Chanel, Deauville Et Le Festival Du Cinéma Américain

Pour la seconde fois, Chanel est partenaire du Festival Du Cinéma Américain de Deauville. L’occasion de revenir sur les liens forts qui unissent Chanel à Deauville, et au 7ème art. 

Chanel, Deauville Et Le Cinéma: Triangle d’Art

Après Biarritz, l’autre berceau de la révolution Chanel est bien la ville de Deauville. Celle-ci inspira à la dame aux camélias les codes clé d’une mode toujours aussi révérée. 

Coco Chanel Et Deauville 

L’une des premières villes à avoir inspiré à Coco le style Chanel – l’une des premières villes à y succomber aussi — ne fut autre que Deauville. Dans les années 1910, Gabrielle y entre par la grande porte, au bras de Boy Capel; dès lors, le destin de sa maison y sera à jamais lié. 

Car voilà bien ce que l’âme d’esthète de Coco y trouva: l’inspiration pour sa mode intemporelle. À Deauville, lors même que la maison se nomme encore Gabrielle Chanel, Coco pioche ça et là les codes d’un sceau qui deviendra celui d’un empire éternel.

Du haut de sa suite de l’hôtel Normandy, Coco observe et pressent les bouleversements à venir – bouleversements des corps, des loisirs et des styles de vie ! Au bras de Boy Capel, arpentant cette ville de bord de mer où déjà se réunissent têtes couronnées et élégantes du monde entier, Gabrielle est particulièrement attentive aux nuances de la nature – ces silhouettes corsetées et surannées l’agacent.

En 1912, elle fonde, avec l’aide de Boy Capel, une boutique de chapeaux à son nom, située rue Gontaut-Biron, au coeur de l’hôtel Normandy. Dans sa quête d’une nouvelle élégance, Coco va trouver à Deauville les éléments indispensables à sa grammaire stylistique. La marinière, le pantalon à pont, le sac matelassé… C’est aussi et surtout sur la promenade du bord de mer qu’elle remarque la force et la volupté du sable caressé par l’écume – un beige profond et nuancé. 

Il n’en faut pas plus pour que Chanel décide d’en faire sa couleur de prédilection. Associée au noir qu’elle tient à dérober des tenues du couvent, Coco vient de déterminer sa couleur de l’élégance; une association bi-colore. 

« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Tout lui plaît dans cette teinte – ces nuances qui évoquent la peau nouvellement dorée par le soleil; ces teintes d’une simplicité folle; la sourde sensualité qui s’en dégage… 

Tout correspond à l’essence de ce qui deviendra le style Chanel. Car bientôt et à jamais, Coco teinte de ce beige nombre de ses pièces iconiques. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces en jersey. En 1957, l’arrivée des souliers bicolores signe un tournant irréfutable: le beige allonge la jambe, le bout noir donne l’illusion d’un pied plus petit. Ces souliers, eux, deviennent instantanément des icônes de mode. 

Chanel, Icône De Cinéma 

Et justement, le cinéma ne tarde à s’appuyer sur la grammaire Chanel pour figurer la modernité de ses récits. Et celle de ses héroïnes. « C’est par le cinéma que peut être imposée la mode aujourd’hui » tranche Coco Chanel dans La Revue du Cinéma en 1931.

Quelques mois plus tôt, Coco Chanel faisait en effet la rencontre de Samuel Goldwyn, le propriétaire des studios de la MGM… Par l’intermédiaire du grand-duc Dimitri Pavlovitch, à Monte-Carlo, Chanel est ainsi appelée à redonner de la fougue et du rêve à Hollywood. 

Au lendemain du plus grand krach boursier de l’histoire, Samuel Goldwyn compte sur la papesse de la mode moderne pour transformer ses actrices en icônes. Il compte sur Chanel, aussi, pour amener de « la classe » à Hollywood.

