La Ferme Saint Siméon, Haut Lieu De Création

La Ferme Saint Siméon est cette ferme Normande ayant été le berceau de l’impressionnisme, avant de devenir ce merveilleux hôtel cinq étoiles veillant sur la beauté de la Côte Fleurie ! 

La Ferme Saint Siméon, Haut Lieu De L’Impressionnisme 

Avant de devenir le refuge des plus grands peintres de l’impressionnisme, la Ferme Saint Siméon était connue de tous les pêcheurs de la région. A quelques kilomètres de Deauville et de Trouville, la Ferme Saint Siméon allait pourtant devenir un haut lieu de la création picturale. Car voilà bien ce qui a mis ce lieu hors du temps sur la route des peintres qui allaient devenir grands: une position idéale, et un accueil très chaleureux. 

Cela, c’est à la Mère Toutain qu’on le doit. L’ancienne propriétaire des lieux a en effet su accueillir comme nulle part ailleurs les âmes d’esthètes quelques peu désargentées. De qui parle-t-on ici? On parle bien des jeunes peintres qui allaient être appelés à révolutionner le genre…   

Menés par Eugène-Boudin qui découvre le premier l’endroit, les impressionnistes qui ne portent encore ce nom vont bien découvrir à la Ferme Saint Siméon tout ce dont ils ont besoin pour nourrir leur création.  

Les Buveurs à la Ferme StSimeon, Boudin , 1867

Dans cette bâtisse normande du XVIIe siècle, c’est bien Claude Monet et Jongkind qui les premiers suivent Eugène Boudin. Nous sommes en 1862 lorsqu’ils découvrent la lumière divine de ce lieu positionné face à l’Estuaire de la Seine. Le lieu a un charme renversant et, très vite, les figures de proue de ce que l’on nommera bientôt la révolution impressionniste vont y défiler. Gustave Courbet, Jean-Baptisme Corot, Frédéric Bazille pour ne citer qu’eux.

Claude Monet, un jour de Saint-Siméon écrit ainsi à Frédéric Bazille : « Tous les jours, je découvre des choses encore plus belles, c’est à en devenir fou ! Tellement j’ai envie de tout faire… La tête m’en pète ! Je suis bien content de mon séjour ici, quoique mes études soient loin de ce que je voudrais… On est admirablement, à Saint-Siméon ! »

La Route devant la ferme Saint-Siméon, Monet, 1864

Et il est vrai qu’ici tout est admirable. C’est d’ailleurs là que Charles Baudelaire séjourna, quelques années plus tôt. Là encore que les frères Goncourt seront de passage. Avant eux, Marcel Proust, ou Sarah Bernhardt y avaient déjà été touchés par la splendeur inhabituelle et la quiétude du lieu. Stéphane Mallarmé et André Gill ne s’y sont pas trompés non plus ! 

La Mère Toutain savait en effet chuchoter et choyer leurs âmes quelques peu blasées. Ainsi donc, en un rien de temps, la Ferme Saint Siméon s’est changée en un haut lieu de lacréation. Littéraire ou picturale — la Ferme Saint Siméon a su bercer les sens esthétiques d’une génération d’artistes. Au point de donner son nom à l’ Ecole d’Impressionnisme de Honfleur, dite de Saint Siméon.

Voici qu’un siècle plus tard, la Ferme Saint Siméon compte désormais pour être un 5 étoiles, où le luxe se double d’une authenticité bien rare. 

 La Ferme Saint Siméon: Le Luxe Est Authentique


Un Hôtel Sublime D’authenticité 

Qu’est donc devenu ce corps de ferme en ardoise vert bleuté? Un hôtel sublime où viennent se loger des installations en harmonie avec leur héritage. 

La splendide demeure se pense ainsi autour de 34 chambres, dont 3 suites qui entrent en résonance avec l’histoire du lieu. Face à l’Estuaire, la chambre 22 était celle que Claude Monet adorait — elle donne toujours cette vue sur la grandiloquence du ciel normand. 

La chambre 19, elle, était celle de Jean-Baptiste Corot. Une chambre hors du temps qui, avec sa vue sur la Seine, offre chaque soir une vue époustouflante sur le coucher de soleil à l’horizon. On comprend ainsi mieux les envolées picturales d’un Corot… 

A l’intérieur, le mobilier n’est pas sans ramener à notre temps l’élégance et le raffinement d’antan — les lits en baldaquin de bois, les lampes Murano… Autant d’éléments qui, dans des volumes et sous les colombages restés intactes, injectent aux sens et à l’esprit beaucoup de poésie ! 

