Le Sofitel Miramar, Bien-Être A Biarritz

5 étoiles signent le prestige d’un centre de thalasso initié par Louison Bobet dans les années 70. Le Sofitel Miramar compte désormais pour être la destination iconique pour un séjour idyllique. A Biarritz.

Le Sofitel Miramar Biarritz, Cure De Bonheur

La Thalasso A Biarritz

Planté sur la célèbre plage Miramar de Biarritz, le 5 étoiles le Sofitel Miramar est le fruit d’une nouvelle science dédiée au bien-être… Une science du bien-être inventée dans des conditions peu communes.

Car voilà bien celui par qui la thalassothérapie a gagné en France ses lettres de noblesse. Le triple champion du Tour de France, Louison Bobet est en effet l’homme par qui la thalasso va aussi gagner la Côte Atlantique…

En 1961, le cycliste Louison Bobet se blesse lors d’un accident de voiture. Celui que Roland Barthes qualifiait de « héros prométhéen » est ainsi forcé de stopper net sa carrière. Double fractures du fémur et de la cheville… Le constat est sans appel; Louison Bobet doit se concentrer sur sa convalescence.

Durant deux semaines, il suit les soins prodigués par le docteur René Bagot, à Roscoff. Et c’est là que le destin va encore frapper. Car Louison Bobet fait des progrès monstres — il se remet vite, très vite. Et le champion en est persuadé: c’est à l’eau de mer et son utilisation thérapeutique qu’il le doit !

Dès lors il abandonne sa carrière et fonde, d’abord à Quiberon, en 1964, le premier centre de thalassothérapie de la Côte. A l’inauguration du Sofitel Quiberon, Raymond Marcellin, ministre de la Santé, et Maurice Herzog secrétaire d’État au sport, sont là pour souligner l’évènement. C’est dire !

Derrière ces nouveaux centres de soin se figure en réalité une nouvelle science destinée au bien-être du corps, et de l’esprit…

Quelques années plus tard, c’est tout naturellement que Louison Bobet se tourne vers Biarritz pour y implanter l’un de ces centres. Il faut dire que Biarritz est reconnue pour être la destination idéale pour jouir de l’effet vivifiant des bains de mer… Depuis que l’Impératrice Eugénie et Napoléon III y installèrent leur résidence d’été pour profiter des cures marines… Il y a de cela presque deux siècles.

Depuis, sur la plage Miramar, trône ce bâtiment taillé comme un vaisseau dans le pur jus de l’esthétique futuriste des années 70 — le Sofitel Biarritz. Un centre de soin reconnu pour dispenser des cures de bonheur !

Deux piscines d’eau de mer chauffées, dont l’une offre une vue extérieure panoramique… Sauna, et hammam oriental… Cures marines traditionnelles ou techniques tout droit inspirées des dernières avancées technologiques…

Le Sofitel Biarritz dispose d’un éventail étonnant, avec pour seul objectif celui de raviver l’harmonie du corps et de l’esprit. Dans sa palette de soin on retrouve ainsi des pratiques devenues des classiques — modelages, relaxation, massages, gommage. Et d’autres un brin plus ancestrales encore, comme les enveloppements d’algues.

Pour parfaire à ces traitements éminemment efficaces, le Miramar Biarritz pense aussi l’accord gastronomie qui concourt au bien-être total !

La Gastronomie Au Miramar Biarritz

Et c’est à partir d’une position privilégiée, avec une vue surplombant la magnificence de la plage du Miramar, que s’opère la rencontre du goût et de la mer. Aux manettes du restaurant, on retrouve ainsi l’un des chefs les plus talentueux de sa génération — le Chef Robert Job.

Sa gastronomie vise ainsi à concocter une cuisine goûtue mais légère, savoureuse mais aérienne. Avec pour notes de fond les produits locaux et les saveurs propres au Pays Basque, le Chef Robert Job maintient l’exploit de mettre sur la table des délices culinaires, réduisant leur apport calorique au strict nécessaire.

La pêche et le terroir s’équilibrent ainsi autour de nouvelles habitudes gastronomiques — une prouesse que le Chef Robert Job double d’une créativité mêlant allègrement couleurs, saveurs et textures dans des plats exaltants les classiques de la région !

