Le Tailleur-Tweed Vert d’Eau de Chanel pour le Printemps-Eté 2018

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A Paris, Karl Lagerfeld a une fois de plus magnifié la verrière du Grand Palais ; cette fois, la maison Chanel a reconstitué quasi-grandeur nature les Gorges du Verdon. Un décor de roche et d’eau qui célèbre les multiples cascades du sud de la France. Sur le podium, cela s’est traduit par la rencontre entre des éléments d’eau et les mythiques tweed de la couturière. Palette arc-en-ciel irisée, scintillements or ou argent qui rappellent l’effet gaufré du soleil et de la lune sur la surface de l’eau… Le tailleur-tweed iconique du Printemps/Eté 2018 prend aussi des allures aqua quand la matière s’éprend de l’énergie de la nature.

Parce que les couleurs n’existent pas à l’état naturel, elles sont souvent le résultat de la superposition de différentes teintes. Et c’est ce principe qu’a suivi Karl Largerfeld dans sa composition – fondue de bleu et de blanc, de verts végétaux, de roses délicats sur tons vifs, la pièce phare du défilé Printemps/Eté 2018 enveloppe la silhouette d’une élégance aérienne, et très inspirée. La large veste en tweed tissé s’étire ainsi de franges, décalquant avec une dextérité folle les hautes herbes aquatiques ! L’équilibre complexe entre les textures naturelles et les techniques avancées offrent ici une pièce à couper le souffle. Mieux, aux pieds de la belle, les illustres bottes Chanel deviennent, toute en transparence, la pièce la plus impressionnante de la collection. Un humour élégant qui signe, assurément, la paire de bottes de pluie de la prochaine saison.

Devant une audience composée de Marine Vacth, Caroline de Maigret, Anna Mouglalis, Liu Wen, Alessandra Mastronardi, ou encore des actrices Monica Bellucci et Clémence Poesy, les mannequins iconiques de la maison Cindy Crawford et Inès de la Fressange ont pu assister à cet appel à la légèreté et à la douceur ! Une collection Printemps/Eté 2018 qui démontre ainsi la puissance de Chanel lorsqu’il s’agit de sans cesse renouveler sa gamme, sans jamais se répéter.

Le Tailleur Jupe en Tweed, Chanel Métiers d’Art 2017

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C’est une tradition instaurée par la maison Chanel au début du millénaire : chaque année, c’est une ville chère à Gabrielle qui sert de théâtre aux défilés des Métiers d’Art. Après Edimbourg, Salzbourg ou Rome l’année dernière, ce n’est nulle autre que Paris qui sert d’écrin à ce nouveau volet créatif. Entre les murs du Ritz, là même où Coco, dès 1937, trouva une maison à la hauteur de son esthétisme, se tint ainsi le défilé Métiers d’Art 2017, autour d’un “Paris Cosmopolite“.

La collection recelait de joliesse, d’audace mais aussi et surtout de classiques-twistés. A l’instar du mythique tailleur tweed, ici travaillé, ou plutôt dissous dans un tweed de laine écru. Parée de galons de perles, de fleurs et feuilles de tweed, la veste s’épanouit au contact de broderies florales, tandis que les épaules s’ouvrent en même temps que plonge la fente d’un col lui-même bordé. C’est à la broderie Montex, nouvelle venue dans les Métiers d’Art Chanel, que l’on doit en partie la somptueuse réalisation de la pièce ! Dans une couleur crème qui n’appartient qu’à la maison Chanel, le tailleur exprime ici une nouvelle modernité : épurée et légère ; le tailleur jupe en tweed s’apprête volontiers pour un déjeuner au Bar Vendôme.

Quand La Montre Boy.Friend Épouse Le Tweed

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« C’est dans un vieux tailleur que je suis vraiment à l’aise, mais pas dans un de ces tissus rudes et lourds… Ah, non ! Surtout pas… C’est moi d’ailleurs qui ai appris aux Écossais à faire des tweeds légers. Je vous jure que j’ai eu du mal à les convaincre ! » L’histoire de Chanel et du tweed recèle de voyages, de contact, de prise de risque, et surtout de l’union du vestiaire masculin à la garde-robe d’une femme audacieuse. Transgressives pour l’époque, les silhouettes Chanel sont aujourd’hui reconnue comme comble du bon goût, tant pour leur confort que pour leur lignes simples mais puissantes.

