La Malle Futuriste de Louis Vuitton Pour le P/E 2021

C’est au coeur de la nouvelle Samaritaine que Nicolas Ghesquière a introduit son vestiaire Louis Vuitton pour la prochaine saison — un vestiaire où le directeur artistique questionne la notion de ‘neutralité esthétique’.

« On s’aventure sur un territoire encore flou d’un point de vue stylistique. Une zone sensible qui efface le genre et promet des possibilités créatives exponentielles. À quoi ressemble une pièce entre les deux ? Quel genre de coupe peut dissoudre le masculin et le féminin ? » La note d’intention de Nicolas Ghesquière pose ainsi les grandes lignes de cette collection Louis Vuitton Printemps/Eté 2021.

Une collection où les silhouettes fleurant bon les années 80 – décennie favorite du designer – semblaient faire fusionner une sorte de radicalité futuriste à l’héritage LV.

Il résulte ici des silhouettes où les drapées de satin caracolent sur des t-shirts mêlant savamment athleisure et techniques coutures. On retrouve ainsi la volonté de Nicolas Ghesquière d’inviter la maison Vuitton à entrer vers l’hybridité — on mêle motifs, lignes et techniques dans une once de hiérarchie.

« Colorer le neutre, forger son caractère, l’inviter à la radicalité, lui donner une personnalité. Ce n’est que le début d’une réflexion ouverte, stimulante et fondamentalement volontaire » explique encore Nicolas Ghesquière.

Et ses silhouettes du Printemps/Eté 2021 invitent en effet à questionner ce qui semble évident, à première vue. A cela, les silhouettes invitent effectivement à y regarder de plus près. Décelant avec plaisir les effets coutures et le confort des matières un brin plus sport, apposées au classique du vestiaire moderne.

Côté icône, c’est la petite malle Louis Vuitton qui capture l’attention dans cette version chromée. Une version plus pratique, peut être, qui accompagne la nouvelle fille Vuitton dans ce futur qui, bien qu’incertain, admet un horizon fluide et hybride pour la mode griffée LV. Tant sur le fond que dans la forme de ces pièces toujours plus pionnières.

Le Damier, la Toile Exclusive de Louis Vuitton

Le damier Louis Vuitton n’est pas qu’un simple imprimé — devenu un code la maison détourné de Marc Jacobs à Virgil Abloh, il est d’abord un pare-feu à la contrefaçon.

Le Damier LV Aussi Vieux Que la Tour Eiffel

En 1889, tout Paris s’affaire et bouillonne à l’approche de l’Exposition Universelle qui se tient cette année-là entre le 5 mai et le 31 octobre. C’est que, celle-ci est particulière – pour le centenaire de la Révolution Française, on promet en effet aux visiteurs et aux Parisiens une nouveauté sans pareille : une construction toute en fer, trônant sur un Paris sublimé par l’Art Nouveau.

Et, c’est dans ce contexte que Georges Vuitton, fils de Louis, imagine un imprimé plus complexe encore que la toile rayée : une toile à damier où est inscrite, ou plutôt ancrée la signature “L. Vuitton, marque déposée“. Aussi ancienne que la Tour Eiffel donc, la toile à damier est elle aussi née de cette période de grande créativité.

Mais déjà la France et ses prouesses techniques et esthétiques font l’objet de nombreuses convoitises. Les pièces du malletier Louis Vuitton n’y échappent pas. S’il apparaît aujourd’hui évident que la contrefaçon va de paire avec cette maison, cette relation tumultueuse a en fait début dès la fin du XIXe siècle.

Louis Vuitton et la Contrefaçon

Ainsi, lorsque l’héritier de la griffe, Georges Vuitton imagine la toile à damier, c’est pour tuer dans l’oeuf l’imposteur. Cette toile à motifs différents fut imaginée afin de distinguer la griffe, de la protéger, mais aussi et surtout pour permettre de distinguer les malles Louis Vuitton d’un seul coup d’œil. Plus tard, la maison développera d’ailleurs une serrure incrochetable, qu’une seule et unique clé peut ouvrir.