Des plats infiniment exquis, qui se dégustent au bord de l’eau, dans un cadre plus que privilégié — tout simplement exceptionnel !

On le voit, saveurs et gourmandise se doublent au Sofitel Miramar d’un savoir-recevoir qui vise, surtout, à baigner ses hôtels dans l’atmosphère solaire et ouatée qui fait ce havre de bien-être!

L’Hôtel Du Palais A Biarritz, Palace Total

D’une villa construite par amour d’une ville et d’une femme a ainsi émergé l’un des palaces les plus iconiques au monde — ou quand Napoléon III érigeait pour l’Impératrice Eugénie les fondations de l’actuel hôtel du Palais.

L’Hôtel Du Palais, Une Histoire De France

L’Impératrice Eugénie est l’icône par qui la vogue pour Biarritz a commencé, et depuis jamais ne s’est tarie. Elle qui, enfant, découvrait les joies des bains de mer en compagnie de sa mère, attira à Biarritz son époux, l’Empereur Napoléon III.

Il lui fit construire une villa aux vrais airs de château.

La Villa Eugénie, Ou Napoléon III Sous Le Charme de Biarritz

La nouvelle tomba un jour de Juillet 1854. Le journal qui informait alors quotidiennement des faits et gestes du couple impérial lance la rumeur: Napoléon III et l’Impératrice Eugénie vont installer leur résidence d’été à Biarritz. Le 3 Août 1854 la rumeur se confirme: Napoléon III a bien donné pouvoir au maire de Biarritz afin d’acquérir, en son nom, les terrains nécessaires à la construction du futur domaine impérial… 10 hectares sur lesquels va s’ériger la villa Eugénie.

Construite entre 1854-1855 en brique et pierre, la villa Eugénie brille d’une esthétique pleine de noblesse et de panache. Dans le style Louis XIII donc, le couple Impérial a confié l’oeuvre à une série d’architectes. Le premier Hippolyte Durand, architecte du département des Basses-Pyrénées, en dresse les plans —  Louis-Auguste Couvrechef reprendra le travail.

Résidence impériale de 1856 à 1868, année de la dissolution du Second Empire, la villa Eugénie n’a cessé de s’étoffer. Une nouvelle aile fut ainsi construite en 1859, par l‘architecte Gabriel-Auguste Ancelet. En 1867, il est remplacé par Auguste Lafollye — cette fois, l’architecte va ajouter une bergerie, une vacherie, avant d’hausser le bâtiment d’un étage. L’ensemble trace dans le paysage un E de par sa forme. Un E comme Eugénie.

Mais voilà, la fin de l’Empire sonne le glas de cette villa hors paire, véritable bijou de l’architecture Belle Epoque. L’Impératrice en devient propriétaire à la mort de Napoléon III, en 1873.

Sept ans plus tard, elle la vend à la Banque de l’Union parisienne. Pour la première fois, la villa Eugénie perd son nom et sa fonction — désormais appelée le Palais Biarritz, elle est un hôtel-casino en 1881… un hôtel tout court en 1893. C’est l’Hôtel du Palais.

Quelques dix ans plus tard, un incendie ravage pourtant l’ouvrage. Un hôtel plus luxueux encore est alors rebâti et augmenté sur les murs de l’ancienne villa. Dès lors le destin de l’Hôtel du Palais peut s’écrire en lettres d’or.

La Villa Eugénie Devient L’Hôtel Du Palais

L’Hôtel du Palais capture beaucoup de l’architecture Art nouveau et Art déco. Sorte d’oeuvre vivante d’une esthétique devenue iconique, l’Hôtel du Palais surplombe l’océan avec un aplomb tout sauf ampoulé.

Ainsi édifié à partir de la villa Eugénie, l’Hôtel du Palais peut se targuer d’avoir conservé tout ce qui a fait la grandeur du Second Empire — le luxe, le savoir-vivre et un goût particulier pour le sublime. Tout se lit sur cette magnifique façade.

Comment le vit-on à l’intérieur? Situé à flanc de falaise, sa vue littéralement époustouflante sur l’océan se savoure à travers certaines des grandes fenêtres des 154 chambres. Des fenêtres hautes et agréables qui ouvrent sur l’ardeur vivifiante de l’océan Atlantique.

50 suites et 100 chambres ainsi décorées dans la plus pure tradition du style Second Empire… L’Hôtel du Palais veille sur son héritage.

