Les Andy De Berluti

Souliers iconiques dessinés par et pour Andy Warhol, les Andy incarnent le « made in savoir-faire » de Berluti.

Précurseur du prêt-a-chausser de luxe; créateur des premiers escarpins à lacets, Berluti brille dans le monde entier de par ses souliers ‘made in savoir-faire’. Depuis 1895. Fabriqués quasi-exclusivement dans un cuir ‘’Venezia’’, réputé pour sa souplesse et son appétence pour les couleurs, tous les souliers sont réalisés à la main dans les ateliers de la maison. En prêt-à-chausser ou sur-mesure, le client adopte son modèle ‘’nu’’, à savoir sans patine ni coloris. Berluti a ainsi su se démarquer des maisons concurrentes en proposant des souliers aux chaussants incomparables — souliers dont les formes avant-gardistes sont bien souvent considérées comme des œuvres d’art. La chaussure ici devenue un véritable objet d’art vivant, c’est avec le temps qu’elle révèle sa véritable identité : celle de l’homme qui l’habite. Une dimension charnelle du mocassin qui, en 1962, ravit un certain Andy Warhol.

Lorsqu’il gravit les marches de la boutique du 26 rue Marbeuf à Paris, c’est pour y commander une paire de mocassins dessinée par ses soins. Encore inconnu du grand public, Warhol entre avec l’idée d’un mocassin classique mais à bout carré. Il en dépose le croquis mais voilà, il repart sans laisser d’acompte. C’est alors que Talbinio Berluti, directeur artistique de la maison, décide de se débarrasser du croquis avant qu’Olga Berluti, encore simple apprentie, en prenne possession. Contre l’avis de sa famille, elle confectionne elle-même les souliers à partir de peaux de récupération. La légende veut qu’elle s’aperçut trop tard que le cuir choisi fut marqué d’une grosse veine sur l’un des deux plateaux…

Défaut usuellement rédhibitoire, elle explique au Pape du Pop Art que le cuir utilisé provenait d’une vache transgressée qui se frottait aux barbelés. Ces mocassins, d’un modernisme inouï pour l’époque, furent la première création d’Olga — et Andy en tomba littéralement sous le charme. A l’époque seule femme bottier au monde, son mocassin Andy demeure aujourd’hui le modèle le plus iconique de la maison parisienne. En 2012, pour les cinquante ans du modèle, la maison lançait une collection spéciale rendant hommage au modèle clé de son répertoire. Riches de leur histoire et de leur notoriété, les Andy demeurent les mocassins les plus chers ainsi que les plus désirés au monde. Il est donc tout naturel pour l’actuel directeur artistique de Berluti, Kris Van Assche, d’injecter aux Andy une bonne dose de Pop — à l’instar de sa collection Printemps/Eté 2020. Une telle icône est un plaisir à réinventer!


Chiara Ferragni Habille les Converse Iconiques

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Longtemps attendues, enfin commercialisées — les baskets de la collection capsule réunissant l’univers tout en paillettes de Chiara Ferragni à la légende Converse sont enfin disponibles ! Les versions Hi et Low Top se présentent ainsi sous un jour nouveau ; un brin plus déjantées et clairement plus scintillantes, les iconiques Chuck 70 et All Star chatouillent l’oeil, et le bon ! 

 

À quelques semaines des fêtes de Noël, la collection capsule Converse by Chiara Ferragni propose de réviser les classiques au contact d’options ludiques… Sur toile ou sur des paillettes argentées, l’oeil-logo Chiara Ferragni se fait amovible, tandis que les légendaires Chuck 70 et All Star s’éprennent de couleurs folles. Violet, Tan, Noir et Bleu denim — ne reste qu’à faire son choix !

Une Collaboration tout en Griffe de Chat : Grace Coddington et Louis Vuitton

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Quand l’expression anglaise « It’s raining cats and dogs » [Il pleut des cordes] passe au filtre de l’humour de Grace Coddington, c’est pour mieux célébrer l’iconique Monogram Louis Vuitton. Le résultat ? Une collection capsule qui met à l’honneur le Catogram — sur des pièces vedettes, des pyjamas en satin, des mini-malles, des souliers et des foulards… Stimulant et hautement désirable ; le Monogram signe une noblesse détachée ! 

