L’Hôtel Barrière Le Normandy, L’Art De Vivre Deauville

L’Hôtel Barrière Le Normandy capture à lui seul l’histoire et l’âme de Deauville — un havre de paix et de sophistication qui veille sur l’art de vivre Deauvillais. 

L’Hôtel Barrière Le Normandy, Le Sublime En Héritage  

L’Histoire De l’Hôtel Barrière Le Normandy 

Les premiers galons de la côte normande sont déjà posés quand les élégantes parisiennes en font un podium lors de leurs échappées. Elles amènent alors à Deauville les objectifs des photographes de gazettes. La ville émerveille et, lorsque l’on pense à l’hôtel Normandy, on réalise l’exploit de François André. Le fondateur du groupe Lucien Barrière et aussi celui qui impulsa la création de l’hôtel Normandy, en 1912.  

La richesse architecturale traditionnelle de la région normande – style manoir anglo-normand – conjuguée à la grandeur de la Belle-Époque, à travers un assortiment de colombages vert pastel et de damiers de pierres… L’idéal romantique, onirique et fantasmé de Deauville lui doit beaucoup ! 

Confié à l’architecte Théo Petit, c’est encore lui qui capture le mieux l’esprit de ce lieu tout simplement fascinant. « Le Normandy ? C’est une ambiance de cottage anglo-normand avec des pignons normands et des draps en lin, des pommiers et des vaches normandes en son jardin. »

Inauguré le 1er Juillet 1912, le Normandy ne tarde à lever moult éloges — les chroniqueurs de l’époque titrent le « plus bel hôtel du monde ». La légende est faite ! 

En 1913, celle-ci devient un mythe lorsque la jeune Gabrielle Chanel décide d’en faire l’écrin de sa première boutique Deauvillaise. Sous la houlette de Boy Capel, entre le casino et l’Hôtel Normandy ; un store à rayure annonce – Gabrielle Chanel – sans doute une chapelière modiste. Alors même que la première guerre mondiale éclate, les créations innovantes, souples et élégantes – déclinées en polos, courtes jupes plissées et pyjamas de plage – attirent à elle une clientèle, chaque été, toujours plus nombreuse. 

La boutique ne désemplit pas, quand le sable mouillé des plages amène à l’esprit de la modiste la couleur dite « Beige Chanel ». Ce beige qui rappelle les planches – la voie sur mer construite en azobé dans les années vingt – où il est bon être vu. Ces planches qui rappellent le cinéma… Dès lors l’histoire du Normandy va être liée à celle de Chanel, et surtout au cinéma

En 1960, le bar de l’hôtel accueille Jean Gabin dans la peau du Baron de l’écluse. En 1957, dans ‘Assassins et Voleurs’ de Sacha Guitry, le Normandy exhale déjà son charme de manoir de style anglo-normand. Un havre de paix qui sert par deux fois de décor au film de Claude Lelouch, ‘Un Homme et Une Femme’, puis la suite ‘Les Plus Belles Années d’une Vie’, en 2019.

Plus tard, c’est Jack Nicholson que l’on croise au Normandy. Pourquoi? Car malgré sa grande rénovation achevée en 2016, l’Hôtel Barrière Le Normandy n’a fait que moderniser son allure de palace digne des contes !

L’Hôtel Barrière Le Normandy Aujourd’hui  

Que trouve-t-on alors au coeur d’une telle icône de l’hôtellerie? L’âme de Deauville, à savoir un mélange de glamour à l’ancienne et de stars hollywoodiennes.

C’est d’abord un charme rénové, magnifié et rajeuni par les talents que sont Nathalie Ryan pour l’atmosphère de l’hébergement, et Alexandre Danan pour le restaurant.

Baptisé La Belle Epoque, le restaurant porte bien son nom. Une vaste salle distille une lumière solaire, qui entre par les immenses baies offrant une vue sur la quiétude de la cour normande du Normandy. Au plafond, de majestueux lustres en cristal et des moulures font un écho à la modernité des meubles taillés en bois clair. 

Ici, on déguste une cuisine de terroir — sous la houlette du Chef Christophe Bezannier, celle-ci se pense dans une approche imaginative qui met à l’honneur des produits simples, pour mieux les élever vers les cimes des saveurs merveilleuses ! Le tout dans un esprit de partage et de générosité. 

Car si le restaurant Belle Epoque mérite sa réputation de ‘meilleure table de Deauville’, c’est qu’on y déguste des mets affolants de poésie, dans une ambiance de faste d’antan. Mais au Barrière Normandy, tout n’est que mesure et élégance. 

Récemment réinventé par le designer Alexandre Danan, le restaurant La Belle Époque incarne parfaitement cette vision d’un luxe plus discret, et finalement magnifié.

Et l’autre grand Chef des délices, desquels les sens rêvent de s’enivrer, n’est autre que Marc Jean. Le Chef mixologue aux commandes du bar de l’hôtel Normandy à Deauville a ainsi su mêler aux classiques du Calvados une approche innovante de la mixologie.

Ici les cocktails pavent la voie du sublime et, il n’est pas étonnant de retrouver Marc Jean à la tête du classement des Barmans les plus influents. Son approche a conquis à l’international ! Il faut y goûter, à ses divins cocktails, pour en comprendre l’intense perfection.  

L’Hôtel Barrière Normandy, L’Atmosphère Réinventée 

L’autre grande transformation opérée ces dernières années fut celle créée par Nathalie Ryan. La talentueuse décoratrice d’intérieur a ainsi redoré le prestige des icônes du lieu. A commencer par la toile de Jouy. Celle là même qui figurait déjà dans le film de Claude Lellouch… 

Ironie du sort, ce chantier a conduit à une découverte étonnante. Comme l’équipe le relate, on a retrouvé une mystérieuse fresque murale dissimulée sous la toile de Jouy du couloir du 3e étage, sur les murs entre lesquels Claude Lelouch dirigea Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant. «  Portrait d’homme dessiné à la sanguine, la peinture daterait de la construction de l’hôtel mais n’est pas signée. Quel artiste l’a réalisée ? A ce jour, le mystère reste entier. Mais le portrait fait aujourd’hui partie intégrante de la nouvelle décoration. »

Cette toile de Jouy donc a été modernisée pour se décliner dans des teintes harmonieuses. Des teintes qui, selon les chambres, distillent l’attrait pimenté d’un vert, du beige, de l’orange, du bleu et du rouge… Dans un chic devenu l’épitomé de ce qu’est le luxe en 2020. 

