La Collection Chanel Haute Couture 2020

Après l’allure monastique de la précédente collection Couture de Chanel, Virginie Viard l’affirme: « J’avais envie de complexité, de sophistication. »

La Collection Chanel Haute Couture 2020, Opulence Et Extravagance

« Je pensais à une princesse punk sortant du Palace à l’aube. Avec une robe en taffetas, des cheveux volumineux, des plumes et beaucoup de bijoux. Cette collection est davantage inspirée par Karl Lagerfeld que par Gabrielle Chanel. Karl allait au Palace, il y accompagnait ces femmes très sophistiquées, très habillées, très excentriques aussi » annonce Virginie Viard.

La femme Haute Couture Chanel 2020 a en effet tout pour faire tourner la tête des esthètes. Jouant allègrement de la grammaire de Coco et celle de Karl Lagerfeld, la collection Haute Couture Chanel 2020 présente les icônes de la maison comme injectées d’une haute dose d’exubérance. A commencer par le tweed.

Et parce que Chanel peut compter sur l’adresse exceptionnelle de tout ses métiers d’art, la rencontre des ateliers de broderie Lesage et Montex, Lemarié et Goossens, a donné naissance à des tweeds rebrodés, perlés, et franchement hypnotisants de beauté !

L’allure du tweed, matière fétiche de Coco, se complexifie ainsi dans des paillettes, des strass, des pierreries et des perles qui, à bien y regarder, revisitent sourdement l’allure Chanel.

Le mythique tailleur tweed présente ainsi un plastron bijouté par Goossens — un brin offbeat, mais complètement chic.

Sur des robes de cocktail, ce sont les iconiques camélias qui se piquent, cette fois, sur ces pièces opulentes de pierreries. Mieux, les grandes robes du soir s’amusent de la coupe panier pour plus de romantisme encore. Et Virginie Viard le dit-elle même: « Pour moi, la Haute Couture est romantique par essence. Il y a tellement d’amour dans chacune de ces silhouettes. »

On lit en effet toute l’admiration que les ateliers portent à leur mission dans ces tailleurs-pantalons, piqués de galons diamants.

Et puis il y a surtout dans cette collection une mise-en-scène de circonstance. Un mini-film figé par Michael Jansson, où les parures des collections de Haute Joaillerie viennent pour la première fois compléter des silhouettes Chanel à la fois grandiloquentes et finalement très, très coutures.

Un mini-film à voir ici.

Rouge Coco Flash, Nouvelles Teintes En Vue

Le rouge à lèvres Chanel déploie toute sa profondeur autour de 12 nouvelles teintes. Aussi pop que sensuelles !

Le Rouge à Lèvres Chanel, Le Rouge Coco Flash

« Si vous êtes triste, ajoutez plus de rouge à lèvres et attaquez. » Les mots de Mademoiselle, apôtre d’une élégance qui a révolutionné la mode et la féminité, sonnent justes !

D’autant lorsque l’on remarque la fougue et l’allure que signent les rouges à lèvres Chanel. Le nouveau Rouge Coco Flash, sorti en 2019, est d’une extrême puissance.

Léger et doux, fondant sur les lèvres, il laisse dans son sillage un lavis de couleur fort et précis… Sa consistance est obtenue à partir d’un mélange d’huiles de mimosa, de jojoba et de tournesol — le résultat? Le Rouge Coco Flash est extrêmement hydratant. Mieux, les pigments, réfléchissants la lumière, distillent l’équilibre parfait entre couleur et brillance.

Et cette fois, le nuancier de couleurs du Rouge Coco Flash a été complété de 12 nuances. Pop et audacieuses !

Incarnée par Lily-Rose Depp, l’attitude Chanel se déploie ainsi autour de teintes sucrées ou saisissantes.

Lové dans l’iconique tube en verre, le Rouge Coco Flash signe l’éclat d’un sourire, dans un geste simple et précis.

Teinte aubergine profonde de Mood… Le rouge-orange vif de la teinte Lively. Easy, le rose sucré ou Freeze le rose perlé… Fuchsias, prunes ou chocolats— les teintes fusent et ne se ressemblent pas. Le plus simple reste de choisir, selon l’humeur et l’envie. A la Chanel !

Et le berceau de la création de Coco Chanel se dévoile ici, avec cette visite mode et luxe du vrai Paris. Réservez votre ‘Paris Fashion and Luxury Icons Tour’.

La J12∙20, Condensé Des Codes Iconiques De Chanel

On connaissait déjà la révolution J12, voici Chanel qui édite sans doute sa montre la plus emblématique des codes de la maison.

L’année 2020 marque l’anniversaire des 20 ans de la montre J12. Une montre qui, en 2000, révolutionna l’allure des montres féminines.

La Révolution J12, Le Masculin Féminin

On connait le génie de la maison Chanel à transfigurer les éléments du vestiaires masculins en ode à la féminité. C’était déjà le cas du temps de la mythique Coco Chanel.

D’ailleurs, le cinéma ne s’y trompa guère. Nombre d’actrices, et de films, ont fait appel à Coco Chanel. A commencer par le président de la MGM, dans les années 1930. Chanel et le cinéma, c’est une histoire !

