Andrea Della Valle, L’Homme Derrière Les Sneakers Hogan

Andrea Della Valle, frère cadet de Diego Della Valle, a su mettre au goût du luxe la basket, à une époque où celle-ci figurait tout autre chose.

Andrea Della Valle, Hogan Et Le Luxe Casual

Andrea Della Valle partage avec son frère Diego Della Valle, le savoir faire de la maison familiale en héritage. Et il le dit lui-même, que l’on parle de Tod’s ou de la maison Hogan, on cherche d’abord à transmettre le goût et la passion pour un artisanat ancestral.

 « Nous sommes la troisième génération : notre entreprise n’est pas seulement un business pour nous, il représente notre tradition familiale, nos racines. »

Andrea Della Valle, Le Visionnaire D’un Luxe Casual

Lorsqu’Andrea Della Valle fonde la maison Hogan dans les années 80, c’est avec l’idée de défendre un luxe casual. En véritable visionnaire, il est parvenu à lier décontraction et travail exquis du cuir. Et cela, c’est bien la maison Hogan qui l’incarne.

Il faut dire qu’Andrea Della Valle a hérité du même sens de l’observation et de l’anticipation que son frère Diego Della Valle. Ainsi, ses nombreux voyages à NewYork et aux Etats-Unis vont quelque peu le mettre sur la voie de la prochaine révolution esthétique à venir. Une révolution où il n’est plus question de libération radicale mais bien de libérer l’allure et l’élégance de carcans trop rigides.

Collection A/H 2021, Shootée Par Giovanni Gastel

Il raconte: « Lorsque Hogan a été créé, dans les années 80, le monde de la mode était en train de changer et notre marque a été la première à lancer le concept de baskets de luxe, un concept si pertinent dans la mode aujourd’hui. » Et le concept qui se niche derrière cette idée de basket de luxe n’est autre que celui d’un luxe casual.

Collection A/H 2021, Shootée Par Giovanni Gastel

C’est sans doute pour cela que les pièces Hogan ont rapidement eu valeur d’intemporelle… Et c’est dans l’héritage du groupe Tod’s qu’Hogan a su puiser.

Andrea Della Valle est ainsi parvenu à lier héritage et innovation autour de pièces contemporaines car révolutionnaires. Et la clientèle Hogan ne s’est depuis jamais démentie.

L’élégance cool, décontractée figure aujourd’hui le véritable ADN de la maison fondée par Andrea Della Valle.

Andrea Della Valle, L’Homme Derrière la Basket Hogan

« Le luxe fonctionnel: c’est ce que Hogan a toujours été. Une philosophie qui allie esthétique et polyvalence avec qualité, qui sait être formelle en ville, au bureau, et chic décontractée le week-end – à Hong Kong comme à Milan, Londres, Shanghai, New York » confiait Andrea Della Valle au détour d’une interview.

C’est un 1986 qu’ Hogan lance la basket « Traditional ». Une révolution esthétique.

En effet, Andrea Della Valle n’a pas tort lorsqu’il affirme: « Nous avons inventé les baskets de luxe. »

Inspirée des baskets de cricket, la Hogan Traditional fut pensée pour un mode de vie urbain. L’idée est venue à Andrea Della Valle alors qu’il se trouvait à New York. Dans les rues de Manhattan, il remarque que les hommes et les femmes se déplacent du domicile à leur lieu de travail en baskets de sport; puis une fois à destination, ils les troquent pour des chaussures de ville ou des escarpins.

Hogan “Active One”, saison P/E 2020

Andrea Della Valle a alors l’idée d’une basket sobre et élégante, légère mais éminemment luxueuse…

Hogan “Urban Trek”, saison P/E 2020

Riche du savoir-faire initié par son père et son grand-père dans la région des Marches, Andrea Della Valle a su s’appuyer sur un héritage en matière de confection de souliers pour l’injecter à une pièce définitivement contemporaine. Les ateliers du groupe Tod’s, à Brancadoro, furent évidemment mis à contribution.

Hogan “Urban Trek” saison A/H 2021

Depuis, la basket Hogan ne cesse de se renouveler. Tantôt classiques, tantôt audacieux, ses design forgent cette nouvelle idée du luxe, chaque saison un peu plus libre sans ne jamais rien perdre de son aura décontractée !

Hogan “Maxi.i.Active”, saison A/H 2021

Si Tod’s avec ses mocassins le Gommino étaient déjà une icône à l’époque,  Hogan ne tarda ainsi à se hisser au rang d’incontournable — la basket de luxe devenant une icône d’un certain style de vie. Urbain et franchement chic.

Hogan ”Interaction”, saison A/H 2021

La Collection Tod’s Et Son Gommino Pour Le P/E 2021

Sans défilé, la maison Tod’s a introduit son savoir-faire dans une vidéo mettant en vedette ses ateliers, et la vision de Walter Chiapponi.

Le Mocassin Tod’s Version P/E 2021

Pour introduire sa collection P/E 2021, la maison Tod’s a choisi d’ancrer son propos au coeur de son savoir-faire emblématique. Dans une vidéo à visionner ici, l’actuel directeur artistique de la maison met en exergue le talent de ses ateliers, et sa vision pour la saison P/E 2021.

