Le Tailleur Bar Dior se Teinte d’Or pour la Haute Couture Hiver 2018- 2019

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Rien ne sert de conter une nouvelle fois l’histoire du New Look et la révolution que Christian Dior initia en 1947. La maison qui porte son nom, ses ateliers et son savoir-faire sont là pour en témoigner. Et la semaine passée à Paris, au cœur des jardins du Musée Rodin, l’actuelle directrice artistique de la maison Dior a cherché à distiller l’essence, la nature même de la Haute Couture. Activité particulière et éminemment traditionnelle, la Haute Couture résonne tout particulièrement avec la grammaire Dior – il faut dire que Dior le couturier est parvenu à imposer une nouvelle vision de l’exercice sans en chercher la flamboyance.

Les ateliers, gardiens de la pensée Dior, ont ainsi assisté Maria Grazia Chiuri lorsque celle-ci a voulu revenir aux fondamentaux de l’Avenue Montaigne. Des fondamentaux qui passent inévitablement par l’interprétation de l’icône absolu de la maison – le tailleur-bar, pièce vedette de cette collection Haute Couture 2018-2019. Et la pièce cultive l’audace de ses débuts. Taillé dans sa forme originelle, le tailleur-bar s’accompagne ici d’un pantalon mais, façon or Dior. Oui, c’est bel et bien coulé dans cette teinte, dont Cocteau disait qu’elle faisait partie intégrante de l’univers Dior, que Maria Grazia Chuiri initie la combinaison la plus désirable de sa collection couture.

Cela, puisque le tailleur-bar a la force des intemporels – une pièce qui, fidèle aux gestes codifiés, se permet l’audace d’une telle teinte ! Ainsi twistée, l’icône Dior flirte avec le statut de pièce sacré ; une pièce comme hommage au passé de la maison, qui ouvre les nouvelles générations à la merveille qu’est l’exercice de la couture. Une élégance qui se murmure dans les détails plutôt qu’elle n’hurle sa singularité.

Le Tailleur Bar Collection Croisière de Dior

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« New-York m’est devenu presque aussi familier que Paris », écrivait Christian Dior en 1957 dans son autobiographie Christian Dior & moi. Il faut dire que le couturier a entretenu une relation de longue date avec les Etats-Unis. Aujourd’hui, sous les doigts de Raf Simons, le New-Look qui fit sa renommée Outre-Manche se profile sous un nouveau jour. Les volumes se resserrent et la silhouette s’affûte pour offrir cette saison une allure graphique et impertinente. Dans une démonstration de coupe virtuose, la veste Bar voit sa taille remonter d’un cran tandis que s’adoucissent ses lignes : la veste s’achève dans une pointe foulard. Le New Look se redessine ainsi dans des matières diaphanes et des coupes plissées.

L’ampleur de la jupe taille haute est maîtrisée ; les matières sont inédites. Pour ­restructurer la ligne près du corps, Raf Simons décline le Tailleur Bar dans une laine technique japonaise, proche du Néoprène, couleur noir charbon. « Les plis plats donnent une allure urbaine des plus sophistiquées » explique-t-il. Au final, Raf Simons architecture pour Dior l’allure d’une femme moderne et respectée. Une veste Bar profilée qui, quand elle s’ancre dans une mode sensuelle et déstructurée, devient le plus bel hommage à l’esprit résolument contemporain de Christian Dior.

Le Sac DiorBar

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Depuis cette première collection, Christian Dior n’a eu de cesse de créer un univers printanier de façon à sublimer la femme trop longtemps enfermée par les restrictions dues à la guerre. Le tissu se déploie, embrasse le galbe des hanches pour le faire jaillir sous ces formes de corolles, épouse la taille et structure les épaules pour une silhouette chic et élégante, féminine et amoureuse. À l’heure où Raf Simons entame sa conversion Dioresque, il offre au monde les plus belles références de la maison dans des détournements inattendus et emplis d’une nostalgique passion historique.

