Le Sénéquier, Emblème De Saint-Tropez

Un rouge iconique, des délices typiques, et un point d’observation sur la faune Tropézienne et ses curiosités — le Sénéquier est l’emblème de Saint-Tropez, depuis 1887 !

Si la légende de Saint-Tropez est toujours d’une telle actualité, c’est que tout ce qui la compose est le fruit de rencontres authentiques. A commencer par l’histoire du Sénéquier. 

1887. Au moment où Maupassant ou Paul Signac découvrent Saint-Tropez pour en chanter les louanges, le Sénéquier est fondé par un couple de boulanger-pâtissier, Martin et Marie Sénéquier. Et leur délice si particulier ne tarde à attirer à eux les grands artistes. 

Le Sénéquier, Nougat Iconique 

Car avant d’être la terrasse clé pour nombre d’artistes pouvant observer leur contemporain sans être vraiment reconnus, Le Sénéquier c’est d’abord un lieu de gourmandise. La spécialité? 

Le nougat mou, dit Nougat Sénéquier.  Une recette inchangée depuis près de 130 ans, et un secret très bien gardé… Composée par Martin Jacquemin-Sénéquier, le fondateur, la formule secrète du nougat qui a ravi les palais les plus exigeants est transmise comme un bien sacré. 

On parle d’amandes d’Espagne, de pistaches de Sicile et de miel de Provence… Mais on sait peu de choses de plus. 

D’abord confiée à son fils Aristide, c’est lui qui forma les artisans travaillant à la composition du nougat Sénéquier. Et c’est toujours dans ce que l’on nomme le labo, adjacent au Sénéquier, que l’on concocte ce nougat blanc iconique. 

Sur son emballage reconnaissable entre tous, le rouge et le bleu qui font écho aux deux récompenses obtenues par ce nougat très différent. La « Médaille d’argent Poitiers 1889 » et la « Médaille d’argent Bordeaux 1897. »

Alors pourquoi changer une recette qui a conquis Colette? Elle qui adorait le nougat Sénéquier… Et sa terrasse ! 

Le Sénéquier, La Terrasse De Saint-Trop’

L’histoire de la terrasse la plus courue de Saint-Tropez s’écrit en 1930. Face au succès rencontré par la pâtisserie Sénéquier – on parle de ce nougat blanc dans le monde entier – la seconde génération Sénéquier décide d’installer un café et une terrasse à côté de la pâtisserie. 

Bien avant la frénésie des terrasses, celle du Sénéquier est bien l’une des premières à Saint-Tropez. Et l’on s’y presse déjà. 

Parce que la terrasse du Sénéquier offre une vue imprenable sur le port, les yachts, et… Une promenade par laquelle tous le monde passe. Un point d’observation idéal pour nombre d’artistes. Les germanopratins en tête ! 

Scène éternelle de la French Riviera où l’humanité se révèle autrement, la terrasse du Sénéquier est une pièce de théâtre à ciel ouvert. 

Là encore, c’est le normal de Saint-Tropez qui se révèle — des icônes internationales ont bien forgé le mythe du Sénéquier, mais il est parfaitement normal de les côtoyer ici. 

Evidemment, c’est une fois encore la tornade Brigitte Bardot qui amena dans son sillon une popularité sans pareille au Sénéquier. Elle s’y attablait souvent. Mais avant elle, on a vu: Matisse, Colette, Cocteau, Boris Vian, Picasso et tant d’autres ! Seulement, Brigitte Bardot a fait de ce rouge vif l’emblème de Saint-Tropez

Gastronomie, spectacle, artistes en goguette… On y sirote aussi une autre spécialité de la maison, le Café glacé Sénéquier… En dévorant une tarte Tropézienne dont l’histoire résume beaucoup du mythe Sénéquier. 

Car si c’est aujourd’hui au Sénéquier que l’on se rend pour goûter à la tarte tropézienne, celle-ci n’a pas été créée ici… C’est au pâtissier polonais Alexandre Micka que l’on doit son procédé; breveté le 18 août 1972. 

Alexandre Micka a ainsi importé de Pologne la recette d’un gâteau brioché à la crème de sa grand-mère. En 1955, pour le tournage de ‘Et Dieu… Créa la Femme’ de Roger Vadim, c’est à lui que l’on confie les collations pour toute l’équipe du film. Brigitte Bardot adore sa tarte, et lui suggère alors de l’appeler ‘tarte de Saint-Tropez’. Le pâtissier, lui, préfère ‘tarte tropézienne’…

Le nom est trouvé. Et c’est une fois encore le Sénéquier qui propulse la gourmandise au rang de must-try. Avant cela, les Tropéziens avaient déjà pris l’habitude de venir au Sénéquier pour se satisfaire des spécialités de la maison. Avec la tarte Tropézienne, c’est une spécialité de plus qui concourt à la réputation de Saint-Tropez. 

Ça, la bienveillance et l’esprit bon enfant de ses habitants. D’ailleurs, sur la terrasse du Sénéquier, on se fréquente, on est là pour voir et être vu. Kate Moss ou Jacques Chirac, c’est à voir. Le dernier, en tout cas, avait une tendresse particulière pour la terrasse du Sénéquier: « Il aimait venir chez Sénéquier parce qu’il aimait le monde qui côtoyait le lieu c’est vrai, mais il aimait aussi le peuple qui traversait, qui le reconnaissait, et c’est là que commençait une grande histoire d’amour avec les français » précisait en 2019 la directrice du restaurant, Chloé Boullet. C’est en peu de mots l’âme même du Sénéquier ! 

Les Caves du Roy, Icônes De Fête

Connues dans le  monde entier, les Caves du Roy de Saint-Tropez incarnent l’effervescence des nuits Tropéziennes, la frivolité en plus.

Les Caves du Roy: Dancing Du Byblos

Si l’iconique hôtel Byblos se raconte entièrement ici, il est impossible de raconter la légende des Caves du Roy sans le mentionner.

Les Caves du Roy, le dancing du Byblos, font en effet partie de ce palace total imaginé par un riche homme d’affaires Libanais pour son idole. Une certaine Brigitte Bardot.

