Jean Paul Gaultier Dit Au Revoir A La Couture

Le couturier le plus populaire de son temps ferme avec un défilé hautement inspiré près de 50 années de carrière dans la mode — une mode aux antipodes des us et coutumes du milieu.

La Dernière Collection Jean Paul Gaultier 2020

Pour sa dernière collection, Jean Paul Gaultier a une nouvelle fois fait tout différemment. Il est de coutume de réduire son défilé à l’essentiel — élaguer, encore et toujours, jusqu’à ne garder qu’une soixantaine de silhouettes. Maximum. Il a pourtant essayé de réduire, mais non: Jean Paul Gaultier n’a décidément rien fait comme les autres !

A l’heure où défilait son ultime collection Haute Couture, les thèmes initiés par Jean Paul Gaultier au cours de ses 50 années d’exercice virtuose, sont désormais les faits d’arme d’une génération entière. L’abolition des frontières du genre, le recyclage ou upcycling, une mode durable, inclusive, sans base ni sommet… Tout cela fut travaillé, stylisé et hautement déridé entre les doigts géniaux de Jean Paul Gaultier. D’ailleurs, n’est-pas auprès de lui que ce sont formés les Martin Margiela, Dries Van Noten, Nicolas Ghesquière, Isabel Marant, Christian Louboutin et Viktor&Rolf, pour ne citer qu’eux?

Sur le podium niché au coeur du Théâtre du Châtelet, c’est donc la grammaire Gaultier qui a une nouvelle fois éblouie, surpris, détonnée, enchantée, a fait se tordre de rire ou de larmes une assistance haute en couleurs. A l’instar de sa collection Haute Couture 2020, toute la mode Jean Paul Gautier est une ode à l’indivdualisme, fort et fier de sa différence. Et les vêtements alors?

Les Vêtements Jean Paul Gaultier

Tous les vêtements ayant fait la gloire et la réputation de sa maison étaient ravivés d’une haute dose de désirabilité. De l’up-cycling donc, Jean Paul Gaultier donnait une véritable leçon — cravates, gants et surtout le denim, sa matière de prédilection, servaient ici l’élaboration de ces pièces de haute voltige. On est roi de la couture, ou on ne l’est pas. Et on ne finit pas par habiller Madonna de son mythique corset conique pour rien.

Tout devient entre les mains de Gaultier le tissu idéal aux volumes imposants, finissant par faire des pièces grandiloquentes ! Il n’y a qu’à voir son interprétation Couture 2020 de la marinière. Portée par Gigi Hadid, elle distille toute l’espièglerie tintée d’érotisme propre à Jean Paul Gaultier.

Suivent ainsi le tailoring gender-fluid. Les trompe-l’oeil. Les inspirations Russes et punk. L’ode au piercing et aux vamps ! Boy George pour le grand final, ce défilé était une ode à la joie de vivre.

« Un joyeux bordel » des mots même du couturier qui ajoute dans le communiqué presse… « Rassurez-vous, la maison de Couture Gaultier Paris continue, avec un nouveau projet dont je suis l’instigateur et qui vous sera révélé prochainement. » Longue vie à l’espièglerie à la Gaultier !

La Collection Haute Couture 2020 De Chanel

Virginie Viard a fait du passé de Gabrielle Chanel un écho chic et spirituel.

Qui était Mademoiselle Chanel?

Virginie Viard a remonté le fil, a puisé dans la genèse de la créativité de Coco, le propos de sa collection Haute Couture 2020. Là où, enfant, Gabrielle Chasnel fut, avec ses soeurs, déposée par leur père… L’abbaye d’Aubazine fut en effet le point névralgique de la mode de la future Coco Chanel. Car en plus d’y apprendre la couture, elle y côtoie l’austérité des soeurs, le vocable géométrique propre aux abbayes, leur sol, leur vitrail. Là que Chanel tira, une fois aux commandes de sa maison, son mythique double C, sa grammaire géométrique, et sa mode dépouillée.

On retrouve ainsi tout au long de cette collection ayant défilée dans une reproduction quasi-parfaite du jardin de l’abbaye, tout le vocable de la Rue Cambon. Le noir et le blanc. Les silhouettes austères mais hautement stylisées.

Mais aussi et surtout, des motifs graphiques, une nouvelle fois inspirés des vitraux — recouverts de paillettes mates et pastel, cette fois ! Car au langage originel de Gabrielle, Virginie Viard a ajouté la touche des maisons hautement virtuoses qui appartiennent désormais au groupe.

La maison Lesage a ainsi travaillé toute la légèreté gracieuse de cette silhouette autour d’une grande cape de taffetas ivoire sur robe de taffetas bleu marine —  étagée en crêpe et rehaussée d’une ceinture trompe-l’œil entièrement brodée de paillettes par les talents Lesage.

