La Collection Capsule Qui Réinvente Le Tailoring Dior

Kim Jones ravive une nouvelle fois les codes clé de la maison de Monsieur. Cette fois, c’est autour d’une collection capsule qui réinvente le tailoring si propre à la maison, que vient s’injecter sa patte streetwear…

Capturée par le photographe Brett Lloyd, la campagne qui met en scène cette nouvelle collection capsule baptisée MODERN TAILORING fige en noir et blanc la filiation entre Christian Dior et Kim Jones.

Car voilà bien le point de départ de la réinvention du tailoring Dior — ce sont les lignes si chères à Monsieur Dior qui guident ici le tailoring façon Kim Jones.

Un tailoring un peu plus organique qui, souple et décontracté, reprend nombre de codes iconiques de la maison de l’avenue Montaigne. A commencer par la mythique veste Bar. On retrouve ici sur ces trois ensembles les boutons identiques à la pièce manifeste de 1947.

Parmi les tissus qui viennent tailler les pièces de la collection Modern Tailoring, on retrouve aussi un clin d’oeil certain aux toiles iconiques de la maison… Un mélange de laine vierge et de mohair, un micro pied-de-poule texturé ou encore un motif Prince de Galles — autant d’éléments qui rappellent l’héritage intemporel de celui qui, il y a plus de 70 ans, réinventait la silhouette contemporaine!

C’est encore un tissu portant le motif cannage, signature de la maison, qui double ses nouveaux costumes éminemment léger. Faciles à porter, ils allurent l’homme Dior d’une attitude plus contemporaine encore.

De quoi renforcer peu plus la filiation entre le casual de Kim Jones et la sophistication du couturier-fondateur. La collection est à découvrir dès à présent !

La Maison Poursin, La Bouclerie du Luxe Français

Le luxe est une émotion qui se ressent avant de se définir. Et la maison qui sert ce dessein depuis près de deux siècles, c’est la maison Poursin. Un savoir-faire discret qui a pourtant signé les pièces les plus exquises de notre patrimoine. Des sacs les plus désirés de notre patrimoine aux ceinturons les plus rock, en pa ssant par le carrosse de la Reine Elizabeth…

Avant Louis Vuitton et Hermès, il y avait la Maison Poursin

On peut facilement retracer l’origine de la maison Poursin — car depuis sa fondation vers 1830, l’atelier est aujourd’hui encore en activité. Alors, remonter le fil de la maison Poursin, c’est finalement remonter celui de l’histoire de France, et de son patrimoine même.

La boucle Poursin, Crédit Photo Jimmy Mettier

L’histoire commence justement vers 1830. L’époque est au faste, au sublime mais aussi au pratique. C’est l’époque du cheval, — et lorsqu’il est question de seller sa monture ou son carrosse, on vise le fonctionnel certes, mais surtout l’esthétique. A cela, la Maison Poursin, qui vient de s’établir dans le 10e arrondissement de Paris, entend y convenir.

Techniquement, la Maison Poursin ne prend son nom qu’en 1907; année où l’associé Simon Poursin en devient le seul propriétaire. Mais l’atelier, installé dès 1891 au 35 rue des Vinaigriers, était déjà riche d’une grande réputation — spécialisé dans les articles fondus pour la sellerie et les harnais d’attelage, il signe les plus prestigieux, dont ceux des cavaleries Royales et Républicaines.

Si la France connaît à cette époque encore un changement radical, entre Monarchie et Empire, l’atelier Poursin, lui, poursuit son travail de maître. Sous Louis-Philippe Ier ou sous Napoléon III, rien n’y change — les ornements des shakos de hussards, les plaques de ceinturons ou autres gibernes et étriers d’apparat… L’exigence Poursin ancre son savoir-faire par-delà les temps et les goûts.

