Maria Callas, Divine Icône Couture

Elle fut, peut être, l’une des dernières divas. Au sens propre: Maria Callas fut de celles qui, à la vie comme à la scène, ont incarné la splendeur de la Haute Couture. Avec un naturel déconcertant !

Maria Callas, La Couture En Scène

Maria Callas a su dépasser son statut de cantatrice Grecque pour atteindre celui d’icône internationale. Une icône au destin tragique, peut-être, mais qui a laissé derrière elle la force et la grandeur d’une artiste hors pair.

Une artiste lyrique qui, en plus de sa voix iconique, a largement compris l’intérêt des silhouettes exquises pour transmettre tout le génie dont elle fut dotée.

Le Chef Leonard Bernstein, aux côtés de qui elle se produit dans les années 50, ne se trompe pas lorsqu’il affirme qu’elle est « la plus grande artiste au monde ».

La Naissance De La ‘Divina’

Si les premières photographies de Maria Callas montre une jeune femme timide, il suffit de voir comment la cantatrice a su s’appuyer sur la couture et la mode pour ciseler ses rôles au plus près de leur grandiloquence.

Ainsi, la Callas, comme on l’appelle, n’a pas seulement bouleversé l’art lyrique au travers d’un jeu d’actrice éminemment puissant. Maria Callas a su tirer de son corps, sa posture et ses mouvements une narration plus forte encore !

Utilisant ainsi son corps de manière expressive, elle a su s’appuyer sur le pouvoir transformateur de ses costumes de scène.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, il est bon de rappeler que c’est à travers cette double dialectique du corps et du vêtement que Maria Callas a atteint des sommets pour rendre plus crédible son interprétation. Et quelle interprétation! On parle ici de personnages d’opéra, antiques ou chrétiens. Peu étonnant alors que Leonard Bernstein l’ait surnommé ‘la Bible de l’opéra’.

C’est simple, tous les grands rôles d’héroïnes lui semblaient destinés. Sa présence magnétique et sa puissance vocale furent ainsi doublées d’un corps destiné à être recouvert des silhouettes les plus abouties. Des interprétations proches de la transe qui ont largement contribué au mythe de la ‘Divina’.

Les Costumes Emblématiques De La Callas

Maria Callas avait le glamour scellé au corps. Qu’elle se glisse dans des robes aériennes, des fourreaux ravageurs, des fourrures opulentes, des capes volumineuses ou des costumes à la limite de l’extase — tout, absolument tout renversait l’attention du public.

Avec un goût excellent pour le choix de ses costumes, Maria Callas a contribué à faire entrer au panthéon de la couture et de la mode nombre de ses costumes de scène. Des références pour les professionnels, et des souvenirs inaltérables pour les amateurs.

C’est ainsi que les costumiers de ses différents opéras ont aussi contribué au mythe de la Divina. L’apparente simplicité de ses costumes cachait en effet une structure très élaborée — laissant ainsi à la seule de Maria Callas le pouvoir d’exulter beauté et émotion.

Le secret? Des soufflets de tulle chair, dissimulés dans les coutures des corsages, augmentent la capacité élastique des tissus. Laissant ainsi Maria Callas libre de respirer plus facilement.

Elle a pu ainsi insuffler aux oeuvres magistrales de l’opéra une nouvelle interprétation plus vivante encore !

Et au fur et à mesure que sa carrière s’épanouissait, ses silhouettes se précisaient… Ses rôles d’opéra ont donné naissance à un éventail de pièces et de bijoux aussi éblouissants que dramatiques — des icônes du genre !

Parmi ses costumes les plus emblématiques, les robes qu’elle arbore pour La Traviata. Ceux encore de la Tosca.

Ceux de l’Aida de Verdi, Norma de Bellini et Medea de Cherubini…

Ses 63 silhouettes, encore, qui s’emboîtent tel un enchantement tout au long de l’opéra Casta Diva.

Des performances tout bonnement divines doublées de costumes fantastiques… C’est encore en actrice dans le film Médée de Pier Paolo Pasolini que Maria Callas subjugue littéralement ! Des colliers en cuivre doré dessinés par Pier Paolo Pasolini lui-même…

Drapée de perles ou glissé dans une étole de velours rouge foncé… Comment oublier sa performance du le 5 juillet 1965 dans Tosca au Covent Garden de Londres. La Callas respirait la sophistication…

Enfin, dans le rôle de Norma dans « Norma » Vincenzo Bellini, Maria Callas atteint des sommets dans une longue cape en velours rouge, bordée de galons or et d’une frange en chenille rouge…

Et sa maîtrise du glamour ne s’arrêtait pas à la scène.

