La Collection Chanel Haute Couture 2020

Après l’allure monastique de la précédente collection Couture de Chanel, Virginie Viard l’affirme: « J’avais envie de complexité, de sophistication. »

La Collection Chanel Haute Couture 2020, Opulence Et Extravagance

« Je pensais à une princesse punk sortant du Palace à l’aube. Avec une robe en taffetas, des cheveux volumineux, des plumes et beaucoup de bijoux. Cette collection est davantage inspirée par Karl Lagerfeld que par Gabrielle Chanel. Karl allait au Palace, il y accompagnait ces femmes très sophistiquées, très habillées, très excentriques aussi » annonce Virginie Viard.

La femme Haute Couture Chanel 2020 a en effet tout pour faire tourner la tête des esthètes. Jouant allègrement de la grammaire de Coco et celle de Karl Lagerfeld, la collection Haute Couture Chanel 2020 présente les icônes de la maison comme injectées d’une haute dose d’exubérance. A commencer par le tweed.

Et parce que Chanel peut compter sur l’adresse exceptionnelle de tout ses métiers d’art, la rencontre des ateliers de broderie Lesage et Montex, Lemarié et Goossens, a donné naissance à des tweeds rebrodés, perlés, et franchement hypnotisants de beauté !

L’allure du tweed, matière fétiche de Coco, se complexifie ainsi dans des paillettes, des strass, des pierreries et des perles qui, à bien y regarder, revisitent sourdement l’allure Chanel.

Le mythique tailleur tweed présente ainsi un plastron bijouté par Goossens — un brin offbeat, mais complètement chic.

Sur des robes de cocktail, ce sont les iconiques camélias qui se piquent, cette fois, sur ces pièces opulentes de pierreries. Mieux, les grandes robes du soir s’amusent de la coupe panier pour plus de romantisme encore. Et Virginie Viard le dit-elle même: « Pour moi, la Haute Couture est romantique par essence. Il y a tellement d’amour dans chacune de ces silhouettes. »

On lit en effet toute l’admiration que les ateliers portent à leur mission dans ces tailleurs-pantalons, piqués de galons diamants.

Et puis il y a surtout dans cette collection une mise-en-scène de circonstance. Un mini-film figé par Michael Jansson, où les parures des collections de Haute Joaillerie viennent pour la première fois compléter des silhouettes Chanel à la fois grandiloquentes et finalement très, très coutures.

Un mini-film à voir ici.

Maria Callas, Divine Icône Couture

Elle fut, peut être, l’une des dernières divas. Au sens propre: Maria Callas fut de celles qui, à la vie comme à la scène, ont incarné la splendeur de la Haute Couture. Avec un naturel déconcertant !

Maria Callas, La Couture En Scène

Maria Callas a su dépasser son statut de cantatrice Grecque pour atteindre celui d’icône internationale. Une icône au destin tragique, peut-être, mais qui a laissé derrière elle la force et la grandeur d’une artiste hors pair.

Une artiste lyrique qui, en plus de sa voix iconique, a largement compris l’intérêt des silhouettes exquises pour transmettre tout le génie dont elle fut dotée.

Le Chef Leonard Bernstein, aux côtés de qui elle se produit dans les années 50, ne se trompe pas lorsqu’il affirme qu’elle est « la plus grande artiste au monde ».

La Naissance De La ‘Divina’

Si les premières photographies de Maria Callas montre une jeune femme timide, il suffit de voir comment la cantatrice a su s’appuyer sur la couture et la mode pour ciseler ses rôles au plus près de leur grandiloquence.

Ainsi, la Callas, comme on l’appelle, n’a pas seulement bouleversé l’art lyrique au travers d’un jeu d’actrice éminemment puissant. Maria Callas a su tirer de son corps, sa posture et ses mouvements une narration plus forte encore !

Utilisant ainsi son corps de manière expressive, elle a su s’appuyer sur le pouvoir transformateur de ses costumes de scène.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de rappeler que c’est à travers cette double dialectique du corps et du vêtement que Maria Callas a atteint des sommets pour rendre plus crédible son interprétation. Et quelle interprétation! On parle ici de personnages d’opéra, antiques ou chrétiens. Peu étonnant alors que Leonard Bernstein l’ait surnommé ‘la Bible de l’opéra’.