De la veste en tweed, au jersey en passant par les chaînes… Coco Chanel a aisément pioché dans le vestiaire de ses amours la grammaire de sa mode. Une mode franchement éternelle qui, en 2000, gagne une nouvelle fois à être interprétée dans le monde de l’horlogerie.

On parle bien d’une nouvelle fois, car en 1987 déjà, la maison Chanel imaginait la Première. Montre iconique, elle aussi…

Ainsi en 2000, la maison Chanel introduit la J12. Une montre sacrément innovante. Parce qu’elle se présente comme une montre féminine mais qu’elle joue des codes massifs des garde-temps masculins, la J12 est un pur produit du vocabulaire Chanel.

Taillée dans la céramique, noire d’abord puis blanche en 2003, la J12 ne tarde à attirer l’attention. Sacrée première icône horlogère du 21ème siècle, la J12 est d’une beauté hypnotisante.

Une allure éternelle qui donne au poignet féminin une audace aussi éternelle qu’un diamant !

Et voici qu’en 2020, le garde-temps J12 fête ses 20 ans autour d’éditions d’un raffinement extrême. Les codes Chanel en prime !

La J12∙20, Un Condensé Des Codes Chanel

Avoir 20 ans rime souvent avec réinvention. A cela, la J12 s’est prise d’une envie de jouer… Du répertoire hautement iconique de la maison Chanel !

Un condensé des codes Chanel, voilà bien ce qu’ont travaillés les ateliers Haute Horlogerie de la maison de la rue Cambon.

Le sac 2.55, le camélia, la bouteille du N°5, la veste en tweed… Si ces pièces phares sont désormais connues et désirées de tous, une fois piquées dans la géométrie de la J12, elles se réinventent plus chic encore !

Avec ces motifs légendaires polis rhodiés sur la lunette et le cadran… La J12∙20 est ainsi la montre la plus Chanel qui soit. Une montre plus merveilleuse encore, dans sa version ponctuée de 12 diamants ! Une irrévérence qui figure l’essence même du chic Chanel.  Une exception limitée à 2020 exemplaires.

Déclinée dans une version Haute Horlogerie en émail, numérotée et limitée à 5 pièces. Une référence au numéro fétiche de Mademoiselle.

Et justement, le Studio de Création Horlogerie a édité cette année aussi une montre-bijou à l’aune de la figure éternelle de Mademoiselle. Une ligne Mademoiselle Privé Bouton comme une véritable figuration de l’adoration de Gabrielle Chanel pour les boutons et les galons. On retrouve ici le lion, le camélia, la croix byzantine — les véritables grigris de Chanel.

Et la manchette Mademoiselle Privée Bouton de Chanel s’inscrit déjà dans l’histoire des Art Décoratifs. Doublée d’un calibre hautement performant, un mouvement quartz de haute précision.

La J12, L’Icône Chanel A 20 Ans

Imaginée au tournant de l’an 2000, la montre J12 de la maison Chanel a devancé son époque sur nombre de questions. Une montre radicalement chic, à la singularité aujourd’hui incarnée dans une campagne anniversaire.

L’Histoire de La J12 de Chanel

Editée en 2000, la montre J12 est très vite devenue l’une des montres emblématiques de la maison de le rue Cambon. Avec un chic indéniable!

C’est que l’esprit de la J12 distille tout de celui de Coco Chanel. Il y a sa couleur, d’abord. La maison Chanel a habillé la J12 d’une céramique glacée, tantôt noire, tantôt blanche. Il y a le masculin-féminin, ensuite.

Montre J12 Chanel, Blanc

On connait l’attrait de Coco pour le vestiaire masculin, et sa révolution en jersey en passant par le tweed et mythique petite veste Chanel. La J12 introduit ainsi la même élégance organique, sur un écran un brin imposant, et un bracelet en maillons… Racée, puissante mais extrêmement subtile.

Et c’est au regretté Jacques Helleu que l’on doit ce design. Lui qui déjà avait fait entrer la griffe aux deux C dans le monde de l’horlogerie en 1987, avec la montre Première.

Montre J12 Chanel, Noir

Première montre icône du XXIe siècle signée Chanel donc, voici que la J12 célèbre son vingtième anniversaire !

La Campagne Anniversaire de La J12

C’est autour d’une série de vidéos, glacée dans le noir et blanc favori de Coco, que Chanel retrace avec grâce et poésie ce que représente le temps, de 20 ans.

Naomi Campbell pour la montre J12 Chanel, 20 ans

« 20 ans ce n’est pas assez pour… »

Claudia Schiffer, Liu Wen, Naomi Campbell ou encore Vanessa Paradis… Autant d’égéries chères à la maison Chanel qui, chacune, donne à voir un peu de la vision de la J12.

Ali Macgraw pour la montre J12 Chanel, 20 ans

Pour Ali Macgraw, icône absolue du Hollywood des années 60 et 70, « 20 ans ce n’est pas assez pour… »

« 20 ans, ça ne suffit pas pour faire toutes les choses que j’ai envie de faire » dit-elle face caméra, distillant là tout le chic d’une muse Chanel.

Finalement, la J12 est une affaire de seconde, de temps, de poésie et de chic radical. Le tout, distillé dans une montre qui, elle, en 20 ans, a su devenir une icône de l’horlogerie.