Et parce que l’hôtel Normandy n’est pas un 5 étoiles pour rien, Nathalie Ryan a aussi conçu un mobiler tout spécialement pour ce lieu enchanteur. Des tissages légers, unis ou structurés, ornent ainsi ce mobilier tantôt somptueux tantôt étonnant. Un mobilier qui allie dans un sens esthétique bien rare, des pierres blanches, des mosaïques argentées et des meubles vasques en acajou.

271 chambres et suites donc, certaines chambres ouvertes sur la magie infinie de la mer, d’autres sur la coquette ville de Deauville ou encore sur le charme de la cour intérieure du Normandy.

Le reste de la réputation impeccable de la maison Barrière Normandy tient à trois mots: le Spa Diane Barrière. 

Le Spa Diane Barrière…

Car il ne faut pas se méprendre — on se rend aussi au Barrière Normandy pour y tester le Spa hors norme qu’est le Spa Diane Barrière. En collaboration avec Aerial Wellbeing for the Future, celui-ci parvient à mêler expérience de régénération intense et plaisirs de soins sur-mesure ! 

Comme un point final donné à un luxe tenant pour un standard du groupe Barrière, le Spa Diane Barrière propose une approche complète et en écho avec les soucis contemporains… Apaisement du stress et rééquilibrage de l’harmonie intérieure sont ainsi les maîtres mots de l’approche beauté développée par Aerial Wellbeing for the Future. 

Et pour ne rien gâcher, le protocole beauté se pense comme un bien-être total. Le Tigre Yoga Club Deauville, un club de bien-être, centre de yoga et méditation, studio de Pilates, institut de soin… Massage chinois ancien énergisant sur mesure, massage des tissus profonds… 

C’est aussi dans un lieu au charme fou que l’on se détend — une retraite du monde qui fait vibrer jusqu’aux sens les moins évidents. Une retraite qui s’achève ou commence autour de l’une des piscines les plus étonnantes au monde — des colombages et un accord de teintes qui portent le chic en étendard de la beauté ! 

On le voit, L’hôtel Barrière Le Normandy distille bien tout l’art de vivre Deauville. 

L’Hôtel Regina Biarritz, Témoin De La Belle Epoque

L’hôtel, construit au début du siècle dernier, tient à rappeler toute la magnificence de la Belle Epoque dans son esthétique.

Le Regina Biarritz, Icône Hôtelière

L’histoire du Regina Biarritz s’écrit en 1900, à Paris. C’est à cette date qu’est inauguré sur la place des Pyramides un hôtel d’un genre nouveau, taillé pour la grandeur de l’exposition universelle. Ainsi, la même année où fut inaugurée la Tour Eiffel, le Regina, lui aussi, trônait d’une splendeur toute nouvelle.

En 1906, la société parisienne de l’Hôtel Régina veut ouvrir une succursale dans l’un des haut lieux de la vie mondaine et artistique de l’époque — Biarritz. Une destination glamour par excellence.

Le Petit Palace De Biarritz

Inauguré un an plus tard, soit en 1907, le Regina Biarritz est un travail d’orfèvre de l’architecture Belle Epoque. Confiée à l’architecte paysagiste Henri Martinet, la structure de la bâtisse se fonde sur un terrain tout juste acquis — dressé sur les hauteurs de Biarritz, face à la baie d’un sublime envoûtant, entre le Golf du phare et l’océan… Le Regina sort ainsi de terre sous la forme pentagonale que lui donna Henri Martinet.

Et quelle forme ! Flanqué de deux dômes, bâti autour d’une cour intérieure fermée d’une verrière style Eiffel, le Regina est d’une beauté rare.
Un style architectural Second Empire et Art déco —168 chambres ouvraient alors sur des galeries surplombant le patio, recouvert de sa splendide verrière Style Eiffel de 17 mètres de haut…

Tous ce qui nous est parvenu de plus iconique en matière d’esthétique et de luxe de la Belle Epoque vit aujourd’hui encore dans le Regina.

Car le Regina est bel et bien un chef d’oeuvre architectural — que l’on repère de loin. D’ailleurs, dès son inauguration en 1907, on vient du monde entier pour y poser bagages. Le temps d’un weekend ou d’une villégiature, les têtes couronnées d’Europe et les grandes familles internationales s’y redent pour goûter aux joies et aux bienfaits des bains de mer. Mais pas que.

Le golf de Biarritz, adjacent au Regina, attire aussi à lui les gentlemen du monde entier. Naturellement, ceux-ci posent leurs valises dans ce qui est alors concédé pour être l’un des fleurons de l’hôtellerie. Surnommé  ‘Le Petit Palace De Biarritz’, le Regina va ainsi devenir l’un des haut lieux de la vie mondaine et artistique des Années Folles !

Au coeur des années 20, on lit ainsi dans la presse; « Ici danse à tout-va le Biarritz des milliardaires américains et des grands d’Espagne. »

Le Regina Biarritz, Haut lieu De La Vie Mondaine

Si tout lieu devient iconique à force d’anecdotes trépidantes et un service impeccable, le Regina, lui, l’est devenu en un soir… Et ce soir là fut celui de la Saint-Sylvestre de 1908.

La haute société s’est en effet délectée à célébrer la nouvelle année dans ce nouvel écrin de splendeur — avec son panorama exceptionnel face à l’océan, son jardin d’hiver surmonté de cette fameuse verrière, son savoir-recevoir centré autour d’un savoir-vivre très Français… Tout fait sens ce premier soir de 1908. Et alors que près de 125 invités de haute volée participaient à la fête, c’est toute la majesté du Regina qui se dévoilait…

Dès lors, le Regina brillera d’une réputation d’hôtel où luxe, opulence, aristocratie, arts et sport entrent en totale osmose. Une osmose qui attira à lui les esthètes du monde entier, et les têtes couronnées en quête de simplicité.

