La Collection Chanel Haute Couture 2020

Après l’allure monastique de la précédente collection Couture de Chanel, Virginie Viard l’affirme: « J’avais envie de complexité, de sophistication. »

La Collection Chanel Haute Couture 2020, Opulence Et Extravagance

« Je pensais à une princesse punk sortant du Palace à l’aube. Avec une robe en taffetas, des cheveux volumineux, des plumes et beaucoup de bijoux. Cette collection est davantage inspirée par Karl Lagerfeld que par Gabrielle Chanel. Karl allait au Palace, il y accompagnait ces femmes très sophistiquées, très habillées, très excentriques aussi » annonce Virginie Viard.

La femme Haute Couture Chanel 2020 a en effet tout pour faire tourner la tête des esthètes. Jouant allègrement de la grammaire de Coco et celle de Karl Lagerfeld, la collection Haute Couture Chanel 2020 présente les icônes de la maison comme injectées d’une haute dose d’exubérance. A commencer par le tweed.

Et parce que Chanel peut compter sur l’adresse exceptionnelle de tout ses métiers d’art, la rencontre des ateliers de broderie Lesage et Montex, Lemarié et Goossens, a donné naissance à des tweeds rebrodés, perlés, et franchement hypnotisants de beauté !

L’allure du tweed, matière fétiche de Coco, se complexifie ainsi dans des paillettes, des strass, des pierreries et des perles qui, à bien y regarder, revisitent sourdement l’allure Chanel.

Le mythique tailleur tweed présente ainsi un plastron bijouté par Goossens — un brin offbeat, mais complètement chic.

Sur des robes de cocktail, ce sont les iconiques camélias qui se piquent, cette fois, sur ces pièces opulentes de pierreries. Mieux, les grandes robes du soir s’amusent de la coupe panier pour plus de romantisme encore. Et Virginie Viard le dit-elle même: « Pour moi, la Haute Couture est romantique par essence. Il y a tellement d’amour dans chacune de ces silhouettes. »

On lit en effet toute l’admiration que les ateliers portent à leur mission dans ces tailleurs-pantalons, piqués de galons diamants.

Et puis il y a surtout dans cette collection une mise-en-scène de circonstance. Un mini-film figé par Michael Jansson, où les parures des collections de Haute Joaillerie viennent pour la première fois compléter des silhouettes Chanel à la fois grandiloquentes et finalement très, très coutures.

Un mini-film à voir ici.

La Collection Dior Haute Couture 2020

Si la pandémie a empêché la tenue des défilés Haute Couture, elle a néanmoins inspiré à la maison Dior un mini-film comme une ode à la couture rêvée et révérée de la maison de Monsieur !

La Collection Dior Haute Couture 2020, Conte De Fée Hellénique

Les femmes Dior de la collection Haute Couture 2020 sont des nymphes, des sirènes et autres créatures mystiques de la Nature qui, assurément, aiment se parer de sublime. Et ce sublime, c’est dans la couture déjà rêvée et révérée de la maison de Monsieur qu’on le trouve !

Privée de défilé, Maria Grazia Chuiri est parvenue à mettre au monde une collection comme un hymne à l’histoire de la mode, et aux savoir faire essentiellement magistraux de la maison Dior.

Car c’est bien ce que raconte le mini-film orchestré par Maria Grazia Chuiri et Matteo Garrone. Une vision féérique intitulée Le Mythe Dior.

L’emblématique cinéaste Italien, qui a signé récemment Pinocchio, s’est en effet appuyé sur un pan historique de diffusion de la mode — les poupées de mode, appelées mannequin par le passé, et le Théâtre de la Mode.

Si les premières apparaissent dès l’époque de Louis XIV, c’est encore l’écrivain des Lumières Louis-Sébastien Mercier qui raconte le mieux leur rôle dans La Poupée de la rue Saint-Honoré. Et c’est d’autant plus pertinent que la maison Dior a inauguré en Juillet 2020 son nouveau flagship, rue Saint Honoré.

Louis-Sébastien Mercier écrivait donc à propos de La Poupée de la rue Saint-Honoré: « [Il] passe de Paris à Londres tous les mois, et va de là répandre ses grâces dans toute l’Europe, il va au Nord et au Midi ; il pénètre à Constantinople et à Pétersbourg ; et le pli qu’a donné une main française se répète chez toutes les nations, humbles observatrices du goût de la rue Saint-Honoré. »

Ces poupées ainsi habillées traversaient le monde et, dans les années 40, c’est Le Théâtre de la Mode qui repris le flambeau. À l’initiative de la Chambre syndicale de la couture parisienne, Le Théâtre de la Mode figeait ainsi, dans une exposition itinérante dans le monde entier, les savoir faire et les styles de la Haute Couture Parisienne.

Dans ce mini-film réalisé par Matteo Garrone, à visionner ici,on assiste ainsi aux pérégrinations de deux porteurs transportant une malle à l’image de l’iconique maison du 30 Avenue Montaigne. Promenant donc les nouvelles merveilles Dior par delà des terres quelques peu mystiques.

De vraies pièces coutures portées par des muses fantasmées — les lignes iconiques de Dior siéent décidément les Belles de tous horizons.

Trente-sept silhouettes fascinantes et exigeantes… Des manteaux corolles volonté plissé main et effrangé. Une robe bustier corolle brodée ombre de micro de paillette. Un tailleur jupe de tweed gris anthracite à col châle…

« Pour imaginer ces trente-sept fascinantes silhouettes, Maria Grazia Chiuri a souhaité célébrer l’œuvre et le parcours de cinq figures Surréalistes, indomptables, magnifiquement inspirantes : Lee Miller, Dora Maar, Dorothea Tanning, Leonora Carrington et Jacqueline Lamba. Visionnaires, ces audacieuses personnalités ont su transcender leur rôle de « muses » en affirmant leur vocation d’artistes aux talents éblouissants » précise encore la maison Dior.

Autant de pièces Haute Couture 2020 qui chantent une ode aux savoir faire exceptionnels de la maison — commanditaire de beauté et sublime, par tous les temps !

La Collection Imaginaire De Schiaparelli Haute Couture 2020

La pandémie mondiale ayant empêchée Daniel Roseberry de rejoindre la Place Vendôme et les ateliers Schiaparelli pour réaliser, ensemble, la collection Haute Couture 2020, c’est l’esquisse d’une « collection imaginaire » qui nous parvient aujourd’hui.

La Collection Haute Couture 2020 De Schiaparelli

La crise mondiale a certainement réorganisé la création de toutes les collections couture cette année. Celle de la maison Schiaparelli un peu plus encore. Bloqué aux Etats-Unis depuis le début de la pandémie, Daniel Roseberry n’a pu rejoindre les ateliers de la maison situés Place Vendôme, à Paris.

Alors, c’est dans une courte vidéo, intense et poétique, que l’on découvre la vision de Daniel Roseberry pour la saison Haute Couture 2020.

«Schiaparelli était une maître du moderne; son travail reflètait le chaos et l’espoir de l’ère turbulente dans laquelle elle a vécu. Aujourd’hui, nous nous retrouvons à nous poser des questions aussi importantes, qui façonnent notre propre identité: à quoi ressemble l’art? Qu’est-ce que l’identité? Comment s’habiller pour la fin du monde? » écrit Daniel Roseberry.

Et, telle une ode à l’optimisme et la force de résilience qu’est, parfois, la Haute Couture, Daniel Roseberry esquisse ici la trame de sa collection: « C’est l’histoire d’une collection qui aurait pu être. »

Présentée sous une courte vidéo, la collection reste malheureusement ici à l’état de croquis. Mais quels croquis ! Des silhouettes toutes en volupté et manches volumineuses — bijoux surréalistes et traits de feutre rose shocking. La couleur iconique inventée en 1937 par la fondatrice de la maison Elsa Schiaparelli.

