Marc-Antoine Barrois n’ouvre pas une boutique à Harrods : il y installe un parfum. Avec B87.135, la maison parisienne décline son iconique B683 en extrait exclusif, pensé comme une carte sensorielle du grand magasin londonien.
Le nom intrigue avant même le flacon. B87.135 n’est pas un code de laboratoire mais une adresse : le 87-135 Brompton Road, celle de Harrods, à Londres. C’est là, et là seulement, que Marc-Antoine Barrois a choisi de dévoiler ce parfum — une exclusivité qui célèbre l’arrivée de la maison dans le temple britannique du luxe.
La composition n’est pas une création surgie de nulle part, mais une variation : B87.135 est la deuxième version en extrait de B683, le tout premier parfum de la maison, celui par lequel Marc-Antoine Barrois s’est fait connaître en 2016. « Je porte toujours B683, c’est ma signature », confie le créateur. En pousser la matière jusqu’à l’extrait, c’est en proposer la lecture la plus dense.

Derrière le jus, un nez fidèle : Quentin Bisch, complice de toutes les fragrances de la maison. L’ouverture joue le contraste — un safran ambré et une essence de rose, immédiatement lumineux — avant que le cuir ne prenne le relais, riche et tactile, comme l’écho des cuirs précieux et des vitrines feutrées du magasin. Autour, poivre rose, graines d’ambrette, myrrhe, beurre d’iris, cèdre, patchouli, vétiver et Georgywood tissent un boisé résineux et poudré.
L’imaginaire, lui, voyage loin de Londres. Barrois convoque l’opulence des Mille et Une Nuits, les rituels parfumés du Moyen-Orient et les trésors du souk, qu’il fait dialoguer avec le décor doré de Harrods. « Mon métier, c’est de créer des mondes imaginaires », résume-t-il — quand celui des ingrédients revient à Quentin Bisch. B87.135 n’imite pas Harrods : il en restitue une impression, une atmosphère.
L’objet est à l’avenant. Le flacon, entièrement doré, s’orne du sigle de la maison et se glisse dans un coffret au tressage or et noir estampillé « Harrods Exclusive ». Rien d’ostentatoire pourtant : chez Barrois, le luxe se pense moins comme un excès que comme une présence, un sillage qui s’impose sans hausser la voix.
Reste la manière, très Barrois, de faire les choses. « Je ne lance un parfum que lorsqu’il est prêt », aime-t-il rappeler, à rebours des maisons qui sortent une nouveauté chaque saison. B87.135 s’inscrit dans cette rareté choisie : un extrait, une adresse, un seul lieu au monde pour se le procurer. Une façon d’entrer chez Harrods par le parfum — et d’en repartir avec un peu de son or sur la peau.

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