Car si Coco Chanel, Picasso ou encore le roi Édouard VII y ont séjourné, c’est qu’ils y ont goûté un luxe opulent mais jamais ostentatoire. Peu étonnant alors de savoir que Jeanne Lanvin, couturière de renommée internationale pour sa mode chic et sportswear, y avait élu domicile.

L’élégance enveloppée de naturel et de décontraction — voici bien la formule de l’iconique Régina Biarritz Hôtel & Spa.

L’Hôtel Regina, Icône Luxe Sans Ostentation

Qu’en est-il aujourd’hui? Et bien lorsqu’en 2013 l’icône change de propriétaire pour battre le pavillon du groupe hôtelier Néris, le Regina connait une profonde rénovation. Histoire de renouer un peu plus avec son passé haute couture…

Oui, le Regina fut bel et bien un haut lieu mondain, permettant aux couturiers et couturières de la Belle Epoque et des Années Folles d’y rencontrer les clientes indispensables à leur créativité !

6 mois seulement furent nécessaires à la métamorphose. Le Regina dispose désormais de 65 chambres, où se déploie toute la splendeur d’une décoration Art Déco. Mais en version couture.

C’est ainsi que la grammaire iconique des plus grandes maisons Parisiennes se distille, ça et là, dans les renouveaux esthétiques du Regina.

De Chanel, on retrouve les légendaires camélias,  parsemés et déclinés au fil de la décoration. Et notamment sur le grand lustre, suspendu dans le hall d’entrée.

De Paul Poiret, habitué aussi de Biarritz, le Regina lui fait l’honneur d’un boudoir — baptisé boudoir de Paul Poiret.

Mais le souci de conserver l’authenticité du Regina Biarritz était aussi une affaire de réaménagements adéquats. Ainsi, l’iconique patio qui accueillit tant de bals et fêtes somptueuses est désormais un lieu où l’on peut se laisser enivrer des bienfaits de la mixologie.

Sous la verrière donc, le bar Lounge baptisé le Café N est placé sous la houlette de du créateur de cocktails, Thomas Callede. Un « enfant du pays » qui en sublime les spécialités !

Un nouveau restaurant, nommé IQORI,  a aussi émergé pour laisser la vue spectaculaire sur l’océan Atlantique accompagner les mets les plus fabuleux ! Et c’est au Chef Antoine Chuard qu’est revenu le prestige d’en orchestrer la cuisine.

Autour des saveurs locales, évidemment, celui qui remporta en 2016 le concours international Les chefs en Or, taille des recettes à la hauteur du sublime de l’endroit ! Au menu? Des icônes telles Le Homard bleu fumé au bois de pommier, criste marine, épinards asiatique, poutargue de homard et capucines; ou Le Pigeon, foie gras et colonnata en tourte, aubergine et pêches…

Nouvelle pierre angulaire du prestige du Regina Biarritz, sa piscine réaménagée et son Spa by Sothys. Au coeur de l’approche beauté et bien-être on retrouve ainsi l’élément clé qui a fait la réputation de Biarritz… celui qui a fait chavirer le coeur de l’Impératrice Eugénie pour la côte Basque: la Nature !

Imaginé comme une bulle de douceur intimiste et raffinée, le Spa by Sothys introduit des protocoles de soins inédits, et sur-mesure. Un mélange de plaisir des sens doublé d’une efficacité redoutable… Une expérience unique et raffinée qui pose les jalons d’une approche synergique de la beauté et du bien-être.

De quoi se laisser bercer par tant d’attentions précieuses — jusqu’à laisser l’imagination et les sens s’envoler vers les cimes du luxe sur lesquelles veillent le Regina Biarritz…

Biarritz, Ville d’Avant-Garde

Il règne à Biarritz une atmosphère de délectation, de chic et de beauté paysagère — une atmosphère héritée de Belle Epoque !

Biarritz, La Belle Epoque

Si l’impératrice Eugénie découvrait Biarritz avant même de monter sur le trône de France, on lui doit d’avoir initié une vogue pour la ville qui jamais ne s’est démentie depuis.

« Biarritz la Reine des Plages et la Plage des Rois »

La vogue des bains de mer en provenance d’Angleterre a atteint les côtes Normandes au milieu du XIXème siècle. Mais à Biarritz, on se baigne en mer dès 1784. Et si Napoléon Ier s’y baigna en 1808, ceci semble figurer les liens étroits qui lieront Napoléon III et l’Impératrice Eugénie au destin de Biarritz.

Car voilà bien l’étincelle qui a fait de Biarritz un lieu si couru — l’Impératrice Eugénie. Celle par qui déjà la Haute Couture de Charles Frederick Worth a pu se mettre en place; celle qui, par son goût pour la nature a inspiré à Chaumet plus d’unes icônes… Cette même Eugénie a attiré vers Biarritz un intérêt bien particulier.

Eugénie de Guzmán n’est alors que la jeune comtesse de Teba lorsqu’elle fréquente Biarritz dans les années 1830, aux côtés de sa mère. La jeune femme aime alors le grand large et, fidèle à son adoration de la nature, Eugénie a trouvé à Biarritz quelque chose de différent.

En 1847, Prospère Mérimé écrivit ainsi à propos de la jeune femme et son adoration des bains de mer à Biarritz : « une Néréide des plus blanches dans la personne d’Eugénie qui embellit en ce moment le port de sa présence. »

Devenue Impératrice des Français en 1853, c’est elle qui attire Napoléon III à Biarritz. Charmé à son tour par cette ville bénie par une nature et un climat hors norme, Napoléon III et l’Impératrice Eugénie y fondent leur villégiature. En 1854 donc, Napoléon III fait bâtir pour son épouse une villa plantée sur un promontoire à une trentaine de mètres en retrait de la mer.

Cette villa ressemble à s’y méprendre à un palais. D’ailleurs, elle en portera le nom, dès 1893. Taillée dans le très chic style Louis XIII, en brique et pierre, cette bâtisse se nomme d’abord Villa Eugénie avant de prendre le nom d’’Hôtel du Palais’. Le lieu est connu de toute personne ayant séjourné à Biarritz. Pour les autres, il se raconte ici.