De poésie il est justement question tant la Ferme Saint Siméon distille une âme bien à elle — un havre de paix où l’on vise aussi à inclure différents protocoles de beauté. 

Ainsi, dans le pressoir daté du XXème siècle se loge désormais un espace de 200 m2 comprenant le spa. Une piscine couverte de 12 m, une salle de fitness, un hammam, un jacuzzi et des cabines de massage… Dans un soucis de coller au mieux à l’héritage Normand, on pense ici les soins beauté autour des produits de la région. Sans surprise mais avec un savant étonnement, on réalise la palette de soin à partir de coquelicots, de framboise et de miel… 

La Gastronomie A La Ferme Saint Siméon: L’Oeuvre De Matthieu Pouleur

Évidemment, la gastronomie à la Ferme Saint Siméon ne pouvait que révérer son héritage ô combien iconique. Baptisée Les Impressionnistes, sa table gastronomique est, depuis 2019, sous la houlette du Chef Matthieu Pouleur. 

Et sa cuisine est une véritable ode à la région Normande, et l’âme même de la Ferme Saint Siméon. Ici, on vise dans l’assiette, comme sur le goût, ce que l’on recherche dans le savoir-recevoir — la tradition, la sincérité et un savoir-faire misant sur l’excellence et l’authenticité. Pour cela, le Chef Matthieu Pouleur compte, à raison, sur les producteurs de la région. 

« Les produits sont excellents, et on sait d’où ils viennent. Nous sommes entourés par la Nature, c’est un environnement réellement inspirant. Sans compter que la région est si riche, aussi bien en matière d’histoire gastronomie qu’en produits… J’essaye de combiner mes expériences passées avec mes origines du Nord et le terroir normand » détaille-t-il ainsi. 

Côté assiette donc, on retrouve une gastronomie en accord avec le terroir —  des créations épurées où le Chef Matthieu Pouleur veut éveiller des associations de goût jusque là insoupçonnées. C’est par exemple la Sole du « Morjolène » farcie, caviar français, poireaux crayon et sauce dieppoise. 

C’est encore la Tomate en 2 services – épais palet mi-confit aux épices, pesto de livèche et légèreté Mozzarella du Buffala ; en chaud/froid, au pesto de livèche et Mozzarella di Buffala – de quoi lui faire gagner ses lettres de noblesse. 

La Côte de veau dorée au sautoir, croûte de rau-ram et coquillage, étuvée de coco de Paimpol à la crème de ziste salicorne et pourpier marin. A tester ! 

Car à défaut de s’enfermer dans cet héritage déjà auréolé de succès, à la Ferme Saint Siméon, on cherche bien à surprendre. Dans tous les sens du terme ! Une façon, peut être, de filer l’histoire d’un haut lieu de la création. Qu’elle soit artistique ou culinaire — tant qu’il y en a !


Belle-Île-En-Mer, Charme iconique

C’est un lieu qui a frappé au coeur nombre d’artistes. Une île de la côte Atlantique piquée au creux du Golfe de Gasconne — c’est Belle-Île-En-Mer, un lieu littéralement enchanteur.

Belle-Île Et Les Artistes

Il y règne une atmosphère douce et ensoleillée — l’impression d’avoir atteint un point du monde où seule l’extase des sens compte réellement. Belle-île-en-Mer est un écrin. Un écrin de nature, un écrin rocheux où le soleil tantôt dardant tantôt occulté baigne l’île d’une atmosphère tout simplement incroyable. Les sens se perdent un peu dans cette beauté chaleureuse, tant Belle-Île porte merveilleusement bien son nom.

On embarque au port de Quiberon et, fendant le golfe de Gascogne, on débarque à Belle-Île — un lieu à la beauté contrastée mais assurée ! Ses richesses exceptionnelles, autant naturelles que culturelles, Belle-Île a su les conserver, les embellir, les chérir… Ce n’est pas pour rien qu’elle attire, de partout, les âmes d’esthètes ou les artistes qui ont su, à leur tour, capter ou mettre en mots cette atmosphère éperdument magique. Et ce, à toutes les époques.

Car Belle-Île est accueillante. Elle berce les navires plutôt qu’elle ne les déplore. Il n’y a qu’à se rappeler les vers de François-René de Chateaubriand, rapportant ce que les marins avaient coutume de dire: « Celui qui voit Belle-Isle, voit son île […] ; Celui qui voit Ouessant, voit son sang. » Le vers est clair.

