Le Bleu Klein

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La genèse du bleu Klein s’inscrit dans le souvenir d’une douce rêverie : « en 1946, j’avais 18 ans. Ce jour-là, alors que j’étais allongé sur la place de Nice, je me mis à éprouver de la haine pour les oiseaux qui volaient de-ci-de-là dans mon beau ciel bleu sans nuage, parce qu’ils essayaient de faire des traces dans la plus belle et la plus grande de mes œuvres. » La perfection, l’infinie, la symétrie du ciel laisse en Yves Klein l’impression tant désirée du repos absolu. Là, face à l’immensité non-éraillée, Yves Klein s’éprend du monochrome – l’exercice devient pour lui un objet de culte.

Il va chercher, essayer, tâtonner son pinceau contre la toile, tenter de faire oublier le geste qui conduit à la création ! Dans un souci d’égaler l’impalpable force de la nature, Yves Klein cherche la couleur pure. L’artiste, Klein ne le voit pas producteur – l’artiste n’est pas l’auteur d’une œuvre puisque la beauté existe déjà, à l’état invisible. Sa quête consiste à saisir, plutôt qu’à créer – saisir dans l’air, dans la matière, à la surface d’un corps l’extase de la contemplation. 

Le Bleu Klein, c’est cette capture, cette réification d’un infini paisible et à jamais inaccessible : il veut signer son nom au bas de la toile du ciel. Après multiple expérimentations, et notamment l’exposition autour du bleu chez Iris Clert, un soir de 1958, Yves Klein révolutionne l’art. Un jour de mai 1960, il enregistre auprès de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle la formule de son invention :  sous le numéro 63471, se cache ce que l’on nomme familièrement le Bleu Klein. 

Quelques années plus tard, le bleu s’imprègne sur les créations des maisons de mode , pour son défilé Printemps/Eté 2017 Céline rend un grand hommage à Yves Klein. Pierre angulaire d’une nouvelle élégance, chic et style arty s’entremêlent. Lors du  défilé Fendi Haute Couture 2017-2018, des fleurs d’un bleu vif ont envahi le podium avec des pièces Fendi mélange Art et impressionnisme.

Sa passion pour le bleu, Yves Klein l’a expliquée : « Le bleu n’a pas de dimensions. Il est hors de dimensions, tandis que les autres couleurs elles, en ont. »

Le Plaza Athénée : Un Palace Nommé Désir

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En 1911, les palaces fleurissent sur la côte Est de la France. Jules Cadillat décide de poser, avenue Montaigne, les fondations de l’Hôtel Plaza ; non loin, se décide l’installation du Théâtre des Champs-Elysées. Pensé comme l’endroit où passer, après un spectacle, la soirée, l’un ne va sans l’autre. 1913, l’un ouvrira le 31, l’autre le lendemain. Oui mais voilà, les histoires légendaires ne sont jamais plates. La marque Plaza est déjà utilisée et, un concurrent menace d’attaquer la société de l’hôtel. Ce fut Emile Armbruster, directeur général de l’époque, qui donna alors le cachet qui, peut-être, manquait : Athénée, le Plaza Athénée, voilà un sceau. Le 20 avril, il est inauguré. Naturellement, maîtres de la musique, compositeurs ou interprètes s’y rendent. Sans doute, la vue panoramique, qui s’étend de l’Avenue Montaigne à Montmartre, a contribué à en faire le lieu à la mode, l’endroit où il faut être pour un verre ou pour un séjour.

Au fil des années, sa réputation traverse les frontières. L’hôtel, lui, change de propriétaire. Mis en vente après la Grande Dépression de 29, on voit ses portes closes de 1934 à 1936. Les chambres du 7ème étage deviennent alors des studios, communicants ou non, loués au mois. Cette année-là, le restaurant Le Relais Plaza, aujourd’hui primé de trois étoiles au Michelin, fut réalisé par l’architecte et décorateur Constant Lefranc. Mais trois ans plus tard, Paris est occupé, le Plaza Athénée réquisitionné. Au risque de leur vie, le personnel transfère, secrètement, linge, vin, tapisseries et argenterie en sécurité, dans une maison privée de la rue Quentin-Bauchart. 

