La Maison Poursin, La Bouclerie du Luxe Français

Le luxe est une émotion qui se ressent avant de se définir. Et la maison qui sert ce dessein depuis près de deux siècles, c’est la maison Poursin. Un savoir-faire discret qui a pourtant signé les pièces les plus exquises de notre patrimoine. Des sacs les plus désirés de notre patrimoine aux ceinturons les plus rock, en pa ssant par le carrosse de la Reine Elizabeth…

Avant Louis Vuitton et Hermès, il y avait la Maison Poursin

On peut facilement retracer l’origine de la maison Poursin — car depuis sa fondation vers 1830, l’atelier est aujourd’hui encore en activité. Alors, remonter le fil de la maison Poursin, c’est finalement remonter celui de l’histoire de France, et de son patrimoine même.

La boucle Poursin, Crédit Photo Jimmy Mettier

L’histoire commence justement vers 1830. L’époque est au faste, au sublime mais aussi au pratique. C’est l’époque du cheval, — et lorsqu’il est question de seller sa monture ou son carrosse, on vise le fonctionnel certes, mais surtout l’esthétique. A cela, la Maison Poursin, qui vient de s’établir dans le 10e arrondissement de Paris, entend y convenir.

Techniquement, la Maison Poursin ne prend son nom qu’en 1907; année où l’associé Simon Poursin en devient le seul propriétaire. Mais l’atelier, installé dès 1891 au 35 rue des Vinaigriers, était déjà riche d’une grande réputation — spécialisé dans les articles fondus pour la sellerie et les harnais d’attelage, il signe les plus prestigieux, dont ceux des cavaleries Royales et Républicaines.

Si la France connaît à cette époque encore un changement radical, entre Monarchie et Empire, l’atelier Poursin, lui, poursuit son travail de maître. Sous Louis-Philippe Ier ou sous Napoléon III, rien n’y change — les ornements des shakos de hussards, les plaques de ceinturons ou autres gibernes et étriers d’apparat… L’exigence Poursin ancre son savoir-faire par-delà les temps et les goûts.

Crédit Photo Jimmy Mettier

La Maison Poursin fournissait les selliers de l’époque — dont le prestigieux sellier Hermès. Il était ainsi naturellement question d’une rencontre autour d’une même vision esthétique…

« Tous les selliers cherchaient la meilleure qualité au niveau de la bouclerie, de l’harnachement et venaient donc chez Poursin » précise Karl Lemaire, actuel propriétaire de la maison. 

Des boucles, faciles et solides, qui ont aussi su taper dans l’oeil des grands noms de la bagagerie Française ; un secteur alors en grande expansion. Parmi eux, Louis Vuitton, bien sûr. Bien avant de fonder sa maison, Louis Vuitton a ainsi passé de nombreuses commandes auprès de Poursin ; notamment pour ses malles.

Crédit Photo Jimmy Metiter  

On le devine, les couturières et couturiers du XXe siècle s’y fournissaient allègrement. Parce que la Maison Poursin répondait à la demande impérative du luxe, celle d’une qualité authentique. On lit dans ses commandes le nom de Jeanne Lanvin, Berluti, Chapal, Charles Jourdan, Chloé, Courrèges et tant d’autres…

Aussi celui de la Reine d’Angleterre ! pour qui la Maison Poursin a en partie équipé la diligence campagnarde tirée par les huit chevaux du carrosse d’Élisabeth II, en 1953, lors de son couronnement…

Du Harnais dAttelage A La Maroquinerie

La mode passe, le style Maison Poursin demeure. Dans les années 20, le cheval semble ne plus faire le poids face à l’automobile. Qu’à cela ne tienne, la maison Poursin s’appuie sur ses archives pour donner le ton — les boucles de harnais ne tardent en effet à inspirer les boucles de ceintures et les fermoirs des sacs à main.

Avant l’avènement de la voiture qui était impopulaire à l’époque, les clients choisissaient dans le catalogue Poursin les ornements pour leur calèche et leurs chevaux. Différents rubans étaient proposés : le ruban russe, le ruban chinois ordinaire, le ruban italien, le ruban penché, le dos d’âne ordinaire, le cordé ordinaire… Les collections sont incroyables.

« Quand l’automobile a supplanté l’hippomobile, monsieur Poursin prend un nouveau virage. Il garde les boucles et leur cadre, il change l’ardillon en créant un ardillon plus fin que celui de l’harnachement » précise encore Karl Lemaire. Cet ardillon devient la signature de la maison Poursin.