Crédit Photo Jimmy Mettier

La Maison Poursin fournissait les selliers de l’époque — dont le prestigieux sellier Hermès. Il était ainsi naturellement question d’une rencontre autour d’une même vision esthétique…

« Tous les selliers cherchaient la meilleure qualité au niveau de la bouclerie, de l’harnachement et venaient donc chez Poursin » précise Karl Lemaire, actuel propriétaire de la maison. 

Des boucles, faciles et solides, qui ont aussi su taper dans l’oeil des grands noms de la bagagerie Française ; un secteur alors en grande expansion. Parmi eux, Louis Vuitton, bien sûr. Bien avant de fonder sa maison, Louis Vuitton a ainsi passé de nombreuses commandes auprès de Poursin ; notamment pour ses malles.

Crédit Photo Jimmy Metiter  

On le devine, les couturières et couturiers du XXe siècle s’y fournissaient allègrement. Parce que la Maison Poursin répondait à la demande impérative du luxe, celle d’une qualité authentique. On lit dans ses commandes le nom de Jeanne Lanvin, Berluti, Chapal, Charles Jourdan, Chloé, Courrèges et tant d’autres…

Aussi celui de la Reine d’Angleterre ! pour qui la Maison Poursin a en partie équipé la diligence campagnarde tirée par les huit chevaux du carrosse d’Élisabeth II, en 1953, lors de son couronnement…

Du Harnais dAttelage A La Maroquinerie

La mode passe, le style Maison Poursin demeure. Dans les années 20, le cheval semble ne plus faire le poids face à l’automobile. Qu’à cela ne tienne, la maison Poursin s’appuie sur ses archives pour donner le ton — les boucles de harnais ne tardent en effet à inspirer les boucles de ceintures et les fermoirs des sacs à main.

Avant l’avènement de la voiture qui était impopulaire à l’époque, les clients choisissaient dans le catalogue Poursin les ornements pour leur calèche et leurs chevaux. Différents rubans étaient proposés : le ruban russe, le ruban chinois ordinaire, le ruban italien, le ruban penché, le dos d’âne ordinaire, le cordé ordinaire… Les collections sont incroyables.

« Quand l’automobile a supplanté l’hippomobile, monsieur Poursin prend un nouveau virage. Il garde les boucles et leur cadre, il change l’ardillon en créant un ardillon plus fin que celui de l’harnachement » précise encore Karl Lemaire. Cet ardillon devient la signature de la maison Poursin.

Dans les années 20, alors que le cheval et son attelage disparaissaient, les hommes et les femmes de la bonne société avaient déjà initié un mode de vie actif, fait de voyages et de tourisme. Plus rapides, les déplacements nécessitaient désormais des sacs pratiques et malléables. A cela, les maisons Louis Vuitton, Hermès, mais aussi Pinel et Pinel, Moynat y répondirent, de façon magistrale !

Pour les soutenir, la gamme inépuisable de la maison Poursin va générer une multitude d’effets de boucles indispensables à la tenue et la fabrication de ces objets du désir.

L’ardillon Poursin devient iconique. On le reconnait d’un coup d’oeil, biseauté qu’il est dans la matière de prédilection de la maison, le laiton. Il accompagne des dizaines de milliers de modèles de boucles !

Noble et luxueuse, la matière se prête à merveille aux besoins des maisons qui, dès les années 70, accélèrent la production de maroquinerie. La Maison Poursin accompagne alors le luxe et la mode au gré des accessoires et des bijoux de sac.

Ce répertoire est riche aujourd’hui de 60 000 références. « Nous avons 12 000 références commercialisées, à peu près 60 000 avec celles qui ne le sont pas. Le plus vieux catalogue de la maison remonte à 1890 et nous avons toujours en fabrication les accessoires proposés dans celui-ci » détaille la Maison Poursin.

Le savoir-faire Poursin pour la Garde Républicaine Crédit Photo La Garde Républicaine  

Être à la fois le fournisseur de la Garde Républicaine et la maison derrière le fameux ceinturon des plus grandes stars ; voilà toute la versatilité permise par un savoir-faire d’exception.