Les Films A Voir Pour Comprendre La Mode

Une liste des films iconiques pour cerner les subtilités des couturiers, de la haute couture, et la fantaisie du prêt-à-porter.

Les Biographies Cultes De La Mode

Si il existe une myriade de points de vue pour comprendre la mode, les plus intéressants sont ceux qui se fixent sur la figure des couturiers.

De véritables pépites qui, à leur manière, révèlent les dessous de la mode contemporaine. Parmi ces films cultes de la mode, la personnalité mystérieuse de Coco Chanel a fait l’objet de deux long métrages. Extrêmement bien ficelés.

Le premier de Jan Kounen, sorti en 2009, intitulé ‘Coco Chanel et Igor Stravinsky’ retrace l’image de Coco Chanel la mécène, mais aussi et surtout Chanel l’amoureuse. Anna Mouglalis parfaite dans le rôle de Coco, auréolée de secrets.

Amoureuse des arts et des artistes donc — Chanel contribua en effet à sauver le Sacre du printemps en injectant l’argent nécessaire à ses représentations. Le reste tient de la légende puisque, sans elle, le ballet aurait peut être était brûlé sur le bûcher de l’avant-garde. Goût fané d’une époque oblige.

Le second, sorti lui aussi en 2009, fut réalisé par Anne Fontaine. C’est ‘Coco Avant Chanel’, un film sur l’ascension d’une couturière partie de rien. Un film qui se concentre bien sur la révolution stylistique menée par Gabrielle Chanel. Allure simplifiée, petite robe noireet autres icônes de la mode moderne. Avec Audrey Tautou incarnant à merveille la mutine Coco, devenue l’impératrice de la mode Parisienne.

La Figure d’Yves Saint Laurent provoque la même fascination chez les réalisateurs. Puisque deux films sont sortis en 2014 — l’un de Bertrand Bonello avec Gaspard Ulliel, l’autre de Jalil Lespert avec Pierre Niney.

Ces films révèlent la personnalité trouble mais géniale d’Yves Saint Laurent. Lui qui n’hésitait pas à tirer de la vie nocturne l’énergie subversive indispensable à toute révolution esthétique. Dans la haute couture, comme dans le prêt-à-porter ! L’origine de la désinvolture du Smoking  ou celle de la see-through shirt est à chercher par là.

C’est ce que semble montrer le film biographie de Jalil Lespert ‘Yves Saint Laurent’. Un récit s’achevant sur le défilé de maître que fut la collection Ballets Russes de 1976.

Bertrand Bonello dans ‘Saint Laurent’ vise à explorer les aspects sombres et occultés de la personnalité du couturier. « Nous n’étions pas intéressés à montrer comment Yves Saint Laurent est devenu un génie. Nous voulions montrer ce que cela lui a coûté chaque jour d’être qui il était, et c’est pourquoi, au début du film, il est déjà une star. » Un film à voir pour comprendre la position de tout couturier dans le système de la mode !

En parlant de ce système souvent très délicat. Le film documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, ‘McQueen’, sorti en 2018, retrace la vision tellurique d’Alexander McQueen. Le film qu’il faut absolu avoir vu si l’on veut produire ou comprendre l’impact que peut avoir une collection et un défilé sur la mode.

Et justement, quel impact peut avoir la personnalité du designer sur la mode qu’il produit? Un pan de la création d’Olivier Rousteing est ainsi exploré dans le documentaire Wonder Boy.

Dans un autre registre, le documentaire consacré à la vision de Diana Vreeland, rédactrice en chef du Vogue Américain et Harper’s Bazaar, connue pour être la femme qui fit entrer la mode au musée…

Et toute la narration de Valentino se trouve décrite dans ce superbe documentaire par Matt Tyrnauer… ‘Valentino: The Last Emperor’ le titre parle de lui-même.

Ce documentaire offre une perspective inédite sur le travail et l’intérêt esthétique d’un magazine de mode. ‘The eye has to travel réalisé par Lisa Immordino Vreeland, Frédéric Tcheng, Bent-Jorgen Perlmutt est un chef d’oeuvre du genre.

Les Documentaires De Loïc Prigent

Nul besoin de présenter l’approche décomplexée et très drôle de Loïc Prigent sur la mode. Ces documentaires sont pourtant d’une précision rare — le suivre dans les coulisses de la préparation d’un défilé ou l’entendre retracer les décennies phares de la mode permet à quiconque de comprendre ce milieu.

A voir: ‘Le jour d’avant volume 1’: Sonia Rykiel. Jean Paul Gaultier. Proenza Schouler. Fendi.

Le jour d’avant, volume 2’ : Donatella Versace. Diane Von Fustenberg. Nina Ricci. Narciso Rodriguez. Jeremy Scott. Alexander Wang. Lanvin. Isabel Marant

Signé Chanel, 2005. ’Karl Lagerfeld se dessine’, 2013. Mais aussi ‘Le testament d’Alexander McQueen‘, 2015. Scandales de la mode, 2016. Qu’est-ce que la haute couture?, 2016. ‘Les dessins de Christian Dior’, 2018…

Ses projections sur La Mode Des Années 90. Un régal, bien savant !