En 1931, c’est d’abord dans le film ‘Ce Soir Ou Jamais’ que Gloria Swanson démontre toute la puissance de la mode Chanel. Samuel Goldwyn confiait ainsi, en 1931, à des journalistes français: « Je pense qu’en engageant Mme. Chanel j’ai non seulement résolu le problème difficile de savoir comment empêcher les vêtements d’être datés, mais c’est également un service rendu aux femmes Américaines, qui peuvent voir dans nos films les dernières modes parisiennes, parfois même avant que Paris ne les voit. »

Plus tard, la Nouvelle Vague trouvera dans le style Chanel l’expression la plus radicale de la modernité. Pourtant, lorsque Truffaut ou Alain Resnais approchent Coco Chanel, elle a déjà 75 ans.

« Tout le cinéma a envie de s’habiller chez Chanel » écrit Elle en novembre 1958. Et c’est le cas ! La relation si singulière qu’entretient Chanel avec le cinéma et les actrices se détaille plus ici. Mais il est important de noter que l’épure Chanel figure l’élément indispensable à la narration simple mais féroce que visent nombre de cinéaste.

Chanel et Le Festival Du Cinéma Américain de Deauville 

Il n’est ainsi que peu surprenant de voir la maison Chanel s’associer au plus Français des festivals consacrés au cinéma Américain. Le Festival du Cinéma Américain de Deauville semble ainsi figurer tout le triangle d’art qu’est le triptyque Chanel-Deauville-Cinéma.

Avec Karl Lagerfeld, la relation s’est plus intensifiée encore. Il a collaboré avec de nombre de cinéastes clé — de Franco Zeffirelli à Pedro Almodóvar, il a habillé de nombreuses actrices, notamment Kristen Stewart, Penélope Cruz, Margot Robbie et Marion Cotillard, à l’écran comme sur les tapis rouges. 

Faisant appel à de grands réalisateurs comme Martin Scorsese, Ridley Scott, Baz Luhrmann, James Gray ou encore Steve McQueen, pour réaliser des campagnes publicitaires pour les parfums Chanel — campagnes considérées comme des icônes du genre ! 

Ainsi, la 46e édition du Festival du Cinéma Américain de Deauville est une nouvelle occasion pour la maison de Coco de signifier son éternel attachement à Deauville et au septième art. 

Avec Vanessa Paradis pour présidente du Grand Jury de cette édition, l’une des ambassadrices les plus solaires de la maison fait rayonner l’héritage Chanel. Un héritage qui se distille aussi sur les épaules des stars en présence — toutes auréolées du glamour aux C entrelacés ! 

La Collection Chanel Haute Couture 2020

Après l’allure monastique de la précédente collection Couture de Chanel, Virginie Viard l’affirme: « J’avais envie de complexité, de sophistication. »

La Collection Chanel Haute Couture 2020, Opulence Et Extravagance

« Je pensais à une princesse punk sortant du Palace à l’aube. Avec une robe en taffetas, des cheveux volumineux, des plumes et beaucoup de bijoux. Cette collection est davantage inspirée par Karl Lagerfeld que par Gabrielle Chanel. Karl allait au Palace, il y accompagnait ces femmes très sophistiquées, très habillées, très excentriques aussi » annonce Virginie Viard.

La femme Haute Couture Chanel 2020 a en effet tout pour faire tourner la tête des esthètes. Jouant allègrement de la grammaire de Coco et celle de Karl Lagerfeld, la collection Haute Couture Chanel 2020 présente les icônes de la maison comme injectées d’une haute dose d’exubérance. A commencer par le tweed.

Et parce que Chanel peut compter sur l’adresse exceptionnelle de tout ses métiers d’art, la rencontre des ateliers de broderie Lesage et Montex, Lemarié et Goossens, a donné naissance à des tweeds rebrodés, perlés, et franchement hypnotisants de beauté !

L’allure du tweed, matière fétiche de Coco, se complexifie ainsi dans des paillettes, des strass, des pierreries et des perles qui, à bien y regarder, revisitent sourdement l’allure Chanel.

