Grace Kelly, Icône De Mode

L’actrice Hollywoodienne devenue Princesse de Monaco a donné à la mode nombre de ses pièces iconiques… Grace Kelly ayant incarnée le style et le glamour, sans fausse note.

Grace Kelly, La Couture A L’Ecran

Actrice favorite d’Alfred Hitchcock, Grace Kelly a porté haut la couture à l’écran. Mais si l’on peut lire toute la fougue et le glamour du New Look de Dior, c’est à la costumière Edith Head que l’on doit le look signature de Grace Kelly.

Alfred Hitchcock, Dior Et Edith Head

On le sait, Alfred Hitchcock appuyait sa narration cinématographique autant sur ses suspens devenus légendaires, que sur des costumes éloquents… Et avec le tournant esthétique amené par Christian Dior et son New Look en 1947, Alfred Hitchcock ne pouvait rester insensible à cette figuration moderne de la féminité.

Ainsi, Edith Head, la grande costumière d’Hollywood, s’est attachée à composer le vestiaire adéquat pour la personnalité campée par Grace Kelly dans ‘Fenêtre sur cour’… Autour de la ligne New Look. Et c’est bien ce film qui a tour à tour bouleversé la carrière de Grace Kelly, et défini son style signature.

L’icône de mode qu’est Grace Kelly cultive ainsi son propre style, à l’écran comme à la ville — à la Dior. Raffiné, glamour et hautement sophistiqué, le style Grace Kelly se déploie sans tapage sur la future Princesse de Monaco.

Jupe corolle et taille cintrée, Grace Kelly distille un glamour impeccable. L’incarnation parfaite de la femme Dior !

Grace Kelly Et La Maison Dior

Ainsi lorsque Grace Kelly fait la rencontre, à Cannes, en 1955, du Prince Rainier de Monaco, son aura et sa sophistication déjà faites ne peuvent qu’embrasser son futur statut de Princesse.

Et c’est vers la maison Dior que Grace Kelly se tourne, en 1956, afin de réaliser la robe qu’elle porte à l’occasion du bal donné pour ses fiançailles, à l’hôtel Waldorf-Astoria de New York… Les silhouettes de Christian Dior, taillées pour donner à la femme une allure de femme-fleurs, ont un écho saisissant sur Grace Kelly. Elles complètent avec panache son sens du glamour et son style signature.

Cette robe donc, le couturier de l’Avenue Montaigne la pense en parfaite osmose avec l’actrice. D’ailleurs, pour son premier portrait officiel, la Princesse de Monaco a choisi de porter la robe Colinette, collection Dior Haute Couture Automne/hiver 1956.

Un an plus tard, Monsieur Dior disparaissait, laissant sa maison à Yves Saint Laurent. Mais c’est avec l’arrivée de Marc Bohan à la tête des collections Dior, que Grace Kelly va définitivement se lier avec la maison.

Marc Bohan va ainsi accompagner Grace Kelly dans son vestiaire de princesse — un vestiaire royal, adapté aux exigences et aux changements de son temps. Robes d’apparat en mousseline, en plume ou brodées de fleurs, robes blouses, et le fameux twin-set.

En 1967, l’amitié entre Marc Bohan et Grace Kelly l’amène à inaugurer la première boutique Baby Dior, sur l’Avenue Montaigne — devenant ainsi la marraine de cette nouvelle ligne Dior.

La Princesse Grace Kelly va ainsi figer l’élégance éternelle du 30 Avenue Montaigne avec une allure follement parfaite. Lignes souples et teintes pastel — Grace Kelly avait en effet tout pour devenir une icône de mode.

Grace Kelly, Le Glamour A La Ville

Scrutée par la presse, adorée et copiée par les femmes du monde entier, Grace Kelly va ainsi introniser nombre de pièces devenues légendaires ! A commencer par le sac Kelly.

Hermès Et Grace Kelly

Elle fut la première icône à donner son nom à un sac. En 1977, Hermès renomme en effet son sac Haut à Courroies… Désormais connu et recherché pour être le sac Kelly. Pourquoi?

Car c’est au bras de Grace Kelly, un jour de 1956, que le destin de ce sac va rencontrer l’histoire de la mode et du luxe.

Sur la photo couverture du magazine LIFE, captée lors d’une descente d’avion, la Princesse plaque en effet sur son ventre à peine arrondi ce sac à dépêches, pour dissimuler sa grossesse…

La légende est faite. Le sac devient un objet du désir !

Quelques années plus tard, en 1977, le sellier rebaptise donc ce sac de voyage du nom de la précieuse Princesse — il devient alors le sac le plus recherché de l’histoire.

Et tout l’effet Grace Kelly se comprend aussi dans le destin du Carré Hermès.

C’est parce que le style signature de Grace Kelly brille de glamour et d’élégance intemporelle que celui-ci a permis de faire entrer un nouveau vocabulaire esthétique dans les silhouettes féminines. Et ce, dans la vie de tous les jours.

Ainsi, le mythique Carré Hermès a pris l’allure d’un accessoire versatile, ayant la capacité de rendre n’importe quoi élégant — et notamment le bras dans le plâtre.

