La Montre Travel Time de Patek Philippe

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C’est en 2015 que la mythique maison horlogère Patek Philippe édite sa Calatrava Pilot Travel Time. Et la montre ne tarde pas à capter l’attention des amateurs et collectionneurs du monde entier. Il faut dire qu’avec son boîtier en or gris et son cadran bleu, la référence 7234R-001 prolonge et distille tout du raffinement très officier de Patek Philippe. Cette année, c’est dans une version féminine avec boîtier en or rose et cadran brun que la maison pense son icône absolue. Premier modèle Travel Time à remontage automatique dans la collection pour dames, la 7234R-001 empruntent ses lignes et son allure à la pure tradition Patek Philippe – un cadran lisible, orné de chiffres appliques en or rose évidés et signés d’un revêtement luminescent blanc…

Mieux, au cœur de ce nouveau bijou horloger, le calibre 324 S C FUS à remontage automatique se distingue par un système d’affichage d’un second fuseau horaire d’une grande facilité d’emploi. Il suffit en effet d’appuyer sur l’un des deux poussoirs situés sur le flanc gauche du boîtier pour faire avancer ou reculer l’aiguille de l’heure locale… Lorsque l’élégante n’est pas en voyage, les deux aiguilles des heures, parfaitement superposées, n’en forment qu’une.

La nouvelle Calatrava Pilot Travel Time référence 7234R-001 est ainsi composée autour d’un bracelet en cuir de veau de couleur brun ‘vintage’. Dotée d’une boucle à ardillon en or rose avec double traverse, la pièce évoque toute la noblesse des sangles autrefois portées par les aviateurs sur leur kit d’urgence… Une montre éminemment féminine donc qui épouse avec grâce l’héritage engagée et militaire de Patek Philippe !

Le Duffle-Coat Burberry Automne-Hiver 2016

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Si Christopher Bailey a, lundi, présenté sa vision de l’homme pour la saison Automne/Hiver 2016, c’est bel et bien le mélange des genres qui orchestrait la nouvelle collection Burberry. En signant un style dans l’équilibre parfait entre casual, sportswear et inspiration militaire, le directeur artistique de la maison a ici mis en lumière un homme d’une élégance folle, dans un tailoring à la simplicité mesurée.

Christopher Bailey revisite ainsi la gimmick Burberry le long d’un duffle-coat vert kaki – englobant, un tombé nonchalant sublimant à merveille la silhouette de l’homme, la pièce révèle une longueur peu habituelle mais ô combien rêvée. Subtilement feutrée, teint dans un vert forêt, le duffle-coat conserve toutefois l’éternel cordage beige… Avec cette collection, Burberry signe ainsi l’allure d’un homme profondément dans l’air du temps, élégant, l’air de rien.

Le « Trench Par-Dessus » Automne-Hiver 2016 par Burberry

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Christopher Bailey a cette année fait plus que rechercher dans les archives de la maison une grammaire parfaite pour l’époque – depuis quelques saisons déjà, à force de réinventer les codes de la maison, Bailey parvient aujourd’hui à mettre en mode le millésime du trench imaginé par Thomas Burberry il y a plus d’un siècle.

Et c’est ainsi que la pièce centrale du défilé se fait parfois demi-zippée, parfois sans, tantôt utilisée comme par-dessus, tantôt enfilée comme un trench. Zippée blanc, et avec un long col léger tout à la fois esthétique et protecteur, la nouvelle variation autour du trench Burberry sent bon la fin des seventies. Allurant sans hésitation l’homme qui le fait sien, le trench par-dessus, dans sa nouvelle équation, s’impose comme le must-have de l’hiver prochain.

Chance Eau Vive – La Nouvelle de Chanel

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Audacieuse, Chance de Chanel l’est. Coco elle-même ne cessait de l’invoquer : la chance ne s’adresse qu’à ceux qui savent la reconnaître et la saisir. A l’instar du parfum, la chance ou Chance agit comme une bouffée d’optimisme, un tourbillon de bonheur piqué de mystère. C’est cet esprit qui, transcendé par l’espiègle Jean-Paul Goude avec le top Rianne van Rompaey, s’incarne dans le spot visuel Chance de Chanel : il faut dire que les mots riment à merveille. Et l’affiliation a quatorze ans déjà.