Car voilà bien l’histoire du Byblos et des Caves du Roy: Jean-Prosper Gay-Para a voulu édifier un palais en l’honneur de Brigitte Bardot. Et c’est évidemment à Saint-Tropez qu’il a décidé de l’ériger.

Dans les années 60, Jean-Prosper Gay-Para fait ainsi construire le Byblos sur les plans d’un palais mauresque. Baptisé du nom de la ville ancestrale du Liban, le Byblos a tout du palais mirifique et magnifique.

A deux pas de la Place des Lices, la bâtisse s’étend ainsi autour d’une piscine non moins inspirée ! Calquée sur le modèle d’une villa romaine de Byblos, celle-ci est surmontée d’un Jupiter, qui en reproduit les sublimes mosaïques. Entre contre-bas, une porte mène aux Caves du Roy. Ce Jupiter sera un tel symbole de reconnaissance qu’il inspirera artistes et cinéastes — à l’instar de Gérard Oury pour ‘Le Coup du parapluie’, en 1980.

En attendant, ce jour de 1967, jour de l’inauguration, quelque chose prend forme. La légende des Caves du Roy est une affaire éclaire — l’affaire d’une nuit. Enfin, de trois nuits…

Car ce jour de l’été 1967, en présence des marraines du lieu qu’étaient Mireille Darc et Brigitte Bardot, c’est tout un pan de l’histoire des nuits Tropéziennes qui va s’esquisser.

Si un mois plus tard, pris dans la géopolitique de la Guerre des Six Jours, le Libanais Jean-Prosper Gay-Para doit se séparer du Byblos… Il fit bien de le vendre à Sylvain Floirat; qui tient à cette vision éclairée de la vie nocturne !

Les Caves Du Roy, Un Exemple Du Genre

Les palmiers en néon, le zest de décor oriental, la moquette et les couleurs pimpantes… Les Caves du Roy, malgré trois grandes rénovations, ont conservé tout ce qui a fait la légende du lieu. Et cette légende s’est bien écrite ces trois jours de 1967.

Car si les Caves du Roy furent inaugurées en juillet 1967, soit un mois après Le Byblos, l’écho de ces trois jours d’inauguration a suffit à forger cette réputation.

C’est à la « reine des nuits Tropéziennes »  Jacqueline Veyssière qu’est revenue l’organisation de ces trois jours de festivités… Du 27 au 30 mai 1967, elle va mettre en forme le seul voeu de Jean-Prosper Gay-Para — celui de faire des Caves du Roy un lieu de fête permanente.

Dès la première soirée, les standards furent posés ! Les Caves du Roy accueillent alors les icônes qui ont déjà fait la renommée de Saint-Tropez. Juliette Greco, Michel Piccoli, Françoise Sagan, Jacques Chazot, pour ne citer qu’eux. C’est tout un mythe qui s’amorce.

C’est à l’hôtel Byblos que Mick Jagger et Bianca Perez Morena de Macías passeront leurs noces.

Ainsi les Caves du Roy furent-elles le théâtre des moments les plus intenses de la vie à Saint-Tropez. Des boeufs inattendus, comme Charles Aznavour au piano et Liza Minelli au micro…

C’est aux Caves que Mick Jagger et Bianca Perez Morena de Macías ont célébré leur mariage. Avec Keith Richards, Anita Pallenberg, Paul McCartney, Ringo Starr, Eric Clapton et Keith Moon des Who !

Bardot y célèbre ses noces avec Gunther Sachs, aussi. Grace Jones dansant avec Elton John, ou Cher posant avec Jack Nicholson. Liz Taylor et Richard Burton en goguette…

Aux Caves du Roy, il règne une atmosphère détachée, luxueuse mais jamais prétentieuse. Ici l’hédonisme est une affaire de culture… On est à Saint-Tropez pour vivre, différemment et franchement !  Jouir de la vie sans entrave…

Que reste-t-il des nuits blanches passées aux Caves du Roy? Des souvenirs, et un passé qui s’éveille à chaque saison pour éclairer le présent. Connues dans le monde entier, les Caves du Roy sont une icône du genre.

A quoi doivent-elles leur permanence?

A cela, l’arrière petit-fils de Sylvain Floirat, Antoine Chevanne, actuel propriétaire des lieux, sait y répondre. « Il est très agréable pour nos clients de retrouver le même personnel au fil des ans. Une relation de confiance se tisse, raconte Antoine Chevanne. Le Byblos n’a cessé d’évoluer, gagnant ses étoiles jusqu’à devenir palace en 2012, sans jamais se renier. En fait, nous pourrions faire nôtre cette devise empruntée au prince de Lampedusa dans son Guépard: ‘Il faut que tout change pour que rien ne change’. »

Et rien n’a peut-être changé dans ce lieu qui tient pour être le Saint des Saints de la fête. Car quand le soleil se couche, c’est bien aux Caves du Roy que le son monte pour faire résonner l’âme et l’esprit de Saint-Tropez !

La Bastide Ramatuelle, Lieu De Volupté

C’est un nouvel hôtel comme seul Saint-Tropez peut inspirer. Un quatre étoiles intime, à la sophistication mesurée, lové dans un jardin luxuriant, fleurant (très) bon la Méditerranée.

La Bastide Ramatuelle, Un 4 Etoiles Solaire Et Naturel

S’il fallait qualifier la Bastide Ramatuelle en trois mots, ceux-ci ne seraient exagérés: havre de paix.

Un Lieu Enchanteur Niché Dans Un Jardin Tropical

C’est à l’abri des regards, dans un jardin aux allures tropicales, que s’érige l’hôtel Bastide Ramatuelle. Dernier né des lieux enchanteurs comme seul Saint-Tropez peut inspirer, La Bastide Ramatuelle déploie un charme emprunt de volupté. Il faut le connaître pour s’y rendre — car La Bastide Ramatuelle a l’élégance de la discrétion. Et le raffinement des gens de goûts !

Il n’y a qu’à voir son aménagement. Entre mer et montagne, air marin et parfums boisés… Dans un décor mêlant allègrement design contemporain, couleurs piquantes et mise en scène Provençale, La Bastide Ramatuelle touche les esthètes au coeur même. Il faut dire que le luxe a ici une saveur particulière — authentique même !