Avec Grace Kelly, l’écharpe imprimée en soie Hermès devient aussi un élément chic, pour se couvrir la tête !

Une icône pour une icône, Grace Kelly a aussi directement contribué à l’univers d’une autre grande maison…

Gucci Et Grace Kelly

C’est pour honorer Grace Kelly, que Rodolfo Gucci commande au dessinateur Vittorio Accornero un foulard pas comme les autres… Le foulard Flora, depuis devenu un code essentiel de Gucci.

En 1960, Grace Kelly visite en effet le magasin Gucci à Milan. Là, Rodolfo Gucci lui demande ce qu’elle voudrait acquérir. L’élégante Grace Kelly opte alors pour quelque chose de gai et de coloré, pour finalement se décider sur un foulard. Mais voilà, la collection semble ne pas être à la hauteur de l’évènement, aux yeux de Rodolfo Gucci.

Rodolfo Gucci confie alors à Vittorio Accornero le soin de travailler, sur un foulard, l’art de la fleur, entre tradition et modernité. Il en sort le motif Flora — une palette incroyable de fleurs charmeuses et multicolores qui, ici, fait fleurir un motif somptueux.

Vittorio Accornero donna vie à la demande personnelle de Grace Kelly. Un motif floral peint à la main sur une écharpe de soie ; une éclatante pluie de bouquets de fleurs de toutes les saisons, minutieusement décrites, en un kaléidoscope de couleurs éblouissantes consacrant les quatre saisons. La nature dans toute sa beauté.

Flora est depuis un motif incontournable de la grammaire Gucci. Une grammaire qui, d’aillleurs, avait depuis longtemps ravie Grace Kelly. Puisqu’en ville, la princesse était souvent vue, des mocassins Gucci aux pieds.

Il n’est ainsi pas difficile de voir et comprendre l’impact considérable de Grace Kelly sur le glamour, et l’élégance d’aujourd’hui ! Une façon de vivre et de saisir la mode dans tout ce qu’elle a d’exquis. Et de distingué.

Audrey Hepburn, Icône De Style

Icône du glamour Hollywoodien du XXème siècle, Audrey Hepburn a dépassé le statut d’actrice pour devenir une référence du style. Et de la mode.

Audrey Hepburn est une icône du style — son influence considérable sur le monde de la mode est encore palpable aujourd’hui. Elégante et minimaliste, elle a fait entrer plus d’une pièces dans le répertoire des icônes. Plus d’un couturiers, aussi !

Car, contrairement à tant d’autres actrices de l’époque, le style Hepburn n’a pas été pensé et constitué par un studio. Il est entièrement l’oeuvre de couturiers d’exception, habillant ainsi une femme non moins exceptionnelle.

Audrey Hepburn Et Les Icônes de La Mode

Lorsqu’elle disparaît en 1993, Audrey Hepburn laisse derrière elle l’image d’une actrice engagée, et celle d’une femme hautement sophistiquée. Mais à la différence de ces contemporaines, Audrey Hepburn est une femme active.

Une femme qui a su appuyer son élégance sur des vêtements sans prétention, voire impraticables. Qu’elle soit en robe de cocktail, en jean, col roulé ou ballerines… Audrey Hepburn est impeccable. Intemporelle, aussi !

C’est à cela que l’on reconnaît l’icône qu’elle est. Mary Quant la qualifiait de « femme la plus élégante qui ait jamais vécu. » Hubert de Givenchy, lui, a dit qu’elle était « un cadeau d’en haut. »

La Robe Paco Rabanne Et L’Ensemble Courrèges

Audrey Hepburn avait une telle grâce, que n’importe quelle exagération de couturiers était, sur elle, une affaire d’élégance.

Ainsi elle mit en vedette deux couturiers du Youthquake, jugés importables. Jugés, surtout, comme l’antithèse de l’élégance par Coco Chanel.

Mademoiselle voyait en effet dans le travail de Courrèges et celui de Paco Rabanne, tantôt un travail de métallurgiste, tantôt celui d’un « homme qui s’acharne à détruire la femme, à dissimuler ses formes, à la transformer en petite fille » dit-elle.

Mais voilà, dans Two for the Road, en 1967, lorsqu’Audrey Hepburn apparaît dans la mythique robe Paco Rabanne en rhodoïd, elle prouve tout le contraire. D’un chic fou, cette robe pourtant désignée par Paco Rabanne comme « importable » démontre tout son potentiel. Et allure Miss Hepburn !

Un an auparavant, au moment où elle pose devant l’objectif de Douglas Kirkland, Audrey Hepburn, vedette du film Comment voler un million de dollars, 1966, montre tout le panache de la silhouette Courrèges.

D’un blanc futuriste, l’ensemble entre dans l’histoire de la mode. Et, avec Audrey Hepburn, la mode Courrèges décuple ses ambitions d’élégance !

Car l’habituée des pages de magazines de mode les plus prestigieux, a le don d’incarner avec aisance et naturel la plus folle des exagérations de couturiers.

