La Collection Capsule Qui Réinvente Le Tailoring Dior

Kim Jones ravive une nouvelle fois les codes clé de la maison de Monsieur. Cette fois, c’est autour d’une collection capsule qui réinvente le tailoring si propre à la maison, que vient s’injecter sa patte streetwear…

Capturée par le photographe Brett Lloyd, la campagne qui met en scène cette nouvelle collection capsule baptisée MODERN TAILORING fige en noir et blanc la filiation entre Christian Dior et Kim Jones.

Car voilà bien le point de départ de la réinvention du tailoring Dior — ce sont les lignes si chères à Monsieur Dior qui guident ici le tailoring façon Kim Jones.

Un tailoring un peu plus organique qui, souple et décontracté, reprend nombre de codes iconiques de la maison de l’avenue Montaigne. A commencer par la mythique veste Bar. On retrouve ici sur ces trois ensembles les boutons identiques à la pièce manifeste de 1947.

Parmi les tissus qui viennent tailler les pièces de la collection Modern Tailoring, on retrouve aussi un clin d’oeil certain aux toiles iconiques de la maison… Un mélange de laine vierge et de mohair, un micro pied-de-poule texturé ou encore un motif Prince de Galles — autant d’éléments qui rappellent l’héritage intemporel de celui qui, il y a plus de 70 ans, réinventait la silhouette contemporaine!

C’est encore un tissu portant le motif cannage, signature de la maison, qui double ses nouveaux costumes éminemment léger. Faciles à porter, ils allurent l’homme Dior d’une attitude plus contemporaine encore.

De quoi renforcer peu plus la filiation entre le casual de Kim Jones et la sophistication du couturier-fondateur. La collection est à découvrir dès à présent !

La Maison Poursin, La Bouclerie du Luxe Français

Le luxe est une émotion qui se ressent avant de se définir. Et la maison qui sert ce dessein depuis près de deux siècles, c’est la maison Poursin. Un savoir-faire discret qui a pourtant signé les pièces les plus exquises de notre patrimoine. Des sacs les plus désirés de notre patrimoine aux ceinturons les plus rock, en pa ssant par le carrosse de la Reine Elizabeth…

Avant Louis Vuitton et Hermès, il y avait la Maison Poursin

On peut facilement retracer l’origine de la maison Poursin — car depuis sa fondation vers 1830, l’atelier est aujourd’hui encore en activité. Alors, remonter le fil de la maison Poursin, c’est finalement remonter celui de l’histoire de France, et de son patrimoine même.

La boucle Poursin, Crédit Photo Jimmy Mettier

L’histoire commence justement vers 1830. L’époque est au faste, au sublime mais aussi au pratique. C’est l’époque du cheval, — et lorsqu’il est question de seller sa monture ou son carrosse, on vise le fonctionnel certes, mais surtout l’esthétique. A cela, la Maison Poursin, qui vient de s’établir dans le 10e arrondissement de Paris, entend y convenir.

Techniquement, la Maison Poursin ne prend son nom qu’en 1907; année où l’associé Simon Poursin en devient le seul propriétaire. Mais l’atelier, installé dès 1891 au 35 rue des Vinaigriers, était déjà riche d’une grande réputation — spécialisé dans les articles fondus pour la sellerie et les harnais d’attelage, il signe les plus prestigieux, dont ceux des cavaleries Royales et Républicaines.

Si la France connaît à cette époque encore un changement radical, entre Monarchie et Empire, l’atelier Poursin, lui, poursuit son travail de maître. Sous Louis-Philippe Ier ou sous Napoléon III, rien n’y change — les ornements des shakos de hussards, les plaques de ceinturons ou autres gibernes et étriers d’apparat… L’exigence Poursin ancre son savoir-faire par-delà les temps et les goûts.

Crédit Photo Jimmy Mettier

La Maison Poursin fournissait les selliers de l’époque — dont le prestigieux sellier Hermès. Il était ainsi naturellement question d’une rencontre autour d’une même vision esthétique…

« Tous les selliers cherchaient la meilleure qualité au niveau de la bouclerie, de l’harnachement et venaient donc chez Poursin » précise Karl Lemaire, actuel propriétaire de la maison. 

Des boucles, faciles et solides, qui ont aussi su taper dans l’oeil des grands noms de la bagagerie Française ; un secteur alors en grande expansion. Parmi eux, Louis Vuitton, bien sûr. Bien avant de fonder sa maison, Louis Vuitton a ainsi passé de nombreuses commandes auprès de Poursin ; notamment pour ses malles.

