Legacy Store S’Installe à l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris

Au 46 avenue George V, Legacy Store signe une boutique spécialement conçue pour l’hôtellerie de luxe — un store nouvelle génération.

On retrouve derrière Legacy Store le duo Sébastien Chapelle et BOW Group — le premier, ancienne tête pensante du pôle horlogerie et high tech chez colette, a cette fois su imaginer une boutique pour le futur, lovée dans un écrin de prestige. « J’ai toujours rêvé de créer une expérience unique pour les visiteurs du monde entier, leur permettant de découvrir des créations exclusives dans des lieux mythiques. »

Il est vrai que l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris a tout du lieu historique. D’abord en ce qu’il s’inspire de la brasserie mythique Le Fouquet’s, fondé en 1889. C’est là que, par exemple, le pionnier des pilotes, Alberto Santos-Dumont célébra le 23 juin 1903 son premier vol libre motorisé. Celui qui inspira à Cartier la non moins mythique montre Santos, est le premier à faire du Fouquet’s le lieu de rendez-vous du Tout-Paris.

Alors si aujourd’hui Legacy Store s’associe à l’Hôtel Barrière Le Fouquet’s Paris, c’est que l’innovation est de taille. Dans les alcôves du rez-de-chaussée, c’est l’ambiance boudoir comme dessinée par le décorateur Jacques Garcia, qui accompagne avec le charme d’antan un concept inédit — une expérience personnalisée et authentique. Comme un trait d’union entre labels les plus pointus du moment et l’univers historique de l’hôtel classé Monument Historique. Au programme? Une sélection de pièces exclusives, des créations recherchées dans les univers du high tech, de l’art de vivre, de l’horlogerie, de l’accessoire et de la joaillerie — le tout accompagné d’éditions limitées et de collaborations exclusives; parfois contées dans de beaux livres.

La Palme d’Or Du Festival De Cannes, Un Graal d’Orfèvre

Elle est sans doute la récompense la plus convoitée de la galaxie cinéma – la Palme d’Or du Festival de Cannes n’existe pourtant que depuis 1975. 

Le manque de moyen et les rebonds de l’histoire ont souvent freiné l’avènement du Festival de Cannes. En 1975, tout semble concourir à l’ancrage glamour et féérique de l’évènement. 

Des années durant, les films récompensés l’étaient en effet par le simple titre de « Grand Prix du Festival International du Film. » Claude Lelouche pour Un homme et une femme en 1966, Francis Ford Coppola avec Conversation en 1974… Voici donc l’année 1975 où le Festival de Cannes, renouant avec son prestige originel, confie à la joaillière Lucienne Lazon l’élaboration de sa récompense. Glissée dans un bel écrin en cuir rouge, capitonné de veau velours blanc, la Palme décalque les armoiries de Cannes et les palmiers qui bordent la Croisette. Si sous le soleil Méditerranéen, l’histoire du Septième art reprend ses lettres d’or, le trophée devient bijou en 1990. 

Le trophée au 118 grammes d’or est alors confié au maître incontesté de la haute joaillerie, la maison Chopard! La Palme d’Or devient dès lors cette pièce iconique, faite à la main. Dans les ateliers Chopard de Meyrin, près de Genève, la Palme Cannoise se monte ainsi sur un socle en coeur, signature de la maison depuis des siècles! Pensée par Thierry de Bourqueney, la Palme tient désormais sur un cristal massif et électrisant. 

Moins de dix ans plus tard, Caroline Scheufele en reprend le travail: « Je suis très heureuse et fière que la Palme d’Or, que j’ai redessinée en 1998, puisse aujourd’hui bénéficier d’un or traçable, extrait dans des conditions respectueuses des hommes et de l’environnement. » Et il est vrai que le trophée a tout du graal – une prouesse éblouissante et responsable! Ne reste plus qu’à savoir celui qui, parmi les cinéastes sélectionnés, repartira avec la palme aux 19 feuilles plaquées d’or pur… Pedro Almodovar? Quentin Tarantino? Bong Joon Ho? Réponse le 25 Mai 2019! 


