Audrey Hepburn, Icône De Style

Icône du glamour Hollywoodien du XXème siècle, Audrey Hepburn a dépassé le statut d’actrice pour devenir une référence du style. Et de la mode.

Audrey Hepburn est une icône du style — son influence considérable sur le monde de la mode est encore palpable aujourd’hui. Elégante et minimaliste, elle a fait entrer plus d’une pièces dans le répertoire des icônes. Plus d’un couturiers, aussi !

Car, contrairement à tant d’autres actrices de l’époque, le style Hepburn n’a pas été pensé et constitué par un studio. Il est entièrement l’oeuvre de couturiers d’exception, habillant ainsi une femme non moins exceptionnelle.

Audrey Hepburn Et Les Icônes de La Mode

Lorsqu’elle disparaît en 1993, Audrey Hepburn laisse derrière elle l’image d’une actrice engagée, et celle d’une femme hautement sophistiquée. Mais à la différence de ces contemporaines, Audrey Hepburn est une femme active.

Une femme qui a su appuyer son élégance sur des vêtements sans prétention, voire impraticables. Qu’elle soit en robe de cocktail, en jean, col roulé ou ballerines… Audrey Hepburn est impeccable. Intemporelle, aussi !

C’est à cela que l’on reconnaît l’icône qu’elle est. Mary Quant la qualifiait de « femme la plus élégante qui ait jamais vécu. » Hubert de Givenchy, lui, a dit qu’elle était « un cadeau d’en haut. »

La Robe Paco Rabanne Et L’Ensemble Courrèges

Audrey Hepburn avait une telle grâce, que n’importe quelle exagération de couturiers était, sur elle, une affaire d’élégance.

Ainsi elle mit en vedette deux couturiers du Youthquake, jugés importables. Jugés, surtout, comme l’antithèse de l’élégance par Coco Chanel.

Mademoiselle voyait en effet dans le travail de Courrèges et celui de Paco Rabanne, tantôt un travail de métallurgiste, tantôt celui d’un « homme qui s’acharne à détruire la femme, à dissimuler ses formes, à la transformer en petite fille » dit-elle.

Mais voilà, dans Two for the Road, en 1967, lorsqu’Audrey Hepburn apparaît dans la mythique robe Paco Rabanne en rhodoïd, elle prouve tout le contraire. D’un chic fou, cette robe pourtant désignée par Paco Rabanne comme « importable » démontre tout son potentiel. Et allure Miss Hepburn !

Un an auparavant, au moment où elle pose devant l’objectif de Douglas Kirkland, Audrey Hepburn, vedette du film Comment voler un million de dollars, 1966, montre tout le panache de la silhouette Courrèges.

D’un blanc futuriste, l’ensemble entre dans l’histoire de la mode. Et, avec Audrey Hepburn, la mode Courrèges décuple ses ambitions d’élégance !

Car l’habituée des pages de magazines de mode les plus prestigieux, a le don d’incarner avec aisance et naturel la plus folle des exagérations de couturiers.

Pantalon Capri Et Mocassin

Photographiée par Richard Avedon ou encore Cecil Beaton, le style Hepburn se distingue par son approche simple et minimaliste. D’ailleurs, nombre d’historiens de la mode s’accordent à valoriser son influence sur le style de la Parisienne.

Il faut dire qu’Audrey Hepburn ne jure que par le plat. Des ballerines aux mocassins signatures… C’est toujours dans un film que s’écrit l’histoire entre Audrey Hepburn et un vêtement.

Ainsi ses mocassins furent d’abord ceux de l’iconique chausseur Italien Salvatore Ferragamo, pour le film Funny Face en 1957. Ensuite, Audrey Hepburn ne jura plus que par le Gommino de Tod’s.

L’autre pièce iconique du style Hepburn, c’est le pantalon capri. Sur les plateaux de cinéma ou dans la vie, elle adorait en effet la simplicité et l’élégance de ce pantalon — indubitablement lié à la vie à Capri.