L’élégante maison de maître ne propose que peu de chambres et suites. 9 au total qui, chacune, propose un confort optimal, et une vue épatante de sérénité. Jardin ou montagnes sont rendues visibles à partir de balcon privé, dans chacune des chambres.

Car c’est bien pour cela qu’il faut se rendre à La Bastide Ramatuelle — une parenthèse d’enchantement où corps et esprit viennent s’inscrire en parfaite harmonie avec l’environnement qui les entoure. Et quel environnement !

Un mythe même — la Plage de Pampelonne, rendu mythique par le film ‘Et Dieu Créa… La Femme’. Véritable phénomène artistique et culturel, c’est par ce film de Roger Vadim que Saint-Tropez perdit un brin de son secret pour devenir une destination iconique.

Justement, La Bastide Ramatuelle tend à renouer avec la discrétion, le secret et le sentiment d’avoir atteint un bout du monde… Autant d’émotions qui ont fait la poésie de Saint-Tropez. Avant que Saint-Tropez ne soit Saint-Trop’. A l’époque où Signac, Matisse ou encore Bonnard venaient y inventer le fauvisme, et le pointillisme.

C’est bien cette âme toute faite de beauté et d’appel à contempler la nature qui forge l’atmosphère de ce lieu baigné de soleil et de saveurs.

Un 4 Etoiles Solaire

Une piscine chauffée, entourée de grands arbres… Un bar qui la jouxte, où l’on se laisse enivrer du charme du lieu. C’est que l’esprit créatif derrière la fondation de La Bastide Ramatuelle est passionné par l’idée de chiner dans les enchères Drouot des pièces d’un luxe hors du temps et de tous les temps.

C’est ainsi que le petit-déjeuner concocté autour de brioches faites maison, et de viennoiseries succulentes, se sert dans de la porcelaine de Limoges. Très beau et gourmand, il ajoute plus d’authenticité encore à la beauté indescriptible de ce lieu typique de Saint-Tropez. L’esprit Riviera en somme !

En parlant de Riviera justement, Saint-Tropez ne sonne-t-il pas comme un exhausteur de beauté naturelle? Brigitte Bardot, Bianca Jagger, ou encore Alain Delon, Romy Schneider et Jane Birkin dans le film ‘La Piscine’… Tous semblent avoir été magnifiés par l’air de Saint-Tropez.

Pour découvrir cet air littéralement séduisant, La Bastide Ramatuelle propose une virée en voilier de course. Nommé le Oscar 2, taillé en carbone, un Mylius 50… A bord, le capitaine Fred, un Brestois (Tonnerre !), invite ses hôtes à sillonner ici les eaux paisibles et cristallines de Saint-Tropez —  une navigation à la carte, la tête bercée de songes sous un soleil éclatant. Une escapade idéale pour rejoindre le haut lieu de la voile à quelques kilomètres de Saint-Tropez, Cogolin.

Et il faut croire que toute la demeure de La Bastide Ramatuelle fut elle même orchestrée pour faire chavirer les sens, et ainsi porter l’esprit vers des pensées solaires. Le tout lové dans une approche charmante et bon enfant qui sied tant Saint-Tropez.

Saint-Tropez, Une Histoire d’Icônes

Paul Signac en a fait une toile. La Nouvelle Vague en a fait une muse. Brigitte Bardot en a fait un mythe.

Saint-Tropez, La Liberté Au Bout Du Monde

« Il était une fois un village dormant allongé sur le sable, au bout d’une presqu’île entre le bleu d’une mer paresseuse et d’un grand soleil chaud. Le temps avait oublié ce village vivant au fil de l’eau, de l’amour et des joies. » Ces mots, dans la bouche de Brigitte Bardot pour le film ‘Saint-Tropez Vole’ par Ghislain Dussart, dans les années 1970, capturent beaucoup du charme de la cité corsaire.

Un charme qui a bercé les esthètes du monde entier — libres d’exister autrement, comme au bout du monde.

Les Esthètes Sous Le Charme De Saint-Tropez

Si la relation nouée entre les peintres et le village de Saint-Tropez mérite tout un article, c’est un illustre écrivain qui semble l’avoir découvert le premier. Il semble, seulement, car à lire les histoires, les notes et les récits qui content Saint-Tropez, le village de pêcheurs est depuis longtemps un lieu de passage pour les voyageurs.

L’un d’eux, justement, allait mettre en mots toute l’émotion soulevée par la beauté indescriptible du lieu. Cet esthète n’est autre que Guy de Maupassant. Au XIXème siècle, il décrit, avec la minutie qu’on lui connait, ses pérégrinations en Méditerranée dans son livre Sur l’eau.

Saint Tropez, Paul Signac, 1906

A bord de son bateau Le Bel Ami, Maupassant, comme nombre de navigateurs à l’époque, fit une halte au port de Saint-Tropez — ce 12 avril 1888, Guy de Maupassant vient de découvrir un village aux airs de bout du monde. Il note:

« Saint-Tropez, à l’entrée de l’admirable golfe nommé jadis golfe de Grimaud, est la capitale de ce petit royaume sarrasin dont presque tous les villages, bâtis au sommet de pics qui les mettaient à l’abri des attaques, sont encore pleins de maisons mauresques avec leurs arcades, leurs étroites fenêtres et leurs cours intérieures où ont poussé de hauts palmiers qui dépassent à présent les toits.
Si on pénètre à pied dans les vallons inconnus de cet étrange massif de montagnes, on découvre une contrée invraisemblablement sauvage, sans routes, sans chemins, même sans sentiers, sans hameaux, sans maisons. »

Sauvage, Saint-Tropez l’est encore très certainement. Une variété de couleurs, de parfums, de saveurs et de sons… Une profusion naturelle formant un paysage idyllique — il n’en faut pas plus pour convaincre Paul Signac de s’y rendre, après la lecture du texte de Maupassant…

Saint Tropez par Paul Signac

Attiré par sa lumière et son paysage si sauvage, chatoyant et piquant, le peintre n’hésite pas une seconde — il convie ses amis à y passer l’été 1904.

Parmi eux, les peintres Matisse et Bonnard. Touchés par ce décor hors du temps, les peintres du nouveau siècle croquent Saint Tropez à coups de couleurs et de pointillés. Pointillisme et fauvisme y sont littéralement inventés !