Art Basel Miami, Ou L’Insolence Prodige

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Initiée à Bâle en 1970, Art Basel prend ses quartiers au coeur de Miami Beach en 2002. Seize ans plus tard, l’édition 2018 sur le point de s’ouvrir annonce une nouvelle flopée d’oeuvres aussi délirantes que savantes. C’est que les galleries du monde entier se sont ici données rendez-vous — 200 des galeristes les plus influents de l’art contemporain exposant ainsi près de 4000 artistes. Peinture, sculpture, installation, photographie, art digital… Parmi eux, des artistes sulfureux, des noms iconiques, et des oeuvres follement cotées. Arman, Miles Aldridge, Martin Creed ou encore Peter Doig…

 

Mais Art Basel 2018, c’est aussi cette année le pop-up club ‘Prada Mode’ et la Red Auction en faveur de la lutte contre le VIH. Fruit de la collaboration entre Bono, l’artiste Theaster Gates et l’architecte Sir David Adjaye, la troisième édition de la Red Auction présentera aux enchères des œuvres offertes par Ai Weiwei, Frank Gehry, Wangechi Mutu ou encore Jenny Saville… Puis c’est Prada qui inaugura les festivités avec son pop-up club articulé comme un événement festif et multiforme, culturel mais clairement désinvolte ! Affaire à suivre.

Schiele et Basquiat se Côtoient à la Fondation Louis Vuitton

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L’un est fauché par la grippe espagnole en 1918 ; l’autre par une overdose au plus haut de l’épidémie d’héroïne sévissant dans les années 80 — pour la première fois, l’oeuvre d’Egon Schiele dialogue avec celle de Jean-Michel Basquiat. Si ce rapprochement semble au premier coup d’oeil quelque peu exagéré, c’est que leur oeuvre doit être avant tout comprise pour ce qu’elle est : un art tout en choc ; en rupture d’une époque. D’un côté, le Viennois Schiele et son trait tenant de l’expressionnisme clame avec rage sa volonté de s’extraire d’une société austro-hongroise verrouillée d’interdits et d’hypocrisie. En ce début du XXe siècle, le contemporain de Freud hystérise les gestes de sa peinture pour admettre les corps et les désirs qui l’animent ! 

De l’autre, l’Américain Basquiat place l’homme noir au delà de l’image projetée par une Amérique raciste —  le trait vif et radical là encore, le silence en porte-à-faux du minimalisme en vogue à l’époque. L’un dans l’autre, ces deux artistes projettent de nouveaux espaces de réflexion et, habilement, mettent en branle le statut-quo de sociétés toutes deux plus malades que ces artistes à qui l’on prête encore de drôles de qualificatifs. À voir jusqu’au 14 Janvier 2019, l’exposition à la Fondation Louis Vuitton déploie sur huit niveaux un ensemble d’oeuvres pertinentes, dont certaines ne furent jamais exposées en Europe… C’est dire à quel point cette exposition tient de l’évènement !

Rencontre avec Liu Bolin, Artiste de la Réinterprétation Ruinart 2018

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Née au siècle des Lumières, la Maison Ruinart initie dès le tournant du XVIIeme siècle une forme de collaboration appuyée avec les artistes — c’est que quelque chose s’est passé ce jour de 1896, sur la colonne Morris qu’André Ruinart découvrit. De cette première réclame de l’histoire du champagne travaillée par le jeune Tchèque Alphonse Mucha, toute une voie fut pavée pour des collaborations aussi poétiques que ludiques. En 2018, c’est à l’artiste chinois Liu Bolin que Ruinart confie la mise-en-scène de son héritage ! Le résultat : un artiste qui s’efface en même temps que l’humain pour laisser étinceler les gestes et un savoir-faire dans une ambiance surréaliste. Tout simplement bluffant ! 

S.G. Qu’est-ce qui vous a marqué lors de votre première visite de la Maison Ruinart ?

