Eva Minge Haute Couture Hiver 2018-2019

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Des danseuses de ballet accompagnaient de leur mouvement éminemment gracieux des mannequins glissés dans des toilettes hautement couture — la maison Polonaise Eva Minge présentait à Paris une vision littérale de l’exercice. Dans l’atmosphère majestueuse de l’un des salons du Shangri-La Hôtel, les silhouettes évoquaient d’incroyables sculptures toutes faites de tulle, de broderie et de dramaturgie! Une collection ensorcelante éveillée par la musique de Czajkowski. 

Parsemées de teintes pastel, les robes spectaculaires et essentiellement théâtrales faisaient aussi la part belle aux fleurs et plumes d’oiseaux — mais ici, des corsets venaient enserrés la taille de façon à faire entrer le baroque du propos dans une forme de modernité. Des pièces monumentales qui content la réunion de deux mondes; l’un romantique, l’autre électrique. Deux mondes à l’image de la maison d’Eva Minge.  

Le Tailleur Arty Fendi Haute Couture 2018-2019

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C’est au coeur de la Bourse de Paris que Silvia Fendi et Karl Lagerfeld ont fait défiler leur collection Haute Couture 2018-2019 — une collection qui, pour la première fois, faisait la part belle aux illusions de matières. Les ateliers Romains sont parvenus à filer toutes sortes de matières de façon à les faire apparaître, à l’oeil nu, pour être de la fourrure. Mousseline imprimée et effilochée; paillettes thermorétractées et organza plissés — Fendi, maison haute fourrure, illustrait ainsi un pied de nez magistral aux idées préconçues quant à une matière désormais controversée! 

Et c’est dans l’univers de l’Orphisme — mouvement artistique du XXe siècle centré sur la couleur et le mouvement, ainsi nommé par Guillaume Apollinaire — que la maison Fendi a pioché les gimmicks de sa collection Haute Couture. A l’instar de ce tailleur arty, composé comme une mosaïque de teintes et de nuances… Une coupe somme toute classique, étayée par l’audace de la composition — de quelle matière s’agit-il? Peut être de la fourrure, des effilochés de mousseline, ou encore des combinaisons de paillette engendrant un mouvement liquide… La maison Fendi a pris soin de brouiller les pistes! 

Suivant néanmoins une composition pop et colorée, la pièce phare de la collection Haute Couture 2018-2019 s’inspire ici des oeuvres du peintre František Kupka. Un tailleur étonnant, véritable chef d’œuvre d’artisanat — une pièce illustrant la pure démonstration d’art que fut ce défilé Fendi. Un défilé poétique et inestimable, applaudi par une pluie d’invités prestigieux. 

 Doria Arkoun 

Le Smoking Façon Jean Paul Gaultier Haute Couture 2018-2019

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‘Smoking or not smoking’ — ainsi intitulée, la collection Haute Couture de Jean Paul Gaultier Hiver 2018-2019 flirte avec les notions de genre et de tailoring. Déjà, lorsqu’il débarque sur la scène mode au tournant des années 80, Jean Paul Gaultier insuffle un vent nouveau sur la planète — les hommes sont habillés en femmes, et les femmes en hommes. Etayant un propos depuis devenu légion, cette collection Haute Couture puisait dans le répertoire même de sa maison les éléments d’un Smoking réinventé pour la femme d’aujourd’hui. Jamais à court d’humour, Jean Paul Gaultier coupe ici le smoking dans une approche mêlant tuxedo, drapé d’opéra et fez perlé! 

L’introduction des fez dans l’univers Gaultier remonte à l’un de ses premiers défilés… Après avoir vu Stephen Jones vêtu d’un superbe fez dans l’émission Culture Club, Gaultier voulu l’inviter à défiler. Mais, Stephen Jones refusa — à la place, le chapelier lui propose de réaliser des fez pour sa collection. La semaine passée à Paris, les fez ont une nouvelle fois accompagné des silhouettes audacieuses et éminemment pertinentes! En vedette, le look N°50 met à l’honneur le maître tailleur qu’est devenu Jean Paul Gaultier. Une silhouette où le smoking, déconstruit, s’accapare volumes et drapés coutures pour le plus grand plaisir des femmes en quête d’un raffinement détaché. 