Dans les années 20, alors que le cheval et son attelage disparaissaient, les hommes et les femmes de la bonne société avaient déjà initié un mode de vie actif, fait de voyages et de tourisme. Plus rapides, les déplacements nécessitaient désormais des sacs pratiques et malléables. A cela, les maisons Louis Vuitton, Hermès, mais aussi Pinel et Pinel, Moynat y répondirent, de façon magistrale !

Pour les soutenir, la gamme inépuisable de la maison Poursin va générer une multitude d’effets de boucles indispensables à la tenue et la fabrication de ces objets du désir.

L’ardillon Poursin devient iconique. On le reconnait d’un coup d’oeil, biseauté qu’il est dans la matière de prédilection de la maison, le laiton. Il accompagne des dizaines de milliers de modèles de boucles !

Noble et luxueuse, la matière se prête à merveille aux besoins des maisons qui, dès les années 70, accélèrent la production de maroquinerie. La Maison Poursin accompagne alors le luxe et la mode au gré des accessoires et des bijoux de sac.

Ce répertoire est riche aujourd’hui de 60 000 références. « Nous avons 12 000 références commercialisées, à peu près 60 000 avec celles qui ne le sont pas. Le plus vieux catalogue de la maison remonte à 1890 et nous avons toujours en fabrication les accessoires proposés dans celui-ci » détaille la Maison Poursin.

Le savoir-faire Poursin pour la Garde Républicaine Crédit Photo La Garde Républicaine  

Être à la fois le fournisseur de la Garde Républicaine et la maison derrière le fameux ceinturon des plus grandes stars ; voilà toute la versatilité permise par un savoir-faire d’exception.

Les maisons du luxe ne s’y trompent guère. C’est vers la maison Poursin que l’on se tournait hier, et aujourd’hui encore… A l’instar de Fenty par Rihanna, Asphalte, Le Soulor, la Botte Gardiane, Damien Beal ou encore Isaac Reina, Julno et Bleu de Chauffe !

Le Groupe AC.DIS Veille à Préserver Cet Héritage

Tout n’a pourtant été si évident. A l’aube des années 2000 et face à la concurrence Italienne et Asiatique, la bouclerie Poursin vacille. Les machines ont survécu. Le savoir-faire est là, mais les commandes ne suivent pas. Moribonde, elle est sauvée par l’entrepreneur Karl Lemaire — son leitmotiv ? L’amour du bel ouvrage. « Ma priorité est de préserver ces savoir-faire qui sont l’image du luxe français, mais surtout son Histoire » dit-il.

« Je milite contre la zarafication de l’accessoire métallique » ajoute Karl Lemaire.

Karl Lemaire, l’homme derrière la protection du savoir-faire Poursin, Crédit Photo Mélina Vernant

En 2016, il rachète la maison Poursin, appartenant à la même famille depuis quatre générations. Il y conserve tout.

Mieux, il l’ouvre à une nouvelle génération de designers. « On peut travailler comme avant, venir voir sur place les ouvriers travailler un produit commandé sans systématiquement passer par un dessin envoyé par ordinateur au bout du monde. […] On a des Soudeurs manuels, des Polisseurs, un vrai savoir-faire et beaucoup de mal à transmettre ! »

Polies à la main, les boucles ont depuis retrouvé leur noblesse. « On est le dernier fabricant français à cambrer le fil, emboutir, assembler, souder, polir nos boucles en laiton: un matériau noble, écolo, avec une vraie densité, inusable et d’une grande sensualité au toucher. »

La sensibilité au Made In France. Voilà bien ce qui habite l’entrepreneur Karl Lemaire. Déjà en 2012, il assurait la remise en route de la Maison Daudé. En activité depuis 1828, G.Daudé est celui qui a inventé l’Oeillet métallique, le Rivet métallique ! A ses début, Coco avait choisi l’œillet canapé 17C pour sa anse en chaîne.… C’est dire !

Les pièces actuellement au répertoire Poursin 

« Ce qui est intéressant notamment par rapport à Daudé – c’est pour cela que j’ai mon garde républicain à l’entrée – c’est qu’il y a historiquement parlant sur celui-ci du produit Poursin et du produit Daudé ; comme pour les premiers Sac à Main de luxe ! Daudé fournissait tout ce qui était rivets, oeillets et Poursin fournissait tout ce qui était de l’ordre de la bouclerie… » précise Karl Lemaire.

En 2020, Karl Lemaire persévère et fait entrer l’entreprise EUROFAC (créée en1929), matriceur Laiton, dans le giron de AC.DIS, un groupe désormais gardien de talents d’exception — et d’authenticité!