Le Tailleur En Tweed Et La Mariée Chanel


Dernier fait d’arme de la couturière, en 1954, l’iconique tailleur en tweed qui habilla les grandes Dames, à l’instar de Jackie Kennedy; ce même tailleur est aujourd’hui retravaillé dans un beige glacé. Fermé de boutons bijoux sertis d’étoiles ou de fleurs — autres grammaires chères à Mademoiselle depuis Aubazine — il se présente avec un col haut ou rabattu… Son tweed beige flirte avec l’esprit champêtre, souligné ou non de fines cordelettes tressées.

La note finale? La mariée Chanel, toute en simplicité, fait un écho net à la rigueur monacale des abbesses — une mariée dans une robe en crêpe Georgette rehaussée d’un triple col Claudine en tulle. Complété d’un voile brodé de branches de glycine; ultime écho au jardin d’Aubazine. Simplifié mais hautement subtil — tout le chic Chanel en somme.


La Collection Haute Couture Dior 2020: Féminine Et Féministe

Maria Grazia Chuiri a une nouvelle fois distillé un manifeste féministe au gré d’une collection aérienne — preuve, s’il en fallait, que la couture de Christian Dior résonne avec les combats d’aujourd’hui.

Du Péplum Version Avenue Montaigne

« Le pouvoir des femmes n’est pas seulement dans la reproduction mais aussi dans la création » — les mots de l’actuelle directrice artistique de la maison Dior capturent la dimension révolutionnaire de sa collection Haute Couture 2020. A défaut de robes divines taillées pour des nymphes, Maria Grazia Chuiri invoque des déesses de la trempe d’Athéna.

Puisant ainsi dans les codes établis par Christian Dior au siècle dernier, le plissé soleil et l’iconique gris Trianon servent aujourd’hui des silhouettes structurées mais aériennes. Nombre de ses Walkyries coutures arborent en effet des toilettes teintées du mythique gris Dior.

Derrière cette collection couture, se lit le dessein de Maria Grazia Chuiri; celui de célébrer « l’aspect divin des femmes et leur pouvoir. » Le symbole ultime de cette ambition n’est autre que le final — une robe de mariée qui perd sa tradition au profit d’une teinte noir et or, et d’un… corsage armure ! Une inspiration tirée du péplum.

Le Rêve de Christian Dior Est Aussi Celui De Maria Grazia Chuiri

N’était-ce pas l’homme derrière le New Look et sa révolution qui aimait à dire que son rêve était de « rendre les femmes plus belles et plus heureuses ». Ou encore, une « robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin. » Voilà bien le rêve partagé par Maria Grazia Chuiri — elle qui, cette fois, exalte le pouvoir féminin au gré de tenues à la beauté triomphante.

D’ailleurs, le décor du défilé était lui-même une affaire d’empowerment. Oeuvre de Judy Chicago, pionnière Américaine de l’art dit féministe, l’entrée du défilé se faisait à travers la figure d’un vagin colossal, véritable ode à la spiritualité féminine; intitulé The Female Divine. Un décor qui, aussi, pose les bonnes questions. ‘What If Women Ruled The World?’ Ou ’Que Serait Un Monde Gouverné Par Les Femmes?’ — la réponse se fera par des actes…

Le Gris Trianon, Couleur Clé De La Maison Dior

L’identité d’une maison aussi iconique est aussi une affaire de teinte — celle de Christian Dior est le gris Trianon, parfois appelé gris Montaigne. Retour sur une couleur clé du luxe à la Française.

Le Gris Dior, La Couleur Des Débuts

1947, c’est l’année où Christian Dior achète le 30, Avenue Montaigne. A deux pas du Plaza Athénée, sa maison de couture prend place au coeur d’un hôtel particulier — mais il manque la touche de Monsieur. Pour habiller les salons de sa maison de couture, il choisit un gris. Mais pas n’importe lequel.

Si Chanel avait le noir, Christian Dior, lui, a su amener le gris dans le monde de la couture. Pourquoi le gris? La couleur de prédilection de la maison s’explique en fait à l’aune de ses souvenirs d’enfance…

Il y a à Granville, posée sur un promontoire rocheux, une étrange villa crépie de rose, baptisée les Rhumbs. C’est là que Christian Dior grandit, bercé par les nuits orageuses et la brume de Normandie. Mais à Granville, le rose épouse le gris. L’amour des fleurs transmis par sa mère, et l’exotisme des fresques de l’entrée des Rhumbs offrent au jeune Christian Dior ses premiers émois esthétiques.

