Francis Bacon: Trois Etudes Pour Une Crucifixion

A l’heure où le Centre Pompidou consacre, à Paris, une exposition à Francis Bacon, après celle du Grand Palais en 1971, retour sur une oeuvre importante de la peinture figurative.

Un Peintre Inspiré

L’année 1944 fut la plus dévastatrice de la Seconde Guerre Mondiale. Et c’est justement cette année-là que Francis Bacon peint un triptyque effrayant peuplé de créatures anthropomorphes qui se tordent d’angoisse. L’artiste ayant détruit la plupart de ses oeuvres produites avant 1945, ce triptyque fait figure d’oeuvre exceptionnelle. Une oeuvre qui pose les bases des peintures iconiques d’un peintre hors-norme.

Titrée ‘Trois Etudes de Figures au Pied d’une Crucifixion’ (1944), l’oeuvre esquisse les pièces magistrales à venir… Car Bacon s’est fait avant tout le chroniqueur de l’impitoyable condition humaine. Que voit-on sur ce triptyque? Des figures monstrueuses, des corps quasi-humains plus proches des carcasses de viandes. Pourquoi? Comme le dit Francis Bacon, « nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses potentielles. »

La Crucifixion, Un Sujet Humain

Le motif religieux est pour Bacon une métaphore intarissable : en 1962, il complète son oeuvre et ‘Trois Etudes Pour Une Crucifixion’ devient un triptyque en parfait écho avec le format favori des grandes oeuvres religieuses. Pour lui, la crucifixion est « une armature magnifique sur laquelle vous pouvez accrocher tous les types de sensation et de sensation. »

Les trois panneaux sont indépendants; les scènes ne content pas d’histoire – seule la couleur les lie entre elles. Ce rouge-orange intense, simple et uniforme. Cette œuvre, Francis Bacon en produit une seconde version en 1988 — conservée à la Tate Modern.

Un Tableau Incontournable

« Ce que j’aime le plus faire, ce sont les triptyques, et je pense que cela est peut-être lié au désir de tourner un film que j’ai parfois caressé. La juxtaposition d’images divisées sur trois toiles différentes m’intéresse. À condition de considérer que mon travail est de qualité, j’ai en général l’idée que ce sont peut-être les triptyques qui ont le plus d’importance » affirme-t-il en 1979.

Cette œuvre en trois tableaux reprend, à droite, la composition des scènes traditionnelles de l’art chrétien. A gauche, deux hommes font face à un corps qui montre tout. Et c’est au centre que se joue tout le propos du peintre : un lit, où gît un corps comme convulsant de douleurs…

Etendue sur 198,1 x 144,8 cm, cette œuvre iconique fait dire à Gilles Deleuze qu’il ne s’agit pas là d’une hystérie du peintre, mais bien une hystérie de la peinture. « La peinture est hystérie, ou convertit l’hystérie, parce qu’elle donne à voir la présence directement. Par les couleurs et par les lignes, elle investit l’oeil. Mais l’oeil, elle ne le traite pas comme un organe fixe… » Et d’ajouter : « En libérant les lignes et les couleurs de la représentation, elle libère en même temps l’oeil de son appartenance à l’organisme…Voilà Bacon, sa caractéristique exceptionnelle. »


Les Voitures de James Bond? Des Icônes Aston Martin

L’espion le plus élégant a trouvé dans le style Aston Martin les voitures idéales, et ce depuis 1964 dans Goldfinger.

Aston Martin, La Passion Des Belles Voitures

1913. Lionel Martin, passionné de mécanique et pilote automobile, crée la surprise lorsqu’il remporte la course de côte d’Aston Clinton — avec sa « Coat Scuttle », 115 km/h au compteur. Au volant de sa Singer élaborée pour cette compétition, l’homme prend la décision de baptiser ses futures voitures d’une appellation tout en symbole.

‘Aston’ pour la course, Martin en son nom propre. Mais les deux guerres consécutives vont mettre à mal l’entreprise de Lionel Martin… En 1947, c’est David Brown qui acquiert l’écurie Aston Martin. Ce dévot des circuits relance ainsi la légende — ses premières victoires aux 24 Heures du Mans, aux 24 Heures de Spa, et au championnat du monde des voitures de sport attestent d’une efficacité retrouvée.