Crédit Photo Jimmy Metiter  

On le devine, les couturières et couturiers du XXe siècle s’y fournissaient allègrement. Parce que la Maison Poursin répondait à la demande impérative du luxe, celle d’une qualité authentique. On lit dans ses commandes le nom de Jeanne Lanvin, Berluti, Chapal, Charles Jourdan, Chloé, Courrèges et tant d’autres…

Aussi celui de la Reine d’Angleterre ! pour qui la Maison Poursin a en partie équipé la diligence campagnarde tirée par les huit chevaux du carrosse d’Élisabeth II, en 1953, lors de son couronnement…

Du Harnais dAttelage A La Maroquinerie

La mode passe, le style Maison Poursin demeure. Dans les années 20, le cheval semble ne plus faire le poids face à l’automobile. Qu’à cela ne tienne, la maison Poursin s’appuie sur ses archives pour donner le ton — les boucles de harnais ne tardent en effet à inspirer les boucles de ceintures et les fermoirs des sacs à main.

Avant l’avènement de la voiture qui était impopulaire à l’époque, les clients choisissaient dans le catalogue Poursin les ornements pour leur calèche et leurs chevaux. Différents rubans étaient proposés : le ruban russe, le ruban chinois ordinaire, le ruban italien, le ruban penché, le dos d’âne ordinaire, le cordé ordinaire… Les collections sont incroyables.

« Quand l’automobile a supplanté l’hippomobile, monsieur Poursin prend un nouveau virage. Il garde les boucles et leur cadre, il change l’ardillon en créant un ardillon plus fin que celui de l’harnachement » précise encore Karl Lemaire. Cet ardillon devient la signature de la maison Poursin.

Dans les années 20, alors que le cheval et son attelage disparaissaient, les hommes et les femmes de la bonne société avaient déjà initié un mode de vie actif, fait de voyages et de tourisme. Plus rapides, les déplacements nécessitaient désormais des sacs pratiques et malléables. A cela, les maisons Louis Vuitton, Hermès, mais aussi Pinel et Pinel, Moynat y répondirent, de façon magistrale !

Pour les soutenir, la gamme inépuisable de la maison Poursin va générer une multitude d’effets de boucles indispensables à la tenue et la fabrication de ces objets du désir.

L’ardillon Poursin devient iconique. On le reconnait d’un coup d’oeil, biseauté qu’il est dans la matière de prédilection de la maison, le laiton. Il accompagne des dizaines de milliers de modèles de boucles !

Noble et luxueuse, la matière se prête à merveille aux besoins des maisons qui, dès les années 70, accélèrent la production de maroquinerie. La Maison Poursin accompagne alors le luxe et la mode au gré des accessoires et des bijoux de sac.

Ce répertoire est riche aujourd’hui de 60 000 références. « Nous avons 12 000 références commercialisées, à peu près 60 000 avec celles qui ne le sont pas. Le plus vieux catalogue de la maison remonte à 1890 et nous avons toujours en fabrication les accessoires proposés dans celui-ci » détaille la Maison Poursin.

Le savoir-faire Poursin pour la Garde Républicaine Crédit Photo La Garde Républicaine  

Être à la fois le fournisseur de la Garde Républicaine et la maison derrière le fameux ceinturon des plus grandes stars ; voilà toute la versatilité permise par un savoir-faire d’exception.

Les maisons du luxe ne s’y trompent guère. C’est vers la maison Poursin que l’on se tournait hier, et aujourd’hui encore… A l’instar de Fenty par Rihanna, Asphalte, Le Soulor, la Botte Gardiane, Damien Beal ou encore Isaac Reina, Julno et Bleu de Chauffe !

Le Groupe AC.DIS Veille à Préserver Cet Héritage

Tout n’a pourtant été si évident. A l’aube des années 2000 et face à la concurrence Italienne et Asiatique, la bouclerie Poursin vacille. Les machines ont survécu. Le savoir-faire est là, mais les commandes ne suivent pas. Moribonde, elle est sauvée par l’entrepreneur Karl Lemaire — son leitmotiv ? L’amour du bel ouvrage. « Ma priorité est de préserver ces savoir-faire qui sont l’image du luxe français, mais surtout son Histoire » dit-il.

« Je milite contre la zarafication de l’accessoire métallique » ajoute Karl Lemaire.

Karl Lemaire, l’homme derrière la protection du savoir-faire Poursin, Crédit Photo Mélina Vernant

En 2016, il rachète la maison Poursin, appartenant à la même famille depuis quatre générations. Il y conserve tout.