 La maison de Diego Della Valle centre ainsi son propos sur des pièces toujours plus exquises, toujours plus précises. Et l’icône absolue de la maison Tod’s qu’est le mocassin Gommino gagne évidemment à se voir réinventer.

Dans des matériaux innovants, le voilà qui se présente dans un twist fascinant mêlant à l’artisanat si propre à la maison Tod’s, des couleurs étonnantes, et une élégance toute Italienne.

La signature T, quelque peu absente ces dernières saisons, revient ainsi piquer une ceinture dans une veine toujours aussi luxueuse, toujours autant détachée. Accessoire idéal pour la saison estivale, le Gommino s’impose une nouvelle fois par sa légèreté et le luxe sourd de son artisanat.

Une pièce forte de l’univers Tod’s qui se décrit mieux ici, mais que l’on retrouve une nouvelle fois portée avec allure autant chez l’Homme que la Femme Tod’s.

De quoi venir équilibrer les silhouettes imaginées par Walter Chiapponi. Des silhouettes Tod’s du Printemps/Eté 2021 qui distillent l’élégance casual propre à la maison — des silhouettes taillées dans ses matières de prédilection, teintées de couleurs pétillantes et finalement cool !

Walter Chiapponi signe ainsi la continuité d’une vision raffinée mais décomplexée de l’élégance — piquée d’une harmonie où les matières exquises signent des allures faciles à vivre… Façon Dolce Vita.

Les Nouvelles Hogan H357

Hogan édite ses iconiques basket H autour de couleurs pastel et terracota, et d’un style très agile.

Hogan H357 Pour Le Printemps/Eté 2020

La maison du groupe Tod’s réinvente ses baskets H357 autour de teintes pastel et terracota.

A l’instar des premières Hogan, les icônes Interactive, les Hogan 357 furent imaginées comme des baskets de luxe liant inspiration vintage et allure contemporaine. Des baskets H357 coupées dans un cuir exquis Made In Italy, elles se complètent d’inserts en tissu technique…

Des baskets signées du logo H, véritable sceau du savoir-faire Hogan orchestré par Andrea Della Valle — indubitablement lié à celui de la maison Tod’s. Style et confort donc, qui, pour le Printemps/Eté 2020, se plongent dans des teintes pastel pour Femme. Des coloris chauds et terreux pour Homme.

Un style sporty et une basket qui allie agilité et finesse — un idéal des voyages et balades à venir !

Les Nouvelles Chaussures ‘Compétition’ Tod’s

Pour le Printemps/Eté 2020, Tod’s imagine de nouvelles chaussures de nautisme. Baptisées Compétition, elles reprennent les légendaires picots !

Les Nouvelles Chaussures De Yatching Par Tod’s

On connait l’attrait particulier de Tod’s pour les belles matières, l’artisanat Italien et le style casual chic. Voici que pour le Printemps/Eté 2020, la maison de Diego Della Valle honore son ADN, en plus de sa passion pour le nautisme.

C’est ainsi qu’en s’inspirant des chaussures initialement conçues en 1995 pour l’équipage du Moro di Venezia, le voilier italien qui a participé à l’America’s Cup, Tod’s imagine les nouvelles chaussures de yatching!

La légèreté, le style et la flexibilité se rencontrent donc autour des nouvelles Compétition — des souliers fonctionnels et intemporels trempés du pur style Tod’s. Elles reposent leur praticabilité sur des picots Gommino. Tandis que leur élégance toute Italienne se sent dans un nubuck soyeux, avec des tissus tech et des insertions de cuir onctueux !

De quoi prôner des moments de liberté et de détente, dignes de la Dolce Vita — des moments prônés par l’emblème Tod’s qu’est le mocassin Gommino.

Et Tod’s imagine ces nouvelles chaussures de nautisme avec le même engouement pour le savoir-faire Italien !

Diana Et La Mode, Une Histoire d’Icônes

Lady Diana avait saisit que la mode était avant tout un langage. Un vocabulaire dont elle s’est servie pour exprimer ce qu’elle pensait… aider des icônes Versace, Dior ou encore Christian Lacroix.

Le statut d’icône de la mode de la Princesse Diana n’est plus à prouver. Cela étant, c’est en se plaçant au-delà des tendances et des attentes que la relation de Diana à la mode est devenue une affaire d’icônes.

Et c’est la période qui suivit son divorce qui fut sans conteste la plus pertinente.

Le « Look Diana »

Diana et la mode, c’est incontestablement une histoire d’icônes. A commencer par le « look Diana. »

La Princesse Diana

La femme la plus photographiée de son temps a grandi devant la caméra. Et son look témoigne de cette émancipation. Timide à son entrée dans la famille royale, c’est la séparation avec le Prince Charles au début des années 90 qui va conduire Lady Di à envoyer valser protocoles et positions convenues.

Il est certains que le « look Diana » s’est forgé à cette époque. Auparavant, on connaissant son attrait pour les pois, les métrages de tissus satiné, et les froufrous. En tant qu’ambassadrice de la couronne Britannique, la marge laissée à Diana pour s’exprimer dans ses vêtements était faible.

Lorsqu’en 1987 elle se rend au Festival de Cannes dans une robe en mousseline de soie bleu, signée Catherine Walker, elle fait sensation. Epaules larges dans des tailleurs à la coupe ample… Robe bouffantes et style meringue…

La robe Elvis, en sequins et perles avec boléro assorti, est devenue un exemple du genre des tenues de voyage diplomatique.