Pantalon Capri Et Mocassin

Photographiée par Richard Avedon ou encore Cecil Beaton, le style Hepburn se distingue par son approche simple et minimaliste. D’ailleurs, nombre d’historiens de la mode s’accordent à valoriser son influence sur le style de la Parisienne.

Il faut dire qu’Audrey Hepburn ne jure que par le plat. Des ballerines aux mocassins signatures… C’est toujours dans un film que s’écrit l’histoire entre Audrey Hepburn et un vêtement.

Ainsi ses mocassins furent d’abord ceux de l’iconique chausseur Italien Salvatore Ferragamo, pour le film Funny Face en 1957. Ensuite, Audrey Hepburn ne jura plus que par le Gommino de Tod’s.

L’autre pièce iconique du style Hepburn, c’est le pantalon capri. Sur les plateaux de cinéma ou dans la vie, elle adorait en effet la simplicité et l’élégance de ce pantalon — indubitablement lié à la vie à Capri.

Audrey Hepburn était également passionnée par les vêtements masculins. Par exemple, dans le film Roman Holiday, elle porte une chemise blanche, d’homme…

Elle avait en effet une vision unique et indépendante de la féminité… En contraste avec ses contemporaines comme Marilyn Monroe et Jane Russell. Lorsqu’elle enfile des vêtements masculins, c’est ainsi pour mieux les détourner. La chemise blanche devient une de ses pièces fétiches, dans Roman Holiday, en 1953. Mais elle la noue de façon à souligner sa taille fine.

Autant de pièces confortables et décontractées, pas vraiment taillées pour l’allure. Mais son style iconique et son sens incroyable de l’allure lui ont justement permis d’être distinguée, dans tout.

Ajouter à cela une vénération pour les cols ras de cou, le noir et les lunettes imposantes — le style Hepburn est un intemporel !

Le Sac Speedy de Louis Vuitton et Audrey Hepburn

L’une des pièces de la mode qui lui doit tout, c’est le Speedy, de Louis Vuitton.

Crée en 1930 pour être un sac à main de voyage dans une version réduite du Keepall, il se taille dans sa version iconique grâce à Audrey Hepburn.

En effet, Dans les années 60, c’est elle qui concourt à le rendre diablement désirable, tout en popularisant son existence. Pour elle, le malletier français concède, à sa demande, de concevoir un modèle encore plus petit du Speedy. Le Speedy 25 entre alors dans la course.

Grâce à Audrey Hepburn, le sac se mue en un luxueux fourre-tout dont l’esthétique ne peut qu’épouser les attentes des nouvelles Vénus urbaines, modernes, et chic.

Offrant un espace de rangement optimal de par sa grande poche intérieure, sa large fermeture à glissière permet, elle, un accès facilité au contenu protégé par à un cadenas gravé ; un port en main ou au coude qui, à lui seul, allure la démarche et la silhouette !

Audrey Hepburn et Givenchy, La Mode A L’Ecran

C’est évidemment avec Givenchy qu’Audrey Hepburn est entrée dans l’histoire de la mode. Une histoire qui lie indubitablement le cinéma et le vêtement, dans une quête d’élégance intemporelle !

Pour Paris Match, en Octobre 1991, elle revient sur sa rencontre fortuite avec le couturier Parisien. « Je devais tournerSabrina, un film qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui vient à Paris et qui retourne en Amérique transformée. Pour tourner ce film en Californie, j’ai eu naturellement l’idée de faire faire les robes à Paris.

A l’époque, ce n’était pas du tout habituel, car tout se faisait à Hollywood. Mais la directrice des costumes a tout de suite été enthousiasmée. En arrivant à Paris, je suis allée chez le grand maître, Balenciaga. Comme c’était l’époque des collections, la maison n’avait pas le temps de s’occuper des costumes du film.

On s’est donc tourné vers le plus talentueux des jeunes, Hubert de Givenchy. Je l’ai rencontré dans sa maison de la rue Alfred-de-Vigny. Malgré tout le travail qu’il avait, il a accepté. Il fallait un petit tailleur de voyage et une très belle robe de soie. J’ai trouvé dans la collection la robe noir et blanc du film, qui m’allait divinement. Il n’y a pas eu à la faire faire.

Et leur longue relation tout en réciprocité… Ainsi interrogée par le journaliste: « Grâce à vos films, Hubert de Givenchy s’est imposé à Hollywood et en Amérique.

« Ce n’est pas tout à fait exact. Il est toujours difficile de définir qui a commencé : l’oeuf ou la poule. Hubert a fait toutes les robes de mes premiers films. C’est lui qui m’a donné un look, un genre, une silhouette. C’est lui qui, visuellement, a fait de moi ce que je suis devenue. »

Un genre et une silhouette qu’elle aurait voulu garder pour elle. On connait en effet l’anecdote qui donna naissance au parfum l’Interdit de Givenchy.

La muse qu’était Audrey Hepburn pour Givenchy lui inspira un parfum. Et alors qu’Hubert de Givenchy aurait voulu le commercialiser, elle répondit: « Mais je vous l’interdis! »

La suite, on la connait…

Du Film Sabrina A Funny Face, Givenchy Et Audrey Hepburn

La relation stylistique entre Audrey Hepburn et Givenchy s’est définie autour du film Sabrina, de Billy Wilder. Nous sommes en 1954, et Sabrina conte l’histoire de la transformation d’une jeune fille, après son passage à Paris.