C’est simple, tous les grands rôles d’héroïnes lui semblaient destinés. Sa présence magnétique et sa puissance vocale furent ainsi doublées d’un corps destiné à être recouvert des silhouettes les plus abouties. Des interprétations proches de la transe qui ont largement contribué au mythe de la ‘Divina’.

Les Costumes Emblématiques De La Callas

Maria Callas avait le glamour scellé au corps. Qu’elle se glisse dans des robes aériennes, des fourreaux ravageurs, des fourrures opulentes, des capes volumineuses ou des costumes à la limite de l’extase — tout, absolument tout renversait l’attention du public.

Avec un goût excellent pour le choix de ses costumes, Maria Callas a contribué à faire entrer au panthéon de la couture et de la mode nombre de ses costumes de scène. Des références pour les professionnels, et des souvenirs inaltérables pour les amateurs.

C’est ainsi que les costumiers de ses différents opéras ont aussi contribué au mythe de la Divina. L’apparente simplicité de ses costumes cachait en effet une structure très élaborée — laissant ainsi à la seule de Maria Callas le pouvoir d’exulter beauté et émotion.

Le secret? Des soufflets de tulle chair, dissimulés dans les coutures des corsages, augmentent la capacité élastique des tissus. Laissant ainsi Maria Callas libre de respirer plus facilement.

Elle a pu ainsi insuffler aux oeuvres magistrales de l’opéra une nouvelle interprétation plus vivante encore !

Et au fur et à mesure que sa carrière s’épanouissait, ses silhouettes se précisaient… Ses rôles d’opéra ont donné naissance à un éventail de pièces et de bijoux aussi éblouissants que dramatiques — des icônes du genre !

Parmi ses costumes les plus emblématiques, les robes qu’elle arbore pour La Traviata. Ceux encore de la Tosca.

Ceux de l’Aida de Verdi, Norma de Bellini et Medea de Cherubini…

Ses 63 silhouettes, encore, qui s’emboîtent tel un enchantement tout au long de l’opéra Casta Diva.

Des performances tout bonnement divines doublées de costumes fantastiques… C’est encore en actrice dans le film Médée de Pier Paolo Pasolini que Maria Callas subjugue littéralement ! Des colliers en cuivre doré dessinés par Pier Paolo Pasolini lui-même…

Drapée de perles ou glissé dans une étole de velours rouge foncé… Comment oublier sa performance du le 5 juillet 1965 dans Tosca au Covent Garden de Londres. La Callas respirait la sophistication…

Enfin, dans le rôle de Norma dans « Norma » Vincenzo Bellini, Maria Callas atteint des sommets dans une longue cape en velours rouge, bordée de galons or et d’une frange en chenille rouge…

Et sa maîtrise du glamour ne s’arrêtait pas à la scène.

Maria Callas, La Haute Couture Au Quotidien

Maria Callas, La Magnificence De Tous Les Jours

Maria Callas exaltée la beauté et le glamour dans la vie de tous les jours, aussi. C’est à la Milanaise Elvira Leonardi Bouyeure dite Biki qu’elle confiait la réalisation de ses costumes de scène. Et de ville aussi !

Et lorsque Biki est interrogée sur le style Callas, elle répondait sans détour en 1957; Maria Callas est passé de la « paysanne endimanchée » à la « femme la plus élégante du monde. »

Parmi les autres noms ayant largement contribué au glorieux vestiaire de ‘La Divina’, nuls autres que Christian Dior, Lanvin et Yves Saint-Laurent !

Ils ont chacun apporté leurs visions à ses ensembles sur scène, et l’ont accompagné aux quatre coins du monde, dans sa vie ô combien turbulente.

A Milan, en 1958, comme plus d’une fois d’ailleurs, elle se fait photographier en Christian Dior. Cette fois, c’est dans une robe de bal à l’imprimé floral.

Ainsi, La Callas, en tant que directrice de la prestigieuse Julliard School à New York, de 1971-1972, s’appuyait notamment sur un chemisier et une jupe, teinte noire, signée de l’élégance très moderne de Yves Saint-Laurent.

