Claudia Cardinale, Icône Du Glamour Italien

Claudia Cardinale a incarné, à l’écran comme à la ville, la beauté Italienne toute en sophistication — le tout en donnant au glamour Italien un coup de projecteur essentiel à son essor !

« Un hasard m’avait fait gagner à 17 ans, en 1955, l’élection de La Plus Belle Italienne de Tunis, alors que je ne m’étais pas présentée. La récompense était un voyage à la Mostra de Venise, où je suis allée avec maman et où mon bikini, sur la plage du Lido, a attiré l’attention des réalisateurs, que j’ai tout de suite éconduits. Un journal a même fait mon portrait en titrant « La fille qui ne veut pas faire de cinéma. »

La fille qui ne voulait pas faire de cinéma devint ainsi l’une des actrices fétiches des réalisateurs iconiques du cinéma Italien — Fellini et Visconti en tête.

Mais Claudia Cardinale fut aussi et surtout l’incarnation de l’émancipation féminine des années 60. Glissée dans des silhouettes parfois sensuelles et toujours somptueuses; signées de grands noms de la couture et de la mode…

Claudia Cardinale, Le Glamour Italien

L’histoire de Claudia Cardinale avec le cinéma et la mode s’est donc figée autour de cet épisode du bikini sur la plage du Lido, à la Mostra de Venise. En 1957, le scandale est total. Mais, à l’instar de son idole Brigitte Bardot, l’attitude de Claudia Cardinale figurait bien les prémices de la libération féminine.

Et l’actrice le dira elle-même, en ouverture de la vente évènement de sa garde-robe chez Sotheby’s en juillet 2019: « Ces robes ne montrent pas seulement mon histoire mais un chapitre de l’histoire des femmes. »

Claudia Cardinale, Le Style A L’Ecran

Claudia Cardinale a campé sur grand écran des personnages féminins au diapason de leur époque. Qu’elle incarne une princesse orientale dans la Panthère Rose, la séduisante Angelica Sedara dans le Guépard ou encore son propre rôle de beauté Italienne dans le 8 1/2 de Fellini… Ses toilettes ne laissent que rarement indifférent.

Il faut dire que derrière ses robes à la féminité envolée se dégagent une allure toute en sophistication. Et puis, certains costumes de ces films sont signés de la patte de grands maîtres de la couture.

A commencer par Yves Saint Laurent. C’est bien lui qui réalisa, en 1963, les costumes portés par Claudia Cardinale pour le film La Panthère Rose de Blake Edwards.

Toujours pour le même film, c’est le joaillier Van Cleef & Arpels qui signe l’iconique bijoux de tête porté par Claudia Cardinale.

Des silhouettes minimalistes mais extrêmement allurées par l’aura de Claudia Cardinale… Dans le 8 1/2 de Fellini, c’est bien le style moderne à l’Italienne que l’actrice aide à poser en épitomé d’une élégance décomplexée.

Car la féminité des années 60 n’a plus rien à voir avec celle des décennies précédentes. A cela, le style Claudia Cardinale figure à l’écran une nonchalance devenue caractéristique.

« C’était un de mes rituels de quitter un plateau de tournage avec une seule pièce, même si elle n’avait pas été portée pendant le film – pour garder quelque chose de mon rôle. Quand je regarde ma garde-robe, je me rends compte que j’ai beaucoup appris sur mon propre style à travers le style de mes personnages. Il y avait une vraie continuité entre ma vie et mes rôles. Je leur ai donné ma sensibilité; ils m’ont donné une nouvelle façon de me comprendre… »

Claudia Cardinale: Nina Ricci Et Les Couturiers Italiens

A la ville ou sur les tapis rouges, Claudia Cardinale s’est largement appuyée sur le travail de Nina Ricci. La couturière Franco-Italienne partageait avec Claudia Cardinale le goût pour l’épure et les lignes hautement élégantes. Habituée à draper à même les mannequins ses silhouettes, Nina Ricci trouve en Claudia Cardinale l’allure idéale pour ses créations. Et la fascination est réciproque.

« Nina Ricci m’a offert élégance et légèreté. C’est classique mais en même temps rafraîchissant. Ce n’est jamais lourd dans ses formes. De plus, je pensais que c’était très féminin » confiait ainsi Claudia Cardinale.

Dans les années 60, Claudia Cardinale devient l’incarnation de la femme Ricci — pétillante, élégante mais profondément libre. D’ailleurs, à l’écran, la couturière accompagne aussi l’actrice. Dans la scène finale du film le Cocu magnifique d’Antonio Pietrangeli, la robe de cocktail Nina Ricci, brodée de pétales noirs, retient toute l’attention.

Plus tard, c’est à Armani qu’elle confie ses tenues de ville. « C’est le développement d’un style plus ‘working woman’. Ce moment où les hommes et les femmes ont commencé à s’échanger des vêtements! » précisait-elle ainsi.