Ainsi l’horlogerie Chanel capture l’essence des créations de Mademoiselle au sein d’un garde-temps qui, en plus d’évoquer sa grande histoire d’amour avec Boy capel, adopte un bracelet en métal gravé du mythique motif tweed. Né d’un emmaillement de fils d’acier, ce bracelet a tout d’une prouesse technique : pour rappeler la richesse du tissu, le motif tweed est marqué par une frappe précise et profonde. Mais, à l’image des créations graphiques de Coco Chanel, le garde-temps conserve une très grande souplesse, pour assurer un porté très confortable. Etoffe croisée estampée sur la montre Boy.Friend, le tweed semble ici figurer toutes les qualités pour faire de ce garde-temps l’objet le plus désirable de la rentrée.

 

Le Tailleur Tweedé Chanel Couture 2016

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La haute couture ne capture pas l’air du temps, elle en dessine les pourtours fantasmés. Et c’est sur cette idée que Karl Lagerfeld a choisi de célébrer la nature à travers un art incarnant l’apogée du pur artifice : pour réinterpréter un classique vieux d’un siècle, le directeur artistique de la maison aux deux C a pris le partie de l’approche écologique. « C’est amusant de le faire après avoir été high-tech » ajoute-t-il en coulisse. Il est vrai que la collection de l’automne passée intégrait l’impression 3D au cœur de l’artisanat français.

Alors la Couture 2016 réinvente le tailleur Chanel dans une veine plus spirituelle. Au Japon, il emprunte aussi l’importance de la silhouette. Et c’est ainsi que la veste du tailleur se gonfle au contact d’une jupe longue coupe I. Courte, avec les manches volumineuses, la veste du tailleur Chanel se teinte de couleurs naturelles – blanc, écru, grège, lin, et l’éternel beige, bien entendu. L’embellissement se fait inventive quand, à l’heure où les abeilles sont en voie de disparition, Karl Lagerfeld les pique, cristallisées, en broche pour orner d’un soupçon de conscience un art sublime car irraisonné.

Le Tweed Chanel

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On l’a compris : chaque détail de la maison Chanel a été inspiré par les éléments marquants de la vie de Coco, et le tweed n’y a pas échappé. Ce tissu d’outre-manche, elle le doit à l’un des hommes qui a partagé sa vie : le Duc de Westminster. L’homme le plus riche d’Angleterre, doté d’une élégance britannique qui sut la séduire six ans durant. Leur relation permit à Gabrielle de découvrir la campagne anglaise et ses particularités, dont le tweed. Habituellement utilisé par les hommes en hiver, apprécié pour sa résistance, il faisait partie intégrante du vestiaire de son amant de l’époque. Célèbre pour avoir pris aux hommes tout ce qu’elle pouvait de leurs vêtements pour le confier aux femmes, Gabrielle Chanel a une nouvelle fois frappé. Elle remanie ainsi la garde-robe du Duc et de ses compatriotes pour la féminiser au possible ; imposant du même coup ce tissu si british comme l’un des codes d’une des griffes les plus parisiennes qui soit.

Le tweed, Chanel l’a présenté à sa façon, en 1954, des années après la fin de sa relation avec le Duc de Westminster. 1954 sonne en fait la réouverture de la maison de la rue Cambon, et pour l’occasion, elle fait fort : le tweed prend la forme de la petite veste à boutons dorés qui fait encore la réputation de la marque aujourd’hui. Mais, le tweed de Chanel n’est pas le tweed anglais : il est plus souple, moins lavé, plus féminin en somme, et sûrement plus libre. Après tout, la liberté de mouvement de la femme a toujours été l’effet recherché par la couturière, et elle y tenait !