Audrey Hepburn était également passionnée par les vêtements masculins. Par exemple, dans le film Roman Holiday, elle porte une chemise blanche, d’homme…

Elle avait en effet une vision unique et indépendante de la féminité… En contraste avec ses contemporaines comme Marilyn Monroe et Jane Russell. Lorsqu’elle enfile des vêtements masculins, c’est ainsi pour mieux les détourner. La chemise blanche devient une de ses pièces fétiches, dans Roman Holiday, en 1953. Mais elle la noue de façon à souligner sa taille fine.

Autant de pièces confortables et décontractées, pas vraiment taillées pour l’allure. Mais son style iconique et son sens incroyable de l’allure lui ont justement permis d’être distinguée, dans tout.

Ajouter à cela une vénération pour les cols ras de cou, le noir et les lunettes imposantes — le style Hepburn est un intemporel !

Le Sac Speedy de Louis Vuitton et Audrey Hepburn

L’une des pièces de la mode qui lui doit tout, c’est le Speedy, de Louis Vuitton.

Crée en 1930 pour être un sac à main de voyage dans une version réduite du Keepall, il se taille dans sa version iconique grâce à Audrey Hepburn.

En effet, Dans les années 60, c’est elle qui concourt à le rendre diablement désirable, tout en popularisant son existence. Pour elle, le malletier français concède, à sa demande, de concevoir un modèle encore plus petit du Speedy. Le Speedy 25 entre alors dans la course.

Grâce à Audrey Hepburn, le sac se mue en un luxueux fourre-tout dont l’esthétique ne peut qu’épouser les attentes des nouvelles Vénus urbaines, modernes, et chic.

Offrant un espace de rangement optimal de par sa grande poche intérieure, sa large fermeture à glissière permet, elle, un accès facilité au contenu protégé par à un cadenas gravé ; un port en main ou au coude qui, à lui seul, allure la démarche et la silhouette !

Audrey Hepburn et Givenchy, La Mode A L’Ecran

C’est évidemment avec Givenchy qu’Audrey Hepburn est entrée dans l’histoire de la mode. Une histoire qui lie indubitablement le cinéma et le vêtement, dans une quête d’élégance intemporelle !

Pour Paris Match, en Octobre 1991, elle revient sur sa rencontre fortuite avec le couturier Parisien. « Je devais tournerSabrina, un film qui raconte l’histoire d’une jeune fille qui vient à Paris et qui retourne en Amérique transformée. Pour tourner ce film en Californie, j’ai eu naturellement l’idée de faire faire les robes à Paris.

A l’époque, ce n’était pas du tout habituel, car tout se faisait à Hollywood. Mais la directrice des costumes a tout de suite été enthousiasmée. En arrivant à Paris, je suis allée chez le grand maître, Balenciaga. Comme c’était l’époque des collections, la maison n’avait pas le temps de s’occuper des costumes du film.

On s’est donc tourné vers le plus talentueux des jeunes, Hubert de Givenchy. Je l’ai rencontré dans sa maison de la rue Alfred-de-Vigny. Malgré tout le travail qu’il avait, il a accepté. Il fallait un petit tailleur de voyage et une très belle robe de soie. J’ai trouvé dans la collection la robe noir et blanc du film, qui m’allait divinement. Il n’y a pas eu à la faire faire.

Et leur longue relation tout en réciprocité… Ainsi interrogée par le journaliste: « Grâce à vos films, Hubert de Givenchy s’est imposé à Hollywood et en Amérique.

« Ce n’est pas tout à fait exact. Il est toujours difficile de définir qui a commencé : l’oeuf ou la poule. Hubert a fait toutes les robes de mes premiers films. C’est lui qui m’a donné un look, un genre, une silhouette. C’est lui qui, visuellement, a fait de moi ce que je suis devenue. »

Un genre et une silhouette qu’elle aurait voulu garder pour elle. On connait en effet l’anecdote qui donna naissance au parfum l’Interdit de Givenchy.

La muse qu’était Audrey Hepburn pour Givenchy lui inspira un parfum. Et alors qu’Hubert de Givenchy aurait voulu le commercialiser, elle répondit: « Mais je vous l’interdis! »

La suite, on la connait…

Du Film Sabrina A Funny Face, Givenchy Et Audrey Hepburn

La relation stylistique entre Audrey Hepburn et Givenchy s’est définie autour du film Sabrina, de Billy Wilder. Nous sommes en 1954, et Sabrina conte l’histoire de la transformation d’une jeune fille, après son passage à Paris.