Les maisons du luxe ne s’y trompent guère. C’est vers la maison Poursin que l’on se tournait hier, et aujourd’hui encore… A l’instar de Fenty par Rihanna, Asphalte, Le Soulor, la Botte Gardiane, Damien Beal ou encore Isaac Reina, Julno et Bleu de Chauffe !

Le Groupe AC.DIS Veille à Préserver Cet Héritage

Tout n’a pourtant été si évident. A l’aube des années 2000 et face à la concurrence Italienne et Asiatique, la bouclerie Poursin vacille. Les machines ont survécu. Le savoir-faire est là, mais les commandes ne suivent pas. Moribonde, elle est sauvée par l’entrepreneur Karl Lemaire — son leitmotiv ? L’amour du bel ouvrage. « Ma priorité est de préserver ces savoir-faire qui sont l’image du luxe français, mais surtout son Histoire » dit-il.

« Je milite contre la zarafication de l’accessoire métallique » ajoute Karl Lemaire.

Karl Lemaire, l’homme derrière la protection du savoir-faire Poursin, Crédit Photo Mélina Vernant

En 2016, il rachète la maison Poursin, appartenant à la même famille depuis quatre générations. Il y conserve tout.

Mieux, il l’ouvre à une nouvelle génération de designers. « On peut travailler comme avant, venir voir sur place les ouvriers travailler un produit commandé sans systématiquement passer par un dessin envoyé par ordinateur au bout du monde. […] On a des Soudeurs manuels, des Polisseurs, un vrai savoir-faire et beaucoup de mal à transmettre ! »

Polies à la main, les boucles ont depuis retrouvé leur noblesse. « On est le dernier fabricant français à cambrer le fil, emboutir, assembler, souder, polir nos boucles en laiton: un matériau noble, écolo, avec une vraie densité, inusable et d’une grande sensualité au toucher. »

La sensibilité au Made In France. Voilà bien ce qui habite l’entrepreneur Karl Lemaire. Déjà en 2012, il assurait la remise en route de la Maison Daudé. En activité depuis 1828, G.Daudé est celui qui a inventé l’Oeillet métallique, le Rivet métallique ! A ses début, Coco avait choisi l’œillet canapé 17C pour sa anse en chaîne.… C’est dire !

Les pièces actuellement au répertoire Poursin 

« Ce qui est intéressant notamment par rapport à Daudé – c’est pour cela que j’ai mon garde républicain à l’entrée – c’est qu’il y a historiquement parlant sur celui-ci du produit Poursin et du produit Daudé ; comme pour les premiers Sac à Main de luxe ! Daudé fournissait tout ce qui était rivets, oeillets et Poursin fournissait tout ce qui était de l’ordre de la bouclerie… » précise Karl Lemaire.

En 2020, Karl Lemaire persévère et fait entrer l’entreprise EUROFAC (créée en1929), matriceur Laiton, dans le giron de AC.DIS, un groupe désormais gardien de talents d’exception — et d’authenticité!

Un groupe qui cultive une identité rare, sollicité plus que jamais par les maisons au service de la Création Française. De la cour du Danemark et celle de Belgique, en passant par les pièces modèles du luxe Français, le savoir-faire de la maison Poursin est partout. Orchestrant la perfection de ces pièces, en toute discrétion.


La Vente Artcurial De La Collection Jeanne Moreau

Du 16 au 22 Octobre 2020, la maison Artcurial organise une vente évènement — celle de la collection Jeanne Moreau. Une collection immense, avec des images de l’icône prises par les photographes les plus illustres de notre temps, ainsi que des pièces de haute coutures spécialement taillées pour l’actrice. La vente digitale assure de disperser une myriade d’objets d’exception !