Comme elle, nombre de premières Dames imiteront cette idée d’adopter un classique de la couture du pays visité, de façon à honorer son hôte.

Premier membre de la famille royale Britannique à apparaître vêtu d’un jean en public, elle concourt aussi à introniser le port du denim.

Diana s’affranchit dès les années 80 des codes royaux pour imposer sa vision moderne. Et sa silhouette cintrée.

Au fur et à mesure que son mariage battait de l’aile, on a vu Diana exprimer dans ses vêtements non plus une personnalité timide et effacée… Mais une femme qui entend bien se faire entendre à travers ses vêtements. Et non plus pour ses vêtements

La Femme Diana

Dans les années 90 donc, à la recherche d’un nouveau look, Diana se rapproche de couturiers audacieux. Des couturiers qui, à leur tour, l’ont encouragée à porter des robes aux coupes décolletées et des jupes plus courtes.

Déjà ami avec Gianni Versace, Diana va se tourner vers les couturiers de l’époque. A l’exception de la maison Chanel.

Avant son divorce, il n’était pas rare de voir Diana dans l’iconique tailleur de Mademoiselle. Mais à la suite de son divorce, les deux C entrelacés lui rappelaient bien trop que le Prince Charles avait eu une affaire avec Camilla Parker Bowles…

Mais qu’importe, Diana avait trouvé chez Versace, Valentino, Lacroix et surtout Dior, les coupes et les matières idéales à sa nouvelle posture de femme.

Jacques Azagury, l’un de ses couturiers fétiches, se rappelle : « La première robe noire que j’ai créée pour elle date de novembre 1995. Juste avant la fameuse interview sur la BBC où elle révélait au journaliste Martin Bashir les dessous de son mariage, elle m’a téléphoné. Elle m’a confié que le jour de la diffusion de cet entretien, elle participerait à une soirée caritative au profit de la recherche contre le cancer pour laquelle elle voulait une robe « noire et sexy », devenue célèbre. C’était sa demande. S’habiller sexy était sa façon de dire « je suis une femme libre maintenant, je fais ce que je veux . »

Son apparition au Met Gala de 1996 résume le bouleversement dans le « look Diana. » Elle porte ici la toute première robe signée John Galliano pour Dior, plus proche d’un négligé que d’un fourreau du soir…

D’autant plus révolutionnaire si l’on compare son apparition à Chicago, en 1987, en robe Versace et chaussures Jimmy Choo.

Dans les années 1990, Lady Diana, après avoir refondé son look, se prête volontiers à l’exercice qui vise à faire la couverture de Vogue. Orchestrée par Liz Tilberis pour le Vogue Britannique, c’est Patrick Demarchelier qui va capturer la nouvelle Diana. Mais surtout donner à Vogue et aux portraits royaux une haute dose de modernité !

Le « look Diana » a ainsi posé de nouvelles bases à l’élégance. De superbes coupes, des matériaux luxueux, des robes au décolleté carré, accessoirisées avec ses chokers de diamants iconiques.

Sacs à main, et chaussures coordonnées… La signature Diana a très vite conquis le monde de la mode.

En parlant de sac à main justement. Il n’est pas surprenant que l’icône de la maison Dior fut baptisé Lady Dior. Offert par Bernadette Chirac lors de sa visite officielle en France pour l’exposition Cézanne au Grand Palais, en 1995, le sac n’avait pas de nom et…

C’est au bras de lady Di qu’il entra au panthéon des icônes de mode. Tout naturellement, la maison Dior l’a renommé Lady Dior, en 1996.

Seulement, chez la Princesse Diana, la mode était plus qu’une faire de mondanités. « Derrière chaque robe, il y avait un message ou une intention précise » ajoute l’un de ses couturiers fétiches, Jacques Azagury.

La Mode Comme Vecteur de Communication

Consciente du message véhiculé par le vêtement, Diana a consciemment choisi nombre de ses pièces pour devenir historiques. La plupart lui permettant d’exprimer ce qu’elle pensait, sans avoir à discourir.

La Mode Et Diana, Une Histoire D’Effets

La Princesse Diana a très vite utiliser sa notoriété pour attirer l’attention sur des problématiques humanitaires. Et l’un de ses gestes les plus historiques tient exactement de cela. Lorsqu’elle visite des malades atteints du SIDA, en plein épidémie, à une époque où le mode de transmission restait très flou, Diana retire ses gants de manière très visible pour tenir la main d’un patient.

Très tôt dans sa vie publique, elle a appris une leçon importante sur la façon de communiquer à travers ses vêtements. Et si au début de sa vie publique, ses paroles comme ses vêtements étaient sous cloche, dès qu’elle en fut libérée, Diana sut exactement ce qu’elle voulait montrer.

Son couturier de longue date Jasper Conran, expliquait ainsi lors d’une interview: « Chaque fois que la princesse discutait de ses vêtements avec moi, une partie de la discussion était toujours:’Quel message vais-je transmettre si je porte ça?’ Pour elle, c’est devenu un vrai langage, celui des vêtements. »

Elle ne portait pas de gants car elle aimait tenir les mains des personnes. Elle portait parfois de gros bijoux pour que les enfants puissent jouer avec. Et, elle ne portait jamais de chapeaux dans les hôpitaux pour enfants, parce qu’elle disait qu’on ne pouvait pas câliner un enfant avec un chapeau. Diana voulait que son look soit à l’image de ses engagements — profondément sincère.