Haute Couture et élégance, incarnées à l’écran et dans les robes follement glamour signées Givenchy? Pas exactement. Car après qu’Audrey Hepburn ait choisie les pièces au coeur de la maison Givenchy, Edith Head, non moins mythique costumière, en modifia légèrement l’allure.

Hubert de Givenchy expliqua à la journaliste Dana Thomas que la robe vue à l’écran diffère de sa conception originale, mais il a été directement impliqué dans cette décision: « Nous avons changé le haut de la robe de soirée lorsqu’elle danse avec William Holden sur le court de tennis, passant d’un jersey noir à un bustier en organza blanc, car c’était pour un bal d’été. »

Trois ans plus tard, en 1957, dans le film Love In The Afternoon 1957 tourné au Ritz… La comédie romantique avec Gary Cooper et Hepburn met en vedette les monuments iconiques de Paris… Autant que la couture de Givenchy.

Dès lors, Givenchy et Audrey Hepburn vont concourir à la réputation et à l’extase internationale pour les pièces de la couture Parisienne.

Charade | Film-Rezensionen.de

Funny Face, en 1957. Paris When It Sizzles, en 1964. Charade, en 1963. Au fil des films, le style Hepburn s’affirme et conquiert le monde !

Mais c’est avec Breakfast At Tiffany’s que les esthètes du monde entier vont vivre le moment le plus iconique de la mode au cinéma.

Breakfast At Tiffany’s, La Petite Robe Noire

L’ouverture du film Breakfast At Tiffany’s est une légende du genre. Une légende où une robe couture, monochrome de Givenchy, et l’actrice la pus élégante de l’univers vont déterminer à jamais ce qu’est le style à l’écran.

Ainsi, la petite robe noire est entrée dans l’histoire, en même temps que le raffinement délassé d’Audrey Hepburn. Imitée et révérée, cette silhouette est bien plus qu’une affaire de mode. Elle est l’incarnation d’un idéal, esthétique et stylsitique. Un idéal tout en simplicité et minimalisme qui fait écho à la personnalité même d’Audrey Hepburn.

Car, comme elle le dit plus tard: « Ce sont les seuls vêtements dans lesquels je suis moi-même. Il est bien plus qu’un couturier, c’est un créateur de personnalité. »

En 2006, cette même petite robe noire Givenchy a été vendue 467200 £ — le prix le plus haut jamais payé pour une robe d’un film. Signe de l’héritage durable de Audrey Hepburn en icône absolue du style.

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Le Fourreau des Petits Matins Givenchy du Printemps/Eté 2019

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« Je ne souhaitais pas une maison de haute couture classique… Mon rêve était de créer une grande boutique, où les femmes pourraient s’habiller, avec imagination et simplicité. Des vêtements faciles à porter, même en voyage, et réalisés dans des tissus ravissants mais peu coûteux, comme le shirting ou l’organdi. » La maison d’Hubert de Givenchy distille sous la houlette de la Britannique Clare Waight Keller une vision résolument chic de la femme d’aujourd’hui. Et c’est sous les arcades du palais de Justice de Paris qu’elle présentait son troisième défilé orchestré pour le Printemps/Eté 2019 — une collection dont le fil rouge n’est autre que le vécu très avant-gardiste d’Annemarie Schwarzenbach. 

 

Annemarie Schwarzenbach est une femme, mais, très tôt, lui prend le désir d’échapper au genre et ses implications. Au début du siècle dernier, la voilà qui se moque des normes et, dès son plus jeune âge, sans grande résistance de la part de ses parents, part à la conquête de sa liberté. Habillée tantôt en garçon, tantôt en fille, Schwarzenbach développe par la suite un sentiment d’aisance et sa sensualité bien à elle — photographe, journaliste, elle n’en fait qu’à sa guise ! Et justement, c’est cet esprit libre, emprunt d’une sophistication magistrale qui habite les pièces Givenchy du Printemps/Eté 2019. 