Lorsque Christian Dior, en 1947, inaugure sa boutique avenue Montaigne, la clientèle change. La nouvelle ère débute et fait de cette voie celle de la Haute Couture. Le palace, qui d’ailleurs est l’un des premiers à recevoir cette distinction en 2011, devient celui de la mode et de l’art. L’endroit est comme l’idéal de tout hédoniste. En 2008, l’Institut Dior y trouve une place et, le SPA lègue au Plaza Athénée une aura béate de confort et d’attention. Grace Kelly, Gary Cooper, la famille Ford ou Kennedy, tous y séjournent et incontournable, l’hôtel prouve son exception. L’esprit d’innovation des dirigeants successifs en a fait un standard de qualité, d’excellence, de savoir-faire gastronomique, et, de raffinement tant la nouvelle décoration allie l’élégance de la tradition à la modernité. En 2010, il est le premier à être labellisé « entreprise du patrimoine vivant ». Et voici que ce monstre de perfection qui fêtait il y a quelques années son premier siècle s’incrit comme le Palace de demain… Preuve qu’il faudra compter sur lui, avec délice… surtout pendant la fashion week.

Le Plaza Athénée en quelques dates clés

 

11 Avril 2018 : Un concert privé est donné par cinq solistes de l’orchestre philharmonique de Vienne au salon Haute Couture avant la dégustation d’un dîner viennois au relais Plaza.

3 Mars 2018 : Jessica Préalpouto, chef pâtissière au Plaza Athénée est recnnue pour ses desserts originaux aux  fruits de saison, jouant sur l’amertume, le peu de sucre, l’acidité et les différentes textures.

30 Mai 2017 : Liliane Jossuae s’installe dans une suite de l’hôtel, qui l’a invité, pour ouvrir un pop-up store.

Avril 2016 : Alain Ducasse et François Delahaye, directeur général de l’établissement,  nomment Angelo Musa, (Meilleur Ouvrier de France en 2007 et Champion du monde de pâtisserie en 2003) chef pâtissier exécutif de l’Hôtel Plaza Athéné ; aux côtés du chef pâtissier, Alexandre Dufeu .

31 Mars 2016 : Christophe Michalak quitte le Plaza Athénée.

1er Février 2016 : Le chef Alain Ducasse obtient trois étoiles au Plaza Athénée.

25 Janvier 2016 : Un menu Dior est créé au Plaza Athénée, à l’occasion de la Fashion Week Haute Couture dans lequel l’hôtel rend hommage à Christian Dior le temps d’un menu cinq étoiles proposé le soir. Le chef Philippe Marc a proposé une carte  inspirée du livre de recettes favorites du créateur.

30 Avril 2015 : Edition du livre « Hôtel Plaza Athénée, qui traversent les différentes époques et met en lien avec la Haute Couture.

Septembre 2014 : Alain Baraton (jardinier en chef de Trianon et du Grand parc de Versailles) et Alain Ducasse ont créé un partenariat qui permet aux clients du restaurant de savourer des légumes récoltés le matin, puis cuisinés au Plaza Athénée quelques heures plus tard.

 10 Septembre  2014 : Le Plaza Athénée propose de nouvelles salles, chambres & suites, après de nombreux  travaux (14 chambres et suites supplémentaires, passant de 194 à 208).

25 Août 2014 : Le coût des travaux sont estimés à 83 millions d’euros. Le coût total, incluant les coûts du personnels et des nouveaux bâtiments acquis est d’environ 200 millions d’euros.

Du 1er Octobre 2013 à Septembre 2014 : L’établissement a fermé le 1er octobre 2013 et n’a rouvert qu’en septembre 2014 après dix mois de travaux nécessaires, afin d’évoluer et de faire face à la concurrence.

Samedi 20 Avril 2013 : Pour son centenaire, le directeur du Plaza Athénée enterre sous le marbre de la Galerie une malle étanche contenant une collection d’objets en lien avec l’histoire du palace

17 Janvier 2013 : Création d’un nouveau Cocktail nommé « Baccarat Harcourt », caractérisé par un rouge intense, le fameux «Rouge à l’Or Baccarat » couleur “emblématique” de l’hôtel.

