Icônes De L’Art Et Icônes Du Luxe: Quand Les Premières Remodèlent Les Secondes

Nombre des pièces iconiques tenant de notre patrimoine universel s’appuient sur l’art et les artistes pour renouveler leur quotient de désirabilité. Une affaire très inspirée!

Si la filiation entre mode et art ne fait plus aucun doute, la capacité de l’un à repositionner l’autre reste à explorer. En effet, nombre d’artistes ou plus largement de pratiques artistiques ont pu compter sur la mode pour les introniser au plus haut niveau. Plus les univers semblent antinomiques, à première vue, plus la révolution est totale. Preuve s’il en faut, l’oeuvre du plus adroit des designers en la matière. 2001, Marc Jacobs parvient en effet à conjuguer au patrimoine de l’une des maisons les plus respectées, une pratique jusqu’alors dénigrée.

En 2001 donc, il invite l’artiste et designer Stephen Sprouse à dérider la mythique toile de Louis Vuitton. A coup de graffitis colorés et apposés de façon quasi-exagérée sur le monogramme, le duo fait entrer dans le même temps le luxe dans un autre univers; tout en plaçant le street art au panthéon des pratiques les plus cool de ce début de siècle.

S’en suit une ribambelle de collaborations artistiques qui toutes réinventent l’habillage des icônes de la maison Vuitton. En 2004 c’est à Takashi Murakami qu’il confie le même travail. Mais cette fois, l’univers pop et bigarré de Murakami vient jouer du monogramme jusqu’à provoquer un trompe l’oeil des plus psychés. En 2012, c’est au tour du damier de côtoyer l’oeuvre de Daniel Buren. L’apothéose est atteint en 2017 lorsque Jeff Koons et Louis Vuitton révèlent une série de sac décalquant pêle-mêle le Titien, Da Vinci, Gauguin, Van Gogh et autres sur les iconiques sac Speedy, et Neverfall.

En 2008 déjà  la maison Fendi en appelait aux artistes les plus en vue de l’art contemporain pour réinventer l’iconique sac Baguette. Le premier it-bag de l’histoire, crée en 1997, prouve en passant à travers la créativité d’André, Sylvie Fleury, Jeff Koons, Tom Sachs ou encore Damien Hirst, sa capacité à épouser l’époque. C’est ainsi que le logo même de la maison Romaine — le double F, pour ‘Fun Fur’ — passe, en 2018, entre les mains de l’artiste digital Reilly. Quoi de plus logique à une époque où l’art se consomme sur Instagram, quand il ne vient à l’oeil du public au détour de memes décapants..

Du côté du 30 Avenue Montaigne, l’arrivée de Kim Jones et Maria Grazi Chuiri a un peu plus encore resserré les liens déjà très grands entre Dior et l’art. Il y eut d’abord Kim Jones qui rappelle à nous l’emblème, ou plutôt le grigri de Monsieur Dior. L’abeille chère à Christian est de retour dès la première collection du Britannique. Mais, en 2018, celle-ci se joue des traits de la figure de Kaws, artiste clé de l’époque. Présente ici sur le Saddle, là sur les nouveaux sacs imaginés à partir de cannages iconiques des salons de la maison Dior… L’abeille, comme les icônes Dior, s’acoquine de la légèreté du temps

Car voici encore un intérêt à ce que les icônes de mode et celles de l’art se rencontrent — les secondes aident les premières à rester désirables au delà des contraintes commerciales. Pour s’en convaincre, l’exemple du Lady Dior est tout bonnement parfait. Un sac resté dans l’ombre des ateliers jusqu’à ce que Bernadette Chirac vienne faire l’acquisition du prototype pour l’offrir à la Princesse Lady Di en visite à Paris… Voici comment une icône fut intronisée et ainsi produite pour le public. Aussi lorsque le projet Art Lady Dior voit le jour, il fait fi des obligations marchandes pour laisser libre court à l’imagination de John Giorno, Jack Pierson et Lee Bul. En 2016, Maria Gazia Chuiri en lance la version féminine et féministe — le résultat? Une série de sacs Lady Dior aussi divine et révolutionnaire que les oeuvres d’Olga De Amaral, Polly Apfelbaum, Burçak Bingöl ou encore Pae White…

Dans le même esprit, Hermès poursuit sa recherche d’imprimés fantasques et originaux, inspirée de l’élan créatif de Robert Dumas. L’esprit derrière le premier carré Hermès. Sous le nom ‘Hermès Editeur’ le projet fait appel de façon sporadique à des artistes, afin d’imaginer de nouveaux imprimés pour le mythique carré. Là encore, loin des contraintes qui astreignent habituellement à la mode… C’est ainsi que Daniel Buren, imagina 365 carrés pour Hermès — un pour chaque jour de l’année. De quoi raviver le quotient désidérabilité d’une icône née en 1937!