À la fois solide et souple et totalement imperméable, la toile damier est d’abord tissée – ce n’est qu’avec l’apparition des toiles enduites que le damier devient véritablement un imprimé. Il conserve ainsi en trompe l’oeil l’aspect d’un tissage de nattes permettant l’apparition rythmique de la fameuse inscription qui scelle la marque déposée.

Devenu un code exclusif de Louis Vuitton au même titre que le monogram, le damier illustre la grande force de l’empire : le caractère visionnaire qui habite le fondateur et ces nombreux successeurs.

Pourtant, en 1896, la maison cesse la production de la toile Damier ; ce n’est qu’en 1996, 100 ans après, que le malletier renoue avec sa griffe, grappe à l’arrivée de Marc Jacobs.

De Marc Jacobs à Nicolas Ghesquière, la Second Vie du Damier LV

Dès lors, la toile est réintroduite dans les collections sous le nom de ‘Damier Ébène’ – le succès est aussi immédiat que sensationnel. Nombres de toiles damiers furent depuis imaginées : Damier Azur, Damier Graphite pour le 120ème anniversaire de la toile, le Damier Infini en cuir embossé, ou encore le Damier Aventure…

En 2001, après les attentats du 11 Septembre, Marc Jacobs décide de repeindre la mythique toile à damiers – le coloriste Japonais Takashi Murakami s’en empare donc. C’est un triomphe.

2013, la maison signe une collection hommage à sa toile iconique – c’est avec la collaboration de Daniel Buren pour la scénographie que Marc Jacobs lance sur le podium une myriade de pièces à la géométrie spectaculaire, vivement calquée sur le damier.

Le directeur artistique d’alors pense le damier comme « un motif en mouvement, un rythme, une équation mathématique, une sorte de mouvement et de changement perpétuel. » Depuis, c’est Nicolas Ghesquière qui se trouve aux commandes de la création Louis Vuitton chez les femmes.

Et, pour la saison Printemps/Eté 2017, il réinvente une fois de plus le mythique assemblage damier dans d’une robe plus qu’avant-gardiste. Une preuve, s’il en faut, de l’inépuisable évidence de la toile à damier, depuis devenue le motif iconique des créations du 101 Avenue des Champs-Élysées.

 La Silhouette Science-fi Louis Vuitton Aux Manches Millefeuilles pour le Printemps/Eté 2019

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« Depuis longtemps, on me dit que mes créations donnent du pouvoir aux femmes. J’ai eu envie de creuser ce sillon et de travailler sur toutes mes obsessions, avec ce seul critère de sélection à l’esprit : faire en sorte que la moindre pièce de cette collection soit puissante. Mon interrogation : qu’est-ce qu’un vêtement qui confère du pouvoir ? » Et l’on connait les obsessions chères à Nicolas Ghesquière — nourri d’esthétique science-fi, de narration 80’s et d’un amour pour la coupe impeccable, le directeur artistique a une nouvelle fois époustouflé l’audience avec une collection audacieuse et franchement parfaite ! 

 

Les 48 silhouettes qui défilaient ainsi au coeur de la cour Carré du Louvre distillait l’idée d’une femme pareille à une exploratrice intergalactique. Sur ses épaules, un chemisier à la fluidité canonique retenu par un gilet coupé dans un cuir non moins impec lui servait plus de carapace que d’amure. Et c’est dans la construction de ces manches ballons XXL que vient se loger tout le génie de Ghesquière. Dans une savante construction, ces manches coulent comme un mille feuille de soie ; mieux ! Des arêtes tubulaires viennent accentuer l’effet science frictionnel de la silhouette n°5… Un air de combinaison spatiale léguant certainement à la femme Vuitton du Printemps/Eté 2019 une assurance franche et distincte. 