Les Films De Mode Plus Réels Encore…

Le film évènement ‘The September Issue’, 2009, nous embarque littéralement au coeur de la rédaction du Vogue Américain, alors en préparation du numéro de Septembre — le plus important !

On y voit le travail des journalistes de mode, d’Anna Wintour et de son bras droit, la très inspirée Grace Coddington. De quoi comprendre la vie et le rythme d’un magazine de mode au plus haut.

Prêt a porter‘ de Robert Altman, 1994, est quant à lui un film qui joue sur l’idée des clichés prêtés au milieu de la mode dans les années 1990. En plein boom des Supermodels, le film joue sur le faux meurtre du président du syndicat du prêt-à-porter… Tourné en vrai pendant la semaine de la mode à Paris.

Un film où Marcello Mastroianni, Sophia Loren et Kim Bassinger côtoient Anouk Aimée, Rosy de Palma, Julia Roberts, Lauren Bacall, Björk, Cher, Naomi Campbell, Sonia Rykiel, Claudia Schiffer, Jean Paul Gaultier… Un micmac de figures de la mode et du cinéma !

Les Actrices, Chanel Et Le Cinéma

D’Hollywood à la Nouvelle Vague, l’esthète qu’était Coco Chanel a contribué à faire la légende de films iconiques. Une histoire qui se raconte, aussi, à travers des actrices de grandes envergures.

Coco Chanel Et Le Cinéma

La force et la modernité des silhouettes de Coco Chanel ont très vite servi à la narration cinématographique.

Coco Chanel, Epoque Hollywood

« C’est par le cinéma que peut être imposée la mode aujourd’hui » tranche Coco Chanel dans La Revue du Cinéma en 1931.

Et il est vrai que la silhouette moderne et épurée de Coco Chanel peut tout dire d’un personnage, sans qu’il ait à parler. En 1931, c’est dans le film Ce Soir Ou Jamais que Gloria Swanson démontre toute la puissance de la mode Chanel.

Coco Chanel, 1930’s, dans les bureaux de la MGM

Cette actrice, star du muet passant à l’audio, focalise en effet l’attention dans ses tenues Chanel. Quelques mois auparavant, en 1930, Coco rencontrait Samuel Goldwyn, le propriétaire des studios de la MGM…

Par l’intermédiaire du grand-duc Dimitri Pavlovitch, à Monte-Carlo, Chanel est ainsi appelée à redonner de la fougue et du rêve à Hollywood. Au lendemain du plus grand krach boursier de l’histoire, Samuel Goldwyn compte sur la papesse de la mode moderne pour transformer ses actrices en icônes. Il compte sur Chanel, aussi, pour amener de « la classe » à Hollywood, face aux costumiers un brin trop théâtraux.

A la recherche d’un nouveau public à amener au cinéma, il ambitionne donc d’en faire une vitrine de la mode.

Depuis Paris puis New York, Chanel rejoint Los Angeles dans un train blanc – clin d’oeil à sa teinte favorite – tout spécialement affrété pour elle. Et c’est Greta Garbo en personne qui l’accueille à l’arrivée. L’histoire de Chanel et du cinéma s’amorce, et les journaux titrent: « Deux reines se rencontrent. »

Si la réputation et la mode de Coco Chanel avaient déjà conquis le monde, Hollywood avait besoin de s’appuyer sur son talent pour ériger ses actrices en épitomé du chic. Ainsi, les femmes du monde entier ont vu dans ces silhouettes l’attitude à adopter.

Chanel et Samuel Goldwyn

Samuel Goldwyn confiait ainsi, en 1931, à des journalistes français: « Je pense qu’en engageant Mme. Chanel j’ai non seulement résolu le problème difficile de savoir comment empêcher les vêtements d’être datés, mais c’est également un service rendu aux femmes Américaines, qui peuvent voir dans nos films les dernières modes parisiennes, parfois même avant que Paris ne les voit. »

Avec la MGM, Chanel signe un contrat qui, comme le rapporte Rhonda K. Garelick, en 2014, dans la biographie Mademoiselle: Coco Chanel and the Pulse of History « Habiller ses stars, à l’écran comme à la ville. . . . Chanel devait mettre les actrices dans des styles « six mois en avance » sur la mode, afin de compenser le délai inévitable entre le tournage et la sortie.»

« C’est un nouveau chapitre dans ma carrière qui commence aujourd’hui » confie Chanel en mars 1931 au Los Angeles Examiner.

Dès lors, le nouvel Hollywood espère se reposer sur des éléments cinématographiques directement liés à la mode de Chanel. Attirant ainsi un nouveau public, d’abord. Puis en donnant aux actrices une allure glamour, quasi-surnaturelle.

Gloria Swanson, Ce Soir ou Jamais, en Chanel

Mais voilà, le film avec Gloria Swanson, Ce Soir Ou Jamais, est un échec. Un échec que Gloria Swanson explique comme un échec vestimentaire.

Coco Chanel époque Hollywood est finalement une expérience de courte durée. Son style sobre et épuré ne rentre finalement pas dans la définition hautement rocambolesque du glamour à l’Américaine.

