Brigitte Bardot, Icône De Mode

Son oeil charbonneux et sa chevelure désinvolte incarnent tout du style Bardot. Un style qui tient d’abord d’une attitude — incandescente et spontanée – qui a érigé nombre de pièces en icônes !

Dans la préface du livre qui célèbre Le Style Bardot, par Henry-Jean Servat, Brigitte Bardot écrit: « Je m’habillais comme je me coiffais, au coup de cœur selon mon envie du moment. J’ai porté des robes élégantes de grands couturiers, mais aussi des tenues bohèmes ravissantes anti-conventionnelles, des trucs que je dénichais par hasard et qui devenaient à la mode ! Je suis fière d’avoir créé un style qui ne se démode pas puisque je n’ai jamais été à la mode ! »

Car c’est bien cela l’essence de l’icône de mode que fut Brigitte Bardot — l’audace d’une femme à contre-courant des conventions, notamment féminines.

Le Style Brigitte Bardot Et Les Maisons De Mode

Si le style Bardot et d’abord celui de l’effortless, l’icône des années 60 et 70 fut aussi habillée par les couturiers de son temps.

Bardot et Les Couturiers

Bardot et les couturiers, c’est d’abord une histoire d’époque. Dans les années 50 et 60, c’est en effet vers la maison Christian Dior et son New Look que la jeune Brigitte Bardot se tourne.

Découverte en 1949 en Une du magazine ELLE, Brigitte Bardot joue bien souvent les modèles. La même année, elle incarne pour la maison Dior une féminité voluptueuse et très élégante dans cette robe signée de la main de Monsieur. Une robe baptisée Miss Dior.

Car à l’aube des années 60, c’est dans des robes et des jupes à volants infinis que Brigitte Bardot aime à être vue. Pour des cérémonies, des galas ou des réceptions aux quatre coins du monde, celle qui n’a pas encore envoyé valser les conventions de la haute bourgeoise se montre dans des créations Dior.

Une robe rouge vermillon, comme en 1957 pour un gala à Munich. Il n’était pas rare de voir ainsi Brigitte Bardot autour de la mythique boutique Dior du 30 Avenue Montaigne.

L’autre couturier favori de Brigitte Bardot, c’est Pierre Balmain. Avec la ligne Jolie Madame, elle s’appuie sur ce couturier hors-pair pour incarner certains de ces rôles. Comme en 1956, dans le film ‘La Mariee Est Trop Belle’.

Mais voilà, les tonitruantes années 60 sonnèrent l’avènement d’une toute autre Bardot. Figure de proue d’une émancipation qui a envoyé valser les codes de la bourgeoisie et les pièces qui vont avec, Brigitte Bardot va porter haut de nouveaux couturiers bien en phase avec leur époque — elle devient BB.

Devenue un phénomène planétaire avec le film ‘Et Dieu Créa la Femme’ de Roger Vadim en 1956, Brigitte Bardot va incarner plutôt qu’initier le Youthquake.

C’est ainsi qu’elle va tour à tour mettre en vedette des couturiers de la trempe de Yves Saint Laurent, ou encore Paco Rabanne. Paco Rabanne qui, en 1966, lui taille sur-mesure une robe à partir de sa matière industrielle de prédilection.

Avec Yves Saint Laurent, Bardot partage le goût des pièces simples mais riches d’émancipation. Le smoking, le caban et tant d’autres icônes de la maison, Brigitte Bardot va en faire ses pièces iconiques.En 1968, elle s’affiche en Saint Laurent à la première de Shalako, à Londres.

Mais c’est au couturier Jean Bouquin qu’elle confie son style à partir du milieu des années 60 — un style plus groovy et hippie qui l’accompagne de Saint Tropez aux écrans de cinéma !

Elle écrit ainsi: « Celui qui sut mieux que personne m’habiller, me chiffonner, me pavoiser, me déguiser, me dénuder, me sexyfier, me parer et me désemparer. L’unique, le seul, l’irremplaçable Jean Bouquin.

[…] Ces étoffes somptueuses qu’il me tournicotait autour du corps, parures de déesse, soies arachnéennes […] Jean me couvrit de « foulards-robes », de « mini-maxi » indiennes, de chaînes afghanes, de « pantalons-jupes », de coloris fondus et acidulés. Il fût l’inventeur de cette mode extravagante dite hippie que je portais avec tant de joie, qui me colla à la peau pendant tant d’années et qui revient aujourd’hui en force dans tous les journaux à ma mode ! »

Le Vichy Et Jacques Esterel

En parlant de sa mode justement, c’est à Brigitte Bardot et à Jacques Esterel que l’on doit l’intronisation du vichy. Et quelle intronisation ! Désignée la femme la plus belle du monde, Brigitte Bardot a vu ses faits et gestes être scrutés et copiés dans le monde entier.

Incarnation de la femme incandescente, libre et hors catégorie, son mariage en juin 1959, à avec l’acteur Jacques Charrier fait évidemment la Une de la presse. Mais voilà, en sortant de la mairie ce jour là, Bardot a une nouvelle fois fait chavirer les conventions avec une robe de mariée très peu conventionnelle.

Taillée dans un imprimé à carreaux roses et blancs, surmontée d’un petit col Claudine en dentelle anglaise, doublée d’un jupon ample — la robe de mariage de Bardot est alors une robe à imprimé Vichy. Jusque là réservé aux nappes et autres draps de table traditionnels… Brigitte Bardot et Jacques Esterel ont engendré une nouvelle révolution esthétique.