 

« Le jeu sur les proportions impose une stature. Ces pièces donnent une carrure, permettent de s’affirmer différemment.[…] Les imprimés représentent soit des paysages artificiels dessinés spécialement, pour recréer un monde imaginaire ; ou à contrario des visuels très réels, notamment des photos de lacs de sels aux couleurs insensées prises par des drones vers Salt Lake City » précise encore Nicolas Ghesquière. Et il est vrai que glissée dans un cocon d’une telle originalité, la femme ne peut qu’assumer un aplomb aussi stylisé que raisonné !

Le Sac Soucoupe Volante Monogrammé de Louis Vuitton pour le Printemps/Eté 2019

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C’était donc ça… Depuis plusieurs semaines, la cour Carré du Louvre présentait un chantier bien étrange. Ce mardi 2 octobre, le suspens prit fin lorsqu’enfin se leva le rideau sur le dernier défilé de cette fashion week parisienne. Nicolas Ghesquière pour la maison Louis Vuitton avait en effet confectionné un podium comme une série de passerelles en plexi illuminées par des néons forts et très blancs. Il faut dire que l’actuel directeur artistique du malletier explore depuis des décennies déjà ses obsessions en matière de futurisme, de science fiction et d’esthétique interstellaire. Et après avoir renouvelé cet été son contrat avec la maison, Nicolas Ghesquière l’avoue: « J’ai ressenti le besoin de fouiller dans mes obsessions. »

 

Sur le podium, cela donnait lieu à une série de silhouettes plus désirables les unes que les autres — tantôt androgyne, tantôt walkyrie de l’espace, tantôt fluide à s’en pâmer, les lignes du Printemps/Eté 2019 suivront l’imagerie cosmique ou ne seront pas ! Comme toujours avec Nicolas Ghesquière, la couture est nette et franchement convaincante. Le stylisme, lui, amène une nouvelle élégance tout en grâce et avant-garde. Une veste zippée en son milieu par ici, une blouse aux manches bouffantes par là, une combi’ spatiale tout en épaules cosmonautes… C’est aussi dans les mains des mannequins que se passe la grande révolution de cette saison ! 

 

Un sac soucoupe volante complètement inédit vient accessoiriser la silhouette N°42. Frappée du monogramme mythique de la maison Louis Vuitton, la pièce est assurément le phénomène du Printemps/Eté 2019 — il faut dire qu’avec l’adresse d’un Ghesquière fusionnant au patrimoine emblématique de la maison, tous les éléments sont réunis pour avoir là un sac icône certes, mais un sac qui saura faire des émules ! 

La Voyageuse Stellaire de Louis Vuitton Croisière 2019

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Récemment reconduit à la direction artistique de la Femme Louis Vuitton, Nicolas Ghesquière livrait à Saint-Paul-de-Vence l’une de ses collections les plus abouties sous l’enseigne du malletier. Et l’exercice consistait en un sans faute – dans toute la justesse et l’audace de ses associations, Nicolas Ghesquière délivrait un vestiaire éminemment révolutionnaire. Pour ce passionné d’art et d’architecture, de futurisme et de couture, le choix de la Fondation Maeght relevait d’une expérimentation hautement pertinente. Dans les allées du labyrinthe imaginé jadis par Joan Miró, le long des sculptures de Giacometti, les pièces de la collection Louis Vuitton Croisière 2019 achevaient de certifier l’ancrage artistique de cette mode. Oui, il est question ici de fusion des lignes, de décloisonnement des matières en même temps qu’un pure exercice de style !