La révérence se fait évidemment devant un Tailleur Bar, souvenir de ces fins d’après-midi où cocktail rimait avec le luxe des bars de grands hôtels. De celle-ci naît le sac DiorBar reprenant méticuleusement les caractéristiques principales d’un mastodonte de l’histoire de la mode. Les lignes arrondies ne tardent pas à répondre à la forme simple et à la fois stricte d’un sac sensuel clos par deux fermoirs bijoux aux initiales du maître-couturier. Les courbes féminines dialoguent avec une palette de couleurs variées et des matières riches déclinées en veau gainé, cuir d’autruche ou crocodile. Ultime rappel, le profil du DiorBar évoque le « 8 » de la silhouette imaginée par Dior et inscrit cette création dans l’infini d’un passé réinventé.

Les Dessous de la Corolle de Dior

Entrons dans les coulisses de la fabrication de la fameuse corolle de Monsieur Dior. En 1947, le New Look du créateur faire fureur auprès des femmes, on en vend les patrons dans les magazines de mode : la mode de la femme fleur est née. En 2011, la mythologique silhouette est encore d’actualité. 

L’Esprit Dior à Shanghai

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Lorsqu’il fonde sa maison de couture, Christian Dior a en tête l’atmosphère faste, l’harmonie raffinée et élégante comme si elles pouvaient encore émaner du siècle de la cour de Marie Antoinette. Son regard unique, son goût si sûr et son esprit d’avant-garde se cristallisent dans ce que l’on nommera plus tard l’esprit Dior. Repoussant sans cesse les limites du rêve pour accomplir le voeu des femmes, la maison Christian Dior jalonne l’histoire de la mode – ce dès le premier défilé où il s’ancre définitivement dans la grande tradition française. Sa révolution esthétique – le New Look – infléchit alors la mode dans un sens plus audacieux fait de lignes Corolle ou En huit qui écrivent la silhouette féminine comme un architecte structure les courbes d’une ville. Dans la France de l’après-guerre, il est celui qui signe l’entrée dans un nouveau code de l’esthétique : l’ensemble bar, la robe 50’s et l’incontournable imprimé pied-de-poule font vite son style et sa réputation. Finalement, l’esprit Dior est une création permanente, un artisanat au service de l’excellence, une passion au service des femmes. L’esprit Dior c’est cette recherche de la beauté, de l’élégance, et puisque le bonheur ne s’invente pas, Christian Dior cherche à le concevoir.

Dès sa première collection, Christian Dior avait les yeux tournés vers le pays du soleil levant. Voici que celui-ci met en exergue sa créativité lors de l’évènement sobrement intitulé : Esprit Dior. Les diverses inspirations, les robes emblématiques du travail de Dior, les pièces marquantes –  des premières créations, en passant par celles de la Maison époque Saint-Laurent pour finir par les toutes récentes pièces signées Raf Simons – près d’une centaine de pièces seront exposées au MOCA sous différents thèmes simplifiant la lecture de l’esprit Dior pour le visiteur. Dans une volonté d’être au plus près de l’essence du couturier, l’exposition lie aussi son travail à celui d’artistes, à la manière dont il aimait collaborer avec ses amis Cocteau ou Max Jacob. Le photographe Patrick Demarchelier, les oeuvres des Chinois Lin tian Miao ou Qiu Zhijie devraient ainsi côtoyer ces créations. Chacun à sa façon donnera une interprétation de cet esprit Dior qui oscille entre rose, rouge, New look, ligne H bref, entre l’amour des femmes et l’amour des fleurs. 

Le Tailleur Bar Printemps 2013 de Dior

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Le 12 février 1947, Christian Dior expose sa toute première collection Printemps-Eté, ligne Corolle et En huit, dans sa maison de couture, avenue Montaigne. Immédiat et éclatant, le succès est tel que Carmel Snow, la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, s’exclame : « Dear Christian, your dresses have such a new look ! ». Une expression éponyme devenant aussi iconique que le style qu’elle décrit.