La DB5, La Première Voiture De James Bond

Avec le projet DB5, l’ambition d’Aston Martin est simple: faire table rase du passé pour introduire une nouvelle voiture toute à la fois puissante et créative !

David Brown fait alors appel au maître de la carrosserie Italienne, Carrozzeria Touring, afin de réaliser une carrosserie hautement stylisée. L’associé de longue date de Ferrari pense ici une caisse en aluminum riche de son procédé ‘Superleggera’…

Calandre en T retourné et flèche chromée sur les flancs, le look Aston Martin est né. Et pas question de réduire la puissance du moteur. Dans cette finesse vient ainsi se nicher une mécanique imposante. Un six-cylindres en ligne de 4 litres. Editée en 1963, la voiture semble idéalement taillée pour une icône en devenir…

Albert Broccoli et Harry Saltzman sont en effet sur le point d’adapter au cinéma le James Bond de Ian Fleming. Dans son livre, le Britannique parle déjà d’une Aston Martin DB3 — mais eux désirent une version plus moderne, plus féroce, plus espiègle aussi ! Après négociations, Aston Martin accepte de leur confier la toute première DB5 jamais produite. D’abord teinte en rouge, c’est par la suite dans une version Silver Birch que Broccoli et Saltzman signent la voiture iconique de James Bond dans Goldfinger.

Entre les mains du directeur artistique, Ken Adam, et du génie des effets spéciaux John Stear, l’Aston Martin devient la mythique James Bond DB5 — 13 gadgets et un siège éjectable !

La V8 Vantage, L’Autre Supercar de James Bond

Avril 1972. En plein coeur de la crise pétrolière, David Brown offre aussi à la Grande Bretagne sa toute première ‘Supercar’. Baptisé Aston Martin V8, l’engin surpuissant figure très vite en voiture de rêve. Mais le talent du motoriste Tadek Marek cherche à ramener l’écurie au rang des meilleurs constructeurs Européens. Après avoir étudié nombre d’options, c’est la ‘V8 Vantage’ qui semble la mieux disposée à remplir cette mission. Produite en 1977, la Vantage tire le moteur à sa puissance maximale; 6 secondes pour passer de 0 à 100 Km/h! A l’oeil et à l’oreille, la V8 Vantage a tout d’une voiture exceptionnelle. Plus agressive, ses éléments aérodynamiques, sa grille de calandre pleine puis l’aileron ajouté sur le coffre font d’elle une élégante adjointe d’une énergie bestiale. A l’intérieur, tout devient luxueux — cuir et plaquage de bois, la Vantage se coule dans une veine très British. Elle accompagne si bien James Bond dans le ‘The Living Daylights’ de 1987.

Pas Une Mais Quatre Aston Martin A L’Affiche Du Prochain James Bond

Rapide E, car pour la première fois l’espion Britannique sera au volant d’une voiture électrique. Mais attention, car il s’agit toujours d’une Aston Martin. Si le moteur V12 a été remplacé par une batterie, deux moteurs électriques montés à l’arrière produisent 610 chevaux de puissance ! L’agent Bond pourra ainsi monter de 0 à 100 km/h en moins de 4 sec — le 80-112 km/h en 1,5 secondes. Une vitesse de pointe de 250 km/h qui ravira pour la dernière fois un Daniel Craig en James Bond.

‘No Time To Die’, dont la sortie est prévu le 8 avril 2020, mettra à l’honneur toutes les voitures les plus célèbres de James Bond. Daniel Craig aura ainsi pour l’accompagner dans le 25 ème épisode de la saga une Aston Martin DB5, une V8 Vantage des années 1980 et la Valhalla… Mais la véritable petite révolution de ce nouveau James Bond, c’est la Rapide E.

Rapide E, car pour la première fois l’espion Britannique sera au volant d’une voiture électrique. Mais attention, car il s’agit toujours d’une Aston Martin. Si le moteur V12 a été remplacé par une batterie, deux moteurs électriques montés à l’arrière produisent 610 chevaux de puissance ! L’agent Bond pourra ainsi monter de 0 à 100 km/h en moins de 4 sec — le 80-112 km/h en 1,5 secondes. Une vitesse de pointe de 250 km/h qui ravira pour la dernière fois un Daniel Craig en James Bond.


Les Speakers Phantom Signés Devialet, Beauté et Haute Performance

Distribué depuis 2015, ce bijou de technologie Made In France allie à l’élégance de l’hexagone, un savoir-faire hautement technologique.

