L’Allure Loulou De La Falaise En Campagne YSL A/H 2020

Anthony Vaccarello et Juergen Teller présentent une campagne sobre et allurée d’esprit sixties !

Elle fleur bon l’esprit Rive Gauche — YSL Rive Gauche. La nouvelle campagne YSL pour l’Automne/Hiver 2020 orchestrée par l’actuel directeur artistique de la maison, Anthony Vaccarello, joue en effet des accents de photos devenues iconiques. Comme celle du fondateur Yves Saint Laurent lui-même, posant flanqué de ses deux muses absolues, le jour de l’ouverture de la fameuse boutique Yves Saint Laurent Rive Gauche qui révolutionna la mode, pour un long moment !

C’est en effet en 1969 qu’Yves Saint Laurent révolutionna le prêt-à-porter. Une vision du luxe moins outrée qui figea l’allure YSL dans l’esprit de tous !

Ainsi capturée par le non moins révolutionnaire Juergen Teller – on lui doit bien la révolution de l’imagerie mode opérée dans les années 90 – la campagne YSL pour la saison à venir tient bien de cet esprit plus anti-conformiste encore.

Campée par Grace Hartzel, la femme Saint Laurent distille un esprit bohème. Le foulard ainsi noué dans les cheveux n’est pas sans rappeler celui adoré par Loulou de la Falaise ! Quant à ce blond cendré, et cette frange étirée… On devine sans hésiter la silhouette de Betty Catroux.

Une composition photographique en noir et blanc qui fige un peu plus l’idée d’un style intemporel et franchement dynamique. Le style YSL.

La Silhouette Altière Saint Laurent Automne/Hiver 2018 En Campagne

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Mystérieuse, fiercy et éminemment cérébrale — la femme Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018 joue les noctambules sur des notes très rock’n’roll. La maison Parisienne révèle un peu plus chaque jour son approche de la prochaine saison et, côté campagne, Anthony Vaccarello joue sur l’intemporel. L’allure Saint Laurent de l’Automne/Hiver 2018 reprend beaucoup du travail du fondateur — un Yves Saint Laurent oiseau de nuit, avide de mystère et de raffinement encanaillé. 

Réalisée par David Sims, la campagne met ainsi en scène la petit-fille de Grace Kelly — Charlotte Casiraghi. L’approche est chic; la musique Venus in Furs des Velvet Underground se fait entêtante et, ainsi se fige en noir et blanc l’allure Saint Laurent de la prochaine saison. Une ligne festive et ultimement sensuelle inspirée des Saisons russes de Serge Diaghilev, interprété par le maître Saint Laurent en 1976!

Autre muse éternelle du couturier, c’est Betty Catroux qui, sur le même tempo, prête son allure androgyne à la campagne publicitaire de l’Automne/Hiver 2018. ‘Ma sœur jumelle’, comme Yves Saint Laurent aimait à l’appeler — Betty Catroux, qu’il rencontra chez Régine un soir de 1967, incarne ainsi à merveille la femme Saint Laurent par Anthony Vaccarello. Une femme qui, dans la nuit Parisienne, embrasse une silhouette altière, bohème et savamment taillée. Une femme qui s’incarne aussi dans les traits de la jeune Kaia Gerber arborant la silhouette phare de la saison prochaine – chapeautée d’une capeline et habillée d’une superbe veste brandebourg ! Une campagne éminemment hypnotique, à voir dès à présent. 

Le Portrait d’Yves Saint Laurent par Andy Warhol

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Qu’on le veuille ou non, Yves Saint Laurent était un artiste. Le couturier ne s’est pas contenté de dessiner vêtements et silhouettes : Yves Saint Laurent a fait entrer l’art dans la mode et dans un même mouvement, a édifié un style qui libère et donne le pouvoir aux femmes. Cette nouvelle approche de la mode se nourrit de pop culture… Yves Saint Laurent ne voulait pas d’une mode figée, pas plus qu’il ne se satisfaisait de la bienséance. Il fut à l’avant-garde de cette génération d’artistes et d’intellectuels en quête de porter haut le mouvement, la vie, la spontanéité bref, la liberté et la beauté dans son essence la plus pure. Il est l’un des premiers à avoir vraiment introduit l’art dans la mode, et avoir donné la voix aux “sous-genres“.