Haute Couture et élégance, incarnées à l’écran et dans les robes follement glamour signées Givenchy? Pas exactement. Car après qu’Audrey Hepburn ait choisie les pièces au coeur de la maison Givenchy, Edith Head, non moins mythique costumière, en modifia légèrement l’allure.

Hubert de Givenchy expliqua à la journaliste Dana Thomas que la robe vue à l’écran diffère de sa conception originale, mais il a été directement impliqué dans cette décision: « Nous avons changé le haut de la robe de soirée lorsqu’elle danse avec William Holden sur le court de tennis, passant d’un jersey noir à un bustier en organza blanc, car c’était pour un bal d’été. »

Trois ans plus tard, en 1957, dans le film Love In The Afternoon 1957 tourné au Ritz… La comédie romantique avec Gary Cooper et Hepburn met en vedette les monuments iconiques de Paris… Autant que la couture de Givenchy.

Dès lors, Givenchy et Audrey Hepburn vont concourir à la réputation et à l’extase internationale pour les pièces de la couture Parisienne.

Charade | Film-Rezensionen.de

Funny Face, en 1957. Paris When It Sizzles, en 1964. Charade, en 1963. Au fil des films, le style Hepburn s’affirme et conquiert le monde !

Mais c’est avec Breakfast At Tiffany’s que les esthètes du monde entier vont vivre le moment le plus iconique de la mode au cinéma.

Breakfast At Tiffany’s, La Petite Robe Noire

L’ouverture du film Breakfast At Tiffany’s est une légende du genre. Une légende où une robe couture, monochrome de Givenchy, et l’actrice la pus élégante de l’univers vont déterminer à jamais ce qu’est le style à l’écran.

Ainsi, la petite robe noire est entrée dans l’histoire, en même temps que le raffinement délassé d’Audrey Hepburn. Imitée et révérée, cette silhouette est bien plus qu’une affaire de mode. Elle est l’incarnation d’un idéal, esthétique et stylsitique. Un idéal tout en simplicité et minimalisme qui fait écho à la personnalité même d’Audrey Hepburn.

Car, comme elle le dit plus tard: « Ce sont les seuls vêtements dans lesquels je suis moi-même. Il est bien plus qu’un couturier, c’est un créateur de personnalité. »

En 2006, cette même petite robe noire Givenchy a été vendue 467200 £ — le prix le plus haut jamais payé pour une robe d’un film. Signe de l’héritage durable de Audrey Hepburn en icône absolue du style.

Marchez ainsi sur les pas d’Audrey Hepburn, et découvrez l’histoire du luxe à Paris avec cette visite guidée — réservez votre ‘Paris Fashion and Luxury Icons Tour’.

Marlon Brando, Icône De La Mode Masculine

Il a incarné, à l’écran comme à la ville, l’idéal de la mode masculine. Mais à la différence d’autres icônes, le style Marlon Brando a notamment forgé celui de la rébellion de toute une époque.

Le style de Marlon Brando a si parfaitement articulé le zeitgeist de son temps qu’il est devenu une pierre angulaire de la mode. Une influence considérable sur ses contemporains et les générations à venir… T-shirts et vestes en cuir, jean ou caban — nombre des pièces fétiches de Marlon Brando sont devenues des basiques de l’élégance masculine. Une élégance qui tient surtout à une certaine idée de l’homme.

Marlon Brando, Les Films Et La Mode

Salué par beaucoup comme le véritable rebelle d’Hollywood, Marlon Brando a en effet joué selon ses propres règles. A l’écran comme à la ville.

Un Tramway Nommé Désir, Et Le T-shirt Blanc

1951. C’es un film sorti cette année là qui changera la façon dont les hommes vont se vêtir pour les générations à venir. Ce film, c’est l’oeuvre d’Elia Kazan, avec Marlon Brando en vedette. Il n’est peut pas encore le monstre sacré du cinéma, pour reprendre une expression de Jean Cocteau, mais Marlon Brando porte déjà tout des revendications de son époque.

Il y a d’abord son jeu d’acteur, hérité de sa formation à l’Actors Studio. Un jeu tout en retenu et en retrait plutôt qu’en grandiloquence. Et la formule marche aussi pour son style. Le style Brando se définit ainsi dans la mesure, le réalisme et le rejet des codes de son époque.

Loin de la masculinité formelle et endimanchée, celle de Marlon Brando va faire écho à la période de trouble et de bouleversements sociaux et culturels que connaissent les Etats-Unis dans les années 50.

Et le film Un Tramway Nommé Désir est un jalon de cette histoire. Le corps puissant de Brando fut en effet mis en valeur dans un t-shirt humble, mais puissant d’éloquence. Il dit ce à quoi Marlon Brando et sa génération n’adhère pas.

Ce t-shirt donc, emprunté au dessous des hommes, et notamment de l’uniforme militaire — ce t-shit va devenir une icône de la mode.