Ce qui m’a vraiment impressionné la première fois que j’ai visité la Maison Ruinart, c’est l’implication, la fidélité et le sérieux de l’ensemble des employés. L’expertise manifeste et l’utilisation des ressources naturelles… J’ai pris conscience de l’unique savoir-faire de la plus ancienne Maison de champagne et de l’aspect exceptionnel du site historique classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Des vignes aux crayères… Les collaborateurs de Ruinart tirent parti de la nature sans la dévoyer.

S.G. Quelle a été la première étape de votre démarche pour cette collaboration avec Ruinart ?

La première étape a consisté en un repérage. Trois jours surréalistes qui m’ont permis de voir tout le processus d’élaboration du champagne depuis les vignobles jusqu’aux crayères, dont la température et l’hygrométrie idéales à l’élaboration des vins, ainsi que les différentes étapes de production… C’est ce travail, le travail des collaborateurs de Ruinart, que j’ai voulu mettre en avant dans cette série. 

S.G. Quels aspects essentiels de la Maison Ruinart avez-vous voulu capturer dans vos œuvres ?

Lorsque j’ai commencé à me documenter sur la Maison Ruinart, j’ai compris la force du savoir-faire de cette Maison bientôt tricentenaire. La longue histoire de la Maison aussi. Ayant toujours été impressionné par les acteurs de la production, j‘ai voulu capturer ceux qui sont pour moi les maillons essentiels de ce savoir-faire. 

S.G. Quels symboles visuels de Ruinart avez-vous voulu représenter dans votre collaboration artistique ?

En disparaissant derrière les acteurs de la Maison Ruinart, j’ai représenté les principales étapes de composition du champagne. Depuis le vignoble jusqu’au remuage, le dégorgement et enfin le flacon… Tout cela s’exprime dans cette collaboration. 

S.G. En ce mois d’octobre 2018, la Fiac bat son plein ; pouvez-vous nous dire ce que l’on y trouve ?

Vous trouverez notamment à la FIAC les trois images réalisées avec la Maison Ruinart. C’est-à-dire Vignes, Ligne de Dégorgement et Gyropalettes ! 

Propos recueillis par Sébastien Girard

 

À découvrir aussi durant la FIAC, une installation éphémère de la Maison Ruinart. Imaginée par la scénographe Nathalie Crinière, l’installation conte l’histoire, le patrimoine artistique et le savoir-faire de la Maison autour d’une expérience gustative inédite. Concoctée à quatre mains entre Emmanuel Renaut, chef triplement étoilé du Flocons de sel et Liu Bolin, l’expérience inédite offre des dégustations en présence d’œnologues de la Maison. Uniquement sur réservation. Du 18 au 22 octobre.

Les Nouveaux iPhones XS et XR : Beauté et Technologie, Sans Concession

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La nouvelle a agité le monde de la tech autant que celui de la mode — on sait l’influence et les bouleversements qu’Apple a engendré dans le secteur ces dix dernières années en mettant au monde des objets aussi sublimes qu’efficaces. Cette fois, Apple revient avec de nouveaux iPhones aux écrans bien plus confortables, et des performances nettement supérieures. Les iPhone XS, iPhone XS Max et iPhone XR. Avec un écran Super Retina développé en deux tailles, dont le plus grand jamais présenté par Apple, ces versions font la part belle aux technologies hyper avancées. Dotés de la puce A12 Bionic, le plus puissant atout jamais intégré à un smartphone, ces bijoux de technologie assurent une utilisation poussée au maximum des possibles. 

 

Face ID plus rapide, paiement sécurisé en un regard, les iPhones se composent désormais d’un double appareil photo d’avant‑garde — le secret ? L’écran LCD le plus sophistiqué au monde et un contrôle de la profondeur enfin rendu possible ! Et les innovations ne se contentent pas des performances. Ces iPhones se font étanches aux différents liquides tels la bière, le vin ou encore l’eau salée. Mieux, résistant à l’eau jusqu’à 1 mètre de profondeur pendant 30 minutes, l’iPhone accompagne désormais n’importe quelle activité. Des prouesses tant attendues par les utilisateurs rendues possible par une composition inédite. 

