La Veste Perfecto Bouchra Jarrar Printemps-Été 2016

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C’est dans la tranquillité et l’intimité de son atelier du premier arrondissent que Bouchra Jarrar a présenté sa collection Printemps-Été 2016. Une collection composée comme un vestiaire de pièces essentielles et classiques, où éléments masculins et féminins s’éprennent à fusionner. La fondatrice de la maison éponyme met ainsi en place une mode fonctionnelle et portable, où c’est le détail qui se charge de sublimer la silhouette tout en subtilité. Une véritable leçon d’épure.

Ainsi la veste perfecto s’imagine dans une veine raffinée dirigée dans un esprit “allure couture moderne“. La superposition est de mise ; une superposition d’intention et de graphisme : un peu long, un poil oversized, taillé comme il faut, le perfecto s’imagine à revers noir sur motif graphic duochrome, tandis que des découpes douces affinent l’allure de la pièce. Les pans deviennent motif quand les références animalières se brouillent dans un monochrome appréciable…

Les Geishas Modernes de Prada

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Le mot d’ordre est lancé ! Le terme de « Geisha moderne » ne trompe personne en découvrant la collection Printemps-été 2013 de la maison Prada. C’est Steven Meisel, photographe de mode, connu et reconnu pour son esprit sombre et provocateur, qui a immortalisé les tops les plus en vue du moment comme Irina Kravchenko, Eva Herzigova, Saskia de Brauw. Choix audacieux de Prada qui, pour immortaliser sa collection, est en parfaite harmonie avec l’univers du photographe.

Entre modernité et tradition, la collection regorge de surprises « japonisantes » : Kimonos revisités, sandales semblables aux tongs japonaises, vestes structurées inspirées des hakamas (pantalons à sept plis portés par les nobles du Japon médiéval). L’inspiration japonaise dans la coupe, la prédominance de la soie sous toutes ses formes, et dans le choix des couleurs sombres et rose nacré, est marqué par une touche de féminité par la présence de fleurs qui apporte un aspect poétique à la collection.

En effet, cet aspect poétique est relevé par Miucca Prada qui affirme qu’ « il est interdit de rêver, la nostalgie est interdite, être douce n’est plus bien vu. Les vêtements de cette collection sont l’illustration de ce rêve impossible : celui de retrouver ces sentiments que nous n’avons plus le droit d’aimer aujourd’hui. »

Cette collection est complémentaire car elle est à la fois représentative de la douceur et un appel à la rêverie féminine, mais également, par ses couleurs sombres et ses coupes asymétriques, une forme d’audace et un avant-gardisme certain. De la soie, de l’asymétrie, des fleurs…Voilà ce qu’on retrouvera au Printemps 2013. Comble du luxe, Prada préconise la fourrure pour l’Eté ! Miucca Prada revisite la Geisha au teint nude et à la bouche rouge explosive de façon moderne et chic, propre à la Femme fatale de Prada.

La Campagne Yves Saint Laurent par Hedi Slimane

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Ce n’est pas un hasard si c’est à Hedi Slimane qu’a été confié la maison Yves Saint Laurent. À l’instar d’un phénix, le créateur est un vecteur d’audace : dans son sillage, ne suivant que son instinct, la maison réintègre le nom qui rappelle à Pierre Bergé l’année 1966 où Yves et lui avaient décidé d’apposer le nom de « Saint Laurent » à la ligne de prêt-à-porter.

Shootée en octobre dernier en Californie, on a pu découvrir récemment la campagne Saint Laurent Femme par Hedi Slimane. Maître incontesté du vêtement asexué, il se lance notamment à la conquête de l’intemporel et emblématique smoking de l’illustre créateur. Pierre Bergé aimait en effet « le smoking parce qu’il représente l’instant où Yves a donné le pouvoir aux femmes ». Tout en conservant l’esprit fort et presque « politisé », Slimane, façon XXIème, sème le trouble quant à la réinterprétation qu’il fera des pièces mythiques de la maison, et apporte sa propre vision du costume « saint-laurentesque », dans une campagne graphique, en noir et blanc, minimaliste et fort chargée de sens.

On y retrouve les looks phares de la saison, mis en scène dans un décor urbain, brut et épuré. Parmi eux, le jean et le pantalon noir, les vestes, la chemise blanche, le chapeau. Aux classiques d’Yves Saint Laurent, dont le smoking reste la pièce maîtresse, Hedi Slimane a insufflé un vent rock, californien et érotiquement androgyne. C’est la sculpturale Julia Nobis qui a été choisie, érotisant le classicisme de Saint Laurent par son buste nu exposé aux regards, qui ne laisse aucun doute sur la sensualité de la collection.

Hedi Slimane signe définitivement ici ses codes pour la maison parisienne, en incarnant parfaitement les propos d’Yves Saint Laurent : « J’ai toujours cru que la mode n’était pas uniquement destiné à embellir les femmes mais aussi à les rassurer, leur donner confiance. » C’est chose faite, et Julia habillée par Hedi en est la plus belle illustration ! Un air rock souffle sur la Rive Gauche…