Nissan Micra, Le Retour Électrique D’une Icône Des Années 1980

Accueil / Iconic posts / Nissan Micra, Le Retour Électrique D’une Icône Des Années 1980
Nissan Micra électrique 2026 en Rouge Occitan, vue avant trois-quarts

Quarante ans après ses débuts, la citadine la plus attachante de Nissan renaît sous une forme inédite : cent pour cent électrique, dessinée en Europe et assemblée en France. Nous avons pris le volant de la version 52 kWh de 150 chevaux, en Rouge Occitan, pour mesurer ce qu’il reste de l’esprit Micra.

Il est des noms qui ont accompagné toute une génération d’automobilistes européens. Apparue au tout début des années 1980, la Micra s’est imposée comme la citadine amicale par excellence : facile, maligne, increvable, aussi à l’aise devant un lycée que sur le parking d’un aéroport. Après une éclipse de quelques années, elle revient — et elle change d’ère. Cette sixième génération abandonne l’essence pour devenir une électrique intégrale, cousine technique de la Renault 5 E-Tech avec laquelle elle partage la plateforme AmpR Small, mais assemblée en France, à Douai.

« Nous sommes fiers de superviser le retour du nom Micra dans la gamme Nissan en Europe, confie Arnaud Charpentier, Region Vice President Marketing & Mobility de Nissan AMIEO. C’est un nom fort de plus de quarante ans d’histoire, et le nouveau chapitre qu’il ouvre est purement électrique — tout en restant fidèle à son ADN : joueur, audacieux et agile. » Reste une question, la seule qui vaille : cette Micra-là a-t-elle une personnalité, ou n’est-elle qu’une Renault 5 déguisée ?

Un dessin rond, graphique, presque pop

La réponse commence par le style, et il est réjouissant. Là où les anciennes Micra jouaient la rondeur sage, celle-ci assume une silhouette compacte et musclée, posée sur des roues rejetées aux angles. Le visage est immédiatement reconnaissable : des optiques parfaitement circulaires, cerclées d’anneaux lumineux qui s’animent à l’approche. À l’arrière, les feux ronds reprennent le motif, avec des inserts couleur carrosserie et le lettrage Micra pleine largeur. Toit noir contrasté, passages de roues sculptés et fines prises d’air verticales composent une grammaire ludique, jamais gratuite.

Projecteur circulaire et signature lumineuse de la Nissan Micra électrique 2026
Optiques rondes et anneaux lumineux : le nouveau visage de la Micra. © Nissan

« En dessinant la sixième génération, nous avons célébré toutes les valeurs qui ont rendu la Micra populaire, tout en ouvrant un nouveau chapitre électrique, explique Giovanny Arroba, Vice President de Nissan Design Europe. L’extérieur paraît audacieux et joueur au premier regard, mais sa posture lui donne une vraie présence sur la route. » Dessinée au studio londonien de la marque, la Micra prend soin de ses détails — et c’est précisément ce qui la distingue de sa cousine.

Feu arrière circulaire de la Nissan Micra électrique 2026
Feux arrière circulaires et lettrage pleine largeur : la signature graphique du hayon. © Nissan

À bord : le grand saut numérique

L’habitacle marque la rupture la plus nette avec le passé. Face au conducteur, un combiné digital de 10 pouces et une dalle tactile centrale qui embarque, pour la première fois sur une Micra, les services Google nativement — Maps directement dans l’instrumentation, l’Assistant à la voix et le Play Store pour les applications —, doublés d’Apple CarPlay et d’Android Auto sans fil et d’une recharge à induction pour le smartphone. Les services connectés NissanConnect autorisent le contrôle à distance depuis le téléphone. La présentation est colorée, les matériaux plus soignés qu’attendu ; malgré 3,97 m seulement, l’espace avant est généreux et le coffre annonce 326 litres, une valeur solide pour le segment, extensible à 1 106 litres banquette rabattue.