Lorsque le studio Devialet dévoilait en 2015 son enceinte connectée baptisée Phantom, il ne tarde à lui associer le qualificatif de ‘meilleure enceinte au monde’. Il est vrai que les 108 brevets déposés l’atteste: la Phantom a tout pour se hisser au rang des icônes du genre. Révolutionnaire, elle l’est tant il ne s’agit plus de diffuser le son mais bien de le faire vivre.

Imaginée de façon à faire de l’écoute une expérience émotionnelle, intense et clairement détonnante, la Phantom de Devialet touche à une netteté de restitution rarement atteinte. Le secret se niche au coeur d’une conception toute innovante. Par l’avant de l’enceinte, les sons aigus et mediums sortent, combinés aux graves qui, à travers les haut-parleurs latéraux, apportent une vibration puissante mais nette ! Autrement dit, même à faible volume, les sons que l’oreille n’entend pas jaillissent cette fois. Sans aucune distorsion.

La Phantom est unique. Sa pression acoustique interne de 174dB flirte avec la puissance d’une fusée au décollage. Mise au service de l’écoute de la musique, cette prouesse technologique se double d’une esthétique très agréable. Dans sa version Gold, magnifiée par une finition plaqué or 18 carats, la Phantom se fait véritable objet de désir. Une révolution technique qui vient, une nouvelle fois, sublimée l’émotion auditive. Mais cette fois, à l’état pur.

L’Exposition ‘Les Mots Dalle-Ore’ A La Galerie Marciano

Elle cite parmi ses maîtres Basquiat ou Twombly — Corinne Dalle-Ore investit la galerie Marciano Contemporary, jusqu’au 2 janvier 2020.

L’univers de Corinne Dalle-Ore résonne comme l’essence même de son inspiration — cette artiste Parisienne puise dans ses voyages et sa vie semi-nomade une myriade d’impressions, de sensations, d’émotions qu’elle tend à imprégner sur la toile. Curieuse et observatrice, Corinne Dalle-Ore déchire, colle, peint, écrit, convole sur la toile autour de couleurs tantôt explosives tantôt sourdes — l’idée? Faire jaillir des visions inspirées, à partir de portraits entrés dans la culture populaire. Et justement, cette culture populaire coule littéralement dans l’encre de ses toiles.

Affiches publicitaires, bandes-dessinées, icônes Pop et figures de la mode… Ce que Corinne Dalle-Ore apprécie le plus, c’est l’esthétique désuet et délicieusement kitsch des années 50-60. Et le détourner la ravit d’autant plus ! Sur ses toiles, les teintes, les matières et les grains si particuliers viennent éveiller les sens — ses toiles ont une dimension tactile.

Et sa galerie de portraits laisse deviner sa volonté de titiller les impressions du public. Des personnages emblématiques du XXe siècle, engagés, politiques, adorés ou détestés… Corinne Dalle-Ore les extrait de leur contexte pour en accentuer les traits ! « Mon travail se construit autour de l’icône, enchevêtrement de collages et peinture mais la peinture prend le dessus pour oublier le collage… un peu comme du photo painting ». Dans ses peintures, mémoire et passé se mêlent au présent pour insuffler une vision tantôt franche ou inédite, poétique ou drôle sur les icônes de notre temps. Avec une délicatesse intéressante, Corinne Dalle-Ore distille une vision personnelle entre nostalgie et modernité, provocation ou adoration.

Mais surtout, l’oeuvre de Dalle-Ore veut célébrer les femmes fortes, au destin complexe et au caractère bien trempé. Des femmes qui, à l’instar de Frida Kahlo, Coco Chanel ou encore Marilyn Monroe, ont ouvert la voie à une vision inédite de la femme; titillant allègrement sa place dans l’art et la culture. « Je m’identifie beaucoup à ces femmes. J’aime leur beauté, ce charisme.  Marilyn, je l’ai transformé en sainte. J’ai transformé Kate Moss en Frida Kahlo… » Un groupement d’oeuvres figuratif, laissant entrevoir des perspectives fantaisistes et libres. A découvrir avec délectation au 4 place des Vosges. C’est bien cela qui se laisse voir jusqu’au 2 janvier 2020 à la galerie Marciano Contemporary.


