Chanel Printemps-Eté 2015 : Le Total Look Tweed

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Les pièces présentaient pour la saison prochaine sont, aux dires du Kaiser, des vêtements fait pour que tout le monde puisse en jouer. Atemporels, sans connotation sixties, ni seventies, Karl Lagerfeld signe ici un florilège de tenues aussi stylées qu’élégantes – pour femmes indépendantes. Alors, comment ne pas voir ici un clin d’œil, non, plutôt une révérence à l’essence féministe qui mue chacune des créations de Gabrielle Chanel, confirmant par là même la puissance d’un féminisme introduit il y a près d’un siècle à travers de simples étoffes ? Au XXIe siècle, sous les coups de crayon de Karl Lagerfeld, l’emblème du féminisme de la rue Cambon prend des allures de figure de proue dans ce combat de l’intelligentsia.

Les tailleurs Chanel s’arborent dorénavant dans des pantalons en tweed sport. A la cheville, le pantalon est ample ; la veste de tailleur, légère et aérienne, se construit autour d’un col ras de cou, aux bords brut, évidemment finit au fil de soie rose et blanc. Cette fois-ci donc, il joue la carte du masculin-féminin – d’ailleurs, les boutons sont du côté homme esprit blazer. Le célèbre tailleur Chanel est aussi rehaussé de fils de couleur. Et les couleurs vives, comme le fuschia, font leur retour. Les revendications fashion s’inscrivent bel et bien dans la recomposition de l’icône qui, de par sa pudeur rafraîchissante, se fait facile à porter.

Le Tailleur 60’s de Chanel

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De l’iconique camélia aux roses de Grasse, gardénias, violettes et iris qui composent les parfums mythiques de la maison, la fleur demeure un élément indissociable de la maison fondée par Gabrielle. Karl Lagerfeld, lui, reçoit ses collections comme un flash, comme un message reçu d’un monde imaginaire, ou simplement comme une illumination venue d’un Eden couture. Il fut à Paris un défilé étonnant par la douceur, la magie et la féérie de ses créations ; mais surtout, il fut un défilé fondé sur les valeurs conventionnelles de la Haute Couture. Un savoir-faire exploité à réinventer les classiques de Mademoiselle. Et pour l’occasion, le Kaiser orchestre tailleur et petite veste noire dans des tonalités pimpantes.

Dans cet univers éphémère, fantastique et éclatant, l’emblématique tailleur imaginé par Gabrielle prend des allures sixties et, si le tweed demeure, c’est pour introniser l’orange cyclamen qui joliement le sied au teint. Ainsi donc, un travail de relief et de texture vient magnifier des détails sportwear qui, à l’instar d’un cordon nonchalamment noué, ravive l’icône des grandes dames du siècle passé. Et aujourd’hui, c’est dans une jupe à la ligne A et à la coupe brute que Karl Lagerfeld choisit de glisser les élégantes, post-modernes certes, mais à la poésie assumée.

Le « Faux » Tailleur Chanel Prêt-A-Porter Printemps-Été 2015

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« Faites la mode, pas la guerre. » Un mardi, Karl Lagerfeld faisait descendre la mode dans la rue. Prenant Mademoiselle au pied de la lettre – elle qui le disait : il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue – le Kaiser est allé jusqu’à reconstituer un boulevard parisien sous la nef du Grand Palais. Ses immeubles haussmanniens, son bitume gris souris… et ses manifestations ! Chaussées de bottes colorées et le sourire aux lèvres, les mannequins ont déambulé le long du « boulevard Chanel », brandissant des pancartes aux slogans carrément engagés. Les imprimés, eux, donnent le ton d’une collection énergique où le mix & match apporte une touche arty.

Et c’est ici que le faux-tailleur apparaît. Une nouvelle composition de l’équation détourne l’icône dans des proportions encore jamais réalisées. Et voici que la petite veste Chanel adopte un col trench, une découpe graphique à forme géométrique et, suivant l’impulsion du crop-top, flirte désirablement avec le boléro quand l’illusion de la coupe la détache d’une jupe aux influences 70’s. Les manches se font courtes et amples ; sur des tons dragée, c’est une véritable vague florale qui éploie la pièce. Un « tailleur » que l’on peut mettre où l’on veut, quand on veut. Un style army-chic donc, plus « mode de vie que mode », des mots du couturier même.

 

« The Return » par Karl Lagerfeld

Rupert Everett parle de la rencontre avec Geraldine Chaplin. L’acteur anglais incarne un journaliste américain dans « The Return », un nouveau film de Karl Lagerfeld. Dans cette interview, Rupert Everett aborde la façon agréable de partager le jeu avec l’actrice Géraldine Chaplin, en Coco sublime et troublée.

« The Return » sera présenté en première au défilé Chanel Paris-Dallas Métiers d’Art à Dallas le 10 Décembre 2013 à 18h30, heure locale, et simultanément sur http://chanel.com.

Soundtrack: Sonate pour hautbois et piano, op. 185_Scherzo
Musique de Francis Poulenc
© (1962) Chester Music Ltd
Avec l’aimable autorisation de Première Music Group
Licence Indésens numérique: Alexandre Gattet, hautbois / Emmanuel Strosser, piano

La Campagne Automne-Hiver 2013-2014 de Chanel

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Le temps d’une campagne publicitaire, Lagerfeld se fait une nouvelle fois photographe. Pour l’occasion, le directeur artistique défie les lois de la gravité, et illustre son travail chez Chanel de la même façon qu’à cette maison de planer au-dessus de tout ; ni d’hier, ni de demain, encore moins d’aujourd’hui, cette campagne figure toute la sémantique d’une collection tout à la fois futuriste et atemporelle. Le couturier s’en amuse d’ailleurs : « Comme l’a dit Goethe, mieux vaut un avenir qui comporte une grande part de passé ! ». Et en effet, c’est en conjuguant l’aventure spatiale au romantisme de la mode médiévale qu’il parvient à téléporter la maison de la rue Cambon à l’orée du globe terrestre et dans le futur ; de quoi ouvrir la campagne sur une cinématique désaxée, chic et luxueuse, comme un éloge fait à la mythologie des années 2000.

Le résultat est aussi doux que virevoltant. Une campagne en apesanteur pour laquelle trois mannequins furent appelés à se glisser dans des pièces emblématiques de la prochaine saison, où le tweed et le cuir sont omniprésents, comme ces sensuelles cuissardes aspect vinyle. Des silhouettes faussement et subtilement sophistiquées que l’on retrouve sur la Japonaise Chiharu Okunugi, la Britannique Ashleigh Good et la Sud-Coréenne Soo Joo Park, qui, sous l’objectif du Kaiser, se figent au sein d’un environnement sans dessus dessous, quand elles ne s’exercent pas à la broderie. Un moyen de rappeler que ce que fait Chanel est universel, transgénérationnel et Ô combien chargé de désirabilité. Mondialement plébiscitée, il faudra attendre encore un peu, car cette collection de 80 passages ne sera mise en magasin qu’à partir de mi-septembre.