing est ainsi exploré dans le documentaire Wonder Boy.

Dans un autre registre, le documentaire consacré à la vision de Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue Américain et Harper’s Bazaar, connue pour être la femme qui fit entrer la mode au musée…

Et toute la narration de Valentino se trouve décrite dans ce superbe documentaire par Matt Tyrnauer… ‘Valentino: The Last Emperor’ le titre parle de lui-même.

Ce documentaire offre une perspective inédite sur le travail et l’intérêt esthétique d’un magazine de mode. ‘The eye has to travel réalisé par Lisa Immordino Vreeland, Frédéric Tcheng, Bent-Jorgen Perlmutt est un chef d’oeuvre du genre.

Les Documentaires De Loïc Prigent

Nul besoin de présenter l’approche décomplexée et très drôle de Loïc Prigent sur la mode. Ces documentaires sont pourtant d’une précision rare — le suivre dans les coulisses de la préparation d’un défilé ou l’entendre retracer les décennies phares de la mode permet à quiconque de comprendre ce milieu.

A voir: ‘Le jour d’avant volume 1’: Sonia Rykiel. Jean Paul Gaultier. Proenza Schouler. Fendi.

Le jour d’avant, volume 2’ : Donatella Versace. Diane Von Fustenberg. Nina Ricci. Narciso Rodriguez. Jeremy Scott. Alexander Wang. Lanvin. Isabel Marant

Signé Chanel, 2005. ’Karl Lagerfeld se dessine’, 2013. Mais aussi ‘Le testament d’Alexander McQueen‘, 2015. Scandales de la mode, 2016. Qu’est-ce que la haute couture?, 2016. ‘Les dessins de Christian Dior’, 2018…

Ses projections sur La Mode Des Années 90. Un régal, bien savant !

Les Films De Mode Plus Réels Encore…

Le film évènement ‘The September Issue’, 2009, nous embarque littéralement au coeur de la rédaction du Vogue Américain, alors en préparation du numéro de Septembre — le plus important !

On y voit le travail des journalistes de mode, d’Anna Wintour et de son bras droit, la très inspirée Grace Coddington. De quoi comprendre la vie et le rythme d’un magazine de mode au plus haut.

Prêt a porter‘ de Robert Altman, 1994, est quant à lui un film qui joue sur l’idée des clichés prêtés au milieu de la mode dans les années 1990. En plein boom des Supermodels, le film joue sur le faux meurtre du président du syndicat du prêt-à-porter… Tourné en vrai pendant la semaine de la mode à Paris.

Un film où Marcello Mastroianni, Sophia Loren et Kim Bassinger côtoient Anouk Aimée, Rosy de Palma, Julia Roberts, Lauren Bacall, Björk, Cher, Naomi Campbell, Sonia Rykiel, Claudia Schiffer, Jean Paul Gaultier… Un micmac de figures de la mode et du cinéma !

Les Actrices, Chanel Et Le Cinéma

D’Hollywood à la Nouvelle Vague, l’esthète qu’était Coco Chanel a contribué à faire la légende de films iconiques. Une histoire qui se raconte, aussi, à travers des actrices de grandes envergures.

Coco Chanel Et Le Cinéma

La force et la modernité des silhouettes de Coco Chanel ont très vite servi à la narration cinématographique.

Coco Chanel, Epoque Hollywood

« C’est par le cinéma que peut être imposée la mode aujourd’hui » tranche Coco Chanel dans La Revue du Cinéma en 1931.

Et il est vrai que la silhouette moderne et épurée de Coco Chanel peut tout dire d’un personnage, sans qu’il ait à parler. En 1931, c’est dans le film Ce Soir Ou Jamais que Gloria Swanson démontre toute la puissance de la mode Chanel.

Coco Chanel, 1930’s, dans les bureaux de la MGM

Cette actrice, star du muet passant à l’audio, focalise en effet l’attention dans ses tenues Chanel. Quelques mois auparavant, en 1930, Coco rencontrait Samuel Goldwyn, le propriétaire des studios de la MGM…

Par l’intermédiaire du grand-duc Dimitri Pavlovitch, à Monte-Carlo, Chanel est ainsi appelée à redonner de la fougue et du rêve à Hollywood. Au lendemain du plus grand krach boursier de l’histoire, Samuel Goldwyn compte sur la papesse de la mode moderne pour transformer ses actrices en icônes. Il compte sur Chanel, aussi, pour amener de « la classe » à Hollywood, face aux costumiers un brin trop théâtraux.

A la recherche d’un nouveau public à amener au cinéma, il ambitionne donc d’en faire une vitrine de la mode.