Quand La Nouvelle Cape Cod Hermès Joue Du Maillon Chaîne d’Ancre

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Montre à part, montre objet mais surtout objet né de la main d’artisans façonnant le complice de tous les jours, la Cape Cod s’est rapidement hissée au rang d’icône très désirable. Il faut dire qu’en 1991, le savoir-faire Hermès s’est lié au coup de crayon débridé d’Henri d’Origny — le résultat ? « Un carré dans un rectangle » et une montre aussi pertinente qu’impertinente ! En 1998, lorsqu’elle s’habille d’un bracelet double tour, le succès est tel que la Cape Cod devient l’emblème de la maison Hermès.

 

Aujourd’hui, c’est un autre des codes du mythique sellier qui vient donner un nouveau panache à la pièce — le motif ‘chaîne d’ancre’, imaginé par Robert Dumas en 1938. Oui, Hermès n’en a pas fini de détourner les traditions horlogères ! Cette fois, la Cape Cod bouscule sa typographie et, sur un fond laqué noir ou blanc, le motif ancre vient s’entourer tantôt de spinelles noirs tantôt de diamants et nacre blanche… Si la Cape Cod conserve évidemment tout de son raffinement détaché, la voilà qui se double d’un bracelet alligator aussi précieux que fantaisiste ! Une pièce en deux versions donc, à mettre au poignet de toutes les femmes Hermès — fameusement distinguées.

L’Orange Hermès Habille Le Raincoat le Plus Désirable du Printemps/Eté 2019

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L’hippodrome de Longchamp tient dans l’histoire de la maison Hermès une place bien particulière — c’est en effet au tournant de la Belle Époque que le sellier fonde dans ses environs la boutique qui fera sa réputation d’excellence. Des selles aux accessoires indispensables aux cavaliers, Hermès déploie sur le cuir un travail noble et éminemment raffiné. Près de deux siècles plus tard, la maison jouit d’une réputation intacte — mais c’est dans la mode qu’elle assure d’émerveiller sa clientèle. Ainsi pour le Printemps/Eté 2019, la directrice artistique Nadège Vanhee-Cybulski emporte sa cavalière vers le grand large : une collection entre terre et mer qui défilait cette semaine au coeur même de l’hippodrome ! 

 

« C’est à la lisière de ces deux mondes que se trouve la mer » expliquait Nadège Vahnee-Cybulski. Cette saison, elle s’amuse en réalité des termes “sailor” et “sellier” pour ancrer la collection dans la nature et le grand air. Et c’est le long d’une paroi réalisée toute en miroir que défilaient les Belles Hermès — reflétant ainsi le ciel et les pièces follement exécutées dans une poésie infinie… Graphique et sportive donc, le vestiaire Hermès du Printemps/Eté 2019 faisait la part belle aux pièces d’extérieur ; en vedette, un raincoat à la ligne claire et dynamique, coulé dans ce orange énigmatique. 

 

Aujourd’hui reconnu dans le monde entier pour être le signe distinctif de la maison Hermès, c’est pourtant les rationnements imposés par l’Occupation qui forcèrent le sellier à l’adopter. Comme beaucoup de secteurs, la mode s’est trouvée censurée et, la pénurie est telle que la maison du 24 rue du Faubourg St-Honoré s’est vue dans l’obligation d’utiliser le seul colorant alors disponible, cette couleur orange… Ainsi le raincoat de la prochaine saison se teinte de cet Orange Hermès, énigmatique, depuis devenu symbole de sérénité, de sagesse et de joie de vivre ! 

