Les Nouvelles Mizzle par Allbirds, La Durabilité Aux Pieds

La première basket en laine imperméable d’Allbirds allie design, confort et solution respectueuse pour la planète!

C’est une petite révolution qu’Allbirds a concocté pour cette rentrée. Une paire de basket en laine baptisée la Wool Runner Mizzle qui assure résistance par temps pluvieux, et solution idéale pour la planète.
Conçue à partir de matériaux respectueux pour la planète, sans recourir aux PFA (produits chimiques fluorés synthétiques), qui ne se décomposent pas avec le temps et finissent par polluer notre sol et notre eau, la Wool Runner Mizzle abandonne aussi la forme rigide de ses consoeurs.

L’un des cofondateurs d’Allbirds, Tim Brown, est clair : « Allbirds cherche continuellement de nouvelles alternatives écoresponsables aux matières utilisées traditionnellement dans l’industrie de la chaussure. » Et c’est bien en cela que les deux nouveaux modèles Mizzle allient design, confort et intérêts environnementaux! Une première qui ne sera pas sans déplaire aux aficionados d’un style franchement fonctionnel.

Cléo De Mérode, Danseuse De Ballet, Cocotte Et Figure De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elle sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Cléo De Mérode est de celles-ci.

Ne jamais dire de Cléo de Mérode (1875-1966) qu’elle fut une cocotte. Lorsque Simone de Beauvoir la qualifie comme telle dans son célèbre manifeste Le Deuxième Sexe, l’intéressée surgit de l’ombre pour dénoncer un propos diffamatoire. Traînée en justice, le juge reconnait l’erreur de De Beauvoir — la condamnant ainsi à lui reverser 1 euro symbolique. Mais qui fut alors Cléo de Mérode? Elle fit, très jeune, son entrée à l’opéra, devient professionnelle à 11 ans. Attire l’oeil des peintres, de Degas à Toulouse-Lautrec, avant de se produire dans les salons les plus mondains de la Belle Epoque. Voilà pour le cv. Dans les faits? Elle fut celle qui fit tourner la tête des aristocrates les plus fortunés de l’époque — un temps où entretenir une dame compte pour un signe extérieur de richesse.

C’est que sa beauté détonne des canons de la Belle Epoque: visage angélique, taille fine, allure sculpturale de vestale, et coiffure iconique. Si iconique que les femmes de son temps voient en elle un idéal de beauté. Il faut dire que dès 1895, son double de cire fait son entrée au Musée Grévin. Mais c’est en 1896 que tout se joue pour Mademoiselle Cléo. D’abord à travers le geste artistique d’Alexandre Falguière. 1896 donc, il expose au Salon Des Artistes Français une oeuvre, ‘La Danse’ — statue d’un réalisme si cru que l’on reconnait là le visage, les courbes et jusqu’au nombril de Cléo de Mérode. Complètement nue. Visible aujourd’hui au Musée d’Orsay, l’oeuvre provoque alors un véritable tollé! Cléo de Mérode, après avoir nié toute implication, accuse l’artiste d’avoir détourné sa pose. Mais cela n’entache en rien sa réputation, bien au contraire!

La même année, Cléo de Mérode est élue reine de beauté par les lecteurs de l’Illustration, magazine de mode de l’époque. Déjà habillée par le célèbre couturier Jacques Doucet, Cléo est à l’avant-garde d’une féminité qui trouve son apogée dans les années folles. Une femme libre et attachée à rien sinon ses toilettes et ses diamants. Oui car, même si Cléo de Mérode réfute être une cocotte, elle n’en reste pas moins une femme usant de ses charmes et ses talents pour des diamants, toilettes et hôtel particulier.

On lui prête ainsi une liaison avec le roi des Belges, Léopold II. Les caricaturistes, de Sem à André Gill, s’en donnent à coeur joie! Elle nie le fait, jusque dans ses mémoires publiées en 1955, et intitulées ‘Le Ballet de Ma Vie’. Pourtant, sa valeur s’envole. Vue au Bois de Boulogne, lieu d’excellence pour toutes cocottes qui paradent. Vue chez Maxim’s, haut lieu de rencontre, s’enivrant de champagne. Vue au restaurant Prunier, où elle fait des orgies d’huîtres. Vue aussi faire la Tournée des Grands Ducs, tour des tables les plus prisées de Paris. Et c’est souvent le mercredi, qu’elle décrète le ‘jour chic’ par excellence!