Quand L’Art Concourt à L’Histoire Du Luxe Et De La Mode

Les incursions de l’art dans le story-telling des icônes du luxe et de la mode ont tout de la prophétie d’Andy Warhol… D’Alessandro Michele à David Lynch en passant par Cindy Sherman pour Comme Des Garçons — passage en revue des histoires les plus abouties!

En 1977, dans The Philosophy of Andy Warhol (From A to B  and  Back Again), Warhol prophétisait: « Tous les musées deviendront des grands magasins et tous les grands magasins deviendront des musées. » Si la fusion n’a pas encore tout à fait eu lieu, il n’en reste pas moins que les directeurs artistiques des grandes maisons en appellent de plus en plus à l’art pour conter efficacement l’histoire de leur icône. Et celui qui tient aujourd’hui le haut du panier n’est autre qu’Alessandro Michele, pour la maison Gucci. En poste depuis 2015, l’Italien n’a eu de cesse de pousser la fusion de l’art et de la mode. Il a guccifié l’art tout en faisant de Gucci une maison bien plus arty. Son oeuvre la plus récente? Les Gucci Art Wall. Des fresques à tendance street art réparties dans les plus grandes capitales du monde. L’idée? Faire sortir les campagnes publicitaires des magazines, de la même façon que le street art est parvenu à extraire l’art des seules galleries!

En 2018 toujours, il injecte un nouveau sens à l’imaginaire de la maison Romaine — l’idée? Extraire des plus grands tableaux de l’histoire la composition des campagnes Gucci. En vedette, toujours, les codes et pièces iconiques de la maison. Jérôme Bosch, John Everett Millais ou encore Jan Van Eyck servent désormais la vison loufoque mais géniale de Michele pour Gucci. La web vert-rouge-vert, le sac bambou. Il ne manque rien! Avant lui déjà, en 2013, Dior reprenait le Déjeuner Sur L’Herbe de Manet pour mettre en vedette l’icône Lady Dior dans une veine un brin plus mystique. Ce même Déjeuner Sur L’Herbe qui, en 1998, inspirait le plus artiste des couturiers: Yves Saint Laurent. Une campagne capturée par Mario Sorrenti où Kate Moss, vêtue du mythique smoking, renverse l’équilibre de Manet. Elle est habillée, ses prétendants, eux, complètement dévêtus! Une façon inspirée et subtile d’attester de l’esprit féministe et libérateur de l’icône Yves Saint Laurent!

En 2007, lorsque David Lynch et Christian Louboutin collaborent à une campagne, c’est aussi pour mieux souligner l’aspect reliquaire et fétichiste de la semelle rouge! Une chaussure iconique, certes, mais surtout une chaussure qui déclenche toutes sortes de désirs! Possession ou fantasme, la vison de Lynch et Louboutin se développait ensuite autour d’une exposition. De quoi renforcer l’image sacro-sainte d’une icône bien de notre temps.

Dans une veine un brin plus révolutionnaire, Comme Des Garçons s’associait en 1994 à Cindy Sherman. Combinant, là encore, l’ADN anti-déjà vu de Rei Kawakubo à l’imagerie anti-mass media de Cindy Sherman. Une rencontre au sommet pour une campagne non moins iconique! Autre campagne venue défier les normes de la mode — celle de Kenzo qui, en 2013, invitait Maurizio Cattelan à combiner sa vision espiègle à l’esprit funky et empreint de surréalisme de la maison Kenzo…

Enfin, c’est en 2016 qu’Hermès aboutit à l’une des incursions artistiques les plus explicites. Dans son magasin de Tokyo, la maison conviait l’artiste Tokujin Yoshioka à réaliser une installation des plus poétiques. De chaque côté de l’iconique carré Hermès, la vidéo d’une femme qui, en soufflant, fait s’envoler le carré avec une légèreté ahurissante. Une façon de renforcer l‘image aérienne, légère et multiple du mythique bout de soie! Et puisque le sujet est d’actualité, le Musée des Arts Décoratifs de Paris inaugurera, le 4 Mai 2020, une exposition baptisée: L’Art Dans La Pub. De quoi faire réfléchir!

Icônes De L’Art Et Icônes Du Luxe: Quand Les Premières Remodèlent Les Secondes

Nombre des pièces iconiques tenant de notre patrimoine universel s’appuient sur l’art et les artistes pour renouveler leur quotient de désirabilité. Une affaire très inspirée!