La beauté et le talent électrisants de Jeanne Moreau n’ont pas seulement brillé dans les films les plus cultes du cinéma moderne. Du mythique Jules et Jim de François Truffaut, aux chefs-d’oeuvre que sont La Baie des Anges de Jacques Demy, Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel, en passant par La mariée était en noir, là encore de François Truffaut… Jeanne Moreau a figé dans la mémoire l’éclat d’une personnalité, et un jeu d’actrice éminemment élégant.

Cette fulgurante incarnation de la femme moderne, Jeanne Moreau l’a souvent appuyé grâce à une msie en pli très éclatante.

Ces pièces parfois taillées par les couturiers de génie pour Jeanne Moreau, sont aujourd’hui au coeur du catalogue de vente de la maison Artcurial.

Jeanne Moreau, La Mode et Les Couturiers

S’il est un couturier dont l’histoire est intrinsèquement liée à celle de Jeanne Moreau, c’est évidemment Pierre Cardin. Une relation passionnée dont l’amour, a fait naître certaines pièces flamboyantes aujourd’hui proposées à la vente par Artcurial.

Des pièces dont le public a tout de suite reconnu la modernité dans La Baie des Anges de Jacques Demy. Ou encore dans Le Journal d’une femme de chambre de Luis Buñuel.

Pierre Cardin, Haute Couture 1995 ©Art Curial

Ainsi donc, 17 des pièces Pierre Cardin portées par Jeanne Moreau dans la vie ou sur le tapis rouge seront mises aux enchères dès le 16 Octobre sur leurs site.

Jeanne Moreau à conquis le coeur d’une autre grande couturière –  Coco Chanel ! qui a trouvé en elle plus qu’une ambassadrice, une véritable complice grâce à leur points commun dont leurs liberté de ton et l’approche  chic de l’allure. Chanel a habillé Jeanne Moreau à plus d’une occasion. 

Chanel Haute Couture, Circa 1960 ©Art Curial

Les premiers costumes confectionnés par Coco Chanel pour le film Les Amants de Louis Malle (1958) ont été le débutune relation fusionelle entre l’actrice et la maison.

Artcurial propose notamment à la vente un ensemble en velours noir et satin ivoire dessiné par Karl Lagerfeld pour Jeanne Moreau mais aussi des vetements réalisés par le plus inspiré des grands couturiers – Yves Saint Laurent.

Yves Saint Laurent Haute Couture circa 1990/1995 ©Art Curial

Parmis les pièces YSL Couture, et YSL Rive Gauche toute l’attention se portera sur l’ensemble manteau et robe en lamé doré; le manteau en mousseline panthère, la robe trapèze en dentelle et sequins noirs et… les fourrures à ne plus savoir où regarder !

Portées pour les Oscars, les Césars ou encore pour La Mostra de Venise — ces pièces ont accompagné Jeanne Moreau dans ses rôles et dans la vie. Hermès, Goyard, Alaïa, Kenzo, Cartier… Cette vente aux enchère en ligne illustre parfaitement le style et le goût de Jeanne Moreau, de son dressing, à des portraits, car la vente propose, aussi, des photos figeant l’actrice sous l’objectif des photographes les plus illustres de notre temps !

Jeanne Moreau Sous L’Oeil Des Photographes Iconiques

Cecil Beaton, Helmut Newton ou encore Peter Lindbergh. Nombre de photographes ont pris pour sujet l’élégance de l’actrice.

Dans un style souvent épuré pour mieux laisser surgir la grâce et le chic de son allure follement inspirante, ces clichés sont assez rares pour souligner l’événement qu’est leur présence  dans le catalogue de cette vente Artcurial.

Helmut Newton Jeanne Moreau, circa 1980 ©Art Curial

Parmi les portraits on trouvera, deux épreuves argentiques d’époque de Jeanne Moreau par Helmut Newton vers 1980, mais aussi trois épreuves argentiques signées Brigitte Lacombe, en 1996.