 

L’iPhone XS est en effet composé d’acier inoxydable pour le châssis, et de verre à l’arrière. Quant à l’iPhone XR, une simple couche d’aluminium le rend insensible aux petits drames du quotidien ! De la même manière, Apple a corrigé nombre d’incohérences — une recharge sans fil plus rapide, et de nouvelles habitudes d’utilisation en font le plus pertinent des objets de désir ! Un luxe inouï doublé d’une technologie savamment développée ; ces appareils sont disponibles depuis le 21 Septembre 2018 pour l’iPhone XS et XS Max puis à partir du 26 octobre 2018 pour l’iPhone XR.

Hennessy Very Special : retour sur la Collaboration Hennessy Vhils.

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S.G. : Parlez-nous de votre première visite de la maison Hennessy à Cognac ?

Vhils : Lors de ma première visite à Cognac, j’ai été particulièrement enthousiasmé par le nombre de points communs entre mon travail et celui de Hennessy. La maison Hennessy comme moi, nous travaillons des matières premières auxquelles le temps seul peut donner ce caractère exceptionnel. J’aime à croire que creuser dans les couches du temps, ce n’est pas revenir en arrière, mais plutôt faire remonter à la surface des couleurs, des dessins, des lettres du passé pour les rendre visibles.

 

S.G. : Quelle a été la première étape de votre démarche pour réaliser la bouteille Very Special édition limitée 2018 ?

Vhils : Pour moi, la procédure naturelle a été de me plonger dans les archives de la maison. Riches en symboles et en découvertes fascinantes… Quand j’ai découvert l’histoire derrière Hennessy, j’ai réalisé que cette collaboration correspondait parfaitement à mon art et à mes idéaux. J’ai repoussé les limites pendant 10 ans, mais ensuite j’ai réalisé que Hennessy le faisait depuis plus de 250 ans ! La sérénité de la tradition, un savoir-faire hors du commun et une ouverture sur le monde ! Qu’il s’agisse d’exposer la nature d’une ville ou de mélanger un Cognac parfait, pour nous deux, l’essentiel est le temps. Vous devez l’attendre, le laisser faire son travail, puis travailler avec les couches que le temps a façonné. Il n’y a pas d’accélération du processus et il y a toujours un élément de prise de risque. Et c’est là que se forge tout l’aspect d’un cognac rarissime.

 

S.G. : Qu’est-ce qui vous rassemble, vous et la maison Hennessy, selon vous ?

Vhils : Pour Hennessy, mon approche à l’égard de mon art est une métaphore appropriée de l’art de la fabrication du Cognac : tous deux nous nous appuyons sur la force imprévisible et immuable du temps et des éléments. Pour chacun d’entre nous, le processus créatif est une quête poétique pour rendre visible l’invisible. Rendre le cognac iconique. 

 

S.G. : Il y a une véritable obsession au temps dans votre oeuvre, autre point commun avec le cognac ?

Vhils : Le cognac est par nature une œuvre qui nécessite du temps. Il faut également être capable de tenir dans le temps une création. Que 10 ans, 50 ans, 100 ans plus tard, cette création soit la même. Identique. Immobile. Capable de transcender les goûts et les nouveaux savoir-faire. Là, la maison confronte ces piliers avec le travail artistique qui par nature est un bon capteur du temps. Elle met face à face des icônes de la création actuelle avec une icône qui remonte pour certains flacons au début du XIXème. Le savoir-faire, manuel, le respect de la tradition, en sont d’autres. Ce ne sont pas les seules.

 

S.G. : Quels symboles avez-vous identifiés et représentés sur la bouteille ?