Suivant la graphie du chiffre 8, la silhouette se présente tel un calligramme composé de nouveaux codes et dessinant la femme Christian Dior. La taille est étranglée, les épaules s’arrondissent et s’adoucissent, créant une sereine harmonie. La jupe, déployant la forme d’une corolle, est plissée et allongée jusqu’à mi-mollet : un volume, une technique et une longueur qui exigent un métrage considérable pour sa confection. Les basques sont rembourrées et se décollent des hanches, renforçant la délicatesse de la taille. Le couturier explique sa démarche créative : « Nous sortions à peine d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets et les points-textile. Mon rêve prenait donc naturellement la forme d’une réaction contre cette pauvreté. […] Nous sortions d’une époque de guerre, d’uniformes, de femmes-soldats aux carrures de boxeurs. Je dessinais des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles ».

Une apostrophe à l’efflorescence et à la floraison que Raf Simons réinvestit cette année. Dans sa dernière collection Printemps-été 2013, le tailleur-bar est retrouvé. La veste au col croisé se décolle éternellement des hanches, la jupe arbore toujours le plissé. Le jeu sur les longueurs est frappant. La basque est géométrisée et allongée, métamorphosant la veste en une courte « robe-manteau » : des poches à rabat peuvent ainsi être rajoutées. La jupe quant à elle est raccourcie, simulant presque le fond de robe, à peine visible sous la veste-tailleur. Minimalisme et inversion des codes cassent ainsi l’élégance traditionnelle afin d’en dessiner une nouvelle. Les formes sont simplifiées, fluides, et habillées de noir. Un noeud souple et imposant, paraphe de Dior, parfait le dos de la tenue. Epure et composition chimérique s’allient savamment pour nous offrir la nouvelle fraîcheur florale et dioresque du tailleur-bar.

Le Tailleur Bar de Dior

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Taille étranglée, formes amplifiées, poitrine haute, tels sont les mots du vocabulaire stylistique de Christian Dior. Alors que le tailleur Bar, la jupe corolle bref, le New Look d’après guerre s’invite boulevard Haussmann, revenons sur ce moment majeur de l’histoire de la mode.

 1947. La guerre est finie depuis peu, le pays essaie de se reconstruire, des tickets rationnent encore les achats de nourriture et de textile. Dans ce contexte difficile, la Haute Couture parisienne, qui n’a été sauvée que de justesse par Lucien Lelong, tente tant bien que mal de reprendre la position de centre incontournable de la mode qu’elle tenait avant la guerre. Les Etats-Unis, qui étaient auparavant le marché principal de la Haute Couture parisienne, ont pris leur autonomie lors de ces longues années de guerre et pensent pouvoir se passer des couturiers français… jusqu’à que le 12 février 1947 prouve le contraire.1

Le 12 février 1947, Christian Dior expose sa toute première collection Printemps-Eté, ligne Corolle et En huit, dans sa maison de couture, avenue Montaigne. C’est la fin de la saison des défilés, les acheteurs professionnels américains sont déjà pour la plupart repartis après avoir passés leurs commandes chez les grandes maisons de l’époque : Lelong, Balmain, Rochas, Piguet, Fath, Balenciaga. Mais la collection de Dior a un tel succès, immédiat et fulgurant, qu’ils reviennent pour faire de nouvelles commandes. Carmel Snow, la rédactrice en chef de Harper’s Bazaar, présente au défilé, s’exclame « Dear Christian, your dresses have such a new look! » et l’expression reste.2

Le succès de cette première collection est difficile à comprendre sans le contexte particulier de l’année 1947. Comme le résume si bien Christian Dior lui-même : « Nous sortions à peine d’une époque démunie, parcimonieuse, obsédée par les tickets et les points-textile. Mon rêve prenait donc naturellement la forme d’une réaction contre cette pauvreté. […] Nous sortions d’une époque de guerre, d’uniformes, de femmes-soldats aux carrures de boxeurs. Je dessinais des femmes-fleurs, épaules douces, bustes épanouis, tailles fines comme lianes et jupes larges comme corolles. »3 Voilà les fondements du New Look.

