La Broderie, Le Code Emblématique Balmain

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1952 – Pierre Balmain signe une collection des plus acclamée : baptisée Jolie madame, elle inaugure l’allure de la saison Automne/Hiver à venir, mais aussi et surtout la griffe même du couturier. Silhouette phare des têtes couronnées Européennes et des beautés Hollywoodiennes à la ville comme à l’écran, l’on retrouve ainsi dans sa composition tout ce qui fait l’ADN Balmain : couleurs sobres, coupes à la taille ceinturé, luxueuses matières rebrodées de mythiques broderies. Il faut dire que ces broderies inouïes, déjà réalisées à l’époque par les ateliers Lesage, signent le retour à l’opulence d’avant-guerre, dans une vision baroque quasi Louis XIV. L’or a tellement influencé Balmain dans son travail qu’il n’hésite pas à utiliser la broderie pour la reine Sikirit en 1954 – la pièce est une robe de soirée baptisée “Orlon” toute composée de fils de broderie en soie, métallique et cellophane. A l’époque Alice B. Toklas, qui tient à Paris au 27, rue de Fleurus un salon attirant Picasso, Matisse ou encore Hemingway et F. Scott Fitzgerald, parle alors de ‘new French style’ dans Vogue. La griffe Balmain s’impose alors comme celle d’une allure sculpturale ; les tailleurs à la coupe complexe, parfois déconcertante, accompagnent sur les podiums de grandes robes du soir en satin et aux broderies très abondantes.

Depuis, les directeurs artistiques qui se sont succédés à la tête de la maison se sont particulièrement attachés à faire de la broderie l’élément central de la garde-robe Balmain. Dernier en date, Olivier Rousteing qui joue de l’héritage du fondateur pour développer sa propre signature. Epaulettes, taille serrée, overdose de brillant, de lamé et brocart mettent ainsi au monde des robes façon ‘broderies bijoux’. A l’instar de l’incroyable robe brodée de perles d’or introduite en mars 2013. On décèle d’ailleurs une ressemble avec la pièce du soir Printemps/Eté 1954 “Antonia” imaginée par le fondateur lui-même. Mais, opulente, sexy et structurée, l’équation Balmain/ Rousteing de ce début de siècle mue la broderie en charme essentiel : « La différence entre Christophe Decarnin [ndlr : ancien directeur artistique] et moi, c’est que lui était plus streetwear, alors que moi je suis plus intéressé par le glamour. Il était plus Kate Moss et moi plus Rihanna, plus rock and roll et moi plus pop et hip-hop. Ce sont simplement des vibes différentes, des générations différentes, une époque différente. Ce que j’ai cherché à faire depuis le premier jour, c’est conserver l’ADN de la maison, qui existait avant Christophe, revenir à Pierre Balmain. Il a toujours cru en une femme forte. Il se concentrait sur la confection, sur l’aspect couture, la broderie et l’artisanat. C’est une esthétique que j’ai toujours adorée. »

En élaborant des broderies fortes, impertinentes et finalement hypnotisantes, l’actuel directeur artistique de la maison associe la signature Balmain à des mini robes sexy au possible. Quelles soient transparentes, à paillettes ou trempées dans l’or, les broderies Balmain se font si abondantes qu’elles donnent à l’ornement un aspect aristocratique et militaire – hautement désirable ! Pas une seule des collections d’Olivier Rousteing pour Balmain ne se fait sans broderie, et encore moins sans la vision d’une une mode joyeuse, riche et décomplexée! Il n’y a qu’à voir la dernière collection Automne/Hiver 2017, toute composée de cuir et de plumes rares; le luxe Balmain se voit et s’assume, tout simplement. La technique et le savoir-faire plus proches de la couture que du prêt-à-porter n’y sont d’ailleurs pas étrangers.

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