Dans le hall à colonnes, des lustres impérieux… Dans les suites, du marbre de Carrare, du bois de teck de Birmanie. Des mosaïques en pâte de verre Italienne… Tout y distille une vision noble, discrète et précieuse du luxe.

Classé 5 étoiles en 2011, distingué de la « Distinction Palace » renouvelée en 2016… L’Hôtel du Palais figure sans aucune doute l’un des derniers palaces à l’authenticité avérée.

D’ailleurs, ses illustres hôtes s’y rendaient, et s’y rendent encore pour vivre ce glamour tranquille qui sied tant à Biarritz. Une atmosphère intemporelle qui a ravi Garry Cooper, Romy Schneider, Edmond Rostand, Hemingway, le Roi Farouk ou la Duchesse de Windsor… La reine Victoria ou encore Elizabeth d’Autriche, aka Sissi. Venue à Biarritz en 1896 et 1897, une suite porte son nom, en sa mémoire.

L’Hôtel Du Palais, Symbole De La Villégiature de Biarritz

Si l’hôtel est actuellement fermé pour rénovation jusqu’au Printemps 2021, c’est pour mieux raviver ce qui en a fait un symbole de la villégiature de Biarritz. Didier Beautemps et Valéria Sanchez d’ATELIER COS sont derrière la rénovation de l’icône.

Icône Du Raffinement A La Française

C’est bien cela qui attire tant de gens de goût à l’Hôtel du Palais — le raffinement à la Française. Du sol au plafond, des colonnes aux services de table: tout n’est que charme, magnificence, grandeur et mesure.

Fidèle à la grande tradition de l’art de vivre à la Française, l’Hôtel du Palais distille ainsi en cuisine et dans ses soins tout le luxe qui fait sa singularité.

En gastronomie, c’est sous la houlette du Chef Jean-Marie Gautier que l’on pense les délices des trois restaurants de l’Hôtel du Palais. Le premier, la Villa Eugénie, une étoile au Michelin, puise son inspiration « Entre terre & océan. » Proche des pêcheurs amarrés sur les bords de l’Adour, le Chef s’y approvisionne en saumon ou alose. L’asperge, le piment d’Espelette, le porc basque, le petit pois, le foie gras, les girolles, les cèpes, la truffe…

Le second restaurant, l’Hippocampe offre une vue hypnotisante sur la grande plage — servant des mets composés à partir de fruits de mer, salades et desserts… Au bord de la piscine non moins sublime.

Enfin, c’est le restaurant La Rotonde qui requiert une attention particulière. Avec sa vue magique sur l’océan, son ambiance Belle Epoque et les mets raffinés imaginés autour de la gastronomie basque… Il est sans aucun doute l’un des plus beaux restaurants au monde. D’ailleurs, pour Alain Ducasse qui y a célébré son mariage, c’est incontestablement « la plus belle salle à manger au monde. »

Tout dans l’Hôtel du Palais n’est que beauté. D’ailleurs, en parlant de beauté, au Spa Impérial, les soins prodigués par Guerlain et l’institut du cheveu Leonor Greyl y veillent.

De quoi entendre, lors de ces moments d’intense bien-être, les murs chuchoter les histoires secrètes des icônes qui y ont séjournées. En juillet 1918, Pablo Picasso y passa sa lune de miel avec Olga Kholklova, sa première épouse, danseuse des Ballets russes. Gabrielle Chanel, qui avait ouvert sa maison de couture à Biarritz en 1915, fréquentait alors le Palais devenue épicentre de la vie mondaine et artistique.

Charlie Chaplin y occupa un appartement, Ernest Hemingway aussi. De quoi l’attester: la vie à l’Hôtel du Palais ressemble à s’y méprendre à une fête, façon Belle Epoque ou Années Folles ! L’esprit villégiature en plus.

Coco A Biarritz, Le Berceau De La Révolution Chanel

Lovée dans le Golfe de Gascogne, Biarritz a été le berceau de la révolution Chanel. Une révolution en jersey et silhouette épurée; une révolution de mode qui toucha aux normes même de la société.