Un groupe qui cultive une identité rare, sollicité plus que jamais par les maisons au service de la Création Française. De la cour du Danemark et celle de Belgique, en passant par les pièces modèles du luxe Français, le savoir-faire de la maison Poursin est partout. Orchestrant la perfection de ces pièces, en toute discrétion.


Le Birkin Hermès, Ce Sac Qui Vaut Plus Que L’Or

1981. Jane Birkin, alors jeune maman de Lou Doillon, fait la rencontre du président de la maison Hermès, Jean-Louis Dumas, lors d’un vol Paris-Londres…

Le Birkin, La Rencontre Parfaite

La rencontre s’est passée à dix mille mètres d’altitude — dans un avion reliant Londres à Paris. Jane Birkin est alors une jeune maman un brin débordée. Si elle plus tard elle racontera plusieurs versions de la rencontre qui mena à la création du Birkin, la trame reste la même: aucun sac n’est adapté à ses besoins. Agenda, biberons, effets personnels…

« J’étais dans un avion entre Londres et Paris dans les années 80 et j’étais assise, sans le savoir, à côté de Jean-Louis Dumas, le président d’Hermès. Mon agenda Hermès était si chargé que tout est tombé. Il m’a dit que je ferais mieux de mettre mes effets personnels dans des poches fermées. Je lui ai répondu : ‘Si Hermès mettait des poches…’ il a répliqué ‘Je suis M. Hermès et je vais mettre des poches pour vous’. Un mois plus tard, il m’a fait envoyer un sac et m’a demandé s’il pouvait l’appeler le Birkin. »

Jean-Louis Dumas lui a dessiné un sac inspiré du premier sac Hermès à haut courroies, souple et profond, estampillé des caractéristiques de la maison pour laquelle il opère… Cale astiquée, cadenas, et point de couture sellier. Le Birkin était né. Chic et pratique.

Dès sa première édition, en 1984, le sac « Birkin » Hermès déchaîne les passions. Le succès est immédiat. D’une rencontre fortuite est ainsi née un sac iconique. Un sac comme un chef d’œuvre artisanal.

Comment Est Fait Le Birkin?

Cette pièce, coupée dans les peaux les plus précieuses est fabriquée à la main — réalisée de bout en bout par un même artisan. Près de 48 heures d’un travail minutieux…

Pendant des semaines, l’artisan Hermès appose sa signature comme un gage d’unicité. Chaque Birkin est bien une pièce unique. Composé d’un rabat, le sac se tient grâce à deux anses rigides. L’intérieur est compartimenté d’une grande poche plaquée et d’une poche munie d’une fermeture éclair. Grand, élégant, pratique.

Face à ce procédé de fabrication d’une infime minutie, un système de liste d’attente a du être mis en place; il perdurera jusqu’en 2011. Car le succès du modèle est tel qu’il a fallu multiplier les ateliers de fabrication.

« Nous ne transigerons jamais avec le niveau d’excellence, même si c’est au détriment de la croissance. Dans les années 1990, nous ne pouvions pas fournir la demande pour notre sac Birkin. Nous avons très simplement fait le choix de ne pas sacrifier la qualité. Des listes d’attente sont apparues, ce qui a été perçu parfois comme un outil marketing. Le succès de nos sacs résulte d’une éthique intransigeante sur le savoir-faire, selon le principe nautique grec : « Pour qui n’a pas de cap, pas de vent favorable. » note ainsi l’actuel PDG de la maison Hermès, Axel Dumas.

Au gré des saisons, au gré des inspirations, l’allure du Birkin a sans cesse changé pour se parer de cuir lisse, de crocodile, de velours ou d’autruche… Dans une dizaine de tons unis, ou multicolores.

5 tailles en sont désormais proposées: 25 cm, 30 cm, 35 cm, 40 cm ou 45 cm.
Un sac de dame à la décontraction suprême… Le Birkin réédité, réinterprété, recréé, il n’en demeure pas moins un sac à la cotte exponentielle.

Et parce qu’il brille d’une perfection incroyable, signe de la maison Hermès, nul besoin d’en faire la publicité — le sac est un object d’exception.

Il n’y a qu’à voir les dernières enchères — la valeur des sacs Birkin a augmenté de 500%… Le plus cher jamais vendu?

1,9 millions de dollars pour le Crocodile Gold Birkin Bag. De quoi en faire un investissement plus lucratif que l’or.

Le Peekaboo En Vedette Du Défilé Fendi P/E 2021

Silvia Fendi a imaginé cette collection durant le confinement. Et il en résulte une ribambelle de silhouettes aériennes où les effets d’optiques rappellent la poésie des petites choses du quotidien.