Et pour Un Tramway Nommé Désir, la légende raconte que le réalisateur Elia Kazan a fait laver les t-shirts plusieurs fois dans le but de les rétrécir. Il les a ensuite fait ouvrir dans le dos, avant de les coudre sur Marlon Brando.

Symbole vivant du rejet d’une esthétique masculine traditionnelle… Moulant, simple et fonctionnel, le t-shirt va devenir l’emblème de cette jeunesse qui rejètent les codes et le mode de vie de ses aînés. Gore Vidal, célèbre critique de cinéma, parlera de « tremblement de terre. »

par Richard Avedon, en 1951

Dès lors, Marlon Brando devient l’incarnation idéale de la jeunesse Américaine — cheveux décoiffés, corps athlétique, teint mat… Et rejet du conformisme. Un élément que l’on retrouve plus brillamment encore dans le film L’Equipée Sauvage.

Denim Et Perfecto, Icônes De L’Equipée Sauvage

La représentation iconique de Marlon Brando en 1953 dans L’Equipée Sauvage va, là encore, cimenter tout un pan de la mode masculine. C’est bien ce film qui a fait entrer le perfecto, le blue jean et l’attitude de l’anti-héros au panthéon de la culture populaire.

Dans le film de László Benedek, Marlon Brando campe Johnny Strabler, un membre de gang de motards — rebelle et très stylisé. En effet, on a principalement retenu de ce film le style de Marlon Brando.

Veste de motard lourde, et imposants bijoux métalliques, bottes et jean Levi’s enroulé… L’allure est devenue une icône, encore bien visible aujourd’hui !

Une allure si universelle qu’elle habillera la norme, les motards ou les punks — le W-Style One Star de Schott porté par le personnage de Johnny Strabler va entrer dans la légende des contre-cultures.

L’outrage à la société Américaine d’alors est d’une telle force que le perfecto est banni des lycées.

Il s’en étonne lui-même, dans une interview en 1994, à propos de ces films qui changèrent la mode masculine: « Je me suis amusé à le faire, mais je ne m’attendais pas à ce que cela ait un tel impact. J’ai été aussi surpris que quiconque lorsque des t-shirts, des jeans et des vestes en cuir sont soudainement devenus des symboles de rébellion…

Les ventes de vestes en cuir ont explosé, et cela m’a rappelé ‘New York, Miami’, quand Clark Gable a retiré sa chemise, révélant qu’il ne portait pas de maillot de corps, ce qui a entraîné un désastre pour l’industrie textile. »

Mais voilà, aussi sulfureux et populaire que devint ce style de rebelle, Marlon Brando, lui, affichait volontiers sa désinvolture dans des pièces un brin moins connotées. Dans des chemises à carreaux en flanelle, des pantalons amples en coton et des tricots ajustés, Marlon Brando allait aussi redéfinir l’élégance casual des hommes de son temps.

Une élégance casual qui, d’ailleurs, a résonné plus tard avec celle du mocassin Tod’s.

Marlon Brando, Figure de l’Elégance

Marlon Brando figure l’élégance de même manière qu’il travaille ses personnages. Sans tapage ni ostentation, l’élégance de l’acteur s’appuie sur des pièces devenues des classiques. Des classiques toutefois imprégnés de son attitude insoumise !

Marlon Brando, Icône Du Glamour Décomplexé

Marlon Brando a cela de différent des autres acteurs de son époque qu’il n’a jamais cherché à jouer avec les mêmes règles. Il n’avait ainsi pas aucun souci d’étiquette à se présenter aux premières de ses films, vêtu d’un jean. Un choix très mal vu à l’époque — mais une révolution pour la mode.

Le sex-symbol de son temps était en fait un homme de style. De ceux qui lancent des légendes. A l’instar des montres Rolex.

À 19 ans, Brando reçut une Rolex Oyster Royalite par ses parents. Dès lors, l’acteur restera fidèle à la maison horlogère qui accompagna nombre d’exploits.

D’ailleurs, en 2019, c’est l’une de ses Rolex, portées dans Apocalypse Now, qui établie un nouveau record. Comme la maison d’enchère Phillips le disait: « Nous avons peut-être battu un nouveau record. Pas celui de la Rolex la plus chère, mais celui de l’enchère la plus longue. »

Le résultat? La Rolex de Marlon Brando portée en 1979 pour le film s’est envolée pour plus d’un millions d’euros.

Adepte d’un style élégant et des costumes bien taillés, le style Marlon Brando est aussi versatile qu’il sonne toujours juste. Et, comme un contrepoint à son début de carrière ayant forgé les icônes mode de la jeunesse, c’est Le Parrain qui relancera sa carrière. Ainsi qu’une nouvelle vogue pour les costumes. Très sophistiqués.

Le Parrain, Et Les Costumes Italiens

Marlon Brando et son attrait pour la sophistication des costumes bien taillés se lit déjà dans un éditorial, réalisé en 1946, par le mythique photographe Cecil Beaton. Dans les pages du Vogue, on y voit le futur idole des jeunes rebelles briller d’élégance dans un pardessus oversize à double boutonnage.