Le Constance d’Hermès, Une Icône Imperturbable

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Un sellier devenu maroquinier. La maison Hermès conte, autour d’un luxe inouï, l’histoire du monde, celle des transports, de la France et d’un savoir faire préservé face aux avancées techniques. Déjà en 1867, Hermès le sellier se fait remarquer en remportant un titre à l’Exposition Universelle. Dès lors la maison fournit les plus grandes écuries du monde, comme celle du tsar Nicolas II. Un goût de la perfection couplé à un sens du raffinement imperméable aux tendances, Hermès a su conserver tout d’un prestige aujourd’hui si recherché. Dans les années 1930, alors que la maison du 24 Rue du Faubourg Saint-Honoré ouvre sa production à un fort développement de lignes d’accessoires, Hermès a su injecter son héritage de sellier au coeur d’une pratique trop de fois soumise à l’utilitaire. Les sacs Hermès sont tout à la fois nobles et utiles ! Cultes surtout. 

 

Et sa place de légende dans le luxe est déjà attestée lorsque Catherine Chaillet imagine le Constance en 1959. Ainsi nommée en l’honneur de son cinquième enfant, Constance – née le même jour où le premier sac quitta le magasin de production – la pièce est fidèle à l’idéal d’excellence de la maison Hermès. Elégant, chic et éminemment pratique, le Constance ne tarde à taper dans l’oeil de Jacqueline Kennedy. L’éternelle première dame des Etats-Unis le popularise ainsi au sein de l’élite hollywoodienne. Il faut dire que le nouveau sac signé des ateliers Hermès trouve une versatilité et un porté tout particulièrement appréciés par ses femmes d’un nouveau temps. 

 

La pièce inspire l’esprit Hermès ; en respire la majesté ! Avec 50 pièces de cuir individuelles nécessaires à sa confection, le Constance demande 14 heures de travail… Minutieusement conçu, chaque sac Constance est l’oeuvre d’un seul et même artisan. Doté d’une anse-bandoulière coupée dans un cuir extrême raffiné, le Constance offre une liberté rare. Mieux, ses lignes fortes mais épurées forgent une allure toute glamour et pragmatique — avec son savoir-faire impeccable, le sac signe les silhouettes d’un luxe sans façon. Eminemment désirable, particulièrement convoitée, l’oeuvre d’Hermès demeure, aujourd’hui encore, cette icône imperturbable !

La Chaîne d’Ancre Hermès, l’Univers Eternel du Sellier

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À l’aube des années 40, le sellier Hermès est depuis longtemps connu et reconnu pour être la quintessence du chic et du raffinement en matière d’équipements sportifs en tout genre. Largement inspiré du milieu équestre, où la maison officie depuis près d’un siècle, les pièces Hermès ne sont pas encore celles que l’on connait aujourd’hui. Mais voilà qu’en 1937, Robert Dumas, gendre du fils du fondateur Thierry Hermès, va faire entrer la maison dans la modernité. Et c’est lors d’un voyage sur les côtes normandes que tout commence.

Hermès, on le sait, aime à reproduire dans ses lignes la pureté et l’élégance d’éléments souvent peu estimés. Lorsque Robert Dumas repère la singularité et l’enchevêtrement des maillons de la chaîne reliant un bateau à son ancre, il se doute sûrement de l’impact d’une telle inspiration. Oui, l’idée du mythique Bracelet Chaîne d’Ancre vient bel et bien de cet emmêlement aussi chic que complexe. Mais voilà, si Robert Dumas veut transmuer cette idée en bijou, nul bijoutier de l’époque ne souhaite travailler à sa réalisation. Il faut dire que l’homme insiste pour que son bracelet soit conçu en argent — alors que les atours sont en grande partie fabriqués en or ou en platine. C’est ainsi qu’un certain De Perçin accepta de travailler ce métal un brin folklorique en son temps… Un an plus tard, le bracelet Chaîne d’Ancre est né. Et une pièce à l’équilibre naturel, à l’allure si chic et easy ne pouvait passer inaperçue. En un rien de temps, le bijou devient une icône. 

Dès lors la maison Hermès distille un peu partout le motif Chaîne d’Ancre. Des lignes d’assiettes en porcelaine au garde-temps Nantucket, ce jeu de formes et de volumes embellit et magnifie nombre d’objets Hermès. En 2011, c’est à partir des maillons Chaîne d’Ancre, depuis devenus mythiques, que Henri d’Origny imagine la montre Hermès tonneau Cape Cod. La même année, Pierre Hardy s’inspire du fermoir du bracelet Chaîne d’Ancre pour dessiner des boucles d’oreilles en suspension… Oui, le motif est tout à la fois versatile et ultimement raffiné — Robert Dumas avait vu juste ! Au point qu’en 2017, la Chaîne d’Ancre est plus actuelle que jamais. Aperçue sur un blouson homme de la collection Hermès Printemps-Eté 2018 ; ou mise en vedette lors d’une exposition consacrée à la nouvelle collection Chaîne d’Ancre Punk — le motif incarne le style intemporel de la maison Hermès, autant qu’il le détermine ! 