Coco Chanel A Biarritz

Si la notoriété de Biarritz comme idéal de villégiature s’est faite tout au long du XIXème siècle, c’est à l’Impératrice Eugénie qu’on le doit. C’est par elle que Louis Napoléon Bonaparte découvre Biarritz, pour mieux tomber sous son charme… Il entreprend une série de grands travaux et, avec l’esthétique qu’on lui connaît, donne à Biarritz tout son cachet de villégiature élégance et raffinée. En communion avec l’océan et la nature qui l’entourent.

La Découverte De Biarritz Avec Boy Capel

Lorsque Coco Chanel découvre Biarritz aux côtés de Boy Capel, la destination est déjà prisée des têtes couronnées venant de toute l’Europe.

Mise à la mode par l’Impératrice Eugénie, Biarritz est une destination phare de la Belle Epoque. Mais voilà, la Première Guerre Mondiale, en éclatant, fait aussi de Biarritz une destination sûre… Loin des conflits, limitrophe avec l’Espagne, un pays neutre… Biarritz devient le centre de la vie mondaine et artistique internationale.

Alors que Boy Capel jouit d’une permission, en 1915, le grand amour de Coco décide de faire découvrir Biarritz à Chanel.

A ses côtés, Coco assiste aux soirées à la mode — et c’est au coeur de la vie mondaine et artistique de Biarritz qu’elle tourbillonne au rythme de celle-ci… Ce coeur battant n’est autre que l’hôtel du Palais.  L’ancienne Villa Eugénie, demeure à la magnificence toute impériale, construite par Napoléon III pour son épouse…

Cette ancienne Villa Eugénie donc était déjà devenue l’iconique hôtel du Palais. Coco, elle, y découvre alors un mode de vie sinon contradictoire mais à perfectionner. Les bains de mer, la nature, la communion avec les éléments… Biarritz fusionne avec l’océan, sa fougue et son ardeur. Le tempérament de Biarritz sied à Chanel. Tout donne à penser à la femme assoiffée de liberté qu’elle est !

Elle qui, déjà à Deauville avait perçu l’indispensable nécessité de révolutionner les habits féminins, s’en tenait jusque là aux chapeaux. Déplumés, épurés, faciles et élégants… Les chapeaux Chanel n’étaient en réalité que la première étape de la révolution à venir.

Un jour qu’elle empruntait la descente vers la plage et le casino, elle repère une demeure. La villa Larralde. C’est la révélation — elle emprunte de l’argent à Boy Capel. Celui-ci finance ainsi la troisième boutique Chanel qui s’inaugure alors. Mais celle-ci est différente. Chanel ne se contente pas d’une boutique: elle fonde sa maison de couture.

« Nous apprenons avec plaisir que la maison Gabriel le Chanel de Pars a ouvert ses salons de vente, villa de Larralde, 6 descente de la plage à Biarritz » peut-on lire dans l’édition de la Gazette de Biarritz, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le 2 septembre 1915.

De 1915 à 1939, au 2 Avenue Edouard VII, la boutique Chanel de Biarritz sera l’épicentre de la révolution Chanel ! Il lui suffit d’un an pour rembourser la somme empruntée à Boy. Car Coco a visé juste — sa mode, son attitude, sa vision de la femme attire à elle les élégantes de la bonne société, bien décidées à en finir avec les carcans.

L’Attitude Chanel S’Affirme à Biarritz

Après la Place Vendôme à Paris, et Deauville, voici donc l’attitude Chanel qui s’installe à Biarritz. Et quelle attitude !

Coco va se lancer avec panache dans la redéfinition de la grammaire vestimentaire des femmes de son époque. Biarritz agit comme un catalyseur de la soif d’affranchissement de Coco Chanel. Elle a 32 ans, et elle s’apprête bien à imposer de nouvelles normes.

Car à cette époque où la vogue des bains de mers est déjà presque établie, hommes et femmes sont loin de goûter aux mêmes joies. Aux hommes qui s’enfoncent dans les vagues et apprécient les bienfaits des bains, répondent des femmes restant sur la plage. Engoncées dans leurs froufrous, leurs corsets, et des robes étouffantes de tissus.

Face à elles, Coco détonne. Elle aime nager, et faire dorer sa peau au soleil. Elle dénude ses bras, ses jambes… Son corps en mouvement, libre de se découvrir… L’attitude Chanel se reflète très tôt dans ses vêtements. Des vêtements faciles et pratiques, sportifs et confortables.