 

Déjà en 2012, l’ancien bras droit d’Anna Wintour égayait les pièces clés du vestiaire Balenciaga, version Nicolas Ghesquière, à coup de griffes de son animal fétiche. Cette fois, il n’y a pas que le chat dans la vie — il y a le chien de Ghesquière, aussi ! La mini-collection distille ainsi une série aussi mode qu’exaltante. Une vingtaine de pièces tout en fun et grâce, à découvrir dès à présent ! 

Quand Hogan Réinvente Ses Sneakers dans l’Atmosphère de Los Angeles

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C’est vers la côte californienne que la maison Hogan a dirigé ses envies de capturer au mieux l’atmosphère galvanisante de Los Angeles. Fascinante, la «Magic Hour» de LA depuis longtemps déjà inspire couleurs et textures aux maisons. Mais cette fois, c’est l’ambiance subversive imprégnée par les néons-pop-art qu’Hogan a choisit d’injecter dans ses toutes nouvelles créations. Brillamment colorée, la collection mêle ainsi au classicisme athlétique Hogan l’audace des folles nuits californiennes… 

 

Pour les femmes de l’époque, Hogan édite donc les ‘Max.i.Active’ — nouvelles sneakers conçues dans une veine très années 80 ! Luxueuses et vibrantes, les ‘Max.i.Active’ empruntent leurs lignes modernistes à l’icône absolue d’Hogan mais, c’est dans une sophistication doublée d’un cuir doux, que se révèle l’énergie californienne. Graphique et animée de couleurs vives, aucun détail de la sneaker n’est laissé au hasard. Sauf, peut-être, la capacité du soulier à capter les nuances du jour et de la nuit… 

 

Pour les élégants, Hogan imagine les baskets ‘Active.1’; naturellement éclectiques ! Les tons sont lumineux et, d’un bleu électrique en passant par une association de jaune-orange-fuchsia, ce nouvel objet du désir diffuse un caractère décontracté et éminemment distinctif. Deux sneakers inédites donc, pensées à l’aune de l’énergie du soleil, pour une promenade sur les plages magiques de Venise Beach !

La Belle de Roger Vivier, un Soulier Emblématique

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C’est en 1937 que Roger Vivier fonde, à Paris, sa maison de chaussures. Et très vite, le style Vivier fait école — virtuose de la forme et de la matière, l’artiste parvient à élever le soulier au rang d’oeuvre d’art. Plastique, bois, dentelle de Bruges, corde tressée, satin, ou drapé… Roger Vivier conçoit, coupe et crée des souliers follement exquis. Les femmes ne s’y trompent guère – les artistes aussi : féru de music-hall, il signe ses premières pièces sur mesure pour Joséphine Baker.  Ornées de paillettes et de pampilles. La signature Vivier se reconnaît entre milles. Son savoir-faire aussi. Pour sa cérémonie de couronnement, Elizabeth II s’adresse à Roger Vivier. Pour la Reine d’Angleterre, il signe des souliers en chevreau or brodés de grenats assortis à la couronne. 

Mais le Youthquake des années 1960 entraîne avec lui un changement radical dans les silhouettes — moderne et épuré, le style Vivier s’adapte ou, plutôt, capture l’époque. Déjà associé à la maison de Christian Dior, Roger Vivier est appelé par Yves Saint Laurent afin d’imaginer les souliers qui ponctueront sa nouvelle ligne : la silhouette Mondrian. En 1965, le voilà qui signe les escarpins vernis noir à boucle métal de la collection — la Belle Vivier, une chaussure habillée, éperdument en phase avec la jeunesse. Bout rond et talon bas, la pièce est photographiée sur Jackie Kennedy dans l’édition de décembre 1966 du Women’s Wear Daily. Un an plus tard, c’est sur Catherine Deneuve que les souliers Roger Vivier entrent définitivement dans l’imaginaire populaire ! 