Chez Chanel la chance a son parfum éponyme. Capturée dans un flacon aux courbes douces mais graphiques, très chic et gracieuses, la fragrance est un porte-bonheur, une partition olfactive et joyeuse ! Trois variations existent : Chance Eau Vive est la dernière-née, la première à être signée du parfumeur Olivier Polge en collaboration avec le Laboratoire Parfums de la maison de la rue Cambon.

Et cette création donne des ailes et de l’élan ! Une vitalité intense qui transporte les chanceux jusqu’aux confins des rêves éveillés. Cette vitalité s’imprègne, se diffuse et se fait sienne à mesure que son dynamisme relève les épreuves. Les notes zestées des agrumes donnent ainsi immédiatement le ton frais et vitaminé du parfum, avant que ne s’installent le jasmin et les muscs blancs, puis une senteur de vétiver frais autour de l’accord cédré irisé, ici pour raviver l’éclat d’un jour osé.

Chance Eau Vive est disponible en avant-première dans les boutiques Chanel Mode de Paris – à partir du 15 janvier auprès de tous les revendeurs.

La Robe Polo Graphique Lacoste Printemps-Été 2016

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Depuis quelques saisons déjà, le nouveau directeur artistique de la maison Lacoste s’attache à recréer l’image de la maison. Dans une veine plus jazzy, et dans un esprit plus jeune et plus urbain, Felipe Oliveira Baptista crée, pour la saison prochaine, une collection qui fait une nouvelle fois bouger les lignes entre mode sportive et mode urbaine. A l’approche des prochains Jeux olympiques, le ballet des drapeaux nationaux s’est transformé en son esprit en un véritable évènement graphique.

Peu d’insignes crocodiles ; un drapeau éclaté s’érige ainsi en élément graphique qui vient infuser une nouvelle vie dans le patrimoine de la maison. Une nouvelle excitation visuelle abstraite, fragmentée et recombinée en un certain nombre de bannières-nationales – françaises, suisses, japonaises, américaines… Le polo se réinvente aussi et, entrant dans l’imaginaire Olievira Baptista, devient une mini-robe au motif kaléidoscopique. Un must have chic, fun et graphique aussi alluré que casual.

La Montre Royal Oak par Audemars Piguet

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1972. Audemars Piguet décide de braver les tendances du temps en imaginant une montre de luxe en acier inoxydable. La Royal Oak, littéralement « Chêne Royal », est née d’un pari audacieux : à une époque où nul montre ne s’imagine sans l’or, dans un climat d’expérimentation artistique et d’effervescence intellectuelle, la manufacture décide de mettre au monde une montre faite d’acier. Montre depuis devenue légendaire, elle a initialement fait l’objet de critiques féroces, voire de mépris… Il faut dire que la Royal Oak a osé bousculer les conventions les plus conformistes de l’horlogerie mécanique. Son histoire, son nom, la Royal Oak le doit à l’un des navires de guerre de la marine royale britannique. Un navire baptisé en l’honneur de l’arbre dans lequel le roi Charles II s’était perché pour échapper à ses ennemis. Quelque quatre siècles plus tard, le designer Gérald Genta s’inspira de la coque en chêne consolidée par des plaques d’acier pour imaginer puis dessiner le bracelet de la montre, et des sabords de forme octogonale pour la lunette. Le résultat : une esthétique complètement novatrice – une lunette octogonale enchâssée au boîtier par huit vis en or blanc et son bracelet intégré. Mieux, à l’origine, toutes deux sont dotées d’un cadran de couleur bleu tout à fait caractéristique.