Cette Villa Eugénie devient donc la villégiature du couple impérial — tous les étés, les Napoléons séjournent à Biarritz. Il n’en faut pas plus pour attirer les têtes couronnées, venues de toute l’Europe. Et Biarritz de gagner son adage : « Biarritz la reine des plages et la plage des rois. »

L’Impératrice Eugénie, elle, concourt à poser les standards de la vie à Biarritz. Elle dispose d’une tente à rayures roses et blanches; organise des courses de nage… Mais surtout, l’Impératrice impose une vie de cour sans véritable étiquette. Réduite au minimum, sa suite vit à un rythme… Balnéaire.

Dans le même temps, en 1858, Napoléon a fait construire les Bains Napoléon — répondant à la nouvelle vogue pour les bains de mer qui, cette fois, touche une plus grande partie de la bonne société. Bains d’eau de mer ou d’eau douce, chaude ou froide… Détruits en 1898, ils n’en restent pas moins l’un des premiers soin thermal du genre.

En 1864 encore, Napoléon III envisage de creuser un port de refuge pour les pêcheurs dans le rocher de la vierge; alors nommé rocher du Cucurlong. Il le creuse et le relie à la ville par une passerelle typique d’un style bien connu du Second Empire, puisqu’elle est attribuée à l’architecte Gustave Eiffel.

Biarritz brille depuis d’une réputation mondaine — une destination iconique où souverains, aristocrates et riches industriels sont tous tombés sous le charme de cette ville d’avant-garde.

Biarritz, Une Beauté Qui Inspire

Il faut dire que la beauté de Biarritz inspire. Il y a d’abord ses plages, au nombre de 6, qui balaient de leur sable insolent sa côte Basque. Il y a ensuite l’air de Biarritz — un parfum boisé pur et énergique !

Spectaculaire, la nature à Biarritz l’est assurément. C’est d’ailleurs sans doute pour cela que les fameux  « trains de plaisir » qui permettaient à la haute société Parisienne de gagner les lieux de villégiature y fit une halte — dès 1864.

A cela, c’est sans doute Victor Hugo qui résume le mieux la situation. En 1843, il découvre Biarritz, et tombe littéralement sous son charme. Mais, à défaut d’y voir un lieu propre à devenir iconique, il craint plutôt de le voir devenir populaire… Il écrit ainsi: « Je ne sache pas d’endroit plus charmant et plus magnifique que Biarritz. […] hameau de pêcheurs, pleins de mœurs antiques et naïves, assis au bord de l’océan ne devienne à la mode. Village à toits roux et à contrevents verts posé sur des croupes de gazon et de bruyère dont il suit les ondulations, ne soit pris du mauvais appétit de l’argent… »

Ses doutes sont fondés, mais il faut croire que Biarritz, comme l’île d’Yeu ou Noirmoutier, a su conserver tout de sa nature farouche et sublime !

Biarritz, La Mode Et Le Surf

Biarritz est à part comme destination iconique. Elle lie en effet à son destin impérial un goût pour la mode d’avant-garde, et la pratique sportive.

Biarritz Et La Mode

S’il nous fallait lier Biarritz et la mode, on remonterait évidemment à l’époque Napoléonienne. Car l’Impératrice Eugénie n’était pas seulement une amoureuse du grand air, et une nageuse hors pair. Elle est aussi celle par qui la Haute Couture s’est libérée de nombreux carcans. A commencer par celui qui voulait que les couturiers ne soient là que pour exécuter les commandes royales.

Eugénie donc a permis l’essor de figure comme Charles Frederick Worth, le père du système couture tel qu’on le pratique encore aujourd’hui. On retrouve tout naturellement nombre de grands noms de la couture et de la mode associés à la ville de Biarritz.

Etant la destination privilégiée des têtes couronnées et de l’aristocratie depuis si longtemps… Il est de bon d’y avoir sa boutique-atelier. Au coeur de la cité impériale donc, on retrouvait les ateliers de Worth, mais aussi Paquin et Poiret, Lanvin et Hermès.

Plus tard, c’est Coco Chanel qui ravivera l’attrait de Biarritz avec sa mode taillée pour les activités en plein air, dès 1915. La relation très particulière qui existe entre Chanel et Biarritz, se raconte plus amplement ici.

Si l’on retrouve autant de grands noms du luxe liés à Biarritz, c’est que la ville a toujours été un refuge. Ce fut vrai lors de la Première Guerre Mondiale. La vie mondaine internationale a trouvé à Biarritz le lieu enchanteur et hors du temps qu’il lui faut pour s’électriser en paix.

Et les couturiers furent à même de répondre aux exigences vestimentaires de ce nouveau mode de vie. A Biarritz, on vit de sport et de chic, de simple glamour. Un art de vivre gourmet et festif où le casino fait tourner les têtes en même temps que la roulette, dès 1929.

Ainsi les grands noms de l’art et de la mode entrent en écho avec les lieux iconiques de Biarritz. L‘hôtel Régina fut le lieu de villégiature de Jeanne Lanvin. Pablo Picasso aimait descendre à l’hôtel Miramar…

Après eux, les grands noms de ce monde jamais ne se sont détournés de Biarritz. Les grands noms de la mode non plus. Le Pays-Basque a su inspirer nombre de designer-couturiers. L’un d’eux a même réimaginé l’emblème de la région, le béret basque !

Dior, 2008

Lors même que John Galliano était à la tête de la création Dior, l’artiste a souvent cherché à mêler la grammaire couture de Monsieur aux emblèmes un brin plus folkloriques. Parmi eux, le béret basque. Apparu sur de nombreux défilés signés Galliano, il est aussi une icône réinterprétée à chaque saison par l’actuelle directrice artistique de la maison Dior, Maria Grazia Chuiri.

D’ailleurs, le Pays-Basque, Espagnol cette fois, a chéri l’imaginaire d’un autre grand couturier — celui de Cristóbal Balenciaga. On raconte que ce sont les côtes limées et affutées de la région qui lui ont inspiré cette couture tirée au cordeau !