 

Si nombre de silhouettes distillent une allure féminine et fluide, c’est l’aisance résolue du fourreau très Breakfast at Tiffany’s qui capture toute l’attention. Un fourreau prêt à enfiler taillé dans une crêpe de soie qui, ici, gagne une posture très adroite ! Déjà dans le mythique film de 1961, Audrey Hepburn semblait flotter dans sa robe Givenchy — diablement élégante, là encore la femme du Printemps/Eté 2019 évite savamment l’écueil des fourreaux endimanchés et contraignants. Allier ainsi le raffinement de la poussière d’argent au pragmatisme de la coupe —  dans l’allure d’Annemarie Schwarzenbach, il y a une véritable résonance avec la femme d’aujourd’hui. Une femme qui cherche sa féminité dans l’aisance plutôt que dans quelconque ornementation !

Le Flou Givenchy en Vedette Haute Couture de l’Hiver 2018- 2019

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La maison Givenchy renoue avec l’essence couture et les techniques phares initiées par Hubert de Givenchy – une couture décontractée et enveloppante ; éminemment chic ! Baptisé ‘Caraman’, du nom de l’hôtel particulier qui abrite depuis toujours les ateliers au 3 Avenue George V, ce nouvel opus Haute Couture signé Clare Waight Keller est un hommage. « L’inspiration était Hubert de Givenchy, l’homme qui saisissait la beauté et la modernité. Je voulais célébrer cela [ …] Il m’a dit d’être forte. Il croyait à l’élégance, il croyait au chic. J’ai senti qu’il me fallait respecter sa vision de la femme dans cette collection. »

La semaine passée à Paris, les jardins des Archives Nationales résonnèrent ainsi aux notes de ‘Moon River’, interprétée par Audrey Hepburn. Le style Givenchy est si intrinsèquement lié à l’actrice que Clare Waight Keller a pioché dans cette sorte de raffinement désinvolte le mouvement de ses silhouettes. Il en résulte un dialogue inédit et contemporain entre flou et tailoring – une femme mi-romantique mi-guerrière subtilement incarnée par Kiki Willems. « Je me suis immergée dans les archives et j’ai réalisé qu’Hubert avait cette épaule fantastique, qui donne une touche masculine géniale à la silhouette. Ça fait partie du langage que je suis en train de développer » précise Clare Waight Keller.

La silhouette est audacieuse. Ainsi mêlées, teintes rouge et nacré, lignes structurées et vaporeuses viennent introduire la nouvelle femme Givenchy Haute Couture de l’hiver 2018 -2019– une femme sensuelle mais puissante ! Tout le défi fut, dit-elle, de créer « un sentiment d’harmonie – de crée quelque chose de flottant. Mais en utilisant des matières modernes qui n’étaient pas à la disposition d’Hubert. » Des soies riches, du velours Français, du cuir doux, des techniques d’assemblage Japonaises… Le look ici illustre à merveille le propos initié longtemps déjà par Hubert de Givenchy ; la véritable Haute Couture, celle qui parvient à lier les extrêmes dans une robe du soir fantaisiste et pourtant allurante. Une pièce pensée dans l’unique but de sublimer la femme ; dans un mouvement d’extrême fluidité !

Doria Arkoun

La Robe de Mariée de Meghan Markle

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C’était un secret aussi précieux que les joyaux de la couronne Britannique ; une information que Kensington Palace ne voulait en aucun cas partager – le modèle, la coupe et la griffe de la robe de la mariée la plus épiée de l’année n’étaient jusqu’à aujourd’hui pas connus du grand public. Il faut dire que l’effet de surprise fut plus que recherché. Et le Prince Harry, le premier, ne voulait pas connaître la robe dans laquelle se glisserait son aimée. Mais, traditions Britanniques obligent, les bookmakers étaient depuis longtemps sur les starting blocks. C’est que l’évènement est de taille – après la sublime pièce Alexander McQueen arborée par la mariée Kate Middleton, celle de Meghan Markle signera le it nuptial de la décennie !