C’est ainsi qu’Yves Saint Laurent a puisé l’inspiration de ses collections dans les peuplades colonisées, dans la faune des soirées, dans la rue, dans les gens qui l’entourent, de Loulou de la Falaise à Betty Catroux. Tout comme Andy Warhol d’ailleurs, lui qui aimait à rassembler autour de la Factory les acteurs forts de la scène artistique internationale – sans parler de leur amour commun pour les soirées et la scène underground, du Studio 54 au Sept à Paris. Ils étaient eux-mêmes des artistes, amoureux de la vie et de la nuit. L’histoire racontée par un vêtement devient plus importante que la coupe du vêtement elle-même. Dès ce jour, c’est l’image qui mène la danse. Saint Laurent a un nouveau maître : Andy Warhol.

Parfois, Andy Warhol croquait à coup de sérigraphie le portrait de ses amis. Sans le savoir ou le sachant pertinemment, Andy Warhol a littéralement revisité la tradition du portrait officiel de célébrités… Mais façon Pop Art! A partir de 1968, il débute une extraordinaire série de portraits de célébrités. Jackie Kennedy, Willy Brandt ou encore Mike Jagger… A partir de polaroïds d’Yves, Warhol réalise aussi le portrait mythique du couturier français. Il eut avant lui la photo d’Yves Saint Laurent nu devant l’objectif de JeanLoup Sieff, réalisé pour le lancement de son premier parfum pour homme. Puis vint cette série de quatre portraits : dans un style tout à la fois rétro et léché, coloré et réfléchis, Yves s’impose sous un trait rêveur. On sent toute l’empathie de Warhol pour son modèle… Puis, cette série est celle qui imposa le « style Warhol » – couleurs vives, techniques graphiques, gros plan sur le sujet. Et voici pour l’éternité figée l’atmosphère, l’imaginaire d’Yves : un être vivant, hybride, luxueux, sublime, et modeste à la fois !

Le Smoking Saint Laurent

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S’il y a une pièce qu’une femme se doit d’avoir dans sa garde-robe, c’est bien le Smoking Saint Laurent. « S’il fallait représenter la femme des années 70 un jour dans le temps, c’est une femme en pantalon qui s’imposerait car le pantalon est devenu une des pièces maîtresses de la garde-robe de la femme moderne » disait le maître de l’élégance à la française. Le Smoking a révolutionné l’univers de la mode en y ajoutant un je-ne-sais-quoi de minimalisme androgyne, ouvrant la voix au « power suit » des années 80. Pierre Berger ajoutera : « J’aime le Smoking parce qu’il représente l’instant où Yves a donné le pouvoir aux femmes. »

Lors de son défilé en 1966, le couturier « bouscule » les normes en introduisant le Smoking, le tout premier costume destiné aux femmes. La seconde vague féministe ayant tout juste débuté, le costume pour dame demeurait une alternative controversée à la petite robe noire. Le veston est droit ou croisé, à revers de satin brillant ou de soie. Le pantalon est du même tissu que celui de la veste, la chemise en mousseline : elle apporte au tailleur-pantalon une souplesse et une subtilité résolument féminines. A la place du noeud papillon, Saint Laurent appose un ruban de soie flou. Le jabot se substitue au col des chemises masculines.

On se souvient de la mondaine new yorkaise Nan Kempner qui s’était vue refuser l’entrée du très sélectif restaurant La Côte Basque pour avoir porté le Smoking. Sa réponse ne se fit pas attendre puisqu’elle ôta son pantalon, simplement vêtue de la veste en guise de robe very-short. Inconsciemment, Nan Kempner illustra parfaitement les propos d’Yves Saint Laurent : « J’ai toujours cru que la mode n’était pas uniquement destinée à embellir les femmes mais aussi à les rassurer, leur donner confiance. »

Depuis, la griffe française perpétue l’héritage Saint Laurent en réinventant constamment le costume pour chaque saison. Dans sa collection Printemps-été 2013, Hedi Slimane réincarne totalement la femme Saint Laurent. Les différents codes sont réinvestis, la ligne élégante et androgyne est retrouvée. Le vêtement est comme en adéquation avec son temps : l’allure est nonchalante, la démarche instinctive, la féminité simple et évidente.