 

La Chaîne d’Ancre Hermès en Quelques Dates Clés :

2017 : Présence de la Chaîne d’Ancre, incrustée dans un blouson au défilé Hermès Homme Printemps-Eté 2018 à Paris.

2017 : Hermès imagine une exposition pour mettre en lumière la nouvelle collection Chaîne d’ancre Punk.

2014 : Edition du bracelet TGM « Chaîne d’Ancre 24« .

2014 : Le motif est déployé au secteur de l’art de la table, et figure sur des plats de la collection « Rallye 24 ».

2013 : Hermès s’engage dans la recherche contre les maladies génétiques et produit un carré sur lequel est présenté le motif de la Chaîne d’Ancre, dont les bénéfices sont reversés à l’Institut Imagine.

2013 : La maison Hermès fait chanter ses bijoux d’argent, dont l’iconique Chaîne d’Ancre grâce à un laser.

2013 : Création des créoles « Chaîne d’Ancre initiale« .

2013 : Le bracelet « Kelly double tour » de la maison Hermès associe les motifs de la Chaîne d’Ancre et du fermoir du sac Kelly.

2011 : Pierre Hardy s’inspire du fermoir du bracelet Chaîne d’Ancre pour dessiner des boucles d’oreilles en suspension.

2011 : Henri d’Origny part de la forme du maillon chaîne d’ancre pour designer la montre Hermès tonneau Cape Cod.

2002 : Des Chaînes d’Ancre Hermès sont vendues 450 euros dans le cadre d’une vente sous le marteau de l’étude Poulain.

1991 : Apparition de la montre Nantucket, sur laquelle nous retrouvons une représentation de la Chaîne d’Ancre sur le boitier.

1978 : Début de nombreuses lignes d’assiettes en porcelaine, arborant le fameux motif Chaîne d’Ancre.

1938 : Début de la Chaîne d’Ancre chez Hermès

1937 : Monsieur Dumas dessine les croquis d’une Chaîne d’Ancre lors de séjours au bord de mer.

La Parka Hermès Automne/Hiver 2018

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C’est en plein air, au sein de l’ancien couvent dominicain qu’est l’hôtel de l’Artillerie, que la maison Hermès a tenu la présentation de son défilé homme de Automne/Hiver 2018. Fidèle à sa vocation première d’habiller l’homme Hermès d’une élégance quasi-naturelle, la directrice artistique Véronique Nichanian a fait défiler une collection au style intemporel. La gamme était encore une fois très précise ; faite de matières nobles mais à la démarche insouciante. Dans le pur respect de la tradition Hermès, on remarque ainsi une pièce très contemporaine et prolongée des savoir-faire ancestraux de ses ateliers.

            A la lueur de quelques braseros, la maison a ainsi fait défiler une parka à capuche coupée dans du crocodile teinte camel. La parka devient ici pièce romantique et évocatrice où le cuir exquis d’Hermès est au centre du propos. La collection, comme cette silhouette, distillait aussi un volume plus généreux donnant une ambiance plus décontractée, et très actuelle. Le luxe à l’état pur.

            S’il fallait définir en une phrase la collection Automne/Hiver 2018 d’Hermès, on parlerait de chic sans excès ; de raffinement sans tapage. Ici, comme à l’habitude, les belles matières viennent donner de l’allure ou plutôt, piquer de raffinement les lignes et l’apparence confortables des ensembles. Comme en témoigne cette superbe parka en crocodile, must-have incontestable de la saison prochaine ; ou plutôt, une pièce à acquérir et à porter pour la vie !