5 Mai 2011 : L’établissement reçoit la plus haute distinction pour un hôtel, celui de Palace.

2010 : Le Plaza Athénée est le premier hôtel à être labellisé « entreprise du patrimoine vivant ».

2010 : Tournage d’une scène du film l’Arnacoeur avec Vanessa Paradis au Relais.

2008 : L’Institut Dior ouvre dans l’hôtel.

2007 : L’hôtel a servi de décor pour Rush Hour 3 avec Chris Tucker et Jackie Chan (2007).

2001 : L’hôtel a servi de décor pour Sex and the City premier volet, avec l’actrice Sarah Jessica Parker.

2001 : Christophe Michalak est nommé Chef pâtissier du Plaza Athénée.

2001 : La Collection Dorchester acquiert l’Hôtel Plaza Athénée.

De 1999 à 2000 : L’Hôtel est rénové sous le management de François Delahaye. 

Depuis 1999 : François Delahaye devient le nouveau directeur général de l’hôtel.

1984: La salle à manger est réhabilitée.

1970: le rez-de-chaussée est modifié : le salon Montaigne est créé à cette occasion par la réunion de l’ancien salon de lecture et du salon dit « Régence ».

1968 :  Le groupe Forte achète l’Hôtel Plaza Athénée.  

1952 : L’hôtel a servi de décor pour le film Monsieur Taxi de André Hunebelle.

1947 : Christian Dior présente sa collection inaugural à l’hôtel. Il baptise son tailleur symbole du new-look « Plaza » et un autre look, “Athénée”.

16 Décembre 1946 : Christian Dior ouvre sa boutique en face du Plaza Athénée.

1939 : Sous l’Occupation de Paris, le Plaza Athénée est réquisitionné. Le personnel transfère les équipements précieux de l’hôtel secrètement (linge, vin, tapisseries et argenterie) en sécurité, dans une maison privée de la rue Quentin-Bauchart.

1936 : Ouverture du Relais, le bistrot du palace le plus luxueux de Paris.

De 1934 à 1936 : L’hôtel ferme ses portes.

1929 : L’hôtel est reconnu de façon  internationale et est mis en vente suite à la Grande Dépression de 1929.

1920s : Jules Lefebvre  agrandit la taille de l’hôtel avec l’addition des suites, du restaurant, de La Cour Jardin et de deux salons. 

1913: L’Hôtel est inauguré et se trouve à proximité des Champs-Élysées et de la Tour Eiffel, il devient célèbre pour son code couleur « rouge »

 1902- 1909: L’Hôtel de luxe Plaza Athénée débute sa construction, il est réparti sur huit étages et son architecture est réalisée par Charles Lefèbvre et Louis Duhayon 

 

Le Collier Zip, Icône De La Maison Van Cleef & Arpels

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C’est au XIXe siècle, aux Etats-Unis, que le zip fut inventé ; à l’origine destinée à fermer en un éclair les bottes et autre vêtement des marins et des aviateurs, la fermeture à glissière trouve un autre sens dans la réalisation de Van Cleef & Arpels. L’histoire s’esquisse en 1938 – s’esquisse seulement puisque l’idée d’une fermeture à glissière détournée en bijoux n’est que soufflée à la directrice artistique, Renée Puissant, par la Duchesse de Windsor, Wallis Simpson. Si elle conçoit immédiatement le rail comme devant se composer de diamants montés sur platine, la concrétisation dépend de la patience et de la ténacité des ateliers.

Après treize ans d’élaboration, en 1951, Van Cleef & Arpels commercialise enfin le tout premier modèle du Zip, un atour caméléon modulable qui se porte ouvert autour du cou, ou fermé autour du poignet. Les ateliers prirent soin de la flexibilité de l’objet qui, afin de garantir le parfait tombé, décalque dans une grâce infaillible la fluidité du mouvement féminin. Décliné en long sautoir ou en collier ras du cou, ce modèle phare fait aujourd’hui encore la renommée de la maison. Qu’il se porte ouvert ou fermé, le Zip est un alliage exceptionnel de prouesses, tant techniques qu’artistiques.