« La pandémie a tout renversé. Maintenant, au lieu d’une équipe pour exécuter cette collection, j’ai juste ma propre imagination. Au lieu de la place Vendôme à Paris, elle a été conçue et esquissée sur un banc de parc » ajoute Daniel Roseberry.

Ce banc, c’est celui du Washington Square Park. On lit facilement dans les traits géniaux de Daniel Roseberry les pièces iconiques du vestiaire Schiaparelli. L’iconique top lustre, le chapeau chaussure ou encore la robe colonne ! Tant de pièces que l’on aimerait voir surgir du papier et prendre vie dans des matières aussi onctueuses que renversantes.

Et c’est d’ailleurs bien là l’ethos de la maison d’Elsa Schiaparelli. Celle de retourner la réalité dans une inversion surréaliste, certes, mais toujours plus pertinente que de céder au chaos.

Justement, cette collection sortira bien du papier pour devenir, en décembre prochain, sous la forme d’une collection capsule qui sera présentée à Los Angeles.

En attendant, c’est ici que l’on peut visionner la collection Haute Couture 2020 de Schiaparelli — une collection que l’on veut exquise et surnaturelle !

Paris Fashion and Luxury Icons Tour

C’est le circuit des curieux, des gourmets, des passionnés et des connaisseurs de la mode et du luxe !

Un tour des lieux iconiques et enchanteurs de la capitale. Ces lieux où les icônes de la mode, du luxe et de la gastronomie furent, tour à tour, pensées, imaginées, crées, concoctées, et vécues !

Découvrez les lieux où s’est forgée la réputation de Paris comme capitale indiscutable du chic, du luxe et de la joie de vivre. Avec un Parisien, doublé d’un professeur opérant pour les prestigieuses écoles de mode et d‘hôtellerie…

Je vous invite à flâner en ma compagnie — en partant de la Place Vendôme. Là où s’érige le premier palace moderne — le Ritz ! Tant d’histoires s’y sont passées.

Tant d’innovations, aussi. Et notamment celle de l’Ecole de la gastronomie Française, avec Auguste Escoffier opérant à partir des cuisines du Ritz.

Un savoir faire unique, et l’excellence pour signature… Le Chef Nicolas Sale est aux commandes et, côté pâtisserie, c’est François Perret qui ravive aujourd’hui les papilles. Mais l’iconique chocolat chaud et les madeleines, notamment celle de Proust, sont encore bien d’actualité !

Nous poursuivrons ensuite en remontant la Rue de la paix.

La rue des joyaux de la couture et des diamants des orfèvres… Cartier. Mellerio dit Mellers. La boutique du premier couturier de l’histoire… Dont je tais le nom pour mieux le révéler. Et celle de Massaro, dont le nom risque de ne rien éveiller. Pour l’instant !

Nous arriverons ensuite au coeur du luxe à la Française. La Place Vendôme et son aura de magnificence. Le haut lieu de la haute joaillerie —Chaumet, Boucheron, Van Cleef et… Je vous raconterai le scandale provoqué par la première collection de haute joaillerie taillée par une couturière…

Cette même couturière qui s’est inspirée des lignes octogonales de la Place Vendôme pour son parfum N°5.

Des mythes du luxe, et tant d’histoires qui ont encore à s’écrire, comme dans la boutique Louis Vuitton imaginée par le fantasque architecte Peter Marino.

Ensuite ?

Ensuite ce circuit qui retrace les hauts lieux de la mode et du luxe vous plongera au cœur de la Rue Saint Honoré.

Avec Goyard, tout d’abord. Le malletier installé ici, depuis 1853.

Plus loin, c’est l’univers Moynat qui lie la mode, la danse et l’opéra…

Puis ce sera le moment de revenir sur l’art de Francis Kurkdjian, éditeur clé des parfums Français.

Nous débarquerons ensuite sur l’artère pleine de vie qu’est la Rue de Rivoli.
C’est alors que ces secrets chuchotés par la céramique de son trottoir, sous ses arcades, vous seront tous dévoilés…

La libraire Galignani, Angelina, Meyrowitz au 5 rue de Castiglione… Premier lunetier de luxe !

Goutal, autre maison qui fait la grandeur de la parfumerie Française.

Il y a tellement à raconter sur ces icônes ! Des pièces qui ont révolutionné le genre… Mais pas que !

La pâtisserie du Meurice par Cédric Grolet fusionne la sculpture, les fruits et la gourmandise… Le Meurice, encore, d’où Alain Ducasse a littéralement révolutionné la cuisine, en prônant le retour à la simplicité culinaire. Une expérience gustative devenue un exemple du genre…

C’est d’ailleurs là que Guerlain fonde sa maison… En 1828, la parfumerie Guerlain s’installe au rez-de-chaussée de l’hôtel Meurice !

Autre icône de la gastronomie, c’est au Mandarin Oriental que l’on trouvera la cuisine Thierry Marx — et son plat signature… Le Risotto au…

Nous passerons ensuite devant le lieu qui abrita le tout premier défilé d’Yves Saint Laurent.

Nous nous retrouverons au cœur de l’univers Chanel. Là où bat le cœur de ses ateliers, depuis 1910. La rue Cambon.
En un siècle, elle est devenue le coeur de la galaxie Chanel. Et notamment avec les maisons alentours, rachetées par celle de Coco. A l’instar de Maison Michel — on imagine bien la femme Chanel en chapeau Virginie, non?

Enfin, nous arriverons dans le temps de la nuit Parisienne — Maxim’s, haut lieu du Second Empire. Haut lieu de la vie Parisienne, où le plaisir des sens est devenu un mode de vie. Haute couture, champagne, fêtes jusqu’au petit matin — les cocottes ont bien posé les jalons de la vie Parisienne…

L’hôtel du Crillon, lui, en a vu des Parisiennes justement. Le premier palace de l’histoire vieille à ce savoir-vivre !

Ainsi après avoir vu les lieux où s’est écrit un grand pan de l’histoire de la mode et du luxe, nous traverserons la rue Royale pour rejoindre l’artère mondiale du beau et du sublime.

La rue du Faubourg Saint Honoré — la rue la plus luxueuse au monde détient les clés de plus d’un produits universellement désirés aujourd’hui.

Il sera alors temps de remonter, non loin, vers la boutique où s’acquiert l’extase du luxe à la Française… La boutique Hermès déborde d’objets du désir, de vitrines très inspirées. Et d’anecdotes qui ont hissé bien haut les standards de la mode et du luxe, dans le monde entier !

Jeanne Lanvin, aussi, a eu sa part à jouer. En 1889, elle inaugure ici, au 16 rue Boissy d’Anglas, ce qui deviendra la plus ancienne maison de mode Française.

Paris est une histoire de chic et de sophistication.
Une histoire de plaisir et de savoir vivre. Une histoire que La Durée raconte toujours. Alors, comment ne pas clore ce « Paris Fashion and Luxury Icons Tour » avec ces macarons, gourmandises si chic.

Il faut ainsi avoir vu et goûté ces petits bouts de la vie Parisienne pour mieux la comprendre encore !

Réservations

Grace Kelly, Icône De Mode

L’actrice Hollywoodienne devenue Princesse de Monaco a donné à la mode nombre de ses pièces iconiques… Grace Kelly ayant incarnée le style et le glamour, sans fausse note.

Grace Kelly, La Couture A L’Ecran

Actrice favorite d’Alfred Hitchcock, Grace Kelly a porté haut la couture à l’écran. Mais si l’on peut lire toute la fougue et le glamour du New Look de Dior, c’est à la costumière Edith Head que l’on doit le look signature de Grace Kelly.