Devenue aussi un personnage central de la jet-set internationale, on pouvait apercevoir Maria Callas à Capri ou Porto Fino, aux côtés de son grand amour tragique, Aristotele Onassis.

Une pochette Bvlgari incrustée de diamants… Un sac Gucci offert en cadeau par la princesse Grace de Monaco.

Côté joyaux, les goûts de la Callas étaient à la hauteur de ses performances scéniques — tout simplement éblouissants.

Signés Cartier ou Swarovski. Pour sa première apparition en tant que Tosca, ses bijoux de scène ont été conçus par le metteur en scène MET Dino Yiannopoulos, exécutés exclusivement pour Callas par Swarovski.

Sur de nombreuses photos, elle porte une paire de boucles d’oreilles en diamants et rubis signée Van Cleef & Arpels. De même qu’un somptueux collier formé de deux rangs de rubis de taille coussin bordés de diamants… Une superbe broche en forme de feuille, sertie de diamants de taille marquise et de rubis de taille coussin, signée aussi Van Cleef & Arpels

Autant de témoins éternels des années de glamour, d’ostentation et d’opulence — des années où Maria Callas irradie de beauté et de raffinement…

Un glamour que la plus adulée des chanteuses lyriques du XXème siècle a laissé dans la mémoire commune.

L’Heritage De Maria Callas

A regarder nombre de collections, Haute Couture ou prêt-à-porter, on sent tout l’héritage de Maria Callas dans l’inventivité des designers contemporains.

Nombre de silhouettes de Marc Jacobs semblent faire écho à son aura incomparable. Mieux, Pierpaolo Piccioli chez Valentino n’a-t-il pas dédié une collection entière à la Divina? On reconnait son influence dans ces coiffures grandiloquentes et ses silhouettes opératiques au glamour éternel.

C’est aussi, parfois, dans des détails que l’on peut lire toute l’influence de Maria Callas. Un héritage qui semble se lire dans le désormais mythique manteau brodé Dior Kim Jones. Une pluie de strass pour l’Automne/Hiver 2021 qui rappelle certes une pièces des archives de la maison Dior. Mais qui sonne, aussi comme cette longue cape en velours rouge bordé de galons or et d’une frange en chenille rouge portée par Maria Callas pour le rôle de Norma…

Une vie comme une oeuvre d’art et de mode donc.

Les Lignes Dior, Une Couture Iconique

Si Kim Jones et Maria Grazia Chuiri parviennent aujourd’hui à créer une mode aussi désirable, c’est que le fondateur de la maison Dior avait déjà vu juste. La femme-fleur, les lignes Oblique, H, A et la ligne Tulipe servent désormais à une couture aussi sublime que cool.

La Femme-Fleur, Granville Et Le New Look De Christian Dior

Dessinateur, costumier de théâtre, de ballet ou pour Hollywood… Christian Dior avant même d’être le plus grand couturier du siècle avait déjà en tête ce la silhouette idéale de la femme du XXe siècle. C’est que, au lendemain de la Second Guerre Mondiale, Dior pressent comme personne l’intérêt vital de redonner à la femme sa beauté d’antan.

Là où les horreurs de deux guerres mondiales avaient aliéné le romantisme et trahit l’élégance féminine, Christian Dior entend bien tout remettre à zéro. Ainsi, ce 12 Février 1947, Dior présente au coeur du 30 Avenue Montaigne sa toute première collection. 170 silhouettes prônant le luxe et le raffinement, dont certaines en imprimé léopard.

Ce défilé donc se divise en fait en deux thèmes. La première partie, ‘Huit, met en avant une taille de guêpe, des hanchez galbées et une silhouette franchement exquise. La seconde, intitulée ‘Corolle’ est celle qui entrera dans les annales. C’est elle qui dévoile au monde le manifeste Dior: taille serrée, bustier, et déferlement inédit de métrages de tissu. Le tailleur-bar est de ces silhouettes introduites en 1947.

« Je dessinai des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles » affirme plus tard Christia Dior. En attendant, les magazines de mode, eux, ont déjà trouvé un nom — « Such a New Look » s’exclame Carmel Snow, rédactrice en chef du Vogue Américain.