Maria Callas, La Haute Couture Au Quotidien

Maria Callas, La Magnificence De Tous Les Jours

Maria Callas exaltée la beauté et le glamour dans la vie de tous les jours, aussi. C’est à la Milanaise Elvira Leonardi Bouyeure dite Biki qu’elle confiait la réalisation de ses costumes de scène. Et de ville aussi !

Et lorsque Biki est interrogée sur le style Callas, elle répondait sans détour en 1957; Maria Callas est passé de la « paysanne endimanchée » à la « femme la plus élégante du monde. »

Parmi les autres noms ayant largement contribué au glorieux vestiaire de ‘La Divina’, nuls autres que Christian Dior, Lanvin et Yves Saint-Laurent !

Ils ont chacun apporté leurs visions à ses ensembles sur scène, et l’ont accompagné aux quatre coins du monde, dans sa vie ô combien turbulente.

A Milan, en 1958, comme plus d’une fois d’ailleurs, elle se fait photographier en Christian Dior. Cette fois, c’est dans une robe de bal à l’imprimé floral.

Ainsi, La Callas, en tant que directrice de la prestigieuse Julliard School à New York, de 1971-1972, s’appuyait notamment sur un chemisier et une jupe, teinte noire, signée de l’élégance très moderne de Yves Saint-Laurent.

Devenue aussi un personnage central de la jet-set internationale, on pouvait apercevoir Maria Callas à Capri ou Porto Fino, aux côtés de son grand amour tragique, Aristotele Onassis.

Une pochette Bvlgari incrustée de diamants… Un sac Gucci offert en cadeau par la princesse Grace de Monaco.

Côté joyaux, les goûts de la Callas étaient à la hauteur de ses performances scéniques — tout simplement éblouissants.

Signés Cartier ou Swarovski. Pour sa première apparition en tant que Tosca, ses bijoux de scène ont été conçus par le metteur en scène MET Dino Yiannopoulos, exécutés exclusivement pour Callas par Swarovski.

Sur de nombreuses photos, elle porte une paire de boucles d’oreilles en diamants et rubis signée Van Cleef & Arpels. De même qu’un somptueux collier formé de deux rangs de rubis de taille coussin bordés de diamants… Une superbe broche en forme de feuille, sertie de diamants de taille marquise et de rubis de taille coussin, signée aussi Van Cleef & Arpels

Autant de témoins éternels des années de glamour, d’ostentation et d’opulence — des années où Maria Callas irradie de beauté et de raffinement…

Un glamour que la plus adulée des chanteuses lyriques du XXème siècle a laissé dans la mémoire commune.

L’Heritage De Maria Callas

A regarder nombre de collections, Haute Couture ou prêt-à-porter, on sent tout l’héritage de Maria Callas dans l’inventivité des designers contemporains.

Nombre de silhouettes de Marc Jacobs semblent faire écho à son aura incomparable. Mieux, Pierpaolo Piccioli chez Valentino n’a-t-il pas dédié une collection entière à la Divina? On reconnait son influence dans ces coiffures grandiloquentes et ses silhouettes opératiques au glamour éternel.

C’est aussi, parfois, dans des détails que l’on peut lire toute l’influence de Maria Callas. Un héritage qui semble se lire dans le désormais mythique manteau brodé Dior Kim Jones. Une pluie de strass pour l’Automne/Hiver 2021 qui rappelle certes une pièces des archives de la maison Dior. Mais qui sonne, aussi comme cette longue cape en velours rouge bordé de galons or et d’une frange en chenille rouge portée par Maria Callas pour le rôle de Norma…

Une vie comme une oeuvre d’art et de mode donc.

Entre Cape et Robe, le Rouge Opéra Valentino ne Perd Rien de Son Cachet pour le Printemps/Eté 2019

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« J’ai beaucoup songé aux paradis dernièrement, aux endroits où les artistes d’autrefois voyageaient, je pense, afin de pouvoir explorer leurs identités. On parle souvent d’évasion, mais je pense que c’est plutôt une façon de construire son identité. » Pierpaolo Piccioli pense en effet pour Valentino une collection Printemps/Eté 2019 emprunte de magnificence et de pragmatisme — une série de pièces adressant avec pertinence les codes phares du fondateur. Et parce que Valentino c’est d’abord une affaire de couture, les pièces de la saison prochaine se taillent au cordeau dans une volonté simple : poésie et émotion. Mais la flamboyance de la femme Valentino n’est jamais bien loin ! 