La Signature Fendi: Les Effets d’Optiques

Le dernier défilé Fendi avant l’arrivée de Kim Jones à la tête des collections femmes avait des airs de poésie. Mais une poésie louant le sublime des petites choses de tous les jours. Composée en plein confinement, la collection Fendi Printemps/Eté 2021 est bien une ode à la beauté de ces ombres et ces effets de lumières que l’on ne voit plus.

Et c’est au coeur de la maison familiale Romaine que Silvia Fendi a imaginé cette collection. Une maison où, le temps suspendu a nourri sa rêverie. C’est là qu’elle a remarqué le sublime de ces jeux de lumières devenus banals. L’ombre d’une fenêtre, reflétée sur un lit. Le bruissement des feuillages dont le reflet, parfois, vient danser sur un mur. Autant d’éléments qui ont conduit Silvia Venturini Fendi à intégrer ces effets dans la grammaire iconique de Fendi.

S’il n’est pas question de fourrure pour la prochaine saison, c’est bien l’effet d’optique, et le trompe-l’oeil que Fendi a choisi de travailler avec brio. Dans les silhouettes aériennes du Printemps/Eté 2021 se glissent ainsi ces mêmes oeuvres créées par le hasard du quotidien — l’ombre d’une fenêtre, et celle des feuillages.

Et l’on ne connait que trop bien l’intérêt que porte Fendi aux trompe l’oeil. D’ailleurs, l‘iconique sac Peekaboo en est l’incarnation la plus aboutie.

Portée par ce moment familial que le confinement a permis, Silvia Fendi a aussi cherché à distiller dans sa collection les valeurs chères à la maison Fendi, dont elle est la troisième génération à en diriger le destin esthétique. « Dans ma famille, on a toujours mis beaucoup de sens dans ce qu’on fait. J’ai voulu faire des vêtements qui parlent du moment présent, mais qui font aussi partie de votre vie. »

Le résultat? Des coupes amples qui laissent le vent accompagner les mouvements du corps — des tons tantôt clairs ou pastel. Surtout, des pièces inspirées des crochets, de la dentelle et autres techniques de couture que l’on retrouve lorsque l’on prend le temps de remontrer le fil des générations. Des édredons, des draps de lits, aussi…

« Cela m’a rappelé Karl. Il aimait le linge de lit, il avait une grande collection » confiait ainsi Silvia Fendi après sa collection. Une collection Fendi Printemps/Eté 2021 qui loue le passé, dans toutes ses formes, pour mieux sublimer un présent qui appelle, peut être, à regarder le quotidien avec l’onirisme d’antan.

Le Sac Bobby De Dior Prend Des Couleurs

Dernier icône né de l’univers de Christian Dior, le sac Bobby, introduit cet été, se présente dans de nouvelles teintes !

Le Sac Bobby? Un Hommage Au Chien De Christian Dior

C’est une fois encore en plongeant dans les archives de la maison que Maria Grazia Chuiri a mis au monde un nouvel objet du désir. Un sac qui prend un drôle de nom… Celui de Bobby, le chien de Monsieur Dior. Et il faut dire que du temps de Monsieur, déjà, Bobby était une muse qui prêtait volontiers son nom aux tailleurs les plus prometteurs. Ce, à chacune des collections Dior.

Mieux, en 1953, Bobby inspire un flacon de parfum en édition limitée, taillé par Fernand Guery-Colas. Le parfum Miss Dior qui, pour l’occasion, devient: J’appartiens à Miss Dior.

Dans ses mémoires,  Christian Dior et moi, Monsieur Dior le notait lui même: « Il y avait dans chaque collection un tailleur présumé à succès qu’on appelait Bobby. » Que l’on parle de tailleurs de ligne oblique ou de ligne A — Bobby signait le nom des tailleurs qui, souvent, se sont avérés être les plus vendus.

Coïncidence ou annonce d’un succès garanti: Maria Grazia Chuiri accompagne cette collection Dior Automne/Hiver 2020 d’un accessoire éponyme. Le sac Bobby tient du même acabit que ce compagnon fidèle — le sac d’une femme est bien l’extension de sa maison, dans la vie de tous les jours.

Ainsi, celui imaginé par Maria Grazia Chuiri présente une délicate boucle, piquée des initiales CD. Une forme arrondie, une demi-lune avec une bandoulière confortable.. Le Bobby est l’exemple du savoir-faire des artisans Dior. Exquis et pratique.