Saint Tropez par Matisse, 1904

Des décennies plus tard, Bernard Buffet et David Hockney y puiseront aussi ce grain de liberté qui mène à une créativité aboutie. L’esprit bon enfant de Saint-Tropez… Picasso a aimé le vivre à son tour.

Les routes se perdent, le pays est isolé… Saint-Tropez insuffle à ses visiteurs beaucoup de la fougue du bout du monde… Colette, en 1932, s’y installe. Et déjà elle perçoit les contractions à venir d’un Saint-Tropez mue en destination iconique.

Elle écrit, dans Prison et Paradis: « Saint-Tropez: pyjama, dos nus, boites à débardeurs truquées pour touristes riches. 200 autos de marque à partir de 5 heures en travers du port. Cocktails, champagne sur les yachts à quai, et la nuit sur le sable des petites criques vous savez?
— Non je ne sais pas, je ne sais vraiment pas, je connais l’autre Saint-Tropez. Il existe encore, il existera toujours pour ceux qui se lèvent avec l’aube. »

Ceux qui se lèvent avec l’aube, ou plutôt se couchent à l’aube, débarquent justement l’année de la disparition de la grande Colette. 1954. Les Germanopratins, menés par Boris Vian et Juliette Gréco. Sartre et De Beauvoir. François Sagan ensuite… Tout un pan du mythe de Saint-Tropez est en effet lié à celui de Saint-Germain-des-Près — la Rive Gauche est alors en pleine recherche de chic radical, bercé de jazz et de fantasme de vie naturelle. Saint-Tropez leur offre tout cela.

Et au bout de ce monde où l’on n’a pas besoin de tenue pour attester de son rang… Ici où il n’y avait rien, pas de cravate, pas de chaussure. On déambulait à Saint-Tropez le torse nu et l’esprit léger. Peu étonnant alors que Saint-Tropez se soit mue en lieu habillé de fantasmes et de mythes. Des mythes qui, justement, ont, à leur tour, concouru à faire de Saint-Trop’ un mythe en soi…

Après eux, Saint-Tropez ne sera jamais plus le même village — la bombe BB attire les foules. Les icônes existentialistes, comme à Ibiza, attirent après elles la jet-set et les rockstars.

Depuis 1950, on remarque aussi la présence de paons… Un signe annonciateur, peut-être, de ce que Saint-Tropez va devenir le lieu incontournable de la comédie sociale qui tient en trois mots: voir et être vus.

Saint-Tropez, l’Icône de la Jet Set

Le mythe de Saint-Tropez doit beaucoup à Roger Vadim et Brigitte Bardot. 1956, ils font du village et de la plage de Pampelonne le lieu de tournage du scandaleux et iconique ‘Et Dieu… Créa La Femme’.

Ces paysages pittoresques seront d’une telle attraction que Saint-Tropez servira de décor à des films devenues légendaires… Ils se dévoilent ici.

Entre temps, l’impression de BB à Saint-Tropez sur les spectateurs est telle que la vogue de Saint Tropez est lancée ! On vient désormais de toute la France, et même du monde entier pour marcher sur les pas de celle qui incarne avec pétulance l’art de vivre tropézien ! C’est que les paysages de Saint-Tropez se prêtent à la vie simple et dérangée, comme nuls autres.

Ici c’était la liberté. La vie mondaine ne ressemblait pas à celle de Cannes. On s’encanaille, on ne s’habille pas. On est libre à Saint-Tropez.

Dès 1959, Henri Salvador y chante l’amour. Cinq ans plus tard, la mode du monokini y prend vie. On déambule pieds nus dans ses ruelles rupestres, histoire de figurer, sans soulier, sa liberté d’esprit. On sillonne ses eaux en bateaux Riva. On joue à la pétanque avec les locaux, sur la place des Lices. Mais surtout, on jouit d’une atmosphère festive, sans limite.

Eddie Barclay ainsi attire tout le gratin lors de ses mémorables soirées blanches dans sa Villa Du Cap Camarat.

Des villas aussi charmantes que prestigieuses, Saint-Tropez en compte énormément. L’une d’elles, perchée sur dans le quartier de l’Oumède, a servi de décor à un film légendaire. ‘La Piscine’ avec Alain Delon, Romy Schneider et Jane Birkin achève en effet de faire de Saint Tropez l’icône éternelle de la nouvelle aristocratie du cool.

Un luxe si détaché que Dior en a fait l’image de son célèbre parfum Dior Eau Sauvage. Avec Delon en beauté complexe !

Dans les années 1970, au Byblos Hotel, Bianca Perez épouse Mick Jagger dans un tailleur blanc signé Yves Saint Laurent. Iconique. Au Club 55, Grace Jones, Elton John ou Cher font la légende des nuits tropéziennes.

Et aujourd’hui? On danse avec la même légèreté aux Caves Du Roy. La plage de Pampelonne a retrouvé toute la volupté de son luxe sauvage grâce à Philippe Starck pour La Réserve Ramatuelle. Puis il y a le Sénéquier. Garant de l’effronterie de Saint Tropez, depuis 1887. Là où l’on peut déguster une tarte tropézienne (brevetée en 1972 par son inventeur, le Polonais Alexandre Micka, son nom fut soufflé par Brigitte Bardot), du nougat ou un café glacé, accoudé à côté de Kate Moss, Rihanna ou Jacques Chirac. A voir.

Voilà bien ce qui constitue l’essence du mythe de Saint-Tropez – un village devenu un épicentre où se côtoient icônes de l’art, vedettes, badauds et les présidents de la République.

Brigitte Bardot, Icône De Mode

Son oeil charbonneux et sa chevelure désinvolte incarnent tout du style Bardot. Un style qui tient d’abord d’une attitude — incandescente et spontanée – qui a érigé nombre de pièces en icônes !