Le mythique tailleur tweed présente ainsi un plastron bijouté par Goossens — un brin offbeat, mais complètement chic.

Sur des robes de cocktail, ce sont les iconiques camélias qui se piquent, cette fois, sur ces pièces opulentes de pierreries. Mieux, les grandes robes du soir s’amusent de la coupe panier pour plus de romantisme encore. Et Virginie Viard le dit-elle même: « Pour moi, la Haute Couture est romantique par essence. Il y a tellement d’amour dans chacune de ces silhouettes. »

On lit en effet toute l’admiration que les ateliers portent à leur mission dans ces tailleurs-pantalons, piqués de galons diamants.

Et puis il y a surtout dans cette collection une mise-en-scène de circonstance. Un mini-film figé par Michael Jansson, où les parures des collections de Haute Joaillerie viennent pour la première fois compléter des silhouettes Chanel à la fois grandiloquentes et finalement très, très coutures.

Un mini-film à voir ici.

La Collection Rose Céleste De Dior, Arcanes et Art Divinatoire

La nouvelle collection éblouissante imaginée par Victoire de Castellane met en vedette l’art divinatoire, et le mysticisme de Christian Dior.

Réalisée en parfaite harmonie avec les collections de Maria Grazia Chuiri, la nouvelle collection Rose Céleste de Dior fait le pont entre la passion de Christian Dior pour l’art divinatoire… et les créations inspirées de l’actuelle directrice artistique de la maison. C’est que, Christian Dior avait pour le tarot et l’art divinatoire un attrait bien particulier. Il avait pour habitude de coudre un brin de muguet dans ses pièces couture. Dans ses mémoires, iconiques à elles seules, il notait : « Je serais bien ingrat, surtout bien inexact, si je n’inscrivais en capitales le mot ‘hasard’ au début de mon aventure. Celle-ci ayant été heureuse dans sa conclusion m’amène, par devoir de reconnaissance, à proclamer ma fidélité aux diseuses de ‘bonne aventure’. »

Il est vrai qu’à chaque moment décisif de sa vie, Christian Dior a su compter sur ces signes que le hasard de la vie mettait devant lui, pour prendre la bonne décision.  Un soir d’avril 1946, Dior hésite encore à créer une maison à son nom; réalisant ainsi un rêve d’enfant. Ce même soir donc, il croise, par trois fois, à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la rue Saint-Florentin, un ami qui souhaite lui présenter Marcel Boussac – l’investisseur de sa maison. Cette troisième rencontre aboutit lorsque le regard de Christian Dior se pose sur une étoile à cinq branches en métal, sur le trottoir.

Cette étoile, prise pour un signe, devient une précieuse amulette pour Dior. De puissants symboles de la maison auxquels il faut ajouter la rose des vents – aujourd’hui mise au coeur d’une collection joaillière reprenant tout des arcanes propres à la maison Dior. « J’ai été inspirée par un sol à Granville, la maison des parents de Christian Dior dans laquelle il  avait grandi, c’est la rose mais sous une autre forme, la rose des vents. C’est aussi l’idée du voyage de Christian Dior qui a longtemps fait voyager ses collections à l’étranger » précise Victoire de Castellane.

Une figure géométrique à trente-deux divisions utilisée par les marins, désormais magnifiée par celle qui depuis 1998, n’a cessé de faire jaillir la poésie, le merveilleux, la fantaisie, la couleur des créations joaillières!