La ligne est svelte, la peau est bronzée, l’air marin la vivifie. Portée par ce mode de vie balnéaire, Coco va imaginer un vestiaire à la hauteur de la nature qui l’environne. Son but est simple: elle veut libérer les mouvement de la femme, qu’elle veut active et sportive.

La Révolution Chanel Se Concrétise A Biarritz

« J’ai rendu au corps des femmes sa liberté; ce corps suait dans des habits de parade, sous les dentelles, les corsets, les dessous, le rembourrage. »

Chanel a donné de l’élégance aux plages de Biarritz avec ses costumes de bains. Des maillots de bain que Picasso fige dans sa toile Les Baigneuses, peinte à l’été 1918… A Biarritz !

Oui, Picasso le pacifiste avait aussi rejoint la côte Basque pour y trouver refuge, le temps d’un voyage de noces avec sa femme Olga Kokhlova.

Ainsi c’est cette proximité avec l’Espagne qui va donner à Chanel l’assise de sa révolution. Car si la France est en guerre, et souffre d’une pénurie de tissus, à Biarritz tout est possible. L’Espagne à côté lui permet de se fournir en tissu. Et notamment en maille jersey.

Avec le jersey, elle va ancrer sa révolution dans les tenues de bains. Puis c’est pour des ensembles veste et jupe qu’elle se sert de cette matière jusque là réservée aux dessous masculins.

Elle taille ainsi son premier succès dans une robe plus courte et légère — la robe chemise sans taille.

Elle pense un vestiaire pour une plus grande liberté de mouvement— elle imagine des pantalons larges à taille haute qui font office de sortie de bain. Elle taille encore son iconique veste trois quart en jersey, l’ancêtre de la petite veste Chanel. Chanel vient ainsi de mettre au jour une nouvelle harmonie vestimentaire — Gabrielle Chanel inventa une toute nouvelle silhouette.

Cette révolution Chanel est aussi une question de couleurs. En réponse aux robes bariolées affichées par les élégantes, Chanel réplique avec du vieux rose, du vert tamaris. Une palette qui fait écho aux nuances typiques des bords de l’océan. Comme à Biarritz.

Mais ce n’est pas tout ce que la révolution Chanel doit à Biarritz. Etant devenue le refuge de l’aristocratie Russe fuyant la révolution Bolchévique, Biarritz va permettre à Chanel d’entrer en contact avec… La famille de la grande duchesse Maria Pavlovna.

Chanel fait alors la connaissance du frère de celle-ci, le Prince Dimitri. Elle tombe amoureuse de lui.

Elle confie à Maria Pavlovna la création de l’atelier de broderie de la maison de couture. Oui car, la duchesse était experte en broderie russe… Chanel ne pouvait qu’être inspirée par leur pelisse et blouse brodée.

Quant à Dimitri… Il l’introduit à un certain Ernest Beaux. Nous sommes en 1920 et Chanel vient de rencontrer le nez par qui va être composer le plus célèbre parfum au monde. Le N°5.

Elle lui commande alors: « Un parfum artificiel, je dis bien artificiel comme une robe, c’est-à-dire fabriqué. Je suis un artisan de la couture. Je ne veux pas de rose, de muguet, je veux un parfum qui soit un composé. »

« Mlle Chanel, qui avait une maison de couture très en vogue, me demanda pour celle-ci quelques parfums. Je suis venu lui présenter mes créations, deux séries : 1 à 5 et 20 à 24. Elle en choisit quelques-unes, dont celle qui portait le no 5 et à la question « Quel nom faut-il lui donner ? », Mlle Chanel m’a répondu : « Je présente ma collection de robes le 5 du mois de mai, le cinquième de l’année, nous lui laisserons donc le numéro qu’il porte et ce numéro 5 lui portera bonheur ». Je dois reconnaître qu’elle ne s’était pas trompée… »

On le voit, Chanel a trouvé à Biarritz une atmosphère emplie de raffinement et de panache. Une ambiance qui, si l’on en croit l’histoire même de sa maison, a été un terreau inouï pour sa révolution.

Biarritz, Ville d’Avant-Garde

Il règne à Biarritz une atmosphère de délectation, de chic et de beauté paysagère — une atmosphère héritée de Belle Epoque !