Les Américaines ont été les pionnières, les premières à adopter le tweed à la Chanel. Les Françaises les ont suivies, et le reste du monde aussi. L’engouement pour le tweed n’a pas cessé depuis, qu’on le porte en veste, en jupe ou en tailleur complet. La maison Chanel ne l’a jamais abandonné et continue de le réinventer chaque saison. Si le plus emblématique reste le tweed noir et blanc, il se pare aujourd’hui de rose, de brun, de bleu, se métamorphosant au contact de couleurs phares, au fil collections et des saisons, sans jamais se dénaturer, surtout quand il s’essaie à la maroquinerie. Karl Lagerfeld a réussi à donner à ce tissu connoté vieux bourgeois, le côté séducteur, trendy et parfaitement contemporain, sans rien perdre de son essence toute d’élégance, et ce par exemple dans le récent défilé Haute Couture de la maison.

Le tweed Chanel est de ceux qu’on hérite, de ceux que l’on garde, précieusement, jalousement, bref, il est celui que l’on transmet, puisqu’il est une valeur sûre. L’une des créations les plus emblématiques de la maison Chanel. Le tweed Chanel n’a rien perdu de son caractère et continue de s’afficher sur le dos de it-girls  comme Gigi Hadid , Kendall Jenner et autres célébrités.

Le tweed Chanel en quelques dates

1924 : Coco Chanel emprunte des vêtements de sport à son amant, le Duc de Westminster, et charge une usine écossaise de fabriquer ses emblématiques tissus en tweed. C’est le début des premières robes Chanel en tweed.

Les années 1930 : Coco Chanel commence à mélanger ses classiques tissus en tweed avec de la laine, de la soie, du coton et même de la cellophane. Marlene Dietrich est l’une de ses clientes.

1934 : La mode du tweed se répand comme du feu, quand un magazine affiche l’image de l’actrice Ina Claire avec une robe Chanel en tweed brun.

1954 : Dans l’hôtel autrichien Baron Pantz, Coco remarque une veste tyrolienne avec quatre poches et des ornements tressés, portée par un membre du personnel. C’est une robe masculine qu’elle transformera en une robe féminine avec le tweed : c’est la naissance de la légendaire veste Chanel en tweed.

1955 : Une version tressée de la veste Chanel en tweed présentée pendant la saison précédente figure dans la nouvelle collection.

1962 Brigitte Bardot est une des premières utilisatrices de la nouvelle variante de la veste Chanel en tweed.

1963 : Jackie Kennedy, icône de la mode, est une des plus grandes admiratrices de la veste Chanel en tweed.

1983 – Aujourd’hui Karl Lagerfeld réadaptera et réinventera les vestes et robes en tweed en les mélangeant avec les nouvelles tendances.

1997 :  Lady Diana tombe amoureuse de la veste en tweed présentée dans la collection Automne/Hiver. La princesse deviendra une ambassadrice parfaite pour cette robe.

Les années 2000 : Puisque l’univers de Chanel s’étend, le tweed pénètre aussi d’autres catégories de produits comme les chaussures, la lunetterie, les accessoires, les sacs, l’horlogerie et la cosmétique.

2007 : Keira Knightley est le nouveau visage de Mademoiselle Chanel. Vestes et robes en tweed, pour elle, deviennent obligatoires.  

2012 : la collection des Métiers d’Arts Paris-Edimbourg est un hommage à l’Ecosse, que Chanel avait découvert grâce au Duc de Westminster et dont elle s’inspira pour ses créations en tweed.

2013 : Karl Lagerfeld photographie une campagne Automne/Hiver 2013/14 en apesanteur pour laquelle trois mannequins furent appelées à se glisser dans des pièces emblématiques en tweed.

2014 : L’évocation de l’identité Chanel est constante, ainsi le tweed pour la collection Haute Couture Printemps/Eté 2014  évoque les  perles de Mademoiselle Chanel avec les reflets nacrés de l’organza.

2015 : L’emblématique collection 2015 Printemps/été est une des meilleures célébrations du tweed Chanel.

2016 : Le tweed de Chanel entre aussi dans le domaine de la Haute Horlogerie: les versions masculines et féminines de la montre Boy-friend sont nées.

Mars 2016 : le tweed mêle héritage et modernité dans la collection Automne/Hiver 2017, en mixant total look rose, carreaux, pied-de-poule, chiné et ponctuations de lurex.