Sur ce smoking, un effet drapé des plus pompeux est adoucis, voire subvertit, au contact d’une approche stricte du tailoring — mais l’effet vaporeux, lui, égaie le propos autour d’une texture noble. Une collection hautement réussie; chaudement applaudie par un par-terre de personnalités incluant Nil Rogers, Naomi Campbell, et Rossy de Palma pour qui « Jean Paul est un garçon curieux, un être magique, quelqu’un de tendre, magnifique, rêveur et toujours innocent, un plaisir, c’est l’amour! » Des qualités qui imprègnent des pièces à la désidérabilité folle. 

Doria Arkoun

Le Rose Eminemment Shocking de Schiaparelli Haute Couture 2018-2019

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L’actuel directeur artistique de la maison Schiaparelli faisait défiler la semaine passée à Paris sa collection Haute Couture 2018-2019 au coeur du Palais Garnier. Un lieu à la magnificence avérée qui venait jouer l’écrin parfait de cette collection — une collection baptisée ‘Animala Fantasia’ où le bestiaire Schiaparelli épousait des lignes folles et hautement bien exécutées! « Cela fait du bien de se lâcher et d’aller vers quelque chose de plus théâtral […] J’ai eu envie de parler d’elle en tant que femme. Elsa Schiaparelli était un personnage fantasque, ce que m’a confirmé sa petite fille, Marisa Berenson » confiait Bertrand Guyon. 

Et au passage N°8, on se dit que l’exercice couture est incroyable bien réussi. Mêlant savoir-faire éponyme et subversion caractéristique de cette maison, la collection Schiaparelli mettait en vedette l’iconique Rose Schoking inventé en 1937 — une teinte qui vient cette fois éveiller d’un culot-couture une pièce bouffante et bohème, théâtrale et sensuelle. Sur le visage du mannequin Tricia Akello, un masque non moins fantasque signé du plus grand chapelier de notre temps, Stephen Jones.  

Ce masque n’est pas sans évoquer un autre des codes de la maison de la place Vendôme — un symbole appartenant au répertoire surréaliste qui veut que le papillon incarne le changement. Et c’est bien cela que Bertrand Guyon parvient à faire avec cette maison iconique; faire entrer Schiaparelli dans le coeur et l’esprit des nouvelles générations. Une façon de démontrer, sinon d’affirmer, que la Haute Couture porte avant tout l’audace de la création. Et cette silhouette est incontestablement l’exemple d’une couture qui fait de l’art quelque chose de portable!   

Doria Arkoun 

La Tabi Shoe Margiela sur Plateforme pour la Haute Couture 2018-2019

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Maison Margiela présentait à Paris sa collection Haute Couture, plus connue sous le nom de ligne ‘Artisanal’. Et cette année, l’actuel directeur artistique, John Galiano, a mêlé à ses propres questionnements de décortiqué et glamour-à-la-hâte les codes initiés par Martin Margiela. Ainsi la collection Haute Couture Hiver 2018 pensait la notion d’humanité nomade — une humanité qui, sur le catwalk, défile téléphones et tablettes chevillés au corps. Oui, la réflexion ici portée par John Galiano interroge une humanité qui se contente de voyager et d’approcher la réalité au prisme de lentilles virtuelles. 

Intitulée ‘En mémoire de’, la collection ‘Artisanal’ mettait aussi en vedette une pièce devenue la signature Margiela — un soulier qui, dès 1988, fait partie intégrante de la grammaire Margielesque! Les Tabi Shoes, empreinte reconnaissable entre mille, furent introduite dès la première collection de Martin Margiela. L’inspiration, on la connait: les Tabi Japonaises à bout fendu. Ce que l’on sait moins, c’est l’intention de Margiela. « Je voulais créer une chaussure invisible, l’illusion d’un pied nu marchant sur un talon haut et costaud » déclarait à l’époque Margiela à Brulot, son premier revendeur. Lors de ce premier défilé, Margiela avait ainsi pris soin de tremper ses Tabi dans la peinture rouge, de sorte à ce que les mannequins distillent sur le podium ces drôles d’empreintes de pas. 