Et voici qu’il présente aujourd’hui de nouvelles teintes ! Après avoir été introduit dans la mythique toile oblique, en noir et en crème, le voici en… Gris Montaigne, couleur clé de la grammaire Dior. En bleu denim et en camel. De quoi faire exploser sa cote de désidérabilité — le Bobby distillant dans ces teintes toute la douceur et la sensualité de son cuir très, très raffiné.

Le Retour De L’Icône Jackie De Gucci

En le baptisant ‘Jackie 1961’, Gucci signe le retour d’un sac iconique — un sac ainsi nomme d’après Jackie Kennedy.

Le Jackie De Gucci Devient Le Jackie 1961

Imaginé à l’aube des années 60, le sac Jackie de Gucci est devenu l’icône d’un style de vie. Un style de vie caractéristique des jet-setters des années 1960 et 1970 — sans genre, et sans chichi.

Ce sac, Gucci l’imagine d’abord pour être pratique. Un sac fait pour s’encastrer avec grâce sous l’épaule — unisexe et coupé dans un cuir malléable, l’histoire du sac Jackie se raconte ici.

Et le sac présente déjà tout de la grammaire Gucci. La bande vert-rouge-vert, le double G de Guccio Gucci , et la toile Diamantissima.

Il ne manquait qu’une icône de mode à la hauteur de Jackie O. pour l’introniser au goût de tous. C’est chose faite, lorsqu’en 1964, elle acquiert six de ces sacs Hobo.

Très vite, il est de toutes ses sorties. Des rues de New York en passant par ses idylles à Capri, le sac Gucci complète l’allure Jackie O., déjà fortement marquée par ce chic quasi désinvolte.

Mais elle n’est pas la seule à l’adopter; les hommes aussi y trouvent un certain charme…

Ainsi, le retour de l’icône Jackie de Gucci n’était qu’une question de temps… Alessandro Michele en a fait l’accessoire clé de sa collection Automne/Hiver 2020… Sous la forme du Jackie 1961 !

Moyen, petit ou mini, le nouveau Jackie 1961 conserve sa forme incurvée et son fermoir doré iconique. Taillé dans un cuir, noir ou rouge… Il est proposé en version mini dans une large gamme de teintes pastel comme le lilas, jaune paille, bleu clair et rose pâle, mais aussi en python naturel.

Le Jackie 1961 distille tout de l’élégance 60’s de Gucci dans sa version coupée en toile suprême GG avec bande Web.

Il faut dire qu’il est directement inspiré d’un sac Jackie vintage tiré des archives personnelles d’Alessandro Michele. Et il certain que la vision et le style décomplexé de l’actuel directeur artistique de la maison peuvent, un peu plus encore, affirmer le caractère polyvalent du Jackie 1961 !

La Collection Dior Automne/hiver 2020, Et La Rosa Mutabilis

Maria Grazia Chuiri distille une rose précieuse venue de Chine, dans sa collection Dior Automne/hiver 2020. Une floraison sur les icônes de la maison qui n’est pas sans rappeler l’influence de la Chine sur l’imaginaire de Monsieur.

Dior Et La Chine, Une Histoire De Rose

Alors qu’il renversait la mode avec la pièce-manifeste de sa collection présentée en 1947, Christian Dior distillait dans cette première collection son amour pour les imprimés fleuris, et les silhouettes de l’Orient.

Des silhouettes inspirées par une vision fantasmée de la Chine. Pays où Christian Dior n’avait encore jamais été.

La Chine Rêvée De Monsieur Dior

1947 est une date clé dans l’univers de la maison Dior. Déjà, car le 30 Avenue Montaigne accueillait pour la première fois une collection pensée par Monsieur Dior. 1947, c’est ensuite et surtout la collection qui a posé les jalons de l’esthétique de la maison.

Dans cette collection le tailleur-bar pose la grammaire Dior. Et les silhouettes inspirées de la Chine rêvée par Monsieur Dior achèvent d’en déterminer l’esthétique !

Dans ce premier défilé donc, on remarque tout le panache d’un paletot baptisé Shanghai, porté avec un chapeau tonkinois… En 1948, il continue d’explorer le vocabulaire de la tradition Chinoise et, présente ses modèles intitulés ‘Chine’, ‘Pékin’ et ‘Shanghai’.

En 1950, ce sont les idéogrammes qui lui inspirent un imprimé pour une robe de la ligne Verticale…Plus magistral encore, en 1955, Dior réinterprété les traditionnelles robe qipao, portées les femmes de Shanghai dans l’entre-deux-guerres.

Mais chez Dior, elle emprunte une teinte rose vif, et devient un ensemble: Surprise, taillé pour l’Automne/hiver 1955.