En 1972, il fait son retour dans le Parrain de Francis Ford Coppola. Un film aussi iconique pour son histoire que pour le goût de ses personnages pour les costumes trois-pièces. Et c’est bien ce film avec Marlon Brando qui remis au goût du jour l’intérêt et l’admiration pour l’art des tailleurs Italiens.

Intemporelle, cette élégance masculine remet en lumière, aussi, les vestes de dîner et les longs cabans en cachemire. Don Corleone par Marlon Brando imprègne ainsi l’imaginaire de la mode, et la culture populaire de l’intemporalité du style à l’italienne. Un style qui révèle tout l’art de la couture, et le glamour au masculin.

On voit ainsi toute l’influence de Marlon Brando sur la mode, la figure d’idéal et le corps masculin… Un corps qui devient un objet, aussi sensuel qu’alluré !

La 45e Edition Du Festival Du Cinéma Américain De Deauville


Les mythiques planches de Deauville s’apprêtent à accueillir une édition placée sous la présidence de Catherine Deneuve!

Du 6 au 15 septembre 2019, l’icône de la Coté Fleurie servira une nouvelle fois de ville hôte au plus cool des festivals de cinéma. Et c’est peu dire. L’ambiance qui règne au Festival du Cinéma Américain de Deauville n’est à nulle autre pareille — entre humour, détachement et approche peu compétitive de l’exercice, les acteurs et actrices, aussi glorieux soient-ils, trouvent ici l’occasion de lâcher prise. Comme voulue par le Duc de Morny, Deauville est toujours cette station balnéaire où il fait bon être vu, tout détendu.

C’est par exemple Danny Kaye qui, en 1980, inaugure le festival en arrivant à quatre pattes sur la scène du cinéma du Casino. Buzz Aldrin en tenue d’astronaute sur la plage de Deauville. Ou encore la projection du mythique Flashdance d’Adrien Lyne qui, une fois terminée, voit le public refuser de quitter la salle de projection! Oui, au Festival du Cinéma Américain de Deauville, les stars côtoient leurs fans dans une ambiance très déridée!

Et cette année, c’est l’actrice la plus exaltante de la galaxie, Catherine Deneuve, qui présidera le Festival. Non-compétition oblige, le palmarès, déjà connu, récompensera pêle-mêle: ‘Les Misérables’, de Ladj Ly, du Prix d’Ornano-Valenti. ‘Wasp Network’ d’Olivier Assayas, dont le directeur du festival Bruno Barde dit: « Il y a chez Olivier Assayas le plaisir du cinéma, du filmage et de sa ponctuation que l’on sent à chaque plan, chaque séquence et chaque scène. Une hélice d’avion, un vol, une perspective, un baiser, un travelling. Olivier applique parfaitement l’adage de Truffaut : un bon film est un film qui a un point de vue sur le monde et un point de vue sur le cinéma. »

Diffusé en avant-première de sa sortie Française aussi, le très attendu film de Woody Allen, ‘Un Jour de Pluie à New York’. Avec Elle Fanning, récompensée par le prix Nouvel Hollywood à Deauville l’an dernier. Oui, car si le Festival compose la plus belle vitrine du cinéma Américain, il n’en oublie pas moins de faire le lien entre les icônes passées d’Hollywood et leur pendant contemporain. Et puisqu’il s’agit bien souvent de rappeler le passé au présent, la maison Chanel compte cette année parmi les partenaires luxe du Festival — un hommage appuyé à tout ce que Coco doit à Deauville. Son beige, sa marinière, le jersey iconique mais surtout, ce style qui n’appartient qu’à cette ville… Glamour et chic, jamais ampoulée!

Les Go-Go Boots d’André Courrèges

526694988_15f59bb823_o.jpg

Milieu des années 1960. De Londres à New York, la rue vibre au pas d’hommes et de femmes férus de mode et de musique — le Youthquake envoie toute une jeunesse avide de liberté sur les pistes des discothèques ! À Hollywood, sur le Sunset Strip, en 1964, la première discothèque américaine emprunte son nom à la toute première discothèque, créée à Paris, rue de Seine, en 1947 — le Whisky a Go-Go. C’est là, à Hollywood, qu’en 1966, sous l’influence du LSD, Jim Morrison livre en live la version œdipienne de la chanson The End. À l’intérieur, des danseuses en minijupes et bottes mi-mollet font le spectacle perchées dans des cages suspendues au-dessus de la piste de danse. La fascination est totale : bientôt, aux quatre coins du monde, les filles copient le style éminemment moderne de celles que l’on surnomment déjà les go-go danseuses. À leur pied : des bottes imaginées à Paris, par André Courrèges.

Collection Hiver 1964, « Space Age ». André Courrèges fait défiler sur son podium futuriste une paire de bottes coupée dans un vinyle blanc. Les Go-Go Boots sont nées. Avec elles, la silhouette phare des années à venir : plus la jupe est mini, plus la chaussure grimpe sur la jambe. Enfilé, lacé ou zippé, le soulier prend sa forme iconique dans une version monochrome, à bout carré et talon bas complétée d’une simple encoche. Mais en Mars 1966, les Go-Go Boots deviennent un phénomène planétaire aux pieds de Nancy Sinatra ! La légende est née.