En piochant dans la notion de bricolage, Nicolas Ghesquière avance des lignes, des associations et une attitude franchement inédites. Et la silhouette N°6 distille tout de la voyageuse stellaire de Louis Vuitton Croisière 2019. Sur la mannequin Adesuwa Aighewi, les références parvenant d’époques différentes – classicisme, Belle Epoque, Japonisme – s’épousent avec une adresse folle. Les épaules imposantes et volumineuses reprenait les courbes des arches et autres structures curvilignes de Calder et Miró… Le fameux chic futuriste Ghesquièrien ici poussé à son paroxysme !

« Il est toujours intéressant d’imaginer quel type de femme peut s’approprier un lieu. Ici, il me paraissait que c’était une figure incarnant l’excentricité, une notion un peu désuète. Qu’est-ce qu’être excentrique ? Être quelqu’un d’original, une expression qu’on n’utilise plus, définir sa propre personnalité en mélangeant des éléments qui rendent votre style presque indéfinissable. Ce qui peut devenir un mouvement ensuite. Ce parti pris m’a donné envie de travailler avec Grace Coddington. » De cette collaboration est aussi née une série de sacs-chats jouant des codes Louis Vuitton – partant de dessins des propres chats de l’ancienne Fashion Editor du Vogue US, Pumpkin et Blanket sont ici devenus le profil de sacs hautement désirables ! En réalité, toutes les pièces de la collection font exploser le baromètre du désir – ces néo-cuissardes ? Assurément le it de la saison prochaine ; applaudi par Emma Stone, Léa Seydoux, Sienna Miller, Jennifer Connelly, Ruth Negga et Laura Harrier !

 

Les Archlight de Louis Vuitton

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On devine déjà l’icône en devenir – introduites au cœur d’une collection Printemps/Été 2018 éminemment pertinente, les nouvelles sneakers Louis Vuitton surfent sur la tendance ‘ugly shoes’ avec l’audacieuse élégance de Nicolas Ghesquière. L’actuel directeur artistique de la maison signe en effet une sneakers des plus attirantes ! Composées autour d’une semelle arquée, les Archlight mêlent allure futuriste et coupe ergonomique dans une équation toute Ghesquièrienne.

Pensée pour femmes et adoptée par les hommes, la pièce est chaque jour un peu plus aperçue aux pieds des trendsetters du monde entier- Jaden Smith en tête. Les sneakers les plus désirées de la saison empruntent ainsi leurs lignes aux chaussures de basketball – des lignes fortes et énergiques, exagérées et étirées jusqu’à la cheville. Et c’est le modèle estampillé de l’emblématique monogramme qui retient toutes les attentions.

Les 5 modèles de la ligne Archlight mêlent couleurs et textures dans des pièces hautement stylisées. La pièce estampillée du monogramme LV, inventé au début du XIXe siècle, en est incontestablement le modèle phare – une pièce qui associe traditions et design ultra-futuriste avec toute l’adresse de la maison du 101 Avenue des Champs Elysées. Une basket quasi-architecturale qui promet de rester longtemps dans les radars les plus pointus de la mode !

Le Damier Louis Vuitton en Vedette pour l’Automne/Hiver 2018

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Nicolas Ghesquière a pioché dans sa mémoire l’inspiration de cette collection Louis Vuitton de l’Automne/Hiver 2018/19 – plus particulièrement, il a pensé aux femmes auprès de qui il a grandi. Dans cette exploration, l’actuel directeur artistique du malletier a déniché l’essence même du style français. Et dans une maison telle Louis Vuitton, cela ne pouvait se faire sans célébrer la signature d’un tel savoir-faire. Il a d’un côté l’élégance et de l’autre l’innovation. De la même façon, la toile damier Louis Vuitton fut imaginée à la fin du XIXe siècle – très vite, elle devient le code exclusif de la maison. Aussi ancienne que la Tour Eiffel, la toile à damier est ainsi pensée pour protéger la maison des contrefaçons. Réintroduite en 1996 par Marc Jacobs, elle est aujourd’hui une signature incontestable.