Le monde a peut-être changé, mais Biarritz, elle, a su rester ouverte aux nouveautés. Sportives, notamment.

Le Surf A Biarritz

Comment Biarritz a-t-elle liée son destin au surf? C’est une double histoire. Celle qui lit un scénariste Américain, Ernest Hemingway à ceux que l’on surnomme désormais les ‘tontons du surf’.

1956. Le scénariste Peter Viertel accompagne son épouse Deborah Kerr sur le tournage du film Le Soleil se Lève Aussi. Le tournage a lieu à Biarritz et, Peter Viertel découvrant avec surprise le flux et la force des vagues de la plage de Biarritz, se fait livrer, par avion des Etats-Unis, quelques planches de surf.

Ce film est en fait tiré d’un livre. Celui d’Ernest Hemingway. Et l’écrivain a fait le déplacement. Scène ubuesque pour notre époque: Peter Viertel et Ernest Hemingway s’essayant au surf sur la plage de Biarritz.

Ce faisant, il initie quatre jeunes à ce sport encore peu connu en France. Quatre hommes qui installeront définitivement le lien entre le surf et Biarritz —  Michel Barland, Jo Moraiz, Jacky Rott et Joël de Rosnay.

Le surf-club de Biarritz, le Waïkiki est ainsi créé dans la foulée, en septembre 1959, par Jo Moraïtz. Le 24 juillet 1960, on organise la première compétition internationale de surf — en septembre 1960, c’est la première édition des championnats de France… Dont Joël de Rosnay remportera le titre !

 La vogue du surf en France est lancée, et c’est Biarritz qui lui sert de rampe de lancement.

Dès lors, les tontons surfers vont faire de Biarritz l’une des villes iconiques du sport — attirant à eux des néophytes pas si anonymes. Comme Catherine Deneuve qui, en septembre 1962, s’initiait au surf avec Joël de Rosnay.

Aujourd’hui, c’est au Surf Camp, l’école de surf de Biarritz, que l’on s’initie à la pratique d’un sport né aux confins du monde, il y a de cela des millénaires.

Et on le voit, si Biarritz est une ville à part dans l’histoire des stations balnéaires, c’est qu’elle sait comme nulle autre épouser les nouveautés… Surtout lorsqu’il s’agit de mode avant l’heure. Dans tous les sens que l’on donne à ce mot !

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Emilienne d’Alençon, La Cocotte Est Une Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Emilienne d’Alençon tient pourtant lieu de figure de mode, à une époque où les femmes se cantonnent à la rigueur du ‘bon ton’.

Elle prend goût aux fanfreluches dans la blanchisserie de sa tante, à Montmartre. Comme nombre des grandes horizontales de la Belle Epoque, Emilienne d’Alençon grandit dans un milieu défavorisé. Quelles perspectives existent pour les femmes comme elles? Peu. Très peu. Elle fait ainsi son entrée dans le demi-monde à 15 ans — d’où lui vient ce nom? De Laure de Chiffreville. Un soir qu’elle fréquenta la table d’un chroniqueur du Gil Blas, Émilienne Marie André arbore un corsage en dentelle, déniché dans la blanchisserie de sa tante. La dentelle faite à Alençon, la prostitué qu’est déjà Laure de Chiffreville la baptise de ce nom… En même temps qu’elle lui promet un avenir brillant.

Elle ne s’était pas trompée! Poussée sur la scène par ce même chroniqueur mondain, Charles Desteuque, Emilienne se produit une première fois au Cirque d’Eté. Là, elle attire l’oeil de l’héritier des champagnes Veuve Clicquot. Un certain Jacques d’Uzès. Il est prêt à tout pour l’épouser. A commencer par faire son éducation — et ce n’était vraiment pas gagné. On raconte qu’un jour, assistant à une représentation de Racine, la belle s’est endormie; se réveillant en sursaut, elle annonça à l’assemblée :  « Ne dites rien à l’auteur, il pourrait être vexé. »

Soit. Jacques d’Uzès l’installe dans un hôtel particulier sur les Champs-Elysées. Il meubla le palace des grandes stars de l’époque. Qui? Gaudi et Majorelle. Mais sa famille ne voulant rien entendre, elle envoie Jacques d’Uzès au Congo. L’idylle s’arrête ici. La vie de courtisane d’Emilienne d’Alençon ne fait, elle, que commencer.

Parmi ses conquêtes?  Edouard VII, le Kaiser Guillaume, Jacques Hennessy… Elle compris son époque comme personne ; elle qui aimait à déclarer:  « Quand tu couches avec un bourgeois, tu es une putain. Quand tu couches avec un prince, tu es une favorite. » Emilienne, elle, ne jura que par des hommes à la hauteur de Leopold II. D’ailleurs, l’ancien Roi des Belges quitta la Belle Otero, pour elle. Elle qui, bien plus tard, écrivit dans ses mémoires : « Il n’avait qu’un désir, passer inaperçu. Cuire lui-même un oeuf sur le plat lui paraissait le comble du bonheur. » Emilienne avait une vision bien plus clinquante, du bonheur!

Les diamants de la Rue de La Paix. Boucheron, Cartier… Les toilettes les plus rares confectionnées spécialement pour elle par Jacques Doucet… En 1897, le magazine La Mode relève: « Nous avons rencontré Emilienne d’Alençon, colombe roucouleuse avec pour plumage une robe gris tourterelle garnie de chinchilla tout à fait exquise. » C’en était fait, Emilienne comptait parmi les muses de son temps.

On la retrouve en effet dans les toiles de Toulouse Lautrec! Mieux, la ville de Cabourg fait la promotion des bains de mer avec une réclame montrant Emilienne d’Alençon poursuivie par une horde de courtisans. Nadar la photographie. Plus qu’une célébrité, elle est même caricaturée par le mythique Sem, à Trouville; preuve de sa position très particulière dans la société Parisienne d’alors. Au Casino de Monte-Carlo, sa personne trône sur la salle des jeux au milieu d’une murale représentant les Trois Grâces de la Belle Epoque : elle, Liane de Pougy et la Belle Otero!