 

Et c’est dans une pièce hybride, entre la robe et la cape, que vient s’inscrire l’extravagance iconique de la maison. Ce rouge explosif qui, on le sait, tient de la révélation. Valentino Garavani raconte avoir « eu un des plus grands chocs de ma vie à Barcelone : alors étudiant, invité au théâtre de l’Opéra, émerveillé, je vis dans une loge une femme aux cheveux gris, très belle, habillée de velours rouge. Parmi toutes les couleurs portées par les autres femmes, elle m’apparut unique, isolée dans sa splendeur. » Cette déesse rouge est une nouvelle fois rappelée à la vie par un Pierpaolo Piccioli au sommet de sa couture. Fabuleuse et flegmatique. 

 

Ici, rien d’ostentatoire. « Je voulais réaliser le rêve de la couture, pour que le fantasme devienne réalité. » La pièce vedette du Printemps/Eté 2019 distille donc une jolie poésie autour d’une silhouette certes dramatique mais sans tapage ! Cette femme est sensationnelle ; dans ses sandales plates et robustes et plumées, la voilà qui démontre une couture sans faille et surtout sans manière. C’est bien ça, la force d’une maison de la trempe de Valentino — celle d’une femme toute en grâce et personnalité. Une femme qui habille le vêtement plutôt qu’elle ne le lance à la face du monde !

Le Rouge Valentino Magistral Sur une Cape d’Opéra Haute Couture 2018-2019

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« J’ai eu un des plus grands chocs de ma vie à Barcelone: alors étudiant, invité au théâtre de l’Opéra, émerveillé, je vis dans une loge une femme aux cheveux gris, très belle, habillée de velours rouge. Parmi toutes les couleurs portées par les autres femmes, elle m’apparut unique, isolée dans sa splendeur. Je ne l’ai jamais oublié. Elle est devenue la déesse rouge. Fabuleuse. Je crois qu’une femme habillée de rouge est toujours magnifique, elle est au milieu de la foule l’image parfaite de l’héroïne.  » L’anecdote du fondateur Valentino Garavani a sans doute inspiré à Pierpaolo Piccioli cette collection éminemment Haute Couture. 

Sous la véranda de l’hôtel Salomon de Rothschild, l’actuel directeur artistique de la maison semblait en effet vouloir renouer avec cette grande tradition. Un hommage, loin de l’écueil nostalgique, qui forge ici l’une des plus belles collections de la saison. Rythmées par la voix de Maria Callas, les belles Haute Couture 2018-2019 Valentino défilaient dans mouvement lent, glissées dans une cape d’opéra au tombé parfait, à la couleur radieuse! Ce rouge iconique épouse ainsi un jeu sur les volumes bien rare en ce moment — un carmin flamboyant qui s’éprend d’une pièce follement couture. 

Une pièce qui, comme flottant dans les airs, habille l’élégante d’une grâce sans pareille. Fruit d’un savoir-faire nécessitant plus de 1800 heures de création… Les grandes divas de l’opéra Valentino distillent ici une vision paroxysmique. Celle d’une Haute Couture 2018 -2019 qui lie opulence magistrale et travail merveilleusement bien exécuté. Une vision qui vaut à Pierpaolo Piccioli une standing ovation — Valentino Garavani lui-même s’est levé pour applaudir. 

Doria Arkoun 

L’Impeccable Robe Fluide Ivoire Valentino pour l’Automne/Hiver 2018

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Le style Valentino a, dès ses débuts, signé une ode au raffinement antique – jamais chargées, encore moins mièvres ou ampoulées, ses toilettes allient pureté, équilibre et simplicité. Ainsi, lorsque dans les années 60, Jacqueline Kennedy, l’une des femmes les plus médiatisées de l’époque après l’assassinat de son mari, fait appel à lui pour imaginer une garde-robe complète pour marquer la fin de son deuil, cela ne pouvait qu’aboutir à la naissance d’une signature iconique. La collection sobrement baptisée « White », défile ainsi à Florence. « Pour moi, le blanc est une couleur ! Le blanc est un de mes porte-bonheurs. Je me souviens de la collection de 1967 dédiée à Jackie Kennedy pour laquelle j’avais créé douze robes blanches. Cela a été un tel succès. J’aime le blanc, parce que c’est la légèreté de l’été, la pureté. Le blanc peut être utilisé de façons tellement différentes. Je me souviens encore d’une vieille boîte de dentelles blanches qui avait été donnée par la comtesse Asti à l’une de mes tantes : ce fut le ravissement. »