Dans le numéro du 1 avril 1947, on y lit: « S’il pouvait y avoir une femme composite, mythique habillée par un couturier mythique et composite, elle porterait probablement sa jupe à environ 14 pouces du sol; Il pourrait avoir, pour son modèle de travail, une fleur: des pétales de rembourrage et de raidissement vus sous la coupe de la jupe. En d’autres termes, elle porterait la silhouette New Look introduite par Dior dans sa première collection, l’exemple le plus emblématique dont le costume Bar. »

Des lignes piochées de ces heures passées dans la roseraie de sa mère à Granville, Dior retient ainsi l’élégance et la poésie des fleurs. Avec un oeil travaillé par l’architecture, Christian Dior fait aussi entrer la ligne corolle dans la mode — ces fleurs qui ne cesseront d’inspirer sa création.

Ici, Dior se pose en pourfendeur de la figure de proue des années 20: l’intrépide Garçonne, taille aux hanches, élégante androgyne, incarnée entre autres par Louise Brooks. Ce qui hérissa profondément Mademoiselle Chanel, qui sortie de sa retraite pour un dernier coup d’éclat.

En 1956, c’est Grace Kelly que l’on voit avec le tailleur Bar. Ce faisant, elle n’invente rien — le look de Christian Dior est déjà partout. D’ailleurs, des décennies plus tard, chaque talent se trouvant à la direction artistique de la maison le travaille tel un chef d’oeuvre absolu.

John Galiano, avec la plus iconique de ses versions en 2008, pour la collection Haute Couture. Raf Simons, aussi, qui a fait du tailleur Bar et de sa ligne Corolle un fil rouge… Ou récemment Maria Grazia Chuiri. Trois visions différentes, une seule icône à l’élégance intemporelle — c’est ça, le luxe Dior.

Oblique Et Tulipe Chez Dior, Des Lignes En Mouvement

Automne/Hiver 1950-1951. La collection Oblique de la maison Dior introduit une complication couture qui ne tarde à faire légion. C’est que le couturier repense une nouvelle fois la silhouette autour du mouvement. Il faut dire que Dior, alors galeriste, fut l’un des premiers à organiser les expositions solo de Salvador Dali en 1931, puis celle de Calder et Giacometto en 1932.

Peu étonnant alors de le voir introduire en couture cette idée de ligne inversée. La ligne Oblique, qui vient souligner un peu plus la délicatesse de la femme. D’ailleurs, cette photo de Richard Avedon capturant la divine Dovima dans l’ensemble ‘Ambuscade’ de la collection Oblique résume tout ! Le panache et l’élégance d’une telle audace. D’une subtilité et une simplicité folles.

Ainsi, lorsque Kim Jones en reprend le principe pour Dior Homme, lors de son défilé Printemps/Eté 2019, on ne peut que constater à quelle point celle-ci vient magnifier l’iconique costume Dior. Un modèle désormais phare…

La ligne Tulipe, elle, suit un principe un brin différent. Née en 1953 comme la combinaison  de la ligne de profil des saisons précédentes, elle fut l’une des favorites de Christian Dior. Le buste là encore épanoui, les jupes légèrement gonflées, il puise dans sa fascination du XVIIIe siècle l’accord de sa silhouette. Mais bientôt, Christian Dior se tourne vers des lignes plus naturelles…

La Recherche du Naturel, Les Lignes H et A

L’époque a changé. Dior veut désormais satisfaire le vestiaire des élégantes modernes — la femme est de plus en plus active, et les lignes doivent suivre.

« En stylisant l’ampleur de certains modèles de la collection Printemps/Eté 1955 et en laissant libres les jeux de la taille, j’ai isolé la lettre A qui succédait elle-même à la lettre H de la précédente. Mais chaque collection st constituée d’une grande variété de thèses et aucune lettre de l’alphabet – A, H, Y n’est capable à elle seule de les incarner toutes » détaillait le couturier.

Mois accentuée donc, la ligne H libère « une ligne entièrement  différente basée sur la longueur et  l’amenuisement du buste: c’est sur le  parallèles qui forment la lettre H, tout en hauteur, que se construisent robes,  tailleurs et manteaux » de la définition même de Dior.