Depuis Paris puis New York, Chanel rejoint Los Angeles dans un train blanc – clin d’oeil à sa teinte favorite – tout spécialement affrété pour elle. Et c’est Greta Garbo en personne qui l’accueille à l’arrivée. L’histoire de Chanel et du cinéma s’amorce, et les journaux titrent: « Deux reines se rencontrent. »

Si la réputation et la mode de Coco Chanel avaient déjà conquis le monde, Hollywood avait besoin de s’appuyer sur son talent pour ériger ses actrices en épitomé du chic. Ainsi, les femmes du monde entier ont vu dans ces silhouettes l’attitude à adopter.

Chanel et Samuel Goldwyn

Samuel Goldwyn confiait ainsi, en 1931, à des journalistes français: « Je pense qu’en engageant Mme. Chanel j’ai non seulement résolu le problème difficile de savoir comment empêcher les vêtements d’être datés, mais c’est également un service rendu aux femmes Américaines, qui peuvent voir dans nos films les dernières modes parisiennes, parfois même avant que Paris ne les voit. »

Avec la MGM, Chanel signe un contrat qui, comme le rapporte Rhonda K. Garelick, en 2014, dans la biographie Mademoiselle: Coco Chanel and the Pulse of History « Habiller ses stars, à l’écran comme à la ville. . . . Chanel devait mettre les actrices dans des styles « six mois en avance » sur la mode, afin de compenser le délai inévitable entre le tournage et la sortie.»

« C’est un nouveau chapitre dans ma carrière qui commence aujourd’hui » confie Chanel en mars 1931 au Los Angeles Examiner.

Dès lors, le nouvel Hollywood espère se reposer sur des éléments cinématographiques directement liés à la mode de Chanel. Attirant ainsi un nouveau public, d’abord. Puis en donnant aux actrices une allure glamour, quasi-surnaturelle.

Gloria Swanson, Ce Soir ou Jamais, en Chanel

Mais voilà, le film avec Gloria Swanson, Ce Soir Ou Jamais, est un échec. Un échec que Gloria Swanson explique comme un échec vestimentaire.

Coco Chanel époque Hollywood est finalement une expérience de courte durée. Son style sobre et épuré ne rentre finalement pas dans la définition hautement rocambolesque du glamour à l’Américaine.

Gloria Swanson, Ce Soir ou Jamais, en Chanel

Soit. Mais si en 1931 Chanel est une nouvelle fois trop à l’avant-garde, c’est une autre avant-garde qui se tourne vers elle, vingt ans plus tard, pour ses looks de cinéma !

La Nouvelle Vague Et L’Epure de Chanel

La Nouvelle Vague a en effet trouvé dans le style Chanel l’expression la plus radicale de la modernité. Pourtant, lorsque Truffaut ou Alain Resnais approchent Chanel, elle a déjà 75 ans. Et la Dame aux camélias a derrière elle une forte expérience dans le domaine.

Michèle Morgan dans Le Quai des Brumes

En 1938, elle réalise un coup d’éclat lorsque Michèle Morgan cherche une robe pour son rôle dans Le Quai des Brumes de Marcel Carné. Elle se rend ainsi rue Cambon mais ne trouve que l’opposition de Coco Chanel. Pour elle, « un film comme celui-là n’a pas besoin de robe; un imperméable, un béret, voilà tout ! »

L’élégance et la féminité toute en audace masculine – déjà griffe de Chanel – porte ainsi à l’écran une Michèle Morgan au sommet de sa séduction. Mystérieuse et féline, la silhouette fait Ecole.

En 1939, pour le film La Règle du Jeu, Chanel distille son intelligence de classe autour d’un éventail de personnages, pensé par Jean Renoir.

La Règle du Jeu. Costumes par Chanel

Puis vint la Nouvelle Vague. Et ses cinéastes fascinés par l’épure Chanel. « Tout le cinéma a envie de s’habiller chez Chanel » écrit Elle en novembre 1958. Et c’est le cas !

La Nouvelle Vague voit dans l’épure Chanel l’élément indispensable à sa narration simple mais féroce. L’élément indispensable à leurs femmes modernes car libres, aussi !

C’est ainsi que Jeanne Moreau en 1958 dans Les Amants de Louis Malle arbore le mythique tailleur Chanel. En 1963, Jacques Demy rappelle Jeanne Moreau, et le Tailleur Chanel dans la Baie des Anges…

Jeanne Moreau La Baie des Anges

Uniforme des femmes modernes, le tailleur se trouve une nouvelle fois sur les épaules de Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’échafaud, en 1958 toujours. C’est alors la deuxième collaboration entre Louis Malle et Gabrielle Chanel — et le début d’une longue histoire entre Jeanne Moreau et Coco. A la ville comme à l’écran, Jeanne Moreau porte haut les valeurs de la maison aux deux C.