Mieux, il l’ouvre à une nouvelle génération de designers. « On peut travailler comme avant, venir voir sur place les ouvriers travailler un produit commandé sans systématiquement passer par un dessin envoyé par ordinateur au bout du monde. […] On a des Soudeurs manuels, des Polisseurs, un vrai savoir-faire et beaucoup de mal à transmettre ! »

Polies à la main, les boucles ont depuis retrouvé leur noblesse. « On est le dernier fabricant français à cambrer le fil, emboutir, assembler, souder, polir nos boucles en laiton: un matériau noble, écolo, avec une vraie densité, inusable et d’une grande sensualité au toucher. »

La sensibilité au Made In France. Voilà bien ce qui habite l’entrepreneur Karl Lemaire. Déjà en 2012, il assurait la remise en route de la Maison Daudé. En activité depuis 1828, G.Daudé est celui qui a inventé l’Oeillet métallique, le Rivet métallique ! A ses début, Coco avait choisi l’œillet canapé 17C pour sa anse en chaîne.… C’est dire !

Les pièces actuellement au répertoire Poursin 

« Ce qui est intéressant notamment par rapport à Daudé – c’est pour cela que j’ai mon garde républicain à l’entrée – c’est qu’il y a historiquement parlant sur celui-ci du produit Poursin et du produit Daudé ; comme pour les premiers Sac à Main de luxe ! Daudé fournissait tout ce qui était rivets, oeillets et Poursin fournissait tout ce qui était de l’ordre de la bouclerie… » précise Karl Lemaire.

En 2020, Karl Lemaire persévère et fait entrer l’entreprise EUROFAC (créée en1929), matriceur Laiton, dans le giron de AC.DIS, un groupe désormais gardien de talents d’exception — et d’authenticité!

Un groupe qui cultive une identité rare, sollicité plus que jamais par les maisons au service de la Création Française. De la cour du Danemark et celle de Belgique, en passant par les pièces modèles du luxe Français, le savoir-faire de la maison Poursin est partout. Orchestrant la perfection de ces pièces, en toute discrétion.


Le Birkin Hermès, Ce Sac Qui Vaut Plus Que L’Or

1981. Jane Birkin, alors jeune maman de Lou Doillon, fait la rencontre du président de la maison Hermès, Jean-Louis Dumas, lors d’un vol Paris-Londres…

Le Birkin, La Rencontre Parfaite

La rencontre s’est passée à dix mille mètres d’altitude — dans un avion reliant Londres à Paris. Jane Birkin est alors une jeune maman un brin débordée. Si elle plus tard elle racontera plusieurs versions de la rencontre qui mena à la création du Birkin, la trame reste la même: aucun sac n’est adapté à ses besoins. Agenda, biberons, effets personnels…

« J’étais dans un avion entre Londres et Paris dans les années 80 et j’étais assise, sans le savoir, à côté de Jean-Louis Dumas, le président d’Hermès. Mon agenda Hermès était si chargé que tout est tombé. Il m’a dit que je ferais mieux de mettre mes effets personnels dans des poches fermées. Je lui ai répondu : ‘Si Hermès mettait des poches…’ il a répliqué ‘Je suis M. Hermès et je vais mettre des poches pour vous’. Un mois plus tard, il m’a fait envoyer un sac et m’a demandé s’il pouvait l’appeler le Birkin. »

Jean-Louis Dumas lui a dessiné un sac inspiré du premier sac Hermès à haut courroies, souple et profond, estampillé des caractéristiques de la maison pour laquelle il opère… Cale astiquée, cadenas, et point de couture sellier. Le Birkin était né. Chic et pratique.

Dès sa première édition, en 1984, le sac « Birkin » Hermès déchaîne les passions. Le succès est immédiat. D’une rencontre fortuite est ainsi née un sac iconique. Un sac comme un chef d’œuvre artisanal.

Comment Est Fait Le Birkin?

Cette pièce, coupée dans les peaux les plus précieuses est fabriquée à la main — réalisée de bout en bout par un même artisan. Près de 48 heures d’un travail minutieux…

Pendant des semaines, l’artisan Hermès appose sa signature comme un gage d’unicité. Chaque Birkin est bien une pièce unique. Composé d’un rabat, le sac se tient grâce à deux anses rigides. L’intérieur est compartimenté d’une grande poche plaquée et d’une poche munie d’une fermeture éclair. Grand, élégant, pratique.

Face à ce procédé de fabrication d’une infime minutie, un système de liste d’attente a du être mis en place; il perdurera jusqu’en 2011. Car le succès du modèle est tel qu’il a fallu multiplier les ateliers de fabrication.