Avril 2016 : pour la collection couture 2016, c’est au Japon que Karl Lagerfeld emprunte sa spiritualité et sa célébration de la nature pour réinterpréter le tweed.

Décembre 2016 : pour les 15 ans des défilés des Métiers d’Art, le tailleur jupe en tweed est parée de galons de perles, de fleurs et feuilles de tweed et de broderies florales.

Juillet 2017 : pour la collection Automne/Hiver 2017/18, les mannequins défilent dans des complets pensés en tweed, jusque sur le chapeau de Mademoiselle.

 

Chanel Printemps-Eté 2015 : Le Total Look Tweed

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Les pièces présentaient pour la saison prochaine sont, aux dires du Kaiser, des vêtements fait pour que tout le monde puisse en jouer. Atemporels, sans connotation sixties, ni seventies, Karl Lagerfeld signe ici un florilège de tenues aussi stylées qu’élégantes – pour femmes indépendantes. Alors, comment ne pas voir ici un clin d’œil, non, plutôt une révérence à l’essence féministe qui mue chacune des créations de Gabrielle Chanel, confirmant par là même la puissance d’un féminisme introduit il y a près d’un siècle à travers de simples étoffes ? Au XXIe siècle, sous les coups de crayon de Karl Lagerfeld, l’emblème du féminisme de la rue Cambon prend des allures de figure de proue dans ce combat de l’intelligentsia.

Les tailleurs Chanel s’arborent dorénavant dans des pantalons en tweed sport. A la cheville, le pantalon est ample ; la veste de tailleur, légère et aérienne, se construit autour d’un col ras de cou, aux bords brut, évidemment finit au fil de soie rose et blanc. Cette fois-ci donc, il joue la carte du masculin-féminin – d’ailleurs, les boutons sont du côté homme esprit blazer. Le célèbre tailleur Chanel est aussi rehaussé de fils de couleur. Et les couleurs vives, comme le fuschia, font leur retour. Les revendications fashion s’inscrivent bel et bien dans la recomposition de l’icône qui, de par sa pudeur rafraîchissante, se fait facile à porter.

Les Cachemires Barrie : Un Savoir-Faire Légendaire

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Une main d’œuvre artisanale assistée par des machines ancestrales et high-tech, voilà ce qui permet à Barrie une maîtrise parfaite des techniques de tissage. Plus d’une dizaine opérations sont nécessaires à la conception d’un prototype fait main. La fibre animale utilisée est issue des chèvres originaires des plaines mongoles et chinoises ; cette même fibre est ensuite délicatement examinée avant d’embarquer pour l’Écosse, où elle sera tissée, teintée et rincée avec l’eau de la rivière Tweed. Puis ce sont ainsi quarante étapes de compétence artisanale et de savoir-faire ancestral qui concourent à produire un cachemire souple, soyeux, et de haute qualité.

La manufacture écossaise compte parmi ses clients les plus prestigieux les maisons de couture Desrues, Lesage, Lemarié, Massaro ou encore Maison Michel. C’est aussi à Barrie que l’on doit les mythiques cardigans bicolores de la maison Chanel, et ce depuis plus de 25 ans. Mais voilà, il y a de cela quelques années, Barrie se retrouve en perte de vitesse, à deux doigts de mettre la clé sous la porte. La maison au camélia refuse alors de voir s’éteindre cette institution à l’héritage centenaire. Sans attendre, Chanel rachète les actifs Barrie, réaffirmant ainsi son attachement à l’expertise et aux « métiers d’art ». Cette acquisition assure la sauvegarde d’une identité forte du savoir-faire écossais : le rachat est un succès, et le légendaire fabricant Barrie devient une marque à part entière.

Odile Massuger, responsable de la maille chez Chanel et directrice artistique de la maison Barrie bouscule cepedant les codes classiques et institutionnels du cachemire made in Scotland. Avec audace et subtilité, la voilà qui modernise la maille des longs cardigans et des robes-pull à travers une combinaison de motifs aux mouvements architecturaux reprenant le « Scottish baronnial style » d’Edouard VII d’Écosse. La méthode artisanale du « Jacquard intarsia » est ainsi utilisée pour réaliser de larges bandes de couleurs ou de rayures verticales sur les pièces oversized répondant au nom de paysages bucoliques. « La femme Barrie est une femme qui ose. Elle sait parfaitement accorder une pièce de la maison avec l’accessoire ou la paire de chaussures qui viendra twister sa tenue » déclarait Odile Massuger. C’est certain, la dynastie « bristish cashmere » n’est pas prête de s’effilocher !