Aujourd’hui, John Galiano les perche sur des plateformes. « Les volumes, c’est ça qui fait avancer la mode. C’est de ça qu’il s’agit toujours. Je suis couturier, c’est pour ça que je travaille. Et j’ai donc enquêté, exploré et je nous ai fait faire pas mal d’exercice à l’atelier » soulignait-il dans un podcast transmis à la presse. Et il est vrai que cette collection Couture repousse un peu plus les limites de l’exercice — vêtements décortiqués et superposés, les voici mêlant avec une adresse folle tissus délicats et restes de la vie moderne. Oui, les codes initiés par Margiela font plus que jamais écho à notre époque. Une époque où les vêtements naissent de formes brutes et poétiques! 

 

Doria Arkoun

Le Tricoté Envers de Sonia Rykiel Façon Haute Couture pour l’Hiver 2018 – 2019

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Baptisée ‘L’Atelier Sonia Rykiel’, la toute première collection haute couture pilotée par Julie De Libran faisait l’inventaire des icônes Rykiel. Du béret en passant par le caban et la jupe culotte, c’est l’appropriation couture du tricoté envers qui retient toute l’attention. La ‘Reine du tricot’ n’avait en effet pas son pareil pour sublimer le non-fini. Petite déjà, Sonia Rykiel rechignait à porter des vêtements neufs – ceux qui l’attiraient été vieux, usés. Plus tard, la maison qu’elle fonda gagna ses lettres de noblesse autour d’une nouvelle virtuosité du vêtement. Dans les années 60, Sonia Rykiel file la laine, évince les ourlets, recoud à l’envers de manière à faire apparaître toutes les preuves de coutures… Rykiel s’est entendue : elle fait de la rayure sa signature ; de la maille son support.

La semaine passée à Paris, Julie De Libran reprenait ainsi toute la grammaire Rykiel autour d’une composition Haute Couture – « un reflet de l’essence pure Rykiel et une vision personnelle de l’univers de la marque adaptée au lifestyle des femmes d’aujourd’hui » précisait-elle. Une proposition couture donc qui distille l’élégance Rive Gauche autour d’une allure tout sauf affectée. Ce look met en vedette l’iconique tricoté envers dans des teintes somme toute très Rykiel. Version couture du mythique pull rayé de la maison, la pièce habille d’une nonchalance raffinée la femme de l’Hiver 2018.

« Faire remarquer la tête sans se faire remarquer. C’est ce que je veux pour moi et pour les autres… » Le mantra de la fondatrice se conçoit ici dans une silhouette couture qui se porte, s’apprécie, mais surtout se vit ! Une sensualité teintée de liberté, une pièce savamment informelle – Julie De Libran joue des codes Rykiel avec une fraîcheur délicieuse. Une désinvolture chic qui rappelle l’icône Sonia elle-même. « Elle était une icône Parisienne, et une femme que les autres femmes aspiraient à être, pour sa liberté, son allure et la façon dont elle jouait des vêtements » explique l’actuelle directrice artistique de la maison. Et il est vrai qu’il y a quelque chose d’éminemment coquin, pour ne pas dire malin, dans ce tricot à la désirabilité exponentielle.