Cléo de Mérode initie aussi les promenades en bicyclette — photographiée portant un bloomer, dessinée par Jacques Doucet. Pour elle? Sans doute. Cléo est alors une muse, mais aussi une publicité vivante. Capable de tout vendre. La biscuiterie Lefèvre-Utile, alias LU, fait appel à son image. Jean Cocteau l’adoube; elle est la ‘belle des belles’ — la première célébrité marketing, c’est elle! Il suffit de feuilleter l’album de l’un des premiers photographes, Reutlinger, pour s’en assurer. Ses poses, son allure, son image semblent si familiers qu’ils ne peuvent être qu’à la base la culture visuelle de la mode actuelle. Ça et son goût pour une mode épurée…

La Belle Otero, Cocotte, Croqueuse de Diamants et Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elle sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. La Belle Otero en était la figure de proue!

Qui est Otero lorsqu’elle arrive à Paris en 1889? Personne. Que représente-t-elle lorsqu’elle se retire en 1914? La plus somptueuse vision de la Belle Epoque. Danseuse, actrice, reine du tout Paris… Elle fut l’une des plus flamboyantes courtisanes — accumulant les amants autant que les diamants. Le prix minimum pour une cocotte de ce rang? Un hôtel particulier, une rente, une calèche, des fourrures, perles et diamants, et, bien entendu, la liberté absolue! Mais ce qui est plus qu’intéressant avec ce personnage haut en couleurs ne tient pas tant aux coeurs qu’elle a conquis. Il est plus intéressant encore de concevoir son influence sur la mode et le luxe.

Car à l’heure où fleurissent les Grands Magasins, la Belle Otéro refuse de s’y habiller. Elle ne jure que par la haute couture. Et les couturiers adorent. Les cocottes étant en constante représentation, ce sont leur toilette, leur bijou et autres attirails beauté qui démontrent de leur valeur. Mieux, étant là pour attirer l’attention des hommes les plus fortunés, les couturiers de l’époque trouvent un plaisir sans pareil à les habiller. Il faut dire que la sobriété est l’apanage des femmes de la haute société. La Belle Otéro, elle, fait dans le clinquant. Mais pas n’importe lequel.

William Vanderbilt lui acheta le collier de l’Impératrice Eugénie. Le Tsar Nicolas II lui offrit un bijou de la couronne Russe. Le prince Pirievski lui fit cadeau d’un bracelet en diamants, simplement pour la rencontrer. Mais la Belle Otero était aussi capable de faire ses propres commandes. Le boléro iconique qui fit sa réputation, et fit enrager Cléo de Mérode, doit sa superbe composition de diamants à l’un des bijoutiers les plus fameux de la Place Vendôme. Son nom reste secret. Frédéric Boucheron, lui, doit sans doute beaucoup à la Belle Otéro. Fascinée qu’elle était par la nature, son goût inspira les fabuleuses créations de Boucheron!

On sait aussi qu’elle demanda à Cartier de réinterpréter le collier de Marie-Antoinette — et le « joaillier des rois, roi des joailliers » s’exécuta avec plaisir! Le scandale fut évidemment total; les dames du monde voyant là une vulgaire courtisane s’élever au rang royal. Qu’importe, les bijoutiers de la Place Vendôme avaient tous le même subterfuge: une porte dérobée permettant aux clientes et leur amants discrets s’y glisser sans attirer le courroux lorsque leur ‘officielle’ se trouvait là par hasard.

En écho au mantra de Charles Worth, « non plus se vêtir mais se parer » les cocottes et la Belle Otero en tête furent la locomotive de la haute couture naissante. Elle puisa dans le style orientaliste de Paul Poiret le vestiaire idéal à ses apparitions. Porta les couleurs flamboyantes de Jeanne Paquin — toutes à la fois! La féminité d’Otero avait une telle influence sur les femmes de son époque que le célèbre constructeur des premiers véhicules, Dion-Bouton, lui fit parvenir un exemplaire. Quelle audace pour l’époque… une femme qui pose au volant d’une voiture pour en faire la promotion. Oui, car la Belle Otero s’était mue en outil marketing idéal.