Le morceau ‘These Boots Are Made for Walkin’ fait le tour des radios — à l’écran le clip frais et très en phase avec l’époque fascine autant qu’il fait des émules. Celui que l’on surnomme « Le Corbusier de la mode » vient de donner aux femmes le symbole d’un pouvoir nouvellement acquis. Nancy Sinatra, fille de Frank, elle, chante leur hymne. Et c’est toute une nouvelle génération de femmes indépendantes qui voit dans les Go-Go boots l’icône de leur émancipation.

Le Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez

mart.jpg

Au fil des années, le Martinez est devenu une institution. Une institution qui domine de ses sept étages la mer Méditerranée. L’hôtel fut construit dans les années 1930, et, de cette époque, conserve toute l’allure du style Art Déco. Aujourd’hui, le palace conjugue cette sophistication au confort et à la technologie moderne. Ainsi, parmi les services de l’hôtel, existent le piano-bar L’Amiral, le L.Raphaël Beauty SPA de 900 m² (comprenant centre de remise en forme, fitness, massages, salon de beauté, coiffeur) et la piscine privée extérieure chauffée. C’est un hôtel… de luxe. Mais un luxe très raffiné, et même très affairé : l’effervescence qui habite ses murs durant la période des festivals à de quoi dire long : photographes, journalistes, employés, hôtes et visiteurs viennent profiter du bar et de la terrasse dans un mélange parfait de simplicité et d’efficacité. Il n’est donc pas étonnant de croiser parmi ses clients réguliers des stars à la hauteur de Monica Bellucci ou Juliette Binoche.

Et des histoires, les murs du Martinez en ont tonne à raconter. 2004, Quentin Tarantino est président du jury. Après le traditionnel dîner de préouverture, les jurés dînent au restaurant La Palme d’or. « Quentin Tarantino a entraîné le chef et le sommelier dans un cours de danse particulier mené par Benoît Poelvoorde alias Claude François (dans le film Podium) sur l’air d’Alexandrie, Alexandra », raconte l’hôtel. « Le réalisateur américain vient très régulièrement au Festival de Cannes et aime passer du temps à l’hôtel. Décontracté, il a pour habitude de s’installer au bar notamment pour prendre son café chaque matin tout en lisant rigoureusement la presse cinéma… Il y a quelques années, notre barman lui a fait découvrir le mojito, qu’il aime à prendre depuis. » Placé directement sur la Croisette, le Martinez a sa propre plage privée, et un restaurant où opère le chef étoilé Christian Sinicropi. Inspiré par des artistes plasticiens à l’instar de Skaka ou Laurent Mô, le chef Christian Sinicropi n’hésite pas à faire appel à eux pour participer à ses créations culinaires : l’environnement aidant, cinéma, cirque (Gruss), céramiques et dessins se rencontrent le temps d’un plat servi comme un scénario à La Palme d’Or, la table iconique de Cannes.

Le Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez

mart.jpg

Inauguré en 1929, l’hôtel Martinez de Cannes résonne encore des notes de jazz et de la gaieté des Années Folles. Construit dans un style Art Déco, son imposante bâtisse est inscrite depuis 2001 à l’inventaire général du patrimoine culturel. L’hôtel a participé depuis le début de son histoire au conte féérique qu’est le Festival de Cannes. Situé sur le célèbre Boulevard de la Croisette, le palace accueille régulièrement de nombreuses personnalités du monde du cinéma et des médias. Il connaît un changement de nom en 2013, pour devenir le Grand Hyatt Cannes Hôtel Martinez suite au rachat du groupe américain. A quelques mètres du Palais des Festivals et des Congrès, c’est dans ce lieu mythique qu’est décerné chaque année La Palme d’Or. Sans oublier la fameuse montée des marches, le tapis rouge où se côtoient les grandes stars du cinéma.


Sa renommée est également dûe à ses 409 chambres dont 27 suites, sa plage privée la Zplage, et son restaurant gastronomique 2 étoiles Michelin – La Palme d’Or -, le seul à Cannes. Ce restaurant accueille chaque année, selon une vieille coutume, les membres du jury et son président – la veille de l’ouverture de la compétition officielle. Clint Eastwoord, Leonardo DiCaprio et autres Brad Pitt sont autant d’habitués de ce restaurant étoilé. En outre, la piscine privée extérieure et le Spa Martinez de 900 m² rendent cet endroit particulièrement prisé des stars et autres acteurs lors du festival.

Avant la création du festival, l’endroit était plus prisé par des intellectuels comme Paul Valéry ou des industriels comme André Citroën qui venaient s’y ressourcer. Mais depuis, il devint en quelque sorte le lieu de villégiature des stars hollywoodiennes et des égéries du 7ème art avec notamment Liz Taylor, Charlie Chaplin et plus récemment Scarlett Johansson ou Monica Bellucci. Le Martinez peut être également un lieu de fête. En témoigne le concert que Jamiroquaï a offert aux festivaliers en 2011, des festivaliers excités et ravis par un show haut en couleurs dans les salons du Martinez. Si les propriétaires sont désormais qataris et les gestionnaires américains, nul doute que nombre de stars et autres acteurs passeront leur festival dans ce lieu iconique par excellence.