Biarritz, La Belle Epoque

Si l’impératrice Eugénie découvrait Biarritz avant même de monter sur le trône de France, on lui doit d’avoir initié une vogue pour la ville qui jamais ne s’est démentie depuis.

« Biarritz la Reine des Plages et la Plage des Rois »

La vogue des bains de mer en provenance d’Angleterre a atteint les côtes Normandes au milieu du XIXème siècle. Mais à Biarritz, on se baigne en mer dès 1784. Et si Napoléon Ier s’y baigna en 1808, ceci semble figurer les liens étroits qui lieront Napoléon III et l’Impératrice Eugénie au destin de Biarritz.

Car voilà bien l’étincelle qui a fait de Biarritz un lieu si couru — l’Impératrice Eugénie. Celle par qui déjà la Haute Couture de Charles Frederick Worth a pu se mettre en place; celle qui, par son goût pour la nature a inspiré à Chaumet plus d’unes icônes… Cette même Eugénie a attiré vers Biarritz un intérêt bien particulier.

Eugénie de Guzmán n’est alors que la jeune comtesse de Teba lorsqu’elle fréquente Biarritz dans les années 1830, aux côtés de sa mère. La jeune femme aime alors le grand large et, fidèle à son adoration de la nature, Eugénie a trouvé à Biarritz quelque chose de différent.

En 1847, Prospère Mérimé écrivit ainsi à propos de la jeune femme et son adoration des bains de mer à Biarritz : « une Néréide des plus blanches dans la personne d’Eugénie qui embellit en ce moment le port de sa présence. »

Devenue Impératrice des Français en 1853, c’est elle qui attire Napoléon III à Biarritz. Charmé à son tour par cette ville bénie par une nature et un climat hors norme, Napoléon III et l’Impératrice Eugénie y fondent leur villégiature. En 1854 donc, Napoléon III fait bâtir pour son épouse une villa plantée sur un promontoire à une trentaine de mètres en retrait de la mer.

Cette villa ressemble à s’y méprendre à un palais. D’ailleurs, elle en portera le nom, dès 1893. Taillée dans le très chic style Louis XIII, en brique et pierre, cette bâtisse se nomme d’abord Villa Eugénie avant de prendre le nom d’’Hôtel du Palais’. Le lieu est connu de toute personne ayant séjourné à Biarritz. Pour les autres, il se raconte ici.

Cette Villa Eugénie devient donc la villégiature du couple impérial — tous les étés, les Napoléons séjournent à Biarritz. Il n’en faut pas plus pour attirer les têtes couronnées, venues de toute l’Europe. Et Biarritz de gagner son adage : « Biarritz la reine des plages et la plage des rois. »

L’Impératrice Eugénie, elle, concourt à poser les standards de la vie à Biarritz. Elle dispose d’une tente à rayures roses et blanches; organise des courses de nage… Mais surtout, l’Impératrice impose une vie de cour sans véritable étiquette. Réduite au minimum, sa suite vit à un rythme… Balnéaire.

Dans le même temps, en 1858, Napoléon a fait construire les Bains Napoléon — répondant à la nouvelle vogue pour les bains de mer qui, cette fois, touche une plus grande partie de la bonne société. Bains d’eau de mer ou d’eau douce, chaude ou froide… Détruits en 1898, ils n’en restent pas moins l’un des premiers soin thermal du genre.

En 1864 encore, Napoléon III envisage de creuser un port de refuge pour les pêcheurs dans le rocher de la vierge; alors nommé rocher du Cucurlong. Il le creuse et le relie à la ville par une passerelle typique d’un style bien connu du Second Empire, puisqu’elle est attribuée à l’architecte Gustave Eiffel.

Biarritz brille depuis d’une réputation mondaine — une destination iconique où souverains, aristocrates et riches industriels sont tous tombés sous le charme de cette ville d’avant-garde.

Biarritz, Une Beauté Qui Inspire

Il faut dire que la beauté de Biarritz inspire. Il y a d’abord ses plages, au nombre de 6, qui balaient de leur sable insolent sa côte Basque. Il y a ensuite l’air de Biarritz — un parfum boisé pur et énergique !

Spectaculaire, la nature à Biarritz l’est assurément. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que les fameux  « trains de plaisir » qui permettaient à la haute société Parisienne de gagner les lieux de villégiature y fit une halte — dès 1864.