Si la filiation entre mode et art ne fait plus aucun doute, la capacité de l’un à repositionner l’autre reste à explorer. En effet, nombre d’artistes ou plus largement de pratiques artistiques ont pu compter sur la mode pour les introniser au plus haut niveau. Plus les univers semblent antinomiques, à première vue, plus la révolution est totale. Preuve s’il en faut, l’oeuvre du plus adroit des designers en la matière. 2001, Marc Jacobs parvient en effet à conjuguer au patrimoine de l’une des maisons les plus respectées, une pratique jusqu’alors dénigrée.

En 2001 donc, il invite l’artiste et designer Stephen Sprouse à dérider la mythique toile de Louis Vuitton. A coup de graffitis colorés et apposés de façon quasi-exagérée sur le monogramme, le duo fait entrer dans le même temps le luxe dans un autre univers; tout en plaçant le street art au panthéon des pratiques les plus cool de ce début de siècle.

S’en suit une ribambelle de collaborations artistiques qui toutes réinventent l’habillage des icônes de la maison Vuitton. En 2004 c’est à Takashi Murakami qu’il confie le même travail. Mais cette fois, l’univers pop et bigarré de Murakami vient jouer du monogramme jusqu’à provoquer un trompe l’oeil des plus psychés. En 2012, c’est au tour du damier de côtoyer l’oeuvre de Daniel Buren. L’apothéose est atteint en 2017 lorsque Jeff Koons et Louis Vuitton révèlent une série de sac décalquant pêle-mêle le Titien, Da Vinci, Gauguin, Van Gogh et autres sur les iconiques sac Speedy, et Neverfall.

En 2008 déjà  la maison Fendi en appelait aux artistes les plus en vue de l’art contemporain pour réinventer l’iconique sac Baguette. Le premier it-bag de l’histoire, crée en 1997, prouve en passant à travers la créativité d’André, Sylvie Fleury, Jeff Koons, Tom Sachs ou encore Damien Hirst, sa capacité à épouser l’époque. C’est ainsi que le logo même de la maison Romaine — le double F, pour ‘Fun Fur’ — passe, en 2018, entre les mains de l’artiste digital Reilly. Quoi de plus logique à une époque où l’art se consomme sur Instagram, quand il ne vient à l’oeil du public au détour de memes décapants..

Du côté du 30 Avenue Montaigne, l’arrivée de Kim Jones et Maria Grazi Chuiri a un peu plus encore resserré les liens déjà très grands entre Dior et l’art. Il y eut d’abord Kim Jones qui rappelle à nous l’emblème, ou plutôt le grigri de Monsieur Dior. L’abeille chère à Christian est de retour dès la première collection du Britannique. Mais, en 2018, celle-ci se joue des traits de la figure de Kaws, artiste clé de l’époque. Présente ici sur le Saddle, là sur les nouveaux sacs imaginés à partir de cannages iconiques des salons de la maison Dior… L’abeille, comme les icônes Dior, s’acoquine de la légèreté du temps

Car voici encore un intérêt à ce que les icônes de mode et celles de l’art se rencontrent — les secondes aident les premières à rester désirables au delà des contraintes commerciales. Pour s’en convaincre, l’exemple du Lady Dior est tout bonnement parfait. Un sac resté dans l’ombre des ateliers jusqu’à ce que Bernadette Chirac vienne faire l’acquisition du prototype pour l’offrir à la Princesse Lady Di en visite à Paris… Voici comment une icône fut intronisée et ainsi produite pour le public. Aussi lorsque le projet Art Lady Dior voit le jour, il fait fi des obligations marchandes pour laisser libre court à l’imagination de John Giorno, Jack Pierson et Lee Bul. En 2016, Maria Gazia Chuiri en lance la version féminine et féministe — le résultat? Une série de sacs Lady Dior aussi divine et révolutionnaire que les oeuvres d’Olga De Amaral, Polly Apfelbaum, Burçak Bingöl ou encore Pae White…

Dans le même esprit, Hermès poursuit sa recherche d’imprimés fantasques et originaux, inspirée de l’élan créatif de Robert Dumas. L’esprit derrière le premier carré Hermès. Sous le nom ‘Hermès Editeur’ le projet fait appel de façon sporadique à des artistes, afin d’imaginer de nouveaux imprimés pour le mythique carré. Là encore, loin des contraintes qui astreignent habituellement à la mode… C’est ainsi que Daniel Buren, imagina 365 carrés pour Hermès — un pour chaque jour de l’année. De quoi raviver le quotient désidérabilité d’une icône née en 1937!