La Nouvelle Collection d’Intérieure signée Hermès

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Au sein des collections du sellier Parisiens, les papiers peints et tissus d’ameublement tiennent une place particulière – un univers rythmé de couleur, d’éclat et de gourmandise qui laisse l’oeil se balader le long d’un raffinement certain. Parce qu’elle ouvre sur des horizons surprenant, doux et rayonnant, la nouvelle collection d’intérieure de la maison Hermès signe un nouveau langage graphique. Supports privilégiés de la narration, le sellier a confié à l’illustrateur Italien Gianpaolo Pagni la création de cet univers aussi enchanteur qu’élégant. Le tissage est ainsi une alchimie sans cesse réinventée ; fait de coton, laine ou faille de soie, les tissus apportent une touche de légèreté et de liberté. Architecturant l’espace qu’ils investissent, les tissus et papiers invitent ici à jouer de différentes échelles, pour (re)constituer des perspectives singulières.

Côté papiers peints donc, Gianpaolo Pagni a imaginé quatre lignes inédites. ‘Les Carreaux’ reprennent le célèbre dessin de l’univers de enfantin afin d’honorer les jeux de construction. La ligne ‘Milleraies’ est, elle, réalisée à partir d’un unique tampon appliqué en continu, évoquant non sans poésie la patine d’une étoffe côtelée. ‘Mille Jeux Jetons’ reprend les dés, cubes et petits chevaux, sans oublier les boîtes destinées à les ranger… Un papier peint qui se métamorphose alors

en une véritable table de jeu. Mieux, ses couleurs couleurs vives souligne un désordre joyeux. ‘Briques’ signe l’utilisation excessive mais mesurée d’un tampon dessinant un H. Un outil graphique qui se répète là à l’infini pour bâtir comme un mur de briques. Enfin, la composition ‘Les Cabanes Dans’ est l’oeuvre de l’illustrateur Nigel Peake, qui imagine une ribambelle de cabanes colorées…

Les tissus d’ameublement respirent la fantaisie et la magie distillée par la maison Hermès. Pour réaliser ‘Rubans broderie’, Gianpaolo Pagni reprend le mythique point sellier en construisant des rubans à l’aide de deux tampons qu’il associe et applique de façon à former un labyrinthe de lettres… Et comme par magie, toutes ensembles elles donnent à lire le mot ‘Hermès’, en lettres capitales. ‘Clic clac quadrillé’ laisse, elle, deviner la rencontre de deux dessins. Clic clac, de Julie Abadie – un carré de 1979 réduit à son essence – et un quadrillage aux effets tamponnés, de Gianpaolo Pagni. Reproduit ici en bicolore, la finesse de l’écriture du tissu se révèle sur faille de soie… Une collection hautement désirable à découvrir sans plus attendre.

Les Plaids Hermès

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Depuis 1980, les ateliers Hermès mêlent savoir-faire et excellence dans la création de leurs illustres équipements équestres. A l’origine utilisées pour orner et flatter les chevaux lors des compétitions, les couvertures en cachemire sont devenues de véritables articles de luxe. Le premier modèle, Rocabar est créé à partir de laine bouillie de couleur ocre, rayée de bleu marine et corail. Quelques années plus tard, ce sera le plaid Avalon. La couverture Hermès devient un objet de désir et de bon goût.

Rapidement, les différents modèles se succèdent : soyeuses et raffinées, ultra-luxueuses, les couvertures sont composées de cachemire et de soie, entièrement tissées main au Népal. La maison du Faubourg profite de son partenariat avec Robert Dallet, célèbre peintre amoureux des félins, pour réaliser sa collection de plaids, tout droit venus d’Italie. Puis, c’est au tour du modèle phare Plume de Brazil de décorer les salons des clients les plus exigeants. Minutieusement tissé à partir de fils de coton et de soie, recouvert de perles de verre et cristaux de roche parfois, le plaid Hermès emplit chaque pièce d’un raffinement sans pareil.

Symbole d’élégance discrète, le plaid est un intemporel d’un art de vivre selon Hermès. En laine, il bercera votre pièce de chaleur et de sérénité. En cachemire, il vous enveloppera de tendresse. Délicatement installée sur le canapé, la couverture de soie vous accompagne à chaque instant, avec chic et légèreté. En hiver, vous pourrez vous y blottir, face au feu crépitant de la cheminée ; en été, il agrémentera votre chambre d’un luxe humble absolument magistral.