Alfred Hitchcock, Dior Et Edith Head

On le sait, Alfred Hitchcock appuyait sa narration cinématographique autant sur ses suspens devenus légendaires, que sur des costumes éloquents… Et avec le tournant esthétique amené par Christian Dior et son New Look en 1947, Alfred Hitchcock ne pouvait rester insensible à cette figuration moderne de la féminité.

Ainsi, Edith Head, la grande costumière d’Hollywood, s’est attachée à composer le vestiaire adéquat pour la personnalité campée par Grace Kelly dans ‘Fenêtre sur cour’… Autour de la ligne New Look. Et c’est bien ce film qui a tour à tour bouleversé la carrière de Grace Kelly, et défini son style signature.

L’icône de mode qu’est Grace Kelly cultive ainsi son propre style, à l’écran comme à la ville — à la Dior. Raffiné, glamour et hautement sophistiqué, le style Grace Kelly se déploie sans tapage sur la future Princesse de Monaco.

Jupe corolle et taille cintrée, Grace Kelly distille un glamour impeccable. L’incarnation parfaite de la femme Dior !

Grace Kelly Et La Maison Dior

Ainsi lorsque Grace Kelly fait la rencontre, à Cannes, en 1955, du Prince Rainier de Monaco, son aura et sa sophistication déjà faites ne peuvent qu’embrasser son futur statut de Princesse.

Et c’est vers la maison Dior que Grace Kelly se tourne, en 1956, afin de réaliser la robe qu’elle porte à l’occasion du bal donné pour ses fiançailles, à l’hôtel Waldorf-Astoria de New York… Les silhouettes de Christian Dior, taillées pour donner à la femme une allure de femme-fleurs, ont un écho saisissant sur Grace Kelly. Elles complètent avec panache son sens du glamour et son style signature.

Cette robe donc, le couturier de l’Avenue Montaigne la pense en parfaite osmose avec l’actrice. D’ailleurs, pour son premier portrait officiel, la Princesse de Monaco a choisi de porter la robe Colinette, collection Dior Haute Couture Automne/hiver 1956.

Un an plus tard, Monsieur Dior disparaissait, laissant sa maison à Yves Saint Laurent. Mais c’est avec l’arrivée de Marc Bohan à la tête des collections Dior, que Grace Kelly va définitivement se lier avec la maison.

Marc Bohan va ainsi accompagner Grace Kelly dans son vestiaire de princesse — un vestiaire royal, adapté aux exigences et aux changements de son temps. Robes d’apparat en mousseline, en plume ou brodées de fleurs, robes blouses, et le fameux twin-set.

En 1967, l’amitié entre Marc Bohan et Grace Kelly l’amène à inaugurer la première boutique Baby Dior, sur l’Avenue Montaigne — devenant ainsi la marraine de cette nouvelle ligne Dior.

La Princesse Grace Kelly va ainsi figer l’élégance éternelle du 30 Avenue Montaigne avec une allure follement parfaite. Lignes souples et teintes pastel — Grace Kelly avait en effet tout pour devenir une icône de mode.

Grace Kelly, Le Glamour A La Ville

Scrutée par la presse, adorée et copiée par les femmes du monde entier, Grace Kelly va ainsi introniser nombre de pièces devenues légendaires ! A commencer par le sac Kelly.

Hermès Et Grace Kelly

Elle fut la première icône à donner son nom à un sac. En 1977, Hermès renomme en effet son sac Haut à Courroies… Désormais connu et recherché pour être le sac Kelly. Pourquoi?

Car c’est au bras de Grace Kelly, un jour de 1956, que le destin de ce sac va rencontrer l’histoire de la mode et du luxe.

Sur la photo couverture du magazine LIFE, captée lors d’une descente d’avion, la Princesse plaque en effet sur son ventre à peine arrondi ce sac à dépêches, pour dissimuler sa grossesse…

La légende est faite. Le sac devient un objet du désir !

Quelques années plus tard, en 1977, le sellier rebaptise donc ce sac de voyage du nom de la précieuse Princesse — il devient alors le sac le plus recherché de l’histoire.

Et tout l’effet Grace Kelly se comprend aussi dans le destin du Carré Hermès.

C’est parce que le style signature de Grace Kelly brille de glamour et d’élégance intemporelle que celui-ci a permis de faire entrer un nouveau vocabulaire esthétique dans les silhouettes féminines. Et ce, dans la vie de tous les jours.

Ainsi, le mythique Carré Hermès a pris l’allure d’un accessoire versatile, ayant la capacité de rendre n’importe quoi élégant — et notamment le bras dans le plâtre.

Avec Grace Kelly, l’écharpe imprimée en soie Hermès devient aussi un élément chic, pour se couvrir la tête !

Une icône pour une icône, Grace Kelly a aussi directement contribué à l’univers d’une autre grande maison…

Gucci Et Grace Kelly

C’est pour honorer Grace Kelly, que Rodolfo Gucci commande au dessinateur Vittorio Accornero un foulard pas comme les autres… Le foulard Flora, depuis devenu un code essentiel de Gucci.

En 1960, Grace Kelly visite en effet le magasin Gucci à Milan. Là, Rodolfo Gucci lui demande ce qu’elle voudrait acquérir. L’élégante Grace Kelly opte alors pour quelque chose de gai et de coloré, pour finalement se décider sur un foulard. Mais voilà, la collection semble ne pas être à la hauteur de l’évènement, aux yeux de Rodolfo Gucci.

Rodolfo Gucci confie alors à Vittorio Accornero le soin de travailler, sur un foulard, l’art de la fleur, entre tradition et modernité. Il en sort le motif Flora — une palette incroyable de fleurs charmeuses et multicolores qui, ici, fait fleurir un motif somptueux.

Vittorio Accornero donna vie à la demande personnelle de Grace Kelly. Un motif floral peint à la main sur une écharpe de soie ; une éclatante pluie de bouquets de fleurs de toutes les saisons, minutieusement décrites, en un kaléidoscope de couleurs éblouissantes consacrant les quatre saisons. La nature dans toute sa beauté.

Flora est depuis un motif incontournable de la grammaire Gucci. Une grammaire qui, d’aillleurs, avait depuis longtemps ravie Grace Kelly. Puisqu’en ville, la princesse était souvent vue, des mocassins Gucci aux pieds.

Il n’est ainsi pas difficile de voir et comprendre l’impact considérable de Grace Kelly sur le glamour, et l’élégance d’aujourd’hui ! Une façon de vivre et de saisir la mode dans tout ce qu’elle a d’exquis. Et de distingué.

Claudia Cardinale, Icône Du Glamour Italien

Claudia Cardinale a incarné, à l’écran comme à la ville, la beauté Italienne toute en sophistication — le tout en donnant au glamour Italien un coup de projecteur essentiel à son essor !

« Un hasard m’avait fait gagner à 17 ans, en 1955, l’élection de La Plus Belle Italienne de Tunis, alors que je ne m’étais pas présentée. La récompense était un voyage à la Mostra de Venise, où je suis allée avec maman et où mon bikini, sur la plage du Lido, a attiré l’attention des réalisateurs, que j’ai tout de suite éconduits. Un journal a même fait mon portrait en titrant « La fille qui ne veut pas faire de cinéma. »

La fille qui ne voulait pas faire de cinéma devint ainsi l’une des actrices fétiches des réalisateurs iconiques du cinéma Italien — Fellini et Visconti en tête.

