La Trinité-Sur-Mer, Icône De Plaisance

La dernière étape du triptyque La BauleQuiberon-La-Trinité est un lieu où l’on se ravit des exploits nautiques — La Trinité-Sur-Mer est une ville iconique pour son port, et les héros nautiques qu’il a bercé.

La Trinité-Sur-Mer, Port Iconique

Comment une installation portuaire peut-elle changer une ville en destination iconique? Et bien, le port de la Trinité, cinquième plus grand port de France, a légué richesse, culture et passion du nautisme à ce petit village de pêche.

Car voilà bien l’histoire de ce petit village du Morbihan, devenu ce que beaucoup nomme ‘La Mecque de la voile’…  Si cette histoire lie la mer et la Trinité depuis toujours, c’est l’époque moderne qui a forgé sa légende de meilleur port de plaisance !

Il faut dire que les conditions naturelles de la Trinité-Sur-Mer ont depuis longtemps creusé les conditions idéales pour accueillir les voiliers de course les plus impressionnants au monde.

C’est bien cela qui fait d’abord de La Trinité un haut lieu pour la navigation des bateaux de course — les entraînements y sont facilités car le port lui-même est accessible par tous types de temps.

Dans les année 60, le port a en effet été réaménagé pour s’agrandir. Et si les plaisirs balnéaires sont déjà connus pour attirer à La Trinité les élégantes de l’entre-deux-guerres, c’est cette rénovation du port qui va faire de la ville un haut lieu du nautisme!

En 1958 donc, le port va s’agrandir et, gagnant ainsi une large partie qui jusque là terminait le port en cul-de-sac, il va être en mesure d’accueillir les plus grands voiliers de course.

Car, hiver comme été, les conditions du port protègent en fait les bateaux — offrant ainsi aux skippers, marins et explorateurs ayant eu vent de La Trinité, l’endroit idéal pour s’entraîner !

Lové à l’embouchure de la rivière de Crac’h, s’ouvrant aussi sur la baie de Quiberon et sa magnificence, il est un lieu qui berce et ravit l’âme des marins.

D’autant que leur navire dispose ici d’un excellent abri. A marée haute ou basse, les bateaux les plus travaillés au monde — trimaran, catamaran ou toute autre orfèvre d’ingénierie nautique, peut mouiller sans crainte…

C’est d’ailleurs ce qui fait que La Trinité attire à elle nombres de grands marins et navigateurs, qui ont à leur tour fait sa légende.

Eric Tabarly, Francis Joyon, Thomas Coville ou encore Loïc Caradec… La ville sait les révérer. En plus d’assurer, à ces icônes de la mer, l’installation des activités nautiques les plus pointues !

La Trinité Et Les Icônes Du Nautisme

La Trinité a ainsi gagné un rayonnement international en devenant le port d’attache des meilleurs marins et skippers.

Eric Tabarly Et La Trinité-Sur-Mer

Celui qui fut sans aucun doute l’un des plus grands marins du siècle dernier avait déjà fait de la Trinité-Sur-Mer son port de référence. Pour Eric Tabarly, l’aventure nautique a en effet commencé à La Trinité.

Dans la baie de Quiberon très exactement. C’est là qu’il découvre, aux côtés de son père, la navigation sur le bateau qui deviendra l’icône des innovations marines. Le Pen Duick est en effet le point de départ des révolutions techniques apportées par Eric Tabarly à la navigation.

Et l’histoire s’écrit ainsi… Le père d’Eric Tabarly acquiert le Pen Duick — un voilier entièrement conçu par un architecte naval, l’Ecossais William Fife III, en 1898.

Touché par la beauté et l’allure du Pen Duick, Eric Tabarly va, toute sa jeunesse, s’opposer à ce que son père s’en sépare — le bateau est alors une épave, mais Eric Tabarly insiste pour qu’on le laisse mouiller dans le port de La Trinité.

Il ajoute une promesse faite à son père: Eric Tabarly s’engage à entrer dans la Marine et, avec ce qu’il gagnera, il entend bien rénover le Pen Duick.

Son père accepta. « Courage mon gars, et bon vent! » avait-il ainsi l’habitude de lui glisser.

Eric Tabarly fit mieux que rénover le Pen Duick. Le voilier devint le point de départ d’une série d’innovations, qui figure aujourd’hui les normes des bateaux de course.

Car, s’étant approché de Gilles et Marc Costantini, propriétaires d’un chantier naval à la Trinité-sur-Mer, Eric Tabarly va avoir une idée révolutionnaire, en 1958… La coque du Pen Duick est dans un tel état, qu’ils décident de s’en servir comme d’un moule. Ils coulent alors, à l’intérieur, une nouvelle coque en polyester — matériau qui, à l’époque, est tout nouveau.

La restauration de l’iconique Pen Duick va s’étaler sur 30 ans. Mais qu’importe puisqu’elle a permis à Eric Tabarly de poser les jalons de sa révolution — celle des Pen Duick II, III et IV, V et VI.

Mais ce que visait à l’époque Eric Tabarly allait au-delà d’une restauration — il visait bien la victoire de la Transat Anglaise de 1964.

Pour ce faire, il esquisse la silhouette d’un bateau très différent de ce qui se fait alors. Avec le soutient financier de ses proches et des Costantini, il va concourir à faire du Pen Duick II un idéal de la navigation.

Les foils, qui permettent aux bateaux de course de se mettre à voler, c’est lui !

Le Pen Duick II, Une Révolution Née à La Trinité

Les chantiers navals Costantini se trouvent de l’autre coté du pont de Kerisper. Et Eric Tabarly n’aurait pu être plus béni — à La Trinité, les vents caressent la Côte Sauvage… C’est le climat idéal pour entraîner ses bateaux !

Le Pen Duick II fit nombre de sorties avant d’atteindre sa configuration finale. Spécifiquement taillé pour la course au large, Pen Duick II fut bâti comme un ketch de 13,60 m construit en contreplaqué — une première.

Axant tout sur la légèreté, Pen Duick II va miser sur un déplacement léger, et un poids plume ! 6 500 kg seulement, lors même que la précédente Transat fut remportée par un bateau de 13 tonnes… C’est dire !

Ainsi le 18 juin 1964, la fin de la mythique Transat Anglaise, est annoncée avec deux jours d’avance sur le précédent record. Aux commandes, Eric Tabarly !

Le marin venait de clore la course entre Plymouth et Newport… Le Pen Duick II, lui, venait de renverser tout ce que l’on prenait pour acquis dans la construction des bateaux de course !

L’exploit est d’une telle ampleur qu’Eric Tabarly est tenu pour être l’homme par lequel toute une génération d’amateurs, de curieux et de coureurs professionnels s’est ouverte à la course au large. D’ailleurs, lorsqu’il rentre à son port d’attache, celui de La Trinité-sur-Mer, avec son légendaire Pen Duick II, c’en est fait — celle-ci acquiert le surnom de ‘La Mecque de la voile’.

Jusqu’à sa tragique disparition en mer en 1998, Eric Tabarly va poursuivre sur la voie des révolutions. Comme avec son son trimaran Pen Duick IV (1968), l’un des tout premiers multicoques de course au large.

Avec l’influence d’Eric Tabarly, les monocoques perdent la position de leader en la matière…

La Trinité, elle, brille d’une position d’idéale pour la navigation et la conception de bateaux. Aujourd’hui encore des dizaines de bateaux de course y mouillent et s’y entrainent — Actual, Sodebo Ultime de Thomas Coville, IDEC, Safran…

Des icônes qui, on le voit, ont trouvé à La Trinité un climat et un contexte favorables à leur exploit !