Partant d’un objet purement fonctionnel, destiné à être caché, la maison Van Cleef & Arpels détourne l’outil pour en tirer un bijou exceptionnel ; un atour au style intemporel ! Le Zip relie couture et haute joaillerie, domptant avec un savoir-faire joaillier les métaux et pierres fines et précieuses. Ainsi, ses deux rubans d’or brodés de petits crochets s’emboîtent les uns dans les autres pour se transformer en bracelet… Et tandis qu’hier les colliers Zip s’habillaient d’or jaune de diamants et de rubans de rubis ou d’émeraudes, aujourd’hui ils se modernisent et se dévergondent en s’accaparant de Saphirs multicolores, de Lapis Lazuli, de Perles ou de nacre blanche ; aussi de Turquoise ou de Chrysoprase… Qu’importe l’habillage, le Zip est cette pièce merveilleuse, une complexité d’un charme fou !

 

2015 : Un collier zip est estimé entre 200 000 et 300 000 livres lors des enchères de la maison Christie’s.

2015 : Pour la cérémonie des Oscars, l’actrice Margot Robbie porte un collier Zip Antique Colombine en or jaune, diamants et saphirs 

2014 : Pour redonner vie à son icone, Van Cleef & Arpels réalise quatre nouveaux modèles du collier Zip.

2014 : La maison propose un modèle du collier Zip, le Couture Princesse en or blanc, diamants et saphirs, de la collection peau d’Ane.

2012 : Le collier Zip fait partie des pièces Van Cleef & Arpels exposées au musée des Arts Décoratifs à Paris.

2011 : A l’occasion de la semaine de la couture, la maison revisite le collier Zip en proposant quatre nouveaux modèles

2011 : Pour le MET Ball, l’actrice Ginnifer Goodwin portait un collier Zip en or blanc serti de diamants, turquoise, chloromélanite et chrysoprase.

2006 : La maison propose un nouveau modèle du collier Zip épuré en or blanc et diamants.

2005 : Désormais le collier Zip est disponible sous forme de sautoir orné de pierres précieuses

2004 : Le collier Zip est réédité et le nouveau modèle se compose de 2 filets d’or gris brodés de crochets de diamants.

1954 : Un nouveau modèle du collier Zip, en or jaune, rubis et diamants est disponible. 

1952 : Les créateurs réalisent les premiers dessins des boucles d’oreilles Zip.

1951 : Un nouveau modèle du collier Zip, en platine, or jaune et diamants et disponible.

1951 : Une nouvelle version du collier Zip est disponible : celui-ci peut se refermer pour se porter en bracelet.

1950 : Le premier collier Zip est présenté en boutique.

1939 : La maison dépose le brevet du collier Zip.

1938 : A la demande de la Duchesse de WindsorRenée Puissant, directrice artistique de la maison, dessine la première esquisse du collier zip.

La Méduse Versace

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C’est dans les textes de la mythologie grecque que Gianni Versace est allé puiser l’inspiration du logo de sa maison : Méduse et ses serpents. De sa beauté et de sa chevelure, d’aucun conte que Méduse s’en vantait. Par punition ou par jalousie, une déesse transforma alors son atout de séduction en une multitude de serpents dont le seul regard changerait en pierre quiconque le croiserait. Pourtant, le fondateur de Versace choisit d’en faire son emblème, et ce, jusque dans sa vie personnelle. Car oui, Méduse gardait les grilles de sa maison, marquait les pots de fleurs, comme un signe de « Made in Versace »… Mais comment a-t-il pu s’inspirer d’un personnage à la connotation si négative pour sceller sa griffe ? C’est peut-être qu’elle est en tout point la représentation de la femme Versace. Une femme si belle, si imposante que toutes se retournent sur son passage, pétrifiées de jalousie. C’est cette femme qui provoque par sa beauté et son impertinence, celle que l’on voit, ou mieux, celle que l’on regarde. Elle a le pouvoir entre ses mains, elle vous condamne en un clin d’œil. La Méduse est la définition de Versace dans son essence même. Elle a le pouvoir entre ses mains, elle vous condamne en un clin d’œil. Les mélanges de matières, les couleurs, les égéries… Même quand elle ne se montre pas, son esprit est bien là.