Aidée des iconiques couturiers Versace, Dior ou Christian Lacroix, Diana a ainsi pu donner à son allure l’écho de son émancipation. La série réalisée par Vanity Fair, en 1997, l’année de sa disparition, par Mario Testino, révèle tout de ce rapport aux vêtements.

Chez Diana, la mode est une affaire de personnalité. Arborant une robe épurée de Gianni Versace, ces photographies montrent tout le glamour d’une femme qui est devenue une icône. Ces photos aussi iconiques soient elles, révèlent sa personnalité, elle-même encore plus iconique !

Et le coup le plus médiatique de Diana est ainsi advenu à travers une robe… La mythique Revenge Dress.

La Revenge Dress

Juin 1994. Le Prince Charles reconnaît, lors d’une confession télévisée, avoir été infidèle à Diana. Le soir même, la princesse Diana se rend à la fête d’été de la Serpentine Gallery, à Londres. Le lendemain, la presse ne retient que cette robe — baptisée Revenge Dress.

Eclipsant son ex-mari avec cette robe, Diana a fait de la mode son arme la plus efficace pour renverser la situation… Elle a littéralement volé la première page au prince Charles. Evidemment, tout était calculé.

Christina Stambolian, la couturière derrière la Revenge Dress, raconte ainsi que Diana possédait cette robe depuis trois ans, avant d’avoir trouvé le courage de la porter. Diana jugeant « qu’elle était trop audacieuse. »

Mais pas pour cette occasion. Plus que jamais, Diana a prouvé sa capacité à utiliser ses vêtements et la mode pour communiquer un message.
Celui d’une Princesse différente. Celui d’une femme dont l’allure traduit la liberté, de ton et de pensée. Et c’est en cela que Diana et la mode tient avant tout d’une historie d’icônes…

S’appuyant ainsi sur cette personnalité solaire, la mode a aussi cherché à actualiser ses icônes. Honorant ainsi le style et l’élégance de Diana qui en avait fait son sac favori, la maison Tod’s a édité une nouvelle version de son sac iconique vu aux bras de Diana… Le baptisant, cette fois, le D-Bag.

Et il est vrai que le style Diana trouvait dans le confort et le raffinement décomplexé des Gommino de la maison Tod’s, un certain point d’appui pour renverser le monde !

Marlon Brando, Icône De La Mode Masculine

Il a incarné, à l’écran comme à la ville, l’idéal de la mode masculine. Mais à la différence d’autres icônes, le style Marlon Brando a notamment forgé celui de la rébellion de toute une époque.

Le style de Marlon Brando a si parfaitement articulé le zeitgeist de son temps qu’il est devenu une pierre angulaire de la mode. Une influence considérable sur ses contemporains et les générations à venir… T-shirts et vestes en cuir, jean ou caban — nombre des pièces fétiches de Marlon Brando sont devenues des basiques de l’élégance masculine. Une élégance qui tient surtout à une certaine idée de l’homme.

Marlon Brando, Les Films Et La Mode

Salué par beaucoup comme le véritable rebelle d’Hollywood, Marlon Brando a en effet joué selon ses propres règles. A l’écran comme à la ville.

Un Tramway Nommé Désir, Et Le T-shirt Blanc

1951. C’es un film sorti cette année là qui changera la façon dont les hommes vont se vêtir pour les générations à venir. Ce film, c’est l’oeuvre d’Elia Kazan, avec Marlon Brando en vedette. Il n’est peut pas encore le monstre sacré du cinéma, pour reprendre une expression de Jean Cocteau, mais Marlon Brando porte déjà tout des revendications de son époque.

Il y a d’abord son jeu d’acteur, hérité de sa formation à l’Actors Studio. Un jeu tout en retenu et en retrait plutôt qu’en grandiloquence. Et la formule marche aussi pour son style. Le style Brando se définit ainsi dans la mesure, le réalisme et le rejet des codes de son époque.

Loin de la masculinité formelle et endimanchée, celle de Marlon Brando va faire écho à la période de trouble et de bouleversements sociaux et culturels que connaissent les Etats-Unis dans les années 50.

Et le film Un Tramway Nommé Désir est un jalon de cette histoire. Le corps puissant de Brando fut en effet mis en valeur dans un t-shirt humble, mais puissant d’éloquence. Il dit ce à quoi Marlon Brando et sa génération n’adhère pas.

Ce t-shirt donc, emprunté au dessous des hommes, et notamment de l’uniforme militaire — ce t-shit va devenir une icône de la mode.

Et pour Un Tramway Nommé Désir, la légende raconte que le réalisateur Elia Kazan a fait laver les t-shirts plusieurs fois dans le but de les rétrécir. Il les a ensuite fait ouvrir dans le dos, avant de les coudre sur Marlon Brando.