La montre Heure H, la Nouvelle Version d’un Temps Indéfectible

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De 1997 à 2003, Martin Margiela fut aux commandes de la direction artistique de la très noble manufacture Hermès. En douze ans de collections, le designer aujourd’hui le plus influent de sa génération a su poser la base d’une palette neutre jouant avec texture du blanc, de l’ ivoire, du beige, du brun et du noir – et aujourd’hui encore, la maison ne jure que par celle-ci. Pourtant, la plus grande introduction de l’Anversois demeure un accessoire depuis devenu iconique pour l’ADN Hermès : le bracelet double tour. Pensé pour la Cape Code en 1997, il ne tarde pas à rejoindre le vocable de l’icône de l’horlogerie Hermès – la montre Heure H, composée un an plus tôt sous l’impulsion du dessinateur Philippe Mouquet.

Hermès s’empare ainsi du temps qui de fait devient lui-même un objet résultant d’un savoir-faire exigeant. La montre Heure H se pense et se comprend alors comme la complice de ceux qui la portent. Et c’est entre les lignes d’une lettre multiple qu’enfin Hermès capte le cours du temps. Il faut dire que la montre Heure H a de quoi se passer des normes – le quotidien devient un espace de jeu et, l’instant suspend sa course effrénée pour protéger le destin d’un temps bien à soi. En plus de 20 ans d’existence, le garde-temps a su se hisser au rang d’icône de l’horlogerie : singulière, sérieuse mais fantaisiste, la montre Heure H est un symbole de mordant rivalisant de créativité et de moderisme avec la montre Arceau , autre icônes d’Hermès.

Un style et une audace joyeuse qui aujourd’hui se réinventent presque dans une version sublimée d’une laque blanche ou noire – ce H iconique qui ainsi se recouvre d’un verni translucide. Cette beauté des paradoxes, la montre Heure H la cultive depuis longtemps déjà – mais c’est dans les nouvelles couleurs de son bracelet que le garde-temps gagne en espièglerie. Et il en existe huit déclinaisons qui, avec cette habilité propre à la noblesse d’Hermès, viennent enchanter les pigments et la profonde sobriété du cadran. La vivacité des rouge, orange, jaune et bleu rencontre tantôt le simple tour ou le double tour ! Une nouvelle version d’un temps indéfectible disponible en deux tailles.

La Veste de l’Été Prochain est Signée Hermès

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Il n’est nulle autre maison plus à même d’incarner le chic à la Française que la maison Hermès. Allégorie même de l’élégance et du savoir-faire de l’hexagone, lorsque la griffe s’empare de la tendance streetwear qui déferle sur tous les vestiaires, c’est justement pour l’initier à une distinction capable de parler à tout le monde. Et le streetwear, chez Hermès se pense forcément au prisme des matières. Véronique Nichanian, directrice artistique des collections homme depuis 1988, conjugue ainsi l’ADN de la maison à la tendance de la saison, voire celle de la décennie. Ainsi, le rouge bordeaux, le jaune moutarde, le bleu royal ou le vert mousse, couleurs de prédilection d’Hermès, rencontrent des pantalons à la coupe ample, des chemises munies de capuche ou encore des vestes épousant à peine les formes du corps.

Et en parlant de veste justement, la pièce croco aux lignes sporty et poches zippées gagne en désirabilité lorsque l’on aperçoit tout son potentiel stylistique. Coupé près du corps mais pas trop, dans un rouge Hermès brillant délicieusement, le veston Hermès respire le confort et la fluidité. Pièce phare du défilé, elle signe la partition de la maison pour le Printemps/Eté 2018 en restant fidèle à la sobriété qui la caractérise ; mieux, voici qu’elle épouse avec habilité et subtilité la philosophie même de la griffe – un rapport intergénérationnelle au vêtement. Véronique Nichanian ne cherche pas à déroger à l’évidence du vestiaire Hermès.

Chic et harmonie, beauté et raffinement : la saison Printemps/Eté 2018 se pense chez Hermès à l’aune des intemporels. Des intemporels qui, même s’ils s’acoquinent un temps à la tendance, n’empruntent là qu’un léger twist ravissant assurément l’esthète qu’est l’homme d’Hermès. Un homme à l’univers certain, ouvert d’esprit qui, peu à peu, aime à se laisser tenter par des détails inspirés lorsqu’ils sont, bien évidemment, si habillement associés à des formes simples et des silhouettes nettes. Une collection comme une évidence qui s’ancre une fois de plus en contrepoint de la mode actuelle.