Gloria Swanson, Ce Soir ou Jamais, en Chanel

Soit. Mais si en 1931 Chanel est une nouvelle fois trop à l’avant-garde, c’est une autre avant-garde qui se tourne vers elle, vingt ans plus tard, pour ses looks de cinéma !

La Nouvelle Vague Et L’Epure de Chanel

La Nouvelle Vague a en effet trouvé dans le style Chanel l’expression la plus radicale de la modernité. Pourtant, lorsque Truffaut ou Alain Resnais approchent Chanel, elle a déjà 75 ans. Et la Dame aux camélias a derrière elle une forte expérience dans le domaine.

Michèle Morgan dans Le Quai des Brumes

En 1938, elle réalise un coup d’éclat lorsque Michèle Morgan cherche une robe pour son rôle dans Le Quai des Brumes de Marcel Carné. Elle se rend ainsi rue Cambon mais ne trouve que l’opposition de Coco Chanel. Pour elle, « un film comme celui-là n’a pas besoin de robe; un imperméable, un béret, voilà tout ! »

L’élégance et la féminité toute en audace masculine – déjà griffe de Chanel – porte ainsi à l’écran une Michèle Morgan au sommet de sa séduction. Mystérieuse et féline, la silhouette fait Ecole.

En 1939, pour le film La Règle du Jeu, Chanel distille son intelligence de classe autour d’un éventail de personnages, pensé par Jean Renoir.

La Règle du Jeu. Costumes par Chanel

Puis vint la Nouvelle Vague. Et ses cinéastes fascinés par l’épure Chanel. « Tout le cinéma a envie de s’habiller chez Chanel » écrit Elle en novembre 1958. Et c’est le cas !

La Nouvelle Vague voit dans l’épure Chanel l’élément indispensable à sa narration simple mais féroce. L’élément indispensable à leurs femmes modernes car libres, aussi !

C’est ainsi que Jeanne Moreau en 1958 dans Les Amants de Louis Malle arbore le mythique tailleur Chanel. En 1963, Jacques Demy rappelle Jeanne Moreau, et le Tailleur Chanel dans la Baie des Anges…

Jeanne Moreau La Baie des Anges

Uniforme des femmes modernes, le tailleur se trouve une nouvelle fois sur les épaules de Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’échafaud, en 1958 toujours. C’est alors la deuxième collaboration entre Louis Malle et Gabrielle Chanel — et le début d’une longue histoire entre Jeanne Moreau et Coco. A la ville comme à l’écran, Jeanne Moreau porte haut les valeurs de la maison aux deux C.

En 1960, Alain Resnais fait appel à Chanel pour habiller Delphine Seyrig dans L’Année Dernière à Marienbad. Le film va marquer l’histoire du cinéma, en même temps que sa relation avec les maisons de mode. En effet, pour la première fois de l’histoire du cinéma, les silhouettes ne sont pas pensées pour les personnages, mais bien tirées des collections Haute Couture…

Delphine Seyrig dans L’Année Dernière à Marienbad.

Alain Resnais inaugure ainsi une nouvelle voie pour les costumes de cinéma. Cette fois, ils sont ancrés dans la réalité. Dès lors, la mode ne peut se passer du cinéma pour exposer ses créations !

Delphine Seyrig dans Baisers Volés

En parlant de réalité justement. C’est peut être pour cela que Truffaut, en 1968 pour Baisers Volés, donne carte blanche à l’actrice Delphine Seyrig pour choisir chez Chanel l’ensemble de ses costumes. Le néo-réalisme, voilà bien ce qui habite nombre de films de Truffaut.

Visconti et Chanel

Mais Chanel adore aussi jouer le rôle de mécène, de pygmalion même. Elle est celle à avoir introduit Visconti à Jean Renoir, projetant ainsi la carrière du réalisateur. Tandis que, lorsque Hanne Karin Bayer arrive à Paris à l’âge de 17 ans pour se lancer dans le cinéma, c’est sa rencontre avec Gabrielle Chanel qui change sa vie.

L’actrice phare de la Nouvelle Vague, Anna Karina, est ainsi entrée dans la mode comme mannequin, avant le cinéma.

Coco Chanel Habille Les Actrices

Coco Chanel a ainsi su mettre en mouvement ses silhouettes sur les actrices les plus révérées de son temps. Annie Girardot, Brigitte Bardot… Nombreuses sont celles à s’être appuyées en retour sur la mode de Chanel pour dégager l’image d’une femme moderne, libre et assurément élégante.

Et parmi les élégantes les plus iconiques, on retient tout particulièrement Romy Schneider et Anouk Aimée.

Romy Schneider

Elle a incarné la femme Chanel à l’écran et à la ville. Il faut dire que Coco Chanel a pris Romy Schneider sous son aile, dès 1961… A la demande de Luchino Visconti.

Romy Schneider dans Boccacio 70

C’est pour le film non moins iconique Boccacio 70, en 1961, que Chanel et Romy Schneider entament leur recherche du style adéquat. Et quoi de mieux que le tailleur Chanel pour camper le personnage joué par Romy Schneider dans le film — une aristocrate espiègle et émancipée. Emancipée de l’emprise de son mari, en écho au mouvement de libération des femmes… En Chanel !