« Nous ne transigerons jamais avec le niveau d’excellence, même si c’est au détriment de la croissance. Dans les années 1990, nous ne pouvions pas fournir la demande pour notre sac Birkin. Nous avons très simplement fait le choix de ne pas sacrifier la qualité. Des listes d’attente sont apparues, ce qui a été perçu parfois comme un outil marketing. Le succès de nos sacs résulte d’une éthique intransigeante sur le savoir-faire, selon le principe nautique grec : « Pour qui n’a pas de cap, pas de vent favorable. » note ainsi l’actuel PDG de la maison Hermès, Axel Dumas.

Au gré des saisons, au gré des inspirations, l’allure du Birkin a sans cesse changé pour se parer de cuir lisse, de crocodile, de velours ou d’autruche… Dans une dizaine de tons unis, ou multicolores.

5 tailles en sont désormais proposées: 25 cm, 30 cm, 35 cm, 40 cm ou 45 cm.
Un sac de dame à la décontraction suprême… Le Birkin réédité, réinterprété, recréé, il n’en demeure pas moins un sac à la cotte exponentielle.

Et parce qu’il brille d’une perfection incroyable, signe de la maison Hermès, nul besoin d’en faire la publicité — le sac est un object d’exception.

Il n’y a qu’à voir les dernières enchères — la valeur des sacs Birkin a augmenté de 500%… Le plus cher jamais vendu?

1,9 millions de dollars pour le Crocodile Gold Birkin Bag. De quoi en faire un investissement plus lucratif que l’or.

Les Icônes Gucci En Fête Dans La Campagne Gift Giving 2020

La toile diamantissima, les mocassins Mors ou encore le sac GG — les icônes Gucci se fêtent dans une campagne allumée qui allure plus encore la grammaire iconique de la maison fondée par Guccio Gucci, désormais menée par l’audacieuse créativité d’Alessandro Michele.

Alessandro Michele a littéralement réinventé la grammaire de Gucci autour d’une ligne esthétique toute en audace et références vintage. Pour la campagne Gift Giving 2020, l’actuel directeur de la création de la maison s’est entouré du directeur artistique Christopher Simmonds, du photographe Mark Peckmezian et du réalisateur Akinola Davies Jr pour mettre en forme une réalisation à l’ambiance survoltée !

Et c’est dans la tradition phare des années 90 qu’ils sont allés puiser l’inspiration de la campagne Gucci Gift Giving 2020. Une ode au « Noël d’entreprise » des années 1990, mise au prisme de l’allure exubérante et éminemment élégante de la collection Gucci Gift Giving.

« À 17 heures, on pousse les tables et l’ambiance de bureau disparaît aux sons des chansons pop des années 80 et des bouchons de champagne qui sautent. Tels des super héros métamorphosés par leurs vêtements Gucci, les employés se transforment en fêtards extravertis et se lancent dans des chorégraphies sur la moquette de la piste de danse improvisée. Libérés par leurs looks et la musique diffusée par le lecteur à cassettes, ils révèlent leur vraie personnalité comme dans une pièce de théâtre où l’on échangerait les rôles et les identités, transformant ce décor banal en un univers fantaisiste réjouissant » note le communiqué presse de la maison.

Et cette ambiance décalée épouse à merveille l’allure renouvelée des icônes Gucci. La toile diamantissima, tissu remarquable et motif incontournable de la maison Gucci, se pense ainsi en denim, dans un vert émeraude ou son beige traditionnel. Venant habiller un tailoring très 70’s, elle incarne l’esprit d’innovation de Guccio Gucci. Créé au milieu des années 30, le motif diamantissima ornait en effet les bagages en toile – une manière élégante et innovante de faire face à la pénurie de cuir qui sévit alors.

Autre pièce phare de cette collection Gift Giving, les iconiques mocassins Mors conservent leur palette de couleurs pour mieux équilibrer l’audace de ces nouvelles silhouettes Gucci.

Vedette inconstatable de cette campagne haute en couleur, le sac GG Marmont 2.0 adopte paillettes ou tissu jacquard en laine. Estampillé du logo GG, référence directe au fondateur Guccio Gucci, l’accessoire emblématique de cette nouvelle collection s’amuse ainsi de couleurs pop allant du doré à l’argenté en passant par les teintes pastels !

Mais il y a mieux encore — la facétie éminemment allurée de la collection Gift Giving 2020 de Gucci se transforme aussi en un nouveau jeu vidéo Gucci. Inspiré de la campagne, le jeu reprend le légendaire jeu d’arcade Conga Master développé par Undercoders — la dernière création digitale de Gucci voit ainsi les joueurs se mettre dans la peau d’un employé de bureau qui doit rejoindre ses collègues pour danser le conga.

