Pluie d’Icônes au Prefall 2019 de Versace : Méduse et Safety Pin Dress ! 

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Lundi 3 Décembre 2018. Donatella Versace faisait défiler au coeur du New York Stock Exchange une vision rafraîchie des icônes qui ont fait la gloire de la maison de son frère. Il faut dire que depuis la collection anniversaire, célébrant la saison passée les 20 ans de la disparition de Gianni, Versace a comme lancé la tendance des collections revivals. Et pour le Prefall 2019, Donatella va encore plus loin — sur les tops du moment, Gigi Hadid, Binx Walton, Hailey Baldwin et Kaia Gerber, c’est bel et bien deux silhouettes mythiques de la maison qui refont surface.

 

Kim Kardashian et Kanye West, Bradley Cooper, Lupita Nyong’o, Uma Thurman ou encore Mary J. Blige… Le parterre de célébrités n’a pas fini de s’émerveiller quand, sur les épaules du mannequin Vittoria Ceretti c’est bien la Safety Pin Dress qui déboule sur le podium. Pièce devenue culte sur Elizabeth Hurley, la robe version 2019 ne perd rien de son panache — toujours aussi fendue, retenue par une crevée d’épingles à nourrice, la femme Versace milite ainsi pour son propre pouvoir. D’ailleurs, le podium construit autour d’une réplique de la Torche de la Liberté fait dire à Donatella Versace que « ce symbole de New York, est aussi un symbole des femmes, de la prise de pouvoir et de la force ». Ainsi représentées, les femmes Versace font fi des convenances conservatrices et affichent avec détermination leur féminité-épée dans une robe au décolleté plongeant, arborée par Amber Valletta. Cette même robe réinterprétant l’icône absolue de Versace — une robe portée par J-Lo lors des Grammys en 2000. Une pièce si recherchée qu’elle initia la section image de Google !

La Croisière Chanel s’Amuse à Bangkok

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Le 31 octobre dernier, la collection Croisière de Chanel amarrait à Bangkok — avec elle, les créations de Karl Lagerfeld et les ambassadrices Chanel. Soo Joo Park, Pharrell Williams et Gaspard Ulliel, Lily-Rose Depp, Tilda Swinton et Caroline de Maigret accompagnaient de leur énergie la présentation de cette collection joyeuse et hautement iconique. Il faut dire que pour cette saison un brin particulière, Lagerfeld avait mis en vedette une silhouette connue et reconnue de tous — une allure boyish et confortable, couplée du mythique duo chromatique. Du noir et du blanc. 

Présentée à Paris en mai dernier, la collection cette fois se meut sous la douce brise de Bangkok. Dans ce décor thaïlandais, la palette acidulée de coton, de soieries et de tweeds trouve un écho très apprécié… Ainsi amarrée à l’entrepôt désaffecté de Sermsuk, réinventé pour l’occasion en marina enjouée, c’est à la nuit tombée que La Pausa se transforma en scène de célébration. Le réalisateur Apichatpong Weerasethakul, les actrices et mannequins Aokbab et Linn Mashannoud, les acteurs Nittha Jirayungyurn et Anne Thongprasom ont ainsi pu goûter au vrai mélange de nonchalance et de style signé Chanel. Avec un Pharrell Williams en maître de cérémonie.

Coco Pharrell, la Plus Attendue des Collections Capsules

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Celui qui compte parmi les favoris de Karl Lagerfeld depuis 2014 vient d’officialiser la création d’une collection capsule avec la maison de Coco… Et cela a déjà ravi le monde entier. Tour à tour muse, ambassadeur et compositeur pour Chanel, Pharrell Williams est aussi et surtout reconnu pour un style mêlant allègrement influences street et coupes couture. 

Annoncée en exclusivité pour le 29 mars 2019, à Séoul, à l’occasion de l’ouverture du nouveau flagship Chanel, la collection ne sera disponible qu’à partir du 4 avril dans les autres boutiques. Alors, c’est peu de dire que le mystère reste entier — d’autant que la maison de la rue Cambon a pris soin de garder pour elle les influences et le propos même de cette collection à venir. Ce que l’on sait ? Des assonances évidentes et la rencontre de ces deux esprits créatifs et touche-à-tout ne peuvent qu’aboutir à des pièces hautement désirables. Affaire à suivre !

 La Silhouette Science-fi Louis Vuitton Aux Manches Millefeuilles pour le Printemps/Eté 2019

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« Depuis longtemps, on me dit que mes créations donnent du pouvoir aux femmes. J’ai eu envie de creuser ce sillon et de travailler sur toutes mes obsessions, avec ce seul critère de sélection à l’esprit : faire en sorte que la moindre pièce de cette collection soit puissante. Mon interrogation : qu’est-ce qu’un vêtement qui confère du pouvoir ? » Et l’on connait les obsessions chères à Nicolas Ghesquière — nourri d’esthétique science-fi, de narration 80’s et d’un amour pour la coupe impeccable, le directeur artistique a une nouvelle fois époustouflé l’audience avec une collection audacieuse et franchement parfaite ! 