Une femme au style fou devenue une icône de mode, figeant dans l’éternel de la pellicule la sophistication détachée du légendaire tailleur Chanel. Romy Schneider ne quittait, à la ville non plus, son élégance Chanel.

Anouk Aimée

L’autre icône absolue des actrices en Chanel, c’est Anouk Aimée. Qu’elle pose dans les pages du Vogue sous la caméra d’Irving Penn en 1962…

Ou qu’elle fasse l’objet d’un texte du Vogue Paris, en 1963, qui relate toute la force des silhouettes Chanel sur la sublime Anouk Aimée.

« Une nouvelle femme, toute différente de cette Luisa qu’avait imposée Fellini. Anouk Aimée a laissé à Rome les cheveux courts et les lunettes qu’elle portait dans  » 8 ½ « . La voici vue par Chanel, et vêtue d’or. Or brun, le tailleur du soir en lamé cloqué de Bucol. Veste à col châle entièrement ourlé de zibeline comme les poignets des manches longues. Robe trés simple: corsage décolleté en rond à deux bretelles fines; jupe à quatre plis creux couvrant les genoux. Détail nouveau: les deux plis sont ouverts assez haut sur le devant, et piqués trés bas dans le dos. Camélia de velours rouge dans les cheveux. Collier doré, rubis et émeraudes fantaisie. »

Anouk Aimée a incarné la femme Chanel.

Justement… Les femmes Chanel comptent parmi les actrices les plus iconiques de l’histoire. De Marilyn Monroe et son adoration pour le Chanel N°5, en passant par les actrices Françaises de la Nouvelle Vague qui, à la ville comme à l’écran, portent du Chanel. La maison a un lien étroit avec le cinéma, et les grandes dames.

Comment, en effet, ne pas penser à Jackie O., autre icône de mode. Comment ne pas penser, aussi, à Karl Lagerfeld qui a poursuivi ces liens profonds avec nombre d’actrices et de réalisateurs.

Isabelle Huppert, Carole Bouquet, Nicole Kidman, Vanessa Paradis ou encore Keira Knightley, Penélope Cruz, Kristen Stewart et récemment Margot Robbie… Les égéries Chanel se réinventent autour d’un style qui lui est éternel !

Les Galons, La Chaîne Et Les Boutons Chanel, Des Codes Iconiques

On ne les remarque que très rarement, et pourtant, galons, chaîne et boutons constituent chez Chanel des codes importants. Ils sont les finitions absolues de la sophistication des créations Chanel.

Galons Et Boutons Chanel, Des Bijoux d’Artisanat

L’histoire se raconte aussi dans les détails – et ceux de la maison Chanel ont beaucoup à raconter. Il y a les galons d’abord. Ces galons principalement reconnus pour le panache qu’ils donnent à la mythique petite veste noire.

Enserrés de cordons, ils y ont été apposés sur l’idée de Coco. Et son principe demeure: chacun de ces galons a une allure particulière. Car, comme elle aimait à dire: « Par principe, j’invente toujours, je ne fais rien qui existe déjà. Je me consacre à l’unique. »

D’or, de soie, ou d’argent, les galons sont toujours pensés en accord avec les boutons Chanel. Des boutons traités comme de précieux bijoux. Chez Chanel les boutons ont quelque chose de rare et de sacré, quelque chose d’exceptionnelle.

Lorsqu’elle pense sa petite veste noire, Coco sut tout de suite ce qui ferait la différence : «  Pas de bouton sans boutonnière. »

Ces boutons donc, Coco les confie très vite à des artistes. Fulco di Verdura, joaillier et designer de bijoux Italien, par exemple. Il réalise pour Chanel des boutons, mais aussi des bijoux fantaisie et précieux. L’un de ses premiers modèles pour Chanel est le bracelet manchette à croix de malte — une icône en soit.

Mais les boutons Chanel restent ancrés dans la mémoire collective pour être le résultat du talent sans pareil de George Desrues. Parurier Haute Couture depuis 1936, il s’est fait un nom en sculptant, dorant et émaillant des boutons précieux… Ceux-ci ne tardèrent à taper dans l’oeil de l’esthète qu’était Coco Chanel.

Dès 1965, et suivant la première collection de boutons réalisée par George Desrues, Gabrielle Chanel en fait le fournisseur attitré de sa maison. Son inspiration, George Desrues va la trouver du côté des bijoux personnels de Coco — ceux là mêmes qui lui avaient été offerts par le Duc de Westminster. Les préférés de la couturières étant évidemment ceux à tête de lion .

En 1985, George Desrues se retire et confie les reines de la maison à Chanel. Aujourd’hui protégé dans les Métiers d’Art Chanel, le savoir-faire assure la pérennité d’une sophistication signée du double C.

La Chaîne, Autre Element Clé De La Grammaire Chanel

Mains dans les poches et allure libre – le style Chanel puise dans l’entremêlement des chaînes plus qu’une signature.