Le Perfecto Bouchra Jarrar 2015

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Une couture actuelle, surtout conçue pour être portée, c’est tout le talent de Bouchra Jarrar. Fidèle à son esprit très parisien, Bouchra Jarrar ne mise ni sur l’opulence, ni sur l’extravagance. « Force et féminité – c’est cela la femme d’aujourd’hui. » Pour l’été 2015, elle pense une haute couture urbaine et chic, féminine et masculine, sans jamais entrer dans la confrontation des deux. Ainsi le perfecto, pièce maîtresse de ses collections, se taille dans des accents couture ; une association bi-matière aussi improbable que géniale.

Avec beaucoup d’audace, la designer mêle le rock au tweed tellement classique dans une pièce pleine de contraste, et tellement cohérente avec notre temps. Elle upgrade ainsi la veste de biker en conservant néanmoins tous ses détails. Toutes les caractéristiques y sont reprises : la fidèle fermeture éclair placée sur le côté, la ceinture intégrée ou encore, les pattes sur les épaules… Dans le mariage du chic et de l’urbain, Bouchra Jarrar fait émerger un punk en accord avec un swing à la parisienne, et une sensibilité bien féminine.

Le Tweed Chanel

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On l’a compris : chaque détail de la maison Chanel a été inspiré par les éléments marquants de la vie de Coco, et le tweed n’y a pas échappé. Ce tissu d’outre-manche, elle le doit à l’un des hommes qui a partagé sa vie : le Duc de Westminster. L’homme le plus riche d’Angleterre, doté d’une élégance britannique qui sut la séduire six ans durant. Leur relation permit à Gabrielle de découvrir la campagne anglaise et ses particularités, dont le tweed. Habituellement utilisé par les hommes en hiver, apprécié pour sa résistance, il faisait partie intégrante du vestiaire de son amant de l’époque. Célèbre pour avoir pris aux hommes tout ce qu’elle pouvait de leurs vêtements pour le confier aux femmes, Gabrielle Chanel a une nouvelle fois frappé. Elle remanie ainsi la garde-robe du Duc et de ses compatriotes pour la féminiser au possible ; imposant du même coup ce tissu si british comme l’un des codes d’une des griffes les plus parisiennes qui soit.

Le tweed, Chanel l’a présenté à sa façon, en 1954, des années après la fin de sa relation avec le Duc de Westminster. 1954 sonne en fait la réouverture de la maison de la rue Cambon, et pour l’occasion, elle fait fort : le tweed prend la forme de la petite veste à boutons dorés qui fait encore la réputation de la marque aujourd’hui. Mais, le tweed de Chanel n’est pas le tweed anglais : il est plus souple, moins lavé, plus féminin en somme, et sûrement plus libre. Après tout, la liberté de mouvement de la femme a toujours été l’effet recherché par la couturière, et elle y tenait ! Les Américaines ont été les pionnières, les premières à adopter le tweed à la Chanel. Les Françaises les ont suivies, et le reste du monde aussi. L’engouement pour le tweed n’a pas cessé depuis, qu’on le porte en veste, en jupe ou en tailleur complet. La maison Chanel ne l’a jamais abandonné et continue de le réinventer chaque saison. Si le plus emblématique reste le tweed noir et blanc, il se pare aujourd’hui de rose, de brun, de bleu, se métamorphosant au contact de couleurs phares, au fil collections et des saisons, sans jamais se dénaturer, surtout quand il s’essaie à la maroquinerie. Karl Lagerfeld a réussi à donner à ce tissu connoté vieux bourgeois, le côté séducteur, trendy et parfaitement contemporain, sans rien perdre de son essence toute d’élégance. Le tweed Chanel est de ceux qu’on hérite, de ceux que l’on garde, précieusement, jalousement, bref, il est celui que l’on transmet, puisqu’il est une valeur sûre.