En 1967, Catherine Deneuve immortalise la Belle Vivier dans le film Belle de Jour du réalisateur Luis Buñuel. Un petit bijou aussi pratique qu’élégant, le soulier Vivier est si reconnaissable qu’il devient la signature maison. Et aujourd’hui encore, l’impact d’un tel design demeure intact. Acquise par Diego Della Valle, la maison Roger Vivier peut désormais poursuivre l’oeuvre du Fragonard de la chaussure. Bruno Frisoni, directeur artistique jusqu’en 2018, transcrit le style de la Belle Vivier au présent. « Lorsque je les ai redessinés, je n’avais jamais eu les originaux entre les mains. La boucle actuelle est plus rectangulaire que carrée et a des angles arrondis. Le talon est plus plat. C’est la même image, mais pas la même silhouette. » L’icône absolue de la maison fait brûler de désir les belles du jour.

 

La Belle de Roger Vivier, Quelques Dates Clés

2018 : Collection « Mystery Kiss » Automne/Hiver 2018/2019, dernière collection du directeur artistique Bruno Frisoni

2018 : Collection Printemps/Eté 2018 sortie de la collection VERTIGO inspirée du classique de Roger Vivier avec Ana Girardot comme nouvelle égérie 

2017 : Automne-Hiver 2017/1018 installation de Jean-Paul Goude pour la nouvelle collection

2017 : Brigitte Macron porte une paire de Belle Vivier Trompette lors de la réception à l’Elysée du Premier ministre libanais Saad Harir 

2016 : Automne-Hiver 2016/1017 sortie de la nouvelle collection Belle de Nuit avec Louise Follain comme égérie

2016 : Nouvelle réinterprétation de la boucle Belle Vivier dans la collection Flower Strass

2015  : Lancement d’une édition spéciale limitée de la Belle Vivier, 8 paires disponibles exclusivement dans la boutique de Genève

2015 : Jeanne Damas visage de la campagne Automne/Hiver 2015-2016

2014 : « Le Bazar » Collection Automne/Hiver 2014/2015 avec la nouvelle Belle de Nuit et autres interprétations de la fameuse boucleivier

2013 : Kerry Washington porte une paire de Belle de Nuit au MTV Movie Awards

2012 : Belle Vivier déclinée en couleurs pop dans collection Gommette Printemps-Été 2012

2012 Mars : la maison Roger Vivier propose ses célèbres ballerines « Gommette » en modèle enfant. Une micro capsule baptisée « Roger Vivier – Jeune Fille » qui se décline en cinq coloris (bleu, noir, blanc, rouge et rose) du 27 au 34, ornés d’une boucle amovible. Une partie des ventes est reversée à une association différente selon les pays. En France il s’agit de Mécénat Chirurgie Cardiaque

2011 : Les chiquettes de Roger Vivier à l’affiche des « Bien-Aimés » de Christophe Honoré

2011 : Victoria de Suède réitère au Polar Music Prize

2011 : Inès de la Fressange porte une paire de Belle Vivier au festival de Cannes

2011 : Anne Hathaway porte une paire de ballerine « Gomma » à Santa Monica

2010 : Katie Holmes porte les chaussures Belle Vivier lors de la première du film Extra Man

2010 : Freida Pinto porte une paire de Belle de Nuit au Hamptons International Film Festival

2010 : Catherine Deneuve porte des escarpins Belle de Nuit dans le film « Potiche » de François Ozon

2010 : Victoria de Suède se marie avec une paire de Belle de Nuit 

2009 : Jessica Alba porte une paire de Roger Vivier lors de l’avant-première de « My Bloody Valentine 3D » à Los Angeles

2008 : Catherine Deneuve porte une paire de Belle Vivier aux funérailles d’Yves Saint Laurent

2003 : Inès de la Fressange devient ambassadrice Roger Vivier

2003 : Arrivée de Bruno Frisoni comme directeur artistique de la maison Roger Vivier, il redessine la fameuse boucle, la rend plus actuelle, plus rectangulaire que carré avec des angles arrondis 

1968 : Grace Kelly porte une paire de Belle Vivier lors de sa visite à Fred Astaire sur le tournage de « La Vallée du bonheur » de Francis Ford Coppola

1967 : Jackie Kennedy porte une paire de Belle Vivier

1967 : Modèle immortalisé par Catherine Deneuve dans « Belle de Jour » de Luis Buñuel

1966 : Sophia Loren porte une paire du classique Roger Vivier

1965 : Roger Vivier signe les escarpins vernis à boucle métal de la collection Mondrian d’Yves Saint Laurent (les Chiquettes)