En 1919, sa position dans la vie mondaine et dans la mode lui permet d’écrire ce qu’on dit avoir été un bestseller: son livre, Secrets De Beauté Pour Etre Belle…Elle fut en effet une véritable icône de mode. Elle qui devança les interdits de son temps pour se baigner en tenue de bain. Une sorte de blasphème au ‘bon ton’ que son amie, une certaine Coco Chanel, trouva absolument admirable. D’ailleurs, elle fut l’une des premières à porter fièrement les créations de Chanel. Contribuant largement à faire de ce style simplifié, dépouillé; ce style de femmes actives et libres, un summum du chic! Le lien est tel qu’en 2017 la maison qui survit à Coco édita une merveille de joaillerie. Une montre-bijoux baptisée ‘Emilienne’: sertie de 80 diamants, pour un total de 9,31 carats. Une pièces mêlant splendeur et simplicité — une pièce très Emilienne d’Alençon, c’est vrai!

La Belle Otero, Cocotte, Croqueuse de Diamants et Icône De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elles sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. La Belle Otero en était la figure de proue!

Qui est Otero lorsqu’elle arrive à Paris en 1889? Personne. Que représente-t-elle lorsqu’elle se retire en 1914? La plus somptueuse vision de la Belle Epoque. Danseuse, actrice, reine du tout Paris…

Elle fut l’une des plus flamboyantes courtisanes — accumulant les amants autant que les diamants. Le prix minimum pour une cocotte de ce rang? Un hôtel particulier, une rente, une calèche, des fourrures, perles et diamants, et, bien entendu, la liberté absolue! Mais ce qui est plus qu’intéressant avec ce personnage haut en couleurs ne tient pas tant aux coeurs qu’elle a conquis. Il est plus intéressant encore de concevoir son influence sur la mode et le luxe.

Car à l’heure où fleurissent les Grands Magasins, la Belle Otéro refuse de s’y habiller. Elle ne jure que par la haute couture. Et les couturiers adorent. Les cocottes étant en constante représentation, ce sont leur toilette, leur bijou et autres attirails beauté qui démontrent de leur valeur. Mieux, étant là pour attirer l’attention des hommes les plus fortunés, les couturiers de l’époque trouvent un plaisir sans pareil à les habiller. Il faut dire que la sobriété est l’apanage des femmes de la haute société. La Belle Otéro, elle, fait dans le clinquant. Mais pas n’importe lequel.

William Vanderbilt lui acheta le collier de l’Impératrice Eugénie. Le Tsar Nicolas II lui offrit un bijou de la couronne Russe. Le prince Pirievski lui fit cadeau d’un bracelet en diamants, simplement pour la rencontrer. Mais la Belle Otero était aussi capable de faire ses propres commandes. Le boléro iconique qui fit sa réputation, et fit enrager Cléo de Mérode, doit sa superbe composition de diamants à l’un des bijoutiers les plus fameux de la Place Vendôme. Son nom reste secret. Frédéric Boucheron, lui, doit sans doute beaucoup à la Belle Otéro. Fascinée qu’elle était par la nature, son goût inspira les fabuleuses créations de Boucheron!

On sait aussi qu’elle demanda à Cartier de réinterpréter le collier de Marie-Antoinette — et le « joaillier des rois, roi des joailliers » s’exécuta avec plaisir! Le scandale fut évidemment total; les dames du monde voyant là une vulgaire courtisane s’élever au rang royal. Qu’importe, les bijoutiers de la Place Vendôme avaient tous le même subterfuge: une porte dérobée permettant aux clientes et leur amants discrets s’y glisser sans attirer le courroux lorsque leur ‘officielle’ se trouvait là par hasard.

En écho au mantra de Charles Worth, « non plus se vêtir mais se parer » les cocottes et la Belle Otero en tête furent la locomotive de la haute couture naissante. Elle puisa dans le style orientaliste de Paul Poiret le vestiaire idéal à ses apparitions. Porta les couleurs flamboyantes de Jeanne Paquin — toutes à la fois! La féminité d’Otero avait une telle influence sur les femmes de son époque que le célèbre constructeur des premiers véhicules, Dion-Bouton, lui fit parvenir un exemplaire. Quelle audace pour l’époque… une femme qui pose au volant d’une voiture pour en faire la promotion. Oui, car la Belle Otero s’était mue en outil marketing idéal.

En idéal tout court d’ailleurs. Reutlinger la figea sous toutes les coutures, avant que ses portraits sous format carte postale ne furent envoyés aux quatre coins du monde. Littéralement. De New York à Saint-Pétersbourg en passant par Monaco, le Belle Otero était à la fois la femme idéale, et un idéal de beauté.

Monaco justement fut le théâtre de la plus puissante des passions d’Otero. Joueuse invétérée, la foule se pressait pour voir la Belle Otero au Casino de Monte Carlo. Blackjack, roulette…

Ses apparitions font sensation tant elle scintille de la tête aux pieds. Mais Otero paria des sommes astronomiques. Gagna beaucoup, mais perdit encore plus. Entre 1900 et 1914, on parle d’une perte conséquente de 30 millions de Francs, approximativement 100 millions d’euros. Et c’est bien la première guerre mondiale qui mis un terme définitif à la Belle Epoque. Laissant la Belle Otero vivoter jusqu’en 1965 où, ruinée et seule, la belle s’est éteinte à Nice. Non loin de là, symbole éternel d’une grandeur fanée, l’un des dômes de l’hôtel Carlton à Cannes, fut pourtant moulé sur son sein…

Cléo De Mérode, Danseuse De Ballet, Cocotte Et Figure De Mode

On cantonne, à tort, les cocottes au statut de filles de joie. Elle sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Cléo De Mérode est de celles-ci.