Il y a d’abord cette phrase tant entendue par ceux l’ayant côtoyés. « Je connais les femmes. Donnez-leur des chaînes, les femmes adorent les chaînes ! »  Intriguée par cet entremêlement de maillons dont la fin n’est qu’illusion, Coco Chanel comprend très vite qu’une chaîne est bien plus qu’un accessoire. C’est un outil idéal pour ‘plomber’ sa couture. Un des nombreux secrets de la veste Chanel réside d’ailleurs dans sa doublure… Taillée dans la soie, celle-ci cache en effet une fine chaînette qui donne une verticalité et un tombé impeccable au vêtement.

La chaîne sert encore une autre icône de Chanel. En 1955 – c’est dire la symbolique du 5 – lors de son grand retour d’après-guerre, Mademoiselle imagine là encore un objet de désir éminemment libérateur.

Le 2.55, mythique sac matelassé s’accompagne d’une chaîne en or. Brigitte Bardot, Catherine Deneuve ou Romy Schneider, toutes libèrent leurs mains par son porté bandoulière.

Maillon mythique de la maison, la chaîne a en effet toujours ponctué les plus belles créations Chanel. Ainsi, bien plus tard, Karl Lagerfeld jouera là encore de ces chaînes…

Et du côté de la Haute Horlogerie et Joaillerie Chanel, on retrouve souvent le code iconique repris de façon encore plus noble. Déclinée sous forme de bijoux, de bracelets et de sautoirs, la chaîne pensée par Gabrielle a aussi donné naissance à la montre la plus appréciée au monde: la Première.

Autour du poignet, l’entrelacement rond et brillant lègue une douceur venant contraster avec les lignes octogonales du cadran imaginé en 1987. Une pièce aussi forte que sensuelle, moderne et déterminée… A la Chanel !

Le Matelassé Chanel, Une Signature Chic

Et iconique ! Le matelassé Chanel démontre une nouvelle fois la force de création de Gabrielle Chanel — là encore, c’est son oeil d’esthète qui sut capter le potentiel d’élégance d’une veste de palefrenier.

Les Courses Hippiques Et Le Matelassé Chanel

Si le matelassé apparaît pour la première fois sur le mythique sac 2.55, Coco Chanel l’avait sûrement en tête depuis longtemps déjà. Son grand amour, Boy Capel, étant joueur de polo, Coco a longtemps côtoyé les hippodromes. C’est peut être là qu’elle remarqua la veste typique des palefreniers — une veste matelassée.

Comme ce fut le cas pour la petite veste noire, observée sur le liftier d’un hôtel de Salzbourg, Coco a une nouvelle fois élevé l’ordinaire au rang d’objet de luxe.

Ainsi en 1955, le matelassé entre dans le répertoire de la maison Chanel. Une fois cousu, le motif conférant un volume et une solidité exemplaires, Chanel décide d’en faire un sac.

Indéformable grâce à ses coutures entrecroisées, le matelassé offre à Chanel le loisir d’utiliser ses matières de prédilection — le jersey et le tweed en tête !

Dès lors, c’est une machine spécialement conçue qui le réalise — une machine si perfectionnée pour le seul matelassé, qu’elle constitue un secret absolu. Seuls les ateliers Chanel en possèdent.

Et Karl Lagerfeld en démontre tout le panache dans la collection 1991, la première à réintégrer le matelassé sous une forme allurée !

Le Matelassé, Sceau Chic Et Graphique

Le domaine des cosmétiques n’y échappe pas. Les iconiques palettes d’ombres à paupières se capitonnent, pour un rendu esthétique qui respecte à la perfection l’élégance et les codes de la maison.

La Haute Joaillerie non plus. Les losanges se rétrécissent et se parent des métaux les plus précieux, une fois appliqués sur les pièces de joaillerie, et de Haute Horlogerie.

Une collection Chanel joaillerie est ainsi entièrement dédiée au motif matelassé. Sculpté dans l’or pur, il donne naissance à une série de bagues et à une manchette aux lignes généreuses et féminines.

Emprunte d’une simplicité racée, dans un esprit radical et finement gravé dans l’or blanc ou jaune, la collection Coco Crush s’éprend de valeurs modernes. Un raffinement qui fait de la signature visuelle du sac 2.55 un motif chic graphique. « L’élégance, c’est la ligne » aimait en effet rappeler Coco Chanel.

Le Tweed Chanel, Icône Héritée Du Duc De Westminster

La matière phare Chanel, devenue l’étendard d’un mode de vie libre et affranchi, Coco l’a puisé dans le vestiaire Anglais du Duc de Westminster.

Comment Est Né Le Tweed Chanel?

1924. À Monte-Carlo, Coco rencontre pour la première fois le Duc de Westminster. Celui-ci confessera bien plus tard  : « Cette fameuse Coco apparut et j’en fus tout de suite séduit. » Le coup de foudre fut immédiat. Le gentleman le plus brillant du Royaume-Uni, l’homme le plus riche d’Angleterre, le galant réputé pour ses fastueuses réceptions et ses grandes chasses, croise pour la première fois le regard mutin de Gabrielle Chanel dans les années 20.

À ses côtés de 1924 à 1931, Coco voyage, découvre, et s’inspire. Six années durant lesquelles des landes d’Ecosse où le duc chasse les grouses, au pont de ses yatchs, de l’Irlande aux Carpates en passant par Heaton Hall, son château, Gabrielle apprend en compagnie du Duc l’essence du style Britannique: l’élégance et le confort.