Ainsi, lorsque l’homme acquiert l’hôtel particulier du 30 de l’avenue Montaigne pour en faire le siège de sa maison, c’est tout naturellement qu’il se dirige vers ses teintes qui ne sont, peut-être, complémentaires qu’à son seul sens esthétique. Mais qu’importe, puisque Dior lui appartient et Dior porte son nom. Le rose et le gris rappellent ainsi au couturier sa maison d’enfance : un savant mélange de gravier gris au sol, et du crépi d’un rose très doux…

Les Salons Coutures Dior

Aujourd’hui, une fois passée la façade néo-classique, les clientes sont plongées dans un univers d’élégante sobriété. Composé de moulures blanches et de boiseries gris Trianon, de fauteuils à médaillon néo-Louis XVI et de cadres ornés de nœuds à la fontanges : tout n’y est qu’harmonie et subtilité. La douce nuance qu’est le gris Trianon plonge les clientes dans le coeur du chic à la Française.

D’ailleurs, dans son Petit Dictionnaire de la mode, Christian Dior parle du rose comme de la couleur de la joie et de la féminité; le gris, lui, est neutre et pratique. Pratique car il est élégant, et ce, dans toutes les matières – tweed, laine ou flanelle…

Ce gris, il en fait sa couleur. La couleur qu’il a choisi d’utiliser partout dans la décoration de son hôtel particulier du 30, avenue Montaigne. La plus élégante des couleurs neutres étaient, pour lui, essentielle au charme de l’Avenue Montaigne – décorée mais non décorative.

Il habille donc le lieu lieu d’un gris perle… murs, tentures et meubles sont déclinés dans ce même gris, et servent d’écrin aux collections de haute couture et de prêt-à-porter. Il fait « ressortir l’éclat bigarré de la couture de monsieur Dior. » En 1950, il introduit son premier parfum, Miss Dior, dans un présentoir inspiré du Temple de l’amour au Petit Trianon de Versailles — évidemment gris !

« Ce génie léger, propre à notre temps et dont le nom magique comporte Dieu et or » comme disait Jean Cocteau à propos de Christian Dior, vient ainsi d’introduire une couleur positive, un symbole d’espérance et de bonheur dans le vocabulaire de la haute couture. Et le gris devint le Gris Dior.

Sans tapage, le gris en vint à évoquer cette élégance à la Française et ce luxe poussé à son paroxysme. Le gris Dior, couleur aujourd’hui protégée par un brevet, était aux yeux de Christian la teinte parfaite : «  Tout se marie avec le gris, c’est donc la couleur recommandée pour les accessoires.  » Une composition certaine et immuable, qui deviendra la signature des pièces iconiques de la griffe, du Lady Dior à la montre Grand Bal. La signature des esthètes en quête de sophistication toute aristocratique, aussi. Kim Jones, actuel directeur artistique de la maison, en a fait sa teinte favorite. Il n’y a qu’à voir comme ce gris sied à merveilles le tailoring cool car décomplexé du Britannique !

Emilienne d’Alençon, La Cocotte Est Une Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Emilienne d’Alençon tient pourtant lieu de figure de mode, à une époque où les femmes se cantonnent à la rigueur du ‘bon ton’.

Elle prend goût aux fanfreluches dans la blanchisserie de sa tante, à Montmartre. Comme nombre des grandes horizontales de la Belle Epoque, Emilienne d’Alençon grandit dans un milieu défavorisé. Quelles perspectives existent pour les femmes comme elles? Peu. Très peu. Elle fait ainsi son entrée dans le demi-monde à 15 ans — d’où lui vient ce nom? De Laure de Chiffreville. Un soir qu’elle fréquenta la table d’un chroniqueur du Gil Blas, Émilienne Marie André arbore un corsage en dentelle, déniché dans la blanchisserie de sa tante. La dentelle faite à Alençon, la prostitué qu’est déjà Laure de Chiffreville la baptise de ce nom… En même temps qu’elle lui promet un avenir brillant.

Elle ne s’était pas trompée! Poussée sur la scène par ce même chroniqueur mondain, Charles Desteuque, Emilienne se produit une première fois au Cirque d’Eté. Là, elle attire l’oeil de l’héritier des champagnes Veuve Clicquot. Un certain Jacques d’Uzès. Il est prêt à tout pour l’épouser. A commencer par faire son éducation — et ce n’était vraiment pas gagné. On raconte qu’un jour, assistant à une représentation de Racine, la belle s’est endormie; se réveillant en sursaut, elle annonça à l’assemblée :  « Ne dites rien à l’auteur, il pourrait être vexé. »

Soit. Jacques d’Uzès l’installe dans un hôtel particulier sur les Champs-Elysées. Il meubla le palace des grandes stars de l’époque. Qui? Gaudi et Majorelle. Mais sa famille ne voulant rien entendre, elle envoie Jacques d’Uzès au Congo. L’idylle s’arrête ici. La vie de courtisane d’Emilienne d’Alençon ne fait, elle, que commencer.