Le Talon Virgule de Roger Vivier, Nouvelle Loi de l’Equilibre

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« Mes chaussures sont des sculptures. » Lorsque Roger Vivier fonde sa maison éponyme au 22 rue Royale à Paris, l’époque est aux cabarets et autres music-halls. Dès 1937, l’artiste se fait un nom et, mêlant sa passion du spectacle à une vision alchimique de l’élégance, s’amuse à créer des souliers sur-mesure pour Mistinguette et Joséphine Baker. Roger Vivier a trouvé son art ; le maestria de la chaussure mêle la forme à la matière, la badinerie au savoir-faire. Et les Parisiennes ne s’y trompent guère. Les couturiers non plus. Il prend ainsi en charge la confection des collections souliers de la maison Dior de 1953 à 1957. Cette même année, c’est la consécration. La toute jeune Reine Elizabeth II d’Angleterre est couronnée avec, à ses pieds, des sandales en chevreau doré incrustées de grenats. Elles sont signées du génie Roger Vivier. 

 

C’est que le virtuose aime à donner « un coup de crayon » à la silhouette. 1963 est l’année de sa création phare – le talon Virgule. Talon en deux temps qui fuit vers l’avant de la chaussure, le Virgule se rétracte en son milieu afin d’envoyer un effet d’arrière. Sa féminité, ses courbes et sa légèreté l’ancrent dans l’époque : le Virgule ne capture pas l’air du temps, il le devance. « Le talon Virgule a changé les lois de l’équilibre » analyse Inès de la Fressange. Il est vrai que cette allure a tout d’un esprit pionnier, quasi-révolutionnaire. La Parisienne, espiègle et raffinée, trouve ici chaussure à son pied. 

 

« Il est avant tout léger. Bondissant. Il porte bien son nom, puisqu’il ponctue la silhouette. Il est à la fois ultra féminin mais pas classique pour autant, et ni trop petit, ni trop grand. Il témoigne vraiment de l’esprit de Roger Vivier à cette époque là : le créateur venait de relancer sa griffe, et le talon Virgule incarne ce nouvel élan, et cette liberté retrouvée » souligne Bruno Frisoni, ancien directeur créatif de la maison Roger Vivier. Il ajoute: « Dans une chaussure, le talon c’est comme la colonne en architecture. C’est ce qui la fait tenir debout. Mais l’aluminium a permis à Vivier de modifier complètement cette règle. » Sur les pas de l’histoire Roger Vivier, l’escarpin Virgule figure le renouveau de la démarche féminine — une démarche emprunte d’assurance et de joie de vivre ! 

Les Sandales Rainbow Signées Salvatore Ferragamo

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Salvatore Ferragamo est âgé de 15 ans lorsqu’il quitte son Italie natale pour tenter l’aventure Américaine. Son rêve : créer des souliers hors du commun pour en inspirer le monde. Le jeune artiste s’installe alors sur Hollywood Boulevard — très vite, son talent et sa réputation de faiseur de chaussures fabuleuses et inventives gagnent tout le gratin du cinéma. Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Pola Negri, Marilyn Monroe… Les stars poussant la porte de sa boutique, nombre d’anonymes s’y pressent pour acquérir une chaussure manufacturée de la créativité Ferragamo. Mais il ne peut bientôt plus répondre à la demande — en 1927, Salvatore retourne à Florence pour y installer sa production. « Il est revenu parce qu’il rêvait de fabriquer des chaussures uniques ; pour lui, créer ce partenariat avec les incroyables artisans Florentins était la seule chose pouvant l’aider à faire de ce rêve une réalité » souligne aujourd’hui James Ferragamo, vice-président et petit-fils du fondateur. 

 

Ainsi doublée d’un artisanat hors-norme, la créativité Ferragamo peut désormais tout se permettre. Il faut dire que l’artiste a su capter, intérioriser et combiner les idées et influences culturelles de son époque — son travail unifie pêle-mêle ses expériences de vie, le paysage du sud de l’Italie, les influences Mexicaines perçues en Californie et les fresques de Giotto ! Dès les années 1920, Salvatore Ferragamo fait tourner la tête des studios de cinéma. Formes originales, matériaux innovants et couleurs audacieuses ; les pièces Ferragamo sont de tous les films. En 1922, ses créations apparaissent pour la première fois à l’écran dans le film ‘Les Dix Commandements’, du réalisateur Cecil B. DeMille. Et c’est en 1938 que la maison réalise l’une des chaussures les plus célèbres de l’histoire. 