Et lorsque la passion de Christian Dior pour les fleurs – et les roses ! – rencontre une espère rare de Chine… Tout est en place pour inspirée la collection Dior Automne/Hiver 2020 !

La Collection Dior Automne/Hiver 2020, Et La Rosa Mutabilis

Imaginée par Maria Grazia Chiuri, la collection Automne/Hiver 2020 distille un imprimé décalquant l’hypnotique Rosa Mutabilis sur les icônes de Dior.

Cette espèce de rose venue de Chine a en effet la particularité de changer de couleur au gré de sa floraison… Ainsi appliquée sur les icônes que sont le Dior Book Tote, les sneakers Walk’n’Dior, les escarpins J’Adior et le foulard Mitzah, du nom de la muse de Monsieur… La Rosa Mutabilis distille tout l’enchantement de la grammaire Dior.

Et Monsieur lui même n’aurait pu être autrement qu’enchanté par une telle collection. Lui qui écrivait, dans son Petit Dictionnaire de la Mode, en 1954 : « Je pense que les imprimés fleuris sont merveilleux – les imprimés en soie, de belles couleurs, sont parfaits pour les ensembles d’après-midi, les robes du soir ou les robes de cocktail. Dans les couleurs brillantes aussi, les imprimés fleuris peuvent égayer les vêtements de vacances… »

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Moreau, Le Train Bleu Et Les Sacs de l’Automne/Hiver 2020

C’est l’histoire d’un ballet qui, dans les années 20, réunissait Cocteau, Chanel et Picasso… Et c’est aujourd’hui l’inspiration derrière la nouvelle collection de la maison Moreau !

En 1886 est inauguré le « Calais-Méditerranée-Express »— un train luxueux qui assurait la liaison du Nord au Sud de la France… Surnommé le Train Bleu pour ses wagons bleus et or, le Calais-Méditerranée-Express va vite dépasser le statut de simple moyen de locomotion. Remis sur rails dans les années 20, c’est par ce train que l’on a pris goût aux joies du sport et des activités en plein air. Dans le sud glorieux !

Dans ces wagons, les malles Moreau ont accompagné cette nouvelle façon de vivre et de se déplacer. Assurément, le Train Bleu a initié une nouvelle façon de vivre — et notamment celle de passer ses hivers, à la mer. Peu étonnant de voir que le Train Bleu s’est ensuite mué en icône de l’art.

Le Train Bleu, Cocteau, Chanel et Picasso

Parmi les oeuvres inspirées par les destinations du Train Bleu, celle sous-titrée « opérette dansée » a réuni les plus grands noms du siècle passé. Et marqué nombre de premières.

1924. Le ballet ‘Le Train Bleu’ est imaginé à partir du livret de Jean Cocteau. Sur la musique de Darius Milhaud et la chorégraphie de Bronislava Nijinska, Le Train Bleu se veut une satire de l’hédonisme de la société des années 20.

Un hédonisme où la mode de Chanel trouve un écho simplement naturel. Elle est en parfait écho avec le réveil d’une adoration pour le sport et les activités en plein air… Activité où la couture Chanel du jersey et autres matières sport accompagnent les hédonistes sur la Côte d’Azur. Avec Pablo Picasso en charge de toiles et des décors, on se doute de l’impact d’une telle pièce sur l‘imaginaire de la mode et du luxe.

Et justement, le ballet Le Train Bleu inspire la collection Automne/Hiver 2020 du malletier qui l’a sans doute vécu de l’intérieur. La maison Moreau qui, fondée en 1882, a su accompagner l’époque de ces malles éminemment solides et raffinées !

Les Sacs Moreau De l’Automne/Hiver 2020

Fedor Georges Savchenko, le directeur artistique de la maison Moreau, a ainsi puisé dans cet héritage commun pour imaginer une nouvelle collection de sacs hautement désirables.

Des pièces de maroquinerie, coupées dans des cuirs d’exception et qui font écho aux wagons, boiseries et murs de velours de l’iconique Train Bleu…

C’est bien dans la sophistication des plafonds victoriens, des lustres et de l’univers du Train Bleu que se lisent les lignes des nouvelles pièces de la maison Moreau.

Des pièces exceptionnelles, sans façon, qui prennent aussi des teintes inspirées. Les teintes Nénuphar et Cumin suivent ainsi le sillage du Train Bleu pour rappeler, sur les sacs Nacelle et l’icône Brégançon, le charme des couchers de soleil du sud de la France, celui des oliviers de Provence et des citrons de Menton…

D’autres nuances de bleu, Izmir et Canard soulignent la sophistication et la fougue du Train Bleu en route vers la mer Méditerranée… Une audace de coloris, couplée aux courbes douces mais graphiques du sac Vicomte BB.