Dans la préface du livre qui célèbre Le Style Bardot, par Henry-Jean Servat, Brigitte Bardot écrit: « Je m’habillais comme je me coiffais, au coup de cœur selon mon envie du moment. J’ai porté des robes élégantes de grands couturiers, mais aussi des tenues bohèmes ravissantes anti-conventionnelles, des trucs que je dénichais par hasard et qui devenaient à la mode ! Je suis fière d’avoir créé un style qui ne se démode pas puisque je n’ai jamais été à la mode ! »

Car c’est bien cela l’essence de l’icône de mode que fut Brigitte Bardot — l’audace d’une femme à contre-courant des conventions, notamment féminines.

Le Style Brigitte Bardot Et Les Maisons De Mode

Si le style Bardot et d’abord celui de l’effortless, l’icône des années 60 et 70 fut aussi habillée par les couturiers de son temps.

Bardot et Les Couturiers

Bardot et les couturiers, c’est d’abord une histoire d’époque. Dans les années 50 et 60, c’est en effet vers la maison Christian Dior et son New Look que la jeune Brigitte Bardot se tourne.

Découverte en 1949 en Une du magazine ELLE, Brigitte Bardot joue bien souvent les modèles. La même année, elle incarne pour la maison Dior une féminité voluptueuse et très élégante dans cette robe signée de la main de Monsieur. Une robe baptisée Miss Dior.

Car à l’aube des années 60, c’est dans des robes et des jupes à volants infinis que Brigitte Bardot aime à être vue. Pour des cérémonies, des galas ou des réceptions aux quatre coins du monde, celle qui n’a pas encore envoyé valser les conventions de la haute bourgeoise se montre dans des créations Dior.

Une robe rouge vermillon, comme en 1957 pour un gala à Munich. Il n’était pas rare de voir ainsi Brigitte Bardot autour de la mythique boutique Dior du 30 Avenue Montaigne.

L’autre couturier favori de Brigitte Bardot, c’est Pierre Balmain. Avec la ligne Jolie Madame, elle s’appuie sur ce couturier hors-pair pour incarner certains de ces rôles. Comme en 1956, dans le film ‘La Mariee Est Trop Belle’.

Mais voilà, les tonitruantes années 60 sonnèrent l’avènement d’une toute autre Bardot. Figure de proue d’une émancipation qui a envoyé valser les codes de la bourgeoisie et les pièces qui vont avec, Brigitte Bardot va porter haut de nouveaux couturiers bien en phase avec leur époque — elle devient BB.

Devenue un phénomène planétaire avec le film ‘Et Dieu Créa la Femme’ de Roger Vadim en 1956, Brigitte Bardot va incarner plutôt qu’initier le Youthquake.

C’est ainsi qu’elle va tour à tour mettre en vedette des couturiers de la trempe de Yves Saint Laurent, ou encore Paco Rabanne. Paco Rabanne qui, en 1966, lui taille sur-mesure une robe à partir de sa matière industrielle de prédilection.

Avec Yves Saint Laurent, Bardot partage le goût des pièces simples mais riches d’émancipation. Le smoking, le caban et tant d’autres icônes de la maison, Brigitte Bardot va en faire ses pièces iconiques.En 1968, elle s’affiche en Saint Laurent à la première de Shalako, à Londres.

Mais c’est au couturier Jean Bouquin qu’elle confie son style à partir du milieu des années 60 — un style plus groovy et hippie qui l’accompagne de Saint Tropez aux écrans de cinéma !

Elle écrit ainsi: « Celui qui sut mieux que personne m’habiller, me chiffonner, me pavoiser, me déguiser, me dénuder, me sexyfier, me parer et me désemparer. L’unique, le seul, l’irremplaçable Jean Bouquin.

[…] Ces étoffes somptueuses qu’il me tournicotait autour du corps, parures de déesse, soies arachnéennes […] Jean me couvrit de « foulards-robes », de « mini-maxi » indiennes, de chaînes afghanes, de « pantalons-jupes », de coloris fondus et acidulés. Il fût l’inventeur de cette mode extravagante dite hippie que je portais avec tant de joie, qui me colla à la peau pendant tant d’années et qui revient aujourd’hui en force dans tous les journaux à ma mode ! »

Le Vichy Et Jacques Esterel

En parlant de sa mode justement, c’est à Brigitte Bardot et à Jacques Esterel que l’on doit l’intronisation du vichy. Et quelle intronisation ! Désignée la femme la plus belle du monde, Brigitte Bardot a vu ses faits et gestes être scrutés et copiés dans le monde entier.

Incarnation de la femme incandescente, libre et hors catégorie, son mariage en juin 1959, à avec l’acteur Jacques Charrier fait évidemment la Une de la presse. Mais voilà, en sortant de la mairie ce jour là, Bardot a une nouvelle fois fait chavirer les conventions avec une robe de mariée très peu conventionnelle.

Taillée dans un imprimé à carreaux roses et blancs, surmontée d’un petit col Claudine en dentelle anglaise, doublée d’un jupon ample — la robe de mariage de Bardot est alors une robe à imprimé Vichy. Jusque là réservé aux nappes et autres draps de table traditionnels… Brigitte Bardot et Jacques Esterel ont engendré une nouvelle révolution esthétique.

La robe est sortie des ateliers du faubourg Saint-Honoré de Jacques Esterel. Il racontait ainsi vouloir une pièce aussi raffinée et audacieuse que celles de Marie-Antoinette. « J’ai dessiné une robe qui me rappelait les petites bergères du XVIIIe siècle. »

Et si les audaces à la Bardot sont aujourd’hui reconnues dans le monde entier pour avoir posé les jalons d’une mode et d’une attitude devenue la norme, elles n’ont pas toujours été bien accueillies.

Ainsi Brigitte Bardot elle-même se confiait sur l’une d’elles… « A l’Elysée, entre autres, en 1967 : invitée par le général de Gaulle à une réception des arts et des lettres, je suis arrivée les cheveux défaits, en pantalon et veste militaire d’opérette à brandebourgs. Sa femme ne pouvait pas me voir. »

Qu’à cela ne tienne, Brigitte Bardot était devenue BB dans le monde entier.  Au cinéma, en 1963, dans ‘Le Mépris’ de Jean-Luc Godard, elle fait du bandeau une icône des années 1960. Une icône du style moderne même, puisqu’au aujourd’hui encore nombre de ses pièces qui passaient à l’époque pour des audaces stylistiques sont devenues des basiques intemporels…

Et c’est surtout pour ses tenues de ville que le style Bardot s’est ancré dans la mémoire collective.