 

C’est pour l’actrice Judy Garland qu’il pense les Rainbow Sandales. La pièce capture tout de la synergie Ferragamo : formes architecturales, couleurs folles et savoir-faire innovant. Oui, les Rainbow Sandales ne se contentent pas d’être éminemment belles, elles sont aussi les premières chaussures plateforme montées sur du liège. C’est que, Salvatore Ferragamo est un brillant cordonnier — durant toute sa carrière, la maison qui porte son nom a déposé près de 400 brevets. Ici, c’est une base coupée dans du liège et qui lui vaut d’être crédité pour l’invention des compensées. Pour le film ‘Le Magicien d’Oz’, Ferragamo pense donc une sandale en daim et cuir doré, combinant formes lunaires et couleurs exaltées ! Incontestablement, les Rainbow Sandales figurent au panthéon des icônes de la mode — un intemporel éminemment avant-gardiste. 

Les Super Ghillie Shoes de Vivienne Westwood

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Vivienne Westwood a toujours considéré les souliers si et seulement si ceux-ci permettent à la femme d’atteindre des sommets. « Les chaussures doivent avoir des talons très hauts et des plateformes pour mettre la beauté des femmes sur un piédestal. » Si aujourd’hui le style Westwood est indissociable des compensées follement perchées, c’est au tournant des années 1990 que l’on s’intéresse réellement à sa collection de chaussures. Et c’est Patrick Cox, shoemaker des maisons britanniques, qui raconte le mieux comment Vivienne Westwood a fait des plateformes sa signature. Lorsque l’initiatrice du punk l’approche pour réaliser ses chaussures, Patrick Cox raconte ses débuts : « Je me souviens m’être rendu à l’horrible chambre d’hôtel de Vivienne aux Halles et de tout lui présenter. J’ai sorti les plates-formes dorées et elle a juste dit ‘Eugh, des plateformes ! Comme dans les années 70 !’ J’en ris chaque fois parce qu’elle est devenue la reine des plateformes. Elle me dit : « Elles ne vont pas défiler ! » J’étais déconfit et contrarié, mais ok – c’était son défilé… »

« C’était la collection Clint Eastwood. Vivienne et David essayaient de styler les vêtements et ils ont commencé à se battre, parce qu’ils étaient tellement stressés. Elle m’a demandé de l’aider […] on n’avait plus de temps : les gens partaient. On a donc tout jeté au milieu de la pièce et dit aux filles de mettre quelque chose d’autre pour leur second passage sur le podium. Pas moi mais quelqu’un a jeté les plateformes dorées. Ces trois paires de plateformes dorées sont sorties vingt fois parce que les filles se battaient pour elles. Et c’est comme ça que Vivienne a commencé à faire des plateformes. » L’histoire aurait pu s’arrêter là si le 17 Mars 1993, Naomi Campbell, alors âgé de 22 ans, n’était tombée devant les caméras du monde entier avec, aux pieds, les Super Ghillie shoes de la collection Anglomania. 

Perchée sur des chaussures de 30 cm, Naomi Campbell fait entrer ces plateformes dans la légende. Il faut dire que les Super Ghillie shoes incarnent tout du style Westwood. Et notamment la juxtaposition du traditionnel et du tabou — à partir d’un modèle classique porté par les danseuses Ecossaises des Highland, Dame Vivienne imagine des plateformes lacées inspirées des vertigineuses chaussures de strip-teaseuse. Coupée dans une peau imitation croco, coulée dans un violet tapageur, les Super Ghillie shoes ont aujourd’hui leur place parmi les icônes de la mode, exposées qu’elles sont au Victoria and Albert Museum de Londres ! 

 

Le Gommino Tod’s, une Affaire de Grand Prix

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La maison Tod’s partage plus d’une histoire avec les écuries automobiles; et tout a commencé avec l’iconique modèle aux 133 picots. Découvert lors d’un voyage aux États-Unis par Diego Della Valle, le Gommino reprend en réalité les lignes d’un soulier initialement utile à la conduite des voitures de course. Un soulier qui, sans l’apparition télévisée du charismatique PDG de Fiat, Giovanni Agnelli, n’aurait sans doute jamais connu un tel succès.