Vhils : Pour Hennessy Very Special, il y a tout d’abord l’ultime symbole Hennessy : le bras armé. Il y a aussi sur l’étiquette les grappes de raisin qui viennent de la vigne, élément clé d’un cognac original. Il y a un visage aussi que vous verrez mieux quand vous reculez ou avec l’appareil photo de votre mobile, certains visages que vous voyez mieux qu’à l’oeil nu. Ce cognac se déguste de la même manière, sous différentes enveloppes. Vous avez après ce que l’on appelle le damier sur la capsule de la bouteille. Il y a aussi d’autres codes de la maison qui sont utilisés comme les trois étoiles qui est le nom original du Hennessy Very Special.

 

S.G. : Quelles techniques ou matières avez-vous utilisées pour cette bouteille ?

Vhils : Pour la bouteille Hennessy Very Special, je n’ai pas utilisé mon marteau-piqueur mais j’ai repris mes techniques sérigraphiques habituelles. En effet, j’ai ajouté de l’encre et de l’acide sur le papier afin de créer une oeuvre texturée, dynamique, constellée de noirs et de jaunes profonds, évoquant un cognac tout en nuances et lumières. 

 

S.G. : Une exposition a été créée pour cette collaboration, pouvez-vous nous dire ce que l’on y trouve ?

Vhils : L’exposition démarre par les archives qui ont nourri mon travail. J’ai dressé un parallèle entre les pierres des murs de Lisbonne et les pierres lithographiques qui étaient utilisées pour produire les étiquettes Hennessy au XIXe siècle. Dans les œuvres en papier et métal que j’ai réalisées, on retrouve les symboles d’Hennessy, le bras armé, les 3 étoiles, les grappes de raisin, le damier, entre autres éléments iconographiques du passé, bien entendu revisités, remixés subtilement. 

 

S.G. : On dit de vous que vous êtes un artiste qui aime expérimenter. Qu’en pensez-vous ? 

Vhils : J’aime bousculer les certitudes, en questionnant ce qui est visible de ce qui ne l’est pas. On peut y voir aussi un message social. On n’aurait pas tort. Il y a aussi ce polystyrène, des extrusions de mur. De face, c’est comme si le visage venait nous parler. De côté c’est une skyline, en écho au côté urbain de mon travail. Il y a toujours plusieurs niveaux de lecture. Je joue, j’expérimente, avec mon équipe. Ce qui me caractérise en dehors de mon histoire dans l’art urbain, je dirais que c’est ma capacité à savoir expérimenter. Je transforme, détruis, reconstruis, réinvente. Je tords la réalité et en fait autre chose… Mais Hennessy porte aussi en lui cet héritage — repousser les limites, réinventer sans cesse la sublimation du cognac, faire de son passé le tremplin vers un futur où le cognac devient icône plutôt qu’archive… 

 

S.G. : Avez-vous apprécié la collaboration pour la bouteille Very Special édition limitée 2018 d’Hennessy ?

Vhils : Je savais que Hennessy travaillait avec des street artistes depuis plusieurs années déjà. Ils m’ont donné la liberté de créer ce que je voulais. J’ai eu accès à leurs archives et j’ai pu visiter Cognac pour mieux comprendre l’impact que cette industrie avait eu sur la communauté locale. Donc c’était une aventure très intéressante pour moi. C’était une vraie collaboration car outre la bouteille édition spéciale, j’ai créé plusieurs œuvres suite à ce que j’ai découvert dans les archives. Hennessy soutient également plusieurs de mes projets personnels dont mon exposition à Paris et mon studio. Ils respectent vraiment l’identité de mon travail. J’ai ainsi essayé de transmettre ce respect mutuel, cet échange d’identités dans cette nouvelle carafe. Une harmonie entre lumière et design urbain, en somme. 