Pour la troisième saison consécutive, la maison investissait le Louvre, et plus précisément la cour Lefuel. Dans cette architecture datant de l’Empire, Nicolas Ghesquière a voulu jouer des époques et du style de la haute bourgeoisie française pour composer la collection de la saison prochaine. Alors, lorsqu’il signe la pièce phare de l’Automne/Hiver 2018/19, c’est bel et bien le damier Louis Vuitton que l’on retrouve en vedette. Les époques et les styles ici se télescopent et, d’un top des plus bourgeois avec ses galons or, Ghesquière fait une pièce hyper-actuelle en confondant le motif pied-de-poule et la mythique signature damier… Et derrière cette association très féminine, le directeur artistique veut jouer de l’image Jolie Madame qui sied si bien à l’élégance française.

« Parfois, nous pensons, de façon clichée, que pour rendre la femme plus forte il faut lui mettre des vêtements d’homme sur les épaules, mais nous oublions que des femmes très fortes portaient en fait des vêtements très féminins. J’aime aussi explorer cette idée que les femmes ayant changé le monde n’étaient pas habillées comme des hommes. » Il est vrai que la silhouette N°5 illustre ce propos à merveille – un motif pied-de-poule détourné, une association de pièces masculines renversée par ce top des plus sensuels… Une preuve, s’il en faut, de l’inépuisable évidence du style Ghesquière. D’autant plus lorsque la toile à damier se fait le motif vedette de l’Automne/Hiver 2018/19 portée par Natalie Westling !   

La Magnificence Anachronique de Louis Vuitton pour le Printemps-Eté 2018

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C’est dans les soubassements du musée du Louvre, dans le Pavillon de l’Horloge, à côté des vestiges du Paris médiéval, que la maison Louis Vuitton introduisait la semaine passée une collection un brin particulière… Pour le Printemps/Eté 2018, Nicolas Ghesquière est en effet allé piocher dans les références des costumes royaux datant du XVIIIe siècle l’essence du style Louis Vuitton. Il faut dire que cette année est particulièrement riche en référence historiques pour la maison, avec notamment l’ouverture d’une nouvelle boutique gargantuesque sur la Place Vendôme, là même où l’aventure de LouisVuitton a commencé. Avec cette collection, la manufacture a en réalité signifié comme jamais son lien historique avec la France, Paris et son empire passé.

L’une des pièces phares de cette collection – le manteau Frock tout fait de brocard résume à lui seul la magnificence de Vuitton, mais aussi et surtout, le génie de Ghesquière lorsqu’il s’agit de lier le passé de la mode au style du présent. « Il s’agissait d’explorer la façon d’incorporer le costume dans la mode contemporaine, dans une garde-robe urbaine. De l’anachronisme avec une pointe de romantisme. Je crois qu’on a tous besoin de ça en ce moment » précise le directeur artistique. Et il est vrai que cette pièce fait un bien fou ! Dans un brocard rose pâle mais métallisé, en soie brodée, le manteau semble incrusté de broderies tout simplement sublimes. Une pièce puissante qui se suffit à elle-même et qui, pourtant, évite l’effet tapisserie.

En réveillant ainsi des pièces si chères à l’histoire de France, Nicolas Ghesquière fait résonner la définition même de la pérennité du style. Et pour une fois, le passé ressemble à l’avenir ! C’est ainsi devant une audience très sélecte que s’est tenu ce spectacle relevant d’un véritable moment iconique pour la mode contemporaine. Catherine Deneuve, Léa Seydoux, mais aussi Julianne Moore, Natalia Vodianova et Jaden Smith comptaient parmi les invités de marque…