Selon le fondateur, la Méduse incarne la passion fatale. Aujourd’hui encore, sous la direction de Donatella, la Méduse continue de signer les créations Versace. Elle orne le flacon de parfum éponyme de la maison, les collections de lunettes, les bijoux et la maroquinerie, plus forte que jamais. Alors, tout naturellement, sa beauté et sa provocation se retrouvent dans le style puissant et décadent de la maison. Souvent de couleur or pour qu’on la voit, pour qu’on la montre… pour qu’on la désire. Et, comme l’a un jour dit Anna Wintour « Versace a toujours été la maîtresse face à Armani qui était l’épouse. C’est bien souvent la maîtresse que l’on jalouse. Bien des époques ont donc été sources d’inspiration pour les créateurs de mode. L’apogée romaine, elle, continue d’irradier le monde à travers le style de Versace. Preuve qu’un empire peut en inspirer un autre. Ainsi donc, si les modes vont et viennent avec leur époque, il y en a une qui n’a jamais quitté l’univers de Versace : l’Antiquité. Gianni Versace a longtemps été inspiré par ces siècles qui ont laissé une marque intemporelle dans l’histoire, sur l’architecture et au sein même de l’art.

Mais, romaines ou grecques, ces inspirations antiques font partie intégrante de l’ADN de Versace, et cela s’incarne dans le style bien particulier qu’on lui connaît. Le logo de la maison ne peut le nier : Versace est le synonyme d’antiquité. Parfois, la Méduse s’accompagne ou laisse place au motif greca qui ornait autrefois les palais athéniens. Ce symbole de l’infini est aussi un motif récurrent dans les collections de prêt-à-porter Versace. La marque a aussi emprunté à cette civilisation ce goût prononcé pour la nudité. A l’occasion des campagnes publicitaires, elle n’hésite à s’inspirer sans retenue des œuvres artistiques. Ainsi, nos déesses contemporaines s’entourent d’éphèbes et jouent les Vénus toutes de Versace vêtues. Même vingt et un ans après le décès de Gianni, ses inspirations demeurent : jupes de gladiateur, ceintures assorties et toges continuent de défiler sur le catwalk. Et, quand ce n’est pas le blanc incandescent, ce sont les dorures aux formes géométriques qui apportent leur lumière aux créations, allant des longues robes fluides aux jupes de cuir en passant par toutes les pièces du vestiaire masculin. L’infinité de l’esprit italien empirique continue d’exister.

 

La Méduse de Versace en quelques dates

2018 : La méduse fait son retour sur le catwalk pour le défilé SS19 Versace du 16 juin.

2017: 20 ans après la mort tragique de Gianni Versace toutes ses top-modèles historiques et ses robes sont réunies pour un défilé légendaireen Milan, sous le signe de la Gorgone.

Années 2010 : La mondialisation relance le symbole emblématique de la Méduse. La Gorgone est toujours présente d’une certaine manière pendant les défilés et beaucoup de stars dans le monde, comme Lady Gaga en 2014, sont séduites par son regard.

Années 2000 : Le nouveau millénaire apporte de nouvelles tendances. Sous la direction de Donatella Versace la Méduse est moins présente sur les robes mais encore plus présente sur les accessoires.

1993 – 1997: Les temps changent mais la Méduse est encore là. Chaque nouvelle collection – de celle en fetishcuir à celle avec de nouveaux matériaux– ou encore des classiques comme la robeOroton montrent souvent la Gorgone. Le symbole sera présent aussi dans le dernier défilé de Versace, juste avant sa mort tragique.

1995Madonna devient le nouveau visage de Gianni Versace: Même la pop star est séduite par la Gorgone.

1991 – 1992: Versace dessine le célèbre foulard imprimé avec quatre visages de Méduse. Même la légendaire Collection Pop Art de prêt-à-porter est influencée par la Gorgone.

1991-1992 : La Gorgone règne aussi dans la mode masculine: les mannequins hommes sont comme des dieux grecques et la Méduse est leur maîtresse.