Habitacle et double écran numérique de la Nissan Micra 2026
À bord, le double écran et les services Google intégrés. © Nissan

« Je suis convaincue que la nouvelle Micra saura séduire autant la tête que le cœur des acheteurs en quête d’un véhicule électrique agile, pour le quotidien comme pour les trajets plus longs », résume Clíodhna Lyons, Region Vice President Product & Services Planning de Nissan AMIEO. C’est exactement l’ambition de la version que nous avons essayée.

52 kWh : ce qu’elle a vraiment sous la carrosserie

Notre Micra était la Grande Autonomie, en finition Advance, avec la peinture métallisée bi-ton Rouge Occitan et les jantes Prestige de 18 pouces. Sa batterie de 52 kWh — précisément 55 kWh bruts pour 52,3 kWh réellement utiles, de chimie NMC et d’architecture 400 volts — alimente un moteur avant de 110 kW, soit 150 chevaux, épaulé par 245 Nm de couple. Les chiffres n’ont rien d’ostentatoire : 0 à 100 km/h en 8,0 secondes, 150 km/h en pointe. Mais sur une citadine de 3,97 m pesant environ 1 530 kg, ils suffisent largement, car le couple électrique tombe instantanément. Deux détails comptent plus que la fiche : un essieu arrière multibras, rare à ce niveau de gamme et gage de tenue de route, et des roues pouvant atteindre 18 pouces. La pompe à chaleur est de série, l’e-Pedal règle son intensité à la palette jusqu’à l’arrêt complet, et la charge bidirectionnelle V2L délivre jusqu’à 3 600 W pour alimenter un ordinateur ou un mini-réfrigérateur.

Jante 18 pouces de la Nissan Micra électrique 2026
Jantes jusqu’à 18 pouces ; la Micra est assemblée en France, à Douai. © Nissan

Sur la route

Au volant, la Micra confirme sa vocation urbaine sans s’y enfermer. La position de conduite est haute et dégagée, la visibilité avant excellente, et le court porte-à-faux associé à un rayon de braquage contenu la rend redoutablement maniable en ville : elle se faufile et se gare d’un geste. La réponse du moteur est immédiate, les reprises vives, et le mode Sport durcit légèrement l’accélérateur sans transformer le caractère. C’est surtout le châssis qui surprend : grâce à son train arrière multibras, la voiture reste posée là où beaucoup de rivales s’agitent. L’amortissement, ferme sur les grandes jantes, filtre néanmoins correctement la ville sans jamais devenir sec. Sur voie rapide, le silence domine, à peine troublé par quelques bruits d’air ; l’e-Pedal autorise une conduite à une pédale d’un vrai naturel.

Autonomie et recharge, pour de vrai

Nissan annonce jusqu’à 416 km d’autonomie WLTP et environ 14,7 kWh aux 100 km. Concrètement, une citadine que l’on imaginait cantonnée au trajet domicile-travail peut vraiment quitter la ville : autour de 300 à 350 km utiles sur un parcours mixte, davantage en usage urbain, sensiblement moins par grand froid sur autoroute. La recharge rapide plafonne à 100 kW en continu, de quoi passer de 15 à 80 % en une trentaine de minutes ; le chargeur embarqué de 11 kW remplit la batterie à domicile en quelques heures. Des valeurs sans démesure, mais calibrées pour l’usage réel d’une petite voiture.

L’avis d’ICON-ICON

La nouvelle Micra ne cherche pas à impressionner par les chiffres, et c’est tant mieux. Ce qu’elle réussit est plus difficile : exister par elle-même. Là où l’on pouvait redouter une simple Renault 5 rebadgée, Nissan a fabriqué une voiture au caractère distinct, plus graphique, plus ronde, attachante au premier regard — fidèle, au fond, à ce qu’a toujours été la Micra. On retient une maniabilité exemplaire, un habitacle enfin moderne et bien connecté, un châssis étonnamment abouti grâce à son train arrière multibras, et une autonomie qui lui permet vraiment de sortir de la ville. Ses limites tiennent à son segment : une facture qui grimpe vite dès que l’on coche les options, une charge rapide plafonnée à 100 kW et des suspensions fermes sur les grandes jantes. Rien qui entame l’essentiel. L’icône des années 1980 est de retour, et elle a parfaitement négocié son passage à l’électrique.

Laissez une réponse

Your email address will not be published.