A cela, c’est sans doute Victor Hugo qui résume le mieux la situation. En 1843, il découvre Biarritz, et tombe littéralement sous son charme. Mais, à défaut d’y voir un lieu propre à devenir iconique, il craint plutôt de le voir devenir populaire… Il écrit ainsi: « Je ne sache pas d’endroit plus charmant et plus magnifique que Biarritz. […] hameau de pêcheurs, pleins de mœurs antiques et naïves, assis au bord de l’océan ne devienne à la mode. Village à toits roux et à contrevents verts posé sur des croupes de gazon et de bruyère dont il suit les ondulations, ne soit pris du mauvais appétit de l’argent… »

Ses doutes sont fondés, mais il faut croire que Biarritz, comme l’île d’Yeu ou Noirmoutier, a su conserver tout de sa nature farouche et sublime !

Biarritz, La Mode Et Le Surf

Biarritz est à part comme destination iconique. Elle lie en effet à son destin impérial un goût pour la mode d’avant-garde, et la pratique sportive.

Biarritz Et La Mode

S’il nous fallait lier Biarritz et la mode, on remonterait évidemment à l’époque Napoléonienne. Car l’Impératrice Eugénie n’était pas seulement une amoureuse du grand air, et une nageuse hors pair. Elle est aussi celle par qui la Haute Couture s’est libérée de nombreux carcans. A commencer par celui qui voulait que les couturiers ne soient là que pour exécuter les commandes royales.

Eugénie donc a permis l’essor de figure comme Charles Frederick Worth, le père du système couture tel qu’on le pratique encore aujourd’hui. On retrouve tout naturellement nombre de grands noms de la couture et de la mode associés à la ville de Biarritz.

Etant la destination privilégiée des têtes couronnées et de l’aristocratie depuis si longtemps… Il est de bon d’y avoir sa boutique-atelier. Au coeur de la cité impériale donc, on retrouvait les ateliers de Worth, mais aussi Paquin et Poiret, Lanvin et Hermès.

Plus tard, c’est Coco Chanel qui ravivera l’attrait de Biarritz avec sa mode taillée pour les activités en plein air, dès 1915. La relation très particulière qui existe entre Chanel et Biarritz, se raconte plus amplement ici.

Si l’on retrouve autant de grands noms du luxe liés à Biarritz, c’est que la ville a toujours été un refuge. Ce fut vrai lors de la Première Guerre Mondiale. La vie mondaine internationale a trouvé à Biarritz le lieu enchanteur et hors du temps qu’il lui faut pour s’électriser en paix.

Et les couturiers furent à même de répondre aux exigences vestimentaires de ce nouveau mode de vie. A Biarritz, on vit de sport et de chic, de simple glamour. Un art de vivre gourmet et festif où le casino fait tourner les têtes en même temps que la roulette, dès 1929.

Ainsi les grands noms de l’art et de la mode entrent en écho avec les lieux iconiques de Biarritz. L‘hôtel Régina fut le lieu de villégiature de Jeanne Lanvin. Pablo Picasso aimait descendre à l’hôtel Miramar…

Après eux, les grands noms de ce monde jamais ne se sont détournés de Biarritz. Les grands noms de la mode non plus. Le Pays-Basque a su inspirer nombre de designer-couturiers. L’un d’eux a même réimaginé l’emblème de la région, le béret basque !

Dior, 2008

Lors même que John Galliano était à la tête de la création Dior, l’artiste a souvent cherché à mêler la grammaire couture de Monsieur aux emblèmes un brin plus folkloriques. Parmi eux, le béret basque. Apparu sur de nombreux défilés signés Galliano, il est aussi une icône réinterprétée à chaque saison par l’actuelle directrice artistique de la maison Dior, Maria Grazia Chuiri.

D’ailleurs, le Pays-Basque, Espagnol cette fois, a chéri l’imaginaire d’un autre grand couturier — celui de Cristóbal Balenciaga. On raconte que ce sont les côtes limées et affutées de la région qui lui ont inspiré cette couture tirée au cordeau !

Le monde a peut-être changé, mais Biarritz, elle, a su rester ouverte aux nouveautés. Sportives, notamment.