 

Les 48 silhouettes qui défilaient ainsi au coeur de la cour Carré du Louvre distillait l’idée d’une femme pareille à une exploratrice intergalactique. Sur ses épaules, un chemisier à la fluidité canonique retenu par un gilet coupé dans un cuir non moins impec lui servait plus de carapace que d’amure. Et c’est dans la construction de ces manches ballons XXL que vient se loger tout le génie de Ghesquière. Dans une savante construction, ces manches coulent comme un mille feuille de soie ; mieux ! Des arêtes tubulaires viennent accentuer l’effet science frictionnel de la silhouette n°5… Un air de combinaison spatiale léguant certainement à la femme Vuitton du Printemps/Eté 2019 une assurance franche et distincte. 

 

« Le jeu sur les proportions impose une stature. Ces pièces donnent une carrure, permettent de s’affirmer différemment.[…] Les imprimés représentent soit des paysages artificiels dessinés spécialement, pour recréer un monde imaginaire ; ou à contrario des visuels très réels, notamment des photos de lacs de sels aux couleurs insensées prises par des drones vers Salt Lake City » précise encore Nicolas Ghesquière. Et il est vrai que glissée dans un cocon d’une telle originalité, la femme ne peut qu’assumer un aplomb aussi stylisé que raisonné !

Le Sac Soucoupe Volante Monogrammé de Louis Vuitton pour le Printemps/Eté 2019

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C’était donc ça… Depuis plusieurs semaines, la cour Carré du Louvre présentait un chantier bien étrange. Ce mardi 2 octobre, le suspens prit fin lorsqu’enfin se leva le rideau sur le dernier défilé de cette fashion week parisienne. Nicolas Ghesquière pour la maison Louis Vuitton avait en effet confectionné un podium comme une série de passerelles en plexi illuminées par des néons forts et très blancs. Il faut dire que l’actuel directeur artistique du malletier explore depuis des décennies déjà ses obsessions en matière de futurisme, de science fiction et d’esthétique interstellaire. Et après avoir renouvelé cet été son contrat avec la maison, Nicolas Ghesquière l’avoue: « J’ai ressenti le besoin de fouiller dans mes obsessions. »

 

Sur le podium, cela donnait lieu à une série de silhouettes plus désirables les unes que les autres — tantôt androgyne, tantôt walkyrie de l’espace, tantôt fluide à s’en pâmer, les lignes du Printemps/Eté 2019 suivront l’imagerie cosmique ou ne seront pas ! Comme toujours avec Nicolas Ghesquière, la couture est nette et franchement convaincante. Le stylisme, lui, amène une nouvelle élégance tout en grâce et avant-garde. Une veste zippée en son milieu par ici, une blouse aux manches bouffantes par là, une combi’ spatiale tout en épaules cosmonautes… C’est aussi dans les mains des mannequins que se passe la grande révolution de cette saison ! 

 

Un sac soucoupe volante complètement inédit vient accessoiriser la silhouette N°42. Frappée du monogramme mythique de la maison Louis Vuitton, la pièce est assurément le phénomène du Printemps/Eté 2019 — il faut dire qu’avec l’adresse d’un Ghesquière fusionnant au patrimoine emblématique de la maison, tous les éléments sont réunis pour avoir là un sac icône certes, mais un sac qui saura faire des émules ! 

 Le Polo Lacoste, Icône Unisexe pour le Printemps/Eté 2019

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‘Sportcore’ — pour le Printemps/Eté 2019, la maison qui survit à René Lacoste propose de bousculer les règles. Fidèle à sa maitrise de l’air du temps, Lacoste pousse un peu plus loin la question du genre et, autour d’une collection inédite, affranchie les codes d’une mode sexuée. Exit les lignes hommes/femmes, Lacoste pense désormais des pièces comme autant d’éléments d’une singularité et d’un non-conformisme salvateur.

 

En vedette, l’icône originale de la maison se dévoile dans une coupe unisexe, intemporelle et XXL. Le polo l.12.12 mise ainsi sur un minimalisme qui suscite toutefois l’émoi autour d’un travail précis et désirable. Un colorblock contrasté, mettant en lumière l’évident vert sapin, le bleu marine, le rouge et le blanc… Mais c’est dans ses nouvelles matières que le polo du Printemps/Eté 2019 gagne une attention toute particulière. Taillé dans le polyester et le taffetas diamanté, le vêtement poursuit le travail de René Lacoste, offrant à une nouvelle génération de nouvelles possibilités — entre style et dégaine, loin des questions poussiéreuses du genre ! 