Henri Cartier-Bresson Jeanne Moreau 1978 ©Art Curial

Mais également, une photographie bien espiègle par Slim Arrons, prise en 1970 ou encore une Jeanne Moreau radieuse et souriante capturée par l’oeil décisif d’Henri Cartier-Bresson…Portrait accompagné du mot « pour Jeanne Moreau, avec mon amical souvenir. »

Tant de souvenirs de la vie de cette icône seront dispersés lors de cette vente qui s’annonce formidable !

Cette vente, 100 % digitale au profit de la Fondation Jeanne Moreau, se déroulera ainsi en même temps que l’exposition chez Artcurial Paris.
Commencant le 16 Octobre à midi, elle prendra fin le 22 Octobre 2020.

La Malle Futuriste de Louis Vuitton Pour le P/E 2021

C’est au coeur de la nouvelle Samaritaine que Nicolas Ghesquière a introduit son vestiaire Louis Vuitton pour la prochaine saison — un vestiaire où le directeur artistique questionne la notion de ‘neutralité esthétique’.

« On s’aventure sur un territoire encore flou d’un point de vue stylistique. Une zone sensible qui efface le genre et promet des possibilités créatives exponentielles. À quoi ressemble une pièce entre les deux ? Quel genre de coupe peut dissoudre le masculin et le féminin ? » La note d’intention de Nicolas Ghesquière pose ainsi les grandes lignes de cette collection Louis Vuitton Printemps/Eté 2021.

Une collection où les silhouettes fleurant bon les années 80 – décennie favorite du designer – semblaient faire fusionner une sorte de radicalité futuriste à l’héritage LV.

Il résulte ici des silhouettes où les drapées de satin caracolent sur des t-shirts mêlant savamment athleisure et techniques coutures. On retrouve ainsi la volonté de Nicolas Ghesquière d’inviter la maison Vuitton à entrer vers l’hybridité — on mêle motifs, lignes et techniques dans une once de hiérarchie.

« Colorer le neutre, forger son caractère, l’inviter à la radicalité, lui donner une personnalité. Ce n’est que le début d’une réflexion ouverte, stimulante et fondamentalement volontaire » explique encore Nicolas Ghesquière.

Et ses silhouettes du Printemps/Eté 2021 invitent en effet à questionner ce qui semble évident, à première vue. A cela, les silhouettes invitent effectivement à y regarder de plus près. Décelant avec plaisir les effets coutures et le confort des matières un brin plus sport, apposées au classique du vestiaire moderne.

Côté icône, c’est la petite malle Louis Vuitton qui capture l’attention dans cette version chromée. Une version plus pratique, peut être, qui accompagne la nouvelle fille Vuitton dans ce futur qui, bien qu’incertain, admet un horizon fluide et hybride pour la mode griffée LV. Tant sur le fond que dans la forme de ces pièces toujours plus pionnières.

Le Surréalisme Schiaparelli Au Sommet Pour Le P/E 2021

Il n’y a rien de mieux que la facétie de la maison Schiaparelli pour délivrer une collection éminemment chic car éminemment inspirée !

Elsa Schiaparelli a fait de la mode un jeu, et de sa couture un cadavre-exquis. En s’associant les talents et surtout les visions loufoques car libres de ses amis surréalistes, elle a déridé comme nulle autre couturière la vision Parisienne du chic et de l’élégance. Plus enclin à appuyer sa mode sur l’idée que le luxe est la liberté, la maison Schiaparelli semble renouer un peu plus avec cet héritage !

Le résultat? Une collection que Daniel Roseberry qualifie volontiers de ‘psycho-chic’. C’est à dire des silhouettes déjantées, si l’on y regarde plus près. Car voilà bien le propros introduit par l’actuel directeur artistique de la maison — celui d’une mode pertinente pour la vie de tous les jours, mais néanmoins éclairée ! Ainsi, une double lecture du vêtement permet de voir les signatures Schiaparelli, piquées ça et là.