En réalité, la future Altesse Royale d’Angleterre se devait de porter deux tenues. La première pour la cérémonie, la seconde pour la réception. En 2016, alors qu’elle tournait la série ‘Suits’, Meghan Markle s’exprimait quant à sa robe idéale : « J’ai la chance de porter des pièces magnifiques tous les jours pour mon travail, donc le style de ma robe – de mariée ou non – serait épuré et décontracté. Classique et simple, peut-être avec une touche moderne. Je préfère les robes de mariées qui sont insolites et romantiques. »

Nombre de noms furent avancés auprès des bookmakers… Jusqu’à suspendre les paris ! Ralph & Russo – le duo de designers Australiens qui l’a habillé pour les photos officielles de ses fiançailles avec le prince Harry, en décembre dernier. Autre nom : la plus British des maisons, Burberry ! Mais c’est bel et bien la maison Givenchy qui a signé l’objet tant désiré ! Clare Waight Keller a en effet imaginé une pièce respirant l’élégance – une robe d’un blanc immaculé, épurée et près du corps. Une robe à l’esthétique ‘intemporelle’ qui signe là l’extrême raffinement de la couronne Britannique.

La Robe Bettina Givenchy de l’Automne/Hiver 2018

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Digne successeur de Balenciaga, Hubert de Givenchy a très vite développé une mode toute en harmonie. Passé maître du tissu et promulguant une mode simple et hautement élégante, Givenchy a dès les années 50, imposé un style plein d’audace et de grâce. Lors de sa toute première collection, c’est une pièce hors-norme pour l’époque qui retient l’attention de la presse et des clientes… Le chemisier Bettina est ainsi né, confectionné à partir de coton brut jusque-là jamais utilisé dans des designs finis. Avec ses manches serrées, ponctuées de volants brodés, la pièce ainsi nommée d’après le mannequin phare de l’époque, entre très vite dans la légende. Et la semaine passée à Paris, Clare Waight Keller présentait une robe cocktail aux lignes très similaires.

            Pour la seconde fois depuis qu’elle a pris la direction artistique de la maison Givenchy, Clare Waight Keller a choisi le Palais de Justice de Paris pour son défilé. Inspirée de la vie nocturne berlinoise des années 80, la collection fait se côtoyer velours sombres, bleu nuit, gris profond mais aussi du lamé, du cuir et des coupes sophistiquées. Pièce-phare de ce défilé, la robe Bettina de l’Automne/Hiver 2018/19 semble s’approprier avec grâce et panache les lignes des volants de la blouse iconique.

            Dans un set inspiré de l’ambiance des films noirs comme Les Prédateurs et B-Movie : la sauvagerie de Berlin-Ouest, la robe Bettina de Givenchy déploie un ADN un brin plus dark mais toujours aussi glamour ! Avec sa couleur profonde comme éclairée par la nuit, ses volants et ses plissés, la robe Bettina de la saison prochaine présente une coupe sophistiquée et hautement actuelle. Une pièce-icône donc, qui fait la part belle à l’élégance mesurée et audacieuse d’un Hubert de Givenchy – ici avec la pertinence savoureuse de Clare Waight Keller !

Le Retour de la Petite Robe Noire Givenchy Haute Couture 2018

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La nouvelle directrice artistique de la maison de Hubert de Givenchy présentait cette semaine à Paris une collection Haute Couture placée sous le thème du « Mystère d’un Jardin de Nuit ». « Je me suis imprégnée de l’histoire et des codes de la maison en me plongeant dans les archives, mais je voulais en donner une nouvelle incarnation. Ces six derniers mois ont été intenses, j’ai pu œuvrer dans le meilleur laboratoire créatif qui soit : les ateliers Givenchy. L’exercice de la Couture permet toutes les libertés. J’ai travaillé un vocabulaire radicalement différent de matières, de textures, de techniques, de teintures que je n’avais jamais exploré auparavant. Tout ici est fait à la main. Cela ouvre le champ des possibles et stimule la créativité » confiait backstage Clare Waight Keller.

            Et il est vrai que sa première collection Haute Couture pour la maison renoue avec la superbe du fondateur – la structure et le graphisme, la sensualité et le jeu des matières… Les 40 pièces intronisaient ici des femmes à l’allure gracile et puissante. Le look N°41 retient particulièrement l’attention en ce qu’il rappelle les mythiques robes créées à l’époque pour Audrey Hepburn. Une robe à la profondeur irisée et à la fausse simplicité – cette pièce amène avec elle une grâce que l’on croyait révolue. La petite robe noire Givenchy se galbe ainsi d’un volume impressionnant, dans une texture subtilement chatoyante.

