Caron ouvre un nouveau chapitre avec Atmah, première création de la parfumeuse Louise Turner sous la direction artistique d’Olivia de Rothschild. Inspirée par les paysages du Kirghizistan, la composition déploie une vanille aérienne et minérale, à distance des codes sucrés qui lui sont souvent associés. Ici, la matière ne cherche pas l’effet gourmand : elle se pense comme un souffle, une lumière froide, une présence qui s’ouvre sur l’horizon.
La liberté comme point de départ
L’imaginaire d’Olivia de Rothschild prend sa source dans les steppes du Kirghizistan : l’immensité, la clarté de l’air, l’ouverture des espaces, mais aussi une sensation de hauteur et de mouvement. Le nom Atmah porte d’ailleurs une résonance familiale : en 1898, son arrière-arrière-grand-père, le baron Edmond de Rothschild, acquit un yacht de croisière ainsi baptisé. Plus qu’une anecdote, cette référence ancre le parfum dans une idée de liberté choisie, d’élan et de paysage intérieur.
« La liberté comme idée fondatrice, une vanille minérale qui s’ouvre sur l’horizon », résume la directrice artistique. Atmah traduit cette intention sans la littéraliser. La vanille s’y déploie avec une pureté cristalline ; elle conserve sa sensualité tout en gagnant en netteté. Ce qui importe n’est pas la surenchère, mais la tension entre chaleur et air, confort et mouvement, matière et lumière.
Louise Turner, une vanille déplacée
Pour Louise Turner, il s’agissait de révéler cette matière sous un nouveau jour. « J’ai voulu une vanille qui respire l’air et la lumière », explique la parfumeuse, qui signe avec Atmah sa première création pour Caron. Son geste consiste à déplacer la vanille de son territoire attendu vers une expression plus ouverte, plus vibrante. Elle devient une matière de contraste : enveloppante mais jamais étouffante, sensible mais sans emphase.
Cette rencontre entre une direction artistique et une écriture olfactive donne sa cohérence au projet. Olivia de Rothschild apporte des images, des émotions et un paysage ; Louise Turner les transforme en accords et en matières. Atmah se construit ainsi comme un dialogue, où la vision et la formule se répondent jusqu’à composer un même langage.
Une fontaine comme geste de parfum
Au 332 rue Saint-Honoré, la nouvelle boutique Caron prolonge cette vision dans l’espace. La fontaine à parfum, réalisée avec l’Atelier Blam, en devient l’élément structurant. Sa silhouette verticale, composée de couronnes de lumière et de tubes cannelés rétroéclairés, accompagne le geste de la recharge sans le réduire à une simple fonction. Elle rend visible un rituel propre à la Maison, qui propose le remplissage en fontaine depuis 1982.
L’avis d’ICON-ICON
Avec Atmah, Caron ne se contente pas d’ajouter une nouvelle vanille à son répertoire. La Maison relie un parfum, un lieu et un geste autour d’une même idée : reprendre de l’espace. Loin des effets faciles, cette création cherche une émotion plus précise, celle d’une élégance qui s’affirme sans bruit.

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