Mais Claudia Cardinale a surtout su jeter la lumière sur de nouveaux couturiers — de nouveaux couturiers Italiens. Au tournant des années 60, ceux-ci se libèrent en effet de la domination de la mode Parisienne.

Pour ses pièces grand soir, Claudia Cardinale fait ainsi appel à des noms qui ne résonnent certes pas à l’oreille d’un esthète Français, mais qui figurent bien l’âge d’or de la couture Italienne.

Les coupes sobres et épurées, les volumes maîtrisés, les teintes neutres… Le style du couturier Italien Roberto Capucci sied à merveille l’icône Claudia Cardinale. D’ailleurs, nombre de ses couturiers Italiens figeront sur elle leur inspiration.

Véritable muse des couturiers Italiens, ils taillent pour elle des tenues devenues des icônes du genre — des toilettes somptueuses, richement brodées, qui se diffusent dans le monde entier, sur une Claudia Cardinale reçue en majesté.

Irene Galitzine, Emilio Schuberth ou encore Lancetti, Barocco et Balestra… A travers elle, c’est bien toute la couture Italienne qui trouve ses marques — et son icône !

« La plupart de ces pièces ont été créées par des couturiers italiens. Il y a du Balestra, du Barocco, du Lancetti. C’est toute une époque de la mode italienne qui se trouve là, un moment où ces couturiers se sont libérés de l’influence parisienne » notait aussi Julia Guillon, consultante pour Sotheby’s, à propos de la vente évènement de la garde-robe de Claudia Cardinale, organisée par Sotheby’s en 2019…

L’Evénement Cardinale: La Vente Sotheby’s en 2019

« Cette vente est exceptionnelle par la provenance des pièces qu’elle comprend à laquelle s’ajoutent la personnalité et la carrière de Claudia Cardinale. Certaines pièces témoignent des liens entre la mode et le cinéma, choisies par l’actrice elle-même pour certains de ses grands rôles ou à l’occasion de festivals tels que le Festival de Cannes, la Mostra de Venise ou les Oscars à Hollywood.

D’autres, portées dans sa vie privée, sont le reflet de l’émancipation de la femme à la fin des années 1960: ensembles-pantalons, kimonos, robes d’intérieur et pièces chinées à travers le monde… » précise encore Julia Guillon.

Et il est vrai que cette vente eut un retentissement considérable… C’est que Claudia Cardinale a ainsi permis de présenter au monde l’âge d’or de la couture Italienne — et tout l’esprit de couturiers qui ont su s’affranchir des codes de la couture Parisienne pour imposer les leurs.

A travers la figure artistique de Claudia Cardinale, c’est bien tout un pan de l’histoire de la mode qui a pu s’incarner — celui de l’âge d’or de la Dolce Vita Romaine !

Intitulée « Claudia Cardinale, l’étoffe d’une diva », l’évènement Sotheby’s a permis de jeter une nouvelle lumière sur l’évolution sociale de la mode féminine. A travers les pièces emblématiques portées par Claudia Cardinale, à l’écran comme à la ville, c’est bien tout un nouveau style de vie plus libre encore qui se figure ! Une icône du glamour Italien en somme…

Le White Canoe, une symbolique de Peter Doig

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Peter Doig voit le jour en Ecosse en 1959 ; mais c’est au Canada qu’il grandit. Un imaginaire pleins de paysages – dès son apparition sur la scène artistique, le Britannique est vu comme un maître de la peinture post-moderne. Nous sommes au début des années 90 lorsque Peter Doig réalise sa série Canoë). Et c’est un film d’horreur à petit budget qui lui inspire une telle icône. ‘Friday the 13th’ sort en 1980 – peu de décors et des acteurs inconnus, ce film a couté 700,000 $ et en a rapporté 17,000,000 $, en plus de devenir culte pour la génération des 40-50 ans.

White Canoe est ainsi une sorte de snapshot d’un plan apparaissant à la fin de la scène de l’apocalypse, la plus terrifiante du film… Reproduite sur un format magistral de 200 x 240 cm, c’est une impression mêlant précisément mais subtilement calme et angoisse qui se dégage de l’oeuvre. Un trouble qui fascine… L’artiste avouera plus tard que cette scène lui rappelait l’essence d’Edward Munch. La toile White Canoe est ainsi fortement travaillée – au centre, une sorte de canoë fantomatique flottant sur un lac obscurci par la nuit… en 2005, lors de la seconde exposition de l’artiste organisée par la Saatchi galerie, la toile figure parmi la sélection. 

