La Petite Robe Noire Chanel Automne-Hiver 2015-2016

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C’est un bistrot nommé Gabrielle qui servit d’écrin au défilé de la collection Automne-Hiver 2015-2016. Un établissement luxueux, au décor très parisien ; très parisienne aussi, l’ambiance du défilé : assise en terrasse, cigarette à la main, les belles Chanel ont, l’espace d’un instant, fait revivre la légende Gabrielle. Pourtant, loin de là toute nostalgie d’un temps révolu, puisque Karl Lagerfeld réinvente avec brio la Parisienne. La saison Automne-Hiver 2015-2016 sera ainsi l’occasion pour Chanel d’ancrer définitivement ses classiques dans la modernité.

La petite robe noire, icône absolue de la maison, s’éprend alors d’une silhouette toute nouvelle : taillée élégamment dans la mousseline, sa forme trapèze redessine une féminité aérienne, douce mais néanmoins stylisée au contact d’un maxi plastron d’origami organza. Plus libre, plus fluide, c’est la femme qui la porte qui la rend divinement séduisante, et non plus le contraire… Le chic, tout simplement.

La Petite Robe Noire S’Expose au Bismarck

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Aussi noire qu’est blanche la toile du peintre, la Petite Robe Noire est une source de création inépuisable qui jamais ne se démode. Au travers d’une nouvelle exposition, Little Black Dress, le Mona Bismarck American Center rendra hommage cet été, à la plus célèbre des toilettes féminines.

Aucun ne doute que de là où elle est, Coco Chanel doit fumer sa cigarette d’un air satisfait. 87 ans après avoir lancé la mode de la Petite Robe Noire, la « robe Ford » comme elle est surnommée en 1926 par le Vogue US, celle-ci constitue encore aujourd’hui le socle de tout vestiaire féminin. Du 3 juillet au 22 septembre prochain, l’éternelle petite robe noire se met à nue au Mona Bismarck American Center, au travers d’une cinquantaine de modèles de toutes les époques et de tous les styles. Organisée par le Savannah College of Art and Design Museum of Art (SCAD) et par André Leon Talley, rédacteur pour le Vogue américain, cette exposition s’attachera à retracer l’histoire de ce grand classique de la garde-robe féminine, depuis ses débuts de « pauvreté du luxe » à son avènement en tant de pièce icône.

Loin d’avoir inventé la Petite Robe Noire, Coco Chanel s’ est appropriée un vêtement que beaucoup de femmes portaient à l’époque. Il faut dire qu’au sortir de la Première Guerre Mondiale, nombreuses sont celles à arborer la couleur du deuil. D’un coup de génie, Chanel fait d’une simple robe noire, un vêtement d’élégance. Sobre dans le style comme dans la forme, la nouvelle venue dans le monde de la mode fait scandale de par son noir, couleur pieuse, qui contraste avec sa longueur s’arrêtant au genou. Peu enthousiaste face au style modéré de Chanel, Paul Poiret dénigre ses créations les attifant du surnom de « pauvreté de luxe ». Mais less is more et la robe plaît. D’un style simple, elle est aussi bien robe de jour que toilette de soirée selon les accessoires dont on la pare.

Depuis, les créateurs de mode n’ont cessé de réinterpréter cette pièce iconique. De Givenchy jusqu’à Azzedine Alaïa, en passant par des marques plus accessibles comme Sandro et même Zara, la Petite Robe Noire s’impose, toujours en toute discrétion, incarnant ce que Jean Cocteau disait du style Chanel « la noblesse d’un silence face au tapage mondain». Selon André Leon Talley, l’exposition Little Black Dress s’articule autour de diverses représentations de la petite robe noire, d’abord simple pièce de tissu puis symbole contemporain grâce à la recherche de nouveaux tons et nouvelles textures. Déclinable à l’infini, chez Françoise Sagan elle se fait de prose tandis que chez Guerlain, elle se mue en fragrance, toujours de la même signature «la petite robe noire », tout simplement.

La légende veut qu’au détour d’une soirée, Paul Poiret ait demandé à Coco, vêtue d’une robe noire « de qui portez-vous le deuil Mademoiselle ? ». « Mais de vous Monsieur !» lui répondit-elle, car la Shéhérazade de Poiret fut la mode d’un temps tandis que la petite robe noire demeure quant à elle, immortelle.

Exposition Little Black Dress
Du 03 juillet au 22 septembre 2013
Mona Bismarck American Center for Art and Culture
34 avenue de New York
75 016 Paris

Le Soulier Bicolore De Chanel

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Après avoir marqué le monde de la mode avec, entre autres, sa petite robe noire et son sac matelassé, Gabrielle Chanel s’inspire une nouvelle fois du vestiaire masculin pour créer un autre classique, les souliers bicolores. En 1957, Chanel collabore étroitement avec le chausseur Massaro pour réaliser la chaussure emblématique de la maison.

« Une femme bien chaussée n’est jamais laide » disait Coco. Mademoiselle Chanel désire en effet un soulier qui flatte la silhouette féminine et qui soit avant tout pratique. C’est dans cet esprit que le beige et le noir sont choisis pour ces escarpins ouverts. « Le bout noir et légèrement carré raccourcissait le pied. Le beige se fondait dans l’ensemble et allongeait la jambe », explique monsieur Massaro. Pour le côté pratique, Coco Chanel refuse la mode des stilettos et maintient un talon de 6 cm, mais surtout décide de placer une bride afin de maintenir le pied.

Dès leur création, les souliers bicolores rencontrent un immense succès : Catherine Deneuve, Gina Lollobrigida, Romy Schneider et bien d’autres les choisissent ! Forte de son succès, Coco Chanel décline immédiatement les bicolores. Elle s’amuse à changer les couleurs : beige à bout marine pour le jour en été, beige à bout marron pour la détente, à bout doré pour le soir…
 
Cet esprit de déclinaison perdure avec Karl Lagerfeld qui les réinvente à chaque collection de manière magistrale. Et le soulier bicolore de Mademoiselle de rester l’objet de toutes les convoitises.