Parmi ses conquêtes?  Edouard VII, le Kaiser Guillaume, Jacques Hennessy… Elle compris son époque comme personne ; elle qui aimait à déclarer:  « Quand tu couches avec un bourgeois, tu es une putain. Quand tu couches avec un prince, tu es une favorite. » Emilienne, elle, ne jura que par des hommes à la hauteur de Leopold II. D’ailleurs, l’ancien Roi des Belges quitta la Belle Otero, pour elle. Elle qui, bien plus tard, écrivit dans ses mémoires : « Il n’avait qu’un désir, passer inaperçu. Cuire lui-même un oeuf sur le plat lui paraissait le comble du bonheur. » Emilienne avait une vision bien plus clinquante, du bonheur!

Les diamants de la Rue de La Paix. Boucheron, Cartier… Les toilettes les plus rares confectionnées spécialement pour elle par Jacques Doucet… En 1897, le magazine La Mode relève: « Nous avons rencontré Emilienne d’Alençon, colombe roucouleuse avec pour plumage une robe gris tourterelle garnie de chinchilla tout à fait exquise. » C’en était fait, Emilienne comptait parmi les muses de son temps.

On la retrouve en effet dans les toiles de Toulouse Lautrec! Mieux, la ville de Cabourg fait la promotion des bains de mer avec une réclame montrant Emilienne d’Alençon poursuivie par une horde de courtisans. Nadar la photographie. Plus qu’une célébrité, elle est même caricaturée par le mythique Sem, à Trouville; preuve de sa position très particulière dans la société Parisienne d’alors. Au Casino de Monte-Carlo, sa personne trône sur la salle des jeux au milieu d’une murale représentant les Trois Grâces de la Belle Epoque : elle, Liane de Pougy et la Belle Otero!

En 1919, sa position dans la vie mondaine et dans la mode lui permet d’écrire ce qu’on dit avoir été un bestseller: son livre, Secrets De Beauté Pour Etre Belle…Elle fut en effet une véritable icône de mode. Elle qui devança les interdits de son temps pour se baigner en tenue de bain. Une sorte de blasphème au ‘bon ton’ que son amie, une certaine Coco Chanel, trouva absolument admirable. D’ailleurs, elle fut l’une des premières à porter fièrement les créations de Chanel. Contribuant largement à faire de ce style simplifié, dépouillé; ce style de femmes actives et libres, un summum du chic! Le lien est tel qu’en 2017 la maison qui survit à Coco édita une merveille de joaillerie. Une montre-bijoux baptisée ‘Emilienne’: sertie de 80 diamants, pour un total de 9,31 carats. Une pièces mêlant splendeur et simplicité — une pièce très Emilienne d’Alençon, c’est vrai!

Sarah Bernhardt, Actrice, Cocotte et Icône De Mode


On cantonne, à tort, les actrices de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Elles sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Et Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue !

A 15 ans, le Duc de Morny l’introduit au monde du théâtre. L’homme derrière la fondation de Deauville met le pied à l’étrier à Sarah Bernhardt — première grande actrice internationale. A son compte? Plus de 120 rôles. On dit d’elle qu’elle inventa le star système; qu’elle initia nombre d’extravagances vestimentaires, entrées, aujourd’hui, dans les habitudes des femmes. Elle fut une véritable icône de mode. De celles qui inspirent autre chose aux femmes; de son époque, et celle d’après.

Il faut dire qu’à la Belle Epoque, l’actrice, tantôt cocotte, tantôt grande horizontale, figure tout ce qui est impossible aux femmes de la bonne société. Si bien que les représentation de théâtre ou d’opéra donnent à lieu à la distribution de feuillets décrivant avec une précision folle les tenues arboraient par les artistes stars. Parmi elles, Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue!

Cocteau dirait « un monstre sacré ! » C’est pour elle que le plus mondain des académiciens pensa le terme… Que trouve-t-on dans ces feuillets? La description exacte des pionniers de la couture qui, par amour de l’art et du beau, confectionnaient aussi les costumes de théâtre. C’est, avant Chanel et Nijinsky, Dior et Grace Kelly, Deneuve et Yves Saint Laurent… C’est Sarah Bernhardt et Charles Worth et Jacques Doucet. Robes, chapeaux, parfums, maquillage — tout y est décrit de façon à ce que la bourgeoisie copie et achète un bout de la vie libre et bohème de Sarah Bernhardt.

Elle contribua a lancé la mode de la ligne S, en 1898. Bientôt, la robe Delphos de Fortuny devient un it. Mieux, célébrée dans le monde entier pour la façon si splendide qu’elle a de mourir sur scène, dans un déshabillé — elle fait de cette tenue un basique de la vie domestique. Et ce, chez les femmes du monde entier!