Symbole vivant du rejet d’une esthétique masculine traditionnelle… Moulant, simple et fonctionnel, le t-shirt va devenir l’emblème de cette jeunesse qui rejètent les codes et le mode de vie de ses aînés. Gore Vidal, célèbre critique de cinéma, parlera de « tremblement de terre. »

par Richard Avedon, en 1951

Dès lors, Marlon Brando devient l’incarnation idéale de la jeunesse Américaine — cheveux décoiffés, corps athlétique, teint mat… Et rejet du conformisme. Un élément que l’on retrouve plus brillamment encore dans le film L’Equipée Sauvage.

Denim Et Perfecto, Icônes De L’Equipée Sauvage

La représentation iconique de Marlon Brando en 1953 dans L’Equipée Sauvage va, là encore, cimenter tout un pan de la mode masculine. C’est bien ce film qui a fait entrer le perfecto, le blue jean et l’attitude de l’anti-héros au panthéon de la culture populaire.

Dans le film de László Benedek, Marlon Brando campe Johnny Strabler, un membre de gang de motards — rebelle et très stylisé. En effet, on a principalement retenu de ce film le style de Marlon Brando.

Veste de motard lourde, et imposants bijoux métalliques, bottes et jean Levi’s enroulé… L’allure est devenue une icône, encore bien visible aujourd’hui !

Une allure si universelle qu’elle habillera la norme, les motards ou les punks — le W-Style One Star de Schott porté par le personnage de Johnny Strabler va entrer dans la légende des contre-cultures.

L’outrage à la société Américaine d’alors est d’une telle force que le perfecto est banni des lycées.

Il s’en étonne lui-même, dans une interview en 1994, à propos de ces films qui changèrent la mode masculine: « Je me suis amusé à le faire, mais je ne m’attendais pas à ce que cela ait un tel impact. J’ai été aussi surpris que quiconque lorsque des t-shirts, des jeans et des vestes en cuir sont soudainement devenus des symboles de rébellion…

Les ventes de vestes en cuir ont explosé, et cela m’a rappelé ‘New York, Miami’, quand Clark Gable a retiré sa chemise, révélant qu’il ne portait pas de maillot de corps, ce qui a entraîné un désastre pour l’industrie textile. »

Mais voilà, aussi sulfureux et populaire que devint ce style de rebelle, Marlon Brando, lui, affichait volontiers sa désinvolture dans des pièces un brin moins connotées. Dans des chemises à carreaux en flanelle, des pantalons amples en coton et des tricots ajustés, Marlon Brando allait aussi redéfinir l’élégance casual des hommes de son temps.

Une élégance casual qui, d’ailleurs, a résonné plus tard avec celle du mocassin Tod’s.

Marlon Brando, Figure de l’Elégance

Marlon Brando figure l’élégance de même manière qu’il travaille ses personnages. Sans tapage ni ostentation, l’élégance de l’acteur s’appuie sur des pièces devenues des classiques. Des classiques toutefois imprégnés de son attitude insoumise !

Marlon Brando, Icône Du Glamour Décomplexé

Marlon Brando a cela de différent des autres acteurs de son époque qu’il n’a jamais cherché à jouer avec les mêmes règles. Il n’avait ainsi pas aucun souci d’étiquette à se présenter aux premières de ses films, vêtu d’un jean. Un choix très mal vu à l’époque — mais une révolution pour la mode.

Le sex-symbol de son temps était en fait un homme de style. De ceux qui lancent des légendes. A l’instar des montres Rolex.

À 19 ans, Brando reçut une Rolex Oyster Royalite par ses parents. Dès lors, l’acteur restera fidèle à la maison horlogère qui accompagna nombre d’exploits.

D’ailleurs, en 2019, c’est l’une de ses Rolex, portées dans Apocalypse Now, qui établie un nouveau record. Comme la maison d’enchère Phillips le disait: « Nous avons peut-être battu un nouveau record. Pas celui de la Rolex la plus chère, mais celui de l’enchère la plus longue. »

Le résultat? La Rolex de Marlon Brando portée en 1979 pour le film s’est envolée pour plus d’un millions d’euros.

Adepte d’un style élégant et des costumes bien taillés, le style Marlon Brando est aussi versatile qu’il sonne toujours juste. Et, comme un contrepoint à son début de carrière ayant forgé les icônes mode de la jeunesse, c’est Le Parrain qui relancera sa carrière. Ainsi qu’une nouvelle vogue pour les costumes. Très sophistiqués.

Le Parrain, Et Les Costumes Italiens

Marlon Brando et son attrait pour la sophistication des costumes bien taillés se lit déjà dans un éditorial, réalisé en 1946, par le mythique photographe Cecil Beaton. Dans les pages du Vogue, on y voit le futur idole des jeunes rebelles briller d’élégance dans un pardessus oversize à double boutonnage.

En 1972, il fait son retour dans le Parrain de Francis Ford Coppola. Un film aussi iconique pour son histoire que pour le goût de ses personnages pour les costumes trois-pièces. Et c’est bien ce film avec Marlon Brando qui remis au goût du jour l’intérêt et l’admiration pour l’art des tailleurs Italiens.

Intemporelle, cette élégance masculine remet en lumière, aussi, les vestes de dîner et les longs cabans en cachemire. Don Corleone par Marlon Brando imprègne ainsi l’imaginaire de la mode, et la culture populaire de l’intemporalité du style à l’italienne. Un style qui révèle tout l’art de la couture, et le glamour au masculin.