La robe est sortie des ateliers du faubourg Saint-Honoré de Jacques Esterel. Il racontait ainsi vouloir une pièce aussi raffinée et audacieuse que celles de Marie-Antoinette. « J’ai dessiné une robe qui me rappelait les petites bergères du XVIIIe siècle. »

Et si les audaces à la Bardot sont aujourd’hui reconnues dans le monde entier pour avoir posé les jalons d’une mode et d’une attitude devenue la norme, elles n’ont pas toujours été bien accueillies.

Ainsi Brigitte Bardot elle-même se confiait sur l’une d’elles… « A l’Elysée, entre autres, en 1967 : invitée par le général de Gaulle à une réception des arts et des lettres, je suis arrivée les cheveux défaits, en pantalon et veste militaire d’opérette à brandebourgs. Sa femme ne pouvait pas me voir. »

Qu’à cela ne tienne, Brigitte Bardot était devenue BB dans le monde entier.  Au cinéma, en 1963, dans ‘Le Mépris’ de Jean-Luc Godard, elle fait du bandeau une icône des années 1960. Une icône du style moderne même, puisqu’au aujourd’hui encore nombre de ses pièces qui passaient à l’époque pour des audaces stylistiques sont devenues des basiques intemporels…

Et c’est surtout pour ses tenues de ville que le style Bardot s’est ancré dans la mémoire collective.

Le Style Bardot A La Ville

Cuissardes, Repetto Et Col Bardot

A la ville surement plus qu’à l’écran le style Bardot s’est imposé comme le modèle à suivre. Et en parlant de modèle justement, avant d’en devenir un, Brigitte Bardot se destinait à devenir danseuse étoile. Ayant suivie une formation de danseuse de ballet à l’Opéra de Paris, Brigitte Bardot a inspiré une ballerine devenue iconique.

Car c’est bien à sa demande que Rose Repetto a imaginé la mythique ballerine BB, aussi appelée Cendrillon. Une ballerine que Bardot destinait d’abord à son rôle dans ‘Et Dieu Créa La Femme’, de Roger Vadim… Une ballerine qui figure la première création Repetto destinée à être porter dans la vie de tous les jours. Et Bardot l’a portait bien tous les jours !

« Elle a été l’étincelle qui a déclenché les choses. Les gens voulaient avoir le même produit qu’elle. Elle est devenue un symbole de l’émancipation des femmes. Elle a rompu avec les codes de l’époque » déclarait ainsi Jean-Marc Gaucher, actuel directeur général de Repetto.

Dans le même esprit, c’est l’adoration de Bardot pour les cols à large encolure qui imposa la mode, en même temps que son nom à cette ligne toute en sensualité. Les cols Bardot furent en effet l’attribut même du style Bardot — dévoilant sensuellement le cou et les épaules, ils soulignaient la fougue Bardot sans jamais l’exagérer.

Et ce n’est pas là le seul attribut du style Bardot à la ville. Sur elle, un simple t-shirt prenait des allures folles. D’ailleurs, on la voyait souvent simplement habillée d’un jean et d’un t-shirt — déambulant pieds nus dans les rues. Un chic désinvolte qui trouve, peut-être, un écho plus retentissant encore dans les cuissardes.

Véritable phénomène culturel, Brigitte Bardot a ainsi popularisé plus d’une pièces. Lorsque Serge Gainsbourg lui écrit pour la voir interpréter la chanson Harley Davidson, c’est en cuissarde qu’il la fait jouer. Mais Bardot n’a pas attendu Gainsbourg pour les chausser.

Elle apparaissait déjà vêtue de ces bottes, véritables chaussures de l’émancipation féminine des années 60 ! Mais c’est véritablement le style Riviera de Brigitte Bardot qui a largement répandu l’idée d’une femme qui « n’a besoin de personne » pour décider du degré d’exposition de son corps.

Le Style Riviera A La Bardot

Et voilà bien ce que Brigitte Bardot laisse en héritage aux femmes du monde entier. Son style Riviera qui, on peut le dire, s’esquisse en 1953 dans ‘Manina, La Fille Sans Voiles’ de Willy Rozier.

Sorti en 1953, le film contribue très largement à démocratiser le bikini. Car jusque là, sur les plages Françaises, Italiennes ou Espagnoles, les femmes se voyaient contrôler la longueur de leur maillot de bain… Interdit en 1949, il est peu à peu réhabilité face à l’engouement provoqué par ce film. Avant Ursula Andress dans ‘James Bond contre Dr. No’, Brigitte Bardot avait ainsi déjà imposé le bikini à l’écran !

Et à la ville — habituée de Saint Tropez depuis sa tendre enfance, Brigitte Bardot concourt ainsi à l’avènement du petit village de pêcheurs en haut lieu de la jet-set. En 1956, elle incarne bien toute la fougue des jeunes filles de son temps dans ‘Et Dieu… créa la femme’. Le style Riviera était né.

Car, à la ville comme à l’écran, Brigitte Bardot a fait du pantalon corsaire, du pull marin et des pieds-nus sa tenue iconique pour déambuler dans le village Provençal. A force de photos volées, ou d’éditoriaux, comme celui réalisé à Saint Tropez par Willy Rizzo, en 1958… Sa silhouette éminemment sensuelle dans des pièces si simples a fini par faire Ecole.

On n’imagine plus un vestiaire de vacances sans ces indispensables.

Finalement, Brigitte Bardot demeure une source d’inspiration contemporaine pour les maisons de mode, les filles et les femmes du monde entier. Désinvolte et glamour l’air de rien, elle incarne la femme émancipée dans un mélange de sophistication, de masculin-féminin et de laissez-faire, somme toute très Français.