Une invitation au voyage, à découvrir dans la boutique non moins somptueuse du 49, Rue du Faubourg Saint Honoré.

Tout un pan de l’histoire du luxe qui se dévoile aussi lors d’une visite guidée — mode, joaillerie et gastronomie… Que faire à Paris pour les esthètes? Réservez le ‘Paris Fashion and Luxury Icons Tour’ !

La Version Matte Des Sacs Iconiques Dior

Le Lady Dior, le sac Saddle et le 30 Montaigne se parent d’un chrome hypnotisant.

En version ultra-matte, les icônes Dior se parent d’une beauté plus surnaturelle encore !

La Nouvelle Ligne d’Accessoires Dior, Ultra-Matte

Nouvelle variation autour de pièces iconiques de la grammaire Dior, la nouvelle ligne d’accessoires ultra-matte donne aux icônes un air de beauté lunaire !

Appuyant les lignes déjà fortes des icônes telles le Saddle Bag imaginée dans les années 90 par John Galliano, l’ultra-matte fait un peu plus résonner la dimension intemporelle de ces pièces. Une finition opaque qui épouse à merveille le raffinement-cool du Saddle.

Et qui donne au 30 Montaigne une résonance plus contemporaine encore ! Nommé d’après l’adresse mythique de la maison Dior, il fut imaginé en 2019 par Maria Grazia Chuiri. Un sac comme une box qui, dans ces monochromes bleu nuit, noir, ivoire, pêche, marron et vert olive, gagne en impertinence !

Mais c’est sur le sublime Lady Dior que l’obsession opère bien plus encore…

L’Obsession Pour Le Lady Dior Ultra-Matte

Le sac qui, en 1996, prit le nom de Lady Dior, doit son statut d’icône à la femme hors-norme qui l’introduit au monde. Cette femme ne fut autre que Lady Diana. En visite à Paris en 1995, elle le reçut en cadeau des mains de Bernadette Chirac. Et l’icône de mode absolue que fut Diana ne pouvait que démontrer le quotient-sophistication d’un tel sac.

Oui car, avant d’être vu au bras de Lady Di, le sac attendait sagement en interne qu’on lui trouve un nom, et une marraine.

Voici alors qu’en 2020, le sac clé de la maison Dior se pare d’un manteau monochrome opaque qui, à bien y regarder, décuple l’obsession qu’on lui porte déjà. Lui aussi, tour à tour blanc immaculé, rose, gris, vert ou bleu nuit… Il distille toute l’audace que peuvent se permettent de tels chefs-d’oeuvre.

Un sac qui captive autant qu’il raconte le langage de la couture Parisienne. A la Dior.

Le Jackie O. De Gucci, Le Sac De L’Elegance 60’s

Il s’appelait Constance, jusqu’à l’intervention divinement mode de Jackie O.

Jackie O Et La Maison Gucci

1958. La maison Gucci édite un sac fait pour s’encastrer avec grâce sous l’épaule. Unisexe et coupé dans un cuir malléable — il s’appelle le Constance. Et il a clairement tout de la grammaire Gucci: bande vert-rouge-vert, le double G de Guccio Gucci , et la toile Diamantissima.

L’Histoire Du Sac Jackie

A la fois glamour et pratique, nomade et élégante, la pièce plait mais ne parvient à provoquer ce fameux désir souverain. Enfin, jusqu’à ce jour de 1964 où une certaine Jackie O. pousse la porte d’une boutique Gucci.
La première dame la plus mode de la galaxie tombe sous son charme — elle fait l’acquisition non pas de deux ou trois modèles. Jackie O. ressort de la boutique avec six sacs Constance!

Très vite, il est de toutes ses sorties. Des rues de New York en passant par ses idylles à Capri, le sac Gucci complète son allure déjà fortement marquée par ce chic quasi désinvolte.

L’air de rien, Jackie O. vient en fait de faire entrer un sac dans la légende. Cette même année, Gucci lui rend hommage et renomme le sac Jackie.

Dès lors, nombre de personnalités emboîtent le pas de la first lady. Hommes ou femmes, Britt Ekland ou Peter Sellers, Samuel Beckett ou Barbra Streisand. Tous sont photographiés le sac Jackie à l’épaule!

Le Sac Jackie Gucci, L’Occasion De L’Allure

Et l’arrivée d’un Tom Ford à la tête de la création Gucci en 1998 ne change rien à l’aura de l’icône — le texan le revampe, les ventes explosent! Des matières et couleurs explosives embrasent fougueusement les clés de la grammaire Gucci.