Gucci Première Choisit la Belle Blake Lively

gucci_premiere_ad_blake_lively.jpg

Gucci Première est un jus saisissant composé d’un mélange de bois sophistiqué et de musc sensuel, sur lesquels viennent s’épouser des fleurs blanches, une bergamote effervescente, et un cuir. Un parfum qui oscille entre force et sensualité, à l’image du concept dont il se veut la senteur : le glamour intemporel d’Hollywood. Si le parfum est l’ultime touche d’une tenue, il n’est pas étonnant que Gucci Première soit inspiré de la collection du même nom vue pour la première fois fors de la montée des marches cannoises : des robes du soir des plus ensorcelantes, pensées pour les stars hollywoodiennes. Comme parfum, Gucci Première est là pour rendre hommage à l’étoile dont chacune des femmes fut parées ; Frida Giannini, directrice de la création, ajoute « Gucci Première est féminin, fascinant et aussi séduisant que la robe de soirée parfaite ». L’allégorie du cinéma se poursuit jusque dans le flacon qui le renferme. Un flacon couleur or qui, subtilement, n’est pas sans rappeler une certaine statuette…

Et justement, sans équivoque cette fois, l’esthétique de la bouteille évoque le glamour et le faste d’une première de film. Alors, qui d’autre qu’une actrice moderne et saisissante pour incarner l’esprit de la fragrance ? Pour son allure unique, Blake Lively fut choisie parce qu’elle incarne aussi bien les valeurs classiques d’Hollywood qu’elle détient le charisme, le style, les codes et l’intelligence d’une icône moderne. Elle est, pour Frida Giannini « la muse parfaite pour Gucci Première ». La mise en scène de la campagne publicitaire lui donne raison puisque, sous la réalisation de Nicholas Winding Refn, connu notamment pour le film DriveGucci Première et Blake Lively se cristallisent autour de la beauté d’un moment saisissant où Blake apparaît dans une robe somptueuse tout en se préparant pour le tapis rouge : la première d’un film, la première d’une cérémonie des Oscars, finalement, ce tout peut résumer la montée en puissance d’un parfum qui prend tout son temps pour émerveiller.

La Collection Serpenti De Bulgari

serpenti.jpg

Avant d’être catapultés au rang d’ultimes must-have par le mythique film Cléopâtre, les bijoux à l’allure serpentine de Bulgari s’affichent dans les vitrines de la place Vendôme en 1932 déjà. La ligne s’appelle “Tubogas“, et fait référence à l’esthétique industrielle de rigueur à l’époque. Le squelette donne à ses bracelets-montres un rendu d’une souplesse reptilienne ; pareil au corps du  serpent, le voilà qui s’enroule aux poignets grâce à des charnières en or flexibles, elles, par le biais d’un ressort caché. Mais la popularité du joaillier romain n’est pas encore totalement faite. En 1962, c’est à Hollywood que la passion pour Bulgari s’amorce. Hors-plateau, Elizabeth Taylor porte à son poignet une montre particulière ; en or, on y distingue la queue et la tête d’un serpent clairsemées de diamants et d’émeraudes.

L’adoration de l’actrice pour les perles rares et chères l’a tout naturellement menée à la boutique Bulgari, située à deux pas des studios de tournage – Cinecitta, à Rome. Elle n’échappe pas à l’objectif du photographe de plateau qui immortalise l’actrice, dans la fougue impériale d’une beauté des plus sensuelles. Il n’en fallut pas plus pour que le joaillier romain bascule dans la postérité. D’autant que sur ce même plateau, deux monstres du cinéma s’éprennent l’un de l’autre : Richard Burton, alias Marc-Antoine, épousera Liz Taylor. Leur romance publique le mènera à avouer, non sans dérision, que « le seul mot qu’elle connaisse en italien, c’est Bulgari ». Il confirme la dévotion de Miss Taylor pour les précieux. La maison romaine lui signera d’ailleurs une collection exceptionnelle. Cinquante années plus tard, il ne reste de la légende, que les bijoux qui l’ont accompagnée.

En 1975, Bulgari met à l’honneur d’une campagne de publicité, des bracelets aux écailles d’émail coloré. Ses interprétations contemporaines d’un des emblèmes antédiluviens de l’art, symbole de sagesse, d’éternité et de vie, semblent travailler avec toute l’application et la grâce des statues antiques ; synthèse parfaite entre rigueur géométrique et onirisme des formes. Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue US, est conquise par ce réalisme ; elle écrira : « le serpent est le motif dans le vent dans l’univers de la joaillerie… On ne s’en lasse jamais ». Aujourd’hui, la collection Serpenti ne cesse d’être actualisée ; comptant en son sein des montres, des bijoux précieux, des lunettes, et des sacs à main d’un raffinement rare. En 2013, elle entre définitivement dans l’histoire de l’art joaillier avec l’édition d’un livre consacrant le style Serpenti. Bulgari, Serpenti Collection abrite près de 80 photographies et esquisses originales des ouvrages les plus iconiques d’une ligne qui vogue sur les siècles.