Toutes les caractéristiques de cette nouvelle ligne se retrouvent parfaitement réunies dans le tailleur Bar. Ce modèle ne fut peut-être pas le plus vendu, mais ce fut celui qui devint l’icône de toute la collection et il fut à ce titre plusieurs fois reproduits dans les journaux de mode dès 1947. Il n’est pourtant pas si révolutionnaire. Un modèle de Chanel datant de 1939 s’en rapproche fortement. La taille fine accentuée par une guêpière revenait à la mode depuis 1946. Des vestes contemporaines de Balenciaga affichent des basques rembourrées d’une longueur similaire. Quoiqu’on en pense aujourd’hui, ce n’est pas tant la veste qui a marqué (et choqué) le public, malgré la nouveauté de ses épaules adoucies et de ses basques rembourrées qui se décollent des hanches, mais bel est bien la jupe.

Pendant la guerre, le rationnement des tissus obligent les vêtements à être les plus efficaces possible : les jupes sont courtes et prennent peu d’ampleur. Une telle jupe, plissée de surcroît, nécessitant 19 m de diamètre à sa base a été reçue comme une insulte à la pauvreté de beaucoup de Parisiens d’après-guerre. Une séance de photos à la Butte Montmartre a viré à l’émeute. Des femmes se sont jetés sur les mannequins et ont tenté de déchirer leurs robes Dior, c’est dire combien les tensions entre les plus démunis et les plus riches étaient vives.4

Aux Etats-Unis, les Américaines reprochaient aux jupes Dior leur longueur. Christian Dior décrit dans son autobiographie comment, lors d’une conférence de presse à New York, il comparaissait « sous l’accusation de vouloir cacher les jambes sacro-saintes de la femme américaine »5. Les jupes n’arrivaient qu’à mi-mollet, mais pour les Américaines ces quelques centimètres de plus signifiaient un recul des libertés de la femme acquises pendant la guerre, et pour les maris l’achat d’une nouvelle garde-robe.6 Un « Little Below the Knee Club » fit son apparition et lors de son séjour aux Etats-Unis, Dior eut droit à des protestations et des pancartes qui clamaient « A bas le New Look », « Brûlez Monsieur Dior ! », « Christian Dior go home ! »7 Ses modèles firent tant de bruit qu’en novembre 1947, Pierre Gaxotte, membre de l’Académie Française, revenant d’un voyage aux Etats-Unis, déclarait que les deux hommes qui y étaient les plus connus étaient De Gaulle et Christian Dior.8
 

Loin de vouloir exacerber les inégalités sociales ou mettre en colère les féministes, Christian Dior cherchait au contraire à faire rêver les femmes et à leur rendre leur féminité. Et c’est ce qu’il réussit. Les femmes adoptèrent rapidement, la nouvelle silhouette qu’il proposait et portait des robes sinon de Dior, du moins « à la Dior ». Dans tous les journaux de mode, on annonce la nouvelle ligne : « ce qui frappe le plus dans les conceptions des maîtres de la couture c’est évidemment l’allongement spectaculaire des robes. […] Les vestes raccourcissent, se décollent légèrement des hanches […]. Les épaules dans l’évolution actuelle abandonnent leurs arrêtes anguleuses, leurs proportions athlétiques ; elles se fondent avec douceur, s’estompent fémininement, redemandant leur vérité. […] La femme dans cet enveloppement de lignes harmonieuses jouira de sa beauté hardiment transformée. »9 

1- PALMER Alexandra, Dior : a new look, a new enterprise 1947-1957, London : Victoria & Albert Museum, 2009