On voit ainsi toute l’influence de Marlon Brando sur la mode, la figure d’idéal et le corps masculin… Un corps qui devient un objet, aussi sensuel qu’alluré !

Les 133 Picots Tod’s, Code Iconique

Les 133 picots constituent la signature de la maison Tod’s. Une maison qui préfère à son logo, apposer les picots comme code exclusif.

Le Logo Tod’s Et Les 133 Picots

En tant que maison ancrée dans le luxe et le savoir-faire Italien, Tod’s ne distingue que rarement ses créations en y flanquant son logo. C’est dans les détails exquis et les picots que l’on devine les pièces Tod’s.

Le Logo Tod’s

C’est souvent dans les logos que les maisons distillent l’essentiel de leur vision. Avec Tod’s, Diego Della Valle a fait plus qu’apposer un nom. Il a en effet transformé la petite usine familiale en un groupe global assurant la pérennité de l’artisanat. Italien d’abord, Français ensuite.

En effet, on lui doit le réveil de la maison Schiaparelli et celui de Roger Vivier. Et c’est peut être bien cela que l’on peut lire dans le logo Tod’s.

Un nom Tod’s, choisi car il est facile à prononcer dans toutes les langues… Un nom à consonance internationale donc, placé au centre d’un ovale où viennent se flanquer deux têtes de lions rugissantes.

Si l’on extrapole un peu, on peut aisément comprendre que Tod’s se place entre ces lions, mythique symbolisation des gardiens — faisant de Tod’s elle même une maison gardienne du savoir faire ancestral de l’Italie…

Et le PDG emblématique de Tod’s précise bien volontiers sa connexion avec sa terre natale. Un terre Italienne de la région des Marches, d’où son grand-père puis son père ont orchestré les fondations rendant possible l’émergence du groupe Tod’s.

« Je suis né dans le village d’à-côté, ma famille y vit encore. C’est un lieu très paisible, très simple. J’adore m’y promener, boire un cappuccino en terrasse avec mes amis d’enfance. C’est tout cela l’Italie pour moi, et j’essaie de le retranscrire dans mon travail. Nous avons de la chance car nous savons fabriquer des choses de qualité, avec de belles matière et un savoir-faire hors pair. C’est important pour moi de continuer à faire rayonner l’Italie à travers le monde. »

Et l’exemple le plus probant reste l’iconique Gommino. Une banale driving-shoes remarquée par Diego Della Valle. Transformée en chaussure de luxe par le savoir-faire de Tod’s.

Les 133 Picots: Du Gommino A La Signature Tod’s

Car là où Tod’s confectionne des pièces clairement luxueuses, la maison tient à la discrétion — ne signant que rarement ses objets de son logo. A l’instar de l’icône de Tod’s, le mocassin.

Une driving-shoes donc aperçue par Diego Della Valle lors d’un rallye automobile aux Etats-Unis… Diego Della Valle va la taillée dans le cuir exquis de sa maison en 1978 — en même temps qu’il va le piquer de 133 picots. La discrète signature de la maison.

Il raconte ainsi: « Alors qu’à l’époque, en Italie, on était toujours tiré à quatre épingles, j’ai voulu créer un produit casualà porter la semaine avec un costume, le week-end avec un jean : c’était ça la grande idée de Tod’s. Avec une innovation majeure : donner de l’élégance à une semelle de caoutchouc. »

En effet, le caoutchouc est alors perçu comme « franchement cheap » tranche Diego Della Valle. Une matière qui trouve cependant grâce à ses yeux d’esthète… Car, il en est convaincu, ces picots sont gage de confort absolu.

Car sur ces 133 picots, les formes plus ou moins rondes ou ovales se succèdent pour une adhérence optimale.

Ainsi donc, après un marketing éclairé et avant-gardiste pour l’époque, le mocassin aux 133 picots se hisse au rang d’icône. Un symbole du luxe décontracté de la maison Tod’s… qui se retrouve aux pieds de Gianni Agnelli, le patron de Fiat, des Kennedy, Audrey Hepburn ou encore la Princesse Diana.

Un style qui transcende les tendances et les goûts — le Gommino doit au savoir-faire des ateliers Tod’s d’avoir fait de ses picots un élément luxueux et très élégant !

Une signature discrète mais connue de tous qui se prête aussi volontiers aux collections capsules. Dernière en date, avec le très espiègle Alber Elbaz.

Un effet Gommino qui signe aussi des pièces plus innovantes, comme en 2020 avec ces chaussures de yatching, baptisées Compétition.

Un travail effectué à la main, où la machine complète harmonieusement le travail des artisans Tod’s — voici bien ce que démontrent les 133 picots et le logo Tod’s. Une maison qui se place en gardienne de l’artisanat.

Le Gommino Et La Collection Tod’s Automne/Hiver 2020

Première collection de Walter Chiapponi pour Tod’s. Il place au coeur de son défilé des notions phares dans l’ADN de la maison — une femme chic et riche de l’art de vivre à l’Italienne… Chaussée d’un Gommino réinventé.

Le Gommino de l’Automne/Hiver 2020

« Pour moi, Tod’s c’est le chic, l’art de vivre à l’italienne, une femme qui profite de la vie. Avec cette première collection, je voudrais en donner une version audacieuse, un peu rebelle, visant plus de décontraction. » Les propos du directeur artistique de la maison Tod’s font mouche. Il est vrai que la femme Tod’s a aujourd’hui quelque chose d’un peu différent.