Propos recueillis par Sébastien Girard

 

L’exposition « Make the Invisible Visible » sera accessible lors des Journées Particulières les 12, 13 et 14 octobre prochain. À l’occasion de ce week-end exceptionnel, la Maison Hennessy propose de découvrir plusieurs lieux dont certains sont habituellement fermés au public. En plus de l’exposition de Vhils vous pourrez ainsi découvrir les Visites Hennessy, véritable plongée dans les coulisses de la Maison avec une expérience immersive sur l’art de la sélection dans le Chai du Fondateur. Également à l’honneur, le Château de Bagnolet, ancienne demeure de la famille Hennessy, dont le jardin d’hiver a été restauré en 2018 en faisant appel à des métiers d’art. Enfin, pour la première fois, la Maison Hennessy va ouvrir au public le nouveau site d’embouteillage de Pont Neuf, inauguré en 2017. Inscriptions dès le 22 septembre sur www.lesjourneesparticulieres.fr

Les Folles Rencontres du Crillon 

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Le Crillon fourmille de petites histoires sur ses hôtes de prestige. Alors lorsque pour la première fois de son histoire le Musée Grévin autorise la sortie de 17 de ses illustres statues de cire, c’est à Emanuele Scorcelletti qu’il confie la mise en place d’une exposition très particulière. Du 18 Septembre au 25 Novembre 2018 ‘Les Folles Rencontres du Crillon’ célèbrent ainsi les noces de coton de la réouverture du chef d’oeuvre de la Place de la Concorde — une réouverte tout en beauté et décontraction ! 

 

Juillet 2017. Le Crillon rouvre ses portes après ce qui est tenu pour être un ‘ravalement de beauté’. Cet écrin de luxe et de savoir-recevoir, jadis décrit par Salvador Dali comme le « symbole du raffinement parisien », est aussi un hôtel légendaire. L’un des plus anciens hôtels au monde fut ainsi la maison de passage pour nombre d’artistes — Piaf, Hendrix ou encore Hemingway : voilà que le photographe Emanuele Scorcelletti compose aujourd’hui des rencontres loufoques et rêvées entre ces personnalités hors norme… 

 

Du Général de Gaulle à Louis de Funès, d’Édith Piaf à Madonna, les ors du cinq-étoiles content une nouvelle histoire à partir de légendes bien gardées. L’interprète de ‘La Vie en rose’ aimait par exemple pousser la chansonnette dans l’ancien bistrot de l’hôtel, qui se trouvait au sous-sol. Au bar Les Ambassadeurs, qui souvent accueillait Ernest Hemingway ou Charles Aznavour, Mick Jagger reprend sa position sur le zinc — le leader des Rolling Stones aimait y chanter haut perché ! Quelques mètres plus haut, la suite Bernstein, avec sa terrasse privée offrant une vue imprenable sur le Grand Palais et la Tour Eiffel, sert désormais de scène à un Jimi Hendrix survolté ! Oui, les ‘Folles Rencontres du Crillon’ auront de quoi générer de drôle de souvenirs.

L’Urinoir de Duchamp, l’Oeuvre Qui A Redéfini l’Art

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Entre 1913 et 1915, Marcel Duchamp s’interroge sur le fondement même de l’art et décide d’en appeler à l’oeil et au sens critique du spectateur. Fervent défenseur de l’individualisme, Duchamp choisit de transformer un objet des plus usuel en œuvre d’art – Comment se fait-il ? En déplaçant l’urinoir pour le re-contextualiser dans l’enceinte d’une galerie d’art. Nous sommes à New York, en 1917 : Marcel Duchamp réalise l’oeuvre qui ouvre la voie au ready-made ; baptisée Fontaine, elle a donné lieu à une pléthore d’interprétations et d’écrits, parmi lesquels ceux de Bertrand Lavier, qui s’interroge sur la redéfinition de l’art. Duchamp ne cherchait justement pas d’autre interrogation… Tout commence lorsqu’il achète cet urinoir avec l’idée de l’envoyer au comité de sélection d’une exposition – les organisateurs s’engagent en effet à exposer n’importe quelle œuvre dès lors que son auteur participe aux frais. La logique budgétaire au delà des principes de l’art : Duchamp prend le principe au pied de la lettre et, faisant lui-même partie de ce comité, veut en éprouver la limite.