En idéal tout court d’ailleurs. Reutlinger la figea sous toutes les coutures, avant que ses portraits sous format carte postale ne furent envoyés aux quatre coins du monde. Littéralement. De New York à Saint-Pétersbourg en passant par Monaco, le Belle Otero était à la fois la femme idéale, et un idéal de beauté.

Monaco justement fut le théâtre de la plus puissante des passion d’Otero. Joueuse invétérée, la foule se pressait pour voir la Belle Otero au Casino de Monte Carlo. Blackjack, roulette… Ses apparitions font sensation tant elle scintille de la tête aux pieds. Mais Otero paria des sommes astronomiques. Gagna beaucoup, mais perdit encore plus. Entre 1900 et 1914, on parle d’une perte conséquente de 30 millions de Francs, approximativement 100 millions d’euros. Et c’est bien la première guerre mondiale qui mis un terme définitif à la Belle Epoque. Laissant la Belle Otero vivoter jusqu’en 1965 où, ruinée et seule, la belle s’est éteinte à Nice. Non loin de là, symbole éternel d’une grandeur fanée, l’un des dômes de l’hôtel Carlton à Cannes, fut pourtant moulé sur son sein…

Le Come Back De La Jungle Dress Versace, Pour Le Printemps/Eté 2020

« Je suis fière d’une certaine façon d’avoir inspiré Google » a notamment décalé Donatella Versace.

L’histoire est désormais connue de tous. Une robe, une star, une cérémonie. La star, J-Lo. La cérémonie, celle des Grammy Awards en 2000. La robe? Celle qui coupa le souffle à l’assistance; avant de provoquer une véritable ruée sur google, alors à ses balbutiements — THE Dress, comme l’appelle Donatella Versace, est bel et bien à l’origine de Google Images. Ce weekend, à la Fashion Week Milanaise, elle était à l’origine d’un nouveau coup d’éclat.

Venant clore le défile Printemps/Eté 2020, Jennifer Lopez en personne arborait la robe iconique. Retravaillée, certes. Le décolleté plus anguleux, les bras laissés libres pour accentuer les épaules étirées, et une attache très glitz, très Versace. Donatella a souvent défendu une féminité décomplexée — cette robe est un symbole pour la femme « qui veut se montrer et être fière. »

Et c’est bien là toute la veine du style Versace. Dans ce défilé, l’ode au happy black se faisait autour de coupes et de dénudés sexy au possible — contrebalancés par cette rigueur moraliste propre au noir. Mais on est là dans le domaine de Donatella: les femmes sont belles et assumées, libérées des entraves patriarcales ou pire, celles de la bien pensance. Une nouvelle fois, la saison Printemps/Eté 2020 de Versace mêle avec adresse sensualité exacerbée et styling complètement dans l’air du temps. Un fait bien rare!


Pied-De-Poule Et Tailleur Bar: La Vision Sustainable Dior Pour Le Printemps/Eté 2020

Maria Grazia Chuiri a voulu une collection où créativité et sustainable fusionnent — Miss Dior et la coupe bar en têtes de condole!

De Christian Dior on connait la femme-fleur, son amour pour la rose et la délicatesse du parfum Miss Dior. Ce que l’on sait moins c’est que Catherine Dior, sa soeur, en plus d’être une résistante décorée après la Seconde Guerre Mondiale, a trouvé sa réminiscence dans la botanique et le jardinage… La nature et la beauté des fleurs ont en effet une résonance toute particulière pour cette femme exceptionnelle. Et c’est bien cela que Maria Grazia Chuiri a voulu souligner pour le Printemps/Eté 2020.

Le résultat? Une pléthore de silhouettes inspirée de cette jardinière, mais aussi et surtout les codes iconiques de la maison Dior injectés ça et là. Le motif pied-de-poule, présent dès les premières collections de Monsieur, fait plus qu’une apparition — mêlé à la ligne H, resserrée façon coupe Bar, il donne un cachet inattendu à la silhouette du Printemps/Eté 2020! Mieux, c’est coiffée d’un bob reprenant le mythique cannage du 30 Avenue Montaigne que la vision de Maria Grazia Chuiri gagne en pertinence!