Grâce à une expérience 3D qui reproduit l’environnement de la campagne Gift Giving 2020, les danseurs peuvent aussi s’immerger dans l’ambiance des fêtes façon Gucci ! De quoi raviver un peu plus encore le désir pour les icônes de cette maison centenaire.

Le Retour Tonitruant Des Cuissardes Bardot De Roger Vivier

Serge Gainsbourg lui a dédié une chanson — Brigitte Bardot l’a interprété, tonitruante sur sa Harley Davidson. Chaussée de ces légendaires cuissardes Roger Vivier !

31 décembre 1967. Sur le petit écran, le Show Bardot captive l’audimat. Interprétant live ses plus grands titres, de la Madrague à Bonnie and Clyde et Moi Je Joue, Brigitte Bardot s’amuse et enfile pour chacun d’eux une tenue différente.

Soudain, la mise en scène choisie par Brigitte Bardot fait l’effet d’une bombe — la chanson est signée Serge Gainsbourg. La pièce scandaleusement désirée est, elle, l’oeuvre de Roger Vivier. Oui, lorsque vient le moment de la chanson Harley Davidson, la mode est sur le point d’accueillir un nouvel objet du désir.

Il faut dire que l’artiste qu’est Roger Vivier est déjà un maître du soulier lorsqu’il fait se côtoyer son génie et la modernité pop des années 60. Celui que l’on surnomme le “Fragonard de la chaussure“; Roger Vivier est passé maître dans l’art de botter les femmes l’aplomb. En effet, c’est vers ce virtuose du soulier que s’est tournée la reine d’Angleterre, en 1953, pour les chaussures de son couronnement.

En 1954, il donne comme un “ coup de crayon“ à la silhouette en inventant le talon aiguille… De 1953 à 1963, il signe les souliers accompagnant les somptueuses robes Dior. En 1965 il participe à l’épopée YSL, en accompagnant d’un soulier à bout carré une des mythiques robes Mondrian.

En 1960, c’est donc lui qui pare les jambes de Brigitte Bardot de ces cuissardes ! Et ces cuissardes signent, en 2020, leur retour tonitruant.

Nouvelles Belle Vivier

Les nouvelles cuissardes « Belle Vivier » de Roger Vivier se réinventent ainsi légèrement sous la vision de l’actuel directeur artistique de la maison, Gherardo Felloni. En plumes, en bijoux, franges, ou piquées de l’iconique boucle des ‘Belle Vivier’, les cuissardes signent l’allure des femmes qui n’ont toujours besoin de personne. En Harley Davidson, ou non !

Nouvelles Belle Vivier

Le Retour De L’Icône Prada Re-Nylon, Collection 2020

Le nylon Pocono qui a érigé le vestiaire Prada en épitomé du luxe moderne revient dans une collection 2020 transposant pour la première fois la vision Re-Nylon en prêt-à-porter Prada. Et c’est dans une démarche rendant ce nylon recyclable à l’infini que la transposition opère.

La Collection 2020 Re-Nylon Prada

Introduit en 1984 comme sac à dos, le pocono Prada est très vite devenu une icône de mode. Il faut dire que le geste de Miuccia Prada tenait à l’époque pour une révolution — héritière d’un empire du luxe, Miuccia Prada a su comprendre avant tout le monde que le luxe moderne tenait avant tout à sa façon d’épouser la beauté industrielle.

Dépoussiérant ainsi la vision d’un luxe ampoulé, Prada s’est imposée comme la maison la plus avant-gardiste de la monde mondiale. Aujourd’hui encore, c’est à Miuccia Prada que l’on doit les avancées les plus probantes en matière de gestes d’élégance tout sauf surannée. Dernière en date, la première collection née de la collaboration entre Prada et Raf Simons.

Le nylon Prada a ainsi eu nombre d’occasions de démontrer sa versatilité, mais surtout sa puissance esthétique lorsqu’il s’agit de s’insérer dans les silhouettes les plus pointues du paysage. Ce faisant, cette collection 2020 Re-Nylon de Prada innove une nouvelle fois !

Transposant pour la première fois la vision Re-Nylon en prêt-à-porter Prada, le Pocono vient signer des pièces pour homme et pour femme.

Cette fois, les deux créations en textile nylon signature de la maison Prada se déclinent dans des versions durables Re-Nylon. Fine, brillante et légère, cette gabardine en nylon se tisse sur un métier à soie, tandis que sa version plus fine et légère, plus soyeuse aussi, porte le nom de Piuma. Plume en Italien.