D’où vient la fulgurance de Victoire de Castellane? « J’ai tout appris avec Karl Lagerfeld pendant mes quatorze années passées chez Chanel. Ce fut une véritable éducation. Comment revisiter les codes d’une maison ? Comment jouer avec et les moderniser ? Avec ce côté ludique et spontané qui est très important pour moi, tout comme l’est la liberté de créer, l’envie, le plaisir de la beauté et celui d’observer ce que la nature fabrique et comment on peut la transformer. »

Aujourd’hui donc, le grigri de Monsieur se décline à l’envie dans la collection Rose Céleste — une nouvelle rencontre hautement réussie entre l’esprit franchement facétieux de Victoire De Castellane, et l’esprit de la maison ! Côté recto, les atours dévoilent une lune en nacre, constellée d’étoiles en or blanc sur un ciel d’onyx. Coté verso, un majestueux soleil fait briller ses neuf rayons en or jaune ciselé. Rose Céleste se complète de trois précieux fétiches inédits – boucles d’oreilles, bague et bracelet – réinventant ces motifs porte-bonheur. Une parure à découvrir en images, sublimée par l’égérie Cara Delevingne.

Le Peekaboo, Le Baguette Et La Dolce Vita De Fendi, Façon Printemps/Eté 2020

Une première collection sans Karl Lagerfeld qui promet des heures heureuses pour la maison Fendi — il n’y a qu’à voir les nouveaux Baguette et Peekaboo!

« Réalité. Je pars toujours de la réalité. Étant donné que je suis une femme, je voulais surtout donner de vrais vêtements. C’est pourquoi je n’appelle pas cela du prêt-à-porter, mais du vrai-à-porter. Je pense que c’est le plus grand hommage de voir ses vêtements sur les gens. C’est pourquoi je voulais commencer par des choses simples, comme les émotions, par exemple : une émotion de journée ensoleillée, lorsque vous vous sentez vraiment libre, prêt à sortir et que vous rencontrez des gens et que vous êtes optimiste quant à la vie. » La vision de Silvia Venturini Fendi pour le Printemps/Eté 2020 respire en effet tout de la Dolce Vita. Des pièces exquises, un concept de Fun Fur travaillé dans une veine légère et délicieuse — Fendi distille une attitude douce et aristocratique.

Dans cet esprit, le mythique sac Peekaboo se coupe dans du raffia vert, quand il ne se griffe de paillettes. Quant au sac Baguette, premier it-bag de l’ère moderne, il est cette fois pensé dans une combinaison de perles — aux teintes inspirées d’un coucher de soleil du sud de l’Italie. Mais qu’on ne s’y trompe guère: les femmes Fendi du Printemps/Eté 2020 ne sont pas des sucreries.

Elles ont du style, beaucoup, et une vraie attitude. « J’ai voulu m’amuser à tailler de petites chemises hawaïennes dans du shearling, des peignoirs rétro dans du vison thermocollé sur le Lycra des Bikinis, des vestes de tailleur power dressing dans de l’éponge matelassée » précise Silvia Venturini Fendi. Le résultat? Des silhouettes désirables à souhait! Glam et cool, simples et surtout délestées d’une certaine austérité.

La Croisière Chanel s’Amuse à Bangkok

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Le 31 octobre dernier, la collection Croisière de Chanel amarrait à Bangkok — avec elle, les créations de Karl Lagerfeld et les ambassadrices Chanel. Soo Joo Park, Pharrell Williams et Gaspard Ulliel, Lily-Rose Depp, Tilda Swinton et Caroline de Maigret accompagnaient de leur énergie la présentation de cette collection joyeuse et hautement iconique. Il faut dire que pour cette saison un brin particulière, Lagerfeld avait mis en vedette une silhouette connue et reconnue de tous — une allure boyish et confortable, couplée du mythique duo chromatique. Du noir et du blanc. 

Présentée à Paris en mai dernier, la collection cette fois se meut sous la douce brise de Bangkok. Dans ce décor thaïlandais, la palette acidulée de coton, de soieries et de tweeds trouve un écho très apprécié… Ainsi amarrée à l’entrepôt désaffecté de Sermsuk, réinventé pour l’occasion en marina enjouée, c’est à la nuit tombée que La Pausa se transforma en scène de célébration. Le réalisateur Apichatpong Weerasethakul, les actrices et mannequins Aokbab et Linn Mashannoud, les acteurs Nittha Jirayungyurn et Anne Thongprasom ont ainsi pu goûter au vrai mélange de nonchalance et de style signé Chanel. Avec un Pharrell Williams en maître de cérémonie.