            C’est que, présentée dans le décor d’un jardin éclairé par la lune, cette collection Couture introduit des éléments de surprise quelque peu changeant au gré de la lumière. Un exercice hautement réussi par Clare Waight Keller qui compose ici des pièces tantôt rigoureuses, tantôt graphiques, mais toujours aussi éprises de chic et de fantaisie légère.  « Pour moi, c’était la liberté totale qu’offre la Couture. Il n’y a même pas une saison à laquelle réfléchir. Vous créez juste une poésie de beauté. C’est un livre ouvert. »

Le Sweat Couture

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Il se donne des allures haute-couture : le sweat accède au rang des pièces les plus convoitées de l’Hiver.

Pourtant, à l’origine, le sweat constitue l’incontournable base de la garde-robe streetwear : athlétique sur de sportives épaules, il absorbe sans faillir la sueur ; mais très vite, il sort des sentiers battus : les graffeurs en font le fer de lance du milieu underground. Souvent démesurément large, il sert à leurs nocturnes échappées artistiques.

 Le luxe se l’approprie : Balenciaga, Kenzo et son sweat en néoprène déjà adopté par Rihanna et les modeuses. Facile à fabriquer, moins facile à porter. Les finitions se condensent, les coupes se gonflent, la forme s’arrondit : pour la saison, il s’agit de marier deux univers : un héritage dur, souterrain et, masculin à la préciosité féminine léguée par la galaxie couture.

Sans trahir sa première ossature, le sweat endosse multiples facettes : rétrofuriste sous le crayon Balenciaga, à l’effigie de John Galliano chez Galliano, à imprimé hibou chez Burberry. Le plus bucolique est néanmoins le romantique habit de Dries Van Noten qui, comme pour harmoniser les deux dimensions de cette pièce, le fait broder de fleurs.

Le sweat est incontestablement la pièce du dressing à, sans faute, conjuguer à la mini.

La Robe Féline de Givenchy pour le Printemps-Eté 2018

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Débauchée de chez Chloé, Clare Waight Keller fait une entrée remarquée au sein de la création de Givenchy. Il faut dire que depuis mai dernier, la Britannique a passé du temps plongé dans les archives de la maison. Ces recherches l’ont menée à Jonchet, un château du XVIIIe siècle situé dans la vallée de la Loire – là, c’est le comte Hubert de Givenchy en personne qui l’a accueilli. « Il est tellement chic, tellement grand » raconte Waight Keller. L’artiste à l’origine de l’élégance intemporelle de l’actrice Audrey Hepburn semble ainsi avoir inspiré la designer. « J’étais moins intéressée par les vêtements que par ses croquis. Si vous regardez ses croquis, ils sont si expressifs, si dynamiques et si spontanés. Et si vous regardez les vêtements, c’est une autre chose. Je voulais donc revenir sur cette expression. »

Le rendez-vous fut ainsi donné sur l’Île de la cité, au cœur du Palais de Justice de Paris… Eléments clés du vocabulaire de Givenchy qui semblent aujourd’hui exhumés, les imprimés tigre, léopard et zèbre font le contrepoint de la nouvelle collection Printemps/Eté 2018. Pioché dans les archives des collections datant de 1961 et de 1981, voici que le motif léopard se réinvente dans une teinte noir et blanc – une robe future icône qui joue d’une asymétrie pour un peu plus de cohérence avec son temps. Mais ce plissé, cet élan, est lui référencé à partir d’un croquis même d’Hubert de Givenchy…

Une toilette un brin endiablée donc, qui renoue avec l’essence même de cette grande maison de couture. Moins sexy et plus aboutie, la nouvelle silhouette développée par Clare Waight Keller signe une démarche fluide et allègre – une certaine attitude punchy, féline, mais diablement contemporaine. Doucement mais surement, la directrice artistique de Givenchy semble sortir du style de son prédécesseur, plus sombre et gothique… Et c’est devant Julianne Moore, Pedro Almodovar, Lily Collins et Rooney Mara qu’elle introduisait cette vision pour le Printemps/Eté 2018.