Quand Luxe Et Art Contemporain Font Les Icônes De La Mode

Nombre des pièces les plus iconiques de notre histoire sont nées de cette filiation aussi sublime que décriée. Ou quand art et mode se rencontrent, bien souvent pour le meilleur.

Printemps/Eté 2014, la collection Chanel orchestrée par Karl Lagerfeld s’inscrit dans une dialectique entretenue depuis longtemps — cette fois, le podium s’est mue en une galerie d’art. Ça et là, les gimmicks de l’art contemporain se mêlent à ceux du luxe de la rue Cambon. Le propos est limpide: la mode est un art, certes, mais la rencontre entre mode et art tient encore plus de l’expression sacrée! Il n’y a qu’à voir du côté des pièces iconiques, désirables au possible non par le simple ajout d’un logo, mais bien en ce qu’elles ont révolutionnées, un jour, l’interaction entre l’art passé et le corps présent.

Et il suffit de regarder du côté de Cristobal Balenciaga pour s’en convaincre. Le couturier a habilement pioché dans l’oeuvre des grands peintres Espagnols, la grammaire, les lignes et les silhouettes qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier. Il donna vie au drapé légendaire de Goya, quand Ignacio Zuloaga lui inspira ses robes cocktail tout en volants. Mais c’est entre les mains d’Yves Saint Laurent que la dialectique art et mode devient véritablement révolutionnaire.

Il ne s’agit plus pour le couturier de décalquer les brocards, broderies et autres dentelles des maîtres de l’académisme… Non. Yves Saint Laurent préfère, lui, magnifier le corps autour d’un mouvement inédit. « Mon but n’est pas de me mesurer avec les maîtres de la peinture, j’aimerais juste tirer profit de leur génie. » Sa collection Printemps/Eté de 1981 est ainsi dédiée aux impressionnistes. Celle de l’hiver de la même année à Matisse. Celle de 1988 s’intitule ‘Collection cubiste, hommage à Braque’. Il joue comme au casino, et gagne à tous les coups — l’oeuvre d’Yves Saint Laurent est la première à entrer dans un musée, sous le patronage de Diana Vreeland. C’était en 1983, au Costume Institute du Metropolitan Museum of Art de New-York. Le point culminant du plus artiste des couturiers? En 1969, il habille de mousseline les deux moulages réalisés par Claude Lalanne.

Mais c’est la mythique robe Mondrian, en 1965, qui a ouvert la voie au vêtement-tableau. La mode, plus que jamais, transcende l’art et lui donne vie. Karl Lagerfeld, en 2005, marche sur ses traces lorsqu’il fait défiler pour la collection Haute Couture de Chanel une robe réifiant la forme et élégance de l’oeuvre de Yahoi Kusama. Et tout comme Yves Saint Laurent a donné une nouvelle cote à Piet Mondrian, Karl Lagerfeld a largement contribué à ainsi faire émerger l’oeuvre allumée de Yahoi Kusama

Avant eux, déjà, Elsa Schiaparelli collaborait avec ses amis surréalistes à l’élaboration d’un art portable. La mode, en somme. Le chapeau-chaussure ou la robe homard réalisés en 1937 en collaboration avec Dali cherchaient à faire sortir la fantaisie du cadre des tableaux surréalistes. Est-ce un hasard si, en 2018, Maria Grazia Chiuri s’appuie sur l’oeuvre de Nikki de Saint Phalle pour raviver la silhouette de la parisienne? Pas vraiment.. Première femme à assurer la direction artistique de la maison Dior, elle transcende alors sa position à travers l’oeuvre d’une artiste féministe — surtout à rebours des normes imposées!