Le Style Bardot A La Ville

Cuissardes, Repetto Et Col Bardot

A la ville surement plus qu’à l’écran le style Bardot s’est imposé comme le modèle à suivre. Et en parlant de modèle justement, avant d’en devenir un, Brigitte Bardot se destinait à devenir danseuse étoile. Ayant suivie une formation de danseuse de ballet à l’Opéra de Paris, Brigitte Bardot a inspiré une ballerine devenue iconique.

Car c’est bien à sa demande que Rose Repetto a imaginé la mythique ballerine BB, aussi appelée Cendrillon. Une ballerine que Bardot destinait d’abord à son rôle dans ‘Et Dieu Créa La Femme’, de Roger Vadim… Une ballerine qui figure la première création Repetto destinée à être porter dans la vie de tous les jours. Et Bardot l’a portait bien tous les jours !

« Elle a été l’étincelle qui a déclenché les choses. Les gens voulaient avoir le même produit qu’elle. Elle est devenue un symbole de l’émancipation des femmes. Elle a rompu avec les codes de l’époque » déclarait ainsi Jean-Marc Gaucher, actuel directeur général de Repetto.

Dans le même esprit, c’est l’adoration de Bardot pour les cols à large encolure qui imposa la mode, en même temps que son nom à cette ligne toute en sensualité. Les cols Bardot furent en effet l’attribut même du style Bardot — dévoilant sensuellement le cou et les épaules, ils soulignaient la fougue Bardot sans jamais l’exagérer.

Et ce n’est pas là le seul attribut du style Bardot à la ville. Sur elle, un simple t-shirt prenait des allures folles. D’ailleurs, on la voyait souvent simplement habillée d’un jean et d’un t-shirt — déambulant pieds nus dans les rues. Un chic désinvolte qui trouve, peut-être, un écho plus retentissant encore dans les cuissardes.

Véritable phénomène culturel, Brigitte Bardot a ainsi popularisé plus d’une pièces. Lorsque Serge Gainsbourg lui écrit pour la voir interpréter la chanson Harley Davidson, c’est en cuissarde qu’il la fait jouer. Mais Bardot n’a pas attendu Gainsbourg pour les chausser.

Elle apparaissait déjà vêtue de ces bottes, véritables chaussures de l’émancipation féminine des années 60 ! Mais c’est véritablement le style Riviera de Brigitte Bardot qui a largement répandu l’idée d’une femme qui « n’a besoin de personne » pour décider du degré d’exposition de son corps.

Le Style Riviera A La Bardot

Et voilà bien ce que Brigitte Bardot laisse en héritage aux femmes du monde entier. Son style Riviera qui, on peut le dire, s’esquisse en 1953 dans ‘Manina, La Fille Sans Voiles’ de Willy Rozier.

Sorti en 1953, le film contribue très largement à démocratiser le bikini. Car jusque là, sur les plages Françaises, Italiennes ou Espagnoles, les femmes se voyaient contrôler la longueur de leur maillot de bain… Interdit en 1949, il est peu à peu réhabilité face à l’engouement provoqué par ce film. Avant Ursula Andress dans ‘James Bond contre Dr. No’, Brigitte Bardot avait ainsi déjà imposé le bikini à l’écran !

Et à la ville — habituée de Saint Tropez depuis sa tendre enfance, Brigitte Bardot concourt ainsi à l’avènement du petit village de pêcheurs en haut lieu de la jet-set. En 1956, elle incarne bien toute la fougue des jeunes filles de son temps dans ‘Et Dieu… créa la femme’. Le style Riviera était né.

Car, à la ville comme à l’écran, Brigitte Bardot a fait du pantalon corsaire, du pull marin et des pieds-nus sa tenue iconique pour déambuler dans le village Provençal. A force de photos volées, ou d’éditoriaux, comme celui réalisé à Saint Tropez par Willy Rizzo, en 1958… Sa silhouette éminemment sensuelle dans des pièces si simples a fini par faire Ecole.

On n’imagine plus un vestiaire de vacances sans ces indispensables.

Finalement, Brigitte Bardot demeure une source d’inspiration contemporaine pour les maisons de mode, les filles et les femmes du monde entier. Désinvolte et glamour l’air de rien, elle incarne la femme émancipée dans un mélange de sophistication, de masculin-féminin et de laissez-faire, somme toute très Français.

Saint Tropez, Eternelle Icône de la Jet Set

Paul Signac en a fait une toile. La Nouvelle Vague en a fait une muse. Brigitte Bardot en a fait un mythe.

Saint Tropez, au début du siècle dernier, n’est qu’un village lorsque Paul Signac le découvre. Attiré par sa lumière et son paysage si sauvage, le peintre n’hésite pas une seconde — il convie ses amis à y passer l’été 1904. Parmi eux, Matisse. Touchés par ce décor hors du temps, les peintres du nouveau siècle croquent Saint Tropez à coups de couleurs et de pointillés. Avant eux, Maupassant, sillonnant la Méditerranée à bord du Bel Ami, tombait lui aussi en pâmoison ; “c’est ce coin que j’aime le plus. Je l’aime comme si j’y étais né, comme si j’y avais grandi“ écrit-il en 1887.

On ne sait si Boris Vian, Juliette Gréco et les autres ont eu vent de ces notes où si c’est une autre brise qui les mena à faire de Saint Tropez leur quartier d’été. Qu’importe puisqu’avant BB, voici la bande de Saint-Germain-Dès-Près en quête de chic radical dans les rues de ce village de la Côte d’Azur. Ils logent à l’Hôtel de La Ponche. Parviennent même à y faire ouvrir un jazz club — Paul Eluard, Maurice Merleau-Ponty, Simone de Beauvoir… Tous assistent aux boeufs endiablés au Club St-Germain-Dès-Près La Ponche.