Ne jamais dire de Cléo de Mérode (1875-1966) qu’elle fut une cocotte. Lorsque Simone de Beauvoir la qualifie comme telle dans son célèbre manifeste Le Deuxième Sexe, l’intéressée surgit de l’ombre pour dénoncer un propos diffamatoire. Traînée en justice, le juge reconnait l’erreur de De Beauvoir — la condamnant ainsi à lui reverser 1 euro symbolique. Mais qui fut alors Cléo de Mérode? Elle fit, très jeune, son entrée à l’opéra, devient professionnelle à 11 ans. Attire l’oeil des peintres, de Degas à Toulouse-Lautrec, avant de se produire dans les salons les plus mondains de la Belle Epoque. Voilà pour le cv. Dans les faits? Elle fut celle qui fit tourner la tête des aristocrates les plus fortunés de l’époque — un temps où entretenir une dame compte pour un signe extérieur de richesse.

C’est que sa beauté détonne des canons de la Belle Epoque: visage angélique, taille fine, allure sculpturale de vestale, et coiffure iconique. Si iconique que les femmes de son temps voient en elle un idéal de beauté. Il faut dire que dès 1895, son double de cire fait son entrée au Musée Grévin. Mais c’est en 1896 que tout se joue pour Mademoiselle Cléo. D’abord à travers le geste artistique d’Alexandre Falguière. 1896 donc, il expose au Salon Des Artistes Français une oeuvre, ‘La Danse’ — statue d’un réalisme si cru que l’on reconnait là le visage, les courbes et jusqu’au nombril de Cléo de Mérode. Complètement nue. Visible aujourd’hui au Musée d’Orsay, l’oeuvre provoque alors un véritable tollé! Cléo de Mérode, après avoir nié toute implication, accuse l’artiste d’avoir détourné sa pose. Mais cela n’entache en rien sa réputation, bien au contraire!

La même année, Cléo de Mérode est élue reine de beauté par les lecteurs de l’Illustration, magazine de mode de l’époque. Déjà habillée par le célèbre couturier Jacques Doucet, Cléo est à l’avant-garde d’une féminité qui trouve son apogée dans les années folles. Une femme libre et attachée à rien sinon ses toilettes et ses diamants. Oui car, même si Cléo de Mérode réfute être une cocotte, elle n’en reste pas moins une femme usant de ses charmes et ses talents pour des diamants, toilettes et hôtel particulier.

On lui prête ainsi une liaison avec le roi des Belges, Léopold II. Les caricaturistes, de Sem à André Gill, s’en donnent à coeur joie! Elle nie le fait, jusque dans ses mémoires publiées en 1955, et intitulées ‘Le Ballet de Ma Vie’. Pourtant, sa valeur s’envole. Vue au Bois de Boulogne, lieu d’excellence pour toutes cocottes qui paradent. Vue chez Maxim’s, haut lieu de rencontre, s’enivrant de champagne. Vue au restaurant Prunier, où elle fait des orgies d’huîtres. Vue aussi faire la Tournée des Grands Ducs, tour des tables les plus prisées de Paris. Et c’est souvent le mercredi, qu’elle décrète le ‘jour chic’ par excellence!

Cléo de Mérode initie aussi les promenades en bicyclette — photographiée portant un bloomer, dessinée par Jacques Doucet. Pour elle? Sans doute. Cléo est alors une muse, mais aussi une publicité vivante. Capable de tout vendre. La biscuiterie Lefèvre-Utile, alias LU, fait appel à son image. Jean Cocteau l’adoube; elle est la ‘belle des belles’ — la première célébrité marketing, c’est elle! Il suffit de feuilleter l’album de l’un des premiers photographes, Reutlinger, pour s’en assurer. Ses poses, son allure, son image semblent si familiers qu’ils ne peuvent être qu’à la base la culture visuelle de la mode actuelle. Ça et son goût pour une mode épurée…

Inside Chanel N°22 : Coco à Deauville

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La vie, l’art et la création de Gabrielle Chanel sont intrinsèquement liés – son enfance, ses rencontres et ses voyages concourent à lui inspirer les grandes lignes de sa mode. L’épisode 22 d’Inside Chanel revient ainsi sur l’une des premières villes à avoir inspiré à Coco le style Chanel – l’une des premières villes à y succomber aussi. Deauville, au tournant du siècle, est alors une station balnéaire où la Belle Époque célèbre le bonheur retrouvé au lendemain de la guerre franco-prussienne. En 1912, âgée de 29 ans, Gabrielle y entre par la grande porte au bras de Boy Capel.

Tout ici l’inspire ! Du haut de sa suite de l’hôtel Normandie, Coco observe et pressent les bouleversements à venir – bouleversements des corps, des loisirs et des styles de vie ! C’est ici à Deauville que Chanel inaugure, en 1913, sa seconde boutique ; là même où la couturière se met à briser les carcans des élégantes, corsetées, entravées par des robes étroites, empêchées par des coiffes compliquées. Et alors même qu’elle forge à partir du vestiaire de Capel, qu’elle pioche sur le dos des garçons d’écurie et des joueurs de polos, les lignes et le jersey de sa mode, Coco Chanel s’approprie la teinte beige du sable mouillé par la mer.

Premier épisode d’une nouvelle série Inside Chanel dédiée aux villes clés de l’univers Chanel, l’épisode N°22 distille, en couleur, images d’époque et haut-faits de la couturière la plus célèbre au monde. Car c’est bel et bien à Deauville que Gabrielle, insoumise et anticonformiste, laisse sa peau se hâler en même temps qu’elle s’amuse aux spectacles de la danseuse Loie Fuller et des Ballets Russes… Un chic désinvolte conté avec poésie dans une vidéo de 2minutes 30 !

 

 

L’Hôtel Hermitage Monte-Carlo

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Construit au tournant du siècle, c’est à l’architecte Nicolas Marquet, aidé par Gustave Eiffel, que l’on doit la magnificence de l’Hôtel Hermitage. Depuis classé monument historique, l’Hermitage distille tout le charme et le raffinement d’une époque ô combien salutaire – sa façade à encorbellements, ses fresques, ses colonnes de marbre rose et son jardin d’hiver coiffé d’une éclatante coupole de verre et d’acier… Tout ici n’est que luxe et volupté ! Et à l’heure du Grand Prix de Monaco, l’Hôtel Hermitage fait figure de retraite où apprécier le plus fin des arts de vivre.