C’est cela, l’androgyne Royal Oak. Reconnaissant un acte radical et une œuvre d’art authentique, le connaisseur ont vite fait d’adopter ce bijou, création d’Audemars Piguet, la plus ancienne manufacture de haute horlogerie à ne pas avoir quitté le patrimoine de ses familles fondatrices. Au fil du temps, l’épopée de la Royal Oak, une iconoclaste devenue emblème de la maison Piguet, consacre avec brio l’indépendance farouche d’Audemars Piguet. Cette indépendance qui mit au monde la première montre sport chic de l’histoire de l’horlogerie. Et aujourd’hui, la nouvelle Royal Oak Perpetual Calendar possède un mouvement extra-fin, à vrai dire si fin que la précision en est sans faille. A tel point que l’indication astronomique des phases de lune, complexe et détaillée, requière une correction une fois tous les 125 ans… Et rien de plus. Peut-être est-il aussi bon de savoir que la Royal Oak 2015 se décline en acier et dans une version en or rose 18 carats…

La Jupe Plissée, une Icône de Roland Garros : des Courts de Tennis aux Pavés de la Ville

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À l’orée du XXème siècle, la tenue de tennis féminine voit s’opérer quelques changements. Les encombrantes manches gigots disparaissent, laissant place à des chemises plus simples inspirées des modèles masculins, le corset laissé au vestiaire et l’allure dans son ensemble est beaucoup plus fluide grâce à des tissus permettant de bouger plus facilement. Enfin la couleur blanche s’imprime durablement sur les vêtements de tennis. Ce n’est toutefois qu’au sortir de la première guerre mondiale, que la tenue de tennis féminine au même titre que la silhouette citadine connaît une évolution majeure. À cette époque, le sport devient un divertissement de plus en plus attractif pour les français. Jean Patou, couturier français, flaire la une nouvelle tendance. « Evolution not revolution is my motto » aimait-il rappeler. À l’instar d’une certaine Coco Chanel, il allait pourtant révolutionner le vestiaire féminin. Celui-ci se simplifiant à la ville, la première collection de Patou signe en 1919 une allure active et libérée qui tranche avec les coupes traditionnelles de l’époque.

Il crée pour la femme une pièce qui fera date dans le tennis : la jupe plissée. Faite en soie lavable, une première pour l’époque, et courte, elle permet une plus grande facilité de mouvement. La star internationale du tennis féminin, Suzanne Lenglen, connue pour ses mouvements acrobatiques, l’adopte dès 1925 et est ainsi la première femme à porter la jupe courte sur terre battue. La « Divine » comme elle est surnommée, devient alors la plus sportive des ambassadrices Patou. Associée à un cardigan en jersey inspiré du vestiaire masculin, la jupe plissée allie féminité et décontraction. Dépassant très vite la sphère sportive, elle envahit bientôt les gardes-robes de celles qui souhaitent être décontractées en restant élégantes en toute circonstance. Elle marque alors la naissance du sportswear qui va dominer la mode pendant des années. Peu à peu, la jupe de tennis s’est vue remplacer sur les cours de tennis au profit de jupes avec shorty intégrés. La couleur longtemps laissée au placard colorise les tenues de la façon la plus extravagante possible : fluo, avec motifs etc… le tout pour optimiser la visibilité du sponsor. Avec le temps, la sage petite jupe blanche plissée a dépassé le simple statut de vêtement de sport, elle est devenue une icône. Revisitée par des marques telles que Lacoste et Prada, elle s’est modernisée tout en gardant un petit côté rétro. Elle a ainsi su conserver sa place au sein de la garde-robe, symbole du sportswear, décontractée mais toujours chic ! Sur les courts de Roland Garros et sur les podiums.

 

La Pré-Collection Printemps/Eté 2015 de Burberry

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Le directeur artistique Christopher Bailey a imaginé cette année une collection inspirée de la poésie et des couvertures de livres britanniques d’un autre siècle. Mélange des genres et des tissus, Burberry surprend par le contraste entre respect de la tradition et innovation de taille. C’est un véritable mélange des genres qui défile : une multitude de matières et de tissus donc, notamment des pièces en coton militaire, en cachemire, recouvert de sequins, de soie, de dentelle, de daim ou, de cuir sérigraphié.