Réalisé par Stephen Jones, « Les chapeaux pour Dior cette saison sont fabriqués à partir d’herbe récoltée en Suisse, en Italie aux Philippines et en France. Ce sont les Nations Unies, rassemblées en un chapeau de paille » plaisante le célèbre chapelier. Une ode à la nature certes, cette collection Dior Printemps/Eté 2020 sort aussi du cadre du désirable pour donner aux femmes d’aujourd’hui des pièces éternelles. Une sorte de fusion entre héritage et avenir, qui, sous couvert de Dame Nature, porte haut les revendications environnementalistes. Nul besoin de faire une mode fonctionnelle pour respecter la planète!

Blouse See-Through, Smoking Et Esprit Hippie Pour Le Printemps/Eté 2020 De Saint Laurent

« Saint Laurent, c’est l’élégance dangereuse » selon l’actuel directeur artistique de la maison, Anthony Vaccarello.

Paris, septembre 2019. Les jardins du Trocadéro accueillaient une nouvelle fois le défilé hautement scénarisé de la maison Saint Laurent. Là, avec la Tour Eiffel en arrière-plan, les femmes YSL se sont élancées sous une pluie battante mais poétique. Toutes en jambes, les déesses de la nuit arboraient ainsi les gimmicks iconiques initiées par Yves Saint Laurent au siècle dernier. Le Smoking, bien entendu, mais aussi et surtout l’inspiration hippie-glam!

Il faut dire que la révolution apportée par Monsieur Yves a largement consisté à magnifier les gimmicks-mode d’une rue alors boulonnante de liberté. On retrouve ainsi les turbans et l’esprit bohème Rive Gauche tant portés par Loulou de la Falaise. Mais cette fois, c’est combiné à d’autres effets clés de la mode YSL qu’Anthony Vaccarello les pense. Les robes bohèmes embrassent ici les effets see-through, quand la blouse iconique de la maison ne réapparait sur les épaules de Freja Beha, dans une version somme toute proche de l’originale.

La part belle faite à l’opulence seventies côtoie la simplicité très contemporaine de débardeur élégamment échancrés, quand ils ne sont carrément transparent! Et c’est bien là tout le propos d’une telle maison — manier avec élégance et raffinement le sulfureux à la distinction… Mais comme le résume Anthony Vaccarello, « Saint Laurent, c’est l’élégance dangereuse. »

Le Peekaboo, Le Baguette Et La Dolce Vita De Fendi, Façon Printemps/Eté 2020

Une première collection sans Karl Lagerfeld qui promet des heures heureuses pour la maison Fendi — il n’y a qu’à voir les nouveaux Baguette et Peekaboo!

« Réalité. Je pars toujours de la réalité. Étant donné que je suis une femme, je voulais surtout donner de vrais vêtements. C’est pourquoi je n’appelle pas cela du prêt-à-porter, mais du vrai-à-porter. Je pense que c’est le plus grand hommage de voir ses vêtements sur les gens. C’est pourquoi je voulais commencer par des choses simples, comme les émotions, par exemple : une émotion de journée ensoleillée, lorsque vous vous sentez vraiment libre, prêt à sortir et que vous rencontrez des gens et que vous êtes optimiste quant à la vie. » La vision de Silvia Venturini Fendi pour le Printemps/Eté 2020 respire en effet tout de la Dolce Vita. Des pièces exquises, un concept de Fun Fur travaillé dans une veine légère et délicieuse — Fendi distille une attitude douce et aristocratique.

Dans cet esprit, le mythique sac Peekaboo se coupe dans du raffia vert, quand il ne se griffe de paillettes. Quant au sac Baguette, premier it-bag de l’ère moderne, il est cette fois pensé dans une combinaison de perles — aux teintes inspirées d’un coucher de soleil du sud de l’Italie. Mais qu’on ne s’y trompe guère: les femmes Fendi du Printemps/Eté 2020 ne sont pas des sucreries.