Ayant fait dix fois le tour du monde; s’étant rendue jusque dans les tribus amérindiennes; se produisant dans toute l’Amérique… Sarah Bernhardt a largement contribué à la réputation de ces couturiers, et joailliers exerçant à Paris. La rue de la Paix et la Place Vendôme lui doivent beaucoup ! Boucheron, notamment. Avec elle, et pour elle, il réalise des bijoux à couper le souffle… Quand il ne conçoit pas, en 1882, la pièce la plus iconique des tenues de Sarah Bernhardt: un plastron comme une guirlande de fleurs, serti de 317 diamants.

René Lalique fut aussi un grand collaborateur. Il peaufine, avec le goût et l’audace de Sarah Bernhardt, un style qui, bientôt, le place au panthéon des artistes Art Deco. A l’exposition universelle de 1905, il est celui qui attire louanges et exaltation. C’est que Sarah Bernhardt avait l’oeil, et le bon, pour remarquer les talents qui aujourd’hui encore provoquent une émotion sans pareille. Alphonse Mucha, par exemple. C’est elle qui le repère et lui offre de réaliser les réclames de ses spectacles. Etalées sur les colonnes Morris, les affiches inaugurent la publicité, et le style Art Nouveau!

De la poudre de riz en passant par les apéritifs, Sarah Bernhardt incarne l’aspiration des femmes de son temps. Et c’est Marcel Proust qui capture à merveille le personnage dans son chef d’oeuvre A La Recherche Du Temps Perdu. Elle est ‘La Berma’… Celle qui, d’ailleurs, lance en 1905 la vogue pour le cinéma. Elle qui achève sa carrière en tournant dans l’un des premiers films de l’histoire. Mais ça, justement, en est une autre!

Quand Luxe Et Art Contemporain Font Les Icônes De La Mode

Nombre des pièces les plus iconiques de notre histoire sont nées de cette filiation aussi sublime que décriée. Ou quand art et mode se rencontrent, bien souvent pour le meilleur.

Printemps/Eté 2014, la collection Chanel orchestrée par Karl Lagerfeld s’inscrit dans une dialectique entretenue depuis longtemps — cette fois, le podium s’est mue en une galerie d’art. Ça et là, les gimmicks de l’art contemporain se mêlent à ceux du luxe de la rue Cambon. Le propos est limpide: la mode est un art, certes, mais la rencontre entre mode et art tient encore plus de l’expression sacrée! Il n’y a qu’à voir du côté des pièces iconiques, désirables au possible non par le simple ajout d’un logo, mais bien en ce qu’elles ont révolutionnées, un jour, l’interaction entre l’art passé et le corps présent.

Et il suffit de regarder du côté de Cristobal Balenciaga pour s’en convaincre. Le couturier a habilement pioché dans l’oeuvre des grands peintres Espagnols, la grammaire, les lignes et les silhouettes qui l’ont rendu célèbre dans le monde entier. Il donna vie au drapé légendaire de Goya, quand Ignacio Zuloaga lui inspira ses robes cocktail tout en volants. Mais c’est entre les mains d’Yves Saint Laurent que la dialectique art et mode devient véritablement révolutionnaire.

Il ne s’agit plus pour le couturier de décalquer les brocards, broderies et autres dentelles des maîtres de l’académisme… Non. Yves Saint Laurent préfère, lui, magnifier le corps autour d’un mouvement inédit. « Mon but n’est pas de me mesurer avec les maîtres de la peinture, j’aimerais juste tirer profit de leur génie. » Sa collection Printemps/Eté de 1981 est ainsi dédiée aux impressionnistes. Celle de l’hiver de la même année à Matisse. Celle de 1988 s’intitule ‘Collection cubiste, hommage à Braque’. Il joue comme au casino, et gagne à tous les coups — l’oeuvre d’Yves Saint Laurent est la première à entrer dans un musée, sous le patronage de Diana Vreeland. C’était en 1983, au Costume Institute du Metropolitan Museum of Art de New-York. Le point culminant du plus artiste des couturiers? En 1969, il habille de mousseline les deux moulages réalisés par Claude Lalanne.