Le résultat? Des pièces mêlant allègrement sportswear et élégance très luxe — des robes de cocktail à poches, des jupes évasées et des manteaux cocons habillent la femme Prada en 2020. Ces robes d’ailleurs gagnent en pertinence lorsqu’on les comprend dotées de poches avant, de boucles et de bretelles… Conçues entre accessoire et vêtement, elle vise la quête de Miuccia Prada — celle d’aboutir à l’équilibre parfait entre fonctionnalité et parure.

En 2020, ces robes Prada se métamorphosent ainsi en sac à dos Prada; évoquant par là même la notion de recyclage et de régénération au coeur de cette ligne Re-Nylon 2020.

Les hommes eux trouvent dans les pardessus à la ligne élancée, taillée en nylon, tout le caractère edgy d’une silhouette bien dans l’air du temps.

Mais il y a mieux. Le logo de Prada se réinvente pour signaler la dimension durable, entièrement régénérée de ce nylon iconique. La ligne Re-Nylon se figure ainsi dans un triangle qui délaisse les angles pour adopter la forme d’une flèche circulaire — symbole de renouveau permanent et du cycle de vie éternel de Re-Nylon.

Côté accessoire, l’iconique sac à dos de 1984 revient pour mieux souligner encore l’attrait intemporel du nylon Prada. Un nylon qui fait sens, en 2020, peut être plus encore qu’à l’époque où il a révolutionné la vision du luxe !

La Vente Artcurial De La Collection Jeanne Moreau

Du 16 au 22 Octobre 2020, la maison Artcurial organise une vente évènement — celle de la collection Jeanne Moreau. Une collection immense, avec des images de l’icône prises par les photographes les plus illustres de notre temps, ainsi que des pièces de haute coutures spécialement taillées pour l’actrice. La vente digitale assure de disperser une myriade d’objets d’exception !

La beauté et le talent électrisants de Jeanne Moreau n’ont pas seulement brillé dans les films les plus cultes du cinéma moderne. Du mythique Jules et Jim de François Truffaut, aux chefs-d’oeuvre que sont La Baie des Anges de Jacques Demy, Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel, en passant par La mariée était en noir, là encore de François Truffaut… Jeanne Moreau a figé dans la mémoire l’éclat d’une personnalité, et un jeu d’actrice éminemment élégant.

Cette fulgurante incarnation de la femme moderne, Jeanne Moreau l’a souvent appuyé grâce à une msie en pli très éclatante.

Ces pièces parfois taillées par les couturiers de génie pour Jeanne Moreau, sont aujourd’hui au coeur du catalogue de vente de la maison Artcurial.

Jeanne Moreau, La Mode et Les Couturiers

S’il est un couturier dont l’histoire est intrinsèquement liée à celle de Jeanne Moreau, c’est évidemment Pierre Cardin. Une relation passionnée dont l’amour, a fait naître certaines pièces flamboyantes aujourd’hui proposées à la vente par Artcurial.

Des pièces dont le public a tout de suite reconnu la modernité dans La Baie des Anges de Jacques Demy. Ou encore dans Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel.

Pierre Cardin, Haute Couture 1995 ©Art Curial

Ainsi donc, 17 des pièces Pierre Cardin portées par Jeanne Moreau dans la vie ou sur le tapis rouge seront mises aux enchères dès le 16 Octobre sur leurs site.

Jeanne Moreau à conquis le coeur d’une autre grande couturière –  Coco Chanel ! qui a trouvé en elle plus qu’une ambassadrice, une véritable complice grâce à leur points commun dont leurs liberté de ton et l’approche  chic de l’allure. Chanel a habillé Jeanne Moreau à plus d’une occasion. 

Chanel Haute Couture, Circa 1960 ©Art Curial

Les premiers costumes confectionnés par Coco Chanel pour le film Les Amants de Louis Malle (1958) ont été le débutune relation fusionelle entre l’actrice et la maison.

Artcurial propose notamment à la vente un ensemble en velours noir et satin ivoire dessiné par Karl Lagerfeld pour Jeanne Moreau mais aussi des vetements réalisés par le plus inspiré des grands couturiers – Yves Saint Laurent.

Yves Saint Laurent Haute Couture circa 1990/1995 ©Art Curial

Parmis les pièces YSL Couture, et YSL Rive Gauche toute l’attention se portera sur l’ensemble manteau et robe en lamé doré; le manteau en mousseline panthère, la robe trapèze en dentelle et sequins noirs et… les fourrures à ne plus savoir où regarder !