Mais Claudia Cardinale fut aussi et surtout l’incarnation de l’émancipation féminine des années 60. Glissée dans des silhouettes parfois sensuelles et toujours somptueuses; signées de grands noms de la couture et de la mode…

Claudia Cardinale, Le Glamour Italien

L’histoire de Claudia Cardinale avec le cinéma et la mode s’est donc figée autour de cet épisode du bikini sur la plage du Lido, à la Mostra de Venise. En 1957, le scandale est total. Mais, à l’instar de son idole Brigitte Bardot, l’attitude de Claudia Cardinale figurait bien les prémices de la libération féminine.

Et l’actrice le dira elle-même, en ouverture de la vente évènement de sa garde-robe chez Sotheby’s en juillet 2019: « Ces robes ne montrent pas seulement mon histoire mais un chapitre de l’histoire des femmes. »

Claudia Cardinale, Le Style A L’Ecran

Claudia Cardinale a campé sur grand écran des personnages féminins au diapason de leur époque. Qu’elle incarne une princesse orientale dans la Panthère Rose, la séduisante Angelica Sedara dans le Guépard ou encore son propre rôle de beauté Italienne dans le 8 1/2 de Fellini… Ses toilettes ne laissent que rarement indifférent.

Il faut dire que derrière ses robes à la féminité envolée se dégagent une allure toute en sophistication. Et puis, certains costumes de ces films sont signés de la patte de grands maîtres de la couture.

A commencer par Yves Saint Laurent. C’est bien lui qui réalisa, en 1963, les costumes portés par Claudia Cardinale pour le film La Panthère Rose de Blake Edwards.

Toujours pour le même film, c’est le joaillier Van Cleef & Arpels qui signe l’iconique bijoux de tête porté par Claudia Cardinale.

Des silhouettes minimalistes mais extrêmement allurées par l’aura de Claudia Cardinale… Dans le 8 1/2 de Fellini, c’est bien le style moderne à l’Italienne que l’actrice aide à poser en épitomé d’une élégance décomplexée.

Car la féminité des années 60 n’a plus rien à voir avec celle des décennies précédentes. A cela, le style Claudia Cardinale figure à l’écran une nonchalance devenue caractéristique.

« C’était un de mes rituels de quitter un plateau de tournage avec une seule pièce, même si elle n’avait pas été portée pendant le film – pour garder quelque chose de mon rôle. Quand je regarde ma garde-robe, je me rends compte que j’ai beaucoup appris sur mon propre style à travers le style de mes personnages. Il y avait une vraie continuité entre ma vie et mes rôles. Je leur ai donné ma sensibilité; ils m’ont donné une nouvelle façon de me comprendre… »

Claudia Cardinale: Nina Ricci Et Les Couturiers Italiens

A la ville ou sur les tapis rouges, Claudia Cardinale s’est largement appuyée sur le travail de Nina Ricci. La couturière Franco-Italienne partageait avec Claudia Cardinale le goût pour l’épure et les lignes hautement élégantes. Habituée à draper à même les mannequins ses silhouettes, Nina Ricci trouve en Claudia Cardinale l’allure idéale pour ses créations. Et la fascination est réciproque.

« Nina Ricci m’a offert élégance et légèreté. C’est classique mais en même temps rafraîchissant. Ce n’est jamais lourd dans ses formes. De plus, je pensais que c’était très féminin » confiait ainsi Claudia Cardinale.

Dans les années 60, Claudia Cardinale devient l’incarnation de la femme Ricci — pétillante, élégante mais profondément libre. D’ailleurs, à l’écran, la couturière accompagne aussi l’actrice. Dans la scène finale du film le Cocu magnifique d’Antonio Pietrangeli, la robe de cocktail Nina Ricci, brodée de pétales noirs, retient toute l’attention.

Plus tard, c’est à Armani qu’elle confie ses tenues de ville. « C’est le développement d’un style plus ‘working woman’. Ce moment où les hommes et les femmes ont commencé à s’échanger des vêtements! » précisait-elle ainsi.

Mais Claudia Cardinale a surtout su jeter la lumière sur de nouveaux couturiers — de nouveaux couturiers Italiens. Au tournant des années 60, ceux-ci se libèrent en effet de la domination de la mode Parisienne.

Pour ses pièces grand soir, Claudia Cardinale fait ainsi appel à des noms qui ne résonnent certes pas à l’oreille d’un esthète Français, mais qui figurent bien l’âge d’or de la couture Italienne.

Les coupes sobres et épurées, les volumes maîtrisés, les teintes neutres… Le style du couturier Italien Roberto Capucci sied à merveille l’icône Claudia Cardinale. D’ailleurs, nombre de ses couturiers Italiens figeront sur elle leur inspiration.

Véritable muse des couturiers Italiens, ils taillent pour elle des tenues devenues des icônes du genre — des toilettes somptueuses, richement brodées, qui se diffusent dans le monde entier, sur une Claudia Cardinale reçue en majesté.

Irene Galitzine, Emilio Schuberth ou encore Lancetti, Barocco et Balestra… A travers elle, c’est bien toute la couture Italienne qui trouve ses marques — et son icône !

« La plupart de ces pièces ont été créées par des couturiers italiens. Il y a du Balestra, du Barocco, du Lancetti. C’est toute une époque de la mode italienne qui se trouve là, un moment où ces couturiers se sont libérés de l’influence parisienne » notait aussi Julia Guillon, consultante pour Sotheby’s, à propos de la vente évènement de la garde-robe de Claudia Cardinale, organisée par Sotheby’s en 2019…

L’Evénement Cardinale: La Vente Sotheby’s en 2019

« Cette vente est exceptionnelle par la provenance des pièces qu’elle comprend à laquelle s’ajoutent la personnalité et la carrière de Claudia Cardinale. Certaines pièces témoignent des liens entre la mode et le cinéma, choisies par l’actrice elle-même pour certains de ses grands rôles ou à l’occasion de festivals tels que le Festival de Cannes, la Mostra de Venise ou les Oscars à Hollywood.

D’autres, portées dans sa vie privée, sont le reflet de l’émancipation de la femme à la fin des années 1960: ensembles-pantalons, kimonos, robes d’intérieur et pièces chinées à travers le monde… » précise encore Julia Guillon.

Et il est vrai que cette vente eut un retentissement considérable… C’est que Claudia Cardinale a ainsi permis de présenter au monde l’âge d’or de la couture Italienne — et tout l’esprit de couturiers qui ont su s’affranchir des codes de la couture Parisienne pour imposer les leurs.

A travers la figure artistique de Claudia Cardinale, c’est bien tout un pan de l’histoire de la mode qui a pu s’incarner — celui de l’âge d’or de la Dolce Vita Romaine !

Intitulée « Claudia Cardinale, l’étoffe d’une diva », l’évènement Sotheby’s a permis de jeter une nouvelle lumière sur l’évolution sociale de la mode féminine. A travers les pièces emblématiques portées par Claudia Cardinale, à l’écran comme à la ville, c’est bien tout un nouveau style de vie plus libre encore qui se figure ! Une icône du glamour Italien en somme…

Brigitte Bardot, Icône De Mode

Son oeil charbonneux et sa chevelure désinvolte incarnent tout du style Bardot. Un style qui tient d’abord d’une attitude — incandescente et spontanée – qui a érigé nombre de pièces en icônes !

Dans la préface du livre qui célèbre Le Style Bardot, par Henry-Jean Servat, Brigitte Bardot écrit: « Je m’habillais comme je me coiffais, au coup de cœur selon mon envie du moment. J’ai porté des robes élégantes de grands couturiers, mais aussi des tenues bohèmes ravissantes anti-conventionnelles, des trucs que je dénichais par hasard et qui devenaient à la mode ! Je suis fière d’avoir créé un style qui ne se démode pas puisque je n’ai jamais été à la mode ! »

Car c’est bien cela l’essence de l’icône de mode que fut Brigitte Bardot — l’audace d’une femme à contre-courant des conventions, notamment féminines.