Les Défilés Louis Vuitton et leurs Scénographies Emblématiques

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Si Louis Vuitton est considéré comme sa majesté malletier depuis le XIXe siècle, il faut attendre le 21 siècle pour voir toute la magie et le savoir-faire de la griffe s’imprégner sur des pièces de prêt-à-porter. C’est en effet l’arrivée de l’américain Marc Jacobs en 1997 qui initie et compose le premier vestiaire féminin de la maison – il a alors carte blanche pour définir l’image de la femme Vuitton. Vogue capte très vite l’essence qu’il donne à sa première collection aux tons neutres, minimaliste à souhait, où les brindilles n’arborent aucun sac ; Marc Jacobs esquisse ici un style « avec le désir de mettre en avant une jeunesse décontractée, mais chic, et libérée des codes en vigueur. » Mais les débuts sont timides et les défilés aussi. La formule est classique, le podium sans grand caractère. Il faut attendre le défilé Printemps/Eté 2008 pour qu’éclate au grand jour toute la créativité du designer… Les Daft Punk à la composition de la bande son, et des modèles habillées en infirmière imposent définitivement le nom Louis Vuitton dans le prêt-à-porter.  Marc Jacobs est lui-même métamorphosé : plus sûr de lui, il introduit une nouvelle féminité dans ce qui commence à être un défilé mise en scène.

Dès 2011, la cour carrée du Louvre devient le terrain d’expérimentation des fantaisies de Marc Jacobs. Sous couvert de l’héritage fantastique du malletier, voilà que le designer signe une ribambelle de défilés spectacle aux allures de superproduction – ambiance cabaret et « tigres » sur le podium en 2011… Les suivants se déroulent dans un décor à l’atmosphère décadente, très années folles tout emprunt de référence Asiatique. Et les silhouettes se montrent sous un nouveau jour. « Pour moi, un défilé sert surtout à donner une certaine aura, un certain prestige à la marque… » affirme-t-il. « Un peu funk, un peu trash, un peu chic » des mots mêmes du directeur artistique, les défilés Louis Vuitton deviennent des évènements immanquables – il faut dire que tout y est suggestif et suggéré ; difficile de cerner là où Marc Jacobs veut emporter son public. Une chose est certaine, il y a beaucoup de mystère dans ces mises en scènes spectaculaires. Louis Vuitton devient une machine à rêves. Pour l’hiver 2011, le designer métamorphose la cour carrée du Musée du Louvre en hall d’hôtel d’un autre temps, où des ascenseurs à claire-voie délivrent nombres de personnages. Clou du spectacle : une Kate Moss en espionne fumant sur le catwalk.

            En 2013, le défilé Printemps/Eté donne l’occasion de s’associer avec Daniel Buren pour réinventer l’iconique motif damier. Mais s’il faut retenir un seul de tous les défilés Marc Jacobs pour Louis Vuitton, c’est bel et bien celui de l’Automne/ Hiver 2012 qui reste dans les annales. On parle de huit millions de dollars de budget – la raison ? Une gare d’antan reconstituée dans la cour carrée du Louvre, une horloge antique signée Louis Vuitton, une grille coulisse et soudain, dans un halo de fumée, c’est une véritable locomotive bleu style 1900 qui siffle et annonce son entrée en gare. Le train « a été fabriqué rien que pour nous » confie alors Marc Jacobs, « nous avons commencé à travailler sur son design il y a cinq mois ».  Depuis son arrivée à la tête de la création, Nicolas Ghesquière renoue, lui, littéralement avec l’idée de voyage puisque c’est aux quatre coins du monde qu’il emporte son public. Rio de Janeiro, la place du Palais de Monaco, Palm Springs, Niterói, et plus récemment Kyoto

Les Icônes Féminines de la Maison Vuitton

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Si le patrimoine Louis Vuitton est indéniablement gravé dans la qualité de ses pièces malletières, il l’est tout autant incarné dans les traits de plus d’une icônes féminines. La première d’entre elles est l’Impératrice Eugénie. En 1854, l’épouse de Louis Napoléon Bonaparte charge en effet Louis Vuitton de confectionner ses bagages personnels…  Un siècle plus tard, la réputation du malletier est intacte et, les nouvelles figures de l’aristocratie ne tardent à se lier à la maison. En fait, posséder une malle Louis Vuitton devient même le signe d’appartenance à cette catégorie sociale. Ainsi, les malles réalisées pour des stars comme Greta Garbo, Katherine Hepburn, Elizabeth Taylor, Lauren Bacall, ou encore pour la cantatrice Mary Garden, sont autant de pièces rappelant l’attachement de la manufacture aux icônes féminines.

