Deux ans après Barénia, Christine Nagel rouvre le chapitre. Avec Barénia Pleine Fleur, la directrice de la création olfactive d’Hermès fait éclore son chypre en un floral lumineux — et joue, dans le nom, sur la plus belle part du cuir comme de la fleur.
Chez Hermès, un parfum ne s’invente jamais loin du cuir. Barénia Pleine Fleur en est la preuve : nouvelle création de Christine Nagel, il prolonge Barénia, paru en 2024, et emprunte son nom à un cuir de sellier parmi les plus nobles de la maison. « Pleine fleur » désigne en effet la partie supérieure de la peau, la plus belle — mais aussi, ici, la fleur épanouie. Tout le parfum tient dans ce double sens.
Le point de départ est un chypre, cette architecture olfactive dont Hermès a fait une signature. Christine Nagel le revisite pour le rendre plus tendre et plus solaire. « À mes yeux, Barénia Pleine Fleur est bien plus lumineux et éclatant, presque réconfortant, confie-t-elle. On a le sentiment d’être caressé par des pétales. »

Au cœur de la composition, un lys blanc de caractère et une fleur d’oranger rayonnante. « J’ai choisi le lys blanc parce qu’il a beaucoup de tempérament, explique la parfumeuse. Puis j’ai voulu une note plus douce, ce qui m’a menée à la fleur d’oranger — quelque chose que l’on aime depuis l’enfance et qui exprime une forme de joie. » Autour, le patchouli et une inattendue baie miracle creusent une intensité à la fois douce et profonde.
L’objet dit la même chose que le jus. Fidèle au dessin de Philippe Mouquet, le flacon elliptique se pare cette fois d’un dégradé de rose et d’orange, tandis que les clous pyramide — clin d’œil aux codes du cuir Hermès — répondent à la rondeur des courbes. La féminité s’y affirme sans détour, jusque dans l’usage : l’eau de parfum se décline en formats rechargeables de 30, 60 et 100 ml.
Ce qui se joue là dépasse la simple variation. En rouvrant Barénia, Christine Nagel confirme une manière très hermésienne de penser le parfum : non comme une nouveauté qui chasse la précédente, mais comme une matière que l’on retravaille, saison après saison, avec la patience d’un artisan. Le cuir devient fleur, la fleur devient sillage — et la boucle, chez Hermès, ne cesse jamais tout à fait de se refermer.

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