            Ainsi, lorsque Pierpaolo Piccioli signe la pièce-phare de l’Automne/Hiver 2018/19, c’est une robe impeccablement fluide qui défile à Paris. Teintée du blanc iconique de la maison, elle loue en réalité toute la virtuosité des ateliers – l’épure ici forge toute l’allure de la pièce portée par la mannequin Giselle Norman. Audacieuse, forte et d’une exquise beauté, la robe ivoire délivre en même temps une ode au romantisme. Là encore loin des mièvreries, Pierpaolo Piccioli pense ce raffinement comme « une approche individuelle, personnelle, passionnée de la vie. Je pense que c’est une vraie force aujourd’hui, d’être capable d’être féroce, d’être fort et doux en même temps, de ne pas être agressif mais d’être autoritaire. J’ai commencé cette collection avec cette idée du romantisme comme une force et non comme une fragilité. »

            Le blanc Valentino, véritable symbole universel de poésie, précise ici une robe festonnée et graphique laissant le mouvement de la femme s’exprimer sans renverser sa sensualité. La silhouette est longue et, l’impeccable robe fluide teinte ivoire de de l’Automne/Hiver 2018/19 démontre de l’ADN même de la maison florentine. Valentino, c’est la flamboyance sophistiquée. Voilà tout.

La Robe-Pantalon Rouge Coquelicot Valentino de l’Automne/Hiver 2018

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Signature incontournable du grand couturier Valentino, le rouge est avant tout la couleur du premier émoi esthétique du fondateur. La vue d’une femme sur les balcons de l’opéra à Barcelone. « J’ai eu un des plus grands chocs de ma vie à Barcelone : alors étudiant, invité au théâtre de l’Opéra, émerveillé, je vis dans une loge une femme aux cheveux gris, très belle, habillée de velours rouge. Parmi toutes les couleurs portées par les autres femmes, elle m’apparut unique, isolée dans sa splendeur. Je ne l’ai jamais oublié. Elle est devenue la déesse rouge. Fabuleuse. Je crois qu’une femme habillée de rouge est toujours magnifique, elle est au milieu de la foule l’image parfaite de l’héroïne. » Dès lors, les directeurs artistiques qui se sont succédés à la tête de sa maison n’ont eu de cesse de distiller la magie et l’enchantement d’une telle couleur.

            La semaine passée à Paris, Pierpaolo Piccioli l’a une nouvelle fois actualisé autour d’une robe-pantalon des plus exquises. Aux pieds du Dôme de l’Hôtel des Invalides, c’est en effet une femme à la féminité assumée, à la sensualité exacerbée qui a défilé – légère et vaporeuse, la silhouette déploie une belle fluidité. La femme Valentino de l’hiver prochain est une romantique qui voit dans la sensibilité « une énorme force aujourd’hui, si elle est interprétée avec assurance, mais sans agressivité » selon les mots du directeur artistique.

            Dans cette pièce icône de l’Automne/Hiver 2018/19, la femme Valentino s’allonge et grandit ; pièce minimale et puissante, la robe-pantalon ici portée par la mannequin Bo Fasseur est une ode à la pureté. Cette robe-pantalon apporte en effet quelque chose de très gracieux à la femme qui l’arbore. Aidée par ce rouge dynamique et sophistiqué, la pièce phare Valentino de la saison prochaine est toute aussi actuelle qu’intemporelle et universelle. Une équation forte qui, sans tapage, signe l’une des silhouettes les plus réussies de cette Fashion Week parisienne.

La Robe Métaphysique de Valentino

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La peinture préraphaélite, emblème iconographique du XIXe siècle, sert de fil rouge à la collection couture de la maison Valentino. Des silhouettes inspirées de ce mouvement d’art anglais nourri du quattrocento italien qui, lorsqu’elles se pensent au prisme de l’esthétique aristocratique de la griffe, acquièrent une aura d’un grand romantisme. Une collection présentée à l’hôtel Solomon de Rothschild ; une sophistication synonyme d’enchantement. Pour sa ligne haute couture automne-hiver 2015, la maison romaine nourrit ainsi son élégance d’imprimé poétique et de jeux de nœud ; pour Maria Grazia Chiuri, c’est ici l’éclosion « d’une femme païenne et impériale. Rome, c’est la Renaissance, c’est le Vatican, mais c’est aussi beaucoup de païens… »