Faut-il Ne Manger Que La Viande Signée Hugo Desnoyer?

20 ans de savoir-faire au service d’une profession aujourd’hui décriée — Hugo Desnoyer rappelle que la viande est un met d’excellence. A découvrir aussi dès le 9 Janvier.

Le Secret d’Une Viande de Qualité

« Le jour où j’ai posé ma main sur la viande, il s’est passé quelque chose d’unique. Le toucher et le rapport à la matière noble était simple, évident. » Les mots d’Hugo Desnoyer sont aussi ceux qui viennent à l’esprit après avoir goûté à sa viande. C’est que l’homme devenu le boucher des stars a une approche très particulière de la profession.

Depuis sa première boucherie inaugurée le 1er avril 1998, Hugo Desnoyer s’est attaché à défendre une vision, un plaisir et un savoir-faire franchement hors norme. Avec lui, le vivant et donc la viande prennent un sens différent — celui du bon sens. « L’important est avant tout que la viande soit bonne! Et une bonne viande, c’est une viande qui demande du travail, du savoir-faire et beaucoup de temps, ce temps si précieux à la nature » assure l’intéressé.

On raconte qu’il cajole ses bêtes; qu’il les nourrit avec une recette bien à lui, faite de tourteau de lin, de betterave et de maïs aplati; qu’il leur murmure à l’oreille ou encore qu’il les dorlotent sur des notes de grands airs d’opéra. « Mes bêtes ont un hectare de pâturage par tête et les sols sur lesquels elles se nourrissent ne connaissent pas les pesticides. Une bonne viande commence aussi par ça. »

Fournisseur Des Tables Etoilées 

« Je crois que c’est à 27 ans précisément que j’ai pris conscience du vivant, c’est le moment où j’ai été capable de considérer, comprendre la bête dans son intégralité et ce constat m’a accompagné dans mes choix et ma ligne de conduite tout au long de ces années… » Depuis 20 ans qu’il exerce son métier, Hugo Desnoyer a cherché à se rapprocher des éleveurs partageant sa philosophie.

Main dans la main, éleveurs et boucher travaillent ainsi au respect et au bien-être animal — une vision sacrificielle qui, non sans magie, rapproche la pratique des sacrifices des bêtes fait aux dieux païens. Là encore, Hugo Desnoyer sillonne la France pour voir la bête vivre sur pied, la voir se nourrir… Car ce qui se passe sur les pâturages se retrouve en bouche ! Et quelles bouches !

Le savoir-faire d’Hugo Desnoyer a rapidement conquis les grands étoilés qui l’imposent désormais à leur carte : Pierre Gagnaire, l’Astrance, l’Ambroisie, le Bristol, Le Fouquet’s, Le Dôme ou encore le Palais de l’Elysée. Déguster un morceau de viande d’Hugo Desnoyer, c’est accepter un opéra de saveurs inédit, différent et finalement très rare.

Par-Delà l’Entrecôte

Car ce qui motive Hugo Desnoyer, c’est faire comprendre qu’il y a plus dans la bête que ce que l’industrie veut bien montrer. Il existe bien autre chose que l’entrecôte ou le filet de bœuf dans une vache… Dès 2009 et l’ouverture de la fameuse boucherie du 45 rue Boulard, Desnoyer a démontré que les bas morceaux font l’excellence des plats à basse température et entretiennent la cuisine du lien.

En plus d’être un boucher, Hugo Desnoyer a voulu remettre la cuisine et la viande au coeur des rencontres humaines. Sa boucherie-restaurant du 28 rue du Docteur Blanche est un exemple d’un genre nouveau — un lieu hybride aux allures de table d’hôtes.

On y choisi « son morceau » à l’étal avant de le voir être concocté. Des viandes et produits d’exception mis à l’honneur autour d’un rapport sensuel à la nourriture… Une table et une cave remarquables… On y perçoit les plats iconiques Desnoyer: le Vittello sensa tonato; un veau à la sauce maison dont Hugo Desnoyer a le secret…

Ou encore le tartare de veau de lait caviar. Le veau étant ‘l’or rose’ de Desnoyer il est cuisiné ici autour d’un contraste avec le noir profond d’un caviar… Une expérience culinaire à découvrir très bientôt.