Cet amant, Chanel dira de lui qu’il est «  simple comme un clochard  », puisqu’il ne porte jamais rien de neuf. De cette façon toute particulière qu’il a de ne prêter que peu d’intérêt aux fastes de la mode, Chanel retiendra la simplicité. Elle en fait bientôt le ressort à ses créations.

Si la petite veste noire est devenue l’icône que l’on reconnaît aujourd’hui, c’est parce qu’elle témoigne d’une histoire d’amour, d’une inspiration et, finalement, d’un des desseins communs à l’ensemble de la création de la couturière  : draper la femme le plus simplement possible.

 Largement dictée par le vestiaire masculin du Duc de Westminster, la petite veste noire de Coco Chanel est, au fil des années, devenue cette pièce universelle qui, sous le tissu, accompagne une révolution.

En 1928, le couple se retire au château du Duc. C’est là que l’on aperçoit pour la première fois Mademoiselle avec, sur les épaules, ce qui peut-être considéré comme sa première veste en tweed. En séjournant ainsi en Écosse, le climat si froid obligea Chanel à emprunter l’une des vestes du Duc de Westminster… un manteau chaud, doux, et ô combien confortable. Si l’histoire d’amour prend fin en 1931, Chanel n’oubliez pas d’emporter comme souvenirs les quelques pièces du vestiaire de son amant — et le tweed.

1954, La Petite Veste Noire Et Le Tweed Chanel

En 1954, année où la couturière imagine la première version de la petite veste noire, c’est la fameuse veste en tweed qui habite son esprit. Inspirée par la tenue du Duc, le tweed imposera un modèle souple et moelleux.

Cette année-là, la Une du Vogue Américain a pour titre: «  Le nouvel uniforme de la femme moderne.  » Dans cette conjugaison du masculin au féminin se dessine en effet la modernité d’après-guerre.

Une veste que l’on aime à qualifier de « l’expression vestimentaire du siècle“. Une veste qui ne ressemble à nulle autre. Chic à souhait, effrontée, la petite veste Chanel est, finalement, l’incarnation de l’allure de la Parisienne.

Le tweed devient l’écho de la simplicité de Chanel. Luxe et confort, Coco Chanel a laissé en héritage une grammaire si évidente qu’elle devient presque un jeu d’enfant à revisiter. Et Karl Lagerfeld s’en est amusé. En 2014, pied de nez à la Coco, il fait défiler en couture une paire de baskets (!!!) Taillée dans le tweed iconique. La preuve, s’il en fallait une, que le tweed transcende la mode. A l’instar du tailleur en tweed, objet de désir infini.

La Collection Haute Couture 2020 De Chanel

Virginie Viard a fait du passé de Gabrielle Chanel un écho chic et spirituel.

Qui était Mademoiselle Chanel?

Virginie Viard a remonté le fil, a puisé dans la genèse de la créativité de Coco, le propos de sa collection Haute Couture 2020. Là où, enfant, Gabrielle Chasnel fut, avec ses soeurs, déposée par leur père… L’abbaye d’Aubazine fut en effet le point névralgique de la mode de la future Coco Chanel. Car en plus d’y apprendre la couture, elle y côtoie l’austérité des soeurs, le vocable géométrique propre aux abbayes, leur sol, leur vitrail. Là que Chanel tira, une fois aux commandes de sa maison, son mythique double C, sa grammaire géométrique, et sa mode dépouillée.

On retrouve ainsi tout au long de cette collection ayant défilée dans une reproduction quasi-parfaite du jardin de l’abbaye, tout le vocable de la Rue Cambon. Le noir et le blanc. Les silhouettes austères mais hautement stylisées.

Mais aussi et surtout, des motifs graphiques, une nouvelle fois inspirés des vitraux — recouverts de paillettes mates et pastel, cette fois ! Car au langage originel de Gabrielle, Virginie Viard a ajouté la touche des maisons hautement virtuoses qui appartiennent désormais au groupe.

La maison Lesage a ainsi travaillé toute la légèreté gracieuse de cette silhouette autour d’une grande cape de taffetas ivoire sur robe de taffetas bleu marine —  étagée en crêpe et rehaussée d’une ceinture trompe-l’œil entièrement brodée de paillettes par les talents Lesage.

Le Tailleur En Tweed Et La Mariée Chanel


Dernier fait d’arme de la couturière, en 1954, l’iconique tailleur en tweed qui habilla les grandes Dames, à l’instar de Jackie Kennedy; ce même tailleur est aujourd’hui retravaillé dans un beige glacé. Fermé de boutons bijoux sertis d’étoiles ou de fleurs — autres grammaires chères à Mademoiselle depuis Aubazine — il se présente avec un col haut ou rabattu… Son tweed beige flirte avec l’esprit champêtre, souligné ou non de fines cordelettes tressées.

La note finale? La mariée Chanel, toute en simplicité, fait un écho net à la rigueur monacale des abbesses — une mariée dans une robe en crêpe Georgette rehaussée d’un triple col Claudine en tulle. Complété d’un voile brodé de branches de glycine; ultime écho au jardin d’Aubazine. Simplifié mais hautement subtil — tout le chic Chanel en somme.