Il y a bien entendu le mythique rose shocking, qui vient habiller un costume somme toute très détaché de ses habituelles lignes strictes. Evidemment, à y regarder de plus près, on y lit la facétie des motifs qui sont tout sauf habituels. Vient ensuite l’une des espiègles signatures de Schiaparelli — le mètre ruban couture, dont on reconnait la langue sur les pattes d’un chemisier, ou la strie d’une veste au noir de rigueur.

Une collection qui prend à contre-courant la tendance qui se dessine pour le Printemps/Eté 2021, où les vêtements n’admettent que le confort et le praticable. Une collection bien Schiaparelli, en somme!

Raffinement Seconde Peau Et Orange Hermès Pour Le P/E 2021

La collection Hermès de la saison prochaine ravive l’intérêt grandissant pour l’ADN Hermès — des lignes sobres et une coupe impeccable qui laissent des matières exquises exprimer la pureté du style de la maison !

« La pandémie a renforcé nos valeurs sur une approche responsable et un style pérenne. Mais bien sûr, je veux toujours donner de la mode à la femme Hermès. » Les mots de la directrice artistique de la maison Hermès, Nadège Vanhee-Cybulski, capturent à merveille l’impact d’une telle collection.

En effet, au coeur de l’une des périodes les plus troubles que le monde a connu depuis bien longtemps, les valeurs et le style Hermès s’imposent comme des aiguillons. Il est clair que l’ADN Hermès, comme travaillé par Nadège Vanhee-Cybulski depuis trois décennies, distille un raffinement fonctionnel, devenu incontournable.

Ainsi les codes clé de la maison se lisent-ils dans des silhouettes seconde peau — des silhouettes où les pièces éminemment luxueuses de la maison accompagnent le mouvement; accompagnent la femme Hermès dans la vie quotidienne. Pratiques et fonctionnels donc, les vêtements Hermès ont aussi cela d’intemporel.

Une noblesse des matières et une conception très intelligente de la mode ont fait de celle proposée par Nadège Vanhee-Cybulski pour Hermès le fer de lance d’une certaine vision du luxe. Il résulte ainsi une série de pièces où l’on retrouve ce luxe pragmatique ponctuer les icônes de la maison. Des détails de boucles, du cuir tressé, le H, et des motifs familiers des carrés Hermès.

Mieux, c’est bien l’orange Hermès qui vient, ça et là, couvrir des pièces séduisantes car irréprochables. Des pièces à la simplicité rare car si bien exécutée — Hermès montre une nouvelle fois la route à suivre. Celle d’une mode raffinée qui s’accomplie autour de pièces pensées pour être portées. Pour l’éternité.

Broderie Et Beige Chloé Pour Le P/E 2021

L’esplanade du Palais de Tokyo a servi de scène au défilé orchestré par la directrice artistique Natacha Ramsay-Levi — une collection où la grammaire Chloé se fond, cette fois, dans un pragmatisme néanmoins inspiré.

La maison Chloé présentait à Paris un défilé d’un nouveau genre. En lieu et place d’un traditionnel défilé – qui a néanmoins eu lieu – Natacha Ramsay-Levi a d’abord fait déambuler les filles Chloé du Printemps/Eté 2021 dans les rues de Paris. En groupe, elles figuraient ainsi la volonté d’ancrer un peu plus encore la mode Chloé dans le réel. Et côté collection, les vêtements témoignent de cette même ambition.

« Il s’agissait de simplifier. Vous verrez que les vêtements sont très pragmatiques » déclarait ainsi Natacha Ramsay-Levi en preview de son défilé. Et il est vrai que les codes phares de la mystique maison Chloé se sont comme insérer dans cette vision simple mais toujours aussi délicate.