Elles ont du style, beaucoup, et une vraie attitude. « J’ai voulu m’amuser à tailler de petites chemises hawaïennes dans du shearling, des peignoirs rétro dans du vison thermocollé sur le Lycra des Bikinis, des vestes de tailleur power dressing dans de l’éponge matelassée » précise Silvia Venturini Fendi. Le résultat? Des silhouettes désirables à souhait! Glam et cool, simples et surtout délestées d’une certaine austérité.

Prada, La Rigueur Minimaliste du Printemps/Eté 2020

Quand Miuccia Prada rebat les cartes de la mode — le style l’emporte sur les tendances. La formule iconique de Prada en tête!

« C’est une collection sur le pouvoir qu’exercent les femmes sur leurs vêtements, et le style sur la mode. L’accent est mis sur la manière de porter le vêtement et sur la personnalité des femmes, le tout offrant une nouvelle pluralité. » Miuccia Prada n’est pas à sa première contre-indication mode. A l’heure où les nouvelles générations se questionnent sur l’avenir de la planète et remettent en cause l’intérêt même de la mode, Prada surprend et répond: il y trop de tout! Trop de vêtements, trop de tendances — l’idée: un retour à l’essentiel.

En mêlant les contraires avec l’adresse qui lui est propre, Miuccia Prada met en scène une collection Printemps/Eté 2020 en phase avec l’époque — une retour aux classiques, mais twistés, façon Prada! Dans une quête de pièces éternelles, le sens du style Prada se fait sentir dans des juxtapositions aussi osées qu’élégantes. En puisant dans sa formule iconique, Prada remet au goût du jour ses coupes caractéristiques des années 90 – mais avec ce zest années 20 et 70 dès plus allurant!

Car c’est bien cela, l’équation iconique de Prada — mêler les genres, les imprimés, les silhouettes d’antan dans une veine si contemporaine qu’elle tient de l’avant-garde. Et le look d’ouverture porté par Freja Beha dit tout de la tendance à venir: la mode Prada se veut désormais éblouissante dans les matières et la simplicité, laissant la femme qui la porte briller par son allure. Naturellement.

Jolie Madame, La Collection Emblématique de Balmain

Un parfum a ouvert la voie à la couture de Pierre Balmain – une senteur baptisée Jolie Madame, qui plus tard donna son nom à la collection haute couture de 1952.

1945. Paris sort tout juste de la Seconde Guerre Mondiale quand Pierre Balmain fonde son studio au 44 rue François 1er à Paris. Ancien de Lucien Lelong et Edward Molyneux, Balmain ne tarde à s’imposer comme l’un des maîtres de la couture. Le 12 octobre de cette même année, le couturier présente sa toute première collection. Et les critiques sont unanimes : de l’utilisation sobre mais graphique de tissus mêlant vert, marron, rouge et lavande se dégage un raffinement des plus séduisant. En 1949, Balmain édite son tout premier parfum – baptisé Jolie Madame, le couturier y capture « le parfum de l’aventure pour les soirs de passion et d’enchantement. »

En réalité, la senteur Jolie Madame distille l’esprit fantasmagorique et l’ambiance des nuits parisiennes post-guerre. Sa composition, le parfum l’emprunte directement à l’image de la sensualité féminine. C’est la famille des chypres floraux qui s’associe au clou de girofle à la fleur d’oranger au jasmin ou encore au patchouli… Des notes intenses pour une fragrance synonyme d’élégance et de sophistication !

Le succès est tel, le parfum est si juste qu’en prévision de l’Automne/Hiver 1952, Pierre Balmain nomme sa collection ‘Jolie Madame’. Dès lors le style Balmain s’impose et, avec lui, la broderie, les épaulettes et la taille cintrée deviennent les codes visuels d’une nouvelle femme. Nombreuses sont alors les célébrités à plébisciter les silhouettes ‘Jolie Madame’… Petites robes à tournure et voiles courts pour les cocktails, le style de la Parisienne est né en même temps que l’âge d’or de la couture fait briller Paris !

