Collection Tod’s 2018, Quand la Californie Rencontre le Made In Italy

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La semaine passée lors la Fashion Week Homme Printemps/Eté 2018, Tod’s présentait à Milan, dans la Villa Necchi Campiglio, une collection largement inspirée du surf. Conduite par le directeur artistique Andrea Incontri, la collection conjugue avec habilité inspirations de la scène de surf de Californie et la quintessence de l’élégance Made In Italy. Ce qui a su séduire Incontri, c’est l’idée d’un homme capable de spontanéité, un homme raffiné évoluant dans les paysages naturels du grand ouest Américain. Le luxe ici se fait plus intense à mesure que les tissus gagnent en légèreté, tandis que les pièces prennent le contour de l’utilité indispensable aux voyages.

Ainsi, la collection Tod’s Printemps/Eté 2018 est la garde-robe d’un homme prêt à parcourir le monde à son rythme, avec son propre style, sans renier l’élégance que lui incombe sa position. Avec des pièces travaillées dans une légèreté inédite, le cuir, signature de la manufacture, devient une sorte de tissu… Un tissu incarné dans des peaux comme usées et brûlées par le soleil chaud de Californie. Le résultat se pense aussi dans les couleurs profondes ; un mélange de couleurs vibrantes et fanées qui viennent embellir les pièces iconiques du vestiaire Tod’s. De nouvelles textures et finitions donc, que l’on retrouve bien évidemment sur le plus que mythique Gommino aux 133 picots.

Pour le Printemps/Eté 2018, le soulier adopte des couleurs vives et un nouveau logo un brin plus graphique. Le vent de la plage a comme soufflé sur le Gommino jusqu’à en déplacer les initiales Tod’s sur des cuirs légers et monochromes comme trempés en colourblock. Sur tous les tissus, le Gommino reprend ainsi le fameux double T et, le compagnon de voyage parfait pour les hommes modernes se décline cette fois-ci dans un vert tendre, un orage glacé ou un bleu aussi électrisant que l’est le ciel de Californie.

 

 

 

 

Le Nano Bag Selon fendi

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Il est un sac qu’il ne sert à rien de présenter : le Peekaboo, imaginé par Silvia Venturini Fendi  en 2008. L’accessoire est un sac au chic épuré. Un sac à l’élégance chuchotée, proprement débraillé. L’icône Peekaboo se porte tout soufflet ouvert. Une tendance ancrée dans une nouvelle idée, celle d’une sensualité ludique.

Et voici que, la saison prochaine, le Peekaboo s’introduit en version nano. Porté à la main, au cou, ou tenu du bout des doigts, le sac imprègne la liberté, ou plutôt la légèreté. Décliné dans des couleurs chic, engravé à l’aide de techniques japonaises afin de créer de magnifique détails bontaniques, le Nano-bag selon Fendi frôle, dangereusement, le haut degré de désirabilité ! 

 

Le Gommino Tod’s Automne/Hiver 2017

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Le défilé Tod’s s’est ouvert sur une ode faite au cuir avec la performance de Vanessa Beecroft en ouverture du défilé, qui donnait le ton de l’hiver à venir. L’artiste a imaginé un tableau vivant avec, autour de l’artisan historique de la maison en blouse blanche, Toni Ripani, une dizaine de mannequins dont l’une des Top du moment, la belle Karlie Kloss. Comme figées, les modèles étaient habillées de chutes de cuir qui avaient été assemblées par les artisans historiques de la maison, venus pour l’occasion directement de l’usine Tod’s installée dans la région des Marches.

A travers cette œuvre, Vanessa Beecroft et Tod’s ont voulu célébrer un tryptique cher à la maison : l’art, le made in italy et le savoir faire de ses artisans ; sans oublier le glamour ici incarné par le top Karlie Kloss. Nonchalante mais néanmoins graphique, la collection travaillait le cuir sur des perfectos, trenchs et autres robes, sublimés par des accessoires inattendus.

Dans un style minimaliste mais iconique, le Gommino de la maison Tod’s fut aussi imaginé dans de nouvelles mesures : polyvalent et plus sensuel, le Gommino de l’hiver 2017 devient plus versatile sans pour autant délaisser la tradition. Un brin plus contemporain, avec style couture et chaîne double, le voilà promis à un avenir toujours plus prometteur ! Associé à des jupes coupées dans le cuir et jouant des plis et de détails métalliques, l’accessoire ne pouvait autrement être mis en perspective. A l’instar de l’artisanat italien mis ici en lumière, qui, sans prétention lègue à la planète des extases plus qu’ordinaires.