Son allure d’abord. En directe ligne avec l’esprit qui a poussé Diego Della Valle à fonder sa maison en 1978, celle-ci jouit d’une approche décontractée — des pantalons larges et mouvants habillent la femme Tod’s de l’hiver prochain. Un tailoring doux mais précis qui distille cette fameuse sophistication Italienne.

« Je voulais ramener un sens du bon goût italien, cette joie de vivre, un certain style de vie détendu mais sophistiqué. Et la sensualité, c’est comme un gros point d’exclamation dans la collection. »

Et que chausser de mieux que l’iconique Gommino. Chaussure clé du vestiaire Tod’s, epitome de l’allure chic mais cool, il se perche cette saison sur un talon imposant. Une touche chunky dans une silhouette flirtant doucement avec les années 70 — teintée des couleurs chères à la maison Tod’s… Des couleurs chaudes, du marron, du blanc et des teintes tabac. La ligne Tod’s de l’Automne/Hiver 2020 se conclut sur un Gommino idéal pour les femmes d’aujourd’hui !

A leurs bras, le non moins iconique sac Timeless T apparaît dans un matelassé recouvert de couleurs acidulées. Dans un esprit visant à magnifier les tenues du quotidien, Walter Chiapponi offre donc un vestiaire féminin mais désinvolte, sophistiqué mais décomplexé. Le bon goût Italien couplé à des matières appréciées de Tod’s —  le tweed, le coton et le cuir, évidemment.

Diego Della Valle, Le PDG Emblématique De Tod’s

Ou comment Diego Della Valle a fait de la petite usine dont il a hérité l’un des groupes les plus importants du luxe.

Diego Della Valle, Une Histoire Italienne

« C’est mon histoire. Encore aujourd’hui, j’ai besoin de toucher le cuir. » Les mots de Diego Della Valle résonnent en effet avec son histoire familiale.

Etabli appartenant au grand-père de Diego Della Valle

Car là où l’on connaît aujourd’hui Tod’s comme un groupe florissant, il fut un temps où la maison n’était qu’une modeste affaire familiale, de la région des Marches, au centre-est de l’Italie. En effet, c’est au grand-père de Diego Della Valle que l’on doit l’esquisse de ce qu’est Tod’s aujourd’hui. Et l’histoire s’écrit dans les années 1920…

Diego Della Valle, c’est une histoire Italienne — d’abord celle de Filippo Della Valle. Le grand-père du PDG emblématique de Tod’s fonde en 1920 une échoppe où il opère comme savetier. Une petite cordonnerie donc qui, en 1940, connait une transformation radicale.

C’est là que le père de Diego Della Valle, Dorino, transforme la petite échoppe en usine. C’est cette usine qui devient celle de la maison Tod’s, dès 1978. Car voici l’histoire de Diego Della Valle.

Après avoir étudié le droit à Bologne, il interrompt ses études et demande à son père de l’intégrer à l’entreprise familiale. Son père accepte. Et lui qui confectionne déjà des souliers pour des maisons prestigieuses, envoie son fils à New York pour démarcher de nouveaux acheteurs.

Dès 1975 donc, Diego Della Valle, s’envole pour New York, les valises pleines d’échantillons des chaussures travaillées par son père. Avec l’audace et le charisme qu’on lui connait aujourd’hui, il convainc Calvin Klein, ou encore Azzedine Alaïa de confier leur souliers à l’entreprise.

C’est d’ailleurs lors de l’un de ces voyages qu’il a l’idée du mythique mocassin Gommino.

En 1978 donc, il succède à la tête de l’entreprise familiale, et lui donne le nom de J.P. Tod’s. Longtemps la rumeur circulait que ce nom, Tod’s, fut trouvé dans un bottin de Boston. Mais Diego Della Valle a longuement démenti. Dans ce nom, Tod’s, il y a bien sa volonté de trouver un nom Anglo-américain, facile à prononcer par tous !

Ainsi, en 1997, Tod’s abandonne le J.P et devient le groupe Tod’s. Un groupe qui n’a pas abandonné le coeur de son luxe: une production Made In Italy. Une production réalisée dans l’usine familiale à Casette d’Ete.

L’emblématique PDG de Tod’s défend ainsi l’artisanat, quelqu’il soit. Notamment après avoir créé les première sneakers luxe sous sa nouvelle maison Hogan

En 2001, il ravive ainsi la préciosité jusque là endormie de celui qui, notamment, chaussa la Reine d’Angleterre pour son couronnement. Tod’s rachetait en effet la maison Roger Vivier…

En 2006, c’est l’extravagance sans pareille de la maison de couture Schiaparelli qu’il s’attache à réveiller ! Il rachète la maison, et, au vue de la première collection couture réalisée par Bertrand Guyon, en 2017. Ça marche !

Diego Dela Valle, Le Luxe Et Le Casual Made In Italy

« Je préfère la qualité au luxe […] Le luxe peut devenir du mauvais goût quand c’est trop. Vous devez avoir le mélange parfait de bon goût et de charme. » Et c’est à ça que l’on reconnait le style Tod’s.