Tourné à la fois sur le port de Monaco, le palais princier et la cathédrale de la Principauté, le palace capture une vue époustouflante sur la richesse du Rocher. Une richesse qui s’apprécie notamment dans l’assiette – son restaurant gastronomique, une étoile au Guide Michelin, Le Vistamarn fut ainsi longtemps chapeauté par le Chef Joël Garault. « Cette étoile salue le travail acharné de toute une équipe. Nous avons su nous remettre en question et l’arrivée de recrues provenant d’établissements étoilés nous a permis […] d’améliorer encore nos plats dans les cuissons, les assaisonnements mais aussi l’esthétique. Nous avons réagi avec promptitude et le résultat est là ! Mais au-delà de cette étoile, la fidélité de notre clientèle demeure la gratification la plus importante. »

Il est vrai que la clientèle vient des quatre coins du monde pour apprécier, la parenthèse de l’instant, tout le faste et la noblesse du savoir recevoir de l’hôtel Hermitage. Si le palace est tenu au secret, on raconte que les têtes couronnées du monde entier et les plus grandes stars concourent à la sublime réputation du lieu. Un lieu qui offre aussi un Spa des Thermes Marins Monte-Carlo sur plus de 7000m2. Le luxe absolu se niche dans le détail de ces thermes somptueux. De véritables joyaux…

Le Manteau Confucius de Paul Poiret

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Enfant doué, gâté par une mère et trois sœurs attentives, le jeune Paul témoigne tôt d’une irréductible fantaisie. Baccalauréat en poche, et après une courte expérience comme livreur chez un fabricant de parapluies – idée de son père pour casser son orgueil -, il est engagé comme assistant par Doucet, séduit par ses croquis. Débauché pour remplir ses obligations militaires, à son retour il entre comme modéliste chez Worth. De 1901 à 1903, il y parfait sa connaissance de la haute élégance mais ses créations en marge de l’époque provoquent son départ précipité. Heureusement, madame Poiret, consciente du talent de son unique fils, lui avance cinquante mille francs pour qu’il s’établisse à son compte. Rue Auber, Paul Poiret laisse libre court à son génie protéiforme faisant de lui un véritable éclaireur de son temps.

L’Asie, avec le Japon et la Chine mais également la Perse, fournissent à Poiret quantité d’inspirations qui se mêlent et s’interpénètrent si bien qu’il est parfois impossible de les préciser. Son surnom de « Poiret le Magnifique » en référence à Soliman le Magnifique, sultan du 16ème siècle, convient parfaitement à cet homme pour qui l’Orient – compris dans une vision exotique – fut une source d’inspiration inaltérable. Dans ses mémoires, il se souvient de l’époque où il travaillait chez Worth et relate le mauvais accueil qui fut réservé au manteau « Révérend », d’inspiration chinoise, par la princesse Bariatinsky. « C’était un grand kimono carré en drap noir, bordé d’un biais de satin noir ; les manches étaient larges, jusqu’en bas et finissaient par des parements de broderie comme les manches des manteaux chinois. » Choquée par la simplicité de la coupe, qui se résume à un grand rectangle de drap plié en deux, la princesse aurait qualifié ce manteau de « pomme frite ». La simplicité et les lignes fluides contrastent avec les robes encore très ajustée de début des années 1900. Sous le titre « Confucius », il fut repris avec succès peu après l’installation de Paul Poiret, 5, rue Auber, en septembre 1903. Une photographie publiée dans le Figaro Modes du 15 février 1905 montre l’actrice Lillie Langtry le portant.

Les Artisans d’Art et de la Création au Salon Révélations

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La biennale internationale des métiers d’art et de la création, titrée « Révélations » , écrit une première page de son histoire sous la grande verrière du Grand Palais. A l’abri de cette toile de métal tissée sous les fils du goût de la Belle Epoque, 260 exposants venus des quatre coins du globe divulguent aux chalands et aux curieux la création contemporaine des métiers d’art. A l’honneur de ce premier rendez-vous : la Norvège, fief d’une scène créative, résolument innovante et avant-gardiste. Au travers de pièces d’exception qui ont marqué l’Histoire, c’est tout l’univers de ces artistes de la matière qui se dévoile sous l’aura d’une immense voûte arachnéenne. Là, se dressent à la manière d’un banquet, sur de longues tables que l’on espère interminables, des objets d’art au milieu des passants. A la différence des conventions d’exposition, ce Banquet est une manière d’inviter tous spectateurs à un nouveau niveau de considération : ni au-dessus, ni en dessous, ni avant, ni après, les œuvres d’art sont toutes sur un même piédestal qui abolit, de cette façon, toutes les barrières entre les genres tandis que les hommes sont, eux, invités à s’affranchir, comme le souligne l’artiste Antoine Leperlier : « des préjugés relatifs aux catégories préétablies », afin d’enfin « juger sur pièce […]. »

Au cœur du Grand Palais, l’objet reprend donc toute sa place de lien entre le créateur et le visiteur. Une présentation d’oeuvres qui s’associe à un cycle de conférences proposées par des spécialistes en la matière. Tout au long de ces cinq jours, il sera aussi offert au public des expositions et des projections de films sur les métiers d’art. Parmi les 107 œuvres de ces artistes de la matière, on trouvera notamment exposées celles d’Antoine Leperlier, qui aime à se définir comme un « bricoleur » de l’ancestral savoir-faire verrier. Au travers de procédures techniques inédites, le bricoleur fait de son matériau la résonance du temps, autant que le bronze et le marbre peuvent l’être pour de l’espace. A découvrir aussi une nouvelle figure de bronze du britannique Paul Day. Celui dont la sculpture des Amoureux trône gare Saint-Pancras, présente là une raillerie sentimentale du rapport à l’autre et des comportements sociaux actuels à l’heure où c’est l’oreille vissée au téléphone que la femme écoute le monde qui l’entoure. Enfin, le « couturier technicien » Franck Sorbier enchante nos désirs d’outfit romantiques en présentant l’une de ses métamorphoses de chutes de tulle, de crin, de dentelles et de soie : une mini-robe blanche bouffante au col ras du cou dont la poésie dévoile un pur moment de grâce. Le tout se passe au Grand Palais, Avenue Winston Churchill.