Ainsi, lorsque Louis Vuitton devient le fer de lance du géant LVMH à l’aube des années 90, c’est vers le prêt-à-porter féminin que le étant décide de se tourner dans un premier temps. Un prêt-à-porter alors initier par l’Américain Marc Jacobs. Et dès son arrivée en 1997, le designer ne tarde pas à imprégner la maison de l’aura de ses muses toutes choisies. Parmi elles, on compte évidemment celles qui ont initié l’expression même de top model : Naomi Campbell et Kate Moss. De celle-ci, Marc Jacobs dit d’ailleurs qu’elle est « la muse d’une génération. Elle définit un temps, un sentiment qui fait aujourd’hui partie de l’histoire. » Et l’histoire justement, Kate Moss l’a marqué lors d’un défilé spectaculaire réalisé pour l’Automne/Hiver 2011 – la brindille clôt alors le show fardée en espionne, une cigarette des plus altière à la main.

            Mais les muses de Jacobs ne sont pas toutes liées à la mode ; les actrices aussi prêtent volontiers leur charisme au malletier devenu couturier, comme à l’époque. Uma Thurman, Scarlett Johansson et Angelina Jolie comptent parmi les fidèles et les visages des campagnes Louis Vuitton. Et c’est la série de 2008 réalisée par Annie Leibovitz qui capture toute les icônes féminines de la maison. Laetitia Casta, Catherine Deneuve, Madonna, et Sofia Coppola… « J’ai rencontré Sofia Coppola en 1992. Sofia a été l’une des rares à reconnaître quelque chose de spécial et se lier à ce que je faisais à ce moment-là. Elle voulait me rencontrer, et quand nous l’avons fait, ce fut un coup de foudre pour moi! » confie Marc Jacobs. En 2009, l’amitié entre les deux va, par hasard, se concrétiser dans un sac éponyme. Lors d’une visite dans les ateliers historiques de Louis Vuitton à Asnières, et alors que Sofia Coppola a l’intention de passer une commande spéciale, elle n’imagine pas inspirer au directeur artistique un modèle très personnel. Le sac SC est ainsi né comme la rencontre impromptue entre une réalisatrice et une silhouette de sac plus qu’iconique – le résultat : un modèle phare de la maison composé en cuir de veau cachemire subtilement grainé.

Avec l’arrivée de Nicolas Ghesquière, la maison se comprend désormais comme une griffe ultra-contemporaine dotée d’un fort patrimoine… Et les icônes féminines s’en trouvent quelque peu changées : « La femme que j’ai imaginée s’est assouplie […] Il n’y a pas une femme, il y en a cent, il y en a mille. D’ailleurs, les campagnes LV mettent en scène des femmes très différentes les unes des autres. Mais c’est vrai que, à mes yeux, elle aura toujours un peu de Charlotte Gainsbourg, un peu de Jennifer Connelly et aussi un peu de Delphine Arnault. » Les femmes-icônes de Louis Vuitton sont alors des femmes fortes, multi-facettes et carrément rebelles. Des exemples? « Dominique Gonzalez-Foerster, mon héroïne de science-fiction » déclare l’actuel directeur artistique ; et l’on peut ajouter Doona Bae, Hélène Fillières, Brit Marling ou encore Rinko Kikuchi… Le fil rouge de ces femmes entendues comme des héroïnes, le sphinx Catherine Deneuve, fidèle parmi les fidèles des femmes exemplaires.