Portées pour les Oscars, les Césars ou encore pour La Mostra de Venise — ces pièces ont accompagné Jeanne Moreau dans ses rôles et dans la vie. Hermès, Goyard, Alaïa, Kenzo, Cartier… Cette vente aux enchère en ligne illustre parfaitement le style et le goût de Jeanne Moreau, de son dressing, à des portraits, car la vente propose, aussi, des photos figeant l’actrice sous l’objectif des photographes les plus illustres de notre temps !

Jeanne Moreau Sous L’Oeil Des Photographes Iconiques

Cecil Beaton, Helmut Newton ou encore Peter Lindbergh. Nombre de photographes ont pris pour sujet l’élégance de l’actrice.

Dans un style souvent épuré pour mieux laisser surgir la grâce et le chic de son allure follement inspirante, ces clichés sont assez rares pour souligner l’événement qu’est leur présence  dans le catalogue de cette vente Artcurial.

Helmut Newton Jeanne Moreau, circa 1980 ©Art Curial

Parmi les portraits on trouvera, deux épreuves argentiques d’époque de Jeanne Moreau par Helmut Newton vers 1980, mais aussi trois épreuves argentiques signées Brigitte Lacombe, en 1996.

Henri Cartier-Bresson Jeanne Moreau 1978 ©Art Curial

Mais également, une photographie bien espiègle par Slim Arrons, prise en 1970 ou encore une Jeanne Moreau radieuse et souriante capturée par l’oeil décisif d’Henri Cartier-Bresson…Portrait accompagné du mot « pour Jeanne Moreau, avec mon amical souvenir. »

Tant de souvenirs de la vie de cette icône seront dispersés lors de cette vente qui s’annonce formidable !

Cette vente, 100 % digitale au profit de la Fondation Jeanne Moreau, se déroulera ainsi en même temps que l’exposition chez Artcurial Paris.
Commencant le 16 Octobre à midi, elle prendra fin le 22 Octobre 2020.

Le 125ème Anniversaire Berluti Avec La Monnaie De Paris

Quatre générations de maîtres-bottiers ont amené jusqu’à nous un savoir-faire incomparable en matière de soulier — un savoir-faire célébrant aujourd’hui son 125ème anniversaire autour de l’emblématique modèle Andy.

Si BERLUTI porte dans son répertoire un modèle iconique baptisé Andy, c’est bien à Andy Warhol qu’il fait référence.

En 1962, Andy Warhol montait en effet les marches de la boutique du 26 rue Marbeuf à Paris. Alors qu’Olga Berluti – la quatrième génération – y apprenait le métier de bottier, elle est chargée de prendre la commande de cette paire de mocassins dessinée par le roi du Pop Art Américain. Mais à l’époque, il est totalement inconnu du grand public.

Comprenant qu’elle avait affaire à un être d’exception, Olga Berluti confectionna pour Andy Warhol une paire de souliers uniques. En secret, à partir des peaux qu’elle put trouver, elle confectionna ainsi une paire de mocassins d’une modernité inouïe pour l’époque.

Lorsqu’il revint, un an plus tard, chercher ses souliers, Andy Warhol s’est vu expliquer que sa paire n’était pas tout à fait comme les autres… En effet, la peau qui servit à leur confection présentait un défaut invisible, à première vue — sur l’un des deux souliers, une veine saillante traversait en effet le plateau. C’est que… la peau était celle d’une vache transgressive, comprenez par là de celles qui aiment se frotter aux fils barbelés.

Pour Andy Warhol, que la transgression transcende, cette particularité conférait à ses souliers un caractère unique. L’histoire veut que cet épisode fit décréter à Andy Warho que, dorénavant, il ne voudrait plus «  que des souliers construits dans la peau de vaches transgressives.  »

Pour les 125 ans de la maison, BERLUTI a ainsi tout naturellement choisi de réinterpréter l’iconique modèle Andy. Mais cette fois, dans une version Penny Loafer, à travers une collaboration avec la Monnaie de Paris.

BERLUTI imagine ainsi un Penny Loafer embossé du blason BERLUTI et légèrement incurvé pour un confort optimal — dont le ‘penny’ est ici spécialement frappé par la Monnaie de Paris.

De quoi ajouter à l’exceptionnel du savoir-faire BERLUTI; la manufacture Française frappe en effet monnaies et médailles depuis l’an 864…

Sur les nouvelles Andy, on file donc la légende des Penny Loafer. Ces chaussures, portées par les jeunes Britanniques du XXème siècle, doivent leur nom à ce que ces étudiants glissaient un penny dans l’empiècement en demi-lune sur le dessus de leurs mocassins, au cas où ils devraient utiliser une cabine téléphonique.

