Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

Le Motif Zig Zag et la Maille Missonii

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L’iconique motif « zig-zag » colore l’élégance bohème à  italienne et l’univers artisanal de la maison Missoni en 1966. Ottavio et Rosita Missoni aménagent un atelier au sein de leur maison à Gallarate près de Milan pour se consacrer au travail de la maille. Le duo redécouvre les machines « Rachel » traditionnellement utilisées pour la réalisation de châles au sud de l’Italie. Ces métiers à tisser permettent  de nuancer la cadence des lignes et des motifs. En jonglant avec l’assemblage de points multicolores, de rayures horizontales et verticales apparait un arc-en-ciel de couleur dans les créations Missoni, le textile « zig-zag » prend vie et donnera naissance à une des boutades les plus connues d’Ottavio Missoni : « Lorsque Marco Zanuso, architecte, m’a dit que, pendant vingt ans, tout le monde copiait le stylo qu’il avait dessiné, je lui répondis que, depuis deux mille ans, les Incas copient mes pulls tricotés… ». Ce kaléidoscope pigmenté de « zig-zag », d’ondulations, de rayures et de points flammés jusqu’au patchwork de jacquard aux motifs géométriques conjugue audace esthétique et innovation technique. Ce style fluide, souple, inimitable et haut en couleur caractérise l’empire Missoni, elle a modifié à jamais l’histoire et l’identité de la maille. 

Après quarante années d’expérimentation sur les textures et les formes insolites, Missoni change sa palette de couleur. Angela Missoni, fille des maîtres du « zigzag » donne le ton entre innovation et culte du vintage. Les souvenirs de la famille sont re-tricotés, elle ancre son travail sur le savoir-faire de la maille et le fameux  point « zig-zag » tout en gardant l’authenticité, l’élégance et le raffinement italien. L’héritière donne une touche d’éclat aux collections, elle  mélange avec subtilité les motifs « zigzag » et réinvente les imprimés graphiques et floraux. La modernité et la dynamique des nouvelles silhouettes seront baptisées « all put together » par la presse américaine, qui souligne une créativité artistique similaire à l’art et l’architecture. « Aujourd’hui, je crois qu’il y a un esprit Missoni. Chaque génération peut y trouver son compte.» – Angela Missoni

Issue de la troisième génération, Margherita Missoni  s’investit dans l’empire familial, elle apparait sur la toile comme la muse de la maison. Margherita porte avec fraicheur le chevron « zigzag » totémique, sa beauté méditerranéenne et son allure bohème chic reflète les valeurs identitaires de la maison familiale. Ambassadrice, elle incarne l’originalité et la longévité de la femme et de la maille Missoni. Maillon fort de la marque, la créatrice propose une nouvelle tonalité en dessinant la ligne d’accessoire Missoni. Qu’il soit abstrait ou figuratif le « zig-zag » se décline de nouveau, ce véritable basique et intemporel traverse les saisons, les modes et les générations. « La marque, la famille, les tricots… Tout est comme une boule de laine. Impossible d’en démêler les fils.» –  Margherita Missoni

La maison Missoni n’est pas prête d’en découdre !

 

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

Jean-Michel Basquiat Rappelé le Temps d’une Vente aux Enchères

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1960, Brooklyn accouche d’un artiste de plus. Jean-Michel Basquiat y naît. Une palette aux tons acidulés ; une silhouette distinguée ; il parvient à lier, dans chacune de ses œuvres, la terrible vérité, la dénonciation et le rêve, opérant l’illusion de la joie. 