S’il faut parler des pièces qui composent la pré-collection printemps/été 2015, les vêtements d’extérieur tiennent la vedette. Le célèbre trench qui a fait la notoriété de la marque est ici revisité dans de multiples coloris typiquement british. Manteaux et cabans sont au rendez-vous, pénétrés de tons assez sobres. Blouses imprimées, robes en soie et dentelle, mais aussi jupes et sacs, cette collection prorsum est un défilé de coloris recherchés, puissants et finalement, purement Anglais. Des couleurs somme toute assez neutres, comme le miel ou le blanc, côtoient des couleurs chaudes telles que le rouge, le rose et le orange, ou plus intenses tels le vert foncé et le bleu nuit.

La grande nouveauté de cette pré-collection : les motifs sont des mots qui surprennent sur quelques pièces. En fait, certains pulls, sacs, trenchs, robes, ou encore jupes sont gravés de motifs dessins, ou d’écritures manuscrites. La marque s’est inspirée du graphisme des couvertures d’œuvres littéraires anglaises du XXe siècle : Winds & Showers, The Orchard ou encore Explore and Adventure... Dans cette pré-collection, Christopher Bailey a mis l’accent sur les contrastes. Un style quelque peu décalé qui rappelle la magie et le chaos de la pluie britannique. 

À l’Ombre de la Capeline Yves Saint Laurent

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Par ses nombreux emprunts au vestiaire masculin, ouvrier, il octroie irréfutablement à son œuvre une dimension sociale. Saint Laurent, c’est le style au-delà de la mode. En 1978, il expose ce concept au journaliste John Helpern : « Ce que j’essaie de faire c’est un type parfait – un type de vêtement parfait, même si c’est une simple blouse ou une paire de pantalons et d’encourager les femmes à construire autour d’eux. De saison en saison, je varie toujours mon style autour des mêmes prototypes de base, de façon à ce qu’une femme n’ait pas besoin de changer sa garde-robe constamment. » Avec ces types parfaits éclate l’apparent paradoxe d’un talent qui est – et se revendique – à la fois classique et révolutionnaire. C’est le sens de cette provocation lancée en 1973 par le couturier : « Pour moi, l’avant-garde, c’est le classicisme » [1] . Quoi de plus classique que la capeline ? Déjà à la Belle Epoque, Miguel Zamacoïs soupirait mi-contrarié, mi-amusé, victime au théâtre d’un de ces immenses couvre-chefs, dont les élégantes, hors de chez elles, ne pouvaient alors se passer : « Qu’il était joli le chapeau qui m’empêcha de voir la pièce ! ».

La capeline, chapeau à larges bords, est au XVIIIe siècle un chapeau de paille. Le terme se généralise au début du XXe siècle pour être celui que l’on connaît. Les formes et la façon de le porter évoluent selon les époques, mais ce chapeau est depuis une valeur sûre des femmes élégantes dès les premiers rayons de soleil. Le chapeau, à travers le temps, a connu en effet des fortunes diverses. Né, comme les autres coiffures, non seulement de la nécessité de se protéger du froid, de la pluie ou du trop grand soleil, mais encore, sans doute du souci de se parer ou de se distinguer, il a été peu employé dans l’Antiquité comme au Moyen Age, du moins jusqu’au XIIe siècle. En France, les femmes sont presqu’exclusivement coiffées jusqu’à la Renaissance de bonnets guimpes, voiles et chaperons portés indifféremment à l’intérieur ou à l’extérieur du logis. Les quelques exceptions confirment cependant la règle, pour les représentantes du sexe féminin, de n’emprunter à leur compagnon le vrai chapeau de chapelier que pour la chasse et le voyage. Cette règle demeure en vigueur jusqu’à la fin du XVIIIe siècle qui, après les chapeaux de bergère pour la promenade au jardin, voit éclore des bonnets à passe, annonciateurs d’une mode nouvelle. Au XIXe siècle, quelle revanche du chapeau féminin ! Le déclin de la perruque entraîne l’accroissement de la variété des styles de chapeau, l’extravagance est à l’honneur. Synonyme d’élégance, « le chapeau est à la tenue ce que la pierre de couronnement est à un édifice – l’effet suprême ». Le soin de sa création est confié aux modistes. Ses extravagances de hauteur, de largeur et d’ornementation ne sont pas gratuites car sa situation privilégiée au sommet de la silhouette lui permet de prolonger une ligne, de compenser des volumes, de satisfaire aux exigences de l’art décoratif, même parfois de l’architecture du temps. Les liens entre la haute couture et les chapeaux remontent à Worth et à sa collaboration avec Madame Virot dans les années 1890. Virot travaillait en relation étroite avec le couturier mais interprétait les idées de ce dernier à sa façon. Une bonne modiste était capable d’interpréter l’esprit d’une collection sans sacrifier sa propre créativité. Bien que leur contribution ne fût pas officiellement reconnue, tous ceux qui faisaient partie du monde fermé de la mode parisienne savaient quelles modistes avaient créé les modèles qui accompagnaient la collection présentée par un couturier. Cette tradition se perpétuant, notons en 1993 la collaboration de Prudence Millinery avec Tom Ford dans le cadre des collections prêt-à-porter Saint Laurent rive gauche pour femmes et hommes chez Yves Saint Laurent.