Mais le mythe de Saint Tropez doit tout à Roger Vadim et Brigitte Bardot. 1956, il fait du village et de la plage de Pampelonne le lieu de tournage du scandaleux et iconique ‘Et Dieu… Créa La Femme’. L’impression sur les spectateurs est telle… La vogue de Saint Tropez est lancée! Henri Salvador y chante l’amour en 1959. Cinq ans plus tard, la mode du monokini y prend vie. On déambule pieds nus entre ses ruelles rupestres, histoire de montrer sa liberté d’esprit. On sillonne ses eaux en bateaux Riva. On joue à la pétanque avec les locaux. Mais surtout, on jouit d’une atmosphère festive, sans limite. Eddie Barclay ainsi attire tout le gratin lors de ses mémorables soirées blanches dans sa Villa Du Cap Camarat.

C’est que les paysages de Saint Tropez se prêtent à la vie comme nuls autres. Au coeur de cette même villa, ‘La Piscine’ avec Alain Delon, Romy Schneider et Jane Birkin achève de faire de Saint Tropez l’icône éternelle de la jet set. Dans les années 1970, au Byblos Hotel, Bianca Perez épouse Mick Jagger dans un smoking blanc signé Yves Saint Laurent. Iconique. Au Club 55, Grace Jones, Elton John ou Cher font la légende des nuits tropéziennes. Et aujourd’hui? On danse avec la même légèreté aux Caves Du Roy. La plage de Pampelonne a retrouvé toute la volupté de son luxe sauvage grâce à Philippe Starck pour La Réserve Ramatuelle. Puis il y a le Sénéquier. Garant de l’effronterie de Saint Tropez, depuis 1887. Là où l’on peut déguster tarte tropézienne, nougat ou chocolat glacé, accoudé à Kate Moss, Rihanna ou Jacques Chirac. A voir !

Les Campagnes Balmain et Ses Célébrités Emblématiques

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1945, c’est au 44 de la rue François Ier, à Paris, que Pierre Balmain fonde sa maison éponyme. Dans la France de l’après-guerre, son allure Jolie Madame, la taille marquée de sa silhouette et l’ornementation extraordinaire de ses compositions s’imposent très vite comme la nouvelle mode féminine. Et les célébrités ne tardent pas à y trouver leur compte – dans les années 50, Balmain est ainsi sollicité par les étoiles naissantes de l’hexagone : Juliette Greco, Brigitte Bardot, Dalida trouvent dans la ligne Balmain l’essence d’une nouvelle élégance. C’est en 1950 que la muse de Saint Germain-des-Près arbore par exemple sa toute première robe noire sur la scène du Tabou. Il s’agit d’un fourreau noir tout fait de velours signé Balmain. Le propriétaire du club de jazz l’a acheté en solde – mais Juliette Gréco le préfère en version un brin plus dépouillée. Après avoir découpée les ornements en satin doré et autres plumetis avec des ciseaux à ongles, voici qu’elle noue avec son look iconique. Et très vite, le public international cède aux charmes de ce nouveau couturier. De la Belgique en passant par le Danemark, les têtes couronnées s’émerveillent ici d’un style très chic tout fait de couleurs neutres mais abouties. On parle de blanc, sable, taupe et gris. En 1960, sur les épaules de la Reine Sirikit de Thaïlande, une création de Pierre Balmain arborée lors de sa visite aux Etats-Unis entre dans la légende – la communication de la maison est toute trouvée : ce sont les célébrités qui porteront haut et fort cette griffe sobre mais ô combien sophistiquée.

Balmain a en effet habillé plus d’une stars : Audrey Hepburn, Sofia Loren, Ava Gardner… Actrices, chanteuses ou reines, les célébrités sont à la fois une constante source d’inspiration pour le couturier, en même temps que ses meilleures publicités. Mais en 1982, le décès de Pierre Balmain marque un coup d’arrêt pour la maison. Ce n’est que dix plus tard, en 1992, qu’un certain Oscar de la Renta se charge de faire renaître toute la magie Balmain. Là encore, des stars comme Jacky Onassis ou Liza Minnelli sont le meilleur écho possible à ses collections. A l’aube des années 2000, la femme Balmain n’est déjà plus la même : Christophe Decarnin puis Olivier Rousteing ont revisité les classiques du fondateur pour donner naissance à une femme plus sexy que sensuelle, rock et ô combien glamour. La ‘Glamazone’ est née ; et, dès son arrivée à la tête de la création artistique de Balmain en 2011, Olivier Rousteing renoue aussi avec le celebrity marketing du fondateur, mais avec les icônes du jour.

A l’instar de Pierre Balmain qui toujours s’inspirait de ses mannequins pour composer ses nouvelles collections ; qui toujours se déplaçait avec son équipe, jusqu’à partager ses heures libres avec des sorties au Zoo par exemple, Olivier Rousteing a su former son propre bataillon. La Balmain Army c’est aujourd’hui Kanye west et Kim Kardashian, Cara Delevingne, Rihanna, ou encore Jourdan Dunn… Sur des affiches, des spots publicitaires, ou sur l’incontournable Instagram – massivement utilisé par le jeune designer . Les campagnes Balmain donnent à voir la nouvelle femme d’Olivier Rousteing : une femme forte qui prend le contrôle, une femme qui assume et qui n’a pas peur. Dans les campagnes au maximalisme assumé, Rousteing renoue avec la notoriété perdue de la maison – comme avec la campagne Printemps/Eté 2014 avec une Rihanna au summum de sa sexyness. Celle de la saison 2016 emprunte même à une photographie du fondateur la pose et l’impact lorsque le directeur artistique pose à côté de sa création ici portée par Cindy Crawford. Et l’on a hâte de découvrir celle de l’Automne/Hiver 2017 shootée par Steven Klein !

Les Robes en Kit de Paco Rabanne

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La période des années 1960 est une phase révolutionnaire dans la création vestimentaire. L’image de la femme apprêtée des années 1950, aux formes très dessinées, s’estompe au profit d’une silhouette plate et plus géométrique. Les traditionalistes hésiteront longtemps à l’appeler couturier. On le surnomme « le plastiqueur de la mode » ou «  le métallurgiste ». Paco Rabanne est le premier à introduire des matériaux industriels dans la mode à la veille des années 70, qui engendrent une véritable rupture dans les codes de la Haute Couture. C’est dans un contexte économique et social en pleine mutation, que le couturier présente à l’hôtel Georges V en février 1966 une collection de douze robes expérimentales et importables en matériaux contemporains. Plus déroutant encore pour le public, les modèles sont faits de matériaux jugés inadaptés pour un vêtement. Ces modèles en rhodoïd et métal fabriqués à la pince et au chalumeau, défilent sur des mannequins noirs. Ce sera l’époque du « Space Age », portée vers une nouvelle esthétique futuriste par des collections avant-gardistes. Pour cette collection chaque pièce est entièrement montée à la main, la signature « Paco Rabanne » apparaît alors marquant la naissance d’un nouveau grand nom de la mode.