Car voilà aussi ce que cherche Raf Simons lorsqu’il imprègne Calvin Klein des oeuvres de Warhol: une critique de la société Américaine, à l’orée du plus pop des artistes critiques. Car Crashes, Knives, Electric Chair, d’un certain Andy Warhol viennent s’imprimer sur des pièces au basic racé. Son oeuvre déborde d’un tel cynisme acidulé que Gianni Versace lui-même y trouve son compte en 1991. Jamais le luxe et l’art contemporain ne s’était mêlés si habilement que dans ces combinaisons aux imprimés inspirés des peintures colorées d’Andy Warhol! Sauf, peut être, en 2019, lorsque Nicolas Ghesquière fit entrer avec génie l’architecture art deco dans le répertoire Louis Vuitton… Une série de pièces follement luxe et si désirables, inspirée du Chrysler building de New York. Une véritable interaction entre l’art et la mode. L’art total, en somme.

La Fiac, L’Incontournable de l’Art Contemporain

Entre oeuvres iconiques et galeries prestigieuses, la Fiac, pinnacle de l’art contemporain, inaugure sa 46e édition.

Comment un rendez-vous initié sans grand tapage en 1974 est devenu un incontournable du circuit l’art contemporain international? Inaugurée pour sa première édition dans l’ancienne gare de la Bastille, la Fiac se tient chaque mois d’octobre à Paris, depuis 1974. Voilà pour l’histoire. Mais ce qui a rendu ce rendez-vous si iconique tient bel et bien à autre chose. Il y a d’abord la volonté de Paris de se placer au coeur du circuit de l’art contemporain. Piqués au vif face à l’ampleur prise par le phénomène Art Basel, les galeristes Parisiens comptent bien rendre à Paris sa gloire d’antan.

La première édition rassemble 110 exposants; parmi eux, l’artiste Ben qui, trouve les mots justes pour définir le concept même d’art contemporain. « Quoi que vous fassiez ici, c’est périmé d’avance. C’est-à-dire la forme, la couleur le machin est accepté d’avance, donc périmé d’avance. » Oui car à la Fiac, on parle de nouveautés, mais on cherche surtout l’artiste qui renversera tout les codes et concepts dès lors institutionnalisés.

Vient ensuite l’installation dans sous la Nef du Grand-Palais. Dès 1977, la FIAC devient ainsi la plus grande Foire Internationale d’Art Contemporain, car la plus prestigieuse. Dans son écrin tout fait de fer et de sophistication, elle rassemble alors le plus pointu de la création artistique — des maîtres modernes du début du XXe siècle aux tendances les plus émergentes… La Fiac s’ouvre dès les années 1980 à la photographie. Lui consacrant par là-même toute une section.

Toujours en quête d’innovation, la Fiac rassemble en 2010 près de 195 galeries, venues de 24 pays. Parmi lesquels des pays jusque là peu mis en avant — l’Irlande, le Mexique et la Corée. Des performances et des conférences viennent compléter le tableau. Mais c’est bien en 2011 que la Fiac trouve un point d’ancrage aussi inédit qu’engagé; elle franchit une nouvelle étape en se démocratisant hors les murs. Le Jardin des Tuileries accueille ainsi les oeuvres iconiques de Calder; tandis que sur la Place Vendôme, une polémique éclate en 2014 avec le Tree de Paul McCarthy. L’oeuvre est sabotée dès son installation. Cette année, c’est l’artiste Yayoi Kusama qui prend possession de la célèbrissime place, avec une oeuvre bien un brin moins obsessionnelle. Pour le public en tous cas.

Mais plus violente encore fut la censure de The Mad Dog d’Oleg Kulik, en 2008. Une série de photo datant de 2004 témoignant de la performance de l’artiste Russe devant la Guelman Gallery de Moscou… Nu et tenu en laisse, il aboyait et sautait alors sur les passants. La police Française se rend au Grand-Palais, et décroche les photos. Le prétexte? Elles défendraient la zoophilie. Oleg Kulik, lui, voulait plutôt dénoncer le rapport hypocrite de l’homme face à l’animal. En lui, et face à lui!

Mais voilà, l’art contemporain n’est pas là pour plaire à tout le monde. Et cette année encore, la Fiac compte bien exposer aux yeux du monde entier des oeuvres aussi iconiques que révolutionnaires. Car la force de l’art contemporain tient bien de cela: repousser les limites de ce qui peut ou non faire art, dans une recherche de dépassement du simple entendement. Parmi les 199 exposants parmi les plus pointus, on retrouvera du 17 au 20 Octobre… La galerie Gagosian avec notamment Willem De Kooning et Georg Baselitz. La galerie Lelong & Co, avec des oeuvres d’Antoni Tapiès, Jaume Plensa et David Hockney. La White Cube présentera des oeuvres de Gilbert & George et Ibrahim Mahama. David Zwirner, lui, exposera l’incontournable Franz West. Et il ne s’agit que des plus connus! Ce puisque plus d’un tiers des artistes représentés cette année sont des artistes émergents. Affaire à suivre…

Legacy Store S’Installe à l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris

Au 46 avenue George V, Legacy Store signe une boutique spécialement conçue pour l’hôtellerie de luxe — un store nouvelle génération.