 

 

La Robe Imprimée en Jersey de Soie d’Emilio Pucci

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Emilio Pucci version Massimo Giorgetti, cela donne une interprétation subtile, urbaine et énergique des archives de la maison toscane. Pour sa seconde collection sous la bannière Pucci, Giorgetti fait fuser et fusionner les imprimés, les coupes et les superpositions pour atteindre une ligne assez géométrique. Jeux de superpositions de rigueurs, l’Italien parvient à émouvoir par une collection Automne-Hiver 2016 composée comme une ode à la couleur.

La robe imprimée en jersey de soie s’éprend ainsi d’un bleu layette associé à un rose poudré qui, subliment, s’harmonise aux teintes vibrantes d’un rouge flamboyant ! Sur ces profils de montagne semblables à des paysages à la Cézanne teintés dans des tons surréalistes, Massimo Giorgetti semble inventer un nouveau motif digne d’Emilio Pucci. Les coups de pinceau esquissant ces montagnes imaginaires, l’œil s’emballe et, dans un mouvement rassurant, élève le vêtement en une toile d’art abstrait.

Retour sur Le Tod’s Band Masculin : Leo Mania

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Dans la Tod’s band : Hugo Sauzay architecte et designer, Fey Wang le top model chinois, Eric Underwood le danseur, Tara Ferry le musicien ou encore Alessandro Borghi, le féru de cinéma. Les 11 « apollons » qui forment la Tod’s band furent ainsi capturés, à Londres, par l’objectif du photographe italien Luca Carrozzini. Centrée autour du mocassin phare de la collection Printemps/ Eté 2016.

A l’instar du Gommino, le Leo Clamp est produit en suivant les techniques traditionnelles de travail des ateliers – découpage et assemblage des peaux précieuses, et couture sur peaux fines avec l’expertise et l’artisanat qui caractérise le luxe Tod’s… Une nouvelle orientation pour l’homme donc, et un complément indispensable à sa garde-robe, made in Italy.

Prada : Slippers, l’Elégance Stupéfiante à L’Italienne !

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Le « style Prada » est unique et original par les formes, couleurs et matières choisies. Sous l’impulsion de Miuccia Prada, la marque continue de nous surprendre à travers une originalité faite de perfection et d’élégance, dont elle seule a le secret.

Visant une clientèle aimant sortir des sentiers battus, et jouer avec la mode, chaque collection présentée est ponctuée de surprises et de pièces incontournables. Miuccia et Patrizio Bertelli (son mari) continuent ensemble de nous insuffler le chic à l’italienne, à travers cette nouvelle collection pétillante et inattendue, les Slippers du soir. Grande tendance de cette saison, qui constituent un bon compromis chic et original à la ballerine et à l’escarpin.  

Miuccia fidèle à une thématique kitch et baroque, nous propose des ornements précieux et de sublimes mélanges de matières. De quoi donner un coup de folie à son allure, et d’allier le psychédélique au raffiné. La créatrice se montre comme elle aime l’être, indomptable et imprévisible. « Tout le monde (ndlr : les créateurs) a une théorie sur ses propres collections de nos jours, j’en ai marre des théories. Cette collection parle du plaisir de la mode ».

Et ce génie de la mode nous fait plaisir en nous offrant l’occasion d’être chic et décalé, par un style déjà bien affiné du raffinement à l’italienne. On remarque le détails et la finesse des pièces, au lieu de simples chaussons de ville, elle nous présente les véritables souliers d’une cendrillon moderne, frappés par la ferveur italienne et l’extravagance juvénile. Impétueuse et ingénieuse elle se démarque, encore une fois là ou on ne l’attendait pas. La collection des chaussures Prada déjà vaste et variée vient d’accueillir une nouvelle collection appelée à devenir incontournable. Chaque pièce ornée de velours, écussons, paillettes, pierres ou bijoux, s’adoptera comme un accessoire  précieux, légèrement impétueux mais terriblement chic. 

Le style Prada avec ses contradictions, Miuccia a encore subvertit les codes et nous a séduit.

Cindy Sherman se Met en Scène au Musée Gucci

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Cindy Sherman avait 10 ans lorsqu’elle a commencé la photo. Anecdote touchante : en effet, sous chaque photo, elle prenait soin d’écrire « c’est moi », pour insister sur son identité et renforcer l’évidence. Aujourd’hui, si elle est devenue célèbre, c’est justement parce qu’elle ne se montre pas, ne se dévoile pas. Elle cache ce « moi » et se déguise à travers des mises en scène dans lesquelles elle apparaît comme une actrice, jouant différents rôles de femmes et anéantissant même la définition de l’identité. Cindy Sherman fascine, étonne et impressionne par son art conceptuel, unique et original. L’artiste se sert d’elle-même comme modèle pour ses photographies, elle est la source d’inspiration de son œuvre et procède par une multitude de mises en scènes. C’est grâce à ses multiples séries d’autoportraits caricaturés, qui questionnent l’identité féminine, qu’elle est devenue l’artiste qu’elle est aujourd’hui.