Courchevel : Le Chabichou, un petit chalet devenu grand

le-chabichou-courchevel-icon-icon-sebastien-girard.jpg

Il est intéressant de noter que c’est à la fin XIXème et grâce à son activité estivale que ce qui correspond à l’époque à la commune de Saint-Bon, se développera. L’afflux d’estivants mènera en effet à l’ouverture de la première pension, celle d’une habitante, Agathe Curtet, en 1908. Suivra l’ouverture du premier hôtel, Le Lac Bleu. En 1942, le gouvernement de Vichy envoie une équipe d’architectes et d’ingénieurs spécialistes de la montagne dans l’optique d’évaluer les possibilités d’aménagements de plusieurs stations dans la région des « Trois Vallées », afin de concurrencer la Suisse et l’Autriche. La même année, un jeune savoyard, urbaniste et architecte, Laurent Chappis, imagine ce qui deviendra le vaste complexe touristique des « Trois Vallées ». Un pas de plus est réalisé en 1946, lorsque la commune montagnarde de Saint-Bon et le Département s’associent. Ils font alors un pari sur l’avenir plutôt audacieux : alors que la montagne se dépeuplait et que l’économie de cette petite commune d’altitude était basée principalement sur l’élevage et la fabrication fromagère, il fut décidé de créer ex-nihilo, une station de sports d’hiver. Celle-ci se développera rapidement et c’est ainsi que naîtra Courchevel 1850. L’essor de la station sera bien plus tard boosté par les JO d’Albertville de 1992 : accueil de la délégation du CIO, aménagement des tremplins de sauts (les tremplins du Praz), élargissement de la route, ouverture du premier palace etc. Depuis, nombre de palaces ont ouvert et c’est une pluie d’étoiles qui est tombée sur la station, dont la gastronomie, qui y est mondialement reconnue.

Courchevel est en effet aujourd’hui une véritable vitrine pour le département de la Savoie, notamment pour ce qui est de la gastronomie. Surnommé « la piste aux étoiles », Courchevel brille par l’une des plus grandes concentrations d’étoiles par habitants ! La capitale alpine de la gastronomie compte pas moins de 14 étoiles attribuées par le Guide Michelin et c’est un véritable balai de chefs qui s’illustrent en cuisine ! Entre autres, Pierre Gagnaire, chef triplement étoilé du restaurant éponyme de la rue Balzac à Paris, y œuvre au sein des Airelles, Yannick Alléno a obtenu récemment sa troisième étoile (en février 2017) pour son restaurant le 1947 à l’hôtel du Cheval Blanc de Courchevel (qui tient son nom de la cuvée Grand-Cru Cheval Blanc). Outre le nombre impressionnant de restaurants gastronomiques « classiques », on attend prochainement l’ouverture d’un restaurant dédié aux pâtisseries ! C’est ce qu’a annoncé récemment le chef pâtissier Sébastien Vauxion (du palace K2). Ce concept a été lancé outre-Atlantique par Dominique Ansel, le pâtissier français le plus célèbre de New York et créateur du « cronut » (un « croisement » entre croissant et donut).

Gastronomie, nec plus ultra de la pâtisserie, valse des étoiles… S’il est un pionnier en la matière, il s’agit de Michel Rochedy, propriétaire du Chabichou à Courchevel 1850 depuis 1963. Cet ardéchois « naturalisé savoyard » a notamment fait ses classes à Paris (La Tour d’Argent, Gaston Lenôtre …) ou encore chez André Pic avant de rejoindre les Cimes Blanches à Courchevel 1650 dans les années 1960. C’est à cette époque qu’il rencontrera son épouse, Maryse. Ensemble, ils achèteront Le Chabichou, qui, à l’époque, était un chalet comprenant neuf chambres. Naguère petit hôtel modeste, le chalet est devenu grand, pour devenir un restaurant gastronomique et un hôtel spa de luxe. 

Le Chabichou, c’est d’abord un hôtel. Propriété de la Famille Rochedy depuis plus de 50 ans, l’établissement s’est enrichi d’histoires de vies au fil de ces cinq décennies et ce « palace des cœurs » est le fruit d’une success story qui est avant tout une histoire familiale.

Le Chabichou compte aujourd’hui deux grands chalets traditionnels savoyards. Ces chalets, Michel Rochedy les a voulus blancs (ce qui a fait sensation à l’époque). Blancs parce qu’il a toujours aimé le blanc, parce que c’était la couleur que portait sa mère en cuisine et parce que lorsque la nuit tombe, le soleil couchant fait apparaître de magnifiques reflets orangés. La décoration est boisée, montagnarde, tout en restant « chic ». Les chambres sont décorées dans un style alpin local, plutôt rustique en somme, pour une ambiance « cosy », idéale pour se relaxer après une journée sur les pistes. Une authenticité et un accueil chaleureux font la renommée de cet établissement illustre de Courchevel. 

L’hôtel est classé 4 étoiles depuis 1988 et offre aujourd’hui 41 chambres. Même si l’hôtel vaut largement d’être classé 5 étoiles, Michel Rochedy n’y tient pas. Selon lui, il vaut mieux être un excellent 4 étoiles. Il ajoute : « un 4 étoiles, ça fait moins peur… ». Une volonté de rester accessible ? 

Au Chabichou vous serez accueillis par un service impeccable orchestré à quatre mains : depuis 1988, Monsieur Rochedy est en effet secondé par le chef Stéphane Buron, grand vainqueur du prix Taittinger en 2002 et Meilleur Ouvrier de France. Ces deux-là se complémentent à la perfection : alors que l’un affectionne les recettes traditionnelles, l’autre (Stéphane Buron) se délecte à les revisiter avec une maîtrise parfaite des nouvelles techniques. Ensemble, ils réinventent des classiques. La fondue, eux la travaillent au siphon. Le résultat ? Une mousse légère, servie dans des verrines, avec de fins croûtons. Le goût de la fondue est bien présent, mais la présentation est disons, radicalement différente ! Autre classique de la montagne revisité : au Chabichou, la tartiflette est devenue gastronomique !

