Le Manteau d’Été Fendi Printemps-Été 2016

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Le rétro, Karl Lagerfeld est contre – point donc de nostalgie au défilé Fendi cette saison. Prenant grand soin de narguer l’humeur seventies ambiante à la fashion week de Milan, le Kaiser délivre une collection folle de créativité graphique. Au fil des styles ayant défilés se dégage ainsi la volonté d’ancrer la maison vieille de quatre-vingt-dix ans dans une veine toute post-moderne. C’est pourtant de la Renaissance qu’il tire l’essence de son imagination : dans ce passé plus distant, Karl Lagerfeld puise une fascination pour les proportions, aimant à juxtaposer la tendresse de la fourrure à la dureté des coupes drues.

Pour l’été prochain, Fendi met ainsi au monde le manteau de l’été. Avec un impact graphique sans égal, la fourrure noire se réinvente découpée dans un aspect mix and match de motifs zig zag ou chevrons. Est-ce ici un clin d’œil au sac peek-a-boo ? Rien n’en est moins sûr au vu d’une nouvelle liberté suggérée au biais d’une école de couture héritée d’un savoir-faire, qui, joliment, accueille demain sans une ombre de nostalgie.

L’Immortel Blouson Biker de Rick Owens

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On dit des hommes fanatiques de surréalisme et d’étrange, vivant au rythme de leur flou artistique souvent très arrangeant, qu’ils sont des ovnis. Tout ça, à cause d’un célèbre blouson biker ou du blouson en cuir bouilli de Rick Owens. Peut-on réellement croire en ce créateur de mode américain avide de matières travaillées et d’ambiances dignes de scénarios cinématographiques extravagants, lorsqu’il nous définit ses inspirations comme étant un subtil mariage entre le glamour et le rock ?

Si du point de vue d’un humain tout-à-fait normal (en apparence), sont cités des termes tels « gothique », « grung », « punk » ou encore « trash », il convient désormais de se laisser porter par l’imagination « vraie », la seule difficile à décrire et d’oublier les redites. Ce n’est tout de même pas un coup de ciseaux décalé ou des coutures de travers qui font du style de Rick Owens un style juste « dark ». 

Penchons-nous de plus près sur son incontournable création, ce blouson biker en cuir, porté des plus grands ou plutôt des plus grandes, comme Kate Moss qui fut l’une des premières à trôner, encore et toujours, sur d’éternels clichés de papier glacé soigneusement sélectionnés pour Vogue Paris en 2001. Manches froncées à l’air figé dans le temps et l’espace, fermeture éclair asymétrique rendant un « habit » quasiment hermétique au monde réel, col replié sur les épaules mais ayant bien évidemment la capacité de se fermer à la vitesse d’une plante carnivore, souplesse d’un cuir de grande qualité oblige. De matières brutes naissent de véritables pièces futuristes : la plus réputée, répandue, reconnue, c’est ce blouson phare, qui, encore et toujours rayonne sous les projecteurs des plus grands podiums. Clin d’oeil charbonné de coal au défilé automne hiver 2012-2013. Se glisser dans ces assemblages de matières, de conceptions, de tissus intelligents, fait des Ovnis cités précédemment, célèbres ou non, des « hommes » prêts à affronter le quotidien disons physique. 

Rick Owens serait-il devenu le gourou de la mode, prêchant un langage stylistique trop avancé pour le commun des mortels ? Et quand ces silhouettes insolites, pouvant être perçues comme de véritables envahisseurs venus d’ailleurs, s’emparent de la scène, on se demande encore si on a marché sur la lune ou si l’on se trouve en face d’intelligence artificielle. On dit, enfin Brian Aldiss affirme que les Supertoys durent tout l’été. Le blouson biker, lui, dure toute l’année. Indépendante de tous les grands groupes du luxe, la Maison Rick Owens est l’incarnation d’un monde futuriste, si bien qu’en 2007, son créateur reçoit un prix américain prestigieux dans le domaine de la mode l’honorant d’un excellent travail de stylisme : le Cooper Hewitt Design Award. Ainsi, cette même année un livre retraçant sa rétrospective « L’ai-je bien descendu ? » paraît. Une signature tant rock’n’roll que révolutionnaire, consciente d’être hors du temps et marquant le monde de la mode d’une éternelle empreinte cosmique.