L’année précédente, il crée des « Pacotilles », accessoires en Rhodoïd (boucles d’oreilles, lunettes, casques) pour des stylistes en vogue du prêt-à-porter industriel. Les stars de la musique et du cinéma se retrouvent dans cette modernité et assurent la notoriété de la griffe, telles Anouk Aimée, Brigitte Bardot ou Fraçoise Hardy. Cette dernière, particulièrement grande et mince pour l’époque caractérise la nouvelle silhouette féminine. Elle portera une création unique de Paco, « la robe la plus chère du monde » à l’occasion de l’inauguration de l’exposition internationale de diamants en mai 1968. Composée de mille plaquettes de neuf kilos d’or, trois cents carats de diamants, cinq mille anneaux d’or, ainsi que de vingt-deux diamants monumentaux bordant l’encolure. Paco Rabanne se souvient que la robe était gardée par quatre vigiles avec des armes à feu.

Dés 1970, il connaît une période riche en expérimentations de matériaux et projets révolutionnaires comme des robes en papier ou bien des modèles en cuir fluorescent, métal martelé, jersey d’aluminium et fourrure tricotée. Ces créations uniques seront acquises par des musées d’art contemporain tel le MoMA à New York et d’autres grands musées de la mode du monde entier.

Le Bikini, Une Histoire de Femme et de Morale

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Le bikini est apparu pour la première fois à l’époque romaine, il y a plus de 1500 ans. Institué en 1946 par Louis Réart, son parcours n’a été que tensions, amour et désamour. Le créateur de maillot de bain, Louis Réart donc, conçoit le bikini en finalisant le travail de Jacques Heim, l’inventeur du plus petit maillot de bain au monde : l’atome. La légende veut que l’idée lui soit parvenue en regardant les femmes retrousser leurs vêtements de plage dans le but d’obtenir un meilleur bronzage. Il en réduit alors un peu plus les dimensions et, conscient du caractère explosif de ce deux pièces, ne trouvant aucun mannequin prêt à le porter, engage la strip-teaseuse du Casino de Paris, Micheline Bernardini. Il baptise sa création bikini, du nom de l’atoll de Bikini près des îles Marshall.

Dès que le seuil du quotidien fut franchit par ce tissu découpé en quatre triangles reliés par des cordes, il s’attira les foudres de l’Eglise et des bien-pensants. En Espagne, en Belgique, en Italie, le bikini fut immédiatement interdit sur les plages ! Affolés par cet outil de perversion qui normalise le dévêtu, il a fallu au bikini le vecteur du septième art pour sortir de cette catégorisation. En 1956, Brigitte Bardot s’affiche en bikini vichy dans le film « Et Dieu créa la femme ». La course au bikini est lancée : Marilyn, Rita Hayworth, Jayne Mansfield, toutes l’arborent, toutes le rendent raisonnable autant que désirable.

Mais c’est sur les épaules des James Bond girls que le bikini endosse ses lettres de noblesse. En 1962, Ursula Andress, la première James Bond girl, dans 007 contre Dr. No, s’extirpe en fredonnant d’une eau onirique dans un bikini blanc, ceinturé. De la fameuse scène du bikini elle affirme aujourd’hui : « c’est ce bikini qui a fait de moi une star ». Si l’affirmation ne semble pas tenir compte du sex-appeal de Miss Andress, ce qui est certain c’est qu’elle a contribué à faire de lui, l’icône de la pop culture américaine. Dans ces années là, l’engouement populaire pour les surf movies parvient à contenter l’opinion quant au caractère sensuel et non sexuel du bikini. L’année 2002, c’est Halle Berry qui incarne l’idéal de la femme fatale et, comme Ursula quarante ans plus tôt, c’est dans un modèle quasi-similaire de bikini, teint cette fois en orange, qu’elle ancre définitivement le bikini au rang des indispensables. Finalement, plus que l’histoire d’un vêtement, c’est le récit du cheminement d’une morale que conte le bikini.

La Robe Trapèze De Courrèges

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Apparaît alors la petite robe blanche trapèze qui dynamite le vestiaire bourgeois en prennant le contre-pied des silhouettes traditionnelles et apprêtées de la précédente décennie. Sa particularité ? Une coupe trapèze structurée qui libère les hanches et dévoile les jambes au-dessus du genou. La forme géométrique et plate de la robe insuffle l’allure futuriste d’une femme des temps modernes. Le blanc immaculé accentue cette impression de tenue venue tout droit du cosmos. Elle signe le renouveau de la mode des années 60, prémisse des années 70, qui deviendra plus libérée et audacieuse. De par sa formation d’ingénieur, les créations d’André Courrèges sont extrêmement construites et architecturées. L’utilisation de matériaux nouveaux en est la preuve. Regardant vers l’avenir tout en restant en phase avec son époque, il provoqua la révolution chahutant le monde du design, de l’art et de l’industrie. La robe trapèze pose les bases du style Courrèges, devenant du même coup une référence absolue de la mode française.

Elle accompagne le mouvement de libération des femmes, habille des corps en mouvement qui s’attaquent au marché du travail. Par ailleurs, les adolescentes y trouvent une forme d’expression de libération et d’affirmation de leur féminité. Au sommet de sa gloire, Twiggy portera la robe minimaliste dans un style « Classic with a twist », ou « mod dress » d’où le terme même de la tendance « mod », désignant un modernisme peu conventionnel. Toutes les icônes chics l’adoptent, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Romy Schneider ou encore Françoise Hardy. Créateur de génie, André Courrèges a marqué lui aussi durablement la mode. Yves Saint-Laurent salue le talent novateur pour affirmer que la mode ne sera plus jamais la même suite à « l’explosion Courrèges ».