La ligne A, quant à elle, propose le buste allongé et prolongé par des basques, cadré à l’horizontale d’une ceinture. Servant ainsi une allure libre et raffinée, la ligne A était souvent taillée autour de l’ajout d’un noeud qui, par empiècement, venait en souligner l’horizontalité.

Deux lignes si emblématiques du luxe et de l’allure de la maison Dior que Maria Grazia Chuiri en a fait l’étalon de sa mode. Nombre de ces toilettes exquises et légères profitent de cette couture née il y a presque 65 ans. De quoi certifier de l’éternelle beauté des femmes Dior.

Jean Paul Gaultier Dit Au Revoir A La Couture

Le couturier le plus populaire de son temps ferme avec un défilé hautement inspiré près de 50 années de carrière dans la mode — une mode aux antipodes des us et coutumes du milieu.

La Dernière Collection Jean Paul Gaultier 2020

Pour sa dernière collection, Jean Paul Gaultier a une nouvelle fois fait tout différemment. Il est de coutume de réduire son défilé à l’essentiel — élaguer, encore et toujours, jusqu’à ne garder qu’une soixantaine de silhouettes. Maximum. Il a pourtant essayé de réduire, mais non: Jean Paul Gaultier n’a décidément rien fait comme les autres !

A l’heure où défilait son ultime collection Haute Couture, les thèmes initiés par Jean Paul Gaultier au cours de ses 50 années d’exercice virtuose, sont désormais les faits d’arme d’une génération entière. L’abolition des frontières du genre, le recyclage ou upcycling, une mode durable, inclusive, sans base ni sommet… Tout cela fut travaillé, stylisé et hautement déridé entre les doigts géniaux de Jean Paul Gaultier. D’ailleurs, n’est-pas auprès de lui que ce sont formés les Martin Margiela, Dries Van Noten, Nicolas Ghesquière, Isabel Marant, Christian Louboutin et Viktor&Rolf, pour ne citer qu’eux?

Sur le podium niché au coeur du Théâtre du Châtelet, c’est donc la grammaire Gaultier qui a une nouvelle fois éblouie, surpris, détonnée, enchantée, a fait se tordre de rire ou de larmes une assistance haute en couleurs. A l’instar de sa collection Haute Couture 2020, toute la mode Jean Paul Gautier est une ode à l’indivdualisme, fort et fier de sa différence. Et les vêtements alors?

Les Vêtements Jean Paul Gaultier

Tous les vêtements ayant fait la gloire et la réputation de sa maison étaient ravivés d’une haute dose de désirabilité. De l’up-cycling donc, Jean Paul Gaultier donnait une véritable leçon — cravates, gants et surtout le denim, sa matière de prédilection, servaient ici l’élaboration de ces pièces de haute voltige. On est roi de la couture, ou on ne l’est pas. Et on ne finit pas par habiller Madonna de son mythique corset conique pour rien.

Tout devient entre les mains de Gaultier le tissu idéal aux volumes imposants, finissant par faire des pièces grandiloquentes ! Il n’y a qu’à voir son interprétation Couture 2020 de la marinière. Portée par Gigi Hadid, elle distille toute l’espièglerie tintée d’érotisme propre à Jean Paul Gaultier.

Suivent ainsi le tailoring gender-fluid. Les trompe-l’oeil. Les inspirations Russes et punk. L’ode au piercing et aux vamps ! Boy George pour le grand final, ce défilé était une ode à la joie de vivre.

« Un joyeux bordel » des mots même du couturier qui ajoute dans le communiqué presse… « Rassurez-vous, la maison de Couture Gaultier Paris continue, avec un nouveau projet dont je suis l’instigateur et qui vous sera révélé prochainement. » Longue vie à l’espièglerie à la Gaultier !

La Collection Haute Couture 2020 De Chanel

Virginie Viard a fait du passé de Gabrielle Chanel un écho chic et spirituel.

Qui était Mademoiselle Chanel?

Virginie Viard a remonté le fil, a puisé dans la genèse de la créativité de Coco, le propos de sa collection Haute Couture 2020. Là où, enfant, Gabrielle Chasnel fut, avec ses soeurs, déposée par leur père… L’abbaye d’Aubazine fut en effet le point névralgique de la mode de la future Coco Chanel. Car en plus d’y apprendre la couture, elle y côtoie l’austérité des soeurs, le vocable géométrique propre aux abbayes, leur sol, leur vitrail. Là que Chanel tira, une fois aux commandes de sa maison, son mythique double C, sa grammaire géométrique, et sa mode dépouillée.