Le Style Brigitte Bardot Et Les Maisons De Mode

Si le style Bardot et d’abord celui de l’effortless, l’icône des années 60 et 70 fut aussi habillée par les couturiers de son temps.

Bardot et Les Couturiers

Bardot et les couturiers, c’est d’abord une histoire d’époque. Dans les années 50 et 60, c’est en effet vers la maison Christian Dior et son New Look que la jeune Brigitte Bardot se tourne.

Découverte en 1949 en Une du magazine ELLE, Brigitte Bardot joue bien souvent les modèles. La même année, elle incarne pour la maison Dior une féminité voluptueuse et très élégante dans cette robe signée de la main de Monsieur. Une robe baptisée Miss Dior.

Car à l’aube des années 60, c’est dans des robes et des jupes à volants infinis que Brigitte Bardot aime à être vue. Pour des cérémonies, des galas ou des réceptions aux quatre coins du monde, celle qui n’a pas encore envoyé valser les conventions de la haute bourgeoise se montre dans des créations Dior.

Une robe rouge vermillon, comme en 1957 pour un gala à Munich. Il n’était pas rare de voir ainsi Brigitte Bardot autour de la mythique boutique Dior du 30 Avenue Montaigne.

L’autre couturier favori de Brigitte Bardot, c’est Pierre Balmain. Avec la ligne Jolie Madame, elle s’appuie sur ce couturier hors-pair pour incarner certains de ces rôles. Comme en 1956, dans le film ‘La Mariee Est Trop Belle’.

Mais voilà, les tonitruantes années 60 sonnèrent l’avènement d’une toute autre Bardot. Figure de proue d’une émancipation qui a envoyé valser les codes de la bourgeoisie et les pièces qui vont avec, Brigitte Bardot va porter haut de nouveaux couturiers bien en phase avec leur époque — elle devient BB.

Devenue un phénomène planétaire avec le film ‘Et Dieu Créa la Femme’ de Roger Vadim en 1956, Brigitte Bardot va incarner plutôt qu’initier le Youthquake.

C’est ainsi qu’elle va tour à tour mettre en vedette des couturiers de la trempe de Yves Saint Laurent, ou encore Paco Rabanne. Paco Rabanne qui, en 1966, lui taille sur-mesure une robe à partir de sa matière industrielle de prédilection.

Avec Yves Saint Laurent, Bardot partage le goût des pièces simples mais riches d’émancipation. Le smoking, le caban et tant d’autres icônes de la maison, Brigitte Bardot va en faire ses pièces iconiques.En 1968, elle s’affiche en Saint Laurent à la première de Shalako, à Londres.

Mais c’est au couturier Jean Bouquin qu’elle confie son style à partir du milieu des années 60 — un style plus groovy et hippie qui l’accompagne de Saint Tropez aux écrans de cinéma !

Elle écrit ainsi: « Celui qui sut mieux que personne m’habiller, me chiffonner, me pavoiser, me déguiser, me dénuder, me sexyfier, me parer et me désemparer. L’unique, le seul, l’irremplaçable Jean Bouquin.

[…] Ces étoffes somptueuses qu’il me tournicotait autour du corps, parures de déesse, soies arachnéennes […] Jean me couvrit de « foulards-robes », de « mini-maxi » indiennes, de chaînes afghanes, de « pantalons-jupes », de coloris fondus et acidulés. Il fût l’inventeur de cette mode extravagante dite hippie que je portais avec tant de joie, qui me colla à la peau pendant tant d’années et qui revient aujourd’hui en force dans tous les journaux à ma mode ! »

Le Vichy Et Jacques Esterel

En parlant de sa mode justement, c’est à Brigitte Bardot et à Jacques Esterel que l’on doit l’intronisation du vichy. Et quelle intronisation ! Désignée la femme la plus belle du monde, Brigitte Bardot a vu ses faits et gestes être scrutés et copiés dans le monde entier.

Incarnation de la femme incandescente, libre et hors catégorie, son mariage en juin 1959, à avec l’acteur Jacques Charrier fait évidemment la Une de la presse. Mais voilà, en sortant de la mairie ce jour là, Bardot a une nouvelle fois fait chavirer les conventions avec une robe de mariée très peu conventionnelle.

Taillée dans un imprimé à carreaux roses et blancs, surmontée d’un petit col Claudine en dentelle anglaise, doublée d’un jupon ample — la robe de mariage de Bardot est alors une robe à imprimé Vichy. Jusque là réservé aux nappes et autres draps de table traditionnels… Brigitte Bardot et Jacques Esterel ont engendré une nouvelle révolution esthétique.

La robe est sortie des ateliers du faubourg Saint-Honoré de Jacques Esterel. Il racontait ainsi vouloir une pièce aussi raffinée et audacieuse que celles de Marie-Antoinette. « J’ai dessiné une robe qui me rappelait les petites bergères du XVIIIe siècle. »

Et si les audaces à la Bardot sont aujourd’hui reconnues dans le monde entier pour avoir posé les jalons d’une mode et d’une attitude devenue la norme, elles n’ont pas toujours été bien accueillies.

Ainsi Brigitte Bardot elle-même se confiait sur l’une d’elles… « A l’Elysée, entre autres, en 1967 : invitée par le général de Gaulle à une réception des arts et des lettres, je suis arrivée les cheveux défaits, en pantalon et veste militaire d’opérette à brandebourgs. Sa femme ne pouvait pas me voir. »

Qu’à cela ne tienne, Brigitte Bardot était devenue BB dans le monde entier.  Au cinéma, en 1963, dans ‘Le Mépris’ de Jean-Luc Godard, elle fait du bandeau une icône des années 1960. Une icône du style moderne même, puisqu’au aujourd’hui encore nombre de ses pièces qui passaient à l’époque pour des audaces stylistiques sont devenues des basiques intemporels…

Et c’est surtout pour ses tenues de ville que le style Bardot s’est ancré dans la mémoire collective.

Le Style Bardot A La Ville

Cuissardes, Repetto Et Col Bardot

A la ville surement plus qu’à l’écran le style Bardot s’est imposé comme le modèle à suivre. Et en parlant de modèle justement, avant d’en devenir un, Brigitte Bardot se destinait à devenir danseuse étoile. Ayant suivie une formation de danseuse de ballet à l’Opéra de Paris, Brigitte Bardot a inspiré une ballerine devenue iconique.

Car c’est bien à sa demande que Rose Repetto a imaginé la mythique ballerine BB, aussi appelée Cendrillon. Une ballerine que Bardot destinait d’abord à son rôle dans ‘Et Dieu Créa La Femme’, de Roger Vadim… Une ballerine qui figure la première création Repetto destinée à être porter dans la vie de tous les jours. Et Bardot l’a portait bien tous les jours !

« Elle a été l’étincelle qui a déclenché les choses. Les gens voulaient avoir le même produit qu’elle. Elle est devenue un symbole de l’émancipation des femmes. Elle a rompu avec les codes de l’époque » déclarait ainsi Jean-Marc Gaucher, actuel directeur général de Repetto.

Dans le même esprit, c’est l’adoration de Bardot pour les cols à large encolure qui imposa la mode, en même temps que son nom à cette ligne toute en sensualité. Les cols Bardot furent en effet l’attribut même du style Bardot — dévoilant sensuellement le cou et les épaules, ils soulignaient la fougue Bardot sans jamais l’exagérer.

Et ce n’est pas là le seul attribut du style Bardot à la ville. Sur elle, un simple t-shirt prenait des allures folles. D’ailleurs, on la voyait souvent simplement habillée d’un jean et d’un t-shirt — déambulant pieds nus dans les rues. Un chic désinvolte qui trouve, peut-être, un écho plus retentissant encore dans les cuissardes.