 

Doria Arkoun

Le Flou Givenchy en Vedette Haute Couture de l’Hiver 2018- 2019

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La maison Givenchy renoue avec l’essence couture et les techniques phares initiées par Hubert de Givenchy – une couture décontractée et enveloppante ; éminemment chic ! Baptisé ‘Caraman’, du nom de l’hôtel particulier qui abrite depuis toujours les ateliers au 3 Avenue George V, ce nouvel opus Haute Couture signé Clare Waight Keller est un hommage. « L’inspiration était Hubert de Givenchy, l’homme qui saisissait la beauté et la modernité. Je voulais célébrer cela [ …] Il m’a dit d’être forte. Il croyait à l’élégance, il croyait au chic. J’ai senti qu’il me fallait respecter sa vision de la femme dans cette collection. »

La semaine passée à Paris, les jardins des Archives Nationales résonnèrent ainsi aux notes de ‘Moon River’, interprétée par Audrey Hepburn. Le style Givenchy est si intrinsèquement lié à l’actrice que Clare Waight Keller a pioché dans cette sorte de raffinement désinvolte le mouvement de ses silhouettes. Il en résulte un dialogue inédit et contemporain entre flou et tailoring – une femme mi-romantique mi-guerrière subtilement incarnée par Kiki Willems. « Je me suis immergée dans les archives et j’ai réalisé qu’Hubert avait cette épaule fantastique, qui donne une touche masculine géniale à la silhouette. Ça fait partie du langage que je suis en train de développer » précise Clare Waight Keller.

La silhouette est audacieuse. Ainsi mêlées, teintes rouge et nacré, lignes structurées et vaporeuses viennent introduire la nouvelle femme Givenchy Haute Couture de l’hiver 2018 -2019– une femme sensuelle mais puissante ! Tout le défi fut, dit-elle, de créer « un sentiment d’harmonie – de crée quelque chose de flottant. Mais en utilisant des matières modernes qui n’étaient pas à la disposition d’Hubert. » Des soies riches, du velours Français, du cuir doux, des techniques d’assemblage Japonaises… Le look ici illustre à merveille le propos initié longtemps déjà par Hubert de Givenchy ; la véritable Haute Couture, celle qui parvient à lier les extrêmes dans une robe du soir fantaisiste et pourtant allurante. Une pièce pensée dans l’unique but de sublimer la femme ; dans un mouvement d’extrême fluidité !

Doria Arkoun

La Neo Petite Robe Noire Chanel Haute Couture Hiver 2018-2019

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Si Karl Lagerfeld n’a pas son pareil pour susciter l’émoi à chacune de ses collections, ce défilé Haute Couture Hiver 2018-2019 témoignait avant tout de son amour pour Paris. Dans un décor reconstituant les quais Parisiens, des silhouettes urbaines et justement Parisiennes conjuguaient, elles, des éléments pragmatiques à héritage de Chanel. Et si la Haute Couture est, comme le dit Karl Lagerfeld, « un ilot de rêve et d’évasion. C’est le luxe extrême qui transcende les modes et traverse le temps. » L’exercice fut une nouvelle fois maîtrisé. Parmi les 70 silhouettes éminemment exquises ayant défilées la semaine passée sous la coupole du Grand Palais, la néo petite robe noire retenait toute l’attention.

C’est que l’utilisation du zip brodé par la maison Lesage avait de quoi étonner – élément pragmatique né au tournant des années 50, le zip est bien plus connu pour sa tonalité disruptive que pour son utilisation en Haute Couture. Mais une fois passé entre les doigts de tels ateliers, le zip épouse l’icône de la maison Chanel avec un raffinement certain. Ainsi zippée le long d’une bordure brodées de paillettes et de pierreries, la petite robe de cocktails s’éprend de volumes inédits. Une pièce à la coupe épatante qui porte aux nues le flair et le savoir-faire Chanel.

La Dame aux Camélias avait en effet débarrassé la toilette féminine de tout le superflu, de façon à permettre au vêtement, à la coupe, à la robe en somme le soin d’allurer l’élégante qui l’enfile. Sans limite et sans contrainte. La neo-petite robe noire de Chanel reprend ainsi la vocation première de Coco – une pièce au raffinement dépouillé qui occulte à l’oeil toute la complexité de sa construction. Le basique des basiques imaginé pour une femme dynamique ; une Parisienne prenant le temps d’apprécier le charme fou de sa capitale.