2- CAWTHORNE Nigel, The New Look : The Dior Revolution, London : Hamlin, 1996

3- DIOR Christian, Christian Dior & moi, Paris : Vuibert, 2011

4- CAWTHORNE, Nigel, The New Look : The Dior Revolution, London : Hamlin, 1996

5- DIOR Christian, Christian Dior & moi, Paris : Vuibert, 2011

6- CHENOUNE Farid, Dior, Paris : Assouline, 2007

7- DIOR Christian, Christian Dior & moi, Paris : Vuibert, 2011

8- PALMER Alexandra, Dior : a new look, a new enterprise 1947-1957, London : Victoria & Albert Museum, 2009

9- STEPHANE Jeanne, L’officiel de la couture et de la mode de Paris, 1947, n°301-2, p.52

Le Sac DiorBar de Raf Simons

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Le New Look de Christian Dior dont le tailleur bar devint l’icône, inspire Raf Simons. Il y a quelques mois, il nous présentait dans le défilé de la maison Dior, son premier sac, le DiorBar. En filigrane, le vocabulaire stylistique de Monsieur Dior, taille étranglée, basques arrondies…  et la grammaire de Raf Simons, épure et délicatesse. L’art de conjuguer passé et présent, tradition et modernité, pour un sac qui sonne beau.

La Robe 50’s

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Le rêve se réalise : la guerre est finie, les Trente Glorieuses s’amorcent. Le temps est venu de vivre, et quelle vie! De capiteuses fêtes prolifèrent un peu partout dans Paris, bercées ou, plutôt, transfigurées de rockabilly! Mais la vie est peut-être ailleurs… Sur la lune?

Après la guerre, et parce qu’il s’associe au fabricant de tissu Boussac, Christian Dior retourne la femme, et le sablier du temps, lorsqu’en 1947, il légifère en faveur des épaules rondes, sans rembourrage. La femme Dior est une fleur, une corolle, dont la taille fine est enroulée d’une quarantaine de mètres de tissu bombé de soie, de laine, de dentelle ou de plumes. Carmel Snow, l’éditrice de la version américaine d’Harper’s Bazaar, déclame à ce propos : « Dear Christian, your dresses have such a new look! »¹.

Oui, M. Dior, vos créations étaient conçues pour émerveiller la femme, ou pour faire de la femme une merveille. La robe n’a plus l’utilité qu’on le lui connaissait et, très vite, le New Look s’invite dans les foyers, dans l’architecture ou pour l’aménagement intérieur, l’opulence et l’optimisme se voient enNew Look!

Dans le courant des années 40, le phénomène luxe s’empare de nouveau de la planète mode, amené par la nouvelle vague de couturiers, portée par Jacques Heim et Nina Ricci. La société civile française est, elle, jusqu’en 1952, sujette au rationnement. Et, rapidement, le coton mène à une « qualité » amputée de quelques luxueuses matières ; en couture, cela se fait au profit de coupes ajustées, peut-être, plus folles. En 1958, Jacques Charrier, couturier de la maison Jacques Esterel, dessine à BB, une robe aux allures de fleurs : la robe Vichy, teintée de carreaux roses et blancs, est créée, trainant dans son sillage, un hommage au New Look.

Givenchy, dès ces années, marque, en gentleman de la couture, son style – une désinvolte élégance – sur les robes des plus belles. Il destina néanmoins les meilleures à la gracile Audrey Heburn, qui, en 1954, reçut l’oscar de la meilleure actrice en robe dentelle ivoire signée Givenchy pour son film « Vacances Romaines »². La bouleversante décennie de raffinement est assurément féminine : la pin-up est née, tournant, à l’image de sa jupe colorée, dans le sens du vent – jamais à bout de souffle.

1. Dictionnaire international de la mode, collectif sous la direction de Bruno Remaury et Lydia Kamitsis, édition du Regard, Paris 2004
2. Kerry Taylor in association with Sotheby’s, PASSION FOR FASHION, 29th November 2011