Les premiers touristes, eux, arrivèrent à la fin du XIXème siècle —parmi eux, certains pionniers dans leur art, et des personnalités tout simplement hors norme !

Ainsi les écrivains Gustave Flaubert et Maxime Du Camp firent-ils une halte à Belle-Île, en Mai 1847. Découvrant par la même son fascinant paysage, ils figent l’âme et le charme que ce voyage leurs inspire — dans un récit publié en 1881, Par les champs et par les grèves.

En 1847 toujours, c’est Alexandre Dumas qui figure la fin de Porthos, héros de son ouvrage de référence, Les Trois Mousquetaires, au coeur de Belle-Île. Parce que le lieu est si propice au récit épique, c’est dans la grotte de Locmaria de Belle-Ile que meurt le premier des trois mousquetaires… Tout un symbole lorsque l’on connait l’histoire qui lie l’île à ceux ayant voulu fuir Louis XIV et Mazarin.

Mais c’est l’époque moderne et tout le panache que la Belle-Epoque a apporté dans cette île qui nous intéresse ici. Le panache de cette période clé pour la mode et le luxe, comme incarné par une certaine… Sarah Bernhardt.

Sarah Bernhardt Et Belle-île-En-Mer

Sarah Bernhardt, véritable icône de La Belle Epoque — première actrice, première comédienne à avoir fait des tournées sur les cinq continents, première muse de grands couturiers… Bref, Sarah Bernhardt, première en tant de choses, est sans doute celle par qui le rayonnement sur Belle-île devint le plus fulgurant !

Il faut dire que l’actrice jouissait d’une telle popularité…

Ainsi, lorsqu’elle découvrit Belle-Île, fut elle à son tour touchée par la grâce de son charme, et l’élégance sauvage de ces paysages. Elle confiait alors, en 1894: « La première fois que je vis Belle-Île, je la vis comme un havre, un paradis, un refuge. J’y découvris à l’extrémité la plus venteuse un fort, un endroit spécialement inaccessible, spécialement inhabitable, spécialement inconfortable. et qui, par conséquent, m’enchanta. »

C’est sur la remarquable pointe des Poulains qu’elle acquit ainsi un fort — un fort qui, par l’intervention loufoque et éminemment originale de Sarah Bernhardt, devint l’un des lieux de villégiature les plus inspirants !

Elle aimait, dit-elle, « venir chaque année dans cette île pittoresque, goûter tout le charme de sa beauté sauvage et grandiose. » Puisant « sous son ciel vivifiant et reposant, de nouvelles forces artistiques »

La tragédienne, pour qui Jean Cocteau inventa le terme de « Monstre sacré », fut une hôte sans commune mesure. Elle y passa vingt-neuf étés, de 1894 jusqu’à la vente de son fort en 1922, soit quelques mois avant sa mort… Et on la remarqua chaque fois !

Dans sa robe blanche et son grand chapeau, Sarah Bernhardt débarquait ainsi avec une véritable petite troupe de troublions — son secrétaire, sa dame de compagnie, ses amis, artistes, peintres, sa famille, son singe, son boa, son crocodile qui dévora Hamlet, son chien. Ce même chien qui fini empaillé au-dessus de sa chambre. Si tout cela est aujourd’hui encore visible dans Le Fort des Poulains, c’est que Sarah Bernhardt a véritablement lancé la vogue des touristes de Belle-Île.

Mais elle n’était évidemment pas la seule à chérir ce bout d’île recelant tant de beauté !

Claude Monet, Henri Matisse… Les Grands Peintres A Belle-Île

Claude Monet et Matisse à Belle-Île

C’est à l’été 1886 que Claude Monet se met en tête de réaliser une « grande tournée en Bretagne, mais en simple touriste, la canne à la main » — mais de la Bretagne, il ne verra finalement que Belle-Île.

L’endroit lui est si charmant, si complet, qu’il veut d’abord y séjourner une quinzaine de jours. Mais voilà, le charme opère et, arrivé le 12 septembre 1886, il en repart le 25 novembre. « Je suis installé dans un tout petit hameau de Belle-Île, je travaille beaucoup, l’endroit est très beau mais très sauvage, la mer est incomparablement belle et accompagnée de rochers fantastiques. Du reste, l’endroit s’appelle la mer sauvage. »

Aux côtés d’un pêcheur de l’île, il fait la découverte des aiguilles de Port-Coton — les superbes rochers du Lion, le Port-Goulphar et le Port-Domois. Ce paysage où la lumière changeante, où les hautes falaises sombres et les vents tempétueux font s’éclater les vagues… tout cela marque profondément l’oeuvre impressionniste de Claude Monet !