 

Doria Arkoun

 

Le Tailleur Bar Dior se Teinte d’Or pour la Haute Couture Hiver 2018- 2019

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Rien ne sert de conter une nouvelle fois l’histoire du New Look et la révolution que Christian Dior initia en 1947. La maison qui porte son nom, ses ateliers et son savoir-faire sont là pour en témoigner. Et la semaine passée à Paris, au cœur des jardins du Musée Rodin, l’actuelle directrice artistique de la maison Dior a cherché à distiller l’essence, la nature même de la Haute Couture. Activité particulière et éminemment traditionnelle, la Haute Couture résonne tout particulièrement avec la grammaire Dior – il faut dire que Dior le couturier est parvenu à imposer une nouvelle vision de l’exercice sans en chercher la flamboyance.

Les ateliers, gardiens de la pensée Dior, ont ainsi assisté Maria Grazia Chiuri lorsque celle-ci a voulu revenir aux fondamentaux de l’Avenue Montaigne. Des fondamentaux qui passent inévitablement par l’interprétation de l’icône absolu de la maison – le tailleur-bar, pièce vedette de cette collection Haute Couture 2018-2019. Et la pièce cultive l’audace de ses débuts. Taillé dans sa forme originelle, le tailleur-bar s’accompagne ici d’un pantalon mais, façon or Dior. Oui, c’est bel et bien coulé dans cette teinte, dont Cocteau disait qu’elle faisait partie intégrante de l’univers Dior, que Maria Grazia Chuiri initie la combinaison la plus désirable de sa collection couture.

Cela, puisque le tailleur-bar a la force des intemporels – une pièce qui, fidèle aux gestes codifiés, se permet l’audace d’une telle teinte ! Ainsi twistée, l’icône Dior flirte avec le statut de pièce sacré ; une pièce comme hommage au passé de la maison, qui ouvre les nouvelles générations à la merveille qu’est l’exercice de la couture. Une élégance qui se murmure dans les détails plutôt qu’elle n’hurle sa singularité.

Doria Arkoun

Le Tailleur Chanel adopte le zip pour la Haute Couture Hiver 2018

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La coupole du Grand Palais a une nouvelle fois servi d’écrin aux fantaisies de Karl Lagerfeld – cette fois, la collection Haute Couture Hiver 2018-2019 défilait le long d’un quai de Seine avec, en vedette, les bouquinistes et l’Institut de France. Ancrant ainsi son propos dans la tradition Parisienne, le directeur artistique de Chanel est parvenu à actualiser comme jamais le mythique tailleur en tweed, imaginé au siècle dernier par Coco. Et cette fois, Karl Lagerfeld fait entrer le zip dans l’univers de la couture. « Dire que j’ai attendu 35 ans pour le faire. C’est formidable pour allonger la ligne. Je me demande même pourquoi je n’y ai pas pensé avant. »

Sur ces tailleurs pensés pour la femme d’aujourd’hui – plurielle et active – les ateliers Lesage ont ainsi brodé des zips qui, abaissés ou relevés, font naître un mouvement magique et hautement symbolique… Manches et jupes se dézippent ainsi au grès de fermetures à glissière bordées de cristaux. Des fermetures venant, d’un trait, découvrir les jambes et les fabuleuses doublures de soie de la petite veste Chanel. Mieux, une fois le zip de la jupe relevé, voilà que se révèle une mini assortie et parée d’une flamboyance haute couture ! Mais l’on parle de flamboyance Chanel ! Libéré de ses codes mais non de son caractère, le tailleur en tweed se permet la mini-jupe. « C’est le Chanel que Coco n’a pas connu » souligne Karl Lagerfeld.

« Vous pouvez le porter zippé lorsque vous rendez visite à votre banquier, non? Puis le dézipper après lorsque vous voyez votre amant! » Karl Lagerfeld est parvenu à conjuguer l’icône absolu de la maison Chanel aux véritables besoins de l’élégante contemporaine. Un geste mode qui lie avec l’adresse qu’on lui connait le pragmatisme du zip à l’exquis raffinement des pièces Haute Couture. Une pièce reconnaissable entre mille aujourd’hui totalement nouvelle !