Bien plus tard, en 2001, c’est avec le non moins iconique constructeur automobile Ferrari que la maison choisit de s’associer. Il faut dire que Tod’s et Ferrari ont cela de commun qu’ils partagent un certain sens du luxe à l’Italienne – un certain amour des courses aussi. C’est ainsi que pourl’Automne/Hiver 2012, les deux noms s’associent une première fois pour mettre au monde une pièce exceptionnelle ; un Gommino alors pensé pour marquer l’arrivée des étapes de New Delhi et Abu Dhabi dans le Grand Prix de Formule 1 !

Scellé de l’étalon iconique coulé en encre noire, le mocassin reprend surtout la silhouette des sièges auto Ferrari ! Dans cette couleur rouge, les 133 picots gagnent en cachet. Et aujourd’hui à Monaco, alors que se court l’étape la plus glamour et la plus attendue du championnat de F1, Tod’s et Ferrari ont une nouvelle fois oeuvré à lier passion, artisanat et créativité dans des pièces Mocassins Gommino Tod’s For Ferrari. Des pièces au raffinement impeccable à découvrir dès à présent.

 

L’Histoire de la Converse Chuck Taylor, Emblème Eternel

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Revenir sur l’histoire d’une basket telle la Chuck Taylor de Converse, c’est remonter le fil de l’histoire – c’est conter l’épopée de la jeunesse, celle du sport et des grands évènements culturels de l’humanité. Si l’histoire en elle-même commence en 1908, la Chuck Taylor de Converse est aujourd’hui, en 2018, devenue l’icône d’un vestiaire universel. Il y a cent ans donc, à la suite d’une malencontreuse chute dans l’escalier qui faillit lui briser la cheville, un certain Marquis Mills Converse décide de se confectionner une basket mieux adaptée. Avec sa semelle plus adhérente, car coupée dans du caoutchouc, la Converse All Star née ainsi pour ne plus glisser. Ne coûtant que 5$, en 1917, elle est la chaussure la plus vendue au monde. Dans le même temps, c’est un joueur passionné de basketball, Chuck Taylor, qui acquiert sa première paire. Il a 17 ans et, poussé par l’envie d’adapter l’objet à sa passion, se rend à Chicago rencontrer l’équipe derrière la Conserve.

            Attentive à ses idées et à ses propositions, la firme l’engage – 1932 signe l’entrée de la Chuck Taylor dans le répertoire Converse. Dès lors, la basket actualise l’uniforme des joueurs de basketball : taille haute, lignes élancées et coupe sportive, la légende est en marche. Dans les années 60, c’est Julius Erving, joueur de basket professionnel, qui se charge de promouvoir la Converse –  la quasi-totalité des joueurs du championnat américain l’arbore et dès lors, la marque est indissociable de ce sport. Mais cette décennie et ses révoltes estudiantines amènent rapidement un autre sport sur le devant de la scène – les « surfeurs d’asphaltes », leurs skates et leurs Chuck Taylor deviennent un autre emblème de la marque. Ainsi érigée en pièce du cool, en 1971, c’est la consécration : Mick Jagger se marie en Converse ! Le mythe est forgé, le skate et les photos s’exportent… Une dizaine d’années plus tard, Converse All Star devient le sponsor officiel des Jeux Olympiques. 

            Après nombre de déclinaisons, de couleurs, de matières et de tailles, Converse surprend ses aficionados en 2013 en éditant la nouvelle Converse Cons One Star Pro 90’s. Rachetée dix ans plus tôt par Nike, la Converse se voit ici complétée de la technologie du géant américain. Avec sa semelle intérieure Nike Lunarlon, son caoutchouc de traction et sa languette à goussets, la Converse est encore un peu plus adaptée à la pratique du skateboard… Fortement inspiré de la culture des années 1990, le modèle se décline en quatre couleurs – une façon de démontrer, une nouvelle fois, comment style et fonctionnalité se rencontrent naturellement dans cette basket éternellement cool.

 

La Converse Chuck Taylor En Quelques Dates Clés :

2018 : nouvelle collaboration pour Comme des Garçons Play et la Converse Chuck Taylor All Star. On découvre alors sur la sneaker plusieurs petits cœurs alignés au-dessus de la semelle.