« C’est sinistre, diabolique mais superbe et je ne crois pas retrouver pareille chose ailleurs » écrit-il dans l’une de ses correspondances.

« Je suis dans un pays superbe de sauvagerie, un amoncellement de rochers terrible et une mer invraisemblable de couleurs ; enfin je suis très emballé quoique ayant bien du mal, car j’étais habitué à peindre la Manche et j’avais forcément ma routine, mais l’Océan, c’est tout autre chose »

Les humeurs changeantes de Belle-île à l’automne furent à l’origine d’une nouvelle approche pour Monet — perturbé par le temps instable et par le phénomène des marées qui modifient constamment le paysage, Monet doit travailler plusieurs toiles en même temps. Développant ainsi ses premières séries… Dont les plus iconiques d’entre elles seront les Nymphéas.

La quarantaine de toiles peintes durant ce séjour contribuera à faire connaître Belle-île dans le monde entier !

Dix ans plus tard, c’est Henri Matisse qui débarqua à son tour sur les pas de Monet, rendant en fait visite au peintre John Peter Russell à Belle-Île.

Il est touché par cette même épiphanie. « La Bretagne a son côté intime et fin qu’il faut pouvoir pénétrer (…) sa lumière est particulièrement argentée, et ses ciels sont de nacres. Aussi il faut observer beaucoup avant de travailler et revenir plusieurs années de suite pour se pénétrer du caractère du pays. »

Il y gagne une toute nouvelle approche des couleurs ! « Je revins à Paris libéré de l’influence de Louvre. Je me dirigeais vers la couleur. Je revins de mon voyage avec la passion des couleurs de l’arc-en-ciel. »

Le Castel Clara, 4 étoiles Garantes Du Charme De Belle île

C’est un château au charme ancien qui semble veiller sur Belle-Île, et son caractère ensorcelant ! On s’y imprègne de ce paysage qui a bercé et inspiré tant d’âmes — le Castel Clara est aussi un lieu à part.

Un lieu dédié au bien-être et à la rêverie; un lieu où l’on ressent mieux encore le charme enchanteur de Belle-Île ! Et c’est d’ailleurs tout le dessein qui se niche derrière sa transformation. Car avant de devenir le Castel Clara, la bâtisse était en fait la demeure du peintre John Peter Russel. Celui dont Matisse disait, après l’avoir visité: « Russell a été mon professeur, et Russell m’a expliqué la théorie des couleurs. »

Cette demeure donc est reconstruite en 1958 suivant les plans d’un certain Paul Meunier, restaurateur à Poissy, près de Paris. Il a alors acquis la maison pour la transformer en hôtel moderne — l’idée est alors saugrenue pour l’époque,. Un hôtel à Belle-Île… L’île n’est pas encore prisée des touristes Français.

Qu’importe, pour Paul Meunier, il s’agit d’abord d’offrir à son épouse un cadre face à l’océan, et baigné d’air marin, pour qu’elle se refasse une santé.

Face à l’anse de Goulphar, le Castel Clara offre ainsi un panorama portant à la somptueuse rêverie — le succès, lui, est immédiat. En 1992, le Castel Clara se complète d’une offre de thalasso.  Un cadre au charme incomparable donc — des soins et des massages pensés en écho avec la magnificence de la nature environnante…

Sur les hauteurs de Belle-Île, le Castel Clara offre tout des saveurs d’une île abracadabrante.

Côté gastronomie, c’est l’inventivité du Chef Franck Moisan qui se distille dans des menus pensés en harmonie avec les saisons et les douceurs de l’océan. Le restaurant le 180° est aussi bien-nommé…

On y cuisine les viandes — le pigeon rôti, l’agneau du large ou le bœuf des embruns… Les délices de la mer, les homards bleus de Bretagne, les langoustines, les huîtres creuses, les coquillages et crustacés…

Un véritable tour des saveurs, doublé d’une nature chatoyante — Belle-Île-En-Mer est une destination iconique à bien des égards !