On retrouve ainsi tout au long de cette collection ayant défilée dans une reproduction quasi-parfaite du jardin de l’abbaye, tout le vocable de la Rue Cambon. Le noir et le blanc. Les silhouettes austères mais hautement stylisées.

Mais aussi et surtout, des motifs graphiques, une nouvelle fois inspirés des vitraux — recouverts de paillettes mates et pastel, cette fois ! Car au langage originel de Gabrielle, Virginie Viard a ajouté la touche des maisons hautement virtuoses qui appartiennent désormais au groupe.

La maison Lesage a ainsi travaillé toute la légèreté gracieuse de cette silhouette autour d’une grande cape de taffetas ivoire sur robe de taffetas bleu marine —  étagée en crêpe et rehaussée d’une ceinture trompe-l’œil entièrement brodée de paillettes par les talents Lesage.

Le Tailleur En Tweed Et La Mariée Chanel


Dernier fait d’arme de la couturière, en 1954, l’iconique tailleur en tweed qui habilla les grandes Dames, à l’instar de Jackie Kennedy; ce même tailleur est aujourd’hui retravaillé dans un beige glacé. Fermé de boutons bijoux sertis d’étoiles ou de fleurs — autres grammaires chères à Mademoiselle depuis Aubazine — il se présente avec un col haut ou rabattu… Son tweed beige flirte avec l’esprit champêtre, souligné ou non de fines cordelettes tressées.

La note finale? La mariée Chanel, toute en simplicité, fait un écho net à la rigueur monacale des abbesses — une mariée dans une robe en crêpe Georgette rehaussée d’un triple col Claudine en tulle. Complété d’un voile brodé de branches de glycine; ultime écho au jardin d’Aubazine. Simplifié mais hautement subtil — tout le chic Chanel en somme.


La Collection Haute Couture Dior 2020: Féminine Et Féministe

Maria Grazia Chuiri a une nouvelle fois distillé un manifeste féministe au gré d’une collection aérienne — preuve, s’il en fallait, que la couture de Christian Dior résonne avec les combats d’aujourd’hui.

Du Péplum Version Avenue Montaigne

« Le pouvoir des femmes n’est pas seulement dans la reproduction mais aussi dans la création » — les mots de l’actuelle directrice artistique de la maison Dior capturent la dimension révolutionnaire de sa collection Haute Couture 2020. A défaut de robes divines taillées pour des nymphes, Maria Grazia Chuiri invoque des déesses de la trempe d’Athéna.

Puisant ainsi dans les codes établis par Christian Dior au siècle dernier, le plissé soleil et l’iconique gris Trianon servent aujourd’hui des silhouettes structurées mais aériennes. Nombre de ses Walkyries coutures arborent en effet des toilettes teintées du mythique gris Dior.

Derrière cette collection couture, se lit le dessein de Maria Grazia Chuiri; celui de célébrer « l’aspect divin des femmes et leur pouvoir. » Le symbole ultime de cette ambition n’est autre que le final — une robe de mariée qui perd sa tradition au profit d’une teinte noir et or, et d’un… corsage armure ! Une inspiration tirée du péplum.

Le Rêve de Christian Dior Est Aussi Celui De Maria Grazia Chuiri

N’était-ce pas l’homme derrière le New Look et sa révolution qui aimait à dire que son rêve était de « rendre les femmes plus belles et plus heureuses ». Ou encore, une « robe telle que je la conçois est une architecture éphémère destinée à exalter les proportions du corps féminin. » Voilà bien le rêve partagé par Maria Grazia Chuiri — elle qui, cette fois, exalte le pouvoir féminin au gré de tenues à la beauté triomphante.