 

 

Les Femmes Emblématiques de Balenciaga

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Le travail de couture de Cristóbal Balenciaga dénote une exigence et une rigueur si rares que son allure ne tarde pas à faire école. Dès son arrivée à Paris, en 1937, le maître Espagnol introduit une collection ‘Infante’ largement inspirée de la flamboyance des pièces d’un siècle passé comme transmis par les toiles de Goya ou Zuloaga. Le succès est immédiat, et retentissant ! « Dès l’ouverture de sa maison parisienne, les premiers vêtements qu’il a présentés avaient, malgré leur simplicité, quelque chose de majestueux – en un mot, ce que l’on appelle de ‘l’allure’. C’est lui qui a redéfini la silhouette féminine des années 1950, et les vêtements qui nous semblent si caractéristiques de cette époque ne sont en réalité que des variations de ce que faisait Balenciaga » précise ainsi Susan Irvine dans son ouvrage référence Balenciaga Vu Par Vogue. Très vite, la fascination du public Parisien pour les peintres Espagnols se manifeste dans ces robes qui, dès lors, accompagnent les belles durant les nombreux bals et autres galas organisés un peu partout dans la capitale. « Un exemple, la robe Infanta conçue pour Madame Bember pour être portée à un bal costumé Louis XIV, organisé par le Conte et la Comtesse de Beaumont en Août 1939 » peut-on ainsi lire dans le livre Cristóbal Balenciaga : la Forge du Maître, publié en 2010. Et ce n’est que le début, tant le ‘couturier des couturiers’ rapidement enchaînent les pièces iconiques : la robe-ballon, la Baby Doll, le Boléro, la robe-sac sont autant de its qui trouvent preneur chez de nombre femmes de renoms, ou de rang royal.

Il faut dire que Cristóbal Balenciaga dessinait avec cette majestueuse femme en tête – une femme de 40 ans : « Contrairement à Dior, Balenciaga hésitait à engager comme mannequins des jeunes femmes attirantes : les femmes qui tenaient ce rôle chez lui avaient souvent la quarantaine, tout comme ses clientes. Les différents mannequins reflétaient la morphologie de ses clientes de l’époque. Elles étaient la preuve vivante que toutes les femmes pouvaient avoir de l’allure en portant ses vêtements » précise Susan Irvine. En 1962, le maître réalise ainsi la robe pour le mariage de Fabiola de Mora y Aragón et le Roi de Belgique ; deux ans plus tard, c’est la Duchesse de Windsor qui lui commande une toilette pour son portrait officiel… Hubert de Givenchy a d’ailleurs déclaré que son ultime vision de l’élégance fut celle de la duchesse de Windsor debout à l’une des fenêtres de l’Hôtel Lambert à Paris, portant une robe Balenciaga jaune. En 1963, la Comtesse Von Bismarck acquiert 88 tenues Balenciaga – dont le très iconique Boléro. Lorsqu’en 1968 la nouvelle de la fermeture de la maison Balenciaga éclate, Diana Vreeland relate : « Mona n’est pas sortie de sa chambre depuis trois jours. Je veux dire… c’était la fin d’une certaine partie de sa vie ! »

Plus tard, Grace Kelly devenue de Monaco ne jure que par ses créations – « Le premier essayage chez Balenciaga vaut le troisième ailleurs » assurait aussi la grande Marlène Dietrich. Ces pièces étaient d’une grande élégance, certes, mais d’une élégance sans effort – une allure d’où se dégage un je-ne-sais quoi de très affirmé ! Aujourd’hui, ou plutôt sous l’ère de Nicolas Ghesquière, la femme Balenciaga s’incarne à merveille dans les traits, l’attitude et le charme étrange d’une Charlotte Gainsbourg devenue égérie de la maison. Sur elle, les créations du Français prennent l’allure de celles d’un Cristóbal Balenciaga au sommet de son art. Avec l’arrivée du designer Géorgien Demna Gvasalia, la maison Balenciaga s’ouvre vers la femme d’affaire très charismatique. L’alliance de l’héritage et de l’attitude aboutissent à des pièces pointues et classiques qui, dans une équation quasi-inédite, donne matière à une attitude conquérante – que l’on ait 20 ou 70 ans !