Le Légendaire Tweed Chanel S’Eprend du Jaune Citronnade pour le Printemps/Eté 2019

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Il s’agit de l’un des symboles les plus fort de l’univers Chanel. Pourtant, Karl Lagerfeld jamais n’hésite à le détourner, le modifier, le réinventer bref, à le mêler à son époque. Cette saison, l’épopée Chanel s’envole vers une plage aussi pure que le diamant — à l’intérieur du Grand Palais, c’est une mer qui prend vie sous les verrières désormais habituées aux gigantismes de la maison ! Le tweed lui, se pare d’un coloris acidulé, explosif même, à la hauteur de la joie provoquée par cette mode toute en superlatifs ! 

 

Super élégante, super chic, super seyante, super allègre — la saison Printemps/Eté 2019 sera celle de Coco Beach ou ne sera pas ! Sur la plage, le tweed fera une percée remarquée dans sa teinte jaune citronnade. Mieux, dans ses lignes déstructurées, le tailleur iconique reprend l’effet de zip déjà initié lors de la collection Haute Couture de l’été dernier. Dans un jeu de tissus délicat, le tweed accompagne ainsi le raffinement ultime d’une journée à la plage. Une joie débridée contenue dans une version super-fraîche du petit tailleur en tweed.

Le 2.55 Chanel Voit Double pour le Printemps/Eté 2019

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Après y avoir placé un iceberg, fait décoller une fusée, construit une forêt automnale, Karl Lagerfeld transformait cette fois la verrière du Grand Palais en plage idyllique ! Pas de Deauville ni de Biarritz, mais une reconstitution grandeur nature, avec vagues et bruissement de l’eau, de la plage des rives de Sylt en Allemagne ! Et au milieu des silhouettes resplendissantes d’optimisme, le directeur artistique de la maison Chanel en profitait pour réinventer l’icône absolue de la rue Cambon ! 

 

Le 2.55, accessoire mythique de Chanel, qui a déjà imposé l’élégance, la sobriété et la silhouette d’une femme active, se présente cette fois dans une version nommée ‘Sidebag’. Après tout, Karl Lagerfeld a souvent insisté sur le fait que la seule chose qui vaut mieux qu’un sac Chanel, c’est d’en avoir deux ! Vendue en double, cette composition du 2.55 se présente suivant des anses se rejoignant par un fermoir évidemment siglé. Posé sur chaque hanche, le Sidebag sera de toutes les aventures de la femme vive et espiègle du Printemps/Eté 2019 !

Le Tailleur Beige Deauville Chanel du Printemps/Eté 2019

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« Je me réfugie dans le beige parce que c’est naturel. » Lorsque Coco découvre Deauville aux bras de Boy, c’est la révélation. La jeune couturière trouve dans les nuances d’un sable léché par la mer une sourde sensualité très intéressante. À l’heure où les peaux commencent à se dorer au soleil, la Dame aux Camélias ajoute le beige à la grammaire de sa maison. Surnommé beige Deauville, il colore d’abord ses pièces de jersey. Mais bientôt, il devient l’ADN même de la rue Cambon. Alors, lorsque Karl Lagerfeld reconstitue sous la verrière du Grand Palais une plage débordante de réalisme, c’est un clin d’oeil certain à l’univers de la maison qu’il réalise. 

 

Mais cette fois, le décor d’inspire des rives de Sylt, l’île Allemande lieu de villégiature de l’enfance de Karl Lagerfeld… Dans cette collection Printemps/Eté 2019, la force et la volupté du sable caressé par l’écume viennent habiller l’iconique Tailleur de Mademoiselle. Taillée en crêpe et parsemée de fil d’or, l’allure technique de l’icône s’adoucie ainsi au contact d’un beige nuancé et hautement chic ! 

