La Mode Et Les Films Iconiques De La Gen X

Des films qui ont marqué leur époque mais surtout les esprits — une mine d’or culturelle et autant de films qui ont influencé la mode et les designers

Les Films Qu’Il Faut Avoir Vu

Ces films de la Gen X (né entre le milieu des années 60 et début des années 80) ont cela d’iconique qu’ils inspirent aujourd’hui encore les réalisateurs, la mode — son imaginaire et son imagerie.

Cités dans nombre de collections, ces films réalisés entre 1960 et 1990 ont une influence stylistique considérable. Les référencer entièrement ici serait mission impossible. Mais avoir les films en tête suffit à repérer sur les podiums passés ou à venir les tricks et gimmicks, les attitudes et les arrangements stylistiques directement inspirés de ces films.

Des bijoux culturels à voir pour comprendre l’imaginaire des designers de la Gen X. Des créatifs hautement inspirés par l’univers artistique de leur enfance…

Les Films A L’Epouvante Gothique

De ces films qui ont redéfinis les codes de l’horreur, nombre de designers se sont inspirés de leur ambiance mêlant épouvante, glamour ou érotisme… pour injecter une dose de subversion à leur collection ! Parfois, il s’agit aussi d’inspirer une ambiance au défilé.

On pense facilement à l’impact du film ‘Shinning’ sur la collection Moschino par Jeremy Scott, en 2019. Intitulée ‘Spooky Couture’, la collection Croisière tournait en version couture les jumelles du film de Kubrick.

Raf Simons pour Calvin Klein avait une fois encore pioché dans ces films d’épouvante les lignes et l’effet de ses vêtements pour le Printemps/Eté 2019. ‘Carrie’ de Brian De Palma et ‘Rosemary’s Baby’ de Polanski en tête !

D’autres designers comme Rodarte, Simone Rocha et Anna Sui puisent à loisir dans ce registre gothique l’essence de leur mode…

Psycho’, 1960, par Alfred Hitchcock

Rosemary’s Baby’, 1968, par Roman Polanski

Shinning’, 1980, de Stanley Kubrick

L’exorciste‘, 1973, de William Friedkin

Carrie’, 1976, Brian de Palma

‘The Elephant Man’, 1980, par David Lynch

Les Films Qui Ont Inspiré Tout Un Style

Qu’il s’agisse de remettre au goût du jour des pièces éternelles, comme la marinière dans ‘L’Effronté’ de Claude Miller. Qu’il s’agisse encore d’inspirer de nouvelle esthétiques comme l’a fait la trilogie ‘Mad Max’ — ces films ont, chacun à leur manière, provoqué une petite révolution dans le monde de la mode.

Des films comme ‘Le Parrain’ ou encore ‘La Fièvre du Samedi Soir’ ont érigé de nouvelles attitudes en épitomé de la Gen X. Des attitudes que l’on retrouve plus tard distillées ça et là dans les podiums dans grandes maisons. De Versace à Fendi, en passant par Gucci comme vu par Alessandro Michele… La flamboyance des années 80 est en effet souvent référencée.

On connait aussi l’influence assumée qu’a longtemps exercé le style du film ‘Blade Runner’ dans la mode de Raf Simons.

De même que ces univers science-fi et populaires concourent à faire de la mode de Nicolas Ghesquière un exemple du genre. Un designer de la Gen X qui a récemment fait de cette culture cinématographique la trame de sa campagne pour le Pre-Fall 2020. De faux livres de science-fiction qui ressemblent beaucoup aux affiches des films de l’époque !