D’ailleurs, le décor du défilé était lui-même une affaire d’empowerment. Oeuvre de Judy Chicago, pionnière Américaine de l’art dit féministe, l’entrée du défilé se faisait à travers la figure d’un vagin colossal, véritable ode à la spiritualité féminine; intitulé The Female Divine. Un décor qui, aussi, pose les bonnes questions. ‘What If Women Ruled The World?’ Ou ’Que Serait Un Monde Gouverné Par Les Femmes?’ — la réponse se fera par des actes…

Sarah Bernhardt, Actrice, Cocotte et Icône De Mode


On cantonne, à tort, les actrices de la Belle Epoque au statut de filles de joie. Elles sont, avant tout, celles qui, par leur extravagance, ont permis l’envolée du luxe et de la mode. Et Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue !

A 15 ans, le Duc de Morny l’introduit au monde du théâtre. L’homme derrière la fondation de Deauville met le pied à l’étrier à Sarah Bernhardt — première grande actrice internationale. A son compte? Plus de 120 rôles. On dit d’elle qu’elle inventa le star système; qu’elle initia nombre d’extravagances vestimentaires, entrées, aujourd’hui, dans les habitudes des femmes. Elle fut une véritable icône de mode. De celles qui inspirent autre chose aux femmes; de son époque, et celle d’après.

Il faut dire qu’à la Belle Epoque, l’actrice, tantôt cocotte, tantôt grande horizontale, figure tout ce qui est impossible aux femmes de la bonne société. Si bien que les représentation de théâtre ou d’opéra donnent à lieu à la distribution de feuillets décrivant avec une précision folle les tenues arboraient par les artistes stars. Parmi elles, Sarah Bernhardt tient lieu d’icône absolue!

Cocteau dirait « un monstre sacré ! » C’est pour elle que le plus mondain des académiciens pensa le terme… Que trouve-t-on dans ces feuillets? La description exacte des pionniers de la couture qui, par amour de l’art et du beau, confectionnaient aussi les costumes de théâtre. C’est, avant Chanel et Nijinsky, Dior et Grace Kelly, Deneuve et Yves Saint Laurent… C’est Sarah Bernhardt et Charles Worth et Jacques Doucet. Robes, chapeaux, parfums, maquillage — tout y est décrit de façon à ce que la bourgeoisie copie et achète un bout de la vie libre et bohème de Sarah Bernhardt.

Elle contribua a lancé la mode de la ligne S, en 1898. Bientôt, la robe Delphos de Fortuny devient un it. Mieux, célébrée dans le monde entier pour la façon si splendide qu’elle a de mourir sur scène, dans un déshabillé — elle fait de cette tenue un basique de la vie domestique. Et ce, chez les femmes du monde entier!

Ayant fait dix fois le tour du monde; s’étant rendue jusque dans les tribus amérindiennes; se produisant dans toute l’Amérique… Sarah Bernhardt a largement contribué à la réputation de ces couturiers, et joailliers exerçant à Paris. La rue de la Paix et la Place Vendôme lui doivent beaucoup ! Boucheron, notamment. Avec elle, et pour elle, il réalise des bijoux à couper le souffle… Quand il ne conçoit pas, en 1882, la pièce la plus iconique des tenues de Sarah Bernhardt: un plastron comme une guirlande de fleurs, serti de 317 diamants.

René Lalique fut aussi un grand collaborateur. Il peaufine, avec le goût et l’audace de Sarah Bernhardt, un style qui, bientôt, le place au panthéon des artistes Art Deco. A l’exposition universelle de 1905, il est celui qui attire louanges et exaltation. C’est que Sarah Bernhardt avait l’oeil, et le bon, pour remarquer les talents qui aujourd’hui encore provoquent une émotion sans pareille. Alphonse Mucha, par exemple. C’est elle qui le repère et lui offre de réaliser les réclames de ses spectacles. Etalées sur les colonnes Morris, les affiches inaugurent la publicité, et le style Art Nouveau!

De la poudre de riz en passant par les apéritifs, Sarah Bernhardt incarne l’aspiration des femmes de son temps. Et c’est Marcel Proust qui capture à merveille le personnage dans son chef d’oeuvre A La Recherche Du Temps Perdu. Elle est ‘La Berma’… Celle qui, d’ailleurs, lance en 1905 la vogue pour le cinéma. Elle qui achève sa carrière en tournant dans l’un des premiers films de l’histoire. Mais ça, justement, en est une autre!