En 1960, Alain Resnais fait appel à Chanel pour habiller Delphine Seyrig dans L’Année Dernière à Marienbad. Le film va marquer l’histoire du cinéma, en même temps que sa relation avec les maisons de mode. En effet, pour la première fois de l’histoire du cinéma, les silhouettes ne sont pas pensées pour les personnages, mais bien tirées des collections Haute Couture…

Delphine Seyrig dans L’Année Dernière à Marienbad.

Alain Resnais inaugure ainsi une nouvelle voie pour les costumes de cinéma. Cette fois, ils sont ancrés dans la réalité. Dès lors, la mode ne peut se passer du cinéma pour exposer ses créations !

Delphine Seyrig dans Baisers Volés

En parlant de réalité justement. C’est peut être pour cela que Truffaut, en 1968 pour Baisers Volés, donne carte blanche à l’actrice Delphine Seyrig pour choisir chez Chanel l’ensemble de ses costumes. Le néo-réalisme, voilà bien ce qui habite nombre de films de Truffaut.

Visconti et Chanel

Mais Chanel adore aussi jouer le rôle de mécène, de pygmalion même. Elle est celle à avoir introduit Visconti à Jean Renoir, projetant ainsi la carrière du réalisateur. Tandis que, lorsque Hanne Karin Bayer arrive à Paris à l’âge de 17 ans pour se lancer dans le cinéma, c’est sa rencontre avec Gabrielle Chanel qui change sa vie.

L’actrice phare de la Nouvelle Vague, Anna Karina, est ainsi entrée dans la mode comme mannequin, avant le cinéma.

Coco Chanel Habille Les Actrices

Coco Chanel a ainsi su mettre en mouvement ses silhouettes sur les actrices les plus révérées de son temps. Annie Girardot, Brigitte Bardot… Nombreuses sont celles à s’être appuyées en retour sur la mode de Chanel pour dégager l’image d’une femme moderne, libre et assurément élégante.

Et parmi les élégantes les plus iconiques, on retient tout particulièrement Romy Schneider et Anouk Aimée.

Romy Schneider

Elle a incarné la femme Chanel à l’écran et à la ville. Il faut dire que Coco Chanel a pris Romy Schneider sous son aile, dès 1961… A la demande de Luchino Visconti.

Romy Schneider dans Boccacio 70

C’est pour le film non moins iconique Boccacio 70, en 1961, que Chanel et Romy Schneider entament leur recherche du style adéquat. Et quoi de mieux que le tailleur Chanel pour camper le personnage joué par Romy Schneider dans le film — une aristocrate espiègle et émancipée. Emancipée de l’emprise de son mari, en écho au mouvement de libération des femmes… En Chanel !

Une femme au style fou devenue une icône de mode, figeant dans l’éternel de la pellicule la sophistication détachée du légendaire tailleur Chanel. Romy Schneider ne quittait, à la ville non plus, son élégance Chanel.

Anouk Aimée

L’autre icône absolue des actrices en Chanel, c’est Anouk Aimée. Qu’elle pose dans les pages du Vogue sous la caméra d’Irving Penn en 1962…

Ou qu’elle fasse l’objet d’un texte du Vogue Paris, en 1963, qui relate toute la force des silhouettes Chanel sur la sublime Anouk Aimée.

« Une nouvelle femme, toute différente de cette Luisa qu’avait imposée Fellini. Anouk Aimée a laissé à Rome les cheveux courts et les lunettes qu’elle portait dans  » 8 ½ « . La voici vue par Chanel, et vêtue d’or. Or brun, le tailleur du soir en lamé cloqué de Bucol. Veste à col châle entièrement ourlé de zibeline comme les poignets des manches longues. Robe trés simple: corsage décolleté en rond à deux bretelles fines; jupe à quatre plis creux couvrant les genoux. Détail nouveau: les deux plis sont ouverts assez haut sur le devant, et piqués trés bas dans le dos. Camélia de velours rouge dans les cheveux. Collier doré, rubis et émeraudes fantaisie. »

Anouk Aimée a incarné la femme Chanel.

Justement… Les femmes Chanel comptent parmi les actrices les plus iconiques de l’histoire. De Marilyn Monroe et son adoration pour le Chanel N°5, en passant par les actrices Françaises de la Nouvelle Vague qui, à la ville comme à l’écran, portent du Chanel. La maison a un lien étroit avec le cinéma, et les grandes dames.

Comment, en effet, ne pas penser à Jackie O., autre icône de mode. Comment ne pas penser, aussi, à Karl Lagerfeld qui a poursuivi ces liens profonds avec nombre d’actrices et de réalisateurs.

Isabelle Huppert, Carole Bouquet, Nicole Kidman, Vanessa Paradis ou encore Keira Knightley, Penélope Cruz, Kristen Stewart et récemment Margot Robbie… Les égéries Chanel se réinventent autour d’un style qui lui est éternel !