Les Nymphéas de Monet, Une Féérie Aquatique

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Un jour qu’il file dans un train à travers la campagne Normande, Claude Monnet s’éprend du village de Giverny – une bourgade qui, bientôt, deviendra l’épicentre du mouvement impressionniste. Il faut dire que le coup de cœur est tel qu’au début des années 1880, le peintre, louant toujours la même maison, finit par l’acquérir sept ans plus tard. Cette maison, Claude Monet entend bien l’égayer d’un jardin à la hauteur de son dessein – le peintre-jardinier entame les grands travaux d’un jardin luxuriant et éminemment reposant. Il importe des nénuphars d’Egypte et d’Amérique Latine ; le voisinage s’inquiète et s’emballe à la vue de ce peintre transformant Giverny en une jungle tropicale. Qu’importe, puisque sans cette détermination créative, le monde jamais n’aurait connu l’oeuvre d’une vie – celle de Claude Monet, peintre destiné à léguer à l’humanité l’oeuvre de la paix.

« J’ai mis du temps à comprendre mes nymphéas. Je les avais plantés pour le plaisir ; je les cultivais sans songer à les peindre » confie-t-il un jour au critique d’art Marc Elder. « Un paysage ne vous imprègne pas en un jour… Et tout d’un coup, j’ai eu une révélation des fééries de mon étang. J’ai pris ma palette… Depuis ce temps, je n’ai guère eu d’autre modèle. » Le motif tourne en effet à l’obsession et, entre 1899 et sa mort en 1926, Claude Monnet peint 250 toiles – toutes dépeignent ce ‘paysage d’eau’ suivant la même volonté : faire de cet ‘aquarium fleuri’ un ‘asile’, une retraite visuelle pour l’Homme tourmenté par le carnage de 14-18. Et le peintre-jardinier ne s’en est jamais caché… La nature ainsi décalquée avec poésie, vide de toute présence humaine, est le testament artistique de Claude Monet ; sa « grande décoration ».

Au lendemain de l’Armistice du 11 novembre 1918, le peintre fait cadeau à la France de cet ensemble décoratif circulaire. Par le biais d’une lettre adressée à son grand ami et politicien Georges Clemenceau, Monet lègue ‘Les Nymphéas’ à sa patrie ; le musée de l’Orangerie les y installe selon les plans du maître en 1927. Comme pour englober le spectateur dans un havre de paix et de verdure, les toiles se déploient le long d’une frise panoramique presque sans rupture. A l’oeil, un paysage d’eau sublimé de nénuphars, de branches de saules, de reflets d’arbres et de nuages berce l’âme et le coeur… Une « illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage » selon les termes mêmes de Claude Monet.

 

La Collection Claude Monet de Frey Wille

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L’univers de Frey Wille contraste avec l’air ambiant et dénote une véritable ode à la vie. Fondée en 1951 à Vienne par Michaela Frey, la maison est d’abord un atelier d’artisans locaux travaillant l’émail. En 1970, Frey s’associe à son avocat et expert comptable Friedrich Wille. Puis, à la mort de Frey en 1980, Wille prend les rênes de la maison. N’étant pas artiste, il retourne sur les bancs de l’école en s’inscrivant à l’Université des Arts Appliqués de Vienne. Là, il y fait la connaissance de Simone Gruenberger-Wille qui deviendra le chef designer de l’entreprise en 1981. Une rencontre placée sous le signe de l’amour puisqu’ils se marient quelque temps plus tard. L’amour toujours est en effet une des sources d’inspiration de la Maison. Animés par une philosophie épicurienne, les bijoux et accessoires de Frey Wille sont en effet un hommage à la vie et dont le lyrisme se lit dans la collection Claude Monet. Hymne à la joie, la ligne déclinée est un joyeux déferlement de couleurs et de formes en rappel aux formes impressionnistes. 

Artistes autant qu’artisans, les créateurs de la marque rendent également hommage aux différents mouvements qui ont marqué l’histoire de l’Art. Ici les Nymphéas de Monet viennent enchâsser délicatement le doigt. Frey Wille choisit de mêler l’univers de l’impressionniste mondialement connu à une autre forme d’art, l’Art Nouveau. Mouvement artistique créé en réaction à l’industrialisation à outrance, il s’impose quant à lui comme une évidence au sein des ateliers Frey Wille. À cette esthétique des XIXè-XXè, s’ajoute une touche néo-gothique avec un fond en référence aux vitraux. L’élaboration d’un seul bijou passe en effet par 80 étapes dont la plupart sont réalisées minutieusement à la main sur un émail travaillé avec un or de 24 carats dans un souci du détail des plus recherchés. La passion, la joie, la vie mais aussi l’idée de nature, sont autant de valeurs immatérielles dont les créations de Frey Wille se veulent l’allégorie afin d’apporter à leurs clients art et joie de vivre au quotidien. Il est vrai que les deux se marient bien car après tout, savoir vivre c’est tout un art.