Le Surf A Biarritz

Comment Biarritz a-t-elle liée son destin au surf? C’est une double histoire. Celle qui lit un scénariste Américain, Ernest Hemingway à ceux que l’on surnomme désormais les ‘tontons du surf’.

1956. Le scénariste Peter Viertel accompagne son épouse Deborah Kerr sur le tournage du film Le Soleil se Lève Aussi. Le tournage a lieu à Biarritz et, Peter Viertel découvrant avec surprise le flux et la force des vagues de la plage de Biarritz, se fait livrer, par avion des Etats-Unis, quelques planches de surf.

Ce film est en fait tiré d’un livre. Celui d’Ernest Hemingway. Et l’écrivain a fait le déplacement. Scène ubuesque pour notre époque: Peter Viertel et Ernest Hemingway s’essayant au surf sur la plage de Biarritz.

Ce faisant, il initie quatre jeunes à ce sport encore peu connu en France. Quatre hommes qui installeront définitivement le lien entre le surf et Biarritz —  Michel Barland, Jo Moraiz, Jacky Rott et Joël de Rosnay.

Le surf-club de Biarritz, le Waïkiki est ainsi créé dans la foulée, en septembre 1959, par Jo Moraïtz. Le 24 juillet 1960, on organise la première compétition internationale de surf — en septembre 1960, c’est la première édition des championnats de France… Dont Joël de Rosnay remportera le titre !

 La vogue du surf en France est lancée, et c’est Biarritz qui lui sert de rampe de lancement.

Dès lors, les tontons surfers vont faire de Biarritz l’une des villes iconiques du sport — attirant à eux des néophytes pas si anonymes. Comme Catherine Deneuve qui, en septembre 1962, s’initiait au surf avec Joël de Rosnay.

Aujourd’hui, c’est au Surf Camp, l’école de surf de Biarritz, que l’on s’initie à la pratique d’un sport né aux confins du monde, il y a de cela des millénaires.

Et on le voit, si Biarritz est une ville à part dans l’histoire des stations balnéaires, c’est qu’elle sait comme nulle autre épouser les nouveautés… Surtout lorsqu’il s’agit de mode avant l’heure. Dans tous les sens que l’on donne à ce mot !

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Inside Chanel Episode 23 : Coco à Biarritz

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Si à Deauville Gabrielle déjà révolutionnait les costumes de bains des élégantes, c’est à Biarritz que Chanel ancre définitivement sa maison de couture. En 1915, lors même que la Première Guerre mondiale éclate, s’apprêtant à renverser l’équilibre de tout un monde, Coco, elle, est sur le point d’imposer le nouvel ordre du chic. Sur la côté Basque, Biarritz alors attire l’aristocratie, la haute bourgeoisie et les artistes Européens en quête de sérénité – l’impératrice Eugénie y a ses habitudes ; Chanel bientôt y installera sa première maison de couture.

La première décennie 1900 met ainsi les femmes sur le devant de la scène ; palliant à l’absence des hommes partis en guerre, lors même qu’en Angleterre, les suffragettes font entendre leur voix – c’est dans ce contexte que Gabrielle Chanel initie une mode moins contraignante. Une attitude à son image. Elle les veut voir danser, et nager, sans entraves ; oser et aimer sans crainte des regards. A Biarritz donc, Boy Capel lui offrit son soutient financier, indispensable à l’acquisition d’un manoir du XIXe siècle, la villa de Larralde. Là, sur le trajet stratégique de la plage et du casino, Chanel inaugure sa première maison de couture – et c’est ici une autre bataille qui se joue.

En moins d’un an, les élégantes perçoivent le talent de Coco ; sa réputation est faite lorsque le magazine Harper’s Bazaar titre « la charmante robe chemise de Chanel. » A la fin de la guerre, en 1918, tout ce que l’Europe compte de tête couronnées, d’élégantes et d’esthètes s’habillent chez Chanel. Coco peut savourer sa victoire – elle est une femme célèbre, une couturière reconnue, une femme d’affaire, et une femme indépendante. Elle venait de rembourser les avances consenties par son amour Boy Capel. Le 22 Juin prochain, la maison Chanel diffusera ainsi l’épisode 23 d’Inside Chanel ; le récit de l’épisode Deauvillais de Mademoiselle, au fil d’images d’archives colorisées.