1991: La légendaire Collection Baroque est née : Méduse c’est encore le symbole central, et aussi les top-modéles sont habillées comme des déesses grecques.
Années 1990 : Le « Phénomène des top-modèles » est né quand Versace fait défiler tous les top-modèles sur le podium pour sa collection 1991/1992 pour la saison Automne/Hiver. Elles portent toutes la Méduse ou ont une coiffure inspirée de la Gorgone.

Années 1990 : La Méduse devient un symbole universel de Versace. De la Haute Couture au prêt-à-porter le logo s’étend aux accessoires, y compris montres, ceintures, sacs, articles de table, lunettes, joyaux, colliers, chaussures.

1984: Versace dessine les costumes pour le ballet Dionysos joué au théâtre Alla Scala de Milan. Les références à la culture grecque sont partout.1981 : À ceux qui critiquent le choix de Médusa Gianni réplique que: “La Gorgone c’est tout à fait comment son idée de femme: aggressive et fatale, capable de te séduire avec un seul regard”.

Années 1980 : En face de sa résidence en Milan, Gianni Versace remarque un bas-relief représentant la Gorgone. Il la choisira comment symbole de sa maison et de son style de vie.

1961: Gianni Versace travaille dans l’atelier de sa mère à Reggio Calabria. La ville a été une colonie grecque et plus tard une cité romaine, et la Méduseest un symbole récurrent. Probablement, il la découvre tout en jouant avec ses frères et sœurs sur une ancienne mosaique romaine.

Le Maillot de Bain Eres : Perfection à la Française

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C’est Irène Leroux qui, lorsqu’elle reprend la maison, en modernise les créations. En pleine tempête libertaire, elle se range du côté des soixante-huitards et, sous le pavé, c’est le sable qu’elle appelle, à défaut de le trouver. La première, elle se risque alors à vendre des maillots de bain toute l’année. Son geste trouve rapidement un écho auprès de la bourgeoisie parisienne et internationale.

Dans le même temps, elle retire les coques, les paddings, les baleines, et autres instruments venant alourdir la silhouette féminine dans ce qui est alors l’idéal du costume de bain. L’idée lui serait venue d’une femme vêtue d’un maillot de bain fait à la main. Alors elle libère les seins, les recouvrent à fleur de peau de matières fluides, agréables et confortables. Le résultat ? Une fausse simplicité affichée qui se gorge dans des trésors d’ingéniosité. Minimaliste et épuré, le maillot Eres ne vise qu’à un seul but : toujours mettre en valeur les courbes de la femme. Quant aux couleurs, elles se font électriques, éclatantes quand elles trahissent, le temps d’une saison, le mythique nude ou les tons pastel associés à la griffe. Leur coupe ultra-seyante, en V profond pour les bikinis triangle, tire ses lignes d’un style frais qui se doit de plaire avant tout aux femmes.

Loin du cliché de la femme objet, Eres en supprime tous les froufrous et autres mousselines. Pour les petites poitrines, le V profond deviendra rapidement sa signature graphique. Mais la marque ne délaisse pas les formes voluptueuses. Pour elles, la créatrice pense le maillot en matières gainantes qui, l’air de rien, viennent sculpter les rondeurs. En 1971, elle entame une autre révolution puisqu’elle dépareille les maillots, et ce pour parfaitement épouser toutes les silhouettes. D’ailleurs, ces égéries le prouvent. De la beauté gracile d’une Lou Doillon, à la voluptueuse Lara Stone, il n’y a qu’un pas pour Eres. Et celle qui a contribué à faire du bikini un vêtement à la mode met cette saison une mannequin française : Marilhéa Peillard et quand on sait la relation qu’elles entretiennent avec le bikini, on ne peut qu’être assuré de la portée de la collection sunwear printemps-été 2018. Surtout quand on sait que la top a été protographiée par Karl Lagerfeld. 

 

Diptyque, La Bougie Haute Couture

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Au bout de l’avenue Saint-Germain, au numéro 34, tout près du restaurant la Tour d’Argent se trouve le mythique magasin Diptyque. En 1960, ce n’est pas encore l’écrin de luxe réservé aux initiés que l’on connait aujourd’hui : les trois fondateurs Christiane Gautrot, architecte, Desmond Knox-Leet peintre et Yves Coueslant administrateur et décorateur de théâtre y vendent tissus et papiers peints de leur création.