Le style Tod’s, Casual Chic

C’est au cours de ses voyages à travers les Etats-Unis que l’emblématique PDG de Tod’s a définit l’essence du style Tod’s. Un style casual chic directement inspiré de la côte Est des États-Unis…

Mais couplé au Made In Italy, ce style gagne en luxe ! En misant ainsi sur la qualité exceptionnelle développée depuis des siècles par les artisans Italiens, Tod’s vise un style intemporel. Un style devenu l’icône de la Dolce Vita.

Bernard Arnault aime à le dire: « Diego est l’exemple même de l’entrepreneur qui puise son inspiration dans la tradition artisanale italienne. La créativité et le succès de Tod’s lui doivent beaucoup. Comme membre fidèle du conseil d’administration de LVMH, il y apporte tout son talent et sa grande expérience. »

Une ligne urbaine où confort et élégance se mêlent autour de collections qui, bien qu’introduites chaque saison, portent en elles une dimension éternelle. Il faut dire que l’exemple phare du style Tod’s, le Gommino, dit tout de cette élégance sans saison.

Le Gommino, Icône Du Style Tod’s

Le Gommino, Diego Della Valle en a l’idée dans les années 70. Il a en effet 24 ans lorsqu’il assiste à un rallye automobile aux Etats-Unis. Là, son oeil d’esthète remarque les chaussures portées par les pilotes. Une chaussure dont la semelle, parsemée de picots en caoutchouc, évite de déraper sur les pédales.

A la fois chic et sportif, c’est le design de cette chaussure qui va lui inspirer l’un des souliers les plus iconiques de notre temps.

Le mocassin Tod’s est ainsi né. Avec ses 133 picots et son cuir de haute volée, il est l’incarnation de l’ambition qu’a Diego Della Valle pour la maison Tod’s. Leur fabrication est brevetée… La combinaison de caoutchouc – alors considéré comme bon marché et déclassé – avec le cuir fin que Diego Della Valle a utilisé pour la chaussure a produit ce qu’il nomme « une paire de gants pour les pieds. »

Mais voilà, le Gommino ne trouve pas son public. Et c’est là que le PDG de Tod’s va jouer de tout son talent. Il transforme l’essai autour d’un coup marketing qui a fait Ecole. Puisque dans les années 80, Diego Della Valle va envoyer des paires de mocassins Gommino aux icônes d’alors.

A commencer par le mythique patron de Fiat, Giovanni Agnelli… Très vite, on voit ces Gommino aux pieds d’Audrey Hepburn, Steve McQueen, les Kennedy… Et glissé dans ceux de la princesse Diana, le Gommino va atteindre des sommets de désidérabilité.

Une fusion du style Italien et Anglo-américain qui incarne aujourd’hui encore un mythe de la chaussure. Une chaussure qui distille à son tour le mythe de la Dolce Vita.

La Collection Tod’s Et Le Gommino De l’Automne/Hiver 2020

Première collection de Walter Chiapponi pour la maison Tod’s, celle-ci puise dans les racines de la griffe l’attitude de l’Automne/Hiver 2020. Et si l’élégance était l’ultime pied-de-nez au conformisme?

L’Homme Élégant S’Habille En Tod’s

Pour sa première collection au poste de directeur artistique de la maison Tod’s, Walter Chiapponi réactive le T Club — ces hommes qui ont fait du savoir-faire Tod’s l’élément clé de leur vie. Plutôt de leur savoir-vivre. Connue pour son travail onctueux et exquis sur le cuir, la maison offre depuis longtemps un vestiaire précis mais nonchalant. Un vestiaire coupé au cordeau pour des hommes en quête de beauté. Et c’est précisément ce vestiaire que Walter Chiapponi a réactivé pour l’Automne/Hiver 2020. Il précise « J’ai commencé par étudier les archives de cette maison vraiment à part, mais ma plus grande inspiration cette saison, c’est Monsieur Diego Della Valle. Un homme de goût qui possède une immense collection d’art et de beaux objets. »

Le Style A L’Italienne? Le Gommino Tod’s

Pour sa première collection, Walter Chiapponi, ancien de Givenchy, Valentino, Gucci ou encore Bottega Veneta, distille ainsi une aura très familière. Beaucoup du style à l’Italienne, mais version Tod’s. « Je voulais retrouver ce buon gusto typiquement italien » — là où les maisons se lancent dans une créativité débridée, il fait de Tod’s le garant d’un vestiaire noble et racé.

Mais attention, il y a une grande part de rébellion là dedans. Le genre de rébellion portée par les dandys. A contre-courant, les hommes Tod’s arborent ainsi les classiques avec fracas. A leur pieds, l’iconique Gommino distille son caractère quasi-éternel mais, cette fois, piqué du T réapparu des archives.

Oui, le T récemment vu sur le Timeless bag, fait son retour et signe les Gommino de l’Automne/Hiver 2020. Coupé dans le cuir de veau ou le daim, formel ou chunky, le Gommino ne perd en rien son caractère plus que parfait. Au contraire — sous l’impulsion de Walter Chiapponi, il flirte avec une allure vintage dès plus actuelle.

Un brin seventies, toujours aussi allurées, les silhouettes des hommes Tod’s de la saison prochaine achèvent de répondre à la question — l’artisanat et l’élégance du geste sont assurément le dernier rempart au conformisme