Mais c’est la mythique robe Mondrian, en 1965, qui a ouvert la voie au vêtement-tableau. La mode, plus que jamais, transcende l’art et lui donne vie. Karl Lagerfeld, en 2005, marche sur ses traces lorsqu’il fait défiler pour la collection Haute Couture de Chanel une robe réifiant la forme et élégance de l’oeuvre de Yahoi Kusama. Et tout comme Yves Saint Laurent a donné une nouvelle cote à Piet Mondrian, Karl Lagerfeld a largement contribué à ainsi faire émerger l’oeuvre allumée de Yahoi Kusama

Avant eux, déjà, Elsa Schiaparelli collaborait avec ses amis surréalistes à l’élaboration d’un art portable. La mode, en somme. Le chapeau-chaussure ou la robe homard réalisés en 1937 en collaboration avec Dali cherchaient à faire sortir la fantaisie du cadre des tableaux surréalistes. Est-ce un hasard si, en 2018, Maria Grazia Chiuri s’appuie sur l’oeuvre de Nikki de Saint Phalle pour raviver la silhouette de la parisienne? Pas vraiment.. Première femme à assurer la direction artistique de la maison Dior, elle transcende alors sa position à travers l’oeuvre d’une artiste féministe — surtout à rebours des normes imposées!

Car voilà aussi ce que cherche Raf Simons lorsqu’il imprègne Calvin Klein des oeuvres de Warhol: une critique de la société Américaine, à l’orée du plus pop des artistes critiques. Car Crashes, Knives, Electric Chair, d’un certain Andy Warhol viennent s’imprimer sur des pièces au basic racé. Son oeuvre déborde d’un tel cynisme acidulé que Gianni Versace lui-même y trouve son compte en 1991. Jamais le luxe et l’art contemporain ne s’était mêlés si habilement que dans ces combinaisons aux imprimés inspirés des peintures colorées d’Andy Warhol! Sauf, peut être, en 2019, lorsque Nicolas Ghesquière fit entrer avec génie l’architecture art deco dans le répertoire Louis Vuitton… Une série de pièces follement luxe et si désirables, inspirée du Chrysler building de New York. Une véritable interaction entre l’art et la mode. L’art total, en somme.

Cléo De Mérode, Danseuse De Ballet, Cocotte Et Figure De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elle sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Cléo De Mérode est de celles-ci.

Ne jamais dire de Cléo de Mérode (1875-1966) qu’elle fut une cocotte. Lorsque Simone de Beauvoir la qualifie comme telle dans son célèbre manifeste Le Deuxième Sexe, l’intéressée surgit de l’ombre pour dénoncer un propos diffamatoire. Traînée en justice, le juge reconnait l’erreur de De Beauvoir — la condamnant ainsi à lui reverser 1 euro symbolique. Mais qui fut alors Cléo de Mérode? Elle fit, très jeune, son entrée à l’opéra, devient professionnelle à 11 ans. Attire l’oeil des peintres, de Degas à Toulouse-Lautrec, avant de se produire dans les salons les plus mondains de la Belle Epoque. Voilà pour le cv. Dans les faits? Elle fut celle qui fit tourner la tête des aristocrates les plus fortunés de l’époque — un temps où entretenir une dame compte pour un signe extérieur de richesse.

C’est que sa beauté détonne des canons de la Belle Epoque: visage angélique, taille fine, allure sculpturale de vestale, et coiffure iconique. Si iconique que les femmes de son temps voient en elle un idéal de beauté. Il faut dire que dès 1895, son double de cire fait son entrée au Musée Grévin. Mais c’est en 1896 que tout se joue pour Mademoiselle Cléo. D’abord à travers le geste artistique d’Alexandre Falguière. 1896 donc, il expose au Salon Des Artistes Français une oeuvre, ‘La Danse’ — statue d’un réalisme si cru que l’on reconnait là le visage, les courbes et jusqu’au nombril de Cléo de Mérode. Complètement nue. Visible aujourd’hui au Musée d’Orsay, l’oeuvre provoque alors un véritable tollé! Cléo de Mérode, après avoir nié toute implication, accuse l’artiste d’avoir détourné sa pose. Mais cela n’entache en rien sa réputation, bien au contraire!

La même année, Cléo de Mérode est élue reine de beauté par les lecteurs de l’Illustration, magazine de mode de l’époque. Déjà habillée par le célèbre couturier Jacques Doucet, Cléo est à l’avant-garde d’une féminité qui trouve son apogée dans les années folles. Une femme libre et attachée à rien sinon ses toilettes et ses diamants. Oui car, même si Cléo de Mérode réfute être une cocotte, elle n’en reste pas moins une femme usant de ses charmes et ses talents pour des diamants, toilettes et hôtel particulier.

On lui prête ainsi une liaison avec le roi des Belges, Léopold II. Les caricaturistes, de Sem à André Gill, s’en donnent à coeur joie! Elle nie le fait, jusque dans ses mémoires publiées en 1955, et intitulées ‘Le Ballet de Ma Vie’. Pourtant, sa valeur s’envole. Vue au Bois de Boulogne, lieu d’excellence pour toutes cocottes qui paradent. Vue chez Maxim’s, haut lieu de rencontre, s’enivrant de champagne. Vue au restaurant Prunier, où elle fait des orgies d’huîtres. Vue aussi faire la Tournée des Grands Ducs, tour des tables les plus prisées de Paris. Et c’est souvent le mercredi, qu’elle décrète le ‘jour chic’ par excellence!