Enfant, il n’existe qu’à travers le dessin. En 1976, avant de mettre fin à sa carrière de lycéen, Basquiat rencontre Al Diaz, qui, comme lui, s’évade des somnifères scolaires au travers du graff. La même année, ils errent dans Manhattan à la recherche de toiles de béton. D’étranges symboles pullulent alors sur les murs, non sans une certaine poésie. La signature de Basquiat est simple : « SAMO » ou « same old shit ». Cette époque le fait s’imprégner d’un monde. Comme les graffitis se superposent, s’évincent et se piétinent, son œuvre est un patchwork. Lorsque l’adolescent décide de vivre seul, il est définitivement banni du domicile familial. Pour assurer sa survie, il vend cartes postales et t-shirts sur les trottoirs de sa ville natale. Le soir, il fréquente le Mudd Clud et le Club 57. Là, il rencontre Madonna, Bowie mais c’est le télescopage avec Andy Warhol, auquel il vend l’une de ses cartes postales, qui renverse son univers de sens artistique. Ses toiles sont alors la rhétorique de son optique : son âme vibre et matérialise la rue et ses éléments; pauvreté, voitures, enfants, tout est samplé, mêlé aux cultures éteintes qui le hantent. 

Influencé par Dali, Picasso, Warhol ou Goya, Basquiat travaille un désordre qui ne l’est que faussement, superposant écritures, collages, peintures ; chargeant le tout d’une allégresse indispensable à ce qu’il vise : la dénonciation du racisme et de l’hyper-consommation. Le succès rapidement arrive et, adulé, respecté, l’artiste n’en reste pas moins seul. Incompris de ses pairs et de sa famille, son âme trépasse et ne peut que trouver le kief au contact d’un dérivé du pavot : l’héroïne. Lorsque Andy décède en 1987, celle-ci, déjà éreintée, s’éteint. Il était le seul à savoir le toucher. 

1989, un an après la mort du peintre, Andam Clayton, bassiste de U2, incite le groupe à acquérir Untitled (Pecho/oreja) un indescriptible imaginaire primitif qui ravit l’homme. Acquise collectivement, la toile accompagne de son aura les séances d’enregistrement au studio de Dublin, trônant aux murs de celui-ci. En 2008, ils s’en séparent, créant un premier événement de plus de 5 millions de livres sterling. Voilà que le 12 Février, la toile est remise sur le marché. La société de vente aux enchères, spécialisée dans l’Art, Sotheby’s la proposera. Estimée entre 7 et 9 millions de livres, la toile est entre temps devenue un mythe. Autant que son géniteur qui, comme toute étoile, ne peut se contenter de l’appartenance à une unique galaxie. 

Chanel Dévoile l’Affaire Marylin et le n°5.

« What do you wear to bed ? » Coco et Norma Jeane ont à elles deux cristallisé les passions, les forces et l’air de leur temps. Celle-ci marque son siècle d’une odeur ; celle-là d’une flamboyante candeur. 

Une phrase-légende dont, jusqu’alors, on ignorait tout du lit qui amena Marylin Monroe à prononcer ces quelques mots. Il a fallu attendre le deuxième épisode de la chronique Chanel Inside, consacrée à l’histoire du fameux parfum de la maison Cambon, pour lever le mystère. Une vidéo troublante de 2 minutes trente nous immerge dans l’univers d’une affaire encore méconnue. L’enregistrement de l’interview accordée à Georges Belmont pour Marie Claire en 1960 est enfin légué au public. Un extrait d’où perle la sincérité, la sensualité mais aussi la pudeur d’une femme. Une relation qui, comme celle qu’elle entretenait secrètement avec le Lion Kennedy, a failli être raturée. 

Ne voulant expliciter ses moeurs et, ainsi avouer qu’elle se confiait au gardien de la nuit nue, Marylin décline une réponse en cinq notes: « Chanel Number 5 ». Voilà que soudain un mythe donne naissance à un autre. Le Terre entière s’émeut d’une étoile qui se drape dans les bras oniriques et odorant d’une effluve qui ne tarde pas à en faire le tour. Deux mythes s’imbriquent et, « parce que c’est la vérité ! », une histoire de question indiscrète se transforme en un secret qui se chuchote de femme en femme, laissant les hommes en émoi.  

En inscrivant dans le récit du conte du N°5 des images et des sons d’archives, Chanel est là pour ramener au présent les saints qui ont fait son hagiographie. La marque aux deux C s’insère dans l’histoire universelle de l’humanité, sans écorner.