Eva Minge Haute Couture Hiver 2018-2019

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Des danseuses de ballet accompagnaient de leur mouvement éminemment gracieux des mannequins glissés dans des toilettes hautement couture — la maison Polonaise Eva Minge présentait à Paris une vision littérale de l’exercice. Dans l’atmosphère majestueuse de l’un des salons du Shangri-La Hôtel, les silhouettes évoquaient d’incroyables sculptures toutes faites de tulle, de broderie et de dramaturgie! Une collection ensorcelante éveillée par la musique de Czajkowski. 

Parsemées de teintes pastel, les robes spectaculaires et essentiellement théâtrales faisaient aussi la part belle aux fleurs et plumes d’oiseaux — mais ici, des corsets venaient enserrés la taille de façon à faire entrer le baroque du propos dans une forme de modernité. Des pièces monumentales qui content la réunion de deux mondes; l’un romantique, l’autre électrique. Deux mondes à l’image de la maison d’Eva Minge.  

La Robe Mosaïque – Gucci Croisière 2017

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« J’adore l’esthétique anglaise. En un sens, j’ai le sentiment qu’elle se rapproche de la mienne : un joli  chaos, un puissant mélange de passé et de présent », explique Alessandro Michele. Consolidant un peu plus la grammaire néo-traditionnelle de la maison, le directeur artistique de la griffe ne laisse pas de doute quand à sa formule miracle : explosion de couleurs et d’imprimés, looks qui télescopent Wes Anderson, la liberté de ton des britanniques et l’ère psychédélique post-sixties, et voici l’ADN du nouveau Gucci.

Parmi les silhouettes ayant défilé la semaine passée au cœur de l’Abbaye de Westminster, une robe attire tout particulièrement l’attention. Taillée comme une mosaÏque de vitraux en version pop, piquée d’une touche de baroque à l’italienne, voilà l’une des pièces phares de la collection Croisière 2017. Couleur jubilatoire et outrance chatoyante, la robe est sans exagérer l’un des it de la saison à venir.

 

Prada : Slippers, l’Elégance Stupéfiante à L’Italienne !

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Le « style Prada » est unique et original par les formes, couleurs et matières choisies. Sous l’impulsion de Miuccia Prada, la marque continue de nous surprendre à travers une originalité faite de perfection et d’élégance, dont elle seule a le secret.

Visant une clientèle aimant sortir des sentiers battus, et jouer avec la mode, chaque collection présentée est ponctuée de surprises et de pièces incontournables. Miuccia et Patrizio Bertelli (son mari) continuent ensemble de nous insuffler le chic à l’italienne, à travers cette nouvelle collection pétillante et inattendue, les Slippers du soir. Grande tendance de cette saison, qui constituent un bon compromis chic et original à la ballerine et à l’escarpin.  

Miuccia fidèle à une thématique kitch et baroque, nous propose des ornements précieux et de sublimes mélanges de matières. De quoi donner un coup de folie à son allure, et d’allier le psychédélique au raffiné. La créatrice se montre comme elle aime l’être, indomptable et imprévisible. « Tout le monde (ndlr : les créateurs) a une théorie sur ses propres collections de nos jours, j’en ai marre des théories. Cette collection parle du plaisir de la mode ».

Et ce génie de la mode nous fait plaisir en nous offrant l’occasion d’être chic et décalé, par un style déjà bien affiné du raffinement à l’italienne. On remarque le détails et la finesse des pièces, au lieu de simples chaussons de ville, elle nous présente les véritables souliers d’une cendrillon moderne, frappés par la ferveur italienne et l’extravagance juvénile. Impétueuse et ingénieuse elle se démarque, encore une fois là ou on ne l’attendait pas. La collection des chaussures Prada déjà vaste et variée vient d’accueillir une nouvelle collection appelée à devenir incontournable. Chaque pièce ornée de velours, écussons, paillettes, pierres ou bijoux, s’adoptera comme un accessoire  précieux, légèrement impétueux mais terriblement chic. 

Le style Prada avec ses contradictions, Miuccia a encore subvertit les codes et nous a séduit.

Les « Essensuals » de Catherine Baba

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Quoi de plus chic et fun que de passer une saison P/E 2013 babaïste ? 

Le concept store parisien Nouvelle Affaire rend hommage à la styliste Catherine Baba, personnage haut en couleur de la mode. Australienne native, installée à Paris depuis 20 ans, Catherine Baba a mis le monde de la mode à ses pieds ; on ne compte plus le nombre de collaborations avec des magazines et maisons de renommée internationale comme Vanity Fair, Vogue Japan, Chanel ou Moschino. Fan des années 20, la passionnée de haute couture pourrait être tout droit sortie des années folles ou de l’âge d’or hollywoodien. Son âge ? elle se veut être une dame de 72 ans, l’âge qu’elle aurait aimé avoir. 

Les pièces de la collection « Essensuals » sont donc à son image, intemporelles. On y retrouve un melting pot de style, du baroque, de l’urbain mais surtout de l’excentricité car c’est ça le babaïsme. Le réel laisse place à l’imaginaire et absurdité devient synonyme d’ordinaire. Suivre la philosophie de l’excentrique dame au turban c’est faire de soi sa propre muse ! Pascal Humbert et Catherine Traoré, les créateurs de la boutique parisienne du 5 rue Debelleyme ont bien compris l’intérêt de s’inspirer de l’extravagante styliste à l’heure où l’on essaie plus de suivre la mode, que de créer son propre style. 

Les vêtements, clins d’oeil aux pièces « fétiches » de la costumière nommée aux Césars pour le film My Little Princess d’Eva Ionesco, se déclinent en kimonos, turbans, boucles d’oreilles passementerie et robes peignoirs entre autres. Les matières principalement en soie et satin sont aussi agréables à regarder que confortables à porter. Et pour retrouver toute la personnalité de Baba, Gordon Florès, illustrateur américain a conçu un imprimé qui lui est spécialement dédié, représentant sa silhouette et ses mots préférés tels que « dévotion », « fantasia » et les inévitables « darling » et « jadooor »! 

Et si désinvolture, folie, et décalage étaient le summum de l’élégance?