Le 30 Montaigne, Nouvelle Icône Dior

C’est l’histoire d’une adresse devenue du jour au lendemain l’épicentre mondial de la Haute Couture — aujourd’hui, le 30 Montaigne devient un sac.

Quel Sac Dior Choisir? Celui Qui Raconte Tout

Le 16 décembre 1946, quelques mois avant la révolution du New Look, le superstitieux qu’est Christian Dior choisit le 30 de l’avenue Montaigne pour installer ses ateliers. Il confie alors la décoration du lieu à Victor Grandpierre — les mots d’ordre: sobriété et élégance. L’idée: permettre aux seuls dessins et silhouettes de Christian Dior d’enthousiasmer l’oeil et les dames.  « Un bureau de rêve et un refuge pour des choses merveilleuses. » C’est ainsi que le fondateur de l’une des maisons ayant fait la renommée de la Haute Couture Parisienne après la Seconde Guerre Mondiale, aimait à définir ses ateliers du 30 Avenue Montaigne.

Maria Grazia Chuiri Et l’Héritage Dior

Et l’on connait la fascination de Maria Grazia Chuiri pour les codes et l’histoire de la maison Dior. Ainsi en Février dernier, en même temps qu’elle introduisait au monde la collection Automne/hiver 2020, l’actuelle directrice artistique a saisi l’occasion pour en célébrer l’antre même. L’hôtel particulier du 30 Avenue Montaigne avait en effet inspiré à Monsieur plus d’une signatures — des chaises à dossier médaillon aux cannages en passant par le gris Trianon et la toile de Jouy. Voici que le sac 30 Montaigne honore l’âme de la maison Dior. Floqué des initiales CD, le sac repend l’allure sobre mais graphique de la couture Dior. Un sac idéal tantôt habillé de la mythique toile Dior Oblique, ou de bleu et de bordeaux — tout fait du luxe discret si cher à la maison léguée par Monsieur!

La Pré-collection Chanel de l’Automne/Hiver 2018 en Boutique!

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C’est dans une modernité chaque saison un peu plus renouvelée que Karl Lagerfeld ancre le propos de la pré-collection Automne/Hiver 2018-2019. En vedette: une version écrue du mythique tailleur de Mademoiselle, arborée par le nouveau visage de la saison, Adut Akech. La mariée Chanel Haute Couture 2018-2019 a ainsi prêté ses traits au couturier qui, sur un simple cyclo monochrome, met en vedette la gracieuse mannequin Soudanaise. Une campagne qui sublime les pièces clés d’une pré-collection très attendue! 

Piqué d’éclats de fuchsia, le raffinement noir et blanc Chanel se déploie ici sur une longue robe ajustée en laine… Illuminé d’éclats de bleu et de rouge, c’est un manteau droit à double col en tweed de laine qui vient là encore capter toute l’attention. Mais cette saison, on ne peut que brûler de désir face à au tweed iconique de Chanel — réchauffé d’une longue veste écrue à galons, associé à une jupe en maille ponctuée d’un large bord-côtes… L’allure sporty chic initiée par Mademoiselle au tournant des années 1910 trouve ici un écho dans un tweed irisé sur un blouson à col évasé, un bermuda et un bustier porté en trompe l’oeil sur une robe en jersey! Une cascade de pièces étourdissantes de beauté, à découvrir dès à présent en boutique. 

Eva Minge Haute Couture Hiver 2018-2019

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Des danseuses de ballet accompagnaient de leur mouvement éminemment gracieux des mannequins glissés dans des toilettes hautement couture — la maison Polonaise Eva Minge présentait à Paris une vision littérale de l’exercice. Dans l’atmosphère majestueuse de l’un des salons du Shangri-La Hôtel, les silhouettes évoquaient d’incroyables sculptures toutes faites de tulle, de broderie et de dramaturgie! Une collection ensorcelante éveillée par la musique de Czajkowski. 

Parsemées de teintes pastel, les robes spectaculaires et essentiellement théâtrales faisaient aussi la part belle aux fleurs et plumes d’oiseaux — mais ici, des corsets venaient enserrés la taille de façon à faire entrer le baroque du propos dans une forme de modernité. Des pièces monumentales qui content la réunion de deux mondes; l’un romantique, l’autre électrique. Deux mondes à l’image de la maison d’Eva Minge.