Sherman incarne à chaque fois un personnage différent. L’artiste ne parle pas d’elle-même mais de la femme, de la société et de ses codes, de ses valeurs, de ses stéréotypes et de ses clichés. Sherman avait même déclaré : « On se trompe si on pense que je réalise des autoportraits. J’agis exactement comme un acteur, une actrice. Sa série « Film Stills » en 1977 lui vaut une reconnaissance internationale. Elle se met en scène et interprète différents stéréotypes de figures féminines : femme fatale, femme au foyer, femme sans défense… Après s’être maquillée et déguisée, elle se met dans la peau de ses personnages, comme si elle était une actrice. Et c’est bien ce qu’elle est : elle tente de représenter le monde comme elle le voit à travers son œuvre, en fabriquant des personnages.

Sherman déclare à propos de son œuvre : « Bien que je n’aie jamais considéré mon œuvre comme féministe ou comme une déclaration politique, il est certain que tout ce qui s’y trouve a été dessiné à partir de mes observations en tant que femme dans cette culture. » Dans les séries mode « Fashion » (1983-1984 et 1993-1994) et « Sex Pictures » en 1992, elle représente les modèles des magazines et de la télévision. Puis, dans « History Portraits » (1989-1990), elle se déguise aussi bien en personnage de porcelaine de Limoges qu’en tableau de Raphaël. On retrouve le thème de l’horreur à travers ses œuvres surtout dans « Fairy Tale » (1985), « Disasters » (1986-1989) et « Horrors and Surrealist Pictures » (1994-1996).

Retrouvez l’incroyable exposition « Cindy Sherman : Early Works » au musée Gucci à Florence jusqu’au 9 juin 2013. Vous pourrez admirer et aduler cette artiste reconnue et époustouflante dans tous les rôles imaginables ! En effet, le musée Gucci présente en ce moment les premières œuvres de la célèbre photographe qui s’inscrivent dans l’art contemporain. Vous pourrez admirer Sherman dans divers costumes à travers son œuvre « Murder Mystery People » (1976) ou encore dans la peau de différents passagers de bus à Buffalo avec sa série « Bus Riders » (1976). Ces œuvres montrent la fascination impressionnante de Sherman pour l’identité et le genre. « L’histoire des troubles, des passions et de la créativité ici est fascinante » a déclaré Francesca Amfitheatrof, qui dirige le musée Gucci depuis 2011.

 

Cindy Sherman : Early Works
Jusqu’au 9 juin 2013
Musée Gucci – Florence, Italie

Les Chaussures du Futur sont Chez Prada

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Jamais la chaussure n’aura été aussi impertinente, aussi iconique, aussi flamboyante que chez Prada. Depuis plusieurs saisons déjà, elle étonne et ravit toutes les journalistes et clientes, entre réinterprétation artistique et équilibre esthétique.

Ce sont d’abord les brogues, avec leur cuir élégant et leur gigantesque semelle en caoutchouc qui ont attiré l’attention du monde entier. Mélange parfait entre les brogues, chaussures de dandy, et les creepers, chaussures de punk, c’est un véritable hybride fashion. Le cuir verni, le bout rond, très classique, les lacets et les nombreux détails intriqués donnent élégance et finesse à la chaussure. Puis, c’est une fine corde tressée et une incroyable triple semelle compensée en caoutchouc, barrée d’une ligne de couleur qui lui donnent un air graphique et viennent bouleverser tous les codes de cette chaussure old school. 

Miuccia Prada, incarnation par excellence du chic à l’italienne, n’attendra pas une année avant de secouer de nouveau quelques barrières. Elle réussit à réunir deux idées contradictoires que l’on a des femmes : la douceur et l’agressivité, symbolisées par une collection de chaussures au look futuriste, inspirées des voitures américaines des années 1950. Les souliers sont pourvus d’ailes, ornées de flammes, de phares et de couleurs vives. 

Et cette saison encore, la papesse italienne de la mode nous éblouit avec une collection de chaussures japonisantes. Certaines sont inspirées des Okobo, les célèbres souliers de Geisha. Leurs délicates lanières de cuir blanc enserrent d’étonnantes chaussettes aux couleurs acidulées. D’autres, plus éffrontées, se teintent de nuances métalliques en même temps qu’elles se recouvrent d’ornements précieux. Tout aussi surréaliste que les précédentes, cette nouvelle oeuvre de Miuccia subvertit les codes et séduit par son style tout en contradiction. Unique et originale par les formes, couleurs et matières choisies, la marque, sous l’impulsion de sa créatrice, continue de surprendre et d’innover.