La silhouette qui capture le mieux le propos de la saison Printemps/Eté 2021 n’est autre que cette robe fluide aux lignes abordables — une pièce teintée de l’iconique beige Chloé, et piquée d’une broderie toute aussi attendue !

La maison fondée par Gaby Aghion à la sortie de la guerre a en effet su ravir les vestiaires des femmes romantiques mais audacieuses et effrontées — en porte-à-faux des lignes raides et structurées de l’époque; des lignes portées par des maîtres tels Christian Dior ou Cristobal Balenciaga… LINK La femme Chloé est ainsi celle qui trouve grâce et élégance dans des lignes délicates et légères, souvent teintées pastel.

La nouvelle collection Chloé, si elle est plus pragmatique que d’ordinaire, n’en oublie pas moins l’essence du prêt-à-porter Chloé: sensuel et sophistiqué. Et c’est bien cette silhouette en beige et broderie qui en incarne cette fougue évanescente !

Le Monogram Balmain En Vedette Du P/E 2021

Olivier Rousteing faisait défiler à Paris une collection Balmain qui accentuait les codes du fondateur — et notamment un monogram tout droit sortie des années 70 !

La Jolie Madame, Version 2021

La maison Balmain célèbre en 2020 ces 75 ans. 75 ans durant lesquels la création puis l’héritage du fondateur, Pierre Balmain, ont servi de fil rouge à une silhouette depuis devenue légendaire — celle de la Jolie-Madame.

Ce défilé fut ainsi rythmé par la voix même de Pierre Balmain. Il parlait de l’élégance Française, du pouvoir du noir mais surtout de la dimension sexy qui, déjà en son temps, entrait dans l’univers de la couture. En ce sens, le défilé Printemps/Eté 2021 de la maison Balmain amplifie un héritage visionnaire.

Parmi les silhouettes ayant défilées à Paris, on remarquait tout particulièrement la présence des total-looks en jacquard Balmain. Un jacquard introduit dans les années 70 par Pierre Balmain — sorte de tissu éminemment chic, capable de couvrir les manteaux coutures, les chemisiers de prêt-à-porter et les sacs de voyage.

Pour la saison Printemps/Eté 2021, celui-ci habille des silhouettes aiguisées, à la ligne iconique — épaules étirées à l’envie, la taille cintrée et l’allure sexy à souhait !

Dans cette volonté de répondre à son époque, le jeune Olivier Rousteing est plus que jamais convaincu que le patrimoine de cette maison Balmain est crucial — pour lui, la pandémie a donné un « nouveau sens au luxe. » Un luxe plus pensé qui repose avant tout sur la qualité, la coupe et l’histoire d’une maison. Formule éminemment recherchée pour, comme la maison Balmain, mettre au monde des pièces et des allures qui résistent parfaitement à l’épreuve du temps.

L’Imprimé Floral Ressort Des Archives Kenzo Pour Le P/E 2021

La seconde collection de Felipe Oliveira Baptista pour Kenzo était une ode à l’abeille. Intitulée Bee-Tiger, elle conjuguait deux des animaux-totems de Kenzo — en prenant soin de ressortir des archives l’iconique imprimé floral de la maison.

Le point de départ de la collection Kenzo pour Printemps/Eté 2021? La photo d’un apiculteur sur laquelle est tombé le nouveau directeur artistique de la maison. De là s’est filée une collection toute en métaphore mettant en exergue l’importance de l’abeille, doublée du tigre — le véritable animal-totem de la maison Kenzo.

Sur le podium, les hommes et les femmes Kenzo de la saison prochaine se baladent ainsi parés du voile d’apiculteur — véritable symbole du dynamisme protecteur dans lequel le monde plonge un peu plus de jour en jour. Mais pour Felipe Oliveira Baptista, la « protection douce » des apiculteurs porte en elle une vision harmonieuse et optimiste.

