La Neo Petite Robe Noire Chanel Haute Couture Hiver 2018-2019

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Si Karl Lagerfeld n’a pas son pareil pour susciter l’émoi à chacune de ses collections, ce défilé Haute Couture Hiver 2018-2019 témoignait avant tout de son amour pour Paris. Dans un décor reconstituant les quais Parisiens, des silhouettes urbaines et justement Parisiennes conjuguaient, elles, des éléments pragmatiques à héritage de Chanel. Et si la Haute Couture est, comme le dit Karl Lagerfeld, « un ilot de rêve et d’évasion. C’est le luxe extrême qui transcende les modes et traverse le temps. » L’exercice fut une nouvelle fois maîtrisé. Parmi les 70 silhouettes éminemment exquises ayant défilées la semaine passée sous la coupole du Grand Palais, la néo petite robe noire retenait toute l’attention.

C’est que l’utilisation du zip brodé par la maison Lesage avait de quoi étonner – élément pragmatique né au tournant des années 50, le zip est bien plus connu pour sa tonalité disruptive que pour son utilisation en Haute Couture. Mais une fois passé entre les doigts de tels ateliers, le zip épouse l’icône de la maison Chanel avec un raffinement certain. Ainsi zippée le long d’une bordure brodées de paillettes et de pierreries, la petite robe de cocktails s’éprend de volumes inédits. Une pièce à la coupe épatante qui porte aux nues le flair et le savoir-faire Chanel.

La Dame aux Camélias avait en effet débarrassé la toilette féminine de tout le superflu, de façon à permettre au vêtement, à la coupe, à la robe en somme le soin d’allurer l’élégante qui l’enfile. Sans limite et sans contrainte. La neo-petite robe noire de Chanel reprend ainsi la vocation première de Coco – une pièce au raffinement dépouillé qui occulte à l’oeil toute la complexité de sa construction. Le basique des basiques imaginé pour une femme dynamique ; une Parisienne prenant le temps d’apprécier le charme fou de sa capitale.

 

Doria Arkoun

 

Chanel et le Défilé Métiers d’Art s’en Vont à Moscou

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Coco Chanel partage plus d’une histoires avec la Russie – une histoire d’amour, de mécénat, d’art et de rencontre. Il faut dire qu’après la révolution de 1917, l’intelligentsia et l’aristocratie Russe trouvent refuge à Paris. C’est là que Gabrielle rencontra et hébergea le célèbre compositeur Igor Stravinsky et sa famille ; coopéra avec Sergueï Diaghilev et Jean Cocteau, avant de soutenir le Sacre du Printemps de Nijinski! A l’époque aussi, Coco succombe pour l’extrême sophistication du grand-duc Dimitri Pavlovitch, cousin du tsar Nicolas II…

« Tout Occidental doit avoir succombé au charme slave pour savoir ce que c’est. Je fus fascinée » racontait la Dame aux Camélias. Et d’art il est surtout question ici – l’esthète qu’elle est met un point d’honneur à défendre le travail et les performances éminemment visionnaires de ses amis Russes ! C’est ainsi que Karl Lagerfeld choisit Moscou afin de présenter une seconde fois les silhouettes Métiers d’Art 2017/18 de la collection Paris Hamburg. Une collection où la ville natale du Kaiser est mise à l’honneur.

Col marins, fantasmes et reflets Hambourgeois sur le tweed iconique – cette fois, les savoir-faire les plus précieux de l’époque furent mis au pli d’une collection hautement symbolique. Une collection où colliers, pendentifs, broches et sacs à main prenaient tour à tour des allures de conteneurs, de bouées ou autres images résultant d’une vision d’Hambourg ! Une collection différente et hautement référencée où travail des brodeurs Maison Lesage et Atelier Montex, le chapelier et le modiste Maison Michel, ou encore le plumassier Lemarié et le bottier Massaro subliment les souvenirs d’antan…