Le soir du 2 février 2007, White Canoe fait partie des ventes prestigieuses de la maison Sotheby’s. Et un commentaire très fouillé sur l’artiste ne manque pas de l’assimiler à la dextérité de grands peintres de l’histoire de l’art, de Van Eyck, à Velasquez, en passant par Monet, Pollock, et Richter. Mieux, Sotheby’s lui accorde une place particulière en le faisant figurer sur la jaquette du catalogue. Il n’en fallait pas plus pour affoler les enchérisseurs : £ 5,7 millions ! Peter Doig devint le peintre vivant le plus cher d’Europe. Après des années de travail à l’extérieur du monde de l’art, tandis que la plupart des artistes en Grande-Bretagne s’intéressaient à des concepts et des installations, Doig était soudain devenu à la mode. Une toile qu’il réalisa lors de ses études à la Chelsea Art School venait de le faire entrer dans l’histoire de l’art.

Tout comme 100 ans , White Canoe dégage une atmosphère puissante qui révele la fascination pour les images , le temps et les émotions . Des thématiques qu’explore Tinguely dans des oeuvres telles que le Cyclop  et la Fontaine des automates.

Le Noir Selon Soulages

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La toile, Peinture, 21 novembre 1959 vient en effet d’être attribuée à 4,3 millions de livres, soit 5,1 millions d’euros, chez Sotheby’s à Londres ce mercredi 26 juin. Le noir comme source de lumière, Pierre Soulages y travaille depuis ses premières œuvres pour lesquelles il utilise déjà des surfaces peu ordinaires comme le verre ou le papier. Le peintre s’inspire tout à la fois du cubisme et de l’écriture cunéiforme, comme sur la toile « Goudron sur verre 45,5 X 76,5 cm, 1948 » où le mouvement du pinceau semble être une référence à la calligraphie japonaise. Tout petit, déjà, la lumière obsédait Soulages. À huit ans, il dessine un paysage de neige à l’encre sur une page blanche. Un geste a priori fait de vacuité. Il dira pourtant plus tard, « ce que je voulais faire avec mon encre, c’était rendre le blanc du papier encore plus blanc, plus lumineux, comme la neige. C’est du moins l’explication que j’en donne maintenant ». Ce sont toutefois les couleurs de Cézanne et de Picasso, exposées au Louvre à la fin des années 30, qui seront pour lui une révélation.
Après la guerre, il retourne à Paris, où il s’adonne entièrement à la peinture. Utilisant le brou de noix, il s’attache à travailler le noir. Refusé au Salon d’Automne de 1946, il s’expose alors au salon des surintendants un an plus tard. Le peintre Picabia prévient : « vous allez vous faire beaucoup d’ennemis ». Il faut dire qu’au milieu des toiles colorées des autres artistes, les œuvres de Soulages, aussi sombres que la nuit, détonnent. Sous le pinceau du maître, le blanc d’une toile se noircit en effet mais seulement pour mieux souligner le passage de la lumière sur la surface. Dans Peinture « 220 x 366 cm, 14 mai 1968 », Soulages recouvre de bleu nuit la surface de son tableau avec détermination et vigueur. Pourtant, c’est bien la blancheur de la toile que l’on remarque tant elle semble s’infiltrer par interstice entre ces larges bandes de bleu sombre qu’elle perce de son éclat. 
En 1979, un évènement viendra marquer le travail du peintre. Soulages s’applique, s’acharne à travailler le noir des heures durant, sans résultat. Frustré, il quitte son atelier pour plusieurs heures. À son retour, c’est le choc. « Le noir avait tout envahi, à tel point que c’était comme s’il n’existait plus ». Il appellera cette expérience « l’Outre-noir », « le noir qui, cessant de l’être, devient émetteur de clarté, de lumière secrète». Ses toiles deviennent alors monopigmentaires, toujours dans le but de travailler les variations de la réflexion de la lumière sur les états de surface. Alors que l’on oppose par définition la lumière à la matière, Soulages remet en cause ce principe philosophique en faisant justement sortir la lumière de la peinture noire. En travaillant avec divers matériaux comme l’huile ou la résine, le peintre crée des stries à la brosse, des sillons, des collages où chacun renvoie un reflet unique de la lumière comme sur la toile « Peinture 290 x 654 cm, Polyptyque, janvier 1997 » . Cependant, Soulages ne travaille pas uniquement la réflexion de la lumière, mais aussi le regard. La lumière se laisse ainsi voir noire, grise ou brune selon l’endroit où l’on se place. En plus de la peinture, Pierre Soulages réalisa 104 vitraux pour l’église abbatiale de Conques entre 1987 et 1994. Il sera également l’un des fondateurs de la chaîne de télévision Arte. Enfin, le musée Pierre Soulages sera inauguré à Rodez, sa ville natale, en 2014 où 500 œuvres de l’artiste y seront présentées. Il a défini l’outre-noir, l’absence de couleurs et pourtant, c’est à partir de cette absence que le maître semble créer de l’éclat. Soulages le prouve : rien ne s’oppose à la lumière.