Véritable phénomène culturel, Brigitte Bardot a ainsi popularisé plus d’une pièces. Lorsque Serge Gainsbourg lui écrit pour la voir interpréter la chanson Harley Davidson, c’est en cuissarde qu’il la fait jouer. Mais Bardot n’a pas attendu Gainsbourg pour les chausser.

Elle apparaissait déjà vêtue de ces bottes, véritables chaussures de l’émancipation féminine des années 60 ! Mais c’est véritablement le style Riviera de Brigitte Bardot qui a largement répandu l’idée d’une femme qui « n’a besoin de personne » pour décider du degré d’exposition de son corps.

Le Style Riviera A La Bardot

Et voilà bien ce que Brigitte Bardot laisse en héritage aux femmes du monde entier. Son style Riviera qui, on peut le dire, s’esquisse en 1953 dans ‘Manina, La Fille Sans Voiles’ de Willy Rozier.

Sorti en 1953, le film contribue très largement à démocratiser le bikini. Car jusque là, sur les plages Françaises, Italiennes ou Espagnoles, les femmes se voyaient contrôler la longueur de leur maillot de bain… Interdit en 1949, il est peu à peu réhabilité face à l’engouement provoqué par ce film. Avant Ursula Andress dans ‘James Bond contre Dr. No’, Brigitte Bardot avait ainsi déjà imposé le bikini à l’écran !

Et à la ville — habituée de Saint Tropez depuis sa tendre enfance, Brigitte Bardot concourt ainsi à l’avènement du petit village de pêcheurs en haut lieu de la jet-set. En 1956, elle incarne bien toute la fougue des jeunes filles de son temps dans ‘Et Dieu… créa la femme’. Le style Riviera était né.

Car, à la ville comme à l’écran, Brigitte Bardot a fait du pantalon corsaire, du pull marin et des pieds-nus sa tenue iconique pour déambuler dans le village Provençal. A force de photos volées, ou d’éditoriaux, comme celui réalisé à Saint Tropez par Willy Rizzo, en 1958… Sa silhouette éminemment sensuelle dans des pièces si simples a fini par faire Ecole.

On n’imagine plus un vestiaire de vacances sans ces indispensables.

Finalement, Brigitte Bardot demeure une source d’inspiration contemporaine pour les maisons de mode, les filles et les femmes du monde entier. Désinvolte et glamour l’air de rien, elle incarne la femme émancipée dans un mélange de sophistication, de masculin-féminin et de laissez-faire, somme toute très Français.

Maria Callas, Divine Icône Couture

Elle fut, peut être, l’une des dernières divas. Au sens propre: Maria Callas fut de celles qui, à la vie comme à la scène, ont incarné la splendeur de la Haute Couture. Avec un naturel déconcertant !

Maria Callas, La Couture En Scène

Maria Callas a su dépasser son statut de cantatrice Grecque pour atteindre celui d’icône internationale. Une icône au destin tragique, peut-être, mais qui a laissé derrière elle la force et la grandeur d’une artiste hors pair.

Une artiste lyrique qui, en plus de sa voix iconique, a largement compris l’intérêt des silhouettes exquises pour transmettre tout le génie dont elle fut dotée.

Le Chef Leonard Bernstein, aux côtés de qui elle se produit dans les années 50, ne se trompe pas lorsqu’il affirme qu’elle est « la plus grande artiste au monde ».

La Naissance De La ‘Divina’

Si les premières photographies de Maria Callas montre une jeune femme timide, il suffit de voir comment la cantatrice a su s’appuyer sur la couture et la mode pour ciseler ses rôles au plus près de leur grandiloquence.

Ainsi, la Callas, comme on l’appelle, n’a pas seulement bouleversé l’art lyrique au travers d’un jeu d’actrice éminemment puissant. Maria Callas a su tirer de son corps, sa posture et ses mouvements une narration plus forte encore !

Utilisant ainsi son corps de manière expressive, elle a su s’appuyer sur le pouvoir transformateur de ses costumes de scène.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de rappeler que c’est à travers cette double dialectique du corps et du vêtement que Maria Callas a atteint des sommets pour rendre plus crédible son interprétation. Et quelle interprétation! On parle ici de personnages d’opéra, antiques ou chrétiens. Peu étonnant alors que Leonard Bernstein l’ait surnommé ‘la Bible de l’opéra’.

C’est simple, tous les grands rôles d’héroïnes lui semblaient destinés. Sa présence magnétique et sa puissance vocale furent ainsi doublées d’un corps destiné à être recouvert des silhouettes les plus abouties. Des interprétations proches de la transe qui ont largement contribué au mythe de la ‘Divina’.

Les Costumes Emblématiques De La Callas

Maria Callas avait le glamour scellé au corps. Qu’elle se glisse dans des robes aériennes, des fourreaux ravageurs, des fourrures opulentes, des capes volumineuses ou des costumes à la limite de l’extase — tout, absolument tout renversait l’attention du public.

Avec un goût excellent pour le choix de ses costumes, Maria Callas a contribué à faire entrer au panthéon de la couture et de la mode nombre de ses costumes de scène. Des références pour les professionnels, et des souvenirs inaltérables pour les amateurs.

C’est ainsi que les costumiers de ses différents opéras ont aussi contribué au mythe de la Divina. L’apparente simplicité de ses costumes cachait en effet une structure très élaborée — laissant ainsi à la seule de Maria Callas le pouvoir d’exulter beauté et émotion.

Le secret? Des soufflets de tulle chair, dissimulés dans les coutures des corsages, augmentent la capacité élastique des tissus. Laissant ainsi Maria Callas libre de respirer plus facilement.

Elle a pu ainsi insuffler aux oeuvres magistrales de l’opéra une nouvelle interprétation plus vivante encore !

Et au fur et à mesure que sa carrière s’épanouissait, ses silhouettes se précisaient… Ses rôles d’opéra ont donné naissance à un éventail de pièces et de bijoux aussi éblouissants que dramatiques — des icônes du genre !

Parmi ses costumes les plus emblématiques, les robes qu’elle arbore pour La Traviata. Ceux encore de la Tosca.

Ceux de l’Aida de Verdi, Norma de Bellini et Medea de Cherubini…

Ses 63 silhouettes, encore, qui s’emboîtent tel un enchantement tout au long de l’opéra Casta Diva.

Des performances tout bonnement divines doublées de costumes fantastiques… C’est encore en actrice dans le film Médée de Pier Paolo Pasolini que Maria Callas subjugue littéralement ! Des colliers en cuivre doré dessinés par Pier Paolo Pasolini lui-même…

Drapée de perles ou glissé dans une étole de velours rouge foncé… Comment oublier sa performance du le 5 juillet 1965 dans Tosca au Covent Garden de Londres. La Callas respirait la sophistication…

Enfin, dans le rôle de Norma dans « Norma » Vincenzo Bellini, Maria Callas atteint des sommets dans une longue cape en velours rouge, bordée de galons or et d’une frange en chenille rouge…

Et sa maîtrise du glamour ne s’arrêtait pas à la scène.

Maria Callas, La Haute Couture Au Quotidien

Maria Callas, La Magnificence De Tous Les Jours

Maria Callas exaltée la beauté et le glamour dans la vie de tous les jours, aussi. C’est à la Milanaise Elvira Leonardi Bouyeure dite Biki qu’elle confiait la réalisation de ses costumes de scène. Et de ville aussi !

Et lorsque Biki est interrogée sur le style Callas, elle répondait sans détour en 1957; Maria Callas est passé de la « paysanne endimanchée » à la « femme la plus élégante du monde. »

Parmi les autres noms ayant largement contribué au glorieux vestiaire de ‘La Divina’, nuls autres que Christian Dior, Lanvin et Yves Saint-Laurent !