La cuisine proposée par Michel Rochedy et Stéphane Buron est une cuisine montagnarde subtile et créative, qui prend bien souvent des saveurs… méditerranéennes ! Pour le plus grand bonheur du palais. 

« De mon enfance ardéchoise, j’ai hérité d’un attachement à la nature, à ses produits, la proximité avec la terre et la fascination pour les paysans. Ces valeurs et inclinations je les dois à ce terroir si particulier, là où rien n’est donné mais où la patience, la persévérance, l’énergie sont les seules clés pour avancer », nous indique Michel Rochedy.

La cuisine de Michel Rochedy est généreuse. Sa philosophie, c’est d’abord la simplicité et un art de la perfection, « l’envie de donner du bonheur aux gens, sans prétention ». Avec sa cuisine, il entend transmettre son sourire et faire oublier la morosité ambiante. Son inspiration : la tradition, le respect des produits, des saisons et des petits producteurs locaux qui sont partie intégrante de l’expérience culinaire du Chabichou. 

Michel Rochedy a obtenu sa première étoile en 1979, le Chabichou devenant le premier restaurant étoilé de Courchevel. La deuxième étoile arrivera quant à elle en 1984. Au-delà du restaurant gastronomique deux étoiles au Michelin, le Chabichou, c’est également un second restaurant « bistronomique », le Chabotté. Plus moderne et plus décontracté, le bistro a ouvert en 2011 et est quant à lui, couronné de deux toques au Gault Millau. Chaque jour, le Chabotté propose un menu différent avec des produits frais. Même éthique, même rigueur, même sourire et même envie de travailler des bons produits : pour Michel Rochedy, il n’y a pas de bonne cuisine avec de mauvais produits. Il ajoute souvent en plaisantant qu’il a « parfois vu de la mauvaise cuisine avec des bons produits ».

En 2016, c’est entouré d’une nuée de « toques blanches » que Monsieur Rochedy a fêté ses 80 ans. Orchestré par son alter ego, Stéphane Buron, l’événement a rassemblé 80 chefs afin de célébrer l’amitié et la gastronomie.

Le Risotto Soja, le Plat Signature de Thierry Marx au Mandarin Oriental

risotto.jpg

Formé chez Ledoyen, Taillevent et Robuchon, celui qui a passé son CAP de cuisine en candidat libre et s’est initié à la pâtisserie chez les Compagnons du Devoir a réellement gravi pas à pas les échelons de sa renommée. Après être passé par une cuisine d’expérimentation qui lui aura valu l’épithète de « moléculaire », Thierry Marx revient aujourd’hui vers une pratique gustative précise et créative qu’il qualifie plutôt de « chimique ». Pour lui, rien ne saurait désormais séparer tradition et innovation. S’il avoue encore ne pas être un cuisinier de banquet, il préfère se livrer à une recherche culinaire plus sensuelle et intimiste : «J’ajoute de la technique à la cuisine pour donner de nouvelles émotions, elle m’aide à sublimer les produits mais je ne joue pas à l’apprenti sorcier. »

Une fois laissé derrière lui l’uniforme de casque bleu enrôlé dans la guerre du Liban, alors de retour en France, il décide d’entamer une série de voyages en Asie. Il en « tombe amoureux », et se découvre un attrait particulier pour le Japon, où il vit maintenant trois mois dans l’année. Il y admire le savoir-faire, de même que le « lien intime entre haute cuisine et nature ». Travaillant les textures, il crée des plats épurés au dressage asiatique, nécessitant un travail particulièrement minutieux. Ainsi devenue source intarissable d’une inspiration encore ligne directrice de sa cuisine, sa passion nipponne lui a insufflé la recette du fameux risotto de soja. Toujours dans une optique de perfection, Thierry Marx fait le choix audacieux de mélanger, à des ingrédients structures de la cuisine asiatique, des produits locaux du Bordelais. S’appuyant tant sur le soja, la truffe, le vin blanc ou l’huître arcachonnaise, ce plat que le chef qualifie de « très personnel » lui vaudra un succès instantané.

Dès lors, le risotto de soja a fait s’envoler la critique et les papilles les plus savantes, comme le souligne à son sujet Côme de Chérisey, directeur et critique gastronomique de Gault & Millau : Il est très léger, très frais. On a le crémeux et le croquant. Avec les truffes, toute la saveur se distille sur le soja. […] On est complètement emporté, en totale communion avec le projet du chef ». Aujourd’hui auréolé de son titre de cuisinier de l’année 2006 mais demeuré modeste, Thierry Marx dirige deux établissements de haute gastronomie au Mandarin Oriental, Sur Mesure et le Camélia, ouverts tous deux en 2011. Suite à ses nombreuses apparitions sur le petit écran dans l’émission à succès « Top Chef », il y propose une cuisine à l’image de son risotto de soja, qui s’y trouve mis à l’honneur. « Pétri » de cette influence asiatique, le chef présente à sa carte une large proposition de légumes et poissons. Une manière de faire encore honneur à son proverbe, inspiré de là-bas : « La cuisine ça se regarde, ça se médite et ça se mange ».