Wanda Nylon se Joue de la Météo

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Créée en 2013 par le duo de créateurs Johanna Senyk et Peter Hornstein, la marque Wanda Nylon fait du vêtement de pluie un jeu et décomplexe la météo des tristes jours. Connue pour ses vêtements faits de plastique, la tendance « plexi » s’incarne aussi dans des pièces iconiques du vestiaire féminin avec le trench, le perfecto et le caban. L’atout de la marque : utiliser des matières innovantes et surprenantes pour des pièces peu réinterprétées avec autant audace. L’imperméable devient transparent et laisse apparaître presque de façon exhibitionniste la tenue de la femme, le vêtement de pluie devient donc l’apanage d’une élégance pointue. Décliné en couleurs et imprimés léopard ou à pois, voire plus simplement en bordeaux ou noir, leurs pièces s’adaptent à toutes les allures avec une facilité presque ludique.
C’est dans une optique avant-gardiste et futuriste inspirée de Pierre Cardin et ses bottes en vinyle que les créateurs génèrent un univers tourné autour de l’eau, ouvrant les voies d’une esthétique nouvelle mêlant imperméabilité, fluidité, transparence au confort et au son. Attaché son trench en PVC transparent c’est aussi faire bruisser la matière, éveillant les multiples sens de la femme : le toucher, la vue et l’ouïe. Dans un univers presque Space Age, ce vestiaire de pluie luxueux est fait de matériaux recyclés, pour toucher d’autant plus aux éléments naturels que la marque célèbre. Ainsi les deux créateurs se questionnent sur la façon de figurer la silhouette de la femme d’aujourd’hui, lui donnant les aspects de l’élégance, de la modernité, tout en conjuguant ces notions à l’iconique de chaque pièce ainsi qu’à la performance d’une alchimie détonante entre créativité et fonctionnalité.

La Doudoune de Moncler

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Premier à avoir créé la doudoune, Moncler a aussi su la réinventer. Si aujourd’hui la marque connaît un réel engouement, c’est bien parce qu’elle a transformé magistralement la doudoune insipide et disgracieuse en un élément incontournable des saisons hivernales.

Produite à l’origine pour les ouvriers de l’usine, la doudoune a rapidement conquis le corps des skieurs de haut niveau : technicité et performances thermiques, de quoi, en effet, résister à l’altitude. Les années 80 marquent l’avènement de la doudoune sur les pavés, elle quitte les montagnes pour une vie moins provinciale : plus légère, plus raffinée, l’effet boule de neige ne tarde pas. Elle se réinvente régulièrement avec des co-branding de qualité sans s’essouffler, gravissant le marché du luxe tout en gardant à l’esprit ses origines montagnardes. 

Dans cet univers polaire, Thom Browne se charge de la Gamme Bleue pour homme quand la femme est habillée par Giambattista Valli dans la collection Gamme Rouge. Cet hiver, le créateur exploite toute son excellence dans l’utilisation d’une pléthore de fourrures véritables, associées à des peaux hyperréalistes, animant ainsi un zoo contemporain aux formes bien connues. Celles-ci rappellent sans conteste l’imaginaire créatif des contes inuits. Le créateur romain rivalise donc d’humour dans une collection chaudement conseillée. Enfin, dernier atout de la marque Moncler, la toute nouvelle ligne capsule M, dessinée par Mary Katrantzou. Les silhouettes s’ajustent dans un ballet tridimensionnel aux effets kaléidoscopiques. La reine de l’imprimé signe ainsi une ligne aux couleurs sobres en laissant éclater son génie dans les volumes.

Finalement, porter Moncler, c’est aimer l’hiver. Un cocon si douillet que s’y lover par un temps frigorifique est une évidence. Apogée de l’esthétique hivernale, sans faire de nous un bibendum, la doudoune Moncler, longue ou courte, cintrée ou droite – peu importe – dynamise une silhouette. L’élégance incarnée, dans une doudoune qui vous donne tout le potentiel séduction, histoire d’arborer le bitume givré avec fierté. Au-delà des apparences, une fois que la bise hiémale s’apparente au froid de Sibérie, la doudoune Moncler est là, toujours prête à être enfilée. Une barrière dont la qualité des produits utilisés abrite un confort absolu.