La Nouvelle Montre Première de Chanel

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De l’emblématique 2.55 on retrouve la chaîne tressée de cuir et de métal, venant ici enrouler le poignet ; de la Place Vendôme, c’est le cadran octogonal qui cette fois reprend les contours ; enfin, de Mademoiselle, on retrouve la couleur favorite : deux aiguilles apposées sur un noir total, sans chiffres, ni trotteuse de seconde, ni même un index ne viennent en troubler la profondeur. Libéré des codes de l’industrie horlogère suisse, Jacques Helleu dessine la Première de façon à la faire légère mais racée.

Cette année, la maison se penche dessus, non sans avouer que « c’était un vrai exercice de style de toucher à cette icône », selon les mots du PDG de Chanel Horlogerie et Joaillerie, Philippe Mougenot. La voilà qui de nouveau s’allège : actualisée, le cuir du bracelet est retiré pour ne laisser que des maillons assouplis. Sobre mais technique, la nouvelle Première suit une approche minimale du design, de quoi satisfaire toutes les femmes. Et à ce titre, la maison Chanel, à travers un court-métrage pétillant et fascinant, fait vivre au garde-temps 24h de la vie de la parisienne – rectification : des parisiennes. De la bobo de Montmartre à la BCBG de Passy, toutes sont mises en acte et à l’honneur dans les rues de la ville. De nuit comme de jour, du soir au matin, indépendamment du vêtement, la montre épouse chacune des personnalités que peut abriter la ville lumière. Et, pour parfaire la présentation de la Première, une expérience interactive vous invite à analyser, sous une dialectique de construction-déconstruction, toutes les facettes de celle-ci ; le tout condensant les essentiels de la Grande Mademoiselle.

Chanel : la Montre Première

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Vivre vite, sans se préoccuper du temps. À bien y réfléchir, les heures contraignent, les minutes traînent quand les secondes pressent. Alors Gabrielle, elle, ne portait jamais de montre. Parfois elle enfilait autour de son petit poignet une montre d’homme, à gros boîtier ou à gousset. Comme ça, juste pour le style. Puis, vint sa mort et la relève. La maison aux deux C se dépatouille alors dans un univers loin de ses goûts. Vinrent Karl Lagerfeld et, plus tard, la propulsion de Chanel dans la sphère de l’horlogerie par l’émérite Jacques Helleu. 

Le directeur artistique de Chanel, pour les parfums et l’horlogerie, réalise un coup de maître en dessinant la montre Première. Dans cette époque pompeuse où la mode se charge. Lui la décharge par l’épure : un boîtier octogonal 18 carats surmonté d’un verre saphir à pans coupés, en or jaune ; deux aiguilles trottant sur un cadran laqué de noir ; un bracelet décalqué sur la chaîne du 2.55. Aucun chiffre, aucune trotteuse de seconde, il ne reste que le sigle Chanel. On y retrouve d’ailleurs l’essence de la Dame aux camélias. Le nom – Première – se donne et se prononce comme un matricule ; le verre saphir rappelle le miroir XVIIIè de sa salle à manger… Jacques Helleu imaginera d’autres garde-temps. C’est à la J12 qu’il restera fidèle, jusqu’à sa mort. 

Voici venue l’année 87. Pour annoncer l’entrée de ce nouveau-né dans l’espace public, le faire remarquer autant qu’il le méritait, la maison opte pour un baptême aussi racé que la montre. Pour cela, la rédaction du dossier de presse est confiée à Nicole Wisniak, femme-artiste qui ne vibre que pour le beau, l’élégant, le distingué, bref, l’exception. Conceptrice de la revue « spasmodique »  Egoïste, elle use du même esprit pour le réaliser. Collaborateurs tendances, doués dans leur domaine, elle laisse le soin au littérateur Sagan de signer un texte titré La Femelle du temps et charge François-Marie Banier de lui tirer le portrait. Mais la plus belle déclaration fut celle d’Inès de la Fressange, la parisienne par excellence. Au défilé de prêt-à-porter, en octobre de la même année, elle jette la sienne dans le public… Il n’en fallut pas plus pour créer la légende de la Première. Depuis le 27 Mars et jusqu’au 3 Avril, la montre est exposé avec prestige au Baselworld de Bâle, réinvestissant à cette occasion le pavillon, habillé de l’emblématique constraste entre le noir et le blanc, qu’avait imaginé Peter Marino pour les 10 ans de présence de la marque dans le prestigieux salon de l’horlogerie.