Il inverse le sens de l’urinoir, le titre Fontaine, le date et le signe Richard Mutt, du nom du propriétaire d’une grande fabrique d’équipement. Si l’objet devient immédiatement une œuvre de part ces détails qui ne le sont pas vraiment, le comité en vient tout de même à le refuser. L’histoire ne fait alors que commencer : le jour de l’inauguration, Duchamp demande à l’un de ses amis, un riche collectionneur, de réclamer la Fontaine de Richard Mutt. L’œuvre n’étant pas exposée, celui-ci pose un scandale, et prétend vouloir l’acquérir sans autre forme de procès… Suite à ça, Duchamp fait paraître une série d’articles sous le titre « The Richard Mutt case. » La légende est née, et l’un des écrits les plus subversifs de l’art vient à paraître : « Que Richard Mutt ait fabriqué cette fontaine avec ses propres mains, cela n’a aucune importance, il l’a choisie. Il a pris un article ordinaire de la vie, il l’a placé de manière à ce que sa signification d’usage disparaisse sous le nouveau titre et le nouveau point de vue, il a créé une nouvelle pensée pour cet objet. »

Et c’est bien là toute l’influence de l’urinoir de Duchamp : « Dans l’art, affirme-t-il, l’idée prévaut sur la création. Une conception qui, bien qu’elle prête à sourire, rejoint en réalité celle des grands artistes de la Renaissance ; ceux qui ont pu ouvrir et porter la peinture sur d’autres éléments que la religion. Léonard de Vinci ne définissait-il pas l’art comme « cosa mentale »… Mais chez Marcel Duchamp, l’objet n’a aucune des qualités intrinsèques que l’on suppose à une œuvre. Ni harmonie, ni élégance : l’oeuvre le devient car elle est contextualisée comme telle. D’ailleurs, l’urinoir original fut perdu – celui que l’on connait est une reproduction réalisée en 1964, pour la galerie Schwarz à Milan.

La Robe de Grace Jones par Keith Haring

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1986. Grace Jones est âgée de 36 ans lorsqu’elle sort son album ‘Slave to the Rhythms’ — mais la créature est déjà une figure à part dans la mode underground, et membre privilégié de la clique Warholienne. Ainsi lorsque son album doucement grimpe vers le haut des charts, Andy Warhol souhaite lui consacrer des pages dans le prochain numéro de son magazine Interview. L’artiste évidemment ne cherche pas qu’une simple feature — ces images, Andy Warhol les veut à la hauteur de son époque. Le patron de la Factory orchestre ainsi une séance particulière. Et c’est au studio de Robbert Mapplethorpe que Warhol réunit Grace Jones et Keith Haring. 

 

La collaboration est inédite. Toute à la fois pop et primitive. Pour la première fois, le corps sculptural et phénoménal de Grace Jones sert de canvas à Keith Haring; et cette collaboration est loin d’être la dernière ! Durant 18 heures, Jones est transmuée par la symbolique de Keith Haring. À même le corps, le graffeur recouvre à la peinture blanche cette peau d’ébène. « Tandis qu’il me peignait, la transformation s’opérait, je me sentais devenir quelqu’un d’autre, comme si c’était mon corps, et non mon esprit, qui était sous acide » confie plus tard Grace Jones. En attendant, Andy Warhol et Robert Mapplethorpe figent l’expérience dans l’éternité. L’oeuvre est si complète qu’elle en inspire bientôt une autre : une robe monumentale de 18 mètres aux allures d’oeuvre d’art totale ! 

 

C’est pour les besoins du clip d’une autre chanson phare, “I’m Not Perfect (But I’m Perfect for You)”, que Keith Haring réalise une robe aujourd’hui iconique ! Une pièce de tissu longue de 18 mètres ainsi recouverte des hiéroglyphes du street artiste. Hors norme, la robe est à la mesure de l’aura de Grace Jones — la muse de Jean-Paul Goude longtemps à l’avant-garde d’une époque tout feu tout flamme ! Et Grace Jones l’arbore une seconde lors d’une soirée du nouvel an tenue au Roseland Ballroom à New York. Une pièce à l’extravagance maîtrisée qui vient signer toute la fascination provoquée par Grace Jones. Encore aujourd’hui.