Parmi les films qu’il faut ainsi avoir vu pour comprendre ces imaginaires très stylisés, on compte 14 chefs-d’oeuvre absolus:

‘Une femme est une femme’, 1961, Jean-Luc Godard

Orange Mécanique’, 1972, de Stanley Kubrick

Le Parrain‘,  1972 de Francis Ford Coppola, avec Marlon Brando, Al Pacino et James Caan

Taxi Driver’,1976, par Martin Scorsese

Annie Hall’, 1977, de Woody Allen

La Trilogie ‘Mad Max’, 1979, 1981, 1985

La Fièvre du samedi soir’, 1977, et ‘Grease’ , 1978, avec la vedette du style Gen X, John Travolta

Star Wars‘, 1977, George Lucas

Midnight express’, 1978 par Oliver Stone

La Boum’, 1980 avec Sophie Marceau par Claude Pinoteau

Blade Runner’, 1982, par Ridley Scott

L’effrontée’,1985, par Claude Miller

Working Girl‘, 1988 par Mike Nichols

Pretty Woman’, 1990, Garry Marshall

Slacker‘, 1990, par Richard Linklater

L’occasion de parfaire sa culture cinématographique, et de savourer nombre de ces films, érigés en oeuvres d’art dans des vêtements hautement créatifs !  

Le Pantalon Capri

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La définition exacte de l’existentialisme est la suivante : « L’homme est libre et responsables de ses actes », doctrine qui correspond bien à la créatrice Sonja de Lennart, née le 21 mai 1920 en Prusse (Allemagne de l’Est). Cette grande femme, trop peu connue aujourd’hui, décide de se lancer dans la mode dans un monde d’après guerre qui laisse place à l’espoir, à l’audace, et à la création. C’est en hommage à la fameuse île italienne de Capri que Sonja donne ce nom à une large collection de prêt-à-porter. Elle créée des robes, des manteaux même, mais c’est le pantalon qui sera son plus grand succès. Ce fameux pantalon crée en 1948 s’arrêtant au mi-mollet – et qui est donc un parfait compromis entre le pantalon, trop classique, et le bermuda si on est complexé par ses jambes – connaît ses heures de gloire dans les années 60. En véritable pionnière de son temps, Sonja inspire les plus grandes maisons de mode, et cela depuis plus de 60 ans.

Corsaire ou d’autres appellations furent apposées à ce pantalon, mais c’est dans ce nom “capri“ que résonne toute la nostalgie de l’idéal féminin des années “yéyé“. La femme se rêve et se voit active, sexy, et libre ! Les années 60, c’était en plus du capri, pour le plus grand plaisir des yeux, la minijupe de Mary Quant, la folie d’Andy Warhol, les films d’Hitchcock et les paroles de Serge Gainsbourg… Une période de pur génie créatif en somme, qui ne cesse d’influencer notre époque. La preuve ? Les différents défilés printemps-été 2013 de chez Louis Vuitton, Marc Jacobs, Michael Kors ou encore Rochas qui largement s’en inspirent ! Alors, puisque la possibilité s’offre à nous d’habiller nos jambes d’un beau capri, à quoi sert de résister à cette pièce incontournable qui, immédiatement, façonne une silhouette très féline à la manière d’Audrey Hepburn dans Sabrina, en 1954.

Il est facile de se l’approprier puisqu’il se conjugue à tous les styles, et c’est bien pour ça qu’il est simple à adopter. Il est une de ces trop rares pièces unisexes, seyant aussi bien aux femmes qu’aux hommes, été comme hiver, de jour comme de nuit. Taillé dans du cuir ou du coton, imprimé, coloré, classique, chic, sportwear, skinny ou encore oversize, messieurs, osez vous laisser surprendre par ce vêtement qui d’ailleurs porte la collection automne-hiver 2013-2014 de Guillaume Henry pour Carven. Et si vous hésitez toujours sur la bonne manière de l’adopter, sachez que la valeur sure reste l’association vue sur l’icône Jacqueline Kennedy, qui a largement contribué à sa popularité, et à le nimber d’une magie. Jackie en capri, c’est une équation qui sonne comme une évidence : une classe folle, un capri, un t-shirt, et des nu-pieds ; voilà la simplisme formule à adopter sans retenue.