Ce retour à l’opulence, au charme et à l’élégance de matières nobles car rares, précieuses car hautement travaillées, est rapidement définit comme étant ‘le nouveau style Français’ par la mythique Gertrude Stein, dans le magazine Vogue. Il n’y a qu’à voir la robe de bal ‘Jolie Madame’ datant de 1954. Coupée dans un satin bleu lumineux ; l’opulence onctueuse… Côté couture, les tailleurs Balmain se présentent droit, le tissé pied-de-poule devenu emblématique. Cette collection iconique regorge de pièces historiques – les grandes robes de bal, les vareuses de coolie, et les jupes du soir en hermine sont autant de pièces qui entrent dans les vestiaires les plus légendaires. Bientôt, la Jolie Madame de Balmain s’élabore comme une femme active et quelque peu insolente.

Entre 1993 et Juillet 2002, c’est Oscar de la Renta qui prend la direction artistique de la maison et, avec le talent qu’on lui connaît, reste fidèle à l’essence de la couture Jolie Madame de Pierre Balmain. Mais à l’aube des années 2000, la griffe entre dans une modernité des plus désirées : avec Christophe Decarnin puis Olivier Rousteing, la Jolie Madame de Balmain devient une femme sexy au possible, arborant des pièces seyantes et somptueuses, taillées au cordeau dans des matières luxueuse et luxueusement rebrodées.

Et lorsque l’on remet en question la filiation entre Olivier Rousteing et cette collection emblématique de Pierre Balmain, accusant souvent le talent d’opulence incontrôlée, le directeur artistique a de quoi répondre : « Ma femme Balmain est pourtant une femme très Française. Le style Français n’est pas uniquement celui de Saint-Germain-des-Prés. Ma version de la France, c’est la flamboyance de Versailles, la magie de la Ville lumière. Poiret, Balmain, Dior, Balenciaga… ils ont tous travaillé l’opulence. La tour Eiffel est bien l’opposé du minimalisme ! » De la même manière, le style Jolie Madame est bien l’opposé de la morosité.

Le Jackie O. De Gucci, Le Sac De L’Eternelle Elegance

Il s’appelait Constance, jusqu’à l’intervention divinement mode de Jackie O.

1958. La maison Gucci édite un sac fait pour s’encastrer avec grâce sous l’épaule. Unisexe et coupé dans un cuir malléable — il s’appelle le Constance — il est clairement trempé de la grammaire Gucci: bande vert-rouge-vert, le double G de Guccio Gucci, et la toile Diamantissima. A la fois glamour et pratique, nomade et élégant, la pièce plait mais ne parvient à provoquer ce fameux désir souverain. Enfin, jusqu’à ce jour de 1964 où une certaine Jackie O. pousse la porte d’une boutique Gucci. La première dame la plus mode de la galaxie tombe sous son charme — elle fait l’acquisition non pas de deux ou trois modèles. Jackie O. ressort de la boutique avec six sacs Constance!

Très vite, il est de toutes ses sorties. Des rues de New York en passant par ses idylles à Capri, le sac Gucci complète son allure déjà fortement marquée par ce chic quasi désinvolte. L’air de rien, Jackie O. vient en fait de faire entrer un sac dans la légende. Cette même année, Gucci lui rend hommage et renomme le sac Jackie. Dès lors, nombre de personnalités emboîtent le pas de la first lady. Hommes ou femmes, Britt Ekland ou Peter Sellers, Samuel Beckett ou Barbra Streisand. Tous sont photographiés le sac Jackie à l’épaule!

Et l’arrivée d’un Tom Ford à la tête de la création Gucci en 1998 ne change rien à l’aura de l’icône — le texan le revampe, les ventes explosent! Des matières et couleurs explosives embrasent fougueusement les clés de la grammaire Gucci. En 2009, c’est au tour de Frida Giannini de le réinventer. Elle l’agrandit, y ajoute des pompoms et, jouant avec la matière fétiche de Guccio, aka le bambou, scelle sa fermeture d’un locket bambou. Terriblement chic!

Le tourbillon Alessandro Michele ne fait qu’ajouter à l’attrait du Jackie. Jouant avec un charme fou de la grammaire Gucci, le génie Michele y ajoute des têtes de tigres, des papillons, joue de la paille et d’ornements miroirs… Jusqu’à confondre le Jackie avec les traits propres au sac Dionysus. Oui, c’est dans ces fulgurances d’extrême créativité que l’on reconnait les vraies icônes de la mode — celles capables d’épouser leur époque avec chic et détachement. Très Jackie finalement.