Revenons à notre capeline… L’après-guerre est une période faste pour le chapeau. En cette époque de féminité et d’extrême raffinement, il est le complément indispensable de toutes les toilettes et les élégantes en changent plusieurs fois par jour pour l’adapter à toutes les circonstances. De leur côté, les créateurs rivalisent d’imagination pour varier les formes de ces petits toits de Paris. A partir de 1947, pour équilibrer les longues jupes élargies du new-look, les grandes passes rondes, ovales, ou rectangulaires en largeur, reparaissent, tombant en légère oblique de la partie supérieure de la calotte. Yves Saint Laurent suit la tendance et dès le début des années 1950, dessine d’élégantes capelines pour ses petites Paper Dolls. Au même titre que le caban, le smoking ou la saharienne, la capeline est un intemporel du vestiaire Yves Saint Laurent. Souvenons-nous de la série réalisée par le photographe Franco Rubartelli immortalisant la sculpturale Versuhka en saharienne à profond décolleté lacé et dont la capeline vient conclure l’allure insoumise et conquérante. Depuis, les héritiers d’Yves Saint Laurent continuent de réinterpréter sans cesse la capeline dans leur grammaire stylistique. « L’élégance ne serait-elle pas l’oubli total de ce que l’on porte ? » s’interrogeait Yves Saint Laurent. La capeline telle que l’interprétait Yves apportait alors une touche de nonchalance sophistiquée à une allure bohème ou rock, très seventies. Sous l’ère Stefano Pilati, le couvre-chef se fait plus cérébral. Pilati, obsédé par la ligne, confère à la capeline une allure ultra épurée. Lors du défilé automne-hiver 2010/2011, la femme Yves Saint Laurent ne prend pas les voiles mais la capeline. Le noir domine et l’italien décline la capeline sur de sages petites robes noires et autres tailleurs sévères. On est loin du porno chic tapageur des années Tom Ford. Souvent noire, parfois en plastique transparent, la capeline oscille ainsi, à l’image du style Pilati, entre rigueur monacale et allure futuriste. Dissimulant à moitié le visage, elle insuffle une aura de mystère … Pudibonderie ou érotisme ?

L’arrivée d’Hedi Slimane à la tête de la maison, désormais renommée Saint Laurent Paris, signe quant à elle un retour aux sources. Yves Saint Laurent disait « je crée pour mon époque et j’essaye de prévoir pour demain ». Slimane, lui crée pour demain en s’inspirant d’hier tout en prenant soin de bousculer les codes. La capeline accompagne ainsi les pièces phares de l’ADN Yves Saint Laurent : blouse de mousseline, robe gitane, smoking et saharienne transformée en robe du soir. Adieu l’ambiance cistercienne de Pilati, la femme Saint Laurent a désormais rendez-vous avec la nuit…

[1] In Catalogue de l’exposition Yves Saint Laurent, Grand Palais, 2010, article de Florence Müller.