Entre Cape et Robe, le Rouge Opéra Valentino ne Perd Rien de Son Cachet pour le Printemps/Eté 2019

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« J’ai beaucoup songé aux paradis dernièrement, aux endroits où les artistes d’autrefois voyageaient, je pense, afin de pouvoir explorer leurs identités. On parle souvent d’évasion, mais je pense que c’est plutôt une façon de construire son identité. » Pierpaolo Piccioli pense en effet pour Valentino une collection Printemps/Eté 2019 emprunte de magnificence et de pragmatisme — une série de pièces adressant avec pertinence les codes phares du fondateur. Et parce que Valentino c’est d’abord une affaire de couture, les pièces de la saison prochaine se taillent au cordeau dans une volonté simple : poésie et émotion. Mais la flamboyance de la femme Valentino n’est jamais bien loin ! 

 

Et c’est dans une pièce hybride, entre la robe et la cape, que vient s’inscrire l’extravagance iconique de la maison. Ce rouge explosif qui, on le sait, tient de la révélation. Valentino Garavani raconte avoir « eu un des plus grands chocs de ma vie à Barcelone : alors étudiant, invité au théâtre de l’Opéra, émerveillé, je vis dans une loge une femme aux cheveux gris, très belle, habillée de velours rouge. Parmi toutes les couleurs portées par les autres femmes, elle m’apparut unique, isolée dans sa splendeur. » Cette déesse rouge est une nouvelle fois rappelée à la vie par un Pierpaolo Piccioli au sommet de sa couture. Fabuleuse et flegmatique. 

 

Ici, rien d’ostentatoire. « Je voulais réaliser le rêve de la couture, pour que le fantasme devienne réalité. » La pièce vedette du Printemps/Eté 2019 distille donc une jolie poésie autour d’une silhouette certes dramatique mais sans tapage ! Cette femme est sensationnelle ; dans ses sandales plates et robustes et plumées, la voilà qui démontre une couture sans faille et surtout sans manière. C’est bien ça, la force d’une maison de la trempe de Valentino — celle d’une femme toute en grâce et personnalité. Une femme qui habille le vêtement plutôt qu’elle ne le lance à la face du monde !

 Le Suit Onctueux et Androgyne de Stella McCartney Printemps/Eté 2019

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C’est une nouvelle fois les ors de l’Opéra Garnier qui accueillaient, à Paris, le défilé de la maison Stella McCartney. Et, à peine est-elle devenue indépendante du groupe Kering, que la maison cherche à assener sa signature autour du pragmatisme qui lui est cher ! Il faut dire que Stella McCartney s’est faite un nom avec une mode chic et réelle. Pour le Printemps/Eté 2019, c’est une fusion de « force et de douceur… l’audace et le féminin » qui viendra habiller son alter ego. 

 

Parmi les silhouettes fortes du défilé, son allure nonchalante trouve dans un costume onctueux et androgyne une nouvelle interprétation. Ce tailleur-pantalon impeccable et franchement flatteur vient aussi et surtout répondre à la grande question du moment. Avec le changement climatique qui n’est plus à prévoir, Stella McCartney pense aux vagues de chaleurs et, taille sa silhouette iconique dans un mélange de lin et de viscose évidemment responsables… Une façon d’affirmer la pertinence et la fraîcheur imperturbable de sa ligne ! 

 

La Robe Neo-Victorienne S’imprime de Bouquets Sauvages chez Alexander McQueen pour le Printemps/Eté 2019

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« La sororité, le mariage, la communion, cette idée qu’on peut avoir de la force en exprimant ses émotions. Des trésors et des bijoux de famille, le solstice d’été … la puissance et la fragilité mêlées. » Pour réaliser cette collection Printemps/Eté 2019, Sarah Burton a aussi et surtout pris pour point de départ une tapisserie du XVIIIème siècle peinte à la main et récemment acquise par la maison McQueen. Une fois mêlés à l’univers chamanique et ultimement païen de la maison, on constate avec émerveillement toute la pertinence de ces éléments ! 

 

À l’Orangerie du jardin du Luxembourg, c’est ainsi une garde robe romantico-médiévale qui défila pour le Printemps/Eté 2019. Parmi les 41 silhouettes présentées, la N°17 capte tout l’esprit du propos. Dans un cuir, matière fétiche du fondateur, Sarah Burton coupe avec une adresse folle la poésie qui habillera la fille McQueen la saison prochaine ! Le résultat ? Un bustier rigide recouvert d’un bouquet sauvage, une robe ajourée et un volume toujours aussi gracieux ! Il y a de la force et de la magie et un esprit néo-victorien dans cette robe qui s’impose indubitablement comme l’une des pièces vedettes de la grammaire McQueen… Une robe franchement désirable, magistrale et éminemment souveraine !