Cléo de Mérode initie aussi les promenades en bicyclette — photographiée portant un bloomer, dessinée par Jacques Doucet. Pour elle? Sans doute. Cléo est alors une muse, mais aussi une publicité vivante. Capable de tout vendre. La biscuiterie Lefèvre-Utile, alias LU, fait appel à son image. Jean Cocteau l’adoube; elle est la ‘belle des belles’ — la première célébrité marketing, c’est elle! Il suffit de feuilleter l’album de l’un des premiers photographes, Reutlinger, pour s’en assurer. Ses poses, son allure, son image semblent si familiers qu’ils ne peuvent être qu’à la base la culture visuelle de la mode actuelle. Ça et son goût pour une mode épurée…

La Belle Otero, Cocotte, Croqueuse de Diamants et Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elle sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. La Belle Otero en était la figure de proue!

Qui est Otero lorsqu’elle arrive à Paris en 1889? Personne. Que représente-t-elle lorsqu’elle se retire en 1914? La plus somptueuse vision de la Belle Epoque. Danseuse, actrice, reine du tout Paris… Elle fut l’une des plus flamboyantes courtisanes — accumulant les amants autant que les diamants. Le prix minimum pour une cocotte de ce rang? Un hôtel particulier, une rente, une calèche, des fourrures, perles et diamants, et, bien entendu, la liberté absolue! Mais ce qui est plus qu’intéressant avec ce personnage haut en couleurs ne tient pas tant aux coeurs qu’elle a conquis. Il est plus intéressant encore de concevoir son influence sur la mode et le luxe.

Car à l’heure où fleurissent les Grands Magasins, la Belle Otéro refuse de s’y habiller. Elle ne jure que par la haute couture. Et les couturiers adorent. Les cocottes étant en constante représentation, ce sont leur toilette, leur bijou et autres attirails beauté qui démontrent de leur valeur. Mieux, étant là pour attirer l’attention des hommes les plus fortunés, les couturiers de l’époque trouvent un plaisir sans pareil à les habiller. Il faut dire que la sobriété est l’apanage des femmes de la haute société. La Belle Otéro, elle, fait dans le clinquant. Mais pas n’importe lequel.

William Vanderbilt lui acheta le collier de l’Impératrice Eugénie. Le Tsar Nicolas II lui offrit un bijou de la couronne Russe. Le prince Pirievski lui fit cadeau d’un bracelet en diamants, simplement pour la rencontrer. Mais la Belle Otero était aussi capable de faire ses propres commandes. Le boléro iconique qui fit sa réputation, et fit enrager Cléo de Mérode, doit sa superbe composition de diamants à l’un des bijoutiers les plus fameux de la Place Vendôme. Son nom reste secret. Frédéric Boucheron, lui, doit sans doute beaucoup à la Belle Otéro. Fascinée qu’elle était par la nature, son goût inspira les fabuleuses créations de Boucheron!

On sait aussi qu’elle demanda à Cartier de réinterpréter le collier de Marie-Antoinette — et le « joaillier des rois, roi des joailliers » s’exécuta avec plaisir! Le scandale fut évidemment total; les dames du monde voyant là une vulgaire courtisane s’élever au rang royal. Qu’importe, les bijoutiers de la Place Vendôme avaient tous le même subterfuge: une porte dérobée permettant aux clientes et leur amants discrets s’y glisser sans attirer le courroux lorsque leur ‘officielle’ se trouvait là par hasard.

En écho au mantra de Charles Worth, « non plus se vêtir mais se parer » les cocottes et la Belle Otero en tête furent la locomotive de la haute couture naissante. Elle puisa dans le style orientaliste de Paul Poiret le vestiaire idéal à ses apparitions. Porta les couleurs flamboyantes de Jeanne Paquin — toutes à la fois! La féminité d’Otero avait une telle influence sur les femmes de son époque que le célèbre constructeur des premiers véhicules, Dion-Bouton, lui fit parvenir un exemplaire. Quelle audace pour l’époque… une femme qui pose au volant d’une voiture pour en faire la promotion. Oui, car la Belle Otero s’était mue en outil marketing idéal.

En idéal tout court d’ailleurs. Reutlinger la figea sous toutes les coutures, avant que ses portraits sous format carte postale ne furent envoyés aux quatre coins du monde. Littéralement. De New York à Saint-Pétersbourg en passant par Monaco, le Belle Otero était à la fois la femme idéale, et un idéal de beauté.

