La Montre Première Triple Tour de Chanel

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La montre Première de la maison Chanel ne cesse de se métamorphoser. Et, sa nouvelle morphologie, que procède un bracelet triple tour en céramique et en acier, n’est pas sans rappeler les allégories glissées par Gabrielle Chanel dans l’ensemble de son vestiaire.

« Etinceler », tel semble être le maître mot de la ligne : un cadran acier serti de 52 diamants taillés dans la pure tradition qui, sur fond noir ou blanc laqué, prennent toute leur dimension. Dans cette nouvelle version, le garde-temps se veut moderne, un brin stylisé, de quoi mettre en avant un discret caractère mêlant touches rétros et design moderne, certes, avant tout raffiné. Elle enveloppe délicatement la finesse du poignet féminin par le biais d’un bracelet maillon étrangement semblable à la lanière du 2.55.

Seulement, c’est un voyage à travers Paris et sa légende que lègue au regard la montre Première : tiré des proportions géométriques de la Place Vendôme, son boîtier octogonal n’est pas sans rappeler l’essence de la maison – le bouchon de l’inévitable n°5. Refermé d’une glace saphir à pans coupés, la montre Première est à son tour pionnière : aucun chiffre n’est indiqué, laissant le nom Chanel masquer le flou du temps. Et, une seconde suffit à la reconnaître.

Chanel : la Montre Première

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Vivre vite, sans se préoccuper du temps. À bien y réfléchir, les heures contraignent, les minutes traînent quand les secondes pressent. Alors Gabrielle, elle, ne portait jamais de montre. Parfois elle enfilait autour de son petit poignet une montre d’homme, à gros boîtier ou à gousset. Comme ça, juste pour le style. Puis, vint sa mort et la relève. La maison aux deux C se dépatouille alors dans un univers loin de ses goûts. Vinrent Karl Lagerfeld et, plus tard, la propulsion de Chanel dans la sphère de l’horlogerie par l’émérite Jacques Helleu. 

Le directeur artistique de Chanel, pour les parfums et l’horlogerie, réalise un coup de maître en dessinant la montre Première. Dans cette époque pompeuse où la mode se charge. Lui la décharge par l’épure : un boîtier octogonal 18 carats surmonté d’un verre saphir à pans coupés, en or jaune ; deux aiguilles trottant sur un cadran laqué de noir ; un bracelet décalqué sur la chaîne du 2.55. Aucun chiffre, aucune trotteuse de seconde, il ne reste que le sigle Chanel. On y retrouve d’ailleurs l’essence de la Dame aux camélias. Le nom – Première – se donne et se prononce comme un matricule ; le verre saphir rappelle le miroir XVIIIè de sa salle à manger… Jacques Helleu imaginera d’autres garde-temps. C’est à la J12 qu’il restera fidèle, jusqu’à sa mort. 

Voici venue l’année 87. Pour annoncer l’entrée de ce nouveau-né dans l’espace public, le faire remarquer autant qu’il le méritait, la maison opte pour un baptême aussi racé que la montre. Pour cela, la rédaction du dossier de presse est confiée à Nicole Wisniak, femme-artiste qui ne vibre que pour le beau, l’élégant, le distingué, bref, l’exception. Conceptrice de la revue « spasmodique »  Egoïste, elle use du même esprit pour le réaliser. Collaborateurs tendances, doués dans leur domaine, elle laisse le soin au littérateur Sagan de signer un texte titré La Femelle du temps et charge François-Marie Banier de lui tirer le portrait. Mais la plus belle déclaration fut celle d’Inès de la Fressange, la parisienne par excellence. Au défilé de prêt-à-porter, en octobre de la même année, elle jette la sienne dans le public… Il n’en fallut pas plus pour créer la légende de la Première. Depuis le 27 Mars et jusqu’au 3 Avril, la montre est exposé avec prestige au Baselworld de Bâle, réinvestissant à cette occasion le pavillon, habillé de l’emblématique constraste entre le noir et le blanc, qu’avait imaginé Peter Marino pour les 10 ans de présence de la marque dans le prestigieux salon de l’horlogerie.