En 2009, c’est au tour de Frida Giannini de le réinventer. Elle l’agrandit, y ajoute des pompoms et, jouant avec la matière fétiche de Guccio, aka le bambou, scelle sa fermeture d’un fermoir bambou. Terriblement chic!

Le tourbillon Alessandro Michele ne fait qu’ajouter à l’attrait du Jackie. Jouant avec un charme fou de la grammaire Gucci, le génie Michele y ajoute des têtes de tigres, des papillons, joue de la paille et d’ornements miroirs…

Jusqu’à confondre le Jackie avec les traits propres au sac Dionysus. Oui, c’est dans ces fulgurances d’extrême créativité que l’on reconnait les vraies icônes de la mode — celles capables d’épouser leur époque avec chic et détachement. Très Jackie finalement.

Le Sac Le Plus Désiré Au Monde, Le Kelly Hermès

Le Kelly Hermès, c’est ce sac simple et impeccable, devenu iconique au bras de la Princesse Grace Kelly.

L’Histoire Du Kelly Hermès

1892. Robert Dumas-Hermès imagine, à partir d’une sacoche de cavalier, le sac Haut à Courroies, ancêtre le plus célèbre des sacs à main pour dames. Réalisé à des fins purement pratiques, l’homme le destine à une utilisation fonctionnelle.

Son but: transporter les bottes et la selle des cavaliers. Prévu à cet effet donc, le sac possède une esthétique simple, épurée et architecturée. Une forme trapézoïdale ne comportant qu’une fermeture à deux courroies, et un petit fermoir-cadenas.

1935, la maison Hermès décide d’en faire une version absolument féminine, et résolument plus urbaine. L’idée est là encore de s’adapter aux besoins de l’époque. Pour les dames donc, Hermès imagine un sac de voyage. Pour cela, le premier sac  à courroies prend une dimension plus petite.

Pour le confectionner, un seul et unique ouvrier façonne chacun sac, tout au long des étapes de sa réalisation.

1956: le sac devient célèbre. Comment? Aux côtés de son époux le Prince Rainier III de Monaco, Grace Kelly, princesse de Monaco, est photographiée lors d’une descente d’avion devenue mythique.

La photo finit en couverture du magazine Life. On y voit la princesse plaquer sur son ventre à peine arrondi ce sac à dépêches… Elle y dissimule en fait un début de grossesse. Pas encore officielle. Un ventre arrondi de Princesse future maman occulté derrière un sac… Il n’en faut pas plus pour créer l’évènement.

Et Hermès, marque familiale discrète et majestueuse, semble en certifier le raffinement.

Le Premier It-Bag De l’Histoire?

En 1977, le sellier rebaptise le sac de voyage du nom de la princesse. Les frères Dumas-Hermès le nomment le « Kelly ».

S’il était rigide à ses débuts, il adopte bien vite un aspect plus casual avec l’arrivée d’un cuir très souple – le veau Gulliver. Cousu à l’envers et retourné comme un gant, c’est une nouvelle allure, plus moderne et décontractée, qui accompagne dès lors les femmes.

Un Kelly Hermès, c’est une mode classique, noble et généreuse, à l’image de la princesse.

Aujourd’hui, le sac se taille dans les matières les plus luxueuses… En autruche ou en crocodile, le cuir n’en reste pas moins la matière de prédilection.

Maintes couleurs et une vingtaine de matières… Huit tailles, lesquelles varient de 15 à 50 cm de largeur. Évoluant en même temps que des générations de femmes, il les accompagne à toute heure et dans toute les situations.

Version sport ou version ville, son habillage du soir, avec cadenas à bijoux en or et diamants… Il est l’emblème d’un luxe à la Française. Versatile et absolument parfait.

En 2004, pour son premier défilé réalisé pour la maison du 24 Rue du Faubourg Saint-Honoré, Jean Paul Gaultier le revisite pour la première fois. C’est que le sellier s’attache à faire des objets qui traversent le temps en fonction des besoins, et non des objets de musée.

Le résultat de cette première conversion par Jean Paul Gaultier? Le Shoulder Kelly, tout en longueur, à porter sous le bras. Une icône de la mode qui, en version classique ou plus contemporaine, constitue assurément le sac ultime.

Posséder un Kelly, c’est posséder un mythe. C’est tenir la beauté fraîche et l’élégance distinguée par la main. C’est posséder un bout de la grâce de la Princesse qui lui donna son nom.