La Campagne Pre-Fall Gucci 2020

Gucci embarque pour l’Arcadie, ou plutôt pour l’utopie du monde de l’enfance. Royaume éthéré où les êtres Gucci cohabitent en parfaite harmonie avec la Nature. Les codes Gucci et le style flamboyant d’Alessandro Michele en prime.

Une Campagne Dans L’Enfance

Alessandro Michele nous a habitué à explorer le royaume des rêves, et celui de l’utopie. Pour la campagne Pre-Fall Gucci 2020, il embarque les êtres Gucci vers celui de l’enfance. Royaume de l’innocence et de la spontanéité, il est à l’image du style Gucci depuis quelques années — une ode à l’individualité.

Avec Christopher Simmonds pour directeur artistique de la campagne, couplé à l’oeil théâtral d’Alasdair McLellan, la campagne Gucci imaginée par Alessandro Michele embarque vers un univers mythique. Un univers où la magie opère sous une lumière clair et scintillante. Un univers où les êtres Gucci se prélassent dans le mythe de l’harmonie naturelle.

Des animaux de contes de fées, des hommes et des femmes s’amusant sur des balançoires — le résultat? Une scène quasi-surréaliste où les vêtements Gucci plantent le décor de la saison que l’on espère venir…

Toile Diamantissima Et Mocassin Iconique

La Campagne Pre-Fall Gucci 2020 joue ainsi des codes iconiques de la maison Florentine. On retrouve la mythique toile diamantissima sur un pantalon d’un jaune innocent, à la coupe très seventies.

Sur des mocassins iconiques, c’est la bande web qui pique de chic cette chaussure à l’allure décidément intemporelle. Intemporelle, tout comme les chevreuils, faons, hiboux, oiseaux bleus, mouffettes, écureuils, grenouilles, hérissons, canards et lapins qui semblent tout droit sortis d’un conte pour venir égayer la campagne Gucci.

Une campagne tout en joie et spiritualité où l’Homme et la nature ne font qu’un. A l’instar du mors Gucci qui, allègrement, se change en chaîne pour, finalement, ne faire qu’un avec son époque. La grammaire Gucci initiée par Guccio Gucci dans les années 20 se prête bien à l’esprit rieur mais profond de son actuel directeur artistique.

La bande web inspirée des codes de l’aristocratie Britannique qui fascinait Guccio Gucci… Le mors emprunté à l’univers équestre ou encore la toile diamantissima qu’aime tout particulièrement détourner Alessandro Michele… Voici autant de pièces iconiques qui servent aujourd’hui la narration d’une nouvelle génération.

Des vêtements et une attitude captée avec délicatesse et surprise à travers de l’objectif d’Alasdair McLellan — pour une série de vignettes de portraits aussi captivants que vibrants.

« Comme un moment idéal auquel aspirer quoiqu’il arrive » précise le communiqué presse. En effet, cette collection Pre-Fall 2020 a tout d’un idéal, elle aussi ! Le film d’une douceur taquine est à découvrir ici.

Le Jackie O. De Gucci, Le Sac De L’Eternelle Elegance

Il s’appelait Constance, jusqu’à l’intervention divinement mode de Jackie O.

1958. La maison Gucci édite un sac fait pour s’encastrer avec grâce sous l’épaule. Unisexe et coupé dans un cuir malléable — il s’appelle le Constance — il est clairement trempé de la grammaire Gucci: bande vert-rouge-vert, le double G de Guccio Gucci, et la toile Diamantissima. A la fois glamour et pratique, nomade et élégant, la pièce plait mais ne parvient à provoquer ce fameux désir souverain. Enfin, jusqu’à ce jour de 1964 où une certaine Jackie O. pousse la porte d’une boutique Gucci. La première dame la plus mode de la galaxie tombe sous son charme — elle fait l’acquisition non pas de deux ou trois modèles. Jackie O. ressort de la boutique avec six sacs Constance!

Très vite, il est de toutes ses sorties. Des rues de New York en passant par ses idylles à Capri, le sac Gucci complète son allure déjà fortement marquée par ce chic quasi désinvolte. L’air de rien, Jackie O. vient en fait de faire entrer un sac dans la légende. Cette même année, Gucci lui rend hommage et renomme le sac Jackie. Dès lors, nombre de personnalités emboîtent le pas de la first lady. Hommes ou femmes, Britt Ekland ou Peter Sellers, Samuel Beckett ou Barbra Streisand. Tous sont photographiés le sac Jackie à l’épaule!

Et l’arrivée d’un Tom Ford à la tête de la création Gucci en 1998 ne change rien à l’aura de l’icône — le texan le revampe, les ventes explosent! Des matières et couleurs explosives embrasent fougueusement les clés de la grammaire Gucci. En 2009, c’est au tour de Frida Giannini de le réinventer. Elle l’agrandit, y ajoute des pompoms et, jouant avec la matière fétiche de Guccio, aka le bambou, scelle sa fermeture d’un locket bambou. Terriblement chic!

Le tourbillon Alessandro Michele ne fait qu’ajouter à l’attrait du Jackie. Jouant avec un charme fou de la grammaire Gucci, le génie Michele y ajoute des têtes de tigres, des papillons, joue de la paille et d’ornements miroirs… Jusqu’à confondre le Jackie avec les traits propres au sac Dionysus. Oui, c’est dans ces fulgurances d’extrême créativité que l’on reconnait les vraies icônes de la mode — celles capables d’épouser leur époque avec chic et détachement. Très Jackie finalement.

Le Web Vert-Rouge-Vert, Le Sceau Gucci

Reconnaissable en un clin d’oeil, la signature Gucci raconte l’histoire du fondateur, et l’inspiration au coeur de sa maison.

1921. Lorsque Guccio Gucci fonde sa maison à Florence, l’homme a déjà derrière lui une expérience, une inspiration et une vision claire de la mode. Ancien employé de l’hôtel Savoy de Londres, Guccio Gucci y a côtoyé l’aristocratie Britannique. Il en retient une allure et surtout, une série d’éléments hippiques qui vont nourrir sa création. Parmi eux, le web — ceinture enserrant le ventre du cheval de façon à maintenir la selle bien en place. C’est ce web qui, des années plus tard, vient former la bande vert-rouge-vert. Les teintes? Le rouge fait écho à la veste des chasseurs de renards Britanniques. Le vert aux riches propriétaires de la campagne.

Dans les années 50, la Riviera Italienne figure l’épitomé du glamour et de la sophistication — Gucci en devient la maison phare! Et lorsqu’en 1964, Gucci introduit une version de son sac Jackie estampillée du web vert-rouge-vert, la signature est faite. On la retrouve sur nombre de collaborations comme pour dénoter d’un luxe inouï. En 1979, Gucci x Cadillac. En 2010, sur l’iconique Aqua Riva. Elle estampille même la première montre Gucci, en 1989. De simple motif, le web Gucci est devenu un code très efficace.

Tom Ford la change alors en pièce à part entière — devenue ceinture à l’Automne 2000. Frida Giannini explore sa pertinence autour de matières inédites. Quant à la tornade créative qu’est Alessandro Michele, c’est dans une veine freak and chic qu’il déploie tout son potentiel. Là encore associé au reste de la grammaire Gucci, le web ponctue nombre de pièces dans une veine tantôt streetwear tantôt graphique, mais toujours très, très flamboyante! Et c’est bien la force de la bande vert-rouge-vert; sorte de fil d’Arianne de la maison Gucci, scellant de glamour tous ce qui en sort.