2017 : nouvelle collaboration pour Comme des Garçons et Converse. La célèbre All Star se pare du logo en forme de cœur rouge, et disponible en noir et en écru.

2017 : les Converse que portait Michael Jordan lors des Jeux Olympiques de 1984 sont vendues aux enchères 190 372$.

2016 : lancement de la Converse Counter Climate Shield conçue avec des matériaux résistants aux intempéries.

2016 : lancement de la nouvelle Converse Cons One Star Pro 90’s parfaitement adaptée à la pratique du skateboard.

2016 : Converse dévoile la collection Converse One Star ’74 en partenariat avec Fragment Design, fondé par l’icône du streetwear japonais Hiroshi Fujiwara.

2016 : le Skylight Modern de New York réunit toute l’histoire de Converse : son passé, son présent, et surtout son futur. En effet, les nouvelles collections All Star Modern et HTM sont présentées lors de cette occasion.

2015 : lancement de la Chuck II, quasi-fidèle à ses origines la nouvelle Converse mêle technologie de confort et matière premium.

2015 : nouvelle collection capsule pour Comme des Garçons et la Converse Chuck Taylor All Star : la forme est légèrement modifiée mais elle reste toujours parée du cœur rouge avec des yeux signé Filip Pagowski.

2014 : Converse et Missoni s’associent pour faire de la basket légendaire une icône du luxe. Ainsi, la collection Quick Strike présente la Chuck Taylor All Star avec le célèbre motif Zig Zag de Missoni.

2013 : Converse ouvre un pop-up store à Paris exposant des modèles mythiques ainsi que des modèles exclusifs.

2013 : les modèles 1970s Chuck Taylor All Star et la Jack Purcell sont recouvertes de peinture blanche par Martin Margiela. Au fil du temps, la peinture se craquèlera pour laisser une couleur jaune apparaitre.

2013 : pour sa troisième collaboration avec Converse, Comme des Garçons couvre de cœurs la Pro Leather.

Printemps-Été 2013 : lors de la Fashion Week new yorkaise, la maison Ruffian a fait défiler ses mannequins en Converse Chuck Tailor.

2012 Kevin Lyons réinterprète la Converse et offre un modèle « bleu-Colette » pour le célèbre concept-store.

2011Comme des Garçons appose cette fois-ci son logo sur la célèbre Jack Purcell de Converse.

2009 : première collaboration entre Comme des Garçons et Converse. Rei Kawakubo est invitée à customiser les mythiques Chuck Taylor All Star des années 50.

2003 : la marque Converse est rachetée par le groupe Nike.

2002 : la marque signe avec de nouveaux basketteurs tels que Rodney Rogers ou Andre Millers.

2001 : l’entreprise est mise en faillite et croule sous 226 millions de dollars de dettes.

2001 : délocalisation des entreprises de production en Asie.

1996 : Converse dessine les All Star version 2000 en cuir.

1976 : Converse revient avec la révolutionnaire « Pro Leather » : « The Dr. J. », un modèle de chaussure pensé sur un savoir-faire déjà acquis.

1984 : Converse All Star devient le sponsor officiel des Jeux Olympiques.

1971 : Mick Jagger se marie en Converse.

1966 : création de la Converse basse : la Converse Oxford.

1966 : déclinaison de la Converse All Star en 7 couleurs.

1960 : Julius Erving, joueur de basket-ball promeut la Converse et améliore son image de marque.

1956 James Dean ne quitte plus ses Converse sur le tournage de La Fureur de vivre.

1939-1945 : Converse fournit l’armée américaine en chaussures pendant la Seconde Guerre Mondiale.

1939 : la marque organise des championnats de basket-ball pour promouvoir leurs chaussures auprès du public.

1935 : le célèbre champion du monde de badminton, Jack Purcell, adopte la version basse des Converse.

1932 : premières impressions du nom de Chuck Taylor sur les « Converse All Stars ».

1921 : Converse engage le basketteur Chuck Taylor comme commercial.

1917 : création du modèle « Converse All Star » qui est spécialement conçu pour le basketball.

1910 : la Converse devient la chaussure la plus vendue, et ne coûte que 5$.

1908 : création de l’entreprise Converse par Marquis Mills Converse.