Monaco justement fut le théâtre de la plus puissante des passion d’Otero. Joueuse invétérée, la foule se pressait pour voir la Belle Otero au Casino de Monte Carlo. Blackjack, roulette… Ses apparitions font sensation tant elle scintille de la tête aux pieds. Mais Otero paria des sommes astronomiques. Gagna beaucoup, mais perdit encore plus. Entre 1900 et 1914, on parle d’une perte conséquente de 30 millions de Francs, approximativement 100 millions d’euros. Et c’est bien la première guerre mondiale qui mis un terme définitif à la Belle Epoque. Laissant la Belle Otero vivoter jusqu’en 1965 où, ruinée et seule, la belle s’est éteinte à Nice. Non loin de là, symbole éternel d’une grandeur fanée, l’un des dômes de l’hôtel Carlton à Cannes, fut pourtant moulé sur son sein…

Jolie Madame, La Collection Emblématique de Balmain

Un parfum a ouvert la voie à la couture de Pierre Balmain – une senteur baptisée Jolie Madame, qui plus tard donna son nom à la collection haute couture de 1952.

1945. Paris sort tout juste de la Seconde Guerre Mondiale quand Pierre Balmain fonde son studio au 44 rue François 1er à Paris. Ancien de Lucien Lelong et Edward Molyneux, Balmain ne tarde à s’imposer comme l’un des maîtres de la couture. Le 12 octobre de cette même année, le couturier présente sa toute première collection. Et les critiques sont unanimes : de l’utilisation sobre mais graphique de tissus mêlant vert, marron, rouge et lavande se dégage un raffinement des plus séduisant. En 1949, Balmain édite son tout premier parfum – baptisé Jolie Madame, le couturier y capture « le parfum de l’aventure pour les soirs de passion et d’enchantement. »

En réalité, la senteur Jolie Madame distille l’esprit fantasmagorique et l’ambiance des nuits parisiennes post-guerre. Sa composition, le parfum l’emprunte directement à l’image de la sensualité féminine. C’est la famille des chypres floraux qui s’associe au clou de girofle à la fleur d’oranger au jasmin ou encore au patchouli… Des notes intenses pour une fragrance synonyme d’élégance et de sophistication !

Le succès est tel, le parfum est si juste qu’en prévision de l’Automne/Hiver 1952, Pierre Balmain nomme sa collection ‘Jolie Madame’. Dès lors le style Balmain s’impose et, avec lui, la broderie, les épaulettes et la taille cintrée deviennent les codes visuels d’une nouvelle femme. Nombreuses sont alors les célébrités à plébisciter les silhouettes ‘Jolie Madame’… Petites robes à tournure et voiles courts pour les cocktails, le style de la Parisienne est né en même temps que l’âge d’or de la couture fait briller Paris !

Ce retour à l’opulence, au charme et à l’élégance de matières nobles car rares, précieuses car hautement travaillées, est rapidement définit comme étant ‘le nouveau style Français’ par la mythique Gertrude Stein, dans le magazine Vogue. Il n’y a qu’à voir la robe de bal ‘Jolie Madame’ datant de 1954. Coupée dans un satin bleu lumineux ; l’opulence onctueuse… Côté couture, les tailleurs Balmain se présentent droit, le tissé pied-de-poule devenu emblématique. Cette collection iconique regorge de pièces historiques – les grandes robes de bal, les vareuses de coolie, et les jupes du soir en hermine sont autant de pièces qui entrent dans les vestiaires les plus légendaires. Bientôt, la Jolie Madame de Balmain s’élabore comme une femme active et quelque peu insolente.

Entre 1993 et Juillet 2002, c’est Oscar de la Renta qui prend la direction artistique de la maison et, avec le talent qu’on lui connaît, reste fidèle à l’essence de la couture Jolie Madame de Pierre Balmain. Mais à l’aube des années 2000, la griffe entre dans une modernité des plus désirées : avec Christophe Decarnin puis Olivier Rousteing, la Jolie Madame de Balmain devient une femme sexy au possible, arborant des pièces seyantes et somptueuses, taillées au cordeau dans des matières luxueuse et luxueusement rebrodées.

Et lorsque l’on remet en question la filiation entre Olivier Rousteing et cette collection emblématique de Pierre Balmain, accusant souvent le talent d’opulence incontrôlée, le directeur artistique a de quoi répondre : « Ma femme Balmain est pourtant une femme très Française. Le style Français n’est pas uniquement celui de Saint-Germain-des-Prés. Ma version de la France, c’est la flamboyance de Versailles, la magie de la Ville lumière. Poiret, Balmain, Dior, Balenciaga… ils ont tous travaillé l’opulence. La tour Eiffel est bien l’opposé du minimalisme ! » De la même manière, le style Jolie Madame est bien l’opposé de la morosité.