On voit ici les monnaies frappée d’or ou d’argent par la Monnaie de Paris se glisser sur le devant des Andy Penny Loafer — reprenant tour à tour les motifs signatures de BERLUTI, ou ses emblèmes ! À l’occasion des 125 ans, encore, la semelle intérieure se pare du logo de la maison…

BERLUTI prend aussi le soin d’injecter à ces légendaires chaussures sa vision d’un chic survolté autour de quatre versions en édition limitée. Pleine fleur, souple, brut et patiné à la main  — toutes sont taillées dans le cuir fétiche de la maison BERLUTI, le cuir Venezia.

Des souliers doublement iconique donc, disponibles dans les boutiques BERLUTI du monde entier et sur le site, à partir de ce jeudi 15 octobre 2020.

La Malle Futuriste de Louis Vuitton Pour le P/E 2021

C’est au coeur de la nouvelle Samaritaine que Nicolas Ghesquière a introduit son vestiaire Louis Vuitton pour la prochaine saison — un vestiaire où le directeur artistique questionne la notion de ‘neutralité esthétique’.

« On s’aventure sur un territoire encore flou d’un point de vue stylistique. Une zone sensible qui efface le genre et promet des possibilités créatives exponentielles. À quoi ressemble une pièce entre les deux ? Quel genre de coupe peut dissoudre le masculin et le féminin ? » La note d’intention de Nicolas Ghesquière pose ainsi les grandes lignes de cette collection Louis Vuitton Printemps/Eté 2021.

Une collection où les silhouettes fleurant bon les années 80 – décennie favorite du designer – semblaient faire fusionner une sorte de radicalité futuriste à l’héritage LV.

Il résulte ici des silhouettes où les drapées de satin caracolent sur des t-shirts mêlant savamment athleisure et techniques coutures. On retrouve ainsi la volonté de Nicolas Ghesquière d’inviter la maison Vuitton à entrer vers l’hybridité — on mêle motifs, lignes et techniques dans une once de hiérarchie.

« Colorer le neutre, forger son caractère, l’inviter à la radicalité, lui donner une personnalité. Ce n’est que le début d’une réflexion ouverte, stimulante et fondamentalement volontaire » explique encore Nicolas Ghesquière.

Et ses silhouettes du Printemps/Eté 2021 invitent en effet à questionner ce qui semble évident, à première vue. A cela, les silhouettes invitent effectivement à y regarder de plus près. Décelant avec plaisir les effets coutures et le confort des matières un brin plus sport, apposées au classique du vestiaire moderne.

Côté icône, c’est la petite malle Louis Vuitton qui capture l’attention dans cette version chromée. Une version plus pratique, peut être, qui accompagne la nouvelle fille Vuitton dans ce futur qui, bien qu’incertain, admet un horizon fluide et hybride pour la mode griffée LV. Tant sur le fond que dans la forme de ces pièces toujours plus pionnières.

Punk Is Not Dead: Vivienne Westwood P/E 2021

Vivienne Westwood a encore beaucoup à dire sur ce qu’est le mouvement punk en 2020 —un esprit viscéralement attaché à la préservation de l’environnement. Et des silhouettes qui témoignent du potentiel d’un tel engagement !

Pour le Printemps/Eté 2021, Andreas Kronthaler pour Vivienne Westwood signe une collection éminemment expérimentale, résolument punk ! Réalisée durant le confinement, en Grande Bretagne, cette collection semble renouer avec l’essence de la maison — celle d’une mode historique, provocatrice et irrévérencieuse.

Parmi les looks présentés sous la forme d’un mini-film poétique et quelque peu déjanté, ce sont ces grandes robes drapées de façon asymétrique qui capturent le propos de la saison prochaine d’Andreas Kronthaler for Vivienne Westwood.

Un propos où les robes semblent une nouvelle fois taillées dans des tissus que l’on aurait comme trouvé; des pièces alambiquées mais savamment exécutées qui démontrent que le punk n’est pas mort !

Cette collection va à l’essentiel de l’ADN Westwood. Une démarche expérimentale, et un esprit punk qui se lit désormais dans la transparence éthique si chère à la maison. Organiques et recyclées, les matières utilisées pour tailler des silhouettes tout sauf conventionnelles rappellent le coeur de la maison Westwood — une maison où la mode, comme la poésie, propulse l’individu dans le monde de la créativité. Ces vêtements servent bien la quête de l’identité personnelle.