Ils ont chacun apporté leurs visions à ses ensembles sur scène, et l’ont accompagné aux quatre coins du monde, dans sa vie ô combien turbulente.

A Milan, en 1958, comme plus d’une fois d’ailleurs, elle se fait photographier en Christian Dior. Cette fois, c’est dans une robe de bal à l’imprimé floral.

Ainsi, La Callas, en tant que directrice de la prestigieuse Julliard School à New York, de 1971-1972, s’appuyait notamment sur un chemisier et une jupe, teinte noire, signée de l’élégance très moderne de Yves Saint-Laurent.

Devenue aussi un personnage central de la jet-set internationale, on pouvait apercevoir Maria Callas à Capri ou Porto Fino, aux côtés de son grand amour tragique, Aristotele Onassis.

Une pochette Bvlgari incrustée de diamants… Un sac Gucci offert en cadeau par la princesse Grace de Monaco.

Côté joyaux, les goûts de la Callas étaient à la hauteur de ses performances scéniques — tout simplement éblouissants.

Signés Cartier ou Swarovski. Pour sa première apparition en tant que Tosca, ses bijoux de scène ont été conçus par le metteur en scène MET Dino Yiannopoulos, exécutés exclusivement pour Callas par Swarovski.

Sur de nombreuses photos, elle porte une paire de boucles d’oreilles en diamants et rubis signée Van Cleef & Arpels. De même qu’un somptueux collier formé de deux rangs de rubis de taille coussin bordés de diamants… Une superbe broche en forme de feuille, sertie de diamants de taille marquise et de rubis de taille coussin, signée aussi Van Cleef & Arpels

Autant de témoins éternels des années de glamour, d’ostentation et d’opulence — des années où Maria Callas irradie de beauté et de raffinement…

Un glamour que la plus adulée des chanteuses lyriques du XXème siècle a laissé dans la mémoire commune.

L’Heritage De Maria Callas

A regarder nombre de collections, Haute Couture ou prêt-à-porter, on sent tout l’héritage de Maria Callas dans l’inventivité des designers contemporains.

Nombre de silhouettes de Marc Jacobs semblent faire écho à son aura incomparable. Mieux, Pierpaolo Piccioli chez Valentino n’a-t-il pas dédié une collection entière à la Divina? On reconnait son influence dans ces coiffures grandiloquentes et ses silhouettes opératiques au glamour éternel.

C’est aussi, parfois, dans des détails que l’on peut lire toute l’influence de Maria Callas. Un héritage qui semble se lire dans le désormais mythique manteau brodé Dior Kim Jones. Une pluie de strass pour l’Automne/Hiver 2021 qui rappelle certes une pièces des archives de la maison Dior. Mais qui sonne, aussi comme cette longue cape en velours rouge bordé de galons or et d’une frange en chenille rouge portée par Maria Callas pour le rôle de Norma…

Une vie comme une oeuvre d’art et de mode donc.

Jane Birkin, Icône De Mode

Jane Birkin est l’icône incontestable d’une mode 70’s, nonchalante et incroyablement inspirée. Une mode à la Birkin qui a donné nombre de pièces iconiques aux vestiaires contemporains.

Jane Birkin, Ce Je-Ne-Sais-Quoi

 A l’instar d’Audrey Hepburn ou Diana, Jane Birkin a défini le style d’une époque. Mais pas que… Avec sa fougue et son panache, sa liberté et son sens du style, Jane Birkin a aussi forgé l’oeil et l’esthétique de nombreux designers.

La Nonchalance De Birkin

Accompagnant l’époque, et notamment le Youth-quake des années 70, pour reprendre l’expression de Diana Vreeland, Jane Birkin a érigé nombre de basiques en pièces incontournables de la mode et du style. Du luxe même. Car, à bien y regarder, le style Birkin est une affaire d’inattendu.

Sans effort et nonchalante à souhait, Jane Birkin a ce je-ne-sais-quoi qui définit la figure de la Parisienne. Le style Birkin est mystérieux et fascinant… Car il dit beaucoup dans un détachement quasi-absolu.

Ainsi, on doit à Jane Birkin une autre forme de féminité. Une féminité plus spontanée et franchement libérée — la quintessence du romantique se fige dans son duo t-shirt blanc et jean évasé.

Habituée des tapis rouge et des Unes de magazines de mode, Vogue en tête, Jane Birkin a rapidement imposé sa vision décomplexée du luxe et de la mode. Une vision où un panier en osier accompagne aisément la plus pointue des robes. Une vision où, encore, il ne fait pas bon en faire trop.

Le je-ne-sais-quoi à la Birkin se lit aussi dans la nonchalance de son allure androgyne. Une allure qui, si elle n’est jamais clinquante, est assurément efficace ! Nombre de ses silhouettes figurent aujourd’hui encore au panthéon des looks intemporels.

Ainsi, c’est par sa liberté flamboyante que Jane Birkin a su habiter les pièces les plus osées du vestiaire féminin. A commencer par la see-through dress.
Au même moment où Yves Saint Laurent présentait sur le podium son iconique see-through blouse, Jane Birkin paradait ainsi dans une robe transparent, ni provocante, ni scandaleuse.

Blazer, chemise d’homme et chandails oversized… L’allure androgyne mais sensuelle, voilà l’équation iconique de Jane Birkin.

Lors d’une récente interview, elle confiait ainsi: « Je me souviens aussi avoir monté les marches à Cannes avec une robe que je portais à l’envers, dos devant. Et puis il y a ce fameux panier portugais que j’avais acheté sur un marché de Londres et qui ne me quittait pas. Si on me refusait l’entrée de Maxim’s à cause de mon panier, je m’en foutais.

J’avais cette assurance. Quand je revois des photos de moi de 1968, mes grands yeux de poupée soulignés d’eye – liner, la bouche exagérée, la frange, je trouve ça horrible. Je me suis trouvée la plus intéressante à quarante ans. J’ai commencé à porter des marcels en coton d’Écosse, des chemises d’homme agnès b. sur des pantalons trois fois trop grands ponctués d’une fine ceinture en cuir rouge avec des baskets sans lacets. Les vêtements de garçon trop grands, c’est bien quand on vieillit. On a l’air fragile. À un moment, il faut savoir renoncer aux robes de dames. Tu prends dix ans dans la vue. C’est comme le maquillage. À un certain âge, il faut arrêter de jouer avec les faux cils. Sinon, on devient terrifiante. »

A l’écran ou à la ville, le style Birkin a ainsi marqué des générations de femmes. Et d’hommes aussi ! Car, on le sait peu, mais c’est elle qui est derrière le style iconique de Serge Gainsbourg.

Le Style Gainsbourg

Dans une interview réalisée par Olivier Lalanne, le Rédacteur en chef du Vogue Hommes International, elle revient sur le style Gainsbourg.

« Tout est de moi, il m’écoutait beaucoup. Pour commencer, il a mis du temps à avoir de la barbe, il faisait plus jeune que son âge, et ça le complexait. Je le trouvais plus beau avec une barbe de huit jours, donc il s’est acheté une tondeuse et l’a entretenue. Ça ressemblait à un maquillage naturel, ça faisait des ombres, ça sculptait son visage. On a envie de s’occuper des hommes qui ont de la barbe, on a l’impression qu’ils n’ont pas su où dormir la nuit passée. Je trouvais très distingué en revanche qu’il n’ait aucun poil ni sur le torse, ni sur les bras. Je lui avais offert des bracelets de vieille comtesse qu’il portait aux poignets et un diams au creux du cou. Il se l’est fait voler un soir de nouvel an à Pigalle et je l’ai remplacé par un saphir. Je suis allergique aux chaussettes, on imagine tout de suite le mec tout nu avec ses chaussettes, c’est misérable.