On retrouve derrière Legacy Store le duo Sébastien Chapelle et BOW Group — le premier, ancienne tête pensante du pôle horlogerie et high tech chez colette, a cette fois su imaginer une boutique pour le futur, lovée dans un écrin de prestige. « J’ai toujours rêvé de créer une expérience unique pour les visiteurs du monde entier, leur permettant de découvrir des créations exclusives dans des lieux mythiques. »

Il est vrai que l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris a tout du lieu historique. D’abord en ce qu’il s’inspire de la brasserie mythique Le Fouquet’s, fondé en 1889. C’est là que, par exemple, le pionnier des pilotes, Alberto Santos-Dumont célébra le 23 juin 1903 son premier vol libre motorisé. Celui qui inspira à Cartier la non moins mythique montre Santos, est le premier à faire du Fouquet’s le lieu de rendez-vous du Tout-Paris.

Alors si aujourd’hui Legacy Store s’associe à l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris, c’est que l’innovation est de taille. Dans les alcôves du rez-de-chaussée, c’est l’ambiance boudoir comme dessinée par le décorateur Jacques Garcia, qui accompagne avec le charme d’antan un concept inédit — une expérience personnalisée et authentique. Comme un trait d’union entre labels les plus pointus du moment et l’univers historique de l’hôtel classé Monument Historique. Au programme? Une sélection de pièces exclusives, des créations recherchées dans les univers du high tech, de l’art de vivre, de l’horlogerie, de l’accessoire et de la joaillerie — le tout accompagné d’éditions limitées et de collaborations exclusives; parfois contées dans de beaux livres.

La Palme d’Or Du Festival De Cannes, Un Graal d’Orfèvre

Elle est sans doute la récompense la plus convoitée de la galaxie cinéma – la Palme d’Or du Festival de Cannes n’existe pourtant que depuis 1975. 

Le manque de moyen et les rebonds de l’histoire ont souvent freiné l’avènement du Festival de Cannes. En 1975, tout semble concourir à l’ancrage glamour et féérique de l’évènement. 

Des années durant, les films récompensés l’étaient en effet par le simple titre de « Grand Prix du Festival International du Film. » Claude Lelouche pour Un homme et une femme en 1966, Francis Ford Coppola avec Conversation en 1974… Voici donc l’année 1975 où le Festival de Cannes, renouant avec son prestige originel, confie à la joaillière Lucienne Lazon l’élaboration de sa récompense. Glissée dans un bel écrin en cuir rouge, capitonné de veau velours blanc, la Palme décalque les armoiries de Cannes et les palmiers qui bordent la Croisette. Si sous le soleil Méditerranéen, l’histoire du Septième art reprend ses lettres d’or, le trophée devient bijou en 1990. 

Le trophée au 118 grammes d’or est alors confié au maître incontesté de la haute joaillerie, la maison Chopard! La Palme d’Or devient dès lors cette pièce iconique, faite à la main. Dans les ateliers Chopard de Meyrin, près de Genève, la Palme Cannoise se monte ainsi sur un socle en coeur, signature de la maison depuis des siècles! Pensée par Thierry de Bourqueney, la Palme tient désormais sur un cristal massif et électrisant. 

Moins de dix ans plus tard, Caroline Scheufele en reprend le travail: « Je suis très heureuse et fière que la Palme d’Or, que j’ai redessinée en 1998, puisse aujourd’hui bénéficier d’un or traçable, extrait dans des conditions respectueuses des hommes et de l’environnement. » Et il est vrai que le trophée a tout du graal – une prouesse éblouissante et responsable! Ne reste plus qu’à savoir celui qui, parmi les cinéastes sélectionnés, repartira avec la palme aux 19 feuilles plaquées d’or pur… Pedro Almodovar? Quentin Tarantino? Bong Joon Ho? Réponse le 25 Mai 2019!