 

Baptisée ‘Sur La Plage’, la collection Printemps/Eté 2019 Chanel s’engage vers une saison tout en joie de vivre — et tout correspond au style emblématique initié par Coco au début du siècle dernier. Car derrière toute la grandeur illusoire et la folie d’un décor au plus près du réel – bruissement des vagues, et ciel bleu – c’est une mode ancrée dans son époque pour une femme vivante et concrète. Une femme qui, sur les bords de mer, ne perd rien de ce chic et de ce cachet tout parisien auquel Gabrielle donna ses lettres de noblesse. Une vision pragmatique et sans fioriture de l’élégance !

 Le Retour du Sac Baguette Fendi pour le Printemps/Eté 2019

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On connait la force de la maison Fendi pour la façon qu’elle a d’intégrer l’ère du temps à sa partition. Pour le Printemps/Eté 2019, Silvia Venturini Fendi et Karl Lagerfeld se sont entendus autour d’une collection faisant la part belle à des pièces sublimes et fonctionnelles. Et à l’heure où les sacs prennent des dimensions chaque saison un peu plus réduites, Fendi, elle, réorchestre le Baguette. L’icône par excellence d’un beau justement fonctionnel ! Né du facétieux esprit de Silvia Venturini Fendi, le Baguette emprunte à la baguette de pain du Parisien une prise en main inédite.

 

Le chef d’oeuvre, crée en 1997, porte en lui tout de la philosophie Fendi. Anti-conventionnel, il est produit à une époque où les sacs qui comptent se nomment Jackie chez Gucci, ou Birkin chez Hermès. Le Baguette, lui, se présente dans des lignes minimales, avec une anse si petite qu’elle vient encastrer le sac sous l’épaule. La pièce détonne mais, la pièce trouve rapidement sa muse en Carrie Bradshaw dans ‘Sex & The City’ ! Dès son arrivée en boutique, il est l’accessoire à avoir ; ouvrant ainsi l’ère des it-bags… 

 

Dans sa version du Printemps/Eté 2019, le Baguette adopte les broderies en sequins dans une version plus baroque que minimale. « J’aime le mélange entre rigidité, structure et fluidité de la collection, pensée pour une femme performante, pratique et en même temps sensuelle » commentait Delfina Delettrez-Fendi, fille de Silvia Fendi. Et c’est en ce sens que le Baguette est ici ponctué d’un orange très gourmand. Un orange dont Karl Lagerfeld précise : « Ce n’est pas un orange ordinaire, parce que l’orange ordinaire, vous pouvez oublier ! »  Impossible en effet de passer à côté d’un tel objet du désir. 

 

Le Logo Fun Fur de Fendi Joue la Transparence pour le Printemps/Eté 2019

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Cette fois, Karl Largerfeld et Silvia Venturini Fendi conjuguent l’esthétique années 50 à la fascination contemporaine pour l’athletic wear. Le résultat ? La fonctionnalité pour fil rouge, la collection Fendi du Printemps/Eté 2019 libère un peu plus la femme de ses impératifs. Pensée pour une urbaine bien trop débordée pour se changer à chaque mondanité, cette collection propose des silhouettes en adéquation avec ses multiples casquettes. « Nous avons mis les poches habituellement dans les sacs sur les vêtements. Pour moi c’est une collection qui est vraiment pour les femmes d’action d’aujourd’hui » précise Silvia Venturini Fendi. 

Et côté pièce vedette, celle portée par Mica Arganaraz donne un nouveau sens au logo Fun Fur. Apposé sur une veste géométrique et coupée dans une association inédite de cuir/plastique, le FF Fendi joue sur la transparence. L’allure féminine et athlétique distille une recherche de style savamment intégrée aux codes de l’élégance. En phase avec l’époque et l’héritage d’une maison fondée en 1925, la silhouette N°9 capture ainsi l’esprit créatif et léger estampé FF — une silhouette qui, selon Karl Lagerfeld, se fait fonctionnelle sur un fond baroque !