Des looks ainsi protecteurs et utilitaires — de quoi faire écho à l’ADN même de la maison inaugurée par Kenzo Takada sous le nom de Jungle Jap, en 1970. D’ailleurs il est aussi question de cette ADN Jungle Jap tant l’attention est portée vers l’abeille, essentielle à l’équilibre de la nature…

Aussi essentielle à l’essor des fleurs qui, des coquelicots aux hortensias, symbolisent la maison Kenzo. « Des coquelicots et hortensias qui pleurent » précise Felipe Oliveira Baptista.

L’imprimé floral, vedette de cette saison Printemps/Eté 2021, sort d’ailleurs tout droit des archives de la maison. Des archives évidemment modernisées cette fois au contact des outils informatiques. Il en résulte des pièces hypnotisantes, aériennes et caractéristiques du travail Kenzo autour de pièces fonctionnelles et transformables !

Rockstud et Rouge Valentino Pour Le P/E 2021

Pierpaolo Piccioli a présenté une collection Valentino qui réimagine deux des codes les plus iconiques de la maison: Rockstud et rouge Valentino .

C’est à Milan que la maison Valentino introduisait sa collection Printemps/Eté 2021 — et l’évènement était de taille puisque Pierpaolo Piccioli défilait jusque là à Paris. Mais voilà, en ces temps de pandémie mondiale, l’actuel directeur artistique de la maison a voulu renouer avec l’Italie, pour mieux aider le système de la mode Italienne…

Délaissant ainsi les dorures Parisiennes du Salon de Rothschild, il présentait sa collection au coeur d’une fonderie métallurgique active depuis 1936 à Milan, la Fonderie Macchi. Un lieu qui résonne tout particulièrement avec l’ambition de cette collection.

Car cette collection vise d’abord à interroger la définition même du romantisme — un qualificatif qui sied les vestales Valentino. « Pour moi, il s’agit de la liberté d’exprimer des opinions, des idées, une façon d’être. Le romantisme, c’est l’humanité » affirmait ainsi Pierpaolo Piccioli.

Un romantisme où les codes clé de la grammaire Valentino ont été actualisés en ce sens…

Le Rockstud Valentino Encanaille Les Robes Du P/E 2021

Introduit en 2010, le rockstud Valentino tendait déjà à incarner un manifeste racé à l’indiscipline. Car sur le podium Valentino de la saison Automne/hiver 2010, ce sont bien les toilettes éthérées et si raffinées que l’on connait de la maison qui se ponctuaient soudain de chaussures recouvertes de rockstud.

Cette dissociation esthétique a depuis fait Ecole — et le rockstud Valentino est devenu une icône !

Insolents pour certains, fascinants pour d’autres, les rockstud n’en restent pas moins racés, et hautement distingués. Alors ce retour remarqué pour le Printemps/Eté 2021 ne pouvait se faire sans… Une version XXL.

Sur des mules ou sandales, sur des sacs micro ou macro — le rockstud Valentino encanaille des silhouettes, elles, toujours aussi sublimes.

C’est bien dans la robe qui clôt ce défilé que l’on peut voir toute la virtuosité des couturières Valentino. Une virtuosité qui aboutie à cette robe délicate, aérienne, comme sortie d’un songe. Teintée de rouge, couleur phare de Valentino, elle exprime bien l’essence d’une maison qui a fait de la délicatesse et de la fluidité le centre de son propos.

Mais voilà, la femme Valentino a beau distiller grâce et élégance, elle n’en reste pas moins ancrée dans la réalité du moment. C’est surement cela que souligne ces rockstuds XXL.

« Je me suis concentré sur l’identité de Valentino, plutôt que sur son esthétique » détaillait encore Pierpaolo Piccioli. Une identité qui replace les icônes du beau dans la vérité de l’époque — visant l’inclusion et la diversité. La maison Valentino, elle, insuffle une grande dose d’humanité autour de vêtements pragmatiques mais grandioses !