Peu à peu, avec un goût très sûr, le trio transforme la petite boutique en un bazar chic inédit à Paris, un “marchand de rien” comme les baptisent Henri Gault et Christian Millau. C’est alors le seul endroit en ville où l’on peut découvrir des objets insolites ou tout simplement très beaux, chinés et customisés par le trio au gré de leurs voyages en Irlande, au Maroc, au Mexique, en Inde ou encore en Italie. C’est dans ce contexte particulier que le trio parisien s’associe à un parfumeur anglais pour créer ses premières bougies en 1963 : Aubépine, Cannelle et Thé, des senteurs exotiques inédites pour l’époque. Embaumées, envoûtantes et chaleureuses, les bougies, alors moulées dans des simples verres achetés à l’Hôtel de Ville, sont tout de suite un succès. Avec leur étiquette marquée d’inimitables lettrines noires sur un ovale blanc, leur charme simple et discret plait.

Au fil des années, les senteurs se multiplient mais, les créateurs, passionnés d’authenticité et toujours dans une quête de beauté sans ostentation, n’utilisent que des matières premières naturelles comme la fleur d’oranger ou la feuille de cassis. La marque réalise elle-même un mélange de cires qui s’accordent à chaque parfum de bougie. En paraffine de qualité supérieure, non toxique pour les humains et l’environnement, cette cire de premier choix permet aux bougies diptyque d’avoir une durée de combustion encore inégalée. Si la maison commercialise depuis 1968 près de 16 eaux de toilettes ; “les fragrances les plus proussiennes qui existent” dixit Phillipe Starck; ce sont les bougies qui suscitent intérêt et dévotion. C’est d’ailleurs ces bougies qui ont été choisies par Meghan Markle pour décorer et parfumer son mariage  avec le Prince Harry.  

Au temple de la “Haute Couture de la Bougie” selon Marisa Berenson, le geste pour vous faire humer la cire parfumée est semblable à celui d’un rituel entre magie et raffinement. 

Laissez Guerlain Souffler Sur Votre Teint

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 Au début, il y a eu la terre. Une terre mordorée, une terre ocre qui s’offre à l’immensité de certains déserts ; qui s’offre aux rayons venant y déposer de lumineuses ondulations. Puis, vint Guerlain. On raconte que toutes les vingt secondes, une poudre terracotta Guerlain est vendue dans le monde.

C’est la complice des bonnes mines naturelles, celle qui accompagne, en toutes saisons, les femmes dès 1984. Et, les hommes depuis 1988. Dépourvue de nacre dans sa version masculine, elle répond à la nouvelle définition de la « beauté » : dans les années 80, le teint, s’il veut charmer, doit être halé, mais surtout pas d’UV… La maison Guerlain mise alors sur une poudre bronzante ultra-fine, capturée dans un boîtier de noir laqué. Comme une caresse, elle s’applique avec délicatesse ; celle-ci permise par une gestuelle que Guerlain prend soin d’affiner en intégrant un mini pinceau et un tamis : la poudre est à disposer sur les pommettes et l’arrête du nez, de façon aérienne.

Cet été, elle se décline en une édition limitée grand format, Terracotta Route des Îles. Dans un poudrier en bois luxueux et respectueux de l’environnement se révèlent un large miroir et une poudre bicolore : l’alliance de la teinte best seller 03 de Terracotta subtilement irisée, qui réchauffe naturellement toutes les carnations, et de la it-couleur de l’été, une teinte abricot réhaussée d’or qui illumine le bronzage. Les couleurs se mélangent à l’envie pour réchauffer le teint et sublimer l’éclat naturel du bronzage ou s’appliquent séparément selon l’intensité désirée. Sur la peau, elles fusionnent en un voile modulable, soyeux, si fin, que le résultat est impeccable et reste fidèle tout au long de la journée.

Comme à son habitude, elle épouse les carnations foncées ou plus claires : l’union du luxe et du raffinement pour rester bronzé toute l’année.