Un jour, j’étais chez Repetto et, dans un panier de soldes, j’ai trouvé un modèle homme en cuir blanc souple comme un gant. Je l’ai offert à Serge. Il avait les pieds plats et les chaussures le blessaient. Il a porté ces pompes blanches sans chaussettes toute sa vie. Pareil pour les sous – vêtements, je trouve beaucoup plus érotique d’être nu sous son jean. Là encore, j’ai passé le message. »

Jane Birkin Et Les Maisons Françaises

Si l’on retient du style de Jane Birkin sa capacité à élever n’importe quel basique au rang d’icônes insoupçonnées — ses jeans délavés, ses micro-robes et son allure androgyne — on retient aussi son impact sur les maisons de mode.

Jane Birkin, Yves Saint Laurent, Et Paco Rabanne

Et c’est encore Jane Birkin qui raconte le mieux son rapport à la mode Parisienne d’alors:

« Quand je suis arrivée en France, j’étais une copie de Jean Shrimpton. Les Françaises étaient très groomed à l’époque, certes il y avait Françoise Hardy et sa robe Paco Rabanne, mais elle la portait longueur genoux. Moi, j’avais fait enlever des rangs de mailles pour qu’elle ressemble à un long t – shirt. Quand je vois les photos … Je ne réalisais pas qu’elle était si transparente. C’est l’effet flash des photographes. Si j’avais su, je n’aurais pas mis de culotte ! Serge m’avait aussi acheté de très jolies robes chez Saint Laurent, il m’avait même fait faire un modèle haute couture en dentelle blanche pour un bal chez les Rothschild. »

Cette robe, le musée Yves Saint Laurent à Paris en conserve le dessin orignal d’Yves Saint Laurent. Et l’iconique photographe Cecil Beaton l’a capturé, pour l’éternité.

Capable d’injecter une haute dose de naturel dans une robe haute couture spécialement taillée pour ce Bal Proust, en 1971. Capable aussi, d’injecter ce je-ne-sais-quoi au vêtement-extrême imaginé par Paco Rabanne.

Jane Birkin et Serge Gainsbourg ainsi habillés dans un ensemble métal signé Paco Rabanne ne semblent en rien entravés.

Il est ainsi facile de mesurer l’impact de Jane Birkin sur les designers et couturiers contemporains. Telle une aristocrate du cool, Jane Birkin a permis aux femmes de se libérer des carcans attendus, et de l’étiquette… A sa façon !

C’est ainsi qu’on la retrouve tour à tour muse d’Hedi Slimane chez Saint Laurent. La chemise d’homme et la frange éternelles inspirations d’Hedi Slimane… Désormais tout aussi influencé par le style Birkin chez Celine. .

On la retrouve encore sur le défilé Printemps/Eté 2020 de Marc Jacobs — et celui de Gucci par Alessandro Michele.

Mais c’est bien le sac Birkin de la maison Hermès qui cristallise toute la dimension iconique de son style !

Jane Birkin Et La Maison Hermès

En 1983, le PDG d’Hermès Jean-Louis Dumas était assis à côté de Jane Birkin sur un vol effectuant la liaison Paris-Londres. Birkin venait de placer son sac de voyage en paille dans le compartiment supérieur de son siège. Mais voilà, son contenu s’est déversé, laissant Jane Birkin embarrassée. Elle se confie alors, à son voisin de siège, sur la difficulté de trouver un sac de weekend en cuir adéquat.

« L’homme très ordonné qui était assis à côté de moi a dit: ‘Et bien, vous devriez avoir des poches dans votre agenda – toutes vos photos et coupures de presse sur vos enfants et tout le reste ne volerait pas partout.’ J’ai dit: ‘Et bien, que pouvez-vous faire quand Hermès ne les fait pas avec des poches?’

Il a dit: ‘Mais je suis Hermès.’ C’était M. Dumas. Il a dit: ‘Rangez votre agenda. Je vais le faire faire pour vous’, et j’ai dit:’’Pourquoi ne faites-vous pas un sac qui est environ quatre fois le Kelly, afin que nous puissions fourrer toutes nos affaires et ne pas prendre la peine de le fermer?’ Je l’ai dessiné sur une serviette et il m’a téléphoné environ un mois plus tard en disant: ‘Il vous attend chez Hermès.’ »

Ainsi est né le sac le plus convoité de l’histoire. Un sac à l’image de l’icône de mode qu’est Jane Birkin. Pratique mais incroyablement chic !

De la désinvolture et beaucoup de chic, mais toujours pratique — le sac Birkin incarne tout cela. L’air de rien, Jane Birkin a révolutionné la mode, devenant une, sinon la muse de nombreuses maisons Françaises. Elle, l’Anglaise, incarne mieux que personne le je-ne-sais-quoi de la Parisienne.

Pour la collection Automne/Hiver 2000, on retrouve ainsi Jane Birkin sur le podium Hermès où, dans un t-shirt blanc oversized, un pull en col V profond et un pantalon large, elle donnait vie à la mode imaginée par Martin Margiela pour la maison du luxe Français.

Une vision du luxe qui peut se comprendre mieux encore si on en prend connaissance dans son contexte. Et c’est exactement ce que propose l’expérience d’une visite des berceaux du luxe à Paris — le ‘Paris Fashion and Luxury Icons Tour’.

La Toile Oblique De Dior, Signe De Désir

Une toile oblique imaginée en 1967, devenue cette année l’une des plus recherchées — le Canvas oblique Dior est une icône luxe et pop.

La Toile Oblique Et Marc Bohan

Le couturier à la tête de la création la maison Dior durant trois décennies est certes un peu moins populaire qu’Yves Saint Laurent ou John Galliano, mais il n’en reste pas moins derrière l’une toiles les plus iconiques de la galaxie.

C’est lui qui, en 1967, tire des archives de la maison Dior cette toile évènement. La toile oblique tire son nom de la collection du même nom, dessinée par Christian Dior pour l’Automne/Hiver 1950-1951. Mais elle n’apparaît en boutique qu’en 1969, lors de la collection Printemps/Eté.

L’imprimé signe alors ce cabas tiré de la collection. Dès 1974, la toile oblique devient l’élément clé de la boutique homme de Christian Dior — du sol, aux marches de l’escalier, elle devient l’élément de la grammaire Dior Monsieur.

La Toile Oblique, L’Icône Populaire

Si elle reste quelques années de côté dans les tiroirs de la maison, c’est John Galliano qui va l’introduire définitivement dans l’univers de la pop culture. En renversement l’échelle des valeurs de la maison, il imprime à tout va la toile Oblique sur des pièces en accord avec l’époque.

Dans les années 2000, elle est partout — sur des publicités sugestives, sur l’icône qu’est le Saddle Bag, des clips de MTV aux jambes des starlettes de l’époque… La toile Oblique atteint le paroxysme de sa notoriété sur cette publicité du Printemps/Eté 2000 avec Gisèle Bundchen.

Et c’est tour à tour Maria Grazia Chuiri et Kim Jones qui vont remettre au goût du jour cet imprimé emblématique. La directrice artistique de la maison n’hésite à en imprimer d’autres icônes — le Saddle Bag, mais aussi le nouveau Book Tote…

Kim Jones quant à lui en fait un élément clé de sa couture streetwear — apposée par touche sur des sneakers ou en all-over sur des sacs et des complets, la toile Oblique est de nouveau au firmament du désir.

Symbole d’un savoir-faire sans cesse en accord avec son temps, la toile Oblique Dior va de paire avec une obsession pour les codes Dior. Des codes qui, à l’